Lunenoire : ca se rapproche, en effet !
falyla : merci pour tes encouragements. C'est vrai que c'est une très longue saga.
Philippe Gryffondor : merci. C'est vrai qu'il y a de quoi faire pour la traduction.
Bartimeus : il reste 4 chapitres entiers, soit environ 25-30 chapitres, je ne sais pas encore comment je vais découper comme les relectures ne sont finies que jusqu'au chapitre 18.
Sur ce, bonne lecture pour la suite du chapitre 17...

La sixième nuit, Harry se réveilla soudain. Draco n'avait pas beaucoup écrit ce jour-là. Il s'était senti très, très fatigué tellement souvent ces deux derniers jours qu'il avait probablement plus dormi dans la couchette du bas que ce qu'il avait écrit.

Maintenant, Harry entendit quelqu'un se cogner dans une des chaises et jurer doucement.

« Draco ? C'est toi ? » Silence. « Draco ? »

« Ce n'est pas Draco. »

Harry se figea, allongé dans la couchette du haut. Il n'avait pas entendu cette voix depuis sa deuxième année à l'école dans son autre vie, mais il n'avait aucun doute quant à la personne qui lui parlait. Harry s'assit avec précaution et balança ses jambes sur le côté du lit, glissant doucement au sol. Il dormait avec sa baguette et celle de Voldemort dans sa poche, et il sortit sa baguette maintenant, bien qu'il ne l'alluma pas. Puis il réfléchit un peu plus, et la rentra à nouveau avant que Jedusor ne puisse la voir. Il s'avança lentement jusqu'à la table et chercha la lampe à tâtons, l'allumant quand il la trouva.

Le faisceau lumineux alla directement dans les yeux de Jedusor. L'autre garçon couvrit son visage et cria, et Harry marmonna une excuse et posa la torche sur la table, orientée vers le haut, les murs de la tente reflétant la lumière. Harry vit Draco allongé sur son lit, pâle et respirant à peine.

« Tu peux ouvrir tes yeux maintenant. » dit-il, s'asseyant à table. Jedusor découvrit son visage et continua à loucher sur la torche, mais il tira une chaise et s'assit à côté de Harry, l'examinant avec prudence. Harry lutta pour ne pas se tortiller.

« Tu es Harry Potter. » dit-il soudain.

« Oui. »

Il s'avança vers la couchette du bas où Draco était allongé, respirant très irrégulièrement. « Et c'est Draco Malfoy, exact ? » Harry acquiesça. « Alors vous essayez tous les deux de faire en sorte que je ne sois pas tué par ta mère, l'auror. Exact ? »

« Exact. »

Jedusor acquiesça. « Où est la baguette ? »

Prudemment, Harry retira la baguette de sa poche et la posa sur la table. Jedusor la regarda et siffla entre ses dents.

« C'est ma baguette, d'accord. Comment l'avez-vous eu ? »

« Quand tu es tombé, je l'ai cachée à Douvres. Je l'ai poussée dans le sol, et recouverte par un rocher. Cela n'a pas été facile d'y retourner, spécialement avec les aurors, les Man.. je veux dire les aurors et la police moldue, tous deux à ma recherche. »

« La police moldue ? »

« Le ministère a dit au premier ministre moldu que j'étais très dangereux, et il a donné son accord pour que les moldus soient aussi alertés pour me rechercher. C'était à la télévision et à la radio… »

Jedusor fronça les sourcils. « Qu'est-ce qu'une télévision ? Est-ce la boîte avec les films dedans dont Malfoy me parlait ? »

« Oh, il t'en a parlé ? Oui. Ce n'est pas mal pour le décrire. »

Jedusor prit la baguette avec les deux mains, la faisant rouler entre ses doigts. « J'ai attendu cela si longtemps… »

« Nous ne voulions pas que ce soit… que ce soit trop tôt. Avant que nous ayons atteint Godric's Hollow. Maintenant que nous sommes ici… »

« Je sais. » l'interrompit Jedusor, et Harry commença à se demander si Jedusor savait des choses qu'il ne voulait pas qu'il sache.

« Ai-je jamais parlé, heu, de filles quand j'ai écrit ? »

Jedusor se rassit et eut un sourire en coin. « Tu ne t'en souviens pas, n'est-ce pas ? »

Harry se mordit les lèvres. « Je devrais ? »

Le sourire était encore là. « J'étais… curieux. J'avais besoin de vivre par procuration pendant un moment, après tout. J'ai fait en sorte que tu ne t'en souviennes pas après, afin que tu ne sois pas embarrassé. Aucun mal de fait. »

« Sauf que tu en as évidemment parlé à Draco… »

« Non. »

Harry fronça les sourcils. « Et pour… »

« Oh, ça. Dans l'appartement de la fille. La sang-de-bourbe. Ce n'était pas Malfoy qui parlait, pas vraiment, bien qu'il se souvienne l'avoir dit. C'était moi. J'ai pu le posséder ici et là, avant de pouvoir atteindre ce corps. Cela a duré brièvement cependant. Très intelligent d'utiliser la sang-de-bourbe, au fait. Pour venir ici. Est-ce que vous avez baisé ? »

« Non ! »

Il haussa les épaules. « Dommage. Elle le voulait clairement… » Harry combattit l'envie de le frapper.

« Je l'ai juste fait pour le fun dans mon autre vie » dit-il à Jedusor, sentant son estomac se retourner comme il parlait de Hermione si négligemment. « Je n'ai pas eu envie de le répéter. »

Jedusor acquiesça. « Mieux vaut attendre que tu aies trouver une fille au sang pur. Je sais ce que tu veux dire. » Harry ne le corrigea pas. Cela importait peu. Il avait besoin que ce bâtard l'aime bien et fasse ce qu'il voulait qu'il fasse.

« Je t'ai parlé de la nécessité de modifier le cours du temps » dit-il à Jedusor, qui acquiesça.

« Exact. Ton père n'aurait pas dû être tué parce qu'il était loyal envers moi, et ta mère aurait dû l'être parce qu'elle ne l'était pas. Nous devons tous les deux nous concentrer sur cela et dire ce sort, et nous remonterons dans le temps jusqu'au moment où nous pourrons nous occuper de cela. Bien, je suis prêt. L'essayons nous ? »

Harry acquiesça et remonta ses manches. Jedusor vit la Marque des Ténèbres sur son bras gauche. « Qu'est-ce que c'est ? » voulut-il savoir.

« La Marque des Ténèbres. Vous me l'avez donnée quand j'ai été initié. Draco en a une aussi. C'est la marque de tous vos serviteurs. »

Jedusor sourit, très content de lui. Il tenait sa baguette très lâchement, mais il donnait l'impression que ce serait très, très dur de la lui arracher des mains. Il la pointa négligemment dans la direction de Harry.

« Nous y allons ? »

Le souffle de Harry devint très irrégulier. Ils mirent leurs baguettes ensemble. Harry pensa furieusement à la nuit où ses parents avaient été tués, espérant que Jedusor faisait de même. Il lui avait dit la date quand il avait écrit dans le journal. Cela lui rappela quelque chose. Il prit le journal sur la table et cramponnant le livre contre lui, il prit une grande inspiration avant de dire le sortilège. Les deux jeunes voix l'entonnèrent solennellement ensemble :

Tempus Bonae Voluntatis.

Un tourbillon d'obscurité. Un vent hurlant dans les oreilles. Un bourdonnement désorientant. Puis…

Le silence.

Il referma délibérément ses yeux, puis les rouvrit. Il faisait très sombre. Le premier quartier de la lune commençait juste à se lever. Il n'était pas assez haut dans le ciel pour éclairer à travers les arbres, dont beaucoup étaient sans feuilles, le tapis de feuilles mortes. Harry regarda autour de lui, à bout de souffle. Draco et la tente n'étaient visibles nulle part. Est-ce que cela avait vraiment marché ? Étaient-ils remontés dans le temps ? Était-ce vraiment la nuit d'Halloween 1981 ?

Il déglutit. Si cela n'avait pas marché, il avait perdu sa dernière chance de réparer les choses. Et si cela avait marché… Il devait se débarrasser de Jedusor dès que possible.

Il regarda l'autre garçon, dont les yeux noirs scrutaient la clairière dans laquelle ils se tenaient, évaluant aussi la situation.

« Malfoy est parti » remarqua-t-il, comme Harry. « Et la tente. Je pense que nous avons réussi. »

Harry acquiesça. « On dirait. » Comment faire ? pensa-t-il. Jedusor avait l'air assez réel, assez solide. Il était assez réel pour avoir fait de la magie très avancée avec une baguette. C'était définitivement réel, pensa Harry. Il baissa les yeux vers le livre coincé contre sa poitrine. Car pourtant… Il n'était pas réel. Pas vraiment. C'était un souvenir qui avait été stocké dans un livre pendant plus de cinquante ans. S'il lançait le sort mortel sur lui, personne ne s'en soucierait. Ce n'était pas comme tuer une vraie personne.

Cependant… Il n'aimait pas l'idée de lancer ce sort particulier. Et si… Et s'il l'assommait simplement ? Cela le mettrait hors-jeu le temps qu'il fasse quelque chose pour empêcher son autre soi-même de mettre sa mère sous Imperius. Cela devrait marcher.

« Sais-tu par où nous devons aller ? » lui demanda soudain Jedusor, et puis il sourit. « Après tout, nous avons une mère à tuer. »

L'estomac de Harry se retourna. La façon dont il disait cela, si cavalièrement… Cela lui glaça le sang. Mais ensuite, il se souvint que ce garçon avait libéré le basilik dans le château, tuant la pauvre Mimi. Déjà un tueur sans cœur à seize ans. Harry frissonna.

« Je ne suis pas sûr. » Il ne mentait pas, pas complètement. Il prétendit regarder autour de lui, alors qu'il essayait en fait de voir du coin de l'œil ce que faisait Jedusor. Jedusor louchait dans l'obscurité, ayant l'air de se concentrer très fort. Harry continua à tourner sa tête d'un côté et de l'autre, tout en continuant à observer Jedusor, et en enlevant discrètement sa baguette de sa poche.

« Je pense que c'est par ici, » dit Jedusor. « Je pense que j'ai vu un petite lueur à travers les arbres… »

Il se tourna pour dire ceci à Harry, seulement pour se retrouver face à la baguette de ce dernier. Un fraction de seconde plus tard, Harry cria « Stupéfix ! », et un éclair de lumière jaillit de sa baguette. Il aurait atteint Jedusor si à la dernière seconde, juste comme il prononçait la dernière syllabe du sort, sa baguette n'avait pas dévié sur la gauche, changeant l'angle assez pour que le sort frappe le tronc d'un arbre et rebondisse sans faire de dégâts.

Jedusor resta bouche bée, puis sortit sa propre baguette. Que diable s'est-il passé ? se demanda Harry. Il laissa tomber le journal au sol, serrant le poing de sa main gauche. Les deux tournèrent l'un autour de l'autre, se jetant des regards noirs et malveillants.

« Cela ne t'a pas pris longtemps, n'est-ce pas Potter ? Je m'en doutais déjà un peu avec Malfoy… Je savais que vous n'étiez pas complètement honnêtes avec moi… Mais peut-être que tu voudrais me dire pourquoi nous sommes vraiment ici ? »

« Ce sont mes affaires. »

« Vraiment ? Je pense que tu en as aussi fait mes affaires. Alors tu ne veux pas vraiment que ta mère soit tuée ? »

« Non. Je veux qu'elle soit tuée. Sinon le sort n'aurait pas fonctionné. »

Jedusor fronça les sourcils. « Quoi alors ? »

« Je suis ici pour empêcher quelqu'un de modifier le cours du temps. Et je ne veux pas que tu te promènes dans le monde pour répandre le chaos. »

« Je pensais que tu étais mon loyal serviteur ? Tu avais ma baguette. Tu as la Marque. »

« J'ai volé la baguette. Et plein de gens ont la marque, et ils ne te servent pas vraiment. Tu n'as jamais entendu parler des espions ? »

Jedusor se tint immobile, et Harry aussi. « Alors c'est en fait ta mère qui est ma vraie servante, et c'est pour cela que tu veux qu'elle meure ? »

« Non. »

Jedusor avait l'air de plus en plus frustré. « Alors quoi, merde ! »

Harry en avait assez de parler. Il pointa encore rapidement sa baguette et cria « Expelliarmus ! »

Mais une fois de plus, à la dernière seconde, il sentit la baguette dans sa main dévier légèrement, et le sort manqua Jedusor, et de loin. Regardant le rayon de lumière passer devant lui, Jedusor se tourna pour regarder Harry avec un air de supériorité.

« Tu ne vises pas très bien, n'est-ce pas ? »

« Je vise bien ! » dit-il, frustré. « A chaque fois… je peux sentir la baguette se détourner de toi… »

Maintenant, Jedusor avait l'air absolument fasciné. « Vraiment ? » Harry pouvait le voir réfléchir intensément, puis il sembla avoir une révélation, et immédiatement après, il commença à rire.

« Oh, c'est merveilleux ! » cria-t-il. « Je suis si intelligent, tu dois admettre… »

« De quoi parles-tu ? » fulmina Harry, agrippant fermement sa baguette apparemment inutile dans son poing. Comment allait-il se tirer de là s'il ne pouvait pas utiliser sa baguette ?

Jedusor avait un sourire allant d'une oreille à l'autre. « Malfoy m'a parlé du sort d'Obéissance. Je savais aussi du quel il parlait. Je l'ai découvert dans un livre poussiéreux de la Réserve à la bibliothèque de l'école. »

« Et ? »

« Et ? Je sais que je t'ai lancé un sort d'Obéissance quand tu étais un bébé. Juste après avoir épargné la vie de ta mère. Malfoy m'a tout dit à ce sujet. En faisant cela, bien sûr, cela a dû me coûter du pouvoir, et cela a du me coûter un peu plus, comme je l'avais déjà lancé sur Malfoy quand il avait un an. Mais en dépit de cela, il a définitivement des avantages… »

Harry déglutit. « Mais… Mais tu n'es pas celui qui a vraiment lancé le sort sur moi ou Draco. C'était toi quand tu étais plus vieux, mais… »

Jedusor avait l'air très supérieur. « Hmph ! Tu ne comprends rien, idiot ! Je suis la même personne. Nous avons la même identité. Le même sang, les mêmes os. Le même cerveau. Nous sommes identiques. » Il rit encore. « C'est merveilleux ! Tu as le sort d'Obéissance sur toi, tu es mon sujet, et je n'ai abandonné aucun pouvoir pour le faire ! » Il rigola, faisant frissonner Harry de tout son corps.

Non, pensa-t-il. Non, non, non… Il devait faire tout ce que Jedusor disait. Quoiqu'il dise ! S'il refusait un ordre direct, il tomberait raide mort. S'il était d'accord pour suivre l'ordre, il ferait tout ce pour quoi il était d'accord, si c'était possible. Il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour éviter de recevoir un ordre direct. Il devait essayer une dernière fois de se débarrasser de Jedusor. Il ne pouvait pas prendre le risque que Jedusor lui donne l'ordre de faire quelque chose de haïssable, comme les ordres que Voldemort avait donné à l'héritier…

Il essaya d'oublier ses objections pour le sort et se concentra sur toutes les émotions de haine qu'il pouvait rassembler et canaliser dans sa baguette. Il serra les dents et pointa encore sa baguette sur Jedusor, criant férocement « Avada Kedavra ! »

Harry sentit son bras trembler. Il n'avait jamais ressenti tant de pouvoir le traverser avant. Mais alors, juste comme quand il avait essayé le sort pour assommer Jedusor, et celui pour le désarmer, sa baguette dévia à la dernière seconde. La lumière verte jaillit du bout de sa baguette, frappant à arbre à vingt pieds de là, qui devint rapidement noir et se ratatina. Toutes les feuilles qui tenaient encore aux branches tombèrent au sol, et Harry crut entendre un faible cri comme si l'arbre poussait son dernier souffle. Il regarda Jedusor, désespéré, qui n'avait pas cillé, mais s'était tenu debout dans tout sa largeur, les bras croisés, regardant Harry avec une expression amusée, et le coin de ses lèvres relevé.

« Tu peux essayer cela toute la nuit, si tu veux, » dit-il joyeusement. « Je pourrai prétendre que tu m'as donné une rage de dent si c'est pour te faire plaisir. »

Harry respirait rapidement, cramponnant encore sa baguette. « C'est le sort d'Obéissance, n'est-ce pas ? »

Jedusor rejeta sa tête en arrière pour rire. « Oh, nous avons finalement compris ! Bien sûr que c'est le sort d'Obéissance, idiot ! Tu ne peux me lancer aucun sort qui pourrait me blesser. Je me tenais assez près d'un arbre assez gros quand tu as essayé de me désarmer, par exemple, et je me serais cogné la tête dessus si ton sort avait marché. Tu ne peux pas me faire mal, Potter. Je suis ton maître. Tu es mon serviteur. Et il n'y a absolument rien que tu puisses faire à cela. »

C'était ce à quoi faisait référence Lucius Malfoy quand Harry l'avait interrompu au sujet du sort. Il allait leur dire que ni lui, ni Draco ne pouvaient blesser Voldemort… ou dans ce cas, Tom Jedusor.

Harry avait l'impression que le monde s'effondrait autour de lui. Rien que tu puisses faire contre. Sa mère n'avait pas su, il en était sûr, ou elle le lui aurait dit. Cela expliquait tant de choses, bien sûr. Quel serait l'intérêt d'un sort d'Obéissance s'il n'empêchait pas la personne recevant le sort de blesser celle qui l'avait lancé ? Autrement, c'était simplement la rendre plus puissante pour qu'elle vous tue.

« Oh, et tu ne peux pas me mettre sous Imperius. Et naturellement, le Cruciatus est exclu, comme cela me ferait assez mal. Alors. Pourquoi ne viens-tu pas simplement avec moi, gentiment et silencieusement, et nous verrons si nous tuons ta mère, n'est-ce pas ? Et puis je pourrai décider ce que tu feras pour moi ensuite. J'ai le sentiment que les années quatre-vingt dix vont me plaire… »

Jedusor se tourna et commença à s'avancer dans la direction où il avait vu la lumière. Quand il n'entendit pas Harry marcher sur les feuilles en le suivant, il se tourna. « Tu viens Potter ? Oh, exact. Je dois te donner un ordre direct. Je t'ordonne de me suivre. Maintenant. »

Harry prit une grande inspiration. S'il refusait, il mourait. S'il acceptait, il suivrait Jedusor partout où il irait. D'accord, pensa-t-il. Rien de méchant avec cela jusqu'à présent. Marcher à travers les arbres est simplement marcher à travers les arbres. « Bien » dit-il amèrement. « Je vais te suivre. »

« Excellent ! » sourit Jedusor. Il se retourna et avança à grands pas vers la lisière du bosquet, et Harry fit un pas, mais il tomba quand il marcha sur quelque chose qui glissa sur les feuilles humides. Son pied passa droit devant lui et il tomba douloureusement sur son arrière-train. Jedusor se tourna, l'observant avec dégoût. « Stupide… » marmonna-t-il, en voyant Harry lamentablement étalé sur le sol gras. Puis il se retourna vers le cottage. Harry commença à se lever, mais ensuite, il vit que c'était le journal qui l'avait fait glisser. Il avait marché dessus et glissé…

Une idée éclaira son cerveau.

Il regarda Jedusor s'éloigner, sentant un besoin incroyable de le suivre. C'est simplement le sort, se rappela-t-il. Il ramassa le journal et se remit debout, courant légèrement pour le rattraper. Quand il fut seulement à dix pieds de Jedusor, il jeta le journal sur le sol à un endroit où il n'y avait pas de feuilles. Juste de la terre nue avec une légère odeur humide. Jedusor se tourna quand il entendit le bruit du livre frappant le sol, mais il ne réalisa pas ce qui arrivait jusqu'à ce que Harry eut fini de prononcer son incantation. La baguette de Harry ne trembla pas cette fois. Il atteignit son but à coup sûr.

« Incendio ! » cria-t-il, pointant sa baguette sur le journal. Le petit livre s'enflamma immédiatement. Je ne lance pas un sort à Jedusor, pensa-t-il avec satisfaction. Je lance le sort à un livre.

« Nooon ! » cria Jedusor, essayant de plonger sur le livre enflammé, mais en l'espace d'un instant, il avait perdu trop de substance pour le faire, et Harry cligna des yeux, voyant une silhouette fantomatique et pâle de Tom Jedusor un instant, et plus rien du tout celui d'après. Son cri mourut dans l'air calme de la nuit. La baguette de Voldemort tomba sur le sol.

Harry s'assit, à bout de souffle, voulant pleurer des larmes de joie. Il regarda le livre achever de se consumer. Finalement, la dernière lueur orange avait disparu, et il n'y avait plus rien qu'une pile de cendres à l'endroit ou s'était trouvé le journal de T.E. Jedusor.

Il leva les yeux. Maintenant, il pouvait aussi voir la lumière à travers les arbres. Bien qu'il se sente fou de joie grâce à sa victoire, il ne pouvait pas se reposer. Il avait encore du travail à faire, et il devait espérer que personne n'avait entendu le cri de Jedusor quand le journal avait brûlé, et que le lien s'était rompu entre le garçon et le livre.