Harry Potter et le temps des bonnes intentions

(ou : La dernière tentation de Harry Potter)

Cornélius Oswald Fudge... : un peu long ton pseudo. Oui, j'aime bien les musiques de film en général, mais comme je n'ai qu'un accès très limité à internet en ce moment, je suis plutôt sec pour écouter celle du tome3. Sinon, pas la peine de te jeter d'un pont.
Philippe Gryffondor : merci
Dumati : le dernier tome a fini d'être publié en anglais, mais j'ai toujours rien traduit.
Mystikal : la réponse... maintenant.
Bartimeus : ca y est, c'est enfin lundi
Link9 : la suite que tu attendais, et tu n'étais pas le seul, visiblement.
Lunenoire : le livre part dans la direction de plurivers synchrones. Pourquoi pas. Quant au monde alternatif, je n'ai pas de réponse. Un des lecteurs en a proposé une, un chapitre bonus en quelque sorte. Peut-être que je le traduirai un jour...
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite et le chapitre 18.

Chapitre dix-huit

A la recherche de Rogue

…tomber, tomber, tomber…

Il tombait dans l'espace, dans l'obscurité. Son esprit criait à travers le vide, Aidez-moi !

Mais y avait-il quelqu'un pour l'entendre ? Pourquoi était-il encore dans le noir ? Avait-il seulement changé le cours du temps pour découvrir que lui, Harry Potter, était mort entre-temps ? Tombait-il de la vie dans une réalité à la mort dans une autre ?

Mais ensuite, il sentit quelque chose de solide en-dessous de lui et grogna de douleur. Il réalisa soudain qu'il avait un corps, et il essaya sans succès de s'asseoir. Il voulait se frotter la nuque, mais il ne pouvait pas. Il avait un corps. Un corps qui faisait mal. Ou plutôt une tête qui faisait mal. Puis il y eut une très étrange sensation, comme du papier-verre très doux qui lui frottait le lobe de l'oreille. Précautionneusement, il ouvrit les yeux. Le monde ne fut pas tout de suite net. Il lutta pour se redresser sur ses coudes. Finalement, il vit un feu brûlant dans un foyer, et sut le linteau de la cheminée, il vit ce qui semblait être un lion rampant. Il savait, bien sûr, que c'était un griffon d'or qui n'avait pas étendu ses ailes. Il se tourna et vit à sa gauche le visage fin au long nez, couvert de tâches de rousseur et de barbe rousse de Ron Weasley, où l'inquiétude commençait à disparaître comme il voyait que Harry allait bien. A sa droite, se trouvait une personne qu'il avait vu il y a peu de temps, ses cheveux considérablement plus courts, et plus disciplinés, mais ses yeux bruns brillants et son sourire rassuré étaient les mêmes.

La sensation râpeuse venait du petit chat assis à côté de lui, ayant l'air étrangement soucieux, à sa manière, comme Ron et Hermione. Il avait une fourrure argentée abondante, rayée de noir, avec des marques autour des yeux comme s'il avait des lunettes. Il était trop gros pour être un chaton, mais pour un chat, il était assez petit. Est-ce Argent ? pensa-t-il. Harry était assis sur le sol, et il y avait de nombreuses pièces d'échec éparpillées sur le tapis autour de ses jambes. Il vit l'échiquier à côté. Lui et Ron devaient jouer aux échecs. Les pièces marchaient maintenant anxieusement, et la reine blanche (Harry ne savait pas si c'était la sienne ou celle de Ron) le foudroyait du regard avec ses poings sur ses hanches.

Harry regarda tour à tour Hermione et Ron. Ils portaient tous deux la robe noire de Poudlard. Celle de Ron était ouverte, révélant une chemise blanche fripée, couverte de poils de chats et mal boutonnée, des jeans abîmés et des chaussures marron qui étaient très vieilles. Le cuir était usé et craquelé au niveau des orteils. Son appréhension le quittait, Harry sentit un sourire s'étendre sur son visage, puis il cria « Ron ! ». Incapable de se contenir plus longtemps, il se lança vers le garçon étonné, jetant ses bras autour de lui, et ayant envie de pleurer. Ron se dégagea rapidement de lui, bafouillant.

« Harry ! Ca va bien ? Tu t'es cogné la tête ? »

Mais Harry ne l'écoutait pas. Il se tourna vers Hermione. « Tu es à Poudlard ! » lui dit-il inutilement. Il baissa les yeux vers sa propre robe noire de Poudlard, y voyant le badge d'argent. Puis, montrant son badge de préfète, il s'étrangla d'émotion « Et tu es préfète ! » Il jeta maintenant ses bras autour d'elle, et après un moment d'hésitation, elle lui rendit timidement son accolade.

« Hum, Harry, peut-être que tu devrais aller voir Madame Pomfresh. Tu n'as pas vraiment l'air bien. Tu es soudain tombé à la renverse, et on aurait dit que tu avais une attaque, et maintenant, tu dis toutes ces choses bizarres… »

Il s'écarta d'elle, souriant. « Mais… mais tu ne comprends pas ! Je ne me suis jamais aussi bien senti de ma vie ! » Il l'avait fait ! Il l'avait fait ! Il sentit un vertige monter en lui comme il parcourait du regard la salle commune de Griffondor. Les mêmes tapisseries étaient suspendues aux murs, les mêmes grandes tables pour les devoirs qui étaient invariablement utilisées pour les batailles explosives à la place. Ses yeux tombèrent sur Neville, assis dans un coin, ayant l'air d'avoir été penché au-dessus du terrarium de Trevor, qu'il avait reçu pour son seizième (ou quatrième, selon comment on comptait) anniversaire. Il regarda Harry avec curiosité, comme s'il avait peur de venir plus près.

« Et il y a Neville ! » cria-t-il joyeusement. « Et Dean, et Seamus ! » dit-il, montrant de la tête les garçons qui étaient assis dans des fauteuils adjacents, regardant ensemble un magazine de Quidditch. Eux aussi avaient l'air d'avoir suspendu leur activité pour le regarder. « Et Will, et Jamaïca ! » ajouta-t-il. Les élèves de deuxième année étaient assis ensemble très près à une table, leur tête penchée sur un gros livre, et il remarqua que Dean gardait subrepticement un œil sur eux deux comme ils travaillaient. Ils n'avaient apparemment pas remarqué son 'attaque' comme ses camarades de chambrée. Il continua à parcourir la pièce du regard, voyant Zoey, Annika et Ruth, qui parlaient de leurs prochaines BUSEs. Il courut à leur table et s'appuya dessus.

« Ruth ! » dit-il avec excitation. « Que… Qu'as-tu fait pour la Pâque juive cette année ? »

Elle fronça les sourcils et le regarda, surprise. « Ma… Ma famille a fait en quelque sorte un seder en avance pour moi pendant les vacances de Pâques. Comme Poudlard ne prend pas en compte les vacances juives, c'est ce que nous faisons depuis que j'ai commencé ici. Sauf pour les fois où la Pâque juive tombait en fait pendant les vacances. Pourquoi diable demandes-tu ? »

« Bien, je pense que l'an prochain, nous devrions faire avoir un seder avec toi, ici, dans la tour Griffondor. Au bon moment. L'an prochain, ce sera un seder ashkénaze dans ta famille, n'est-ce pas ? Comme celui de cette année était Séfarade ? »

Maintenant, elle avait l'air terrifiée. « Je… Je préfèrerais que non. Et comment as-tu… »

Mais ils tournait à nouveau, fouillant la pièce du regard, cherchant, cherchant…

« Ginny ! » dit-il soudain, puis il se retourna vers ses camarades de chambrée. « Où est Ginny ? Elle va bien, n'est-ce pas ? » Son cœur battait douloureusement dans sa poitrine. Il pensa à ce que Dumbledore avait dit, que n'importe quoi avait pu arriver pendant ces huit derniers mois…

Zoey acquiesça bêtement et le regarda comme si c'était un déséquilibré. « Elle vient juste de monter dans notre dortoir pour chercher quelques notes de métamorphose. Nous sommes en plein milieu des révisions de nos BUSEs… »

« Le dortoir ! » dit-il brusquement. « Exact ! »

Il monta les escaliers du dortoir des filles en sprintant, sentant dans ses jambes un pouvoir qui lui manquait. Il pensa qu'il devait avoir continué à courir le matin. C'est bon. Il se sentait fort en en forme, et plus vivant que depuis des lustres. Tout allait bien dans ce monde. Il était un Griffondor, Ron et Hermione étaient ses meilleurs amis, et Ginny allait bien !

Il ouvrit à toute volée la porte du dortoir des filles de cinquième année, la surprenant. Elle faisait le tri de parchemins jaunes et enroulés, étalés sur tout son lit, mais elle se leva quand elle le vit, les sourcils froncés. Il referma la porte et s'avança vers elle, souriant, incapable de contenir sa joie de la voir, de voir ses cheveux roux en désordre et se grands yeux bruns, de voir chacune de ses tâches de rousseur et chaque pouce de sa grande silhouette dégingadée. Il n'était pas aussi grand que dans son autre vie, mais elle avait arrêté de grandir l'année d'avant, et pas lui. Maintenant il avait environ un pouce de plus qu'elle. Elle avait un regard interrogatif sur le visage, comme il la prit dans ses bras, parcourant du regard ce visage tellement chéri, surpris, et puis quand il posa la paume de ses mains sur ses joues, secouant la tête, émerveillé.

« Tu vas bien » dit-il en s'étranglant, les larmes dans ses yeux commençant à troubler sa vision. Il avait l'impression que son cœur allait exploser. « Tu vas bien… » Répétait-il encore et encore.

Elle se tenait aussi raide qu'une statue, ne le repoussant pas, ne répondant pas, sauf en fronçant les sourcils, un regard perplexe figé sur son visage. Et puis il la tira à lui et baissa ses lèvres vers les siennes, incapable de se retenir pour cela une seconde de plus. Elle était encore comme une poupée grandeur nature dans ses bras, molle et ne répondant pas. Puis, comme il quand il lui avait dit au revoir dans le bureau du concierge dans son autre vie, il embrassa ses deux joues, son front, le bout de son nez, les orbites sous ses sourcils… Il recula, fixant encore son visage intrigué, ne sachant pas s'il devait rire ou pleurer. « Oh, Ginny, » chuchota-t-il, se sentant près à faire les deux simultanément. « Es-tu idée d'à quel point je t'aime ? »

Elle ouvrit des yeux encore plus grands en entendant cela, puis ouvrit tout grand sa bouche, choquée, et il la tira à nouveau contre lui, passant ses bras dans son dos, et une main jusqu'à sa tête, prise dans ses cheveux. Prenant avantage de la bouche ouverte sous l'effet de la surprise (comme elle avait fait une fois avec lui) il poussa doucement sa langue entre ses lèvres, quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis le match de Quidditch de cinquième année. Elle frissonna dans ses bras, venant finalement à la vie, bougeant soudain d'elle-même et ne se contentant plus d'être bougée, comme une marionnette. Elle gémit contre sa bouche et l'accueillit, enlaçant ses mains dans les cheveux de Harry, tenant ses lèvres en place comme elle s'adoucissait et fondait son corps contre le sien.

Il exulta dans la réalité solide et chaude de Ginny. La joie chantait dans tous son être. C'était Ginny, finalement, dans ses bras, en vie. Saine et sauve…

… et elle lui rendait son baiser.

Pendant une demi-minute.

Soudain, elle sembla retrouver ses esprits et s'écarta de lui. Harry lui souriait joyeusement, sa bouche, picotant, son cœur chantant et son esprit criant 'Elle est en vie ! Elle est en vie !'

Mais Ginny avait continué à s'écarter de lui, sa main couvrant sa bouche, horrifiée, et comme il réalisait lentement qu'elle n'était nullement aussi contente de le voir que lui de la voir, elle commença à secouer sa tête, sa poitrine se soulevant, ses yeux ronds.

« Non, non, non, non, Harry ! Nous en avons déjà parl ! Tu dois t'arrêter ! Tu ne peux pas simplement venir me voir et commencer… commencer à m'embrasser et… et à dire ces choses… tu ne peux pas ! Je pensais que tu avais compris. Le dernière fois que nous avons parlé de ceci, tu semblais comprendre… »

Il fronça les sourcils. Il lui avait dit de telles choses avant ce jour ? dans cette vie ?

« Mais… mais Ginny, » bégaya-t-il, extrêmement confus.

« Pas de mais, Harry. Rien n'a changé. Je suis avec Draco, et tu es avec Hermione. Nous ne pouvons… Nous ne pouvons pas simplement… simplement céder »

Il s'avança vers elle afin qu'ils soient à nouveau très proches l'un de l'autre. Il la regarda avec sérieux. « A l'amour ? » chuchota-t-il.

« Oui ! Non ! » se corrigea-t-elle rapidement. « Je veux dire… Tu ne peux pas simplement soudainement décider que… que tu veux revenir en arrière ! Cela ne marche pas comme cela ! On ne peut pas simplement revenir dans le temps et dire 'D'accord, je veux prendre ce chemin à la place…' et réécrire l'histoire. Trop de choses se sont passées… »

Il fronça les sourcils « Simplement parce qu'une personne a pris le mauvais chemin, elle ne peut pas le changer ? Se remettre sur le bon ? Regarde… regarde le professeur Rogue. C'était un Mangemort. Il est retourné du côté de Dumbledore. Comment peux-tu dire que c'est impossible ? »

Maintenant, elle était encore plus horrifiée, reculant encore plus jusqu'à ce que le matelas de son lit lui rentre derrière les genoux et la force à s'asseoir brusquement. « Oh, Harry ! Comment peux-tu… parler ainsi du pauvre professeur Rogue ? »

Pauvre professeur Rogue ? Qu'est-il arrivé à Rogue ?

« Je… Je suis désolé Ginny, » dit-il maladroitement, s'écartant maintenant d'elle. « Je… C'est juste que je… J'ai eu ce rêve. Un rêve très réaliste. Et tu… tu… »

Elle rougit. « Harry. Si j'étais dans un rêve que tu as eu, je ne pense pas que tu devrais m'en parler… »

Il ouvrit en grand ses yeux quand il réalisa après un moment de quelle sorte de rêves elle pensait qu'il parlait. « Non ! Je… Je ne voulais pas dire cette sorte de rêve. Je…J'ai rêvé que tu étais… » Il ne pouvait pas le dire.

« Oui ? » Elle avait en fait l'air quelque peu curieuse maintenant.

« Hum… J'ai rêvé que tu étais… morte »dit-il finalement, très doucement. « Et cela semblait si réel. J'avais si peur… si peur que ce soit réel… » bégaya-t-il, espérant que cela expliquerait pourquoi il avait débarqué ainsi dans sa chambre, l'avait embrassée et lui avait dit qu'il l'aimait. Elle couvrit à nouveau sa bouche.

« Oh, Harry. Je… Je ne sais pas quoi dire… »

« Disons… Disons simplement que tu me pardonnes et que tu oublieras tout cela Ginny. Je… je ne suis pas très bien dans ma tête, pour être franc. Peut-être que je devrais aller voir Madame Pomfresh… »

« Est-ce ta cicatrice ? »

Il secoua sa tête. « Je ne pense pas. »

« Peut-être que tu devrais aller voir Madame Pomfresh. Cela ne peut pas faire de mal de prendre des précautions. »

Il se tourna, puis fit brusquement demi-tour et s'exclama. « Pas que je dise qu'il faille ne pas aller bien dans sa tête pour vouloir t'embrasser et… »

« Harry ! » dit-elle en riant, et son cœur se mit à bondir, en entendant ce rire pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité. « Je ne pensais pas que tu voulais dire cela. Va simplement voir Madame Pomfresh. Peut-être qu'elle pourra te donner une drogue où quelque chose qui te permette d'avoir un sommeil sans rêve. »

Il acquiesça. « Oui. C'est probablement tout ce dont j'ai besoin. » Il mit sa main sur la poignée de la porte et se retourna vers elle. « Merci, Ginny. »

Elle sourit tristement. « Ne t'inquiète pas pour cela. » Sa voix était très douce.

Dans le petit couloir entre le haut des escaliers allant vers l'étage inférieur, et les marches conduisant au-dessus, il s'arrêta. Il savait qu'il n'aurait pas dû faire cela, qu'il n'aurait pas dû perdre le contrôle et courir comme un fou dans la tour Griffondor… mais il était tellement content de savoir qu'elle était en vie, et de lui avoir parlé, d'avoir entendu sa voix et son rire… Et quand elle lui avait rendu son baiser…

Il regarda la porte fermée, puis se tourna vers les marches. Après en avoir descendu seulement deux, il s'assit sur le gros bloc de pierre, sa tête entre ses mains. Peut-être qu'il ferait mieux d'aller voir Madame Pomfresh. Ron et Hermione avaient dit qu'ils avaient pensé qu'il s'était cogné la tête. Peut-être était-ce le cas. Il se releva, et commença à descendre les escaliers très lentement. Quand il arriva dans la salle commune, Hermione et Ron finissaient de ranger les pièces dans leur boîte tapissée de velours, et ils allèrent vers lui, tous les deux ayant l'air très soucieux.

« Est-ce que tu vas bien, Harry ? » demanda Hermione, mettant sa main contre son front avec sollicitude. Il l'enleva gentiment mais fermement.

« J'ai juste besoin de me reposer, » dit-il, sa voix tremblant. « Ca ira… »

« Tu es sûr ? » demanda Ron, et Harry aurait encore voulu le prendre dans ses bras et le serrer très fort. C'était  tellement merveilleux de savoir que Ron était à nouveau son ami, qu'il se souciait de ce qui lui arrivait au lieu de vouloir l'étrangler parce qu'il bécotait sa sœur…

…Oh, attends, pensa Harry, se souvenant. Je viens de bécoter sa sœur. Et il ne sera probablement pas enthousiaste à ce sujet…

…bien qu'il le préfère peut-être à Draco Malfoy.

Draco.

Malfoy.

Il avait mit son père en prison par amour pour Ginny. Dans la tente à Godric's Hollow, il s'était sacrifié dans l'intérêt de Harry… dans l'intérêt du monde entier. Et maintenant, lui, Harry, était revenu dans la tour Griffondor et était descendu en piqué sur sa petite amie et avait commencé à l'embrasser…

Son estomac se contracta, et pas d'une manière agréable. Il se sentit comme la pire personne au monde…

« Es-tu sûr que tu ne devrais pas aller voir Madame Pomfresh, Harry ? » dit encore Hermione, fronçant les sourcils. « Tu as positivement l'air vert. »

Il se secoua. « Simplement… Simplement une sieste, comme je disais. Ca ira. Vraiment. Montez simplement me chercher quand ce sera l'heure de manger... »

Puis il sut qu'il avait encore dit la mauvaise chose, parce que Ron et Hermione échangeaient un regard inquiet une fois de plus. « Hum,… tu veux dire quand ce sera l'heure du petit déjeuner ? » dit Ron. « Parce que c'est presque neuf heures. Nous avons pris notre dernier repas de la journée, et je serai dans le dortoir avec les autres quand ce sera le matin. » dit Ron, ayant l'air d'être à deux doigts d'amener Harry l'aile de l'hôpital manu militari.

Harry acquiesça. « Oui, oui, je voulais dire… » mais il regarda leurs visages soucieux, effrayé de mettre à nouveau les pieds dans le plat. « Peu importe. » s'amenda-t-il. « Je vais simplement aller au lit tôt. J'ai besoin de repos. »

Il se tourna une seconde après avoir commencé à grimper l'escalier du dortoir des garçons : ils le regardaient encore avec inquiétude. Il se souvint de l'image d'eux trois que Colin avait prise, celle que Ron et lui avaient donnée à Hermione pour son quinzième anniversaire, et puis il pensa à la photographie de lui, Jamie et Draco qui était sur le manteau de sa cheminée à Bout-du-Lard. Jamie… Il continua à monter l'escalier, ses pieds en pilotage automatique, et bientôt, il ouvrait la porte du dortoir des sixième année, et se jetait sur la couverture écarlate de son lit à baldaquin. Il regarda le rouge profond, la couleur de la maison Griffondor. Il avait voulu revenir ici pendant tellement longtemps, et maintenant, tout ce à quoi il pouvait penser était aux personnes qu'il avait perdues à tout jamais dans cette autre vie…

Jamie....

Mes frères…

Maman…

Et un beau-père qui avait toujours été là pour lui, qui avait attendu jour après jour, qu'il arrive à Douvres, qui avait retardé son départ pour la France, où il aurait été en sécurité, parce qu'il devait prendre soin de lui, Harry. Où était-il, maintenant ? Dans cette vie ? Qu'était-il arrivé à Severus Rogue ? Il avait besoin de se reposer maintenant, mais il savait que lorsqu'il se réveillerait, ce serait la question qui devrait occuper toutes ses pensées…

Que diable était-il arrivé à Rogue ?