Dumati : très bonne question : Qu'est-il arrivé à Rogue ?
Philippe Gryffondor : hé oui, retour dans le monde réel. Ca fait du bien.
Lunenoire : si si, tout est rentré dans la 'normale'.
Mystikal : Harry a la tête qui tourne un peu. Il va lu ifalloir un peu de temps pour rattrapper tous ses souvenirs.
idefix61 : Que de questions. Les deux mondes ont évolué en parallèle, donc Harry se retrouve en mai.
Bartimeus : T'es pour la paix dans les ménages, on dirait !
popov : mais non, je t'assure, tout est 'normal'

sur ce, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite...

Quand il se réveilla, le dortoir était noir et il pouvait entendre des ronflements venir des autres lits. Il resta couché, écoutant le son faible et familier à travers les rideaux de son lit à baldaquin. Le ronflement de Ron se fondait avec celui des autres. Il se sourit. Lui et Ron s'étaient réconciliés. Quand se demanda-t-il. Il referma ses yeux, essayant de repenser au premier trimestre…

Durant les deux premières semaines du nouveau trimestre, Harry et Ron ne s'étaient parlé que lorsque c'était absolument nécessaire. Ron était venu le voir avec l'idée d'un cadeau d'anniversaire pour Hermione, et Harry avait été d'accord qu'il s'agissait d'une bonne idée et avait trouvé comment le lui procurer, mais autrement, ils ne se parlaient presque jamais. Harry commençait à en avoir assez, ayant l'impression de tout le temps marcher sur des œufs. Le fait que Hermione ait été complètement subjuguée par son cadeau et que cela ait été l'idée de Ron, dérangeait Harry d'une manière qu'il trouvait incompréhensible. Finalement, au début de la troisième semaine de cours, Ron était venu vers Harry dans la salle commune un soir et l'avait pratiquement fait bondir hors de sa peau en lui parlant si soudainement.

« Où va-t-elle ? » dit-il d'un murmure que seul Harry pouvait entendre.

Harry leva les yeux vers lui, fronçant les sourcils. Ron lui parlait ? Mais ensuite, il réalisa qu'il ne devrait pas être surpris. La seule raison pour laquelle il parlait à Harry ces temps-ci était Hermione. Ce n'était pas une exception. Il hésita pour répondre, mais ensuite sa curiosité l'emporta. « Je ne sais pas. Heu… qui ? » ajouta-t-il, comme s'il ne savait pas parfaitement bien.

« Hermione. Chaque soir, après dîner, elle disparaît. Elle ne t'a pas dit où elle allait ? »

Harry ferma 'Le Quidditch à travers les âges', qu'il relisait encore. Il haussa les épaules, essayant d'avoir l'air de ne pas s'en soucier, bien que Ron ait piqué sa curiosité maintenant. Il lutta pour ne pas le montrer. « Je pensais juste qu'elle allait à la bibliothèque. Tu connais Hermione. Tu es sûr que c'est tous les soirs ? »

« Oui. Tu n'es pas très observateur, si l'on considère que c'est ta petite amie. » Harry se hérissa. Le sujet favori de Ron : Harry-le-petit-ami-pas-très-bon. « Elle n'est pas rentrée ici avant dix heures depuis que le trimestre a commencé. Et habituellement, c'est bien plus tard que cela. »

Harry était silencieux, fixant le feu. C'était vrai qu'il n'avait pas remarqué que Hermione disparaissait le soir. Ils avaient passé du temps ensemble seulement une fois depuis que le trimestre avait commencé, et cela avait été une affaire maladroite et précipité, un samedi après-midi, née de leur deux mois de séparation. (Et c'était sa manière, avait-elle dit, de le remercier pour son cadeau d'anniversaire.) Harry s'était sentit quelque peu embarrassé de se déshabiller devant elle, comme si elle ne l'avait jamais vu avant, et elle avait été quelque eu timide aussi.

Quand ils étaient revenus de l'ancienne pièce de Touffu dans la salle commune, où ils s'étaient retrouvés, Ron avait lancé un regard assassin à Harry, sachant clairement ce qu'ils venaient de faire, et Harry lui avait rendu le regard. Harry était damné si Ron lui disait que faire, mais tout de même… quelque chose dans sa relation avec Hermione semblait changé. Différent. Harry ne voulait pas croire qu'il était affecté par ce que Ron avait dit au Terrier, mais profondément en lui, il savait qu'il l'était, que c'était toujours dans sa tête…

« Bien, » dit Ron avec truculence. « Je vais attendre qu'elle rentre. Et lui demander directement. » Il s'assit dans le fauteuil à côté de celui de Harry. Harry ne trouvait cependant aucun intérêt à prolonger sa conversation avec Ron. Il se leva.

« Bien, j'ai confiance en Hermione. Je ne vais pas l'attendre en restant assis là comme si j'étais son père. Si tu veux qu'elle soit en colère après toi parce que tu la traites comme une enfant, à ta guise. Ne t'attends pas à ce que je te rende visite à l'aile de l'hôpital quand elle t'aura lancé des sorts, et ne me blâme pas pour les points que Griffondor risque de perdre parce qu'elle t'aura lancé un sortilège dessus. » Harry prit son livre au dortoir et s'installa dans son lit pour lire. Son cœur tapait dans sa poitrine. Cela n'avait pas été très satisfaisant de parler à Ron. Il souhaitait pouvoir redescendre dans la salle commune, et dire « Que crois-tu qu'elle fait ? Quand as-tu remarqué sa disparition pour la première fois ? » Mais il ne voulait pas admettre à Ron qu'il était aussi soucieux maintenant. Il était principalement ennuyé avec lui-même de en pas avoir remarqué ses disparitions nocturnes. Mais bon, Ron remarquait toujours tout ce que Hermione faisait. Harry l'avait vu en chaque classe regarder Hermione quand elle était absorbée dans son travail, il la regardait mâcher la plus petite chose à chaque repas, il la regardait chaque seconde quand elle se battait au club de duel….

Les autres garçons montèrent au lit et Harry remarqua que Ron n'était toujours pas rentré. Il éteignit finalement sa bougie, encore habillé. Il attendit Ron dans le noir. Il regarda sa montre à la lumière de la lune. A minuit et demi, Ron n'était toujours pas couché. Il pensa que cela signifiait que Hermione n'était pas encore rentrée.

Super, pensa Harry. Maintenant je dois m'inquiéter pour eux deux, même si je suis en colère avec cet abruti roux, et qu'il s'avère qu'elle va quelque part tous les soirs et qu'elle n'a pas pris ma peine de m'en parler. Il alla jusqu'à sa malle et an enleva sa carte et sa cape d'invisibilité. Il sortit discrètement du dortoir et traversa le couloir menant aux sanitaires. Quand les bougies sur les murs revinrent à la vie, il sortit sa baguette et étendit la carte sur le plan entre les éviers, agitant sa baguette au-dessus et disant « Je jure solennellement que ce que je vais faire n'est pas bien. »

La carte de Poudlard apparut graduellement. Harry regarda le coin où se trouvait la tour Griffondor. Dans la salle commune, il vit deux points, étiquetés 'Ron Weasley' et 'Hermione Granger'. Alors elle était rentrée. Ron lui demandait probablement où elle avait été, pensa-t-il. Bien. Ron pourrait aller tout seul à l'infirmerie quand elle lui aurait fait pousser des pustules sur tout le visage. Puis Harry remarqua un point se déplaçant près de la salle des trophées, étiquetés 'Virginia Weasley'. Que faisait Ginny dehors à cet heure-ci ? se demanda-t-il. Il retint son souffle quand il vit une autre point étiqueté 'Argus Rusard' se diriger directement vers Ginny. Il vit le point qui était Ginny faire un bond dans une niche qu'il savait contenir une statue de troll, et quand Rusard eut passé le coin, il continua à avancer devant elle, de toute évidence pas conscient de sa présence. Harry relâcha son souffle. Que fais-tu Ginny ? pensa-t-il. Rusard est certain de t'attraper, ou Miss Teigne va le conduire à toi…

Puis Harry remarqua deux autres points sur la carte, en fait dans la salle des trophées. Un était marqué 'Draco Malfoy', et l'autre 'Mariah Kirkner'. Les points étaient très proches l'un de l'autre. Harry déglutit. Que faisait Malfoy avec Mariah Kirkner à minuit et demi dans la salle des trophées ? Est-ce que Ginny suspectait quelque chose ? se demanda-t-il. Harry se demanda si Rusard allait les découvrir. Cela leur servirait de leçon. Mais ensuite il pensa à comment Ginny réagirait si elle savait qu'ils étaient ensemble… Il pouvait tirer des conclusions hâtives pour eux deux, mais il ne les croyait pas sérieusement. Ginny serait dévastée…

Il enfonça la carte dans sa poche et enfila la cape d'invisibilité. Au moins, il pourrait aider Ginny à revenir à la tour Griffondor sans qu'elle soit prise par Rusard. En espérant qu'il pourrait aussi l'empêcher de voir Draco Malfoy avec Mariah Kirkner. A moins qu'elle les ai déjà vu…

Harry descendit les escaliers de pierre jusqu'à la salle commune sur le pointe des pieds. Il se tourna, à la recherche de Ron et de Hermione. Finalement, il les trouva, assis à une table, dans le coin, une chandelle solitaire éclairant la pile de livres et les parchemins éparpillés sur lesquels Hermione s'était endormie, sa tête sur son bras gauche. Ron s'était aussi endormi. Son bras était autour de la taille d'Hermione, et sa tête était sur son épaule. Un filet de bave coulait lentement de sa bouche sur la robe d'Hermione. Harry frissonna, puis il fut content de pouvoir partir sans qu'ils le remarquent.

Mais ensuite, comme s'il pouvait lire dans sa tête, Ron releva soudain la tête, la tournant tout autour, et clignant des yeux, comme s'il avait entendu Harry, qui se tenait maintenant figé près du feu. Ron bailla, s'étirant, puis il mit ses mains sur les épaules d'Hermione, la secouant gentiment.

« Hermione. » chuchota-t-il. Elle grogna. Harry sourit et résista à l'envie de rire, se souvenant à quel point elle pouvait être bruyante en dormant. « Hermione. » dit encore Ron, en insistant davantage. « Il est tard. » Il secoua encore son épaule. Encore aucune réponse, sauf une espèce de bruit de contentement endormi, comme elle tourna sa tête dans l'autre sens. Ron se retrouvait maintenant face à l'arrière de sa tête. Il soupira, de toute évidence lui-même très fatigué. Puis il sembla hypnotisé par quelque chose. Il se rapprocha d'elle et Harry vit que c'était le cou d'Hermione qui lui semblait soudain si fascinant, exposé par sa coupe courte. Ron amena ses lèvres sur son cou, un fois, brièvement, et puis se rassit, attendant une réponse. Harry retint son souffle.

Ron se pencha encore, sa bouche trouvant le cou d'Hermione une fois de plus, mais pas brièvement cette fois. Finalement, il eut une réponse. Elle gargouilla dans sa gorge, tournant sa tête, ses yeux encore fermés. « Je suppose que tu penses que cela va t'amener quelque part, Harry », dit-elle d'une voix endormie, pensa que si quelqu'un embrassait son cou, ce devait être son petit ami. Ron hésita un instant, puis posa ses lèvres le long de sa mâchoire, les amenant finalement en contact avec celles d'Hermione. Elle n'avait toujours pas ouvert les yeux. Elle avança ses mains pour toucher son visage, et quand ses mains détectèrent sa barbe, ses yeux s'ouvrirent brusquement, même si leurs bouches se touchaient encore. Puis il toucha sa taille, et Harry sut avec quel point il était rentré en contact.. Cela la faisait fondre d'être touchée juste en-dessous de sa cage thoracique et au-dessus de ses hanches, et elle referma ses yeux, gémissant doucement comme elle poursuivait le baiser, ouvrant sa bouche. Harry pouvait dire qu'elle savait qui c'était, et cependant elle continuait.

Alors. Ron voyait son vœu se réaliser, et Harry n'avait pas à rompre avec elle pour que cela arrive. Il tremblait de rage. Et Hermione ! pensa-t-il. Elle n'était même pas…

« Non ! » cria-t-elle soudain, se reculant, retrouvant finalement ses esprits. Elle couvrit sa bouche avec sa main, hébétée. « Je suis… je suis désolée Ron, je suis fatiguée. Je ne réfléchissais pas… »

Il passa sa main dans ses cheveux, se rasseyant avec une expression résignée sur le visage ? «Bien, je t'ai finalement réveillée, n'est-ce pas ? » dit-il, comme si c'était sa seule motivation. Elle haussa un sourcil.

« C'était simplement pour cela. »

Il la regarda avec un mélange d'amour et de ressentiment dans le regard. Sa voix était très dure. « Nous avons tous les deux arrangé ton cadeau d'anniversaire. Pourquoi est-ce que seul Harry devrait en retirer quelque chose ? »

Elle resta bouche bée. « Oh, c'est cela ? Tu t'attendais à ce que je te dise merci en me laissant peloter ? Ou en tirant un coup ? »

Le visage de Ron de détendit. Il passa sa main sur sa barbe. « Non, non, Hermione. Je pensais juste… Je pensais que tu aimerais l'avoir avec toi, ici, à l'école… »

Elle déglutit. « C'était… c'était ton idée ? » Il acquiesça. « Oh, Ron… » Elle se pencha vers lui et glissa ses mains autour de son cou, mais le baiser fut très bref. Elle recula à nouveau. « Voilà. Un merci proprement fait. »

Il sourit tristement. « Bien, je ne sais pas si c'est propre… »

« Oh, Ron. C'était… Je veux dire comment peux-tu te plaindre que je te donne des idées avec ce baiser ? »

Son sourire se transforma en grimace. « Oui, bien, je suis évidemment fait de marbre. »

Elle lui fronça les sourcils, se levant pour fermer ses livres et rassembler ses parchemins « Qu'est-ce que c'est sensé signifier ? »

Il se leva à côté d'elle et la tourna vers lui, tandis qu'elle ramenait un gros grimoire contre sa poitrine. « C'est sensé signifier que je peux t'embrasser et que tu peux m'embrasser, mais d'une manière ou d'une autre, c'est tout de ma faute. Et je ne suis pas sensé ressentir quoique ce soit pour toi en faisant cela… »

Elle baissa les yeux, s'empourprant. « Ron. Il est tard. Ce n'est pas le moment pour… »

« Quand est-ce que ce sera le moment ? Quand tu seras resté avec lui dix de plus par devoir ? Quand diable est-ce que ce sera le moment Hermione ? »

« Oh, maintenant tu penses que Harry va vivre encore dix ans, n'est-ce pas ? »

Il fronça les sourcils « De quoi parles-tu ? »

Elle se hérissa. « Pour quelqu'un qui prétend se soucier de moi, tu es certainement très bon pour penser à dire des choses méchantes sur moi. »

Ron était perplexe. « Quelles choses méchantes ? »

« Je sais ce que tu as dit à Harry. Avant que nous partions pour King's Cross. »

Ron eut la bonne grâce de paraître honteux. Mais ensuite, il récupéra et eut l'air légèrement hostile à la place. « Oh, il te l'a dit, n'est-ce pas ? »

« Non. Malfoy vous a entendu, évidemment. Il l'a dit à Mariah Kirkner, et elle me l'a répété. Très gentil. Maintenant, je sais ce que tu penses vraiment de moi… »

« Hermione, c'est de deux Serpentards dont nous parlons… » dit-il.

Elle ignora cela. « Je veux dire, tu penses honnêtement que je voulais simplement le baiser avant qu'il ne meure ? Tu as vraiment dit cela ? »

Ron traîna, nerveusement. « Heu.. pas exactement… »

« Pas exactement. Oh, c'est adorable. Tout simplement adorable. »

« Hermione, je pense juste… je pense que vous êtes confus sur pourquoi vous êtes ensemble, c'est tout. Si tu y penses vraiment… »

« Alors quoi ? Je réaliserai que je veux vraiment être avec le crétin qui, quand il a soudain réalisé que Fleur Delacour ne perdait pas son sommeil à cause de lui, a décidé de remarquer que j'étais une fille ? Très gentil, Ton, très gentil… » Harry déglutit. Hermione était encore en colère à cause de Fleur Delacour ?

« Hermione, » dit-il doucement. « Tu m'embrassais il y a une minute, et je ne parle pas du petit baiser de remerciement… »

Elle eut l'air énervée quand il lui rappela cela. « Oui, bien… » commença-t-elle, mais elle se retrouva à cours de mots. « Ce n'est pas bien de prendre avantage de quelqu'un privée de sommeil… »

« C'est ce que c'était ? Quand nous étions au Terrier, c'était « J'avais le soleil dans les yeux… »

Cela était arrivé avant ? pensa Harry. Cela devait s'être passé l'été dernier. Il se demanda si c'était avant ou après que Ron lui ai dit qu'il devait rompre avec elle…

Ron s'approcha d'elle et caressa sa joue avec ses doigts. « Je suis désolé, Hermione. Je ne veux pas commencer à me battre à cette heure. Je comprends que tu es très fatiguée… Est-ce… est-ce très difficile ? Je ne peux pas croire que tu fasses cela tout les soirs… »

Elle sembla se détendre un petit peu et passa sa main dans son cou. Ron avait l'air de vouloir le faire pour elle. « Oh… Tu n'as pas idée. Mais en même temps… quand j'obtiens quelque chose de bon… c'est absolument incroyable. C'est brillant. Je ne peux pas vraiment le décrire de façon adéquate… »

Il se renfrogna. « Est-ce que tu fais cela pour lui ? »

Elle eut l'air complètement exaspérée. « Non, Ron. Je voulais le faire depuis la première fois que j'ai appris que quelques sorciers et sorcières pouvaient le faire. Je ne fais pas cela pour Harry. Pour une fois dans ma vie, je fais quelque chose pour moi. Tout dans ma vie ne concerne pas Harry Potter, même si tu prends de toute évidence beaucoup de plaisir à m'accuser de cela. »

« Bien. Je suis content que tu le fasses pour toi. Je suis… Je suis incroyablement fier de toi, tu sais. Ce que tu fais… Je ne peux même pas l'imaginer. » Il secoua la tête, en lui souriant. « As-tu idée d'à quel point tu es spéciale ? » Elle se colora, baissant les yeux. Ron mit sa main sous son menton et redressa son visage face au sien. « Mais ne me prétends pas que tu ne savais pas exactement ce que tu faisais quand tu m'as rendu mon baiser, Hermione. » dit-il doucement « Tu n'es pas amoureuse de Harry. Et il n'est pas amoureux de toi. Mais quelqu'un d'autre l'est… » chuchota-t-il contre ses lèvres, et elle était complètement immobile quand il l'embrassa légèrement et puis se retira, la regardant dans les yeux, attendant, espérant. Elle trembla, le fixant une frayeur apparaissant de manière visible sur son visage. Il tenait encore son menton dans sa main. « Écoute, je sais que j'ai été le dernier des idiots et que je ne te mérite pas…comme si quelqu'un le pouvait, et je sais que j'aurais dû dire quelque chose il y a un an… deux ans. Mais si tu dis simplement un mot, Hermione, je laisserai tomber. Dis-moi juste que tu n'es pas amoureuse de moi. Je l'accepterai, promis. Dis simplement cela, et nous pourrons continuer et prétendre que tout cela ne s'est jamais produit… »

Elle continua à le fixer, puis recula, sa bouche ouverte, comme si elle allait dire quelque chose. Mais rien n'en sorti. Finalement, un air de détresse extrême tordit son visage, et elle se tourna et s'enfuit vers l'escalier du dortoir des filles sans un autre mot ou un autre regard pour lui. Ron abattit ses deux mains sur la lourde table de bois, jurant à haute voix en même temps que ses paumes frappaient le bois, produisant le même son qu'un coup de feu. Puis, s'appuyant lourdement sur ses grandes mains, fixant misérablement les livres et les parchemins éparpillés, une larme unique coula sur sa joue.

Elle ne pouvait pas le dire.

Harry ne savait pas quoi penser. Est-ce que Hermione lui avait été infidèle ou pas ? Est-ce que Ron l'avait trahi, ou non ? Ce n'était pas comme s'il n'avait pas su quels étaient les sentiments de Ron. Il ne s'était juste pas attendu à ce qu'il se lance et embrasse Hermione comme cela, tout simplement. Il se sentait vidé, sa colère partie, une sorte de fatigue mentale sapant son énergie comme il regardait Ron se traîner vers les escaliers. Soudain, il sentit une incroyable vague de culpabilité, pour aucune raison qu'il ne puisse identifier, et il essaya de s'en débarrasser. Je ne suis pas celui qui a fait quelque chose de mal ce soir, se rappela-t-il sévèrement.

Quand il entendit le bruit des pas de Ron diminuer, il se faufila finalement par le trou du portrait et quitta la tour Griffondor. Il aurait beaucoup de choses auxquelles penser quand il reviendrait au dortoir. Mais maintenant, il devait aider Ginny à retourner à son dortoir sans qu'elle soit découverte par Rusard, et sans qu'elle voie Malfoy et Mariah Kirkner. Il essaya de se concentrer sur cette tâche.

Il regarda sa montre. Il était resté près de la cheminée pendant moins de dix minutes. Ginny avait pu être découverte pendant ce temps. Il se dépêcha de descendre une volée de marches, puis jeta un œil sur la carte pour vérifier la position de Ginny. Il vit que Draco Malfoy et Mariah Kirkner étaient maintenant dans le couloir du donjon, sur le chemin du retour à la maison Serpentard, ayant d'une manière ou d'une autre évité Rusard. Pourquoi avaient-ils d'abord été dans la salle des trophées ? se demanda-t-il. Avaient-ils eu besoin d'avoir une conversation qui ne puisse pas être espionnée par les autres Serpentards ?

Le point de Ginny sur la carte était maintenant dans la sale des trophées. Est-ce qu'elle suspectait que son petit-ami traînait avec une autre fille ? Puis il vit que le point d'Argus Rusard allait vers la salle des trophées. Malédiction ! Il allait la trouver d'une seconde à l'autre. Harry parcourut du regard le couloir dans lequel il se trouvait, juste un étage en-dessous de l'entrée de la salle commune de Griffondor. Il y avait deux armures côte à côte. Elles avaient été portées par des frères jumeaux lors de la guerre des gobelins au treizième siècle. Harry courut vers elle de toute sa force, produisant un incroyable CRASH ! quand les morceaux tombèrent en cascade sur le sol de pierre. Il agrippa l'épée que l'une d'elles tenait, et commença à taper contre les plastrons et les casques. Puis il laissa tomber l'épée et fonça dans un escalier étroit qui proposait une route alternative vers la bibliothèque. Il s'arrêta dans les escaliers pour chercher Rusard sur la carte, et assez sûrement, son point se déplaçait maintenant rapidement vers la source du bruit, prenant une route sensiblement différente. Si Rusard avait pensé vérifier qu'il n'y avait pas d'élèves dans la salle des trophées, il avait clairement décidé de remettre cela à plus tard, après avoir enquêté sur les armures démantelées.

Harry descendit en courant les escaliers, puis d'autres après être passé dans un couloir dont le seul but était de relier les escaliers. Après plusieurs autres tours et détours, montant et descendant les escaliers, Il fonça dans la salle des trophées, regardant encore la carte. Elle était sur le côté de la plus grande vitrine. Il ne pouvait pas la voir. Elle se cachait évidemment de Rusard. Il alla lui-même derrière la vitrine, la voyant s'accroupir immédiatement, et il mit la carte dans sa poche, et releva le bord de sa cape, se baissant en-dessous pour la regarder.

« Ginny ! »

Elle tourna sa tête, ouvrit de grands yeux et commença à crier. Harry lui mit rapidement la main sur la bouche.

« Ne fais pas cela ! » siffla-t-il. « Je suis ici pour t'aider à revenir à la tour Ginny. Rusard t'avait presque trouvé mais j'ai fait tomber des armures en haut pour le distraire. Viens… passe sous la cape avec moi. »

Elle retrouva ses esprits et se leva, se glissant sous la cape, lui chuchotant comme ils avançaient avec précaution vers la porte.

« Comment as-tu su que j'étais l ? » Sa bouche était si proche de son oreille qu'il frissonna.

« La vieille carte de Fred et George. Je me demandais où était Ron, mais quand j'ai regardé, tu étais là, prête à te faire attraper par Rusard. »

Elle acquiesça, continuant à avancer à côté de lui. Sa main gauche frottait contre la cuisse droite de Harry, envoyant des étincelles à travers lui qu'il trouvait très dures d'ignorer. Puis ils entendirent un bruit de pas lourd, et Harry la tira dans la niche dans laquelle elle s'était cachée avant, derrière la statue du troll.

Ils virent Rusard s'avancer à dessein dans la salle des trophées, regarda suspicieusement autour de lui, Mrs Teigne à son côté. Puis le chat se tourna et Harry pouvait jurer qu'il les regardait tous les deux, pressé dans la niche. Harry retint son souffle. C'était un endroit étroit. Ils étaient pressés l'un contre l'autre, les cheveux de Ginny lui chatouillaient le nez, son souffle chaud courait dans son cou. Il pensa qu'il allait vraiment devenir fou à cause de sa proximité avec elle…

« Eh ? Qu'est-ce qu'il y a ma douce ? » Harry pouvait voir par-dessus l'épaule de Ginny, de l'autre côté de la statue. Rusard, au milieu de la salle des trophées, pivota sur ses talons et revint dans le couloir, ou le chat se tenait, fixant la statue du troll. Rusard s'arrêta et commença aussi à fixer la statue, puis il baissa les yeux vers le chat.

« Tu ne les a jamais aimé, je sais, mais ce n'est pas une raison pour les fixer comme cela… »

Il se tourna de l'autre côté et commença à repartir à grandes enjambées vers l'armure fracassée. Peut-être qu'il l'avait laissée, pensa Harry, parce qu'il avait correctement saisi que c'était une ruse pour le détourner de quelqu'un d'autre.

Ginny commença à bouger, mais Harry passa son bras autour de sa taille, la tenant contre lui. « Trop tôt » chuchota-t-il. « Et l'armure est au pied de l'escalier de la salle commune de Griffondor. C'était le mieux que je pouvais faire. Il se peut qu'il surveille là-bas pendant un moment. Si le portrait s'ouvre et qu'il n'y a personne, il risque d'être assez suspicieux.

Elle acquiesça puis s'appuya contre lui et posa sa tête contre son épaule. Elle n'avait pas beaucoup d'autre choix. Avec son bras autour de sa taille, elle était forcée de continuer à se tenir très proche de lui. Il passa timidement son autre bras autour de son épaule, fermant les yeux.

Elle souleva sa tête de son épaule pour parler, et il pouvait sentir la chaleur irradiant de son visage. Elle était embarrassée.

« Quand j'ai quitté la salle de potions, j'ai remarqué un mot écrit par Draco sur le sol. Je reconnaîtrait son écriture n'importe où. Il disait 'Salle des trophées, minuit'. Il n'était pas signé, bien sûr, et n'avait pas mon dessus non plus. Il a dû être discret, de toute évidence. Il doit l'avoir glissé dans l'un de mes livres quand je n'ai pas réalisé. J'ai de la chance de l'avoir trouvé. Mais maintenant, je pense que je l'ai manqué. Rusard a été ahurissant. J'ai essayé d'atteindre la salle des trophées depuis onze heures et demie. Peu importe la route que je choisissais, il semblait toujours se retrouver sur mon chemin. »

Harry n'aurait jamais pensé qu'il ferait cela, mais maintenant, il pensait avec ferveur 'Merci mon Dieu pour Argus Rusard !' Si ce n'était pas lui, Ginny aurait atteint la salle des trophées et trouvé… quoi ? Peut-être que Malfoy avait prévu de rencontrer Ginny, et Mariah était peut-être inquiète qu'il tombe dans une embuscade des autres Serpentards et l'avait suivi, et peut-être qu'ils bavardaient simplement en attendant Ginny, qui était gênée par Rusard…

Mais il savait qu'il se raccrochait probablement à un cheveu. Comment pourrait-il découvrir ? Il regarda ses yeux sombres. « Tu aimes les potions avec MacDermid ? »

Elle haussa joliment les épaules. « Assez. Je m'habitue encore à son accent, mais il semble savoir ce qu'il fait. »

Harry acquiesça, essayant de trouver comment lui demander ce qu'il avait besoin de savoir sans qu'elle ne suspecte quoique ce soit. « Avec qui travailles-tu habituellement ? Zoey ? Ruth ? »

« J'avais l'habitude de travailler soit avec Annika, soit avec Colin, mais il aime mettre ensemble les Griffondors et les Serpentards. C'est bon pour la coopération inter-maisons, il dit. »

Il acquiesça. « Il fait aussi cela avec nous. » Harry, malheureusement, avait été collé avec Pansy Parkinson depuis le début du trimestre.

« Alors, avec quel Serpentard t'a-t-il mis ? »

« J'ai de la chance. Je suis tombée sur Mariah. Je ne pense pas qu'il savait que nous étions déjà amies. Cela aurait pu être bien pire. Jason basset essaye sans arrêt de me pincer les fesses… » Soudain, elle rougit « Oh, désolée… »

Il lui sourit. Leurs visages n'étaient pas distants de plus d'un pouce. Les mains de Harry étaient juste quelques pouces plus haut que la cible habituelle de Jason Basset…

« C'est bon. Je sais comment sont les adolescents, et ce qui fait bouillir leurs hormones… » Soudain, c'était lui qui rougissait, en lui disant cela alors qu'il la tenait dans ses bras. Il détourna ses yeux d'elle, son cœur battant très vite. « C'est probablement bon, maintenant, » dit-il, essayant de changer de sujet. « Essayons de rentrer. »

Elle acquiesça et ils se glissèrent hors de la niche. Harry garda son bras autour de sa taille, et elle mit le sien autour de lui aussi, afin qu'ils prennent moins d'espace sous la cape. Ils se faufilèrent dans des escaliers cachés que Harry connaissait, et Ginny les conduisit par un autre qu'il ne connaissait pas, l'entré étant recouverte par une tapisserie. Ils atteignirent finalement le portrait de la grosse dame sans rencontrer Rusard, et furent admis quand ils eurent donné le bon mot de passe ('Armoise'). Une fois dans la salle commune, ils enlevèrent la cape et chacun s'effondra avec soulagement dans un des fauteuils près du foyer éteint. Il commençait déjà à faire froid la nuit, alors Harry pointa sa baguette vers la cheminée pour allumer un feu. Ginny soupira, s'enfonçant dans le fauteuil avec les yeux fermés, et Harry sourit, regardant les flammes illuminer ses traits paisibles et ses cheveux qui semblaient avoir plus de reflets d'or et de rouge que le feu lui-même. Puis il se souvint encore de Malfoy. Je vais devoir lui parler, pensa-t-il. Ou peut-être… Peut-être que je devrais parler avec Mariah Kirkner. En tous cas, Ginny ne devra jamais savoir qu'ils étaient tous les deux dans la salle des trophées, et que le mot n'était probablement pas destiné à elle, mais à Mariah, qui doit être celle qui l'a fait tomber en cours de potions…

Ginny ouvrit brusquement ses yeux. « Bah. Je m'endormais. Je devrais faire cela en haut. Merci de m'avoir aidé à rentrer, Harry. Peut-être que parfois… Je pourrais t'emprunter ta carte ? Ou ta cape ?… » Elle sourit, espérant. Il voulait refuser, mais ses yeux suppliant rendaient cela si difficile.

« Peut-être. » dit-il, pensant que cela pouvait être très dangereux. Si elle voyait son petit ami et Mariah Kirkner ensemble sur la carte, ou leur tombait dessus alors qu'elle portait la cape d'invisibilité et qu'ils n'étaient pas conscients de sa présence…

Il se secoua. Il parlerait avec l'un d'eux. I découvrirait ce que c'était. Ginny ne devait pas souffrir. C'était la chose la plus importante. Elle se levait maintenant, et elle se pencha vers lui. Il retint son souffle pour ce qui lui semblait être la centième fois depuis qu'il était descendu de son dortoir. Les cheveux de Ginny formaient un rideau de part et d'autre de son visage, et sa bouche se rapprocha de plus en plus de celui de Harry… »

« Bonne nuit, Harry » dit-elle doucement, l'embrassant sur la joue. Puis, bien trop tôt, il se retrouvait face au vide, et elle était partie, sautant dans l'escalier qui menait au dortoir des filles. Harry s'appuya en arrière et soupira, puis monta finalement au lit, ayant l'impression de pouvoir dormir toute une année, et redoutant de devoir confronter soit Malfoy soit Mariah à leurs promenades nocturnes…

Harry pensa à ce dont il se souvenait. Il ne se rappelait pas encore de sa réconciliation avec Ron. Cela avait dû arriver plus tard. Il scruta les formes paisibles et endormies de Neville, Dean et Seamus. Merci mon Dieu, je ne suis plus dans le même dortoir que Zabini, pensa-t-il, se demandant comment Malfoy faisait face à cela. J'espère que Zabini lui pourrit la vie…

Mais quand il regarda le lit de Ron, il était vide. Il avait pensé que ses ronflements se fondaient juste avec ceux des autres. Harry regarda sa montre. C'était presque minuit. Après le souvenir qui venait de lui revenir à l'esprit, cela semblait très, très familier. Il alla silencieusement jusqu'à la porte, sans mettre ses chaussures, puis se faufila dans l'escalier de pierre qui descendait à la salle commune. Le froid des marches passait à travers ses chaussettes. Quand il atteignit la voûte sombre conduisant à l'espace confortable, il vit qu'il ne restait que deux personnes. Ron et Hermione. Les torches dans la pièce avaient été éteintes, et ils étaient assis sur le sol devant le feu, qui était maintenant la seule lumière. Ils étaient appuyés contre le même fauteuil. Ron avait passé son bras autour des épaules d'Hermione, et elle avait sa tête appuyée contre son torse, et lui sa joue posée sur ses cheveux. Ils se parlaient doucement, mais dans la salle vide, les mots portaient facilement jusqu'aux oreilles de Harry…

« … et puis après, il allait bien. » disait Hermione, en regardant les flammes.

« Bien, » dit Ron « Dirais-tu vraiment 'bien' ? Je veux dire… »

« C'est vrai… »

Ils se turent encore. Harry pensa qu'ils parlaient de lui, mais il ne pouvait pas dire à quel sujet.

« Hermione. » dit doucement Ron, baissant les yeux vers elle. « Tu dois le faire. Il ne va pas le faire. Je pensais qu'il le ferait, mais… »

« …mais tu as fait à ta manière et l'a mis en colère l'été dernier, alors il a décidé de faire le contraire ? » dit-elle en ricanant. Les oreilles de Ron rougirent.

« Ok, Ok, nous avons parlé de cela. J'ai fait quelque chose de vraiment stupide. Je voulais bien faire… »

Elle lui caressa tendrement la joue. « Je sais que tu voulais bien faire, à ta manière complètement inepte. » Elle semblait avoir passé l'éponge sur son accusation qu'elle voulait baiser Harry avant qu'il ne meure. D'une manière ou d'une autre, sa phrase semblait plus affectueuse que critique, et Ron ne fit aucune objection. « Mais comment puis-je… Je veux dire, je mourais si je lui faisait jamais quoique ce soit pour le blesser. Et puis il était si étrange ce soir. Tu ne penses pas… »

« Cela lui fait mal de continuer cela si longtemps. Au final, c'est vraiment la meilleure chose Hermione. Cela le libèrerait. »

« Et moi aussi » dit-elle encore plus doucement, baissant les yeux et enlaçant ses doigts dans les siens.

« Tu ne serais pas égoïste de le faire, Hermione. Ce serait honnête. »

Elle regarda ave détresse. « Ce serait l'abandonner. Il semble encore tant avoir besoin de moi… »

Maintenant, Ron faisait la tête. « Bien, évidemment qu'il sent qu'il a besoin de cela. C'est un adolescent normal… »

Elle le frappa sur le bras maintenant, mais ce n'était pas fort. « Ce n'est pas ce que je voulais dire. Cependant… »

« Quoi ? »

Elle hésita, baissant les yeux. Sa voix était très basse. « Il semble que depuis un petit moment maintenant, je suis celle qui doit commencer les choses. Et ce n'est pas qu'il ne suive pas une fois que nous avons commencé, ce semble juste… »

« … comme s'il se contentait de suivre ? »

Elle acquiesça, rosissant. « Pas que cela arrive très souvent… »

Il prit le menton d'Hermione dans sa main. « As-tu peur de ne pas être désirable, Hermione ? » chuchota-t-il. Elle tourna sa tête, repoussant sa main.

« Ne te moque pas, Ron… »

« Je ne me moque pas. Je me demandais juste si… »

« Ce n'est pas ce qui m'inquiète Ron. Après, nous… nous nous tenons simplement l'un contre l'autre, en silence. Sans parler. Ce n'était jamais comme cela. Il a l'air si… distant. Dans un autre monde. Et une fois, il était assez fatigué et s'est endormi. Pendant qu'il dormait, il a eu des rêves très agités, appelant sa mère, et disant aussi… » Elle hésita. Harry retint son souffle. Il espéra qu'il n'avait pas dit le nom de Ginny…

« Quoi ? » voulut savoir Ron. Harry était étonné que Ron ait été patient si longtemps, et qu'il puisse s'asseoir là et l'écouter parler de quand elle couchait avec son petit ami alors qu'il la voulait aussi.

« Il a dit 'Jamie' » dit-elle perplexe. Ron l'était aussi.

« Pourquoi appellerait-il son ère par son prénom ? Par un surnom, même. »

Elle secoua sa tête. « Je ne sais pas. Et parfois quand il parlait de sa mère, il disait 'Je suis désolé, maman, je suis désolé.' »

Ron fixa les flammes. « Il faisait cela quand il s'est endormi dans le train pour l'école, tu te souviens ? »

Elle acquiesça. « Il est assez bizarre depuis lors. D'abord il a dû courir et sauter dans le train alors qu'il avait déjà démarré, puis il avait l'air d'avoir vécu une épreuve horrible, et ses habits étaient froids et humides, et il avait des feuilles mouillées partout sur sa robe. Il avait tout simplement l'air… terrifié. Je ne l'avais pas vu avoir cet air là depuis que les détraqueurs étaient ici en troisième année. Il ressemblait à cela après avoir été trop près d'eux et avoir entendu les cris de ses parents quand ils étaient morts… »

« Et puis, en octobre dernier, il est allé voir Dumbledore, il a dit qu'il ne pouvait pas lui en dire plus… »

« Lui dire quoi ? »

Ron haussa les épaules. « Il ne voulait pas le dire. Il a dit que nous saurions quelque part en mai. Je pensais qu'il était atteint, et je n'y ai plus songé. Mais maintenant… Maintenant, c'est mai. Et quelque chose d'étrange s'est passé avec lui ce soir… »

Ils se turent tous les deux, regardant le feu, puis soudain, Hermione prit le bras gauche de Ron et leva sa main devant son visage. Cela prit à Harry un moment pour réaliser qu'elle essayait de voir la montre de Ron.

« C'est minuit passé. Bon anniversaire. »

Il baissa les yeux vers elle, toutes ses émotions s'écrivant sur son visage. « Merci. » dit-il presque inaudiblement, puis il se pencha et l'embrassa doucement sur les lèvres. Elle le laissa faire, puis tourna rapidement sa tête afin que cela reste un baiser fraternel. Il mit sa main contre la joue d'Hermione et lui fit retourner la tête vers lui.

« Hermione… »

« Non, Ron. Pas encore. » Il baissa sa main et soupira, se tournant pour regarder à nouveau le feu. « Je suis désolée. » continua-t-elle. « Je le suis vraiment. Mais… Il a l'air d'aller si mal, et j'ai peur… »

« … peur qu'il aille encore plus mal. Je sais, je sais… »

« Je veux dire… Il fait tout machinalement. Il se lève, va courir, s'occupe du club de duel, entraîne les elfes… »

Entraîne les elfes ? pensa Harry, perplexe.

« … va aux réunions de préfets, assiste aux entraînements de Quidditch, fait ses devoirs… Mais c'est tout comme s'il n'était pas vraiment là. »

Ron fronça les sourcils. « Bien, cela a été une année assez calme au château. Toutes les choses qui sont arrivées semblent assez loin. Je veux dire, les nouvelles du monde extérieur ont été assez décevantes, mais nous ne pouvons rien y faire depuis ici. Habituellement, il avait beaucoup plus de choses pour l'occuper. Pas que c'était une bonne chose… mais, je ne sais pas. Peut-être qu'il s'ennuie ? »

« Qu'il s'ennuie parce qu'il a seulement à s'inquiéter de l'école au lieu des gens qui essayent de le tuer, ou de le recruter pour qu'il soit un Mangemort ? Il a vraiment dû s'ennuyer ces cinq dernières années… »

« Ce n'est pas ce que je voulais dire. »

Elle regarda le feu. « Rogue lui manque. Je le sais. Il l'a dit tellement de fois. C'est bizarre. En première année, je n'aurais jamais cru que ces mots sortiraient de sa bouche. »

Ron rit. « C'est vrai. Bien qu'il ait admis que MacDermid n'était pas mauvais… » Il regarda malicieusement Hermione. « … et tu penses que ce n'est pas une plaie pour les yeux… »

Elle le frappa encore. « Arrête cela ! Ne me cherche pas… »

Il rit encore. « Si tu le mate, au moins ce n'est pas un crétin comme Gilderoy Lockhart… »

Elle haussa un sourcil et donna l'impression qu'elle allait le railler. Elle le fit. « Tu aurais dû le voir en kilt au ceilidh l'an dernier… »

« Ce n'était pas lui. C'était Rogue. »

« Mais il utilisait l'apparence de son oncle. »

Ron sourit. « Il est vieux, tu sais. »

« Il ne l'est pas. Il a quoi… environ soixante ans ? »

« Devrais-je dire à Harry que tu veux t'enfuir avec le professeur MacDermid ? » Ses yeux étaient taquins. Elle le cogna dans les côtes.

« Arrête. Je ne suis pas aussi mauvaise que Pansy Parkinson. Bah. Je pense qu'elle a ruiné son anti-venin de la semaine dernière parce qu'elle a trop bavé dedans… »

Ils rirent tous les deux, puis Hermione essaya sans succès d'étouffer un énorme bâillement, et elle étira ses deux bras au dessus de sa tête, grognant

« Oh, j'ai besoin de dormir un peu… »

« Je te raccompagne au dortoir… » dit Ron, se levant et tendant sa main pour l'aider à se lever. Il avait dégluti en regardant intensément son chemisier quand elle s'était étirée. Sa robe était ouverte au dessus d'un chemisier blanc simple et d'une jupe grise. Elle semblait tellement oublieuse de l'effet que son étirement avait sur lui.

« D'accord. Alors peut-être que je ne m'effondrerai pas de sommeil dans les escaliers… »

Il la souleva soudain dans ses bras, souriant. « Je peux toujours te porter en haut... »

« Pose-moi ! » dit-elle, le frappant sur le torse, devenant écarlate comme il déposait ses pieds sur le sol. Ils se tenaient très proches l'un de l'autre, et le regard dans leurs yeux, comme ils se regardaient l'un l'autre, ne prêtait pas à confusion. Mais quand elle se mit sur la pointe des pieds, elle appuya ses lèvres surs sa joue, à ce petit endroit entre sa bouche et sa mâchoire, où la barbe ne poussait pas.

« Joyeux anniversaire, Ron. »

Il grogna, baissant les yeux vers elle, ses mains sur ses épaules. « Qui me cherche maintenant ? » demanda-t-il doucement. Elle baissa les yeux et alla vers l'escalier du dortoir des filles, sa main restant en arrière derrière elle, et il la prit et la suivit. Harry s'enfonça dans les ombres de l'entrée de l'escalier des garçons quand ils passèrent. Puis il les entendit monter les autres escaliers. Il revint silencieusement au dortoir des garçons de sixième année, et se mit au lit. Puis il réalisa qu'il était encore habillé, et il se releva, se déshabillant rapidement, puis bondissant dans le lit au moment où Ron ouvrait la porte. Harry vit sa tête se tourner dans sa direction, et il fera immédiatement les yeux pour feindre le sommeil. Après quelques minutes, il osa les rouvrir. Ron se déshabillait pour aller au lit. Quand Harry l'entendit grimper dans son lit à baldaquin, il l'appela doucement. « C'est toi, Ron ? » comme si cela pouvait être quelqu'un d'autre.

« Oui, Harry. Tu vas bien ? »

« Oui. Joyeux anniversaire. »

Une pause. « Merci. Nous devrions dormir. »

« Oui. Bonne nuit Ron. »

« Bonne nuit Harry. »

Harry écouta le souffle de son ami dans le noir, se demandant pour combien de temps encore lui et Hermione pourraient réussir à se contrôler…