Link9 : désolé si tu es en train de tâcher ton tapis. pour ma part, je n'y suis pour rien.
Philippe Gryffondor : merci. Pour ma part, il me tarde d'être vers la fin du chapitre 19, qui est une de mes parties préférée sur l'ensemble des quatre livres de Barb
Le Dormeur : Pour une fois que l'on n'a pas à faire avec des sentiments ou tous noirs ou tous blancs, c'est plutôt appréciable je trouve.
popov : ca va revenir. C'est juste une question de temps.
Bartimeus : si tu veux savoir ce qui va se passer, une seule solution : continuer à lire l'histoire
et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite...

Ses yeux s'ouvrirent brusquement dans le noir. Il fixa le baldaquin, respirant fort. Il avait pensé qu'il rêvait, mais après un moment, il réalisa que c'était en fait un autre souvenir. Il commençait à s'éloigner de lui à nouveau. Il ferma ses yeux et essaya de se souvenir. Ginny avait dit qu'il lui avait déjà dit avant qu'il l'aimait, et maintenant, il s'en souvenait. Cela n'avait pas été cette nuit sous la cape d'invisibilité, en se cachant de Rusard. C'était pendant les vacances de Noël…

Il y avait beaucoup d'élèves restant au château pour Noël. Nombreux étaient ceux qui n'avaient pas envie de retourner dans le dangereux monde extérieur (bien qu'ils soient aussi inquiets pour leurs familles), et pour diminuer le sentiment de culpabilité qu'ils pourraient avoir à cause de cela, Dumbledore avait dit aux élèves qu'il voulait autant de participation que possible pour second changement annuel de Boxing Day avec les elfes.

Harry avait l'impression que tout le premier trimestre avait tourné autour des elfes. Les elfes, les elfes, les elfes. Ils parlaient des elfes en cours avec Hagrid. Lupin leur avait appris les différentes espèces d'elfes qui se cachaient dans les endroits sombres, et qui avaient tendance à mentir dans le but de blesser les humains. En octobre, Dumbledore avait mis Harry, Ron, Hermione et Ginny en charge d'entraîner une armée d'elfes pour combattre les mages noirs au côté des autres humains magiques, avec la promesse qu'aucun elfe qui n'en aurait pas demandé ne recevrait de vêtement. Ils ne donnèrent pas de baguettes aux elfes, mais les choses qu'ils leur enseignaient commençaient à être à la limite des lois qui avaient été dictées par le ministère de la magie pour réduire la liberté et l'autonomie des elfes de maison.

Beaucoup d'elfes avaient finalement décidé qu'ils aimaient l'entraînement. (Dumbledore les avait convaincu qu'ils rendaient encore service aux humains, ce qui est la chose la plus importante pour un elfe de maison). Harry était le général, et Hermione le colonel,  à cause de leur travail avec les elfes durant le Boxing Day précédent (Les elfes les avaient choisi par acclamation). Hermione les convainquit de faire de Ron un lieutenant. Ce fut durant ces sessions d'entraînement avec les elfes que les relations entre Harry et Ron se normalisèrent quelque peu. Ils devaient s'unir contre la menace collective que les elfes de maison représentaient (ils pouvaient parfois être assez exaspérants), et à la mi-octobre, Harry et Ron pouvaient finalement à nouveau rire ensemble. Cependant, Harry avait toujours en tête la nuit où il avait aidé Ginny à retourner au dortoir, la nuit où Hermione n'avait pas pu dire à Ron qu'elle n'était pas amoureuse de lui. Il se sentait plus distant d'elle, incapable de sortir cela de son esprit…

Draco Malfoy avait décliné l'offre que Dumbledore lui avait faite pour une position de leader dans l'armée des elfes. Il n'aimait pas les elfes de maison, libres ou pas. Il avait était tout content de voir partir Dobby après que Lucius Malfoy l'ai accidentellement libéré en lui jetant la chaussette qui contenait le journal de Jedusor (créant par inadvertance la passion de Dobby pour les chaussettes). Ironiquement, Ron, qui avait toujours dit à Hermione que c'était fou de libérer les elfes de maisons, était celui qui avait accidentellement eu l'idée de l'armée des elfes, que Harry avait ensuite proposée au directeur (admettant à contrecœur que ce n'était pas son idée). Ce fut pourquoi Hermione avait fait campagne pour que Ron ait aussi un rôle de leader. Harry dut admettre que c'était une bonne idée. Les elfes étaient très puissants. Il se souvenait très bien de la façon dont Dobby avait envoyé voler Lucius Malfoy dans les escaliers, sans aucune baguette du tout…

Mais les elfes de maison devaient aussi accepter que un jour par an, ils autorisent les humais à les servir. Le Boxing Day, ils devraient arrêter de cuisiner et de laver, et laisser le personnel enseignant et les élèves s'occuper des tâches domestiques du château. Hermione était ravie que son idée de l'année précédente soit reconduite, même si elle était un peu triste de ne pas passer ses vacances avec ses parents, une fois encore. Et Ron et g haïssaient aussi l'idée de ne pas être chez eux pour Noël (Ginny restait parce que Draco n'avait nulle part où aller, et Ron restait pour garder un œil sur Ginny). Pour compenser cela, Percy et les jumeaux invitèrent leurs parents et leurs frères aînés à venir passer Noël à Bout-du-Lard, à Pré-au-Lard, et Percy était lui-même allé voir Dumbledore pour lui demander si Ron et Ginny pouvaient descendre au village pour la journée pour faire la fête en famille. Ils pourraient être de retour au château avant l'heure d'aller au lit, et seraient prêts à prendre part au changement du Boxing Day le lendemain.

Dumbledore avait donné sa permission, et Ron s'était  immédiatement débrouillé pour avoir des invitations et des permissions pour Hermione et Harry aussi, et Ginny réussit aussi à faire inclure Draco (bien que Harry ait pensé qu'il était assez appréhensif à ce sujet). Puis, cela grossit encore. Comme Angelina voyait encore George (ils partageaient en fait la même chambre, quelque chose que Mrs Weasley ignorait studieusement), et que Yarrow Swartz voyait maintenant Fred, les deux allaient préparer le repas de Noël. En entendant cela, Ron était convaincu que sa mère serait physiquement incapable de rester en dehors de la cuisine (même si elle ne daignait pas utiliser des mots de plus d'une syllabe quand Angelina était là).

Les parents d'Angelina venaient aussi, ainsi que Lee Jordan, ses parents, et sa sœur aînée, suivie de son mari (qui était un moldu) et de leurs trois enfants. Lee et Katie avaient rompu, et il redoutait que sa sœur joue les entremetteuses (Fred et George avaient dit cela à Harry). Cela promettait d'être de la folie, mais cela tardait beaucoup à Harry. Il n'avait jamais vécu que des Noël chez les Dursley ou à Poudlard. Il n'avait jamais été dans une grande maison bruyante pendant les vacances (avec des gens qui l'aimaient). Les parents d'Hermione venaient aussi. Ils allaient en voiture jusqu'à Ottery St Catchpole, chez les Weasley, puis ils arrivaient en prenant le réseau de cheminette avec Mrs Weasley. (Mr Weasley, Bill et Charlie allaient transplaner). Hermione était un peu nerveuse à cause de cela, comme ses parents n'avaient jamais voyagé par cheminette avant. La chose dont tout le monde se souciait était Percy. Il semblait forcer sur tout l'affaire de Noël, décorant compulsivement la maison, interdisant aux jumeaux et à Lee de regarder dans le placard où il avait caché ses cadeaux (Il avait mis quelques méchants sorts sur certaines des fermetures), et en général, il semblait qu'il essayait d'oublier qu'il était sans Pénélope pendant cette période en s'activant sans arrêt.

Quand Harry et Ron se réveillèrent le matin de Noël, il se souhaitèrent un joyeux Noël, mais c'était étrange de ne pas voir de pile de cadeaux au pied de leurs lits. Ils échangeraient leurs cadeaux à Bout-du-Lard, et Harry et Ron avaient tous deux une taie d'oreiller pour porter les présents qu'ils amenaient pour les autres personnes. Ils rencontrèrent Hermione et Ginny dans la salle commune, leur souhaitant aussi un joyeux Noël, et portant elles aussi des taies d'oreiller remplies de cadeaux. Ensuite, les quatre Griffondors retrouvèrent Draco Malfoy dans le hall d'entrée, accompagné en chemin part les refrains de Noël des armures qui chantaient faux. (Une des armures chantant faux s'avéra avoir Peeves à l'intérieur.) Le Serpentard pâle resta bouche bée quand il les vit tous les quatre.

« Pour quelle raison portez-vous ces taies d'oreiller ? »

« Je sais que tu as virtuellement été élevé dans une grotte, Malfoy, mais tu n'as jamais entendu parler de la tradition d'échanger des cadeaux à Noël ? » demanda Ron.

Il plissa ses yeux gris et fit de ses lèvres un trait. « Tout cela est très bien si on a de l'argent pour acheter des présents… » dit-il doucement, clairement mal à l'aise à ce sujet, d'autant plus qu'il parlait à Ron Weasley.

Draco Malfoy n'avait pas bien pris sa destitution. Il avait insisté pour utiliser l'argent qu'il avait gagné pendant l'été pour acheter ses affaires d'école pour l'année. Entre le coût total des ses achats et le taux de change exorbitant que lui avaient pris les gobelins pour échanger son argent moldu en argent de sorcier, il ne lui était resté que quelques mornilles, qui avaient disparues après les deux premiers week-end à Pré-au-Lard. Harry avait même essayé de lui offrir une somme de quelques galions pour les cadeaux de Noël, mais il l'avait jetée aux pieds de Harry avant de s'éloigner avec raideur. Après cela, Harry avait entendu Ginny se disputer avec lui à ce sujet. Ron, et non Harry, lui avait dit ce que Harry avait fait, et elle disait à son petit ami qu'il avait un caractère de cochon et qu'il était ingrat. Ils étaient dans le couloir en dehors de la bibliothèque, et Harry s'était enfoncé dans l'entrée d'une salle de classe pour éviter d'être vu. Draco Malfoy n'était pas plus gracieux que Ron Weasley quand il s'agissait d'être financièrement aidé. Harry suspectait que Ron avait dit cela à Ginny parce qu'il se sentait très supérieur, mais cela ennuyait Harry qu'il ne puisse pas voir son propre comportement dans celui de Malfoy.

Ron, de l'autre côté, avait fait très attention pour sortir son argent. Il n'en avait presque pas dépensé, et considéré chaque achat très, très soigneusement, presque comme s'il risquait à nouveau d'être dans le besoin s'il dépensait plus d'une noise. Hermione était quelque peu irritée par cela. Quand ils étaient tous trois allés à Pré-au-Lard et s'étaient arrêtés chez Honeydukes, Ron avait passé un temps démesuré à calculer quelles friandises lui en donneraient le plus pour son argent.

« Vous voyez, » avait-il commencé à dire, « Les Toffees métamorphoseurs sont assez durs, alors ils durent un long moment. Les grenouilles au chocolat, d'un autre côté, sont plus chères et partent très rapidement. Bien que l'on puisse dire que c'est contre-balancé par le fait que l'on puis garder la carte du sorcier… »

Elle avait roulé des yeux et pratiquement grogné « Prends déjà quelque chose simplement ! »

Harry traîna des pieds sur les dalles de pierre froide du hall d'entrée, mal à l'aise. « Allons-y simplement, d'accord ? » dit-il, essayant de ne pas regarder Malfoy. Ils retrouvaient Hagrid devant le château, où des attelages sans chevaux les attendaient. Percy avait aussi invité Hagrid sur une impulsion quand il était venu au château demander à Dumbledore la permission pour que Ginny et Ron descendent au village. Hagrid ne leur avait pas dit qu'il venait avant la veille de Noël, tapant Ron dans le dos si fort quand il le leur dit, que Harry pensa que Ron allait passer à travers le sol de pierre, jusqu'aux donjons.

Ils grimpèrent dans les carrosses, Hagrid dans un avec Ginny et Malfoy (le faisant considérablement s'abaisser), et Harry, Ron et Hermione montèrent dans l'autre. Harry essaya de repousser ses soucis au fond de sa tête. Les trois se souriaient les uns aux autres comme ils descendaient vers le village, anticipant une merveilleuse journée de Noël à Bout-du-Lard. Lorsque c'était nécessaire, les roues se changeaient magiquement en patins, afin de ne pas être prises dans la neige qui était déjà tombée ici ou là.

Bientôt ils entraient dans l'allée de Bout-du-Lard. La grande porte d'entrée avait une énorme couronne dessus. Ils descendirent et la porte s'ouvrit immédiatement, et Percy se tenait dans l'entrée, leur souriant. « Joyeux Noël tout le monde ! Rentrez vite dedans… Les cadeaux vont sous le sapin dans la salle à manger… »

Il y avait un énorme arbre dans le hall d'entrée aussi, en plus des guirlandes vertes enroulées le long de la rampe conduisant a premier étage, et le long de la balustrade bordant le balcon qui dominait le hall. Des lumières de fée brillaient dans l'arbre et les guirlandes, et des décorations compliquées en verre soufflé semblaient changer de couleur d'un instant à l'autre, tandis que quelques ornements en forme de cloche jouaient 'HereWe Come A-Wassailing' comme si elles faisaient partie d'un carillon. Harry était d'accord que Percy en faisait un peu trop, mais il pensait que c'était juste sa manière de tenir le coup. De qui était-ce l'affaire si c'était la manière dont il voulait pleurer Pénélope ?

Les jumeaux prirent leurs capes dans le hall d'entrée. Il y avait beaucoup de rires et de cris de 'Joyeux Noël !' et des regards de côtés vers les taies d'oreiller avec les cadeaux. Ils allèrent dans la salle à manger pour placer leurs présents sous l'arbre et dire bonjour aux autres invités. Mrs Weasley les salua tous chaleureusement, en particulier Draco Malfoy, à ce qu'il sembla à Harry, qui se déroba visiblement à son regard (Il semblait penser que c'était de la pitié, et il haïssait être pris en pitié). Bill lui donna une tape dans le dos, et Charlie lui serra la main (l'écrasant assez fort, selon Harry, au vu de l'expression légèrement pincée sur le visage de Malfoy).

Ils jouèrent à la bataille explosive et aux échecs de sorciers, et chantèrent des chants de Noël autour d'un piano jouant magiquement. Mrs Weasley regarda sournoisement autour d'elle à un moment et se glissa hors de la pièce. Harry échangea un regard avec Ron. Ils savaient tous deux qu'elle allait envahir la cuisine, et faire des vies de Yarrow et d'Angelina un enfer. Hermione et Ginny la suivirent peu après. Peut-être pensaient-elles qu'elles pourraient neutraliser l'effet de Mrs Weasley sur les autres filles.

A midi, ils s'assirent pour le repas de Noël à l'énorme table de réfectoire de la cuisine, comme la salle à manger de la maison avait été transformée pour servir de bureau commun à Lee et aux jumeaux. Ils étaient vingt-cinq en tout. Percy plaça ses parent à un bout de la table, tandis que Hagrid s'asseyait tout seul à l'autre bout et que les autres se mettaient sur la grande longueur, à onze par côté.

Ce fut une fête sans précédent. Même Mrs ne put rien mettre en défaut, depuis l'énorme oie de Noël jusqu'au plum pudding flambé. Il y avait des pétards de sorciers à chaque place, et les Granger furent ravis avec cela, n'en ayant jamais vu avant. Le beau-frère de Lee, Miles, commença une longue diatribe sur son introduction dans le monde de la sorcellerie, et Harry fut content que la présence de tant de gens signifie qu'il y avait plusieurs conversations que l'on pouvait choisir à tout moment.

Après le repas, ils se retirèrent dans la salle à manger, et les nièces de Lee , Tina, Lee Ann (nommée d'après son oncle) et Millie, en tant que seuls enfants présents, eurent pour mission de courir dans la pièce pour délivrer les cadeaux aux gens. C'était le chaos, mais un chaos réjouissant. Finalement, une demi-douzaine de personne ouvrait des cadeaux en permanence. Chaque fois qu'un paquet était déposé sur les cuisses de Draco Malfoy, Harry remarqua qu'il rosissait, l'ouvrant très lentement. Il savait qu'il redoutait que quelqu'un remarque qu'aucun cadeau ne venait de lui.

A la longue, Harry remarqua que Ginny se levait et quittait la pièce. Il regarda autour de lui. Il y avait tant de monde que personne n'avait remarqué qu'elle était partie. Il se leva lentement et alla vers la porte, la suivant dans la cuisine. Elle ne semblait pas avoir remarqué que quelqu'un était vingt pieds derrière elle.

Les torches sur les murs revinrent à la vie quand elle rentra. Bien que Percy et les jumeaux aient acheté un générateur pour alimenter un frigo, ils utilisaient encore la magie pour l'éclairage. Ginny traversa la cuisine jusqu'au garde-manger, ne remarquant toujours pas qu'elle était suivie, et elle ouvrit la porte du frigo et prit une bouteille de bièraubeurre. Puis elle alla jusqu'à la porte de derrière et l'ouvrit, s'appuyant contre le cadre, sentant la bise froide et levant les yeux vers le ciel étoilé. Harry voulait presque ne pas la déranger, tellement elle avait l'air paisible. La salle à manger, bruyante et pleine de monde avait été un peu fatigante et bien trop chaude, et il ne la blâmait pas de vouloir s'en échapper.

Mais il ne lui avait pas encore offert son cadeau. Il ne voulait pas le faire en présence de tant de monde. Il devait le faire maintenant, avait de perdre son courage. Il avait été incapable de faire sortir cette nuit de septembre de son esprit. Il était si inquiet qu'elle soit blessée par Malfoy. Le jour suivant, il avait fait face à Malfoy, lui disant que ce n'était pas une bonne idée de glisser des mots dans les livres de Ginny lui demandant de la rencontrer au milieu de la nuit. Il avait eu l'air déconcerté, et Harry lui avait dit que parce que Ginny avait trouvé ce mot lui demandant de le rencontrer dans la salle des trophées à minuit quand elle avait fini son cours de potions, elle avait failli être prise par Rusard, et avait eu de la chance de revenir à la tour Griffondor sans retenue. Malfoy poussa un soupir de soulagement, et fut d'accord que cela avait été quelque chose de stupide à faire, ce qui laissa Harry coi et suspicieux. Malfoy n'admettait jamais faire des choses stupides…

« Ginny, » dit-il doucement. Elle se retourna brusquement, surprise.

« Harry ! Que fais-tu ici ? »

« Je… Je ne t'ai pas encore donné ton cadeau. »

« Mais tous les cadeaux ont été ouverts… »

Il enleva de sa poche un petit paquet enveloppé dans du tissu. « Il n'était pas sous l'arbre. » Il le lui tendit. « Joyeux Noël, Ginny. »

Elle le prit et regarda Harry, hésitante. Plaçant sa bouteille sur un vieux comptoir en pierre, elle ouvrit son cadeau, fronçant les sourcils, intriguée. Quand elle vit ce que c'était, elle eu l'air horrifiée.

« Harry ! Pourquoi… Pourquoi me rends-tu cela ? »

C'était l'amulette du basilik. Il lui sourit. « Je ne te la rends pas. C'en est une autre. Tiens. » dit-il passant derrière elle et la mettant autour de son cou. Elle baissa les yeux vers le bijou, hésitante.

« Mais… Mais l'homme à qui je l'ai acheté a dit qu'il était unique… »

Maintenant, c'était au tour de Harry de froncer les sourcils « Où l'as-tu achet ? »

Elle regarda la porte du garde-manger, comme si elle avait peur d'être entendue. « Tu promets de ne pas le dire ? » Il acquiesça. « C'était en fait dans un mont-de-piété de l'Allée de Embrumes. »

« Oh… Tu parles de Borgin et Burkes ? »

« Oui ! Comment sais-tu ? »

'Hum. Peu importe. Que faisais-tu dans l'Allée des Embrumes ? »

Elle soupira. « J'étais furieuse à cause de maman, quoi d'autre ? Nous avons eu une dispute et je suis sortie par l'arrière de Flourish et Blotts, et j'ai simplement commencé à courir, en tournant et en retournant, sans vraiment faire attention à l'endroit où j'allais. Quand je me suis arrêtée, j'étais devant une vitrine avec ceci dedans. Je n'ai même pas fait attention au début au fait que j'étais dans l'Allée des Embrumes. Je suis juste rentrée dans la boutique, et j'ai demandé à combien elle était. J'ai tout de suite reconnu que c'était un basilik. Cela semblait simplement… ce semblait être la chose parfaite à t'offrir pour ton anniversaire. Et je pouvais me le permettre aussi… sauf que mon argent était à la maison, dans ma chambre. Je n'avais pas prévu d'acheter quoique ce soit ce jour là. Je lui ai demandé s'il pouvait le mettre de côté  si je promettais de revenir le lendemain, et il a dit qu'il ne pouvait faire aucune promesse. Je pense que c'était juste pour m'effrayer. »

« Le lendemain, quand maman était occupée dans le jardin, j'ai utilisé de la poudre de cheminette pour revenir à la boutique avec mon argent. Mr Borgin a semblé surpris de me revoir. Il m'a laissé prendre l'amulette et… Et la chose la plus étrange s'est produite. Quand j'ai fait cela et que j'ai fermé mes yeux, je t'ai vu, travaillant dans un jardin. C'était un petit peu flou, mais c'était toi. J'ai pensé que ce devait être une sorte de signe que j'étais supposée te le donner. Alors, je l'ai acheté, je l'ai enveloppé, et je suis rentrée à la maison. Bien sûr, dès que je suis sortie du feu de la cuisine, il y avait maman qui me demandait où j'étais allée et pourquoi. Nous avons eu une autre dispute. En tous cas, dans ma hâte de rentrer à la maison avant que maman ne remarque que j'étais partie, j'ai oublié de demander à Mr Borgin où il l'avait eu. »

Elle retourna l'amulette, regardant ses deux faces. « Es-tu sûr que ce n'est pas la même ? » Il sortit son amulette de sa chemise et la lui montre. Elle fit un signe de la tête. « Je suppose que c'est juste quelque chose que les commerçants disent, 'unique en son genre'. Ils aiment vous faire penser cela, mais c'est simplement pour faire une vente… »

« Sauf, » dit Harry, « que c'est la même. »

« Mais… tu viens de me montrer ton amulette. »

« Oui. C'est… c'est la même à cause de l'endroit où j'ai eu celle-là. » dit-il, montrant de la tête l'amulette qu'elle portait maintenant. Elle attendit, puis soupira et posa la question.

« Et où l'as-tu eue ? »

Il fronça les sourcils. « Tu promets de ne pas penser que je suis fou ? »

Elle rit. « Je ne sais pas… »

Il sourit. « D'accord, d'accord. Elle m'a été donnée. Par quelqu'un qui… qui a voyagé dans le temps. » Elle ne changea pas d'expression. « Ginny ? » dit-il, se demandant si elle avait soudain été pétrifiée par l'amulette. Elle se secoua.

« Hum… c'est bon, Harry. Est-ce que tu viens de dire ce que je pense que tu as dit ? »

« Si tu penses que j'ai dit que je l'avais eue d'un voyageur temporel, alors oui. » Ce qu'il ne disait pas était qu'il l'avait reçue de lui-même alors qu'il voyageait dans le temps. « Maintenant Ginny… tu as dit que tu ne penserai pas que je suis fou… »

« Je n'ai rien dit de tel, » rétorqua-t-elle, puis elle rit. « Je suis désolée, Harry. C'est juste que… bien, tu vois comment cela sonne… »

« Pourquoi crois-tu que je t'ai demandé de ne pas penser que j'étais fou ? » Il lui sourit. « En tous cas… Elle te plaît ? »

Elle baissa les yeux vers le bijou. « Bien sûr que oui… »

Il s'avança vers elle et mit sa main sur sa joue. Pensant aux sentiment de Ron pour Hermione, et à quel point son cœur semblait comblé maintenant. « Je suis content. » chuchota-t-il. Elle le regarda, une légère ombre d'appréhension derrière ses yeux, et il se pencha lentement, et posa ses lèvres contre celles de Ginny. Elle ne bougea pas, ni ne répondit, mais continua à le regarder avec cette ombre dans les yeux. Il se recula, sa main encore sur sa joue. « Je… Je t'aime tant, Ginny… »

Elle ouvrit ses yeux en grand et fit un pas en arrière, de telle sorte qu'elle était complètement dehors maintenant. Elle croisa les bras pour ne pas avoir froid. « H.Harry » bégaya-t-elle, claquant des dents. « S'il-te-plaît. Ne dis pas… » Elle s'arrêta, déglutissant, puis prit l'amulette dans sa main et ferma ses yeux. Au moment où elle le fit, elle frissonna, puis les rouvrit. Elle enleva brusquement l'amulette et la lui tendit.

« Je suis… Je suis désolée, Harry. Je ne peux pas l'accepter. Tu…tu devrais la donner à Hermione. » elle le poussa et ferma la porte de dehors, frissonnant encore. Harry fixait l'amulette, perplexe.

« Ginny… pourquoi ? A cause… A cause de ce que j'ai dit ? »

Elle se tourna vers la porte qui conduisait à la cuisine. « Hum… en partie… »

« Bien… Quel est l'autre partie ? As-tu… As-tu vu quelque chose quand tu l'as tenue ? »

Elle regarda droit dans ses yeux et dit. « Oh, Harry. Je suis désolée, mais… »

« Quoi ? »

Elle soupira.

« Draco. »

Son estomac descendit dans ses pieds. « Draco ? »

Elle acquiesça. « Harry… Je suis sûre que Hermione l'aimera beaucoup… »

Il secoua la tête, ayant envie de pleurer. « Non, non. Elle a été pétrifiée par un basilik, tu te souviens ? » Et je ne suis pas amoureux d'elle, je suis amoureux de toi. J'allais le lui dire dès que je te l'aurais dit, lui rendre sa liberté, afin qu'elle ne pense plus que je vais m'effondrer sans elle…

Ginny eut l'air choquée, puis récupéra. « Elle… elle a été pétrifiée par le basilik que j'ai libéré dans l'école… »

« Ce n'était pas ta faute ! C'était celle de Jedusor ! »

« Quand même… Je ne pense pas que nous devrions tous deux porter deux amulettes identiques. C'est… c'est le genre de chose que fait un couple. Nous… nous ne sommes pas un couple Harry. » Elle avait l'air d'hésiter à dire cela. Il savait qu'il devait probablement clairement montrer sur son visage à quel point il était blessé. « Toi et Hermione êtes un couple. Je… pensais que tu l'aimais. »

Il hésita. Elle serait horrifié s'il disait « Non, je ne l'aime pas », ce qui n'étais en tous pas strictement vrai. « Je l'aime, mais… Mais c'est différent. Cela n'a rien à voir avec mes sentiments pour toi… » Et ton frère est amoureux d'elle, ne put-il pas s'empêcher de penser…

« Harry, » dit-elle, « s'il-te-plaît. Ne… Ne redis pas cela. Quand je t'ai acheté cela, j'étais une personne différente. J'ai changé. Peut-être… Peut-être que le problème est que j'aime Hermione. En tant qu'amie, je veux dire. Je ne pourrais jamais… Je ne pourrais jamais la blesser… »

Elle le regarda, désespérée, ses yeux pleins de regret. « Fais ce que tu veux avec l'amulette, Harry. Nous ne devons plus parler de cela… »

Elle partit rapidement, avant qu'il ne puisse rajouter quoique ce soit, accepter ou refuser, et il s'effondra conte la porte, baissant les yeux vers le basilik dans sa main.

Quand elle l'avait tenu, elle avait vu Draco Malfoy…

Il se retourna et ferma ses yeux, essayant de retrouver le sommeil. Mais il souffrait en lui, se souvenant maintenant de la façon dont elle l'avait regardé quand elle avait admis avoir vu son petit ami, et pas Harry, quand elle avait tenu l'amulette…

Cela s'était très mal passé. Il allait dire à Ginny qu'il l'aimait, et aussi dire à Hermione qu'il aimait Ginny, et qu'elle était libre d'aller avec Ron… Mais après Noël, il se cramponna à Hermione avec plus de ténacité que jamais, sachant qu'il avait tort, mais sachant aussi qu'elle ne le quitterai jamais aussi longtemps qu'il aurait besoin d'elle. Ron lui parlait à nouveau, mais maintenant Harry sentait comme celui qui était en tort, celui qui devrait être repoussé et frappé d'ostracisme pour continuer à clamer une fille qui aimait et était aimée par un autre.

Harry soupira. Peut-être que lui et Ginny n'étaient pas sensés être ensemble, comme tout le reste dans son autre vie. Il pensa à la façon dont Hermione et Ron se regardaient, la façon dont ils semblaient se retenir en permanence. A cause de moi. Quelque chose s'était de toute évidence passé entre eux depuis septembre. Quelque chose d'émotionnel, si ce n'est quelque chose de physique. Et aujourd'hui, c'était le dix-septième anniversaire de Ron. Cela avait assez duré, il décida. J'ai peut-être eu une mauvaise réaction aux choses stupides que Ron a dites à la fin de l'été, et quand Ginny m'a dit qu'elle avait vu Draco quand elle tenait l'amulette, mais je dois surmonter cela et faire la bonne chose, pour l'amour de mes deux meilleurs amis…

Il devait y mettre un terme.

Même si cela signifiait être seul.

UNE MINUTE D'ATTENTION SVP: suite à un événement personnel non négligeable et à mes congés, la publication de 'La dernière tentation' risque de s'interrompre jusqu'à la mi-juin, ou en tous cas, d'être bien moins régulière. Je vous prie de m'excuser pour le désagrément que cela pourrait vous causer.smndi