ILiv inParis : merci pour ta review qui m'a fait plaisir. Pour moi
aussi, les prochains chapitres sont ceux qui m'ont le plus plu.
philippe Gryffondor : la suite de Monsieur est avancée...
luffynette : merci, voilà donc ce que tu attends
Bartimeus : si tu peut lire la fic jusqu'en août, tu devrais en voir la fin, à peu de choses près.
onarluca : et tu n'as encore rien vu...
avis à la population :
actuellement, je suis sur le treizième chapitre de la génération (tome
0), et je me suis décidé à commencer à traduire en parallèle la
prophétie du triangle (tome 3) dont j'ai fini le premier chapitre. Les
deux fics seront publiées en parallèle, avec un rythme plus élevé pour
la première, en raison de son avancement, sans doute à partir de début
aout, quand j'aurais fini la publication de la dernière tentation.
D'ici là, bonne lecture à toutes et à tous et merci pour vos reviews.
Comme ils prenaient le déjeuner, Harry chuchota à Ron du coin des lèvres « J'ai besoin de te parler, avec Hermione, Ginny et Malfoy avant que nous allions en cours cet après-midi. »
Ron eut l'air surpris. « De quoi ? » dit-il doucement.
Harry regarda autour de lui pour voir si quelqu'un écoutait. « Rogue. » dit-il rapidement, sa bouche bougeant à peine. Ron acquiesça.
« O ? »
Harry réfléchit. C'était une bonne question. L'antichambre ? Ils seraient vus, tous les cinq, s'ils s'attroupaient là. La bibliothèque ? Trop publique.
Juste à ce moment-là, Nick-Quasi-sans-Tête passa en flottant le long de la table, décernant à Harry un petit signe de tête de conspirateur et un sourire, et puis il eut l'idée.
« Les toilettes de Mimi. »
Ron grimaça et chuchota. « N'y a-t-il pas le risque que nous voyons Mimi si nous faisons cela ? »
Harry haussa les épaules. « Elle pourrait être intéressée en fait. Souviens-toi… techniquement, elle est de notre côté. Tom Jedusor l'a tué. » dit-il doucement. Ron acquiesça.
« D'accord, alors. Je le dirai à Ginny, et elle pourra faire venir les Serpentards. »
« Les Serpentards ? » dit Harry, baissant rapidement son ton après sa surprise initiale. « Pourquoi inclurions-nous les Serpentards ? »
Ron haussa ses sourcils. « Tu es stupide, Harry ? Je ne veux pas dire tous. Juste Malfoy et Mariah. »
Puis Harry se souvint. Mariah Kirkner avait été dans la plupart des réunions privées qu'ils avaient eu durant l'année pour parler de la situation de Rogue, et parfois, des abus des autres Serpentards sur Malfoy. Son traitement avait été leur principal souci par moments, comme il avait été victime de harcèlement assez extrême. Il avait été dans l'aile de l'hôpital plus d'une fois, Ginny assise à son côté, tandis que Madame Pomfresh enlevait les furoncles de son visage, ou lui tenait une bassine devant pour qu'il puisse vomir. Malfoy n'avait pas eu une sixième année heureuse et insouciante, et, réfléchit Harry, mater Hermione en potions était probablement le seul plaisir qu'il avait, à part les moments qu'il pouvait passer seul avec Ginny. D'une manière ou d'une autre, il ne tenait plus rancœur à Malfoy pour la manière dont il se comportait en potions. Diable, pensa-t-il, c'est ma petite amie, et parfois, je ne peux pas moi-même m'empêcher de la mater…
Et ensuite, il y avait Draco Malfoy et Mariah Kirkner.
Il pensait à eux deux étant dans la salle des trophées tard la nuit en septembre. C'était probablement parfaitement innocent, pensait-il. Il avait probablement été mis au courant d'un autre complot que les Serpentards avaient concoctés pour faire de sa vie un enfer, ou elle l'avait appris. Harry se demanda s'il pourrait supporter si ses camarades de maison se retournaient contre lui, et si c'étaient des Serpentards, capables à la fois de beaucoup de ressentiment et de coups très douteux…
Attends, pensa-t-il. J'ai été un Serpentard maintenant…
Bien, considéra-t-il, peut-être que je peux penser à ce que je ferais et l'aider à se préparer au prochain tour qu'ils pourraient lui préparer…
Tous les six quittèrent la grande salle quand ils eurent fini de manger, Ginny ayant discrètement fait un détour à la table de Serpentard et chuchoté le plan à Draco, qui s'était ensuite penché vers Mariah, à côté de lui, et lui avait doucement parlé à l'oreille. Harry se souvint du regard de propriété que Mariah avait adressé à Draco dans son autre vie quand ils étaient arrivés au château et qu'il l'avait aidée à descendre du carrosse… La question était quels étaient ses sentiments pour elle ?
Harry jeta un œil à Ginny comme ils grimpaient tous les escaliers.
S'il te fait du mal, pensa-t-il, il devra en répondre devant moi.
Ils atteignirent les toilettes de Mimi et, avant d'entrer, regardèrent alentour au cas ou Rusard, ou un préfet (autre que Harry, Hermione, Ginny, Mariah ou Draco Malfoy) soit dans le coin. Harry se souvenait encore de Percy les grondant lui et Ron pour avoir été dans les toilettes des filles. A cause des désordres persistants que Mimi causait à la plomberie, elles n'étaient pas plus destinées à un usage régulier que du temps de la deuxième année de Harry. Et le panneau disant « Hors d'usage » qui pendait à la porte était vieux et défraîchi, avec quelques tâches d'humidité dessus.
Ils entrèrent et Hermione lança un sort de verrouillage sur la porte. Les cinq autres regardaient Harry dans l'expectative, comme c'était celui qui les avait fait se réunir. Il s'éclaircit la gorge et dit. « Écoutez, j'ai beaucoup pensé à cela et il me semble que cela a assez duré. Rogue est torturé depuis des mois maintenant, à moins que Queudver n'essaye pas de garder son avance sur les opérationnels, ce qui par chance, représente beaucoup de temps. Mais ils sont tous fatigués, et Rogue n'a encore rien lâché. Queudver se désespère maintenant. Il a commenc » Il hésita encore. S'éclaircissant la gorge une fois de plus, il reprit « Dumbledore a reçu une lettre avec les dernières nouvelles de ce que Queudver fait subir à Rogue. Elle contenait aussi… un doigt. »
Hermione, Ginny et Mariah couvrirent leurs bouches, horrifiées. Ron fit de grands yeux, et Malfoy eut l'air pétrifié. Mariah fut la première à récupérer.
Elle releva le menton et dit. « C'est mon responsable d'maison. J'ferais tout ce que tu veux, Harry. »
Il lui fit un signe de la tête. « Je ne pense pas qu'aucun de vous va penser que je vais bien, mais voil : j'ai dit à Dumbledore que je voulais qu'il envoie une lettre à Queudver lui offrant un marché. Moi contre Rogue. »
« Harry, non ! » fut la première réponse. Elle venait de Ginny. Il la regarda, son cœur se retournant, se souvenant de son dernier au revoir dans le bureau du concierge dans son autre vie…
Hermione avait l'air en colère. « Il doit y avoir un meilleur moyen, Harry. Tu ne peux simplement pas te livrer à Queudver. Soit il te tuera, soit il te donnera à Tu-sais-qui, et tu mourras. »
Ron avait l'air tout aussi en colère. « Est-ce que tu abandonnes simplement, Harry ? »
« Aussi réfractaire que je sois toujours pour être d'accord avec Weasley ou Granger, » dit Malfoy de sa voix traînante, regardant brièvement chacun d'eux, « je le suis quand même. Es-tu fou ? »
Harry les regarda tous les cinq. Quand il croisa le regard de Ginny, elle le regarda avec angoisse, mais ensuite, il commença à voir qu'elle réfléchissait. Ses yeux se refermèrent légèrement. Lentement, elle dit. « Ce n'est pas tout, n'est-ce pas Harry ? Il y a autre chose, n'est-ce pas ? Je pense que nous devons écouter tout ce que tu as à nous dire. »
Harry dévoila son idée de l'embuscade, s'expliquant pour la forêt et les sort repousse-moldu formant une sorte de frontière entre le monde magique et celui des moldus. « Je pense que c'est l'une des raisons pour laquelle on l'appelle 'Forêt Interdite' de notre côté. Il n'y a pas de sorts repousse sorcier sur la bordure, empêchant les élèves de la traverser et de rejoindre le monde moldu. Si les élèves savaient que c'était si facile de rejoindre un village moldu, ce serait le chaos. Bien… cela et le fait que ce ne serait pas si facile de traverser la forêt. La situation géographique de l'école n'est même pas bien connue de la plupart des sorciers. Cela n'aide pas qu'elle soit incartable, bien sûr, mais la plupart n'ont pas besoin de savoir, comme ils passent habituellement par Pré-au-Lard. Mais nous pouvons donner un tuyau à Queudver, et le faire aller dans la forêt sans passer par Pré-au-Lard, et nous pourrons arranger un endroit où le rencontrer. Nous aurons tous les avantages. Nous ferons les règles. »
Mariah eut l'air d'en douter. « Ce Queudver… C'est un animagus rat, n'est-ce pas ? Draco l'a dit. Ceux d'entre nous qui peuvent devenir des animaux, qui peuvent penser comme des animaux… Nous ne sommes pas comme les autres. Il peut aller de l'avant, dans la forêt, et nous trouver. Il saura que c'est une embuscade. Il n'y a aucun moyen pour qu'il l'ignore. »
Hermione lui fronça les sourcils. « Ceux d'entre nous qui peuvent devenir des animaux ? »
Mariah eut l'air gênée. « Je veux dire… nous les sorciers et les sorcières. La population magique qui peut faire la transformation d'animagus. » Hermione rétrécit l'ouverture de ses yeux. Elle baissa les yeux vers les mains de Mariah. La fille de Serpentard portait des mitaines en cuir noir, alors que l'on était en mai.
« Tu as froid Mariah ? » Hermione lui montra les gants de la tête, et Mariah mit hâtivement ses mains derrière elle.
« Non, je… j'aime juste les porter comme protection en… en soins aux créatures magiques. »
« En tous cas » dit Ron avec un soupir, « Mariah a raison, Harry. Queudver n'est pas stupide. Pendant toutes ces années où il a vécu dans ma famille, nous n'en avions aucune idée. Il ne va pas simplement te faire confiance… Il va d'abord vérifier la forêt. Tu peux y compter. »
« J'y compte bien. C'est pourquoi tout le monde ne sera pas dans la forêt au départ. Mais vous serez tous prêts à y aller. De plus, l'armée des elfes en sera une bonne partie. Ils peuvent aller n'importe où en une fraction de seconde, comme ce qu'ils peuvent faire est aussi efficace que le transplanage. Et les géants sont déjà là. Certes, il sait pour les géants, mais nous pourrons leur lancer des sorts de camouflage dessus, afin qu'il ne les remarque pas en attendant. Ils peuvent être très immobiles, vous savez. C'est comme cela que les géants se cachent dans de nombreux endroits du monde… » soudain, Harry eut le souvenir d'une conversation à ce sujet avec la mère de Hagrid, quelque part en novembre, mais il devrait y repenser plus tard, « … et la première fois que nous avons vu la mère de Hagrid… » il se désigna et montra Ron et Hermione, « nous avons pensé que ses jambes étaient des troncs. Le club de duel sera la dernière vague, officiellement, bien que nous aurons quelqu'un sous la main pour appeler les professeurs, si nécessaire. Dumbledore sera déjà là, bien sûr. C'est comme cela que nous comptons convaincre Queudver d'amener Rogue. Je pense qu'il a assez peur de Dumbledore, comme il se doit, bien sûr. »
Ils eurent tous l'air pensif. Puis Hermione parla. « Du polynectar. »
« Quoi ? » Harry fronça les sourcils, se demandant si elle repensait à cela parce qu'en deuxième année, ils avaient fait la potion dans ces mêmes toilettes dans lesquelles ils se trouvaient maintenant. « Et si Queudver donne du Polynectar à quelqu'un pour qu'il ressemble à Rogue… ou s'il en prend ? Cela pourrait être n'importe quelle personne âgé, sorcier ou moldu, et nous ne le saurions que plus tard. »
Harry réfléchit. Après quelques minutes, il dit « Nous lui dirons que nous allons simplement attendre tous ensemble pendant une heure. C'est le temps que dure la potion. De cette façon, nous saurons que Rogue est vraiment Rogue, et il saura aussi que je suis vraiment moi et pas quelqu'un d'autre qui aurait prit du Polynectar pour me ressembler. Nous ferons en sorte d'insister dessus, afin qu'il sache que nous ne trichons pas avec lui. S'il ne m'a pas vraiment, il va avoir beaucoup à perdre. Et si Dumbledore se déguisait en moi et repartait avec Queudver ? Il aurait alors de sérieux problèmes. »
Malfoy avait l'air de trouver cela franchement évident. « Bien, oui. Bien sûr qu'il aurait des problèmes. Alors pourquoi ne faisons nous pas cela à la place ? »
« Deux raisons : d'abord, cela prend des semaines pour préparer du Polynectar, et je veux faire cela aussi vite que possible. Ensuite, parce qu'il pourrait lui-même suggérer la période d'attente d'une heure pour éviter à ces choses là d'arriver, et nous perdrions nos chances. Et je ne veux pas que Queudver soit tué. La deuxième chose la plus importante de cette opération est de ramener Queudver sain et sauf au ministère pour le juger, afin qu'il puisse répondre… » il jeta un coup d'œil à Mariah, incapable de se souvenir sur le moment si elle était au courant pour Sirius. « des autres choses qu'il a faites par le passé. C'est très important de ramener Rogue, mais c'est aussi très important d'attraper Queudver. »
Ils acquiescèrent tous, mais ensuite, la sonnerie retentit, marquant la fin du repas, et ils sortirent tous des toilettes, sauf Harry. Mimi ne s'était pas encore montrée, et il voulait lui parler.
Se sentant un peu ridicule, il se tint près des éviers appelant « Mimi ! Oh, Mimi ! » Il essaya d'aller dans son box favori, celui où elle était morte, et se pencha consciencieusement au-dessus de la cuvette pour l'appeler. Quand cela eut échoué, il essaya de l'appeler dans les éviers (sauf dans celui qu'il savait conduire à la Chambre des Secrets). Rien. Pas la moindre fantôme d'adolescente ronde et boutonneuse (si elle avait une peau), déprimée et déprimante. Il commençait à partir quand il entendit un bruit de chasse dans l'un des box, et un grand splash d'eau se répandit sur le sol près des éviers.
« Mimi ? » dit-il doucement. Elle flotta à travers la porte du box, l'air assez vexée.
« Oh, c'est toi. » dit-elle, se retournant, ayant l'air de ne pas vouloir lui parler.
« Hum, Mimi, je me demandais juste… Pourquoi ne m'as-tu jamais dit de faire reprendre son cours au temps quand j'étais dans mon autre vie ? Pourquoi ne t'ai-je pas vu du tout ? »
Elle se retourna et haussa un sourcil fantomatique. « Qu'est-ce qui te fait croire que je ne t'ai jamais vu ? »
Il fonça les sourcils. « O ? »
« Tu avais l'habitude de te doucher dans les vestiaires de Quidditch tous les matins, et elles font partie du système de plomberie de Poudlard… »
Il rougit, se souvenant de la fois où il était certain qu'elle l'espionnait dans la salle de bain des préfets. « Je vois. Mais tu ne m'as jamais parlé. Tu ne m'as jamais dit de rétablir le cours du temps comme les autres fantômes. »
Elle haussa les épaules. « Pourquoi l'aurais-je fait ? Dans le monde que tu avais créé… Tout le monde était aussi misérable que moi. C'était merveilleux ! Sais-tu qu'en fait j'avais un petit groupe de filles qui avait l'habitude de me rencontrer ici et de me plaindre, parce que je n'aurais pas dû être autorisée à aller à l'école après le bannissement des élèves nés de moldus ? Et les choses que je pouvais leur dire sur Tom Jedusor… » Elle claqua de la langue. Harry était étonné. Elle avait aimé l'autre monde. Elle était dans son élément, au centre d'un groupe pour la première fois de sa vie. De son après vie, se rectifia-t-il.
Elle foudroyait du regard maintenant. Il déglutit. Elle n'avait pas l'air d'un fantôme heureux. Elle était à nouveau reléguée à hanter les toilettes des filles cassées sans plus de groupe de filles suspendues à ses lèvres. Je suppose que tout le monde n'est pas content que j'ai restauré le cours du temps. Il revint vers la porte.
« Bien, » dit-il d'une vois tremblante, « C'était bon de te revoir… »
Il jaillit hors de la pièce et fut presque immédiatement tiré par Hermione dans un couloir sur le côté, conduisant vers quelque salle de classe vide. Elle avait l'air d'avoir quelque chose d'urgent à lui dire, ainsi qu'à Ron, qui était déjà avec elle.
« Te voilà, Harry. Écoute… tu as vu comment Mariah a réagi à ma question sur ses gants ? » demanda Hermione. Harry lui fronça les sourcils. Il ne s'attendait pas à cela. Ron avait l'air impatient.
« Alors ? »
« Alors ? Alors ce matin, elle portait ces gants quand elle est venue courir. Et elle a dit qu'ils étaient pour les soins aux créatures magiques, que je suis assez certaine que les cinquième année de Serpentard et de Griffondor n'ont pas aujourd'hui. Et elle a commencé à venir avec moi, Ginny et Annika dans la salle de bain des préfètes, puis pendant qu'elle se déshabillait pour se doucher, elle a soudain changé d'avis et est partie en courant. Elle a dit qu'elle allait utiliser les douches de Serpentard parce qu'elle avait oublié quelque chose dans son dortoir. Elle a déjà fait cela avant. »
Harry fronçait les sourcils maintenant. « Je ne savais pas cela. »
Hermione eut l'air triomphante. Ron souffla, encore impatient. « Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Alors, elle a un truc avec ses gants. Tu ne pense pas que cela signifie qu'elle n'est pas avec nous, n'est-ce pas ? »
Hermione fronça ses sourcils, réfléchissant dur, mais ayant aussi l'air frustrée. « Il y a quelque chose de pas très net à son sujet avec ces gants. Elle était… » Soudain, elle s'arrêta et regarda furtivement autour d'eux. Quand elle se remit à parler, ce fut considérablement moins fort. « Elle était en soutien-gorge, slip et chaussettes, et elle portait encore ces gants. Puis elle a enlevé une chaussette, a eu l'air d'avoir été mordue par quelque chose, puis l'a remise, s'est rhabillée, et puis après nous avoir donné cette excuse d'avoir besoin de quelque chose dans le couloir, elle s'est pratiquement enfuie en courant. »
Même Ron eut l'air d'être perplexe, échouant à fournir une explication plausible au comportement bizarre que Hermione venait de décrire. Harry pensa à ce qui pouvait pousser quelqu'un à faire une telle chose. « Peut-être qu'elle avait une verrue sur un orteil qui n'était pas partie, et qu'elle ne voulait pas enlever ses chaussettes et la montrer. Ou peut-être qu'elle a des verrues sur les mains. »
Hermione secoua la tête. « Madame Pomfresh soigne facilement quiconque a des verrues. Regarde comme Neville va la voir souvent, avec toutes les verrues que lui refile Trevor. »
Ron haussa les épaules. « Peut-être que c'est une autre maladie de peau, quelque chose que Madame Pomfresh ne peut pas traiter. »
Puis quelques chose frappa Harry. « Elle ne porte pas des gants tout le temps, mais à chaque fois, quand elle les a, elle a une espèce d'obsession à leur sujet… »
« Je sais ! » dit Hermione plus fort. « Et puis, dans les toilettes de Mimi, elle a semblé tellement étrange quand elle a dit 'Ceux d'entre nous qui peuvent devenir des animaux… »
Ron eut soudain l'air alarmé, et Harry pensa savoir pourquoi. « Tu as peur qu'elle sache que je suis un animagus, Hermione ? Parce que Malfoy le lui aurait dit. »
Elle eut l'air désarçonnée, comme si elle n'avait pas du tout voulu en venir là. « Hum, heu… bien sûr. Cela a semblé tellement étrange. Comme… Comme si elle suggérait que quelqu'un dans la pièce pouvait le faire… Tu as probablement raison. Malfoy a dû lui dire. »
Harry lui fronça les sourcils. Sa voix semblait très, très étrange. Le visage de Ron avait l'air étrange aussi. Son regard allait de l'un à l'autre de ses deux amis, comme s'il s'attendait à ce que l'un d'eux prenne feu, ou se mette à chanter, ou fasse quelque chose, à n'importe quel moment.
« Nous devrions bouger, » dit Ron, d'une voix étranglée. « La deuxième cloche va sonner. »
Harry prit la tête comme ils couraient dans les couloirs, laissant ses pieds prendre le chemin qu'ils voulaient, mais ne remarquant pas où il allait précisément, et quand il se retrouva devant la porte d'histoire de la magie au moment où la deuxième cloche retentissait, il s'arrêta net.
Binns.
Comment pourrait-il regarder Binns en face ? Non seulement Binns avait tué sa sœur et Ginny dans son autre vie, et avait torturé son frère, mais il se souviendrait aussi de l'autre monde. Le cœur de Harry tapait très, très fort, et il ne pouvait simplement pas se résoudre à passer l'entrée de la salle de classe. Il avait complètement oublié la conversation au sujet de Mariah Kirkner.
Ron et Hermione lui rentrèrent dedans « Avance donc ! » lui dit Ron avec impatience, poussant Harry dans la pièce. Harry trébucha en avant, se rattrapant rapidement afin de ne pas tomber tête en avant. Il fronça les sourcils à Ron. Hermione avait encore l'air soucieuse au sujet de Mariah. « Dépêche-toi Harry. Assieds toi. »
Il se glissa dans son siège, se souvenant comment il s'était en fait endormi durant ses BUSEs d'histoire de la magie l'année précédente. Il avait toujours considéré Binns comme ennuyeux, mais bénin. Après avoir connu le Binns vivant dans son autre vie, il ne pourrait jamais plus penser à lui d'une autre façon…
Le professeur d'histoire de la magie vint en flottant à travers le tableau, et se tourna immédiatement pour commencer à écrire les notes du jour sur le tableau avec son doigt fantomatique. Comme d'habitude, les lettres brillaient d'une étrange phosphorescence. La plume de Harry était encore collée à son parchemin, mais il ne pouvait pas commencer à écrire. Le professeur fantôme se retourna et commença débiter son cours. « Durant les purges de vampires en Transylvanie de 1541… » mais alors, il s'arrêta, fixant Harry, qui le foudroyait du regard, ne s'étant jamais senti rempli de tant de haine, et simultanément d'une envie de pleurer pendant des jours. Finalement, sa plume écrivit sur son parchemin. Il était assis au premier rang. Quand il releva ce qu'il avait écrit, aucun autre élève n'était en position de le voir.
JE SAIS.
Le visage gris, eut l'air, si c'était possible, encore plus gris, et sa bouche bougea sans émettre de mots. Finalement, il la referma et essaya de retrouver un air digne.
« Mr Potter, s'il-vous-plaît. J'ai besoin de vous parler dans le couloir. »
Harry se leva de son bureau et suivit son professeur, ouvrant la porte pour lui comme le fantôme l'avait déjà traversée. Quand ils furent dans le couloir, Harry regarda son professeur les bras croisés sur son torse, souhaitant que Binns ne soit pas déjà mort pour pouvoir le tuer.
Le fantôme leva ses yeux vers Harry, et Harry put immédiatement voir que Binns était désolé, qu'il souhaitait ne pas avoir fait ce qu'il avait fait dans son autre vie, qu'il n'avait jamais voulu être un meurtrier. Harry déglutit, sentant une partie de sa colère le quitter. Il devait donner à Binns une chance de s'expliquer…
« Que s'est il pass ? » demanda-t-il laconiquement.
Binns poussa un soupir fantôme, s'asseyant dans les airs pour commencer son histoire. « D'abord, je veux que vous sachiez à quel point je suis désolé, Harry. J'était à Serdaigle à l'école, et je me sentais très proches des élèves de cette maison. Pendant un temps, j'ai été responsable de Serdaigle. Pas longtemps avant… avant la chute de Vous-Savez-Qui, deux anciens élèves sont venus me voir à l'école. Ils avaient été à Serdaigle quand j'étais responsable de la maison. Ils étaient devenus des Mangemorts, et ils essayèrent de me recruter. J'ai paniqué. Je ne savais pas que faire. »
« Puis Vous-Savez-Qui a disparu, et j'ai été rassuré de ne plus avoir à m'inquiéter d'être recruté. Cependant, le ministère de la magie était conscient que mes anciens élèves étaient des Mangemorts et les poursuivait, comme de nombreux autres partisans de Voldemort, après sa chute. Ils sont venus chercher du secours auprès de moi. Je ne voulais pas que quiconque pense que j'étais un Mangemort aussi, et je les ai livrés au ministère, mais avant qu'ils ne soient appréhendés, juste ici, au château, dans mon propre bureau, où j'avais dit au ministère qu'il pourrait les trouver, ils ont mis du poison dans la théière. Et quand je me suis assis pour prendre une bonne tasse près du feu, ce soir-là, pensant que j'avais fait la bonne chose et que j'étais bien débarrassé d'eux… Je suis mort. »
« Et cependant… j'avais encore le sentiment qu'il y avait tant à faire. Tant de jeunes esprits à former. La mort n'allait pas m'arrêter. J'ai continué à enseigner, et je fais ainsi depuis lors. Je n'ai jamais dit à personne que j'avais été assassiné. J'ai manipulé Peeves, à dessein, et il a cassé ma théière, et ma tasse et ma sous-tasse favorites, détruisant les preuves d'empoisonnement. Mes meurtriers ont essayé de s'échapper du ministère et ont été tués par les aurors. Il ne semblait y avoir aucune raison pour que l'on sache que j'avais été assassin
« Cependant… dans le monde dans lequel Vous-Savez-Qui n'est pas tombé, j'ai dû répondre par oui ou par non au recrutement, après la nuit où votre père est mort. Je me suis senti piégé, et j'ai accepté à contrecœur de devenir un Mangemort. J'ai été puni de façon répétée pour ne pas avoir suivi les ordres, j'ai subi le Cruciatus tellement souvent que je pensais perdre la tête… Finalement, Vous-Savez-Qui a décidé que ce serait plus facile de me contraindre à obéir en me plaçant sous Imperius. Et donc, c'est ce qu'il a fait. J'ai été sous Imperius les douze dernières années de ma vie, me regardant faire des choses horribles et détestables… » ses yeux regardaient Harry, implorants « … comme… comme tuer votre sœur, et Ginny Weasley, et torturer votre frère… jusqu'à ce que finalement le directeur m'arrête en me soustrayant à ma misère. »
Harry regardait le fantôme, le reste d'un homme qui avait été le vassal de Voldemort, qui n'avait pas eu la force d'esprit de résister à l'Imperius (ce qui le mettait en bonne compagnie, comme beaucoup d'autres avaient eu le même problème). Harry déglutit, se souvenant quand il avait reçu la lettre à Azkaban, découvrant que Jamie et Ginny étaient mortes et que Simon était à Ste Mangouste…
« Quand j'ai appris ce que vous aviez fait… Je me suis échappé d'Azkaban. Cela… Cela m'a réveillé. » dit-il doucement. « J'ai alors su… J'ai su que je ne pouvais plus attendre. Que je devais rétablir le cours du temps… » Soudain, Harry se retrouva dans le rôle inattendu de quelqu'un essayant d'alléger la culpabilité de celui qui avait assassiné sa sœur et la femme qu'il aimait…
Binns secoua sa tête. « Cela n'excuse toujours pas ce que j'ai fait… » Harry mordit sa lèvre. Il ne savait pas quoi dire. Cela ne lui était jamais venu à l'esprit de se demander quelle sorte d'angoisse les gens vivaient quand ils faisaient ces choses sous Impérius, des choses qu'ils haïssaient faire, qu'ils n'auraient jamais faites sinon. Est-ce qu'ils pensaient 'Je suis désol !' pour les gens qu'ils tuaient, même s'ils le faisaient ? Avaient-ils envie de se suicider après cela ? Rien de tout cela ne serait arrivé s'il n'avait pas changé le cours du temps. D'une certaine façon, absolument tout ce qui était arrivé dans l'autre monde était de sa faute. Avant septembre dernier, la culpabilité n'était pas quelque chose que Binns devrait supporter éternellement.
« Pourquoi ne rentrons-nous pas ? » lui dit doucement Harry, se sentant désolé pour le fantôme, qui ne connaîtrait jamais la paix, et qui, en plus d'enseigner à jamais l'histoire de la magie, serait forcé de se souvenir de l'autre monde que Harry avait créé, et des choses terribles qu'il avait été forcé de faire…
Ron et Hermione le regardèrent étrangement quand lui et le professeur rentrèrent dans la classe. Il ne leur dit rien. Ils avaient l'air de vouloir lui demander ce qui se passait quand ils étaient en route pour l'herbologie, mais Harry avançait brusquement dans les couloirs, son sac accroché à l'épaule, pour montrer qu'il n'était pas intéressé par une discussion à bâtons rompus.
