Ankou : content de retrouver une de tes reviews. Je vois qu'à la deuxième lecture, de nombreux détails plus ou moins anodins éclairent les lecteurs.
Lunenoire : disons qu'il est juste un peu maladroit. C'est l'émotion. C'est toujours au moment critique que l'on se prend les pieds dans le tapis.
Elava La Louve : Mais si c'est possible. Cf Lunenoire. Merci en tous cas pour ta longue review. heureux de te compter parmi les fidèles lecteurs du serpent psychique. Et c'est doué (cf. profil)
Dumati : cf Lunenoire, pareil. Et moi, je ne sais pas comment je me serais vautré. A chacun sa méthode, je suppose.
Philippe Gryffondor : et oui, court mais il y a de l'action.
Mystikal : encore un : cf Lunenoire.
luffynette : cf ci-dessus
miss serpentard : merci pour le compliment, mais je ne fais finalement que mettre ma traduction au service de l'histoire. Pour Harry ,il est en surchauffe. merci beaucoup pour ta fidélité alors.
Bartimeus : court, mais y'avait du mouvement. et j'ai un peu les mêmes craintes que toi pour les films
Syds : merci, et pour les gaffes de Harry, cf lunenoire, ci-dessus.
onarluca : c'est le but qu'un max de monde en profite, mais oui, pauvre harry...
ILiv inParis : Ron est finalement parfois plus psychologue que Harry dans cette histoire
et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite, avec un chapitre plus conséquent...

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Harry était très content que tant de gens viennent courir le matin maintenant. S'il n'y avait eu que Ron et Hermione, cela aurait été très difficile le lendemain de la fête d'anniversaire. Aucun d'eux ne lui parlait. Il vit Ginny le regarder avec les sourcils levés, mais il n'avait pas envie d'expliquer ce qui se passait. Il était content, pour une fois, que Ron ait l'habitude de monter prendre sa douche dans le dortoir de Griffondor au lieu de les accompagner dans la salle de bain des préfets. Et il était aussi content que Malfoy n'ai pas la possibilité de lui poser des questions indiscrètes avec Tony Perugia alentour.

Il essaya de se concentrer sur son travail scolaire. Son premier cours était celui de métamorphoses, et il fut rassuré de voir que le professeur MacGonagall n'avait pas changé. Elle fit un signe de la tête à Harry avec un étrange air sur son visage quand elle entra dans la salle de classe. Il se demanda si Dumbledore lui avait parlé du changement du cours du temps (ou s'il l'avait fait lui-même, mais il ne s'en souvenait pas encore). Il agita sa baguette au-dessus de son bureau, le transformant en beagle, puis en renard, puis en beagle, puis en renard, en une succession rapide. Il sourit, se souvenant momentanément de ses parties de chasse aux papiers quand il était petit dans son autre vie. Puis il s'arrêta encore. Cette vie, se rappela-t-il. Pense à cette vie.

Et il le fit. Il fixa le bureau qui était à nouveau un bureau, laissant son esprit flotter comme il s'ouvrait à un autre souvenir…

Vers le début d'octobre, il remonta à la tour d'astronomie après les cours, comme de coutume, et il découvrit qu'il n'était pas seul. Ginny se tenait là, regardant par-delà les pelouses, penchée vers le lac et la forêt. Elle se retourna brusquement quand elle entendit ses pas sur les dalles de pierre, l'air coupable.

« Oh, Harry. Je… Je me demandais si tu allais monter ici pour… tu sais. »

Il lui fit oui de la tête. « Tu sais que je fais cela presque tous les jours. Pourquoi avais-tu besoin de te le demander ? »

Elle fronça les sourcils. « Ce n'était pas le bon mot. Je… j'essayais de rassembler mon courage… »

« Quoi, Ginny ? »

Elle prit une grande inspiration. « Tu as dit… que je pourrais être ta passagère. » dit-elle précipitamment. « Je… je pense que j'aimerais essayer cela. » Elle avait l'air d'avoir utiliser jusqu'à la dernière once de son courage pour dire cela. Il essaya de ne pas avoir un sourire allant d'une oreille à l'autre. Il aimait tellement cela, et bien qu'il sache qu'elle n'aurait pas vraiment la même expérience que lui, n'étant pas vraiment celle qui volait, il était content qu'il y ait quelqu'un avec qui il pourrait partager cela.

Hermione avait juré avec raideur qu'elle ne referait plus jamais cela. « Même si j'avais besoin de m'échapper d'un volcan en éruption ». Depuis le samedi après son anniversaire, quand il n'avait pas réussi à lui dire qu'il l'aimait, il les avait vu, elle et Ron dans la salle commune la nuit précédente. Il ne savait toujours pas où elle allait le soir, et d'une manière ou d'une autre, sa fierté l'empêchait de demander. Quoique ce soit, comme elle l'avait dit à Ron, elle ne faisait pas cela pour lui, pour Harry. C'est bien, pensait Harry. Je n'ai pas à m'attendre à ce que toute sa vie tourne autour de moi. Mais il n'avait pas non plus été capable d'oublier la manière dont elle avait répondu à Ron, et la façon dont il s'était senti quand il avait tenu Ginny contre lui, sous la cape d'invisibilité, tandis qu'ils attendaient de pouvoir remonter à l'étage en évitant Rusard…

« Tu es sûre, Ginny ? » demanda-t-il, pour lui offrir une sortie, si elle en voulait une. Elle acquiesça vigoureusement. Il lui sourit, se sentant plus heureux qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Il l'avertit avant de le faire, puis il sentit le changement transformer son corps, ses pattes frapper la pierre, sa crinière entourer sa tête, descendre sur son dos. Puis il étendit ses ailes. Elle déboutonna sa robe en dessous de ses hanches. Elle portait un jean en-dessous. Quand elle eut passé sa jambe au-dessus de lui, sa robe était drapée sur ses hanches. Elle s'agrippa étroitement à lui avec ses genoux et se pencha un peu en avant, enfonçant ses doigts dans sa crinière douce. Il se serait exclamé s'il avait eu une voix humaine, à cause de l'incroyable sensation de son corps pressé contre le sien, mais tout ce qui sortit de lui était un son comme un ronronnement sourd.

Elle chuchota dans l'une de ses oreilles recourbée, se retournant vers sa voix. « Je suis prête. »

Il prit une grande inspiration et passa par-dessus le parapet, s'élançant dans le ciel. Il la senti haleter et agripper sa crinière encore plus fort, ses genoux commençant à lui faire mal aux côtes. Comme il battait des ailes, il la sentit se relaxer un petit peu, bien qu'elle s'accroche encore soigneusement, et après avoir été dans les airs pendant quelques minutes, volant droit au-dessus de la forêt, il osa virer, allant lentement, espérant qu'elle ne le lâcherait pas et ne tomberait pas. Sa prise se resserra pendant le virage, mais il pouvait sentir qu'elle avait récupéré et qu'elle commençait à être plus à l'aise pour chevaucher un griffon d'or qui s'avérait aussi être Harry Potter.

Comme le soleil se couchait, il revint vers la plate-forme d'observation, atterrissant avec légèreté après sa descente en spirale. Quand il se posa, elle ne descendit pas tout de suite. Elle semblait encore reprendre son souffle. Finalement, elle posa un pied au sol et passa sa jambe au-dessus de son dos, s'effondrant immédiatement sur la plate-forme. Harry se retransforma, la regardant avec inquiétude.

« Est-ce que tu vas bien ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu… Tu as haïs cela, n'est-ce pas ? »

Elle leva les yeux vers lui, déglutissant. « Non, Harry ! C'était… C'était merveilleux. C'est juste cette… Cette descente en spirale à la fin… Bien, disons que c'est une bonne chose que je n'ai pas encore avalé mon dîner. »

Il rit alors et elle se joignit brièvement à lui. « Désolé. C'est la manière la plus rapide de descendre d'une hauteur considérable. Mais en parlant de dîner, je meurs de faim. As-tu besoin d'une minute pour récupérer, ou peux-tu descendre les escaliers maintenant ? »

« Je… Je pense qu'il me faudra le temps d'une vie pour récupérer. Je ne veux pas que tu le prennes mal. Cela ne sonne pas très bien, n'est-ce pas ? Ce que je veux dire, c'est… Je ne peux pas croire que tu puisses faire cela quand tu veux. Tu peux simplement… le faire. C'est si étonnant… »

Il souriait modestement maintenant. « Je suis content que tu aies pu le vivre un petit peu aussi. Je ne convaincrai jamais Hermione de faire encore cela. »

Ginny acquiesça, baissant les yeux. « Comment vont les choses entre vous ? »

Harry regarda par-delà la forêt. « Bien, je pense. Bien, il y a peut-être un peu de gêne. Je ne sais pas vraiment. J'essaye encore de voir ce que c'est. »

Elle lui prit le bras. « Bien, fais cela. Quand tu as quelqu'un avec qui être, avec qui vraiment être, et que c'est la bonne personne… c'est un sentiment unique au monde. » Il regarda son visage lumineux, éclairé par la joie d'une fille aimant vraiment son petit ami, et l'estomac de Harry se contracta. Il essaya de sourire faiblement.

« Oui, je peux voir cela. » dit-il doucement, la faisant rougir.

Elle le retrouvait plusieurs fois par semaine, devant progressivement porter des habits de plus en plus lourds comme la fin du trimestre approchait, que les jours devenaient plus courts et que l'obscurité commençait à cerner le château avant même que les cours de la journée aient fini. Un jour, il décida de faire quelque chose d'un petit peu différent. Quand ils volaient au-dessus de la forêt, il regarda en bas à la recherche de feux, plus faciles à voir maintenant que c'était presque la période du solstice d'hiver. Finalement, il fut récompensé, et, trouvant une clairière à proximité où il pouvait descendre (elle s'était habituée à cela maintenant), il lui expliqua qu'il y avait quelqu'un qu'il voulait qu'elle rencontre. Elle pensa que c'était une bien maigre explication, mais quand il la conduisit à la clairière suivante, où les géants cuisinaient leur ration habituelle de viande, et où la mère de Hagrid était assise par terre, cousant industrieusement des peaux brunes ensemble pour confectionner un nouveau manteau, elle se figea, pétrifiée comme si elle avait été regardée par un basilik.

Fridwulfa leva les yeux, criant « Arry ! » si fort qu'ils durent se couvrir les oreilles. Un instant plus tard, elle avait modéré son volume, ayant oublié, comme elle ne voyait pas souvent des humains. Elle se retint de prendre Ginny comme elle avait fait avec Hermione, et à la longue, Ginny se sentit assez l'aise pour s'asseoir sur le sol à côté de Harry, parlant à la mère de Hagrid et admirant son travail de couture et les belles fourrures sur lesquelles elle travaillait.

Quand il l'eut ramenée au château, elle descendit rapidement, s'asseyant sur la plate-forme d'observation avec un bruit sourd, respirant comme si elle était essoufflée. Harry se transforma et s'assit, la regardant.

« Est-ce que tu vas bien. ? »

Elle acquiesça puis se leva. Harry se leva à côté d'elle, puis la rattrapa quand elle vacilla un peu en faisant un pas vers la trappe. Elle tomba dans ses bras, ne prenant pas la peine de reculer, mais s'agrippant fermement à ses avant-bras.

« Oh, Harry. Juste quand je pensais que tu m'avais montré assez de merveilles… Tu y vas et tu te surpasses… »

Elle le regarda, ses yeux brillants au clair de lune, et, sans réfléchir, il se pencha et l'embrasse. Ce fut rapidement fait. Ce n'était pas un long baiser. Elle ne bougea pas après cela, mais continua à le regarder. Finalement, elle se recula et écarta ses cheveux de son visage. De toute évidence, elle n'allait pas faire de commentaire sur le baiser qu'elle avait reçu.

« Nous devrions probablement aller dîner. » dit-elle calmement, comme si rien qui ne soit ordinaire ne s'était passé. Harry ne savait pas si elle ne pensait simplement plus à son baiser, comme s'il était juste comme un autre frère, ou si elle indiquait qu'elle était d'accord avec son baiser comme s'il était plus qu'un frère. Cela n'avait pas été un baiser profond, alors il n'avait eu aucun moyen d'en juger.

Mais ensuite, pour Noël… Il lui avait donné l'amulette, et elle la lui avait rendue après qu'il lui ait dit qu'il l'aimait. Il n'avait pas voulu le dire. Il avait pensé que ce serait bien pour elle d'avoir un souvenir de son passage dans la Chambre des Secrets, comme cela avait été le cas pour lui, mais à ce moment là, les mots 'Je t'aime' s'étaient écoulés de lui, comme ils n'avaient pas pu le faire quand il était avec Hermione. Puis elle avait dit son nom :

Draco.

Il se souvint de quelque chose d'autre du jour de Noël, quelque chose qui n'était pas remonté à la surface de sa conscience avant. Quand il était sorti du garde-manger et allait traverser la cuisine, Ron et Hermione étaient là. Ginny doit les avoir croisé, avait-il pensé. Ils n'avaient pas l'air de s'attendre à ce quelqu'un d'autre sorte du garde-manger. Ils se tenaient très proches l'un de l'autre, parlant doucement, et puis Ron leva quelque chose au-dessus de leurs têtes. Harry pouvait voir qu'il s'agissait d'un petit rameau vert de quelque chose. Hermione leva vers yeux vers le végétal, rougissant, et puis soudain, Ron se pencha, l'embrassant. Elle se cramponna à lui pendant une demi-minute avant de reculer, écarlate. Ron souriait. Elle courut encore hors de la cuisine, riant, et il courut après elle, comme si c'étaient des enfants jouant à un jeu.

Quand tu as quelqu'un avec qui être, avec qui vraiment être, et que c'est la bonne personne… c'est un sentiment unique au monde…

Pendant des semaines après les vacances, il continua ses vols au-dessus de la forêt en solitaire. Il n'était pas surpris par cela, après sa réaction le jour de Noël. Il ne montait plus à la tour tous les jours, comme il n'aimait pas voler quand il faisait trop froid ou qu'il y avait trop de vent, et spécialement quand il neigeait. C'était un hiver très neigeux. Finalement, après le début de février, il la trouva l'attendant sur le parapet un jour très chaud pour la saison. La neige fondait partout sur les pelouses, laissant de grandes flaques et des morceaux détrempés de sol boueux. Quand ils allaient chez Hagrid pour ses cours, ou aux serres, ils pataugeaient à chaque pas. Harry ne voyait pas pourquoi ils ne pouvaient pas utiliser leurs balais pour voler au-dessus des pelouses quand le terrain était si mauvais, mais ils ne pouvaient aller en cours qu'à pied. Madame Bibine avait dit que c'était déjà assez dur d'essayer de contrôler quatorze personnes en l'air dans les limites du terrain de Quidditch pendant un match, mais elle aurait besoin d'être appelée pour gérer le trafic aérien s'il y avait trente élèves descendant vers les serres ou la cabane de Hagrid, et trente élèves retournant au château à chaque heure de la journée.

Il avait presque décidé de partir en la voyant, mais elle se tourna et dit « Harry ! »

Il s'arrêta, son cœur se retournant. C'était trop douloureux de la voir comme cela. Il l'évitait autant que possible. Il essayait de ne pas la regarder quand il courait le matin (tous les huit couraient dans la grande salle maintenant). Si elle était dans la salle commune, il lisait dans son dortoir ou dans la bibliothèque. Il s'asseyait loin d'elle à tous les repas.

« Quoi ? » dit-il doucement.

« Je… Je suis désolée si je t'ai blessé. A Noël. Tu me manques, tu sais. Passer du temps avec toi. Si nous ne pouvions plus être amis, je ne sais pas ce que je ferais… »

Il déglutit et s'avança. « Il fait plus froid en l'air qu'au sol. Est-ce que tu es assez chaudement habillée ? » Si elle voulait laisser Noël derrière elle, il le voulait aussi. Il savait qu'il était pathétique, de vouloir être avec elle à n'importe quel prix, même si elle ne lui rendait pas ses sentiments, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il s'était retrouvé à la limite de rompre avec Hermione de nombreuses fois, mais les seules fois où ils semblaient pouvoir parler étaient après qu'ils viennent de coucher ensemble, ce qu'il évitait jusqu'à ce qu'elle se résolve pratiquement à le kidnapper (Il souhaitait être plus fort ces fois là). Et cependant, rompre avec elle après cela semblait cruel, comme s'il la jugeait et la trouvait coupable. Parfois elle avait un air triste sur son visage, et il se demandait si elle souhaitait qu'il soit Ron… Il voulait faire la bonne chose, mais il avait peur de se retrouver sans ses deux meilleurs amis s'il le faisait…

Elle confirma qu'elle était chaudement habillée, et il se transforma et étendit ses ailes. Elle grimpa sur son dos et s'accrocha à sa crinière, et ils décollèrent ensemble. Harry avait l'impression que son cœur allait exploser. Ils continuèrent à se rencontrer encore comme les jours rallongeaient et se réchauffaient, et que le soleil se couchait de plus en plus tard. Ils ne parlaient jamais de Noël ou de l'amulette, et Harry ne l'embrassa plus.

Parfois, il descendait en spirale dans une clairière de la forêt où l'herbe était aplatie, et Ginny lui avait dit la première fois qu'ils avaient atterri là qu'ils devaient faire attention parce que c'était un cercle de fée, et que s'ils marchaient dedans, ils seraient forcés de danser vingt-quatre heures d'affilée ou sinon, ils tomberaient raides morts. Harry s'était avancé impunément dans l'herbe aplatie, et avait immédiatement commencé à danser comme un fou.

« Oh, non ! Je suis coincé dans un cercle de fée » avait-il crié. Elle avait eu l'air horrifiée, se tenant entre les arbres, ses mains sur ses joues. Soudain, Harry s'était arrêté. Il avait dû se pencher tellement il riait. Elle avait froncé les sourcils, entrant à grand pas dans la clairière et le frappant sur le bras.

« Oh ! Ne me refais pas cela, Harry Potter ! » Mais ensuite, elle n'avait pas pu s'empêcher de rire aussi, et après cela, ils allaient à la même clairière et s'allongeait dans l'herbe fraîche, regardant le ciel. Le cercle de fée, comme ils commençaient à l'appeler, était devenu leur endroit préféré pour regarder les nuages, voyant des formes variées en eux, et parler de ce qu'ils avaient sur le cœur, sur tout et sur rien… Sauf de sa petite amie et de son petit ami. Et de son frère.

La veille de son anniversaire, il était très en retard pour monter à la tour, et même si maintenant, les jours étaient plus longs que les nuits, il commençait déjà à faire sombre.

« Oh, te voil ! Je pensais que tu n'allais pas venir ! »

« J'étais en route, mais le professeur Flitwick m'a réquisitionné et m'a fait l'aider. Il enseignait aux Pouffsouffles de troisième année quelques sorts de duel, et a voulu que nous fassions une démonstration. Plusieurs lui ont dit que le cours était fini, mais tu sais comment il est ces fois là… Il a dit que le cours serait fini quand il le déciderait. On n'interrompt pas un duel, tu sais. » Il soupira. « Quand ils ont remarqué qu'il commençait à faire sombre, il les a finalement libérés… et moi aussi. Désolé si je t'ai fait attendre. »

Elle haussa les épaules. « C'est bon. Le ciel est tellement beau maintenant… ce serait excitant d'être dedans… »

Il regarda son visage, contemplant avec émerveillement le ciel crépusculaire. Il déglutit, puis décida qu'il serait plus sage de simplement se transformer en griffon, alors il le fit. Ils firent un glorieux vol au-dessus de la forêt, et le ciel leur offrit un show spectaculaire. Comme d'habitude, il descendit dans la clairière avec le cercle de fée. Ils s'allongèrent dans l'herbe, ne se touchant pas, regardant le ciel, les bancs de nuages teintés de jaune, de rouge, de rose et d'orange.

« Un scrout à pétard ! » dit soudain Harry, en riant, montrant un nuage horizontal avec ce qui ressemblait aussi à une queue recourbée. Ginny rit aussi.

« Le professeur Flitwick ! » dit-elle, montrant un nuage qui ressemblait étonnamment au petit maniaque de duels.

« Le Terrier ! » cria Harry, désignant une collection de formes biscornues qui ressemblaient assez à la maison des Weasley. Il soupira en le regardant, ayant envie d'y être. Il se demanda si c'était une source de confort pour Ginny ou un endroit d'où elle envie de s'échapper. Elle avait encore deux ans à passer à l'école. A Noël, elle avait raconté avoir eu une dispute avec sa mère juste avant de découvrir l'amulette dans l'Allée de Embrumes, et cela remontait à la fin de sa troisième année, alors qu'elle avait encore quatre ans d'école.

Ginny était silencieuse. Peut-être que cela avait été indélicat de sa part de dire qu'il trouvait que le nuage ressemblait au Terrier, et elle préférait se taire plutôt que de lui dire de ne pas parler de sa maison. Le nuage du Terrier se disloquait maintenant en petits bouts.

« Regarde ! La maison se divise en elfes de maisons ! » Les formes ne ressemblaient pas vraiment à des elfes, mais il ne pouvait penser à rien d'autre à dire. Il attendit qu'elle dise quelque chose dessus, qu'elle dise 'cela ne ressemble pas à des elfes de maison, Harry Potter !' et elle devrait se moquer de lui, et il aurait cette impression de chaleur dans son cœur en l'entendant rire…

Mais il n'y eut pas de réponse. Il tourna sa tête. « Ginny ? » dit-il, comme il se tournait.

Dans la faible lumière de la clairière (il n'avait pas remarqué qu'il faisait si sombre au sol parce qu'il regardait le ciel), il pouvait voir ce qui ressemblait à une grosse couverture noire la couvrant complètement. Reconnaissant le lethifold pour ce qu'il était immédiatement. Il bondit sur ses pieds, sortant sa baguette.

« Expecto Patronum ! » cria-t-il. Les autres élèves de son année avaient finalement eu l'opportunité de s'entraîner à conjurer un Patronus, mais plutôt que de s'entraîner sur des détraqueurs, ils s'entraînaient sur des lethifolds qui étaient gardés par Hagrid pour l'usage du professeur Lupin. Ils vivaient dans plusieurs cages derrière sa cabane. L'un d'eux avait dû s'échapper et se retrouver dans la forêt. Le seul sort qui repoussait un lethifold était celui du Patronus.

L'image fantomatique d'un cerf jaillit de sa baguette et galopa vers la forme prostrée de Ginny. Immédiatement, le lethifold se retira d'elle comme si une personne invisible avait simplement tiré une couverture qui la recouvrait. Elle était allongée, immobile comme une statue. Le cerf chassa l'ombre noire à travers les arbres, mais Harry, pour une fois, ne s'arrêta pas pour le regarder. Il tomba à genoux à côté d'elle, se tordant les mains. Il regarda si sa poitrine descendait et remontait, mais il n'y avait aucun mouvement. Il se demanda combien de temps la terrible créature lui avait coupé l'air. Était-ce trop tard ? Il se pencha en avant, pinçant son nez et ouvrant sa bouche. Il mit sa bouche contre la sienne, soufflant dedans avec insistance, pensant, allez Ginny, allez…

Harry ne savait pas combien de temps s'était écoulé avant qu'elle ne commence à haleter. Il se recula, tellement soulagé qu'il pensa pleurer. Elle commença à tousser sérieusement, et il la fit asseoir, la tenant, mais aussi lui tapant dans le dos. Bientôt, la toux diminua et elle s'appuya contre lui, sa tête sur son épaule, les bras de Harry autour d'elle, son cœur battant si fort qu'il était certain qu'elle pouvait l'entendre.

Elle se recula un petit peu de lui, face à son visage, ses yeux croisant ceux de Harry avec une expression désespérée. Puis elle le choqua complètement en le tirant vers elle, leurs bouches se rencontrant. Quand elle mit fin au baiser, elle lui chuchota « Merci, Harry. »

Il acquiesça, caressant sa joue avec sa main. Il faisait très sombre maintenant, et il pouvait à peine la voir. D'une manière ou d'une autre, l'obscurité le rendait plus audacieux. « Si quoique ce soit t'arrivait, Ginny… » sa voix était prise, il ne pouvait pas continuer, alors il la tira simplement vers lui à nouveau. Cette fois, la bouche de Ginny s'ouvrit sous la sienne et elle passa ses bras autour de son cou, et il la tenait si proche que c'était comme s'il essayait de faire d'elle une partie de lui. A la longue, leurs lèvres se séparèrent, et il fit glisser les siennes le long de sa gorge, entendant son soupir d'approbation, et il était tellement heureux qu'il ne put plus se contenir. Il fit glisser ses lèvres le long de sa mâchoire, remontant jusqu'à son oreille droite, et, après l'avoir embrassée, il lui chuchota « Je t'aime tant, Ginny… »

Elle le repoussa, retrouvant ses esprits. Elle leva les yeux au ciel. Sa voix tremblait quand elle dit « Cette chose est venue chercher à manger parce qu'il commence à faire nuit. Nous devrions rentrer. »

Il acquiesça, détournant son regard d'elle. Pendant quelques glorieuses minutes, cela avait été comme s'ils étaient ensemble, comme s'ils étaient un couple. Il déglutit et prit sa forme d'animagus, essayant de repousser le flot de ses émotions, essayant de penser simplement aux pensées basiques d'un griffon d'or. Elle l'enjamba rapidement et il décolla. Bientôt, ils volaient vers la tour d'astronomie, et quand ils atterrirent, il reprit immédiatement sa forme humaine, puis se retourna, de telle sorte qu'elle était assise à cheval sur lui, tandis qu'il la regardait. Il fit courir ses mains le long de ses bras. Elle le regardait impassiblement, comme il passa ses mains derrière son cou, et tira sa bouche jusqu'à la sienne. Elle le laissa faire, et il la sentit ouvrir sa bouche contre la sienne, se tenant étroitement contre lui. Elle gargouillait dans sa gorge, comme ils s'embrassaient, et les mouvements qu'elle faisait au-dessus de lui le rendaient fou.

Puis… Tout s'arrêta. Elle roula de sur lui et se leva, allant vers le parapet, regardant les espaces sombres, et quand Harry vint se tenir à côté d'elle, il vit qu'elle pleurait.

« Ginny… Ne… »

« Je n'y peux rien, Harry. Je suis désolée… Je n'aurais pas dû faire cela quand nous nous sommes posés. Je pensais… Je pensais juste, une dernière fois, ce serait juste une dernière fois…

« Dernière ? » chuchota-t-il.

« Bien… tu m'a sauvé la vie. » dit-elle avec un petit sourire. « Encore. »

« Tu n'as pas fait cela dans la Chambre des Secrets. »

« Harry ! J'avais douze ans. Et je craquais complètement pour toi. » ajouta-t-elle, rougissant.

« Alors tu embrasses seulement les garçons qui t'ont sauvé la vie et pour lesquels tu n'as pas craqu ? »

Elle rougit encore, et puis ils se turent, regardant tous les deux au loin, et lentement, la main de Harry alla couvrir celle de Ginny. Mais elle la retira alors. « Je pensais… Je pensais que je pouvais faire cela. Simplement être ton amie. Mais je pense que je te fais simplement marcher en passant tant de temps avec toi. Jusqu'à aujourd'hui, nous semblions bien faire, nous étions simplement de bons amis, et… »

« Ginny » l'interrompit-elle. « Tu ne m'as pas embrassé comme si nous étions amis. »

Elle baissa les yeux. Elle était encore écarlate. « Je suis désolée Harry. Je ne pense pas que je remonterai ici. Merci de m'avoir sauvée, mais… mais tu ne peux plus m'embrasser, et je ne peux plus t'embrasser. Et tu ne peux plus me dire que tu m'aimes. S'il-te-plaît… essaye de me comprendre. Je n'ai jamais voulu te blesser. Simplement, je… »

« … tu es amoureuse de Draco Malfoy. » Elle acquiesça, sans croiser son regard.

« Au revoir, Harry. » dit-elle doucement, et bientôt, elle était hors de sa vue, ayant passé la trappe descendant dans le château.

Harry s'assit sur les dalles de pierre, fixant le ciel, laissant les larmes couler le long de ses joues sans les essuyer. Il ne descendit pas dîner. Quand sa montre indiqua qu'il était minuit, il descendit finalement à la tour Griffondor et alla au lit sans rien dire à personne. Et même s'il savait que cela n'arriverait jamais, dans ses rêves, elle était dans ses bras, là-haut, sur la plate-forme d'observation, et elle lui disait qu'elle l'aimait aussi…