Marie-Jo : merci, en tous cas, c'est beau l'espoir
Mystikal : moi aussi, j'en ai eu des frissons quand je l'ai lu pour la première fois, et encore maintenant, cette partie me touche.
syds : j'essaye de maintenir le rythme de publication prévu.
Bartimeus : qu'est-ce que tu trouves bizarre dans leur façon de parler?
onarluca : merci
Et maintenant, la suite, droit vers la forêt Interdite. Bonne lecture à toutes et à tous...
Harry Potter et le temps des bonnes intentions
(ou : La dernière tentation de Harry Potter)
Chapitre vingt
Le Temps du Loup
Les membres du club de duel, leur camarade Draco Malfoy en moins, volaient en silence entre les arbres. Ils n'étaient plus en formation et volaient beaucoup plus lentement que lorsqu'ils s'étaient élancés dans le ciel depuis les créneaux surpeuplés du château. Harry regarda Ron, puis Hermione, qui étaient restés près de lui. Il ne s'était jamais senti aussi anxieux et tendu dans sa vie. C'était une chose quand Hermione et lui s'étaient aventurés dans la forêt il y a juste un an pour aller chercher Ron, ou quand Ron et lui avaient suivi les araignées dans la forêt en deuxième année. C'en était une autre de prendre douze autres élèves au devant du danger, peut-être plus si les septième année les rejoignaient, voire les élèves de sa propre année. Harry avait l'impression que le joug du commandement pesait littéralement sur ses épaules.
Pour la plupart, les autres volaient en groupes avec leurs amis les plus proches. Cho et Liam étaient proches l'un de l'autre, étant préfet et préfète en chef, et Justin restait aussi proche de Liam, l'air nerveux. Mariah et Millicent Bulstrode restaient proches l'une de l'autre, et les cinquième année de Griffondor, Ginny, Ruth et Tony, faisaient de même. Parvati, Susan Bones et Ernie MacMillan formaient un autre groupe… Harry se souvint qu'ils avaient l'habitude de travailler ensemble en herbologie, habituellement avec Lavender et Hannah. Evan Davies, aussi de Serdaigle, comme Cho et Liam volait seul, à une courte distance derrière.
Soudain, il eut une explosion qui fit tout trembler, et Harry faillit presque rentrer dans un vieil arbre énorme qui devait faire cinq pieds de diamètre. Il s'arrêta complètement, comme tous les autres, sans qu'il leur dise. Le groupe le plus proche de lui, Ron et Hermione était celui des cinquième année de Griffondor. Il adressa ses ordres à Ginny.
« Nous allons en reconnaissance au-dessus des arbres. Restez ici. Nous revenons vite. Dis-le aux autres. » Il ne parla pas très fort, et puis il fit un signe de la tête à Ron et Hermione, et ensemble, ils dirigèrent leurs balais vers la dense canopée de la forêt, mettant leurs bras devant le visage comme les branches souples et feuillues menaçaient de les aveugler (ou de faire tomber les lunettes de Harry). En quelques instants, ils avaient émergé au-dessus du feuillage vert. Harry regarda les cimes ondulantes des arbres de la forêt. Tout avait l'air paisible. Mais ensuite il se retourna, juste au moment où Ron, et Hermione s'exclamaient tous les deux, et il vit des flammes s'élever dans le ciel dans la direction du village. Vert vif, imprimés sur le ciel saphir, le crâne et le serpent livides de la Marque des Ténèbres s'élevaient au-dessus de la destruction.
Il serra les mâchoires, entêté. « Bien, » dit-il, « C'est encore autre chose à faire ensuite, n'est-ce pas. » C'était plus une affirmation qu'une question. Il avait le sentiment qu'il était devenu une personne très endurcie, comme si le garçon qui avait pleuré avec Draco Malfoy sur le sol de la grotte où sa mère était morte n'avait jamais existé… et techniquement, c'était le cas. Il se sentait furieux et d'humeur meurtrière, plus encore que lorsqu'il avait essayé de lancer le sortilège mortel sur Tom Jedusor.
« Venez » dit-il laconiquement à ses deux meilleurs amis, redescendant dans les arbres. Quand ils eurent rejoint les autres, il leur fit un signe de la tête pour qu'ils se rapprochent afin qu'il n'ait pas à crier.
« Ce n'était pas dans la forêt. » les informa-t-il à voix basse. « Les Mangemorts attaquent le village. Ou cela y ressemble. Nous ne pouvons pas nous laisser distraire. Cela pourrait être une ruse. Si nous pouvons, quand nous aurons fini ici, nous irons voir là-bas. Entre-temps, je suis sûr que quelqu'un va appeler les aurors. Ce qui signifie que les aurors que j'espérais voir venir nous aider seront probablement appelés au travail à Pré-au-Lard. Nous ne pouvons pas compter qu'ils viennent ici. Si nous en avons besoin, dans… » il regarda sa montre « … cinquante-cinq minutes, les septième année viendront. Un de nous ira au-dessus des arbres à ce moment là pour les chercher et les guider à notre position. En espérant que ce sera possible, comme ce ne serait pas bien que les renforts se perdent quand nous en avons vraiment besoin. »
Ils acquiescèrent et reprirent leur configuration précédente, flottant une fois de plus avec précaution entre les arbres. Hermione et Ron volaient près de lui, regardant autour d'eux, tendus, et Harry souhaitait oser aller à la bataille en tant que griffon d'or. Il pouvait voir bien mieux dans la faible lumière avec ses yeux de griffon. Hermione le surpris quand elle dit rêveusement « Le temps du loup. » [NDT : =en français dans le texte]
Ron la dévisagea. « Tu dois aller aux toilettes ? » chuchota-t-il férocement. « C'est un foutu moment pour penser à cela, n'est-ce pas ? » [NDT toilettes se dit 'loo', un jeu de mot pas facile à rendre en français.]
Elle rit doucement. « Le temps du loup. C'est le français pour le 'crépuscule'. C'est tout. C'est une manière très poétique de le dire. J'aime le crépuscule. » dit-elle, sa voix tremblant comme elle regardait la forêt immobile. « Habituellement. » Ron avait aussi l'air mal à l'aise avec le calme les entourant. « C'est quand même drôlement long pour dire 'crépuscule', si tu veux mon avis. » dit-il, comme s'il essayait d'oublier la raison pour laquelle ils étaient dans la forêt.
« J'ai dit que c'était poétique. » dit Hermione, prenant une voix que Harry lui trouvait plus habituelle. « Il y a un mot qui signifie littéralement 'crépuscule'. Et il a cette longueur dont tu veux te débarrasser. Très peu poétique, spécialement pour du français. Le sens littéral de 'le temps du loup' est 'le temps du loup' »
Harry renifla. « Oui. Comme c'est poétique. » dit-il d'une voix dure. « J'ai toujours trouvé poétique de se référer à des créatures qui pourraient m'ouvrir la gorge sans y penser… » Hermione lui fit la tête, et Ron commença à rire mais l'arrêta.
Harry les regarda tous les deux. Il avait vu l'héritier quand il avait tenu l'agate enchantée. Il ne l'avait encore dit à personne. Il devait leur dire pour l'héritier, mais le croiraient-ils ? Comment expliquerait-il connaître cela ? L'héritier était là, avec Queudver, les attendant, et si Voldemort avait lancé un sort d'obéissance sur lui de la même façon qu'il l'avait fait pour Malfoy, et lui avait ordonné de faire cela, il serait obligé d'accomplir sa mission… jusqu'à la mort, si nécessaire…
Malfoy ! Il ne lui avait pas dit pour le sortilège d'Obéissance ! Il se frappa le front.
Ron le regarda. « Qu'est-ce qui t'arrive Harry ? »
« Hum ». Il devait le faire, même au risque qu'ils pensent qu'il était fou. « Je viens juste de me rappeler de choses qui sont assez importantes… »
« Quoi ? » voulut savoir Hermione. Elle se trouvait légèrement en avant, et maintenant, elle revenait à hauteur de Harry et Ron. Harry déglutit.
« C'est quelque chose que Voldemort a fait à Malfoy quand il était bébé. Il a lancé un sort sur lui… Un sort d'Obéissance. Voldemort a dû abandonner une partie de son pouvoir pour le faire, mais il a probablement pensé que cela vaudrait le coup au final. Et il a quand même réussi à ne pas être tué par le sort qui a rebondi sur moi quand il a essayé de me tuer, alors cela n'a pas dû tant lui en prendre… »
Hermione fronça ses sourcils. « Quel est l'effet de ce sort ? » chuchota-t-elle.
« S'il donne à Malfoy un ordre direct, il a à répondre oui ou non. S'il dit non, il tombe raide mort, et tout le pouvoir qui était sorti de Voldemort quand il avait lancé le sort sur Malfoy meurt avec lui. Voldemort ne le récupère pas. Si Malfoy dit oui à un ordre direct, alors il le fera, si c'est possible. Si on lui dit de tuer quelqu'un de déjà mort, par exemple, cela n'a aucun effet. Et il ne peut personnellement lancer aucun sort sur Voldemort qui puisse le blesser d'une façon ou d'une autre. Il ne pourrait même pas lui couper un ongle. »
Hermione et Ron le regardèrent bouche bée. « Depuis combien de temps sais-tu cela ? » demanda Ron.
« Depuis… Bien, je pense depuis la nuit avant ton anniversaire… »
« Comment ? »
« Je… Je ne peux pas l'expliquer. Après que je sois tombé dans la salle commune, et que je sois allé au lit… Je le savais, c'est tout. Je sais que cela semble bizarre, mais c'est… c'est comme quelque chose que je savais, mais à quoi je ne pouvais pas accéder. Je ne peux pas l'expliquer… »
« Ce crétin est le petit ami de ma sœur, » sa voix s'éleva, « et il doit faire quoique ce soit que Tu-Sais-Qui lui dise ou mourir ! Bien, voyons voir, quelle est sa motivation pour ne pas faire ce que Tu-Sais-Qui dit… Oh, exact, il n'y en a aucune, parce que Malfoy ne va pas simplement se laisser mourir pour éviter d'être la marionnette de ce monstre ! » Ron était livide. « Comment as-tu pu ne pas m'en parler ? Comment ne savons-nous pas que Tu-Sais-Qui l'a contrôlé toute l'année. Ginny est la seule sœur que j'ai ! »
Hermione lança un regard à Harry. Bien, Harry se demandait si l'un d'entre eux lui avait parlé de ses sœurs disparues depuis septembre. Il semblait que ce n'était pas le cas. Encore autre chose dont il devrait s'occuper plus tard…
« Je suis désolé, Ron. Je… Je n'ai pas pensé en termes de danger pour Ginny. J'aurais dû le faire. C'était vraiment stupide. » Maintenant, il sentait la panique gonfler dans sa poitrine. Ginny. Ginny pouvait être en danger… « Je… j'ai eu l'impression que ma tête tournait ces quelques derniers jours… Comme il y a tant que je dois dire à vous deux… »
« Comme rompre avec moi ? » dit doucement Hermione.
« Hermione… J'ai quelque chose à dire qui va probablement t'énerver bien plus que cela. C'est au sujet de l'héritier de Voldemort. Ce n'est pas un fils. C'est un petit fils. Il y a des années, il a eu une fille, et elle a eu un fils. L'été dernier, j'ai eu une sorte de vision, à travers ma cicatrice. J'ai vu Voldemort initier son héritier, lui donner la Marque des Ténèbres, mais je ne pouvais pas voir son visage alors. Ou plutôt, je ne pouvais pas me souvenir de qui c'était après. Je savais que je le connaissais, mais c'était tout diffus. Maintenant, je sais qui c'est. »
Elle le regardait avec attention, attendant. « Bien, Harry ? »
« Hermione, l'héritier est Viktor Krum. »
Elle se couvrit la bouche horrifiée. Ron, si possible, devenait encore plus rouge que quand il avait appris le sort d'Obéissance de Malfoy. « Krum ! Bon sang Harry ! Est-ce que tu ne savais pas cela aussi avant la semaine dernière ? » Harry acquiesça misérablement.
Hermione déglutit. « Et je… je l'ai laissé… »
Harry pensa à leurs baisers dans le hall d'entrée, et sur le quai du train à Londres. « Il était probablement sous Imperius quand il a aidé Lucius Malfoy et ses sbires à te kidnapper, et puis ils lui ont sans doute lancé un sortilège de mémoire dessus. Il se peut qu'il ne sache même pas qu'il était impliqué. Ou qu'il ne l'ait pas su. Il se peut qu'il sache maintenant. »
« C'est pour cela que le test a montré que ses parents étaient vraiment ses parents ! C'étaient ses parents. Ce qui n'a pas été testé était s'il était lié à Tu-Sais-Qui. » Harry acquiesça, se souvenant de son initiation dans son autre vie, se souvenant de son choc quand il avait regardé le visage immobile de Viktor avant de précipiter son corps dans la mer. Il avait depuis longtemps éliminé Viktor de la liste des hypothèses, à cause de ce test, et découvrir que c'était lui depuis le début avait été très dérangeant.
Les yeux d'Hermione s'écartillèrent. Elle semblé avoir pensé à quelque chose d'autre. « Vous savez quoi ? En quatrième année, Maugrey, … je veux dire Croupton… nous avait présenté la première fois. Dans la bibliothèque. Vous ne pensez pas… »
« Qu'il a utilisé un sort pour vous mettre ensemble ? Probablement pas. On dirait qu'il espérait juste que la nature suivrait son cours. Deux ados et tout… » Harry rougit.
Ron explosa. « Alors c'est comme cela que tout a commencé ? Croupton vous a présenté ? »
« Ron ! » s'exclama Hermione. « Tout cela c'est du passé maintenant. Je ne suis plus celle qu'il met en danger maintenant. Pense à Cho ! »
Harry releva brusquement la tête. Cho ! Il avait mis Cho et Viktor ensemble. Il avait oublié tout cela. Il se sentait comme la personne la plus stupide au monde. « Ils sont encore ensemble ? » demanda-t-il.
Hermione lui fronça les sourcils. « Qu'est-ce qui ne va pas avec toi, Harry ? Bien sûr qu'ils le sont. Nous les avons vu ensemble à Pré-au-Lard il y a deux semaines. Et tu es celui qui me disait qu'il venait la voir au château assez souvent, comme il avait pris Dumbledore au mot quand il avait dit que tous ceux qui étaient là durant notre quatrième année seraient toujours les bienvenus. » Deux lignes apparurent entre ses sourcils comme son froncement s'accentuait. « Tu sais tout cela, Harry. »
Harry secoua la tête, souhaitant se souvenir de Viktor et Cho… « La question est… » dit-il lentement, recommençant à avancer, bientôt suivi par les deux autres. « Est-ce que Cho est oublieuse de ce qu'il est et de ce qu'il fait maintenant, est-ce qu'elle est contrôlée par lui, ou est-ce que leur relation est totalement séparée de tout le reste ? »
« Harry ! » dit soudain Ron, ignorant la question de Harry, et s'arrêtant net. « Je pense que je sais qui a pu aider Blaise Zabini à trouver un moyen d'amener tous les professeurs dans la salle commune de Serpentard. Krum. »
Harry fronça les sourcils. « Viktor ? »
« Lui et Zabini se sont connus en quatrième année. Les élèves de Durmstrang s'asseyaient tous à la table de Serpentard, tu te souviens ? Et même s'il a passé beaucoup de temps dans la bibliothèque à faire de l'œil à Hermione, » elle lui tira la langue, « cela ne signifie pas qu'il n'a pas été invité à la salle commune des Serpentards à un moment ou à un autre. »
« En fait » dit lentement Hermione, « il y a été. Il l'a mentionné une fois en passant. Je pense que c'était au bal de Noël. Il parlait des lampes vertes. »
Ron acquiesça. « Oui, nous nous souvenons de cela. De quand nous avions pris le polynectar et étions descendus là-bas. » Harry s'en souvenait encore mieux pour avoir été un Serpentard pendant presque six ans (avant d'aller en prison), mais il n'osait pas le dire.
Il continua à avancer, se demandant maintenant si Cho était amie ou ennemie ? Dois-je lui faire prendre des risques, ou s'est-elle déjà retournée contre nous ? Si elle fait quoique ce soit pour Viktor, est-ce de sa propre volonté, ou est-elle contrôlée ? Est-ce que la préfète en chef de Poudlard est l'outil d'un Mangemort, de l'héritier de Voldemort en personne ? Penser à cela lui faisait mal à la tête.
« Nous devons faire attention à Cho. Jusqu'à ce que nous puissions dire de quel côté elle est. » Ron et Hermione furent d'accord avec lui. Harry jeta un coup d'œil à Cho, Liam et Justin, volant environ vingt pieds devant. Lui et ses deux meilleurs amis continuèrent leur vol en silence, pensant tous clairement à ce que Harry avait dit sur le sort d'Obéissance et l'héritier.
Quel souk, pensa Harry.
Quand ils eurent traversés la forêt pendant dix minutes de plus, ne voyant toujours rien, Harry remonta et les autres le suivirent à travers une trouée dans les arbres, jusqu'à ce qu'ils flottent au-dessus de la forêt, dans le ciel noir, les flammes de Pré-au-Lard et les fenêtres brillantes de Poudlard visibles, mais semblant si éloignées que c'était comme s'ils étaient sur un terrain étranger.
« Nous devons faire un peu plus de reconnaissance » leur dit Harry. « Cela ne nous mène nulle part. Je veux que Ginny et Tony viennent avec moi chercher les géants. J'ai une assez bonne idée de l'emplacement de leur camp. » Personne ne lui demanda comment cela se faisait, à son soulagement. « Hermione, tu pars avec Liam et Justin vers le nord-est… » Il indiqua la direction, tout le monde en profitant. « … et Ron, tu pars avec Cho et Evans vers le sud-est » Il voulait mettre Hermione avec Liam parce qu'il savait que Liam était un préfet en chef très protecteur. Il prendrait sous sa responsabilité qu'il n'arrive rien aux deux autres, bien que Hermione soit plus que débrouillarde. Ron, d'un autre côté, savait maintenant qu'il devait garder un œil sur Cho pour tout comportement étrange, et Evan était un duelliste excellent, et il pouvait prendre soin de lui-même. « Le reste de vous reste ici et attends. Si vous voyez que l'on envoie des étincelles rouges dans le ciel, c'est que l'un ou plusieurs d'entre nous a des problèmes. Pas plus de deux personnes à la fois ne partent aider l'un des groupes de trois personnes. Tout le monde a compris ? » Il acquiescèrent tous. « D'accord alors. Allons-y. »
Harry regarda Hermione, Liam et Justin partir sur sa gauche, et Ron, Cho et Evan sur sa droite. Il fit un signe de la tête à Ginny et Tony, et les trois partirent en avant, Harry légèrement en tête, comme il avait une intuition sur où trouver les géants. C'était plus facile de voler au-dessus des arbres qu'en-dessous, au milieu des troncs et des branches, et le frémissement des feuilles environ cinq pieds sous eux créait l'illusion qu'il volaient juste un peu plus haut que le sol, alors qu'en réalité, ils étaient bien au-dessus.
Quand ils l'atteignirent, Harry le manqua presque. Il dut faire demi-tour et regarder à nouveau tellement il avait volé vite au-dessus de la clairière. Ginny et Tony le suivirent, flottant à côté de lui, quand il s'arrêta et montra le feu que les géants avaient laissé brûler. Ils dirigèrent leurs balais vers le bas et flottèrent juste au-dessus du sol dans le camp des géants. Il était déserté, mais quelque chose dans la désertion ne semblait pas récent, à part le feu. Quelque chose dans le camp semblait très différent de quand Harry avait amené Ginny rencontrer la mère de Hagrid. Il se posa et repéra quelque chose de familier. Le parchemin sur lequel il avait écrit à Fridwulfa. Il avait une grosse empreinte sale dessus. Il avait été lu. Harry baissa les yeux vers le sol, suivant les énormes traces de pas vers le bord de la clairière. Tony et Ginny le suivirent avec précaution, encore à cheval sur leurs balais, tous deux baguettes sorties. Harry marchait avec son balai dans sa main gauche, et sa baguette dans la droite.
Il se tourna vers eux. « Nous devrions éteindre le feu. Ils ont dû partir de suite. Cela nous prendra juste un moment en utilisant nos baguettes. »
Ginny et Tony acquiescèrent, et les trois retournèrent vers le feu, dirigeant dessus les torrents d'eau provenant de leurs baguettes. Harry se tenait près de l'endroit où flottait Ginny. Comme ils dirigeaient l'eau vers le feu, Harry lui parla doucement, sans la regarder. « Ginny. J'ai quelque chose à te dire. C'est au sujet de Malfoy. Heu.. Draco. »
Puis il se lança avant de perdre son sang froid, et lui parla du sort d'Obéissance, l'entendant haleter lorsqu'il lui expliqua les conséquences pour son petit ami soit s'il refusait d'obéir à un ordre de Voldemort, soit s'il l'acceptait.
Le feu était éteint. Harry arracha finalement ses yeux des restes fumants et mouillés pour regarder Ginny. « Je suis désolé de te le dire ainsi, Ginny. Je viens juste d'avoir la possibilité de le dire à Ron, et il était furieux parce que tu aurais pu être en grand danger tout ce temps… »
« Comment ? Tout… » elle déglutit. « Tout ce que nous avons à faire est de garder Draco à l'écart de Tu-Sais-Qui, et il n'y aura pas de problème. »
Harry soupira. Il se souvint de Voldemort utilisant le sort de Tempus Fugit pour lui parler le premier septembre. « Parfois, il n'est pas si facile à éviter. »
Tony vola vers eux. « Nous devrions y aller. » dit-il l'air pressé. Harry remonta sur son balai et les trois allumèrent leur baguette. Ils s'envolèrent de la clairière, Harry en tête, suivant facilement le chemin que les géants avaient emprunté. Chaque branche d'arbre cassée, chaque buisson écrasé ou abîmé leur disait qu'ils se dirigeaient dans la bonne direction. Il savait que durant l'année et demie précédente, les géants avaient vécus dans la forêt, et qu'ils avaient appris à très bien la connaître. Il pensait probable qu'ils savaient où se terraient les araignées. Lui et Ron n'avaient pas fait attention à l'endroit où ils étaient allés quand ils avaient rencontré les araignées en seconde année. Ils avaient simplement suivi les petites créatures qui fuyaient le château à cause du basilik.
Comme ils volaient à travers les arbres, Tony se rapprocha de Harry. « Tu penses que les autres vont bien ? Ceux qui nous attendent ? » Sa voix tremblait comme il le demandait.
« Hmm ? » dit Harry, examinant une branche cassée. Il leva les yeux vers Tony et eut une image vive, remontant à une paire de mois plus tôt, de Tony, Ron et Katie, se dirigeant vers les buts de Pouffsouffle, s'échangeant le souaffle sans effort… et puis après que Harry ait attrapé le vif et que toute la maison Griffondor ait sauté sur les membres de l'équipe retournés au sol, une fille aux yeux noisette brillants et aux cheveux bruns et lisses rassemblés en queue de cheval donnait à Tony une modeste accolade avant de se retirer timidement, tandis que ses yeux la suivait avec envie…
« Tu veux dire tous… Ou Ruth en particulier ? » lui demanda Harry, haussant un sourcil. Maintenant, il se souvenait d'autre occasions, dans la salle commune ou à la table de Ginny dans la grande salle, quand Tony lui avait jeté des coups d'œil furtifs, et qu'elle les lui rendait.
« Elle te plaît, n'est-ce pas ? » Tony était un garçon mignon avec des traits fins, des yeux sombres et méditatifs, et des cheveux noirs, courts et bouclés.
Tony grimaça. « Je n'ai aucune chance. Elle n'a jamais fait un pas vers moi… Si elle le faisait, je serais le gars le plus chanceux au monde. »
« Tu ne sais jamais. Tu pourrais lui plaire aussi. Mais tu as raison… quiconque serait avec elle aurait de la chance. » Harry n'avait pas remarqué à quel point Ginny volait près de lui.
« Oh, c'est ce que tu penses ? » dit-elle fraîchement. « Depuis quand as-tu une telle opinion de Ruth ? »
Harry fronça ses sourcils. « C'est une de tes meilleures amies. Qu'est-ce que tu as ? »
Ginny se mordit les lèvres et fila en avant, disant laconiquement « Par ici. »
Harry regarda sa montre avant de la suivre. Cela faisait une demi-heure qu'ils avaient quittés le château, et ils cherchaient encore. Il souhaitait presque avoir volé directement vers la forêt pour chercher les araignées, mais il se souvint comment cela c'était passé la dernière fois qu'il les avait rencontrées, et il savait qu'il avait fait la bonne chose pour trouver une issue de manière organisée. En espérant que les septième année n'auront pas besoin de venir, pensa-t-il, juste comme il entendit un cri perçant parcourir l'espace.
« C'est Hermione » dit-il avec une certitude qu'il haïssait. Il n'aimait pas du tout savoir cela. Cela ne présageait rien de bon. Il déglutit comme il accélérait à travers les arbres, Ginny et Tony le suivant.
