philippe gryffondor: merci. contennt que cela te plaise.
luffynette : miaou
Wynzar : pas facile d'être Harry, c'est certain...
Syds : Ron était déjà têtu avant de se transformer en loup-garou. Cela ne change rien à l'affaire.
roukia : quelle intuition !
Marie-Jo : Pendant des années, il avait voulu eviter que cela se produise... quel gachis
Bartimeus : C'est sûr, ca va chauffer...
Dega : Oui, c'est roger, mais Ron était buté avant que cela ne lui arrive.
onarluca : merci.

Harry Potter et le temps des bonnes intentions

(ou : La dernière tentation de Harry Potter)

Chapitre vingt-et-un

Mon autre vie

Roger Davies foudroyait Harry d'un regard malveillant. Les deux tenaient fermement leurs baguettes. « Grâce à ta stupide idée de prendre les élèves dans la forêt dans une mission suicide, mon frère est mort ! » dit-il à travers ses dents serrées. Il tendit le bras de sa baguette. « Alors excuse-moi, je vais te lancer des maléfices jusqu'à ce que… »

« Aaaargh ! » cria soudain Ron, se lançant sur Davies depuis son lit d'infirmerie. Harry ne put jamais comprendre comment il traversa la grande pièce si vite. Il lui sembla cligner des yeux, et Ron était juste là, avec Davies placardé contre le mur, sa baguette au sol. Ron tenait Roger Davies en l'air de telle sorte qu'il était un bon pied et demi au-dessus du sol, ses grandes mains autour du haut des bras de Davies. Harry espérait qu'il ne changerait pas d'avis et ne mettrait pas ses mains autour de la gorge de Davies… mais ce n'était pas par compassion pour Davies qu'il pensait cela. Déglutissant, Harry réalisa que Ron pouvait probablement rompre le cou de Roger comme une brindille s'il le voulait vraiment. Il avait eu une couverture lâchement drapée autour de ses épaules quand il était au lit, mais la couverture était tombée de lui quand il avait bondit à travers la pièce, et maintenant, il n'avait que le pantalon de son pyjama (trop court, comme d'habitude), les muscles saillants de son dos pleinement visibles, ainsi que les cicatrices sur son bras gauche et son cou qui guérissaient remarquablement vite. Ron avait l'air terriblement puissant et sans pitié. Harry courut à son côté avec sa baguette encore en main, et quand il regarda les yeux de Ron, il put voir qu'il y avait encore cet éclat rouge.

Soudain, Lupin cria, « Ron ! Pose-le ! » comme il traversait à grand pas la pièce pour se tenir de l'autre côté du jeune loup-garou.

Ron le regarda, une expression truculente tordant ses traits. Sans répondre, Ron se retourna vers Davies, et le redescendit au sol. Cela, pensa Harry, allait être aussi terrible que le dressage de Dunkirk. Toutefois, il était reconnaissant à Ron d'avoir semé la peur en Davies. Il fit une note mentale personnelle de ne plus jamais remettre son meilleur ami en colère. Ron se recula de Davies après l'avoir reposé, enlevant lentement ses mains de sur ses bras. L'ancien Serdaigle était couleur parchemin. Il mit ses mains sur le haut des bras, tressaillant, et scruta nerveusement Ron, à travers la fente de ses yeux, ayant l'air bien moins sur le point de commencer à lancer des sorts sur n'importe qui qu'il ne l'avait été quand il était entré. Ron, d'un autre côté, lui lançait encore des regards mauvais.

« Ce n'est pas la faute de Harry si ton traître de frère est mort ! » lui cracha Ron. « Evan s'est retourné contre Cho et moi quand nous étions en reconnaissance. Il a essayé de nous lancer des maléfices et des sorts, il a laissé le restant d'entre nous se débrouiller avec des mages sombres et des araignées géantes, et puis il a lancé le Sort de Cruciatus sur Harry ! Alors peut-être que tu devrais être content qu'il soit mort, parce que s'il ne l'était pas, soit il irait à Azkaban, soit il recevrait le baiser d'un détraqueur ! »

Le visage de Roger, si c'était possible, devint encore plus pâle. « Il… Il quoi ? Tu es fou ! »

Harry secoua sa tête. « Cho peut témoigner de tout cela. Et les autres l'ont vu me lancer des maléfices aussi. C'est vrai. »

Roger Davies déglutit. Il baissa les yeux, puis les releva. « Est-ce que… Est-ce que mes parents doivent savoir ? » demanda-t-il à Harry, sa voix soudain rauque. Il ne ressemblait pas à quelqu'un qui avait été préfet en chef. Harry se questionna encore sur son souvenir de Roger et Alicia à l'école du village. Cela le frappa soudain à quel point c'était étrange, comme Alicia et Roger ne s'étaient jamais bien entendus quand il était préfet en chef, et qu'elle était préfète en chef. Il ne se souvenait pas d'une fois où Alicia ne roulait pas des yeux à ce que Roger disait, et quand Alicia s'avançait et prenait la tête des réunions de préfets, Roger avait parfois l'air assez en colère pour cracher. Et il avait été avec Fleur Delacour, entre tous. Ron n'avait pas été le seul autre garçon de Poudlard à rester béat devant elle quand elle était restée à Poudlard. Pas que l'attirance d'Alicia soit totalement perdue pour Harry. Il avait été étonné que le Draco de son autre vie ait résisté à une Alicia à moitié nue dans son lit, et il avait une fois répondu à un de ses baisers. Mais Harry pensait que la plupart des jeunes hommes choisiraient Fleur sur Alicia en un battement de cœur, car même si Alicia était très jolie, Fleur était d'une beauté d'un autre monde. A quoi jouait Roger ?

Harry considéra la requête de Roger Davies avant de répondre. « Tes parents devraient savoir ce qu'il a fait. Autrement, ils s'attendront à une espèce de tribut en son honneur. Et je n'ai pas envie d'avoir tes parents qui essayent de me lancer un sort comme tu l'as presque fait alors que j'étais celui qui a reçu un sort impardonnable. Je ne vais pas louer quelqu'un comme un héros alors que c'était un traître. Cela ne va pas arriver. Et si Dumbledore nous demande à tous de nous lever et de boire à sa mémoire,… je resterai dans ma chaise, et je demanderai à tous ceux de Griffondor de faire de même. »

Harry avait rapproché son visage très près de celui de Roger, et lui avait laissé voir que la colère de Ron était juste une partie de ce qu'il avait à craindre s'il commençait à poser des problèmes à cause de la mort de son frère. Davies déglutit une fois de plus, regardant entre eux deux, recommençant à avoir l'air moins agréable, mais de toute évidence inintéressé à ce que Ron lui remette les mains dessus.

« Je vais voir Dumbledore. » dit-il laconiquement, sa bouche à peine ouverte. Il claqua la porte derrière lui.

Comme il partait, Ron lui cria, « Oui, Fais-cela ! Vois où tu peux aller en lui lançant des maléfices ! »

Après cela, Ron, Harry et Lupin se regardèrent les uns les autres timidement. Lupin mit sa main sur l'épaule de Ron. Ron mesurait presque une tête de plus que son professeur.

« Tu ne peux pas faire cela Ron, » dit-il gentiment, mais fermement, comme on le ferait à un petit enfant. Harry vit que Ron eut la bonne grâce de baisser la tête,… mais ensuite, il la releva, ayant de nouveau l'air rebelle.

« Il en avait après Harry. Est-ce que j'étais sensé le laisser faire ? »

« Ron » dit maintenant Harry. « ai-je jamais laissé Roger Davies me battre en duel ? » Il sourit à son meilleur ami, qui lui rendit son sourire, admettant à contrecœur cela avec son silence. Lupin leur fit un signe de la tête à tous les deux.

« Harry peut s'occuper de lui, Ron. Tu sais cela. Nous avons tous deux compris, toutefois, que tes intentions étaient bonnes. Harry est ton meilleur ami. Il… »

« … a sauvé ma vie. » finit Ron, fixant Harry. Après une pause maladroite, Ron dit rapidement, jetant d'abord nerveusement un coup d'œil par-dessus son épaule dans la direction d'Hermione « Regarde Harry. Je te dois tant. Je… Je n'aurais jamais dû te dire ce que je t'ai dit en Août. Je pense… Je pense que si tu le fais après beaucoup de 'je suis désolé' et en rampant, Hermione va te reprendre. Fais-le. Je sais que tu te soucies d'elle. Moi aussi. Et je ne peux pas… »

Mais Harry secoua sa tête. « N'étais-tu pas celui qui me disait qu'elle n'était pas ma propriété ? Tu ne peux simplement pas me la rendre, Ron. Elle n'appartient à aucun de nous. Elle est indépendante. Elle décidera ce qu'elle voudra faire. Mais personnellement… Je pense qu'elle veut être avec toi. »

« Plus maintenant. »

« Comment le sais-tu ? As-t-elle dit cela ? »

« Non, mais n'importe quelle femme sensible ne voudrait pas être avec moi. Et Hermione n'est rien si elle n'est pas sensible. »

Harry soupira. « Donnons un peu de temps à tout cela. Peut-être que tu peux simplement décider d'avoir une période repos, pendant que tu t'adaptes aux, hum, changements que tu va vivre. C'est vrai que ce n'est probablement pas le meilleur moment pour commencer une relation. Mais elle t'attendra, je pense. » Il fit une pause avant de dire. « Elle t'attend depuis septembre, espèce de grand crétin. Bien… elle t'attend probablement depuis le bal de Noël en quatrième année, mais en septembre… »

Il fronça les sourcils à Harry. « Quoi ? »

Harry soupira. « Qu'est-ce que tu ne comprends pas ? La partie crétin, ou la partie elle-t'attend-depuis-septembre ? Tu sais, quand tu lui as demandé de te dire qu'elle ne t'aimait pas et qu'elle n'a pas pu ? »

Ron resta bouche bée. « Comment es-tu au courant de cela ? Elle ne t'aurait pas dit… »

Harry roula ses yeux. « Tu sembles avoir oublié que j'ai une cape d'invisibilité. J'en ai été témoin. »

Ron recula et arrêta de parler d'une voix douce. Harry se gronda, pensant, C'est le meilleur moyen de ne pas mettre en loup-garou en colère, tiens. « Tu quoi ? » couina pratiquement Ron. Il était livide.

Harry continua à parler à voix basse afin que les autres ne l'entendent pas. Cependant, la proximité de Lupin signifiait qu'il entendait tout bien. « Je n'essayais pas de vous espionner. Je me demandais où tu étais, alors j'ai regardé sur la carte. J'ai vu que vous étiez tous les deux dans la salle commune, alors j'ai vu que vous étiez tous les deux okay et dedans pour la nuit. Mais j'ai remarqué que Ginny errait dans le château, et on aurait dit que Rusard allait l'attraper, alors je suis allé la chercher avec ma cape d'invisibilité afin qu'elle ne soit pas prise. » Harry omit l'information sur la présence de Draco Malfoy et Mariah Kirkner dans la salle des trophées. « Quand je suis descendu dans la salle commune en portant ma cape, j'ai vu que vous vous étiez tous les deux endormis à une table. J'espérait que je pourrais me glisser dehors sans vous réveiller, mais malheureusement, cela n'est pas arrivé. Puis j'ai dû attendre que vous quittiez tous les deux la salle commune afin que vous ne sachiez pas que je passais par le trou du portrait… »

« Mais… Mais tu allais aider Ginny. Pourquoi ne voulais-tu pas que nous le sachions ? »

« Heu… » cala Harry, essayant désespérément de penser à un mensonge plausible. Cela prit vraiment trop longtemps, et Ron ouvrit de grands yeux quand il comprit.

« Tu n'as pas simplement vu Ginny sur la carte, n'est-ce pas ? Tu l'as vu avec Malfoy, je parie ! » siffla Ron entre ses dents, se tournant pour adresser un regard noir au garçon blond endormi près de sa sœur.

« Ce… Ce n'est pas ce que tu penses, Ron » dit rapidement Harry. Il pouvait vraiment dire la vérité maintenant… La plus grande partie. Cela facilitait les choses. « Écoute… Elle prévoyait de la rencontrer, oui. Mais Rusard lui rendait impossible d'atteindre leur point de rencontre, et Malfoy est retourné au donjon après l'heure à laquelle ils devaient se rencontrer. Elle n'avait cependant aucun moyen de savoir qu'il était parti, et j'avais peur que Rusard ne finisse par la coincer, alors j'y suis allé et je l'ai ramenée à la tour Griffondor. »

Ron lui fronça encore les sourcils. « Et tu ne t'es pas dérangé pour me dire cela. Vraiment bien, Harry. C'était en septembre. »

Harry leva ses mains au ciel. « Ron… Rien de s'est passé. Ils ne se sont jamais rencontrés. Tu ne sais pas s'ils se rencontraient pour faire autre chose… autre chose que parler. » Harry croyait presque qu'ils avaient prévu de se rencontrer, tellement il en avait parlé de façon convaincante à Ron. Maintenant il se souvenait que Draco Malfoy avait rencontré Mariah Kirkner, que Ginny avait accidentellement trouvé le mot. Il jeta un coup d'œil au lit dans lequel Mariah dormait, remarquant que ses mains sur le dessus de la couverture ne portaient plus les mitaines, et qu'elles avaient l'air normales. Ses yeux revinrent sur Ron, qui avait l'air de savoir que Harry ne lui disait pas toute la vérité. Mais ensuite… Harry ne connaissait pas lui-même toute la vérité, et il ne voulait pas que Ron mette Draco Malfoy contre le mur comme il l'avait fait pour Roger Davies. Bien, d'une certaine façon, il voulait que Ron fasse cela, mais il savait qu'il ne devait pas le vouloir (et que Ron ne devait pas le faire).

« Comment sais-tu qu'ils ne se sont pas rencontrés une autre nuit depuis lors ? Cela fait des mois ! »

Harry soupira. « D'accord. Je ne sais pas. Qu'étais-je sensé faire, passer toutes mes nuits fixer la carte pour voir si elle quittait la tour Griffondor et s'il quittait la maison Serpentard ? Ca m'a déjà causé suffisamment de problèmes de ne pas dormir l'été dernier… » commença-t-il à dire, puis il se mordit la langue pour s'empêcher d'en dire plus.

« Quel problème ? » voulut savoir Ron. La langue de Harry lui faisait mal, et sa bouche n'était plus qu'une fine ligne. Il regarda le sol. Quand il leva les yeux, Lupin pressait encore l'épaule de Ron, et il avait l'air de le faire assez fort pour faire tressaillir Ron. Il réalisa soudain que Lupin devait être très fort et très musclé sous sa robe en lambeaux. Il se souvint de la manière dont le costume taillé que Harry lui avait acheté pour les funérailles de Dudley allait sur son corps, le faisant paraître très pimpant, mais Harry n'avait pas suspecté le pouvoir qui se cachait sous le costume. Il se souvenait penser que Remus Lupin ressemblait à un comptable velu.

« Peu importe. » dit Harry, espérant que Ron laisserait tomber. « C'est juste que c'est une bonne idée de dormir toute la nuit, et je ne peux pas passer toutes mes nuits à faire du baby-sitting pour Ginny. C'est une grande fille. »

Lupin gagna finalement l'attention de Ron. « Ron… Retourne au lit. J'ai de nombreuses choses dont je dois te parler. Première chose… tu dois te rappeler à quel point tu es fort. Tu peux briser des objets délicats et blesser des gens sans vouloir le faire. Tu dois avoir une relation physique au monde complètement différente. Au fil des ans, j'ai acheté des livres sur les arts martiaux que je pourrai te prêter. Je n'ai jamais voulu formellement m'entraîner, parce que j'avais peur de blesser les autres, mais j'ai appris de nombreuses techniques pour libérer mon esprit et contrôler mes réactions physiques au monde. C'est très relaxant, comme une sorte de méditation. Nous pourrons nous entraîner ensemble, parce que nous sommes de force comparable. Et c'est aussi un bon moyen d'apprendre à contrôler ton tempérament. »

Harry lui fronçait maintenant les sourcils. « Vous ne semblez jamais avoir de problèmes avec cela. »

Remus Lupin haussa un sourcil et dit placidement. « Les loups-garous ont des tempéraments terribles, qu'ils soient sous leur forme de loup ou pas. Bien plus volatil que la moyenne des humains, et toi, Ron, tu étais déjà bien plus volatil que la plupart des gens. » dit-il faisant un signe de la tête au grand roux. « Vous pouvez tous les deux penser que je n'ai pas de caractère, mais c'est grâce aux techniques que j'ai mentionnées. J'ai travaillé pendant des années pour me contrôler. Je n'essaye pas simplement de faire cela quand je prends la potion de Tue-loup. C'est un combat quotidien et permanent. A chaque moment de la journée, je travaille mon contrôle, pour ne pas laisser mon loup intérieur me gouverner. Tu devras apprendre cela Ron. Ce ne sera pas facile. S'il-te-plaît, laisse-moi t'aider. »

Ron regarda avec tristesse l'homme plus âgé. « Vous avez fait cela toute votre vie ? »

Lupin secoua la tête. « Je ne connaissais pas ces techniques jusqu'à ce que je sois sorti de l'école. Et quand j'étais à l'école, bien… Sirius était une telle tête brûlée que quiconque autour de lui semblait timide en comparaison. » Il sourit aux garçons qui lui sourirent aussi. Harry était étonné, en écoutant Lupin. Il semblait toujours si calme et d'humeur facile. C'était une façade qu'il avait soigneusement cultivée au fil des ans et qu'il lutte tous les jours pour la maintenir était un choc pour Harry.

Ron revint à son lit, et Harry s'assit sur une chaise entre son lit et celui d'Hermione. Hermione se retourna dans son sommeil et leur faisait face maintenant, ses cheveux tombaient légèrement sur son visage. Soudain, ses yeux s'ouvrirent. Elle les referma puis les rouvrit, puis bondit hors de son lit, jetant ses bras autour de Harry.

« Harry ! Tu vas bien ! Oh, je pensais… »

Il la tint tout contre lui un moment. Elle n'avait jamais semblé si petite et vulnérable, et cependant, il savait qu'elle était dure comme de la corne. Il pensa à ce qui serait arrivé s'il ne l'avait pas rattrapée quand elle tombait de l'arbre…

Puis il la tint à l'écart de lui, à longueur de bras, se penchant brièvement pour embrasser son front. « Je vais bien ? J'ai même le ventre plein. Lupin et moi avons pris le petit déjeuner dans un pub moldu de l'autre côté de la forêt. Nous avons bien parlé. » Il regarda son professeur, de l'autre côté du lit de Ron, qui avait retrouvé son air grave ? Harry se sépara complètement de Hermione et la guida vers le lit de Ron. Elle s'assit sur le bord, le regardant avec hésitation.

« Ron? »

Il était assis contre les oreillers, sur le dessus des couvertures. Il semblait avoir plus de poils roux sur son torse et ses bras que la veille, et sa barbe avait besoin d'être coupée. Hermione trouva sa main et enlaça ses doigts dans les siens. « Tu sais que je suis là pour toi. Et que… Je veux t'aider. » Elle le regarda comme si elle essayait de le mémoriser. Puis Harry eut une idée et s'éclaira considérablement.

« Hermione ! Tu devrais aider Rogue à faire la potion de Tue-loup, afin d'apprendre à la faire aussi ! »

Hermione se renfrogna. « Je ne sais pas. Je veux dire, le professeur MacDermid a essayé de la faire pendant toute l'année… »

Ron rit. Harry était content de l'entendre. « C'est MacDermid. Tu es Hermione Granger. Bien sûr que tu peux apprendre à la faire ! »

« Je vous ferai savoir, » fit une voix glaciale venant de l'autre côté de la pièce « que c'est mon oncle que vous dénigrez. » Il se retournèrent tous, surpris de voir Severus Rogue s'asseoir, ses longs cheveux noirs contrastant avec sa tunique d'hôpital blanche. « Et quand il s'agit de dénigrer mon oncle… » continua-t-il, une menace à peine masquée derrière ses mots, « … je suis la seule personne qui soit autorisée à le faire. » Harry essaya de ne pas sourire. Il était de retour ! Et le même qu'avant… moins les doigts amputés. Harry regarda les bandages sur les doigts de Rogue, essayant de ne pas y penser…

« Est-ce vrai, Remus, que mon oncle n'a pas réussi à préparer convenablement un chaudron de potion Tue-loup ? »

Lupin acquiesça. « J'en ai bien peur Severus. »

Puis Rogue évalua du regard Harry, et Harry retint son souffle. C'était tellement comme la dernière fois qu'il avait vu son beau-père, à Douvres… »

« Et est-ce vrai, Potter, que vous êtes celui qui a conduit les élèves du club de duel dans la forêt pour me retrouver, ainsi que Mr Malfoy ? »

« Oui, sir, » dit-il calmement. « Les professeurs n'étaient pas disponibles. Et Draco Malfoy était déjà parti dans la for… »

« Bien, cette foutue lettre disait de venir seul ! » l'interrompit Malfoy, se redressant dans son lit. Harry se tourna vers lui. L'autre garçon était plus pâle que d'habitude, et avait l'air de ne pas avoir dormi de la semaine, même s'il venait de se réveiller. Harry sourit tristement.

« Bonjour à toi aussi, Malfoy. »

Draco Malfoy lui fit une grimace. « Et Granger… Avais-tu besoin de mettre toute cette foutue forêt en feu ? »

Hermione grogna et ferma ses yeux. « Je visais un petit arbre qui n'était pas près des autres. Il se serait éteint après un petit moment sans mettre le feu aux autres arbres. Ensuite, Queudver a piqué sur moi pendant que je lançais le sort, et j'ai frappé cet énorme vieil arbre sec… Tu penses que je prévoyais de griller la forêt ? »

Harry lui sourit. « Bien, je me le suis demandé, mais cela explique beaucoup. »

Puis Ginny s'éveilla et se joignit à la conversation, et Harry trouva très difficile d'arrêter de la regarder. Quand il réussit finalement, il croisa le regard de Rogue, qui avait l'air très au fait. Il vit Rogue déplacer ses yeux vers Ginny et lever des sourcils interrogatifs. Harry se souvint qu'il l'avait entendu parler à Ginny dans la forêt, disant les mêmes choses que James Potter avait dites à Lily Evans. Il se mordit les lèvres et se leva, s'adressant Ron, Hermione, et Lupin.

« Je devrais probablement aller voir Dumbledore aussi, pour voir tout le fumier que Davies va remuer. »

Lupin vint avec lui à la porte de l'infirmerie. « En fait, nous devrions probablement le voir tous les deux. » Ils dirent au revoir aux autres, Harry faisant un petit sourire et un signe de la tête à Rogue, qui, à sa surprise, le lui rendit.

C'était si étrange d'être de retour dans le château. Quand ils furent dans le couloir en dehors de l'infirmerie, Harry se tourna vers son professeur. « Est-ce que… Est-ce que cela aura beaucoup d'effet sur vous et Ron de prendre la potion ? Comme vous ne l'avez pas prise pendant toute la semaine avant la pleine lune ? »

Lupin eut l'air perplexe. « Je ne sais pas honnêtement. Une des choses dont je veux parler au directeur est l'endroit où nous passerons la nuit. Je ne pense pas que nous voulions retourner dans la forêt, franchement… »

Harry réfléchit furieusement. « Et… Et dans les donjons ? Nous pourrions tous être bouclés ensemble dans une cellule. »

« Que veux-tu dire, 'nous' ? »

Harry déglutit, essayant de paraître plus brave qu'il ne se sentait. « Pensez-vous que je vais laisser mon meilleur ami vivre cela tout seul ? Je peux bien maintenir ma forme de griffon maintenant. J'ai été pleinement entraîné pendant un an et demi. Diable, la première fois que j'ai volé était un cas d'urgence, et je n'avais pas la moindre idée de si je pouvais le faire. Hermione et moi aurions pu être précipités vers une mort certaine, ou nous aurions pu nous briser tous les os du corps, au moins. Alors nous aurions sans doute souhaité être morts. Je ne savais pas que j'utiliserai mon entraînement d'animagus pour cela quand j'ai commencé à étudier avec MacGonagall, mais je suis content de pouvoir faire cela pour Ron. Vous ne pourrez pas m'en dissuader. »

Les lèvres de Lupin étaient très minces. « Je peux voir cela. Bien, je suppose que la décision n'est pas de mon ressort. Nous verrons ce que le directeur en dira. » Il commença à s'éloigner, mais Harry mit sa main sur son bras pour l'arrêter.

« Professeur… » commença-t-il, puis il hésita. « Il y a… Il y a quelque chose d'autre dont je m'inquiète. Au sujet de Ron. Il… Il semble si déprimé. Avez-vous déjà… Avez-vous déjà entendu parler de loup-garous qui, heu… qui… »

Lupin regarda nerveusement la porte. « Harry, je pense vraiment que nous devrions aller voir le directeur… »

«… qui se sont suicidés ? » finit finalement Harry, sa voix très basse. Lupin soupira.

« Harry, ce n'est pas un endroit pour parler de ceci… »

« Mais je suis inquiet ! Je ne l'ai jamais vu comme cela. Et il est si fort maintenant. Ce serait l'enfer pour le désarmer. Pas de lui prendre sa baguette, mais lui prendre un autre type d'arme. Je… Je ne lui ai pas sauvé la vie pour qu'il déprime et en termine lui-même… »

Le froncement de Lupin s'approfondit. « Harry ! » dit-il brusquement maintenant. « Prenons les escaliers. Maintenant. » Mais c'était trop tard. La port de l'infirmerie s'ouvrit soudain, et Ron se tenait là. Lupin soupira. « Ai-je oublié de mentionner, Harry, que l'audition de Ron était maintenant bien plus aiguë que celle des humains moyens ? » Il essaya de paraître détaché, mais Harry se sentit rougir comme Ron lui lançait un regard mauvais.

« Je… Je suis désolé Ron. Mais je suis inquiet… »

Ron avait eu l'air énervé quand il avait ouvert la porte, mais maintenant, il regardait le visage de Harry et il se laissa fléchir. « Je… Je sais Harry. Et oui. C'est infernal ce que je suis déprimé. Je ne vais pas te mentir. Je me sens salement suicidaire. Mais… mais dire cela… Je ne sais pas. Peut-être que cela aide. L'admettre. Et savoir que mon meilleur ami ne me laissera jamais faire cela… »

« Tes meilleurs amis. » le corrigea Harry. « C'est aussi la dernière chose au monde que voudrait Hermione. »

Ron acquiesça, grimaçant tristement. « J'ai entendu ce que tu disais Harry. Sur ne pas me laisser vivre cela seul. Je voulais juste que tu saches… que j'apprécie. »

Harry lui fit un petit sourire. « Que puis-je dire ? Tu es collé à moi, mon ami. »

Ron lui sourit, et Harry sourit aussi. C'était tellement merveilleux de voir Ron faire cela. Le sourire ne s'arrêtait pas à ses lèvres, mais il allait jusqu'à ses yeux, comme cela le faisait quand Ron voulait vraiment sourire.

« En tous cas… j'étais en quelques sorte au courant pour l'audition. Je pouvais entendre tout ce que Pomfresh disait à son bureau la nuit dernière, et tout ce qu'il disait à MacGonagall là, dans le couloir aussi. » Il regarda Lupin avec un sourire de côté de conspirateur. « N'avez-vous jamais dit à votre responsable de maison ou à votre directeur ceci quand vous étiez élève ? Où est-ce que vous trouviez simplement cela pratique que les adultes ne sachent pas à quel point vous entendiez bien ? »

Harry remarqua que Lupin rougissait légèrement. « Je… Je préfère ne pas parler des choses qui me rendent différent quand je peux l'éviter. Mon sens de l'odorat est aussi très développé… comme le tien, maintenant. Et si je me retrouvais dans un endroit complètement obscur, je pourrais voir tous les objets dedans parfaitement clairement. Vision nocturne. Cependant… Cela s'arrête aux objets. Je ne pourrais pas lire les mots sur papier ou un parchemin, ou dans les livres. A moins qu'ils ne soient en relief, n'aient une sorte de volume. » ses yeux brillaient malicieusement maintenant. « Ne vous êtes-vous jamais demandé comment je savais que Miss Brown et Miss Patil parlaient de leurs diagrammes astrologiques alors qu'elles étaient sensées écouter mes cours ? »

Harry resta bouche bée. « Ce n'est pas juste ! Au moins, nous étions au courant pour l'œil de Maugrey ! » Ron rit.

« Essaye donc de tenir des choses secrètes pour moi maintenant, Harry. » dit-il avec un clin d'œil, l'air plus enjoué. Harry rit aussi.

« D'accord, d'accord. Va te reposer. Je reviendrai. » Ron leur fit un signe de la tête à tous les deux et revint à l'infirmerie.