Lunenoire : peut-être qu'ils vont se retrouver... merci pour tes reviews.
zeddicus : belle citation qui pourrait parfaitement convenir pour ce volume.
lunny : t'es mauvaise langue pour le coup, car je met la gazette à jour dès que j'ai complèté un chapitre ici. Sinon, merci pour la review.
Bartimeus : c'est pas grave si tu as oublié. Merci quand même.
Philippe gryffondor : merci herr gryffondor
Syds : tu n'auras pas eu à attendre trop longtemps alors. A
Wynzar : la fin est proche, ouf...
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous..
Harry passa le plus gros du restant de l'après-midi à tenir compagnie à Ron. Ils jouèrent à la bataille explosive et aux échecs de sorciers. Très souvent, Ginny ou Hermione venaient dans l'infirmerie rapporter les progrès qu'elles faisaient avec la potion. Quand c'était Ginny qui venait, Harry trouvait très dur de ne pas la regarder constamment. Quand Hermione venait dans l'infirmerie, elle trouvait clairement très dur de ne pas regarder Ron avec envie (il n'avait toujours pas de chemise sur lui). Harry soupira, voyant cela, et pensant à comment il était quand Ginny était dans la pièce. Tout semblait confus.
Il revint à l'infirmerie après avoir mangé dans la grande salle. Le coucher de soleil aurait lieu dans trente minute, et la lune se lèverait quarante-huit minutes après cela, déjà pleine. Ron était assis au bord de son lit, portant sa robe d'école normale sur une simple chemise blanche, des jeans, et les vieilles chaussures marron qui auraient dû être jetées il y a un an. Ses jointures étaient blanches tellement il agrippait fort le matelas, et il fixait le sol, l'air appréhensif. Harry s'avança vers lui.
« C'est moi Ron, » dit-il, comme son meilleur ami n'avait pas encore levé les yeux. Maintenant, il le fit, et Harry vit à la fois la peur et la résolution dans ses yeux bleus foncés.
« Je sais. Tu as un rythme distinctif quand tu marches dans les escaliers. D'abord, tu sautes une marche sur deux, habituellement. Et tu tapes le rythme de cet air sur la rampe quand tu avances. »
« Quel air ? »
« Tu sais… Celui que joue cette boîte à musique que t'a offerte Hermione… »
Harry n'avait pas été conscient qu'il jouait le rythme du Suogon en montant les escaliers. « Tu pouvais entendre cela ? » Ron acquiesça, ayant l'air misérable, comme s'il pouvait spontanément faire pousser une pâquerette sur le sommet de sa tête ou exécuter quelques tours qui le rendraient à ses yeux un peu bizarre. Harry regarda dans la pièce. Parvati était partie. Ron était le seul qui restait. « Viens. Allons voir où en est la potion. »
Ils allèrent dans le bureau de Madame Pomfresh, qui était vide. En passant dans l'apothicaire, ils trouvèrent Rogue, Hermione, Ginny, Lupin et Duncan MacDermid debout autour d'un chaudron qui était au-dessus d'un feu vert-bleu, avec des reflets occasionnels de magenta. Rogue utilisait un entonnoir pour transférer un liquide fumant dans un grand gobelet de pierre, qu'il tendit à Lupin. Ginny se tenait prête avec un autre gobelet, mais maintenant, elle le passat à Hermione et s'avança pour lancer ses bras autour de son frère.
Ron la tint, sa joue dans ses cheveux, ayant l'air d'être à deux doigts de pleurer. Ses émotions semblaient être à fleur de peau depuis qu'il s'était fait mordre. Il était comme un glaçon suspendu à une pierre. La plus petite vibration pouvait envoyer le glaçon s'écraser, et il éclaterait en milliers de petits bout infinitésimaux. Il donnait aussi l'impression qu'en ce moment, la chose la plus réconfortante au monde était d'avoir une sœur qui l'aimait et prenant soin de lui autant que Ginny. Harry sentit son cœur se contracter, pensant encore à Jamie, et se souvenant voir Ginny et Jamie ensemble quand il avait tenu l'amulette du basilik. Il souhaitait que la Ginny de cette vie ait pu connaître sa sœur.
Ginny se recula et écarta les cheveux de Ron de son visage. « Est-ce que tes cheveux étaient si longs ce matin ? » demanda-t-elle d'une voix amusée. Ron les écarta de sa tête pour en juger, les regardant du coin de l'œil.
« Peut-être que non. J'ai déjà dû me couper la barbe deux fois aujourd'hui. »
Lupin lui fit un signe de la tête, mais ce fut Rogue qui dit « Cela ne va pas aujourd'hui à cause de la lune. Demain, ce sera pareil. Le restant du mois, tes cheveux pousseront normalement. » Ron sembla apprécier à quel point Rogue était direct et professionnel. Il avait encore les bandages sur sa main comme il travaillait, remarqua Harry. Quand Rogue lui tendit un gobelet fumant, Ron le remercia d'un signe de la tête.
« Merci. » Harry se souvint de toutes les fois, où quand ils étaient plus jeunes, Ron insistait en disant que Rogue était clairement maléfique et en avait après tous les Griffondors, spécialement Harry. Cette pensée le faisait presque rire maintenant. Comme Remus Lupin finissait son gobelet, Ron regardait en hésitant dans le sien, puis vers le maître des potions.
« Allez-y, Weasley. N'attendez pas trop longtemps. »
Ron renifla le gobelet et fit la tête. « Avoir un bon sens de l'odorat n'est pas un avantage maintenant. »
Harry sourit. « Soit juste heureux de ne pas être près des chaussettes de Seamus. »
Cela le fit tous rire, et Ron vida rapidement le contenu du gobelet, sa pomme d'Adam sautant. Quand il eut fini, il le tendit à Rogue, s'essuyant la bouche du revers de la main. Lui et Lupin avaient l'air légèrement verdâtres après avoir absorbé la potion. Mais ils retrouvèrent rapidement leurs couleurs. Ron parcourut la pièce à travers la fente de ses yeux.
« Comment suis-je sensé… sensé me sentir après l'avoir prise ? Comment savons-nous si cela marche ? »
« Nous ne le savons pas, Weasley. Pas dans ce cas. Elle est sensée être prise une semaine avant la pleine lune. Aucun de vous n'a fait cela… et de toutes façons, vous n'étiez pas un loup-garou une semaine avant la pleine lune. »
Vous n'étiez pas un loup-garou. Ron leva les yeux vers Rogue, déglutissant. C'était comme si l'entendre de Rogue le rendait réel.
Vous n'étiez pas un loup-garou. Mais vous l'êtes maintenant.
Harry regarda Lupin. « Quand arrive Sirius ? »
Lupin regarda sa montre. « La conférence de presse au ministère était prévue à six heures. Il devrait être au Chaudron Baveur dans environ dix à quinze minutes afin de venir en cheminette jusqu'à Pré-au-Lard. Le directeur est sensé le rencontrer là-bas avec un balai afin de pouvoir arriver ici rapidement. Je dirais que nous pouvons l'attendre ici dans environ vingt minutes. »
« Cela va être serré, n'est-ce pas ? » grommela Rogue. Lupin haussa les épaules.
« Il sait que nous ne pouvons pas l'attendre. S'il vient ici trop tard, il ne sera pas avec nous. C'est tout ce qu'il y a. » Harry déglutit. Alors, il serait seul face à deux loups-garous, incapable de reprendre forme humaine jusqu'à ce que la lune se couche. Bien qu'il l'ait fait la nuit précédente pour garder un œil sur Lupin, et qu'il se soit proposé à Dumbledore pour le faire, il s'attendait à ce que Sirius lui tienne aussi compagnie pendant la nuit, un autre animal habitué à surveiller un loup-garou, un compagnon qui ne mettrait pas la vie de Harry en danger s'il ne pouvait pas maintenir sa forme d'animagus. Cela n'était plus un problème de maintenir sa forme depuis un moment. La seule chose qui l'avait faite se changer à un mauvais moment était quand il volait au-dessus du Northamptonshire et que Voldemort avait appelé les Mangemorts, envoyant une douleur aveuglante à travers sa Marque des Ténèbres. Il n'avait pas de Marque des Ténèbres dans cette vie, mais il avait une cicatrice. Et si Voldemort faisait quelque chose qui lui fasse mal à la cicatrice ? Est-ce qu'il reprendrait spontanément forme humaine à cause de la douleur ?
Harry essaya de sortir cette idée de sa tête comme ils se préparaient à partir. Il remarqua que Duncan MacDermid examinait les restes de la potion dans les gobelets, comme si cela allait lui dire où il s'était trompé en faisant la potion. Hermione et Ginny venaient aussi, tout comme Rogue, mais pas MacDermid. Cela sembla une très longue marche jusqu'au donjon. A la montre de Harry, c'était juste après le coucher du soleil quand ils atteignirent leur destination. Rogue et Lupin enlevèrent ensemble la lourde barre de bois qui était posée sur deux énormes supports d'acier. Rogue sortit ensuite un jeu de clés et ouvrit les trois serrures de la lourde porte de métal, la poussant finalement vers l'intérieur de la cellule. Ce donjon avait été choisi à cause de la sécurité supplémentaire que la porte offrait (il n'y avait pas non plus de fenêtre à la porte). A l'intérieur, ils virent deux piles de foin, chacune dans un des coins opposés à la porte, et une unique fenêtre étroite et barrée avec un vitrail, très haut sur le mur. Il y avait une écuelle d'eau à côté du mur de la porte. Harry regarda autour de lui, déglutissant. Il commençait à penser que sa cellule au ministère était carrément luxueuse.
Le soleil s'était couché il y a dix minutes. Dans un peu plus de trente minutes, la lune se lèverait. Où était Sirius ? se demanda Harry. Bientôt, ce serait trop tard pour qu'il les rejoigne.
Avant qu'il ne puisse faire quoique ce soit pour l'arrêter, Hermione se jeta sur Ron avec un sanglot. Il tomba en arrière sous l'effet de l'impact, se cogna la tête sur le mur de pierre. Il mit ses bras autour d'elle en hésitant, et Harry se souvint qu'il avait fait la même chose quand ils étaient plus jeunes, quand Hermione s'était jeté sur lui de façon inattendue. A ce moment, Harry avait pensé que Ron avait été simplement surpris par cette explosion soudaine d'émotions. Maintenant, il savait que Ron avait été pris au dépourvu par cette accolade parce qu'il avait déjà des sentiments pour Hermione, et avait peur de les montrer…
Harry déglutit en les regardant, puis se retourna. Il leva les sourcils en regardant Ginny et Rogue, espérant qu'il n'aurait pas à dire à haute voix, Allons, laissons les seuls un moment. Mais ils comprirent et se détournèrent aussi. Après quelques instants, Harry entendit quelque chose qui lui fit penser que Ron avait changé d'avis sur ne pas laisser Hermione s'approcher de lui maintenant qu'il était un loup-garou. Il y avait définitivement un bruit de baiser derrière eux, un froissement d'habit, des soupirs… Harry se sentit rougir, essayant de ne pas penser à la façon dont elle embrassait…
Puis il se tourna, en dépit de sa résolution de ne pas le faire, quand il entendit un bruit de pas retentir avec un halètement. Sirius courait sans relâche dans le couloir éclairé par les torches. Il s'arrêta à quelques pieds de là, se pliant en deux pour reprendre son souffle. Quand il se redressa et vit Ron et Hermione, ses yeux faillirent lui sortir de la tête.
« Que diable ? » dit-il doucement. Harry ne put s'empêcher de se retourner maintenant. Ils étaient encore connectés, les bras d'Hermione enlacés autour de son cou, les mains de Ron la pressant dans son dos contre lui. Ses cheveux semblaient avoir poussé même pendant le temps que cela leur avait pris pour arriver au donjon. Puis Harry jeta un coup d'œil à Lupin, et vit que les siens avaient aussi poussé, ainsi que ses ongles, qui ressemblaient maintenant plutôt à des griffes. Réalisant que les gens le regardaient avec Hermione, Ron devint rouge vif et s'écarta d'elle. Des larmes coulaient sur son visage, comme elle le regardait. Puis Harry eut soudain son souffle coupé quand elle se jeta sur lui, le prenant étroitement mais fermement dans ses bras puis l'embrassant rapidement sur la joue. Puis elle mit son poing dans la bouche pour étouffer un autre sanglot et courut dans le couloir en direction des escaliers, bousculant Sirius sur son passage. Il se tourna pour la regarder partir, puis se retourna vers Ron, ses yeux encore très grand ouverts, la bouche encore grande ouverte d'incrédulité.
Harry n'avait pas vraiment envie de lui expliquer maintenant, cependant. Ginny avait aussi l'air de vouloir pleurer, mais faisait de grands efforts pour garder ses émotions sous contrôle. Elle s'avança vers son frère, et le prit encore dans ses bras, moins frénétiquement que dans l'apothicaire, puis l'embrassa sur la joue. Puis, à la surprise de Harry, elle se tourna vers lui et passa ses bras autour de son cou d'une manière presque professionnelle avant de l'embrasser rapidement sur la bouche.
« Merci de rester avec lui, Harry. » chuchota-t-elle, ses lèvres encore très proches des siennes. « Tu… Tu t'assureras qu'il ne lui arrive rien ? Ou à toi ? »
Harry acquiesça, sentant soudain la responsabilité considérable qui reposait sur lui. Il faisait cela pour son meilleur ami, pour Ron, mais aussi pour Ginny, et pour Hermione, et pour tous les Weasley, même les sœurs perdues qui ne savaient rien de leur vraie famille. Comme Ginny partait, Sirius le regarda les sourcils froncés. Harry n'était pas sûr qu'il y avait une manière adéquate d'expliquer cela devant Ron et Lupin avant qu'ils n'aient à se soucier davantage de soucis pressants de vie et de mort (bien que ce soit heureusement bien plus de vie que de mort ce soir).
« Remus » dit Rogue, sa voix tremblant juste un peu comme il voyait que son collègue avait l'air de plus en plus instable. « Puis-je t'emprunter ta baguette ? La mienne… est perdue. Pettigrew. J'en aurai besoin pour correctement vous enfermer. » Lupin acquiesça et sortit sa baguette, pour l'homme qui entre tous ici avait le plus à craindre des loups-garous. Harry se demanda pourquoi il ne l'avait pas demandé à Sirius, mais ensuite, il se souvint que Sirius n'avait probablement pas de baguette encore. Maintenant qu'il n'était plus un fugitif, il pourrait aller chez Ollivander et s'acheter une nouvelle baguette la tête haute. Harry sourit intérieurement à cette pensée.
Ron sembla avoir une pensée similaire aussi, parce qu'il sortit sa baguette et la tendit à sirius. « Tiens. » dit-il. « Comme tu n'en as pas une. En cas d'urgence. »
« En fait, » dit Lupin d'une voix rauque, regardant son meilleur ami de ses yeux enfoncé dans leurs orbites, « en parlant d'urgence… as-tu amené le revolver ? et les balles ? »
Sirius secoua la tête. « Ce n'est pas un entrepôt, Remus, avec ces fragiles murs et portes moldus. C'est bien plus sûr. Je suis certain que les serrures tiendront, et la barre, et Severus connaît sans aucun doute des sorts de verrouillage très efficaces aussi. » Il fit un signe de la tête à son ancienne Némésis, qui le lui rendit. Il avait l'air de vouloir en finir avec cela. Remus Lupin avait l'air dégoûté, comme s'il pensait que son ami prenait un risque terrible en n'ayant pas le pistolet et les balles d'argent sous la main, mais il ne dit rien de plus.
Finalement, les quatre franchirent la porte, et Sirius et Lupin commencèrent à refermer la lourde porte, mais le visage de Lupin se couvrit de sueur, et il dut s'asseoir, alors Harry aida Sirius à finir de fermer la porte. Comme il faisait ainsi, il vit un instant le visage de Rogue dans l'ouverture, une expression de souci et de doute visible dessus, avant que la porte de métal ne se referme et qu'ils entendent les trois clés tourner dans leurs serrures, puis l'énorme barre être posée à nouveau sur les supports de métal. (Rogue devait utiliser un sort de lévitation maintenant, pensa Harry)
Ils étaient seuls, tous les quatre. Puis soudain, Harry se tourna vers Sirius. Il avait pensé que Sirius pourrait acheter une baguette maintenant, mais cela avait été sa seule pensée. En plein leurs préparatifs et leurs précautions, le fait qu'il y avait quelque chose à fêter avait été oublié. « Tu es libre ! » s'exclama-t-il, souriant, se jetant vers lui. Sirius le prit fermement dans ses bras, le tapant aussi dans le dos, puis ils s'écartèrent tous deux l'un de l'autre, regardèrent autour d'eux, et éclatèrent ensemble de rire. Lupin et Ron se regardèrent, l'amusement brillant dans leurs yeux, et bientôt, ils ne purent résister à l'envie de rire à l'ironie que Sirius passe sa première nuit d'homme libre volontairement enfermé dans un cachot.
Quand les rires disparurent, Lupin essuya les larmes de ses yeux et regarda sa montre. « La lune se lève dans cinq minutes » dit-il calmement. Harry et Sirius s'assirent contre le mur près de la porte. Harry regarda Ron, qui avait l'air très tendu et nerveux, assis près de l'une des piles de foin. Après juste quelques minutes, il se leva et commença à marcher, pliant les mains comme elles balançaient sur ses côtés. Sa barbe rousse était significativement plus longue que lorsqu'ils étaient rentrés dans la pièce. Harry regarda Remus Lupin, qui avait aussi une barbe maintenant, alors qu'il était toujours bien rasé ou comme s'il n'avait qu'un léger duvet. Il doit utiliser constamment sa baguette pour se raser pendant la journée, pensa Harry.
Au fur et à mesure que le lever de lune se rapprochait, Lupin et Ron avaient l'air de plus en plus mal, et Harry commença à voir une lumière rouge dans leurs yeux. Il regarda Sirius pour quelque indication. Finalement, son parrain fit un signe de la tête.
« Nous devrions nous changer maintenant, Harry. » Et avec cela, Harry ne regardait plus Sirius Black, mais un gros chien noir qu'il avait été assez bête pour confondre avec un sinistros autrefois. Il exécuta son propre changement, et bientôt, il voyait bien mieux qu'avant. La faible lumière n'était pas un problème pour ses yeux de griffon. Il s'installa à côté de Sirius, ses pattes de devant posées devant lui, regardant alternativement les deux hommes, son professeur et son meilleur ami, qui allaient bientôt devenir des animaux contre leur volonté, contrairement aux animagi. Cela sembla une très longue attente, mais quand cela arriva, ce fut assez soudain. Tous les deux crièrent. D'abord, ils furent tout raides, puis un tremblement incontrôlable s'empara d'eux. Leurs têtes et leurs corps s'allongèrent et un terrible bruit qui ressemblait à un mélange entre un bruit animal et un cri humain retentit de chacun d'eux, bien que celui de Ron soit définitivement plus fort, n'étant pas habitué à la transformation. Les épaules se voûtèrent et les mains se tordirent en pattes avec de longues griffes. Harry et Sirius virent devant eux deux loups au manteau gris inégal, aux yeux brillant d'une lueur rouge, aux gueules bavant avec la langue pendante, leurs bouches affamées sans nourriture en vue, comme la seule nourriture acceptable pour eux cette nuit serait un être humain.
Ne reprends pas ta forme, se rappela Harry. Peu importe à quel point la cicatrice te fait mal, si elle te fait mal, ne te change pas.
Il pensait que la fourrure de Ron avait l'air légèrement plus rouge là ou le clair de lune la frappait, mais c'était dur à dire. Les couleurs n'étaient pas les mêmes quand il était un griffon. Les deux loups marchaient nerveusement, jetant parfois un coup d'œil au chien et à ce qui ressemblait à un lion, d'autrefois se regardant l'un l'autre avec précaution, poussant un grognement menaçant. Harry sentit sa propre peau frissonner de nervosité et il se mit aussi à marcher, ses grosses pattes touchant silencieusement les dalles de pierre. Il se sentait comme une corde étirée jusqu'à son point de rupture. Il n'avait jamais été si tendu.
Fait déjà quelque chose, pensa-t-il.
Puis, l'un d'eux le fit. Lupin bondit en l'air, gueule ouverte, griffes en avant, comme il attaquait Sirius. Harry émit en réponse à cet assaut un rugissement assourdissant, qui résonna sur les murs de pierre avec une force et un volume auxquels il n'était pas préparé. Le loup roux choisit aussi ce moment pour bondir, et se raidit sur ses pattes de derrière, ses crocs découverts, ses griffes sorties, rugissant encore, son instinct animal vibrant à travers chaque poil de sa peau, comme il se faisait attaquer par son meilleur ami.
