roukia : tu commences tes journées un peu tard, non ? Quant à Ginny et Harry, ils échangent peuvent échanger leurs rôles
bastet :Oui, on va savoir mais pas bientôt. Patience.
Syds : ty vas avoir une réponse à ta question...
Lunenoire : ce serait un cognard, peut-être, mais le souaffle doit être un peu moins dur.
Bartimeus : te voilà donc servi en Quidditch. Rassures-toi, ca finit pas en slash
Philippe Gryffondor : tu vas encore plus aimer la suivante, je pense.
Marie-Jo : Mais c'est avec plaisir, et c'est quand même le but de la partager avec ceux qui ne connaissent pas assez l'anglais pour en profiter
onarluca : lis ce qui suit, tu trouveras quelques indices...
Et maintenant bonne lecture à toutes et à tous pour l'avant-dernier chapitre.

Quelques jours avant le match, Ron et Lupin avaient commencé à prendre la potion de Tue-loup pour se préparer à la pleine lune, quelques jours plus tard. La veille de la pleine lune, Dumbledore avait dispensé Ron de cours, et Harry l'avait enfermé dans l'ancienne salle de Touffu, avec une réserve de nourriture, des bougies et une dose de potion de Tue-loup, mais pas de baguette, afin qu'il ne puisse pas tenter de rompre le charme de verrouillage que Harry avait lancé sur la porte.

Après les cours ce jour-là, Harry se sentait perdu. Il ne voulait pas passer de temps avec Hermione, et ensuite, quand il changea d'avis, il découvrit qu'elle n'était plus disponible, mais était évidemment allé dans le bureau de MacGonagall pour quelque raison. Il s'assit sur son lit dans le dortoir vide, se sentant vidé, quand finalement, il décida de sortir sa pensine et d'ajouter quelques souvenirs. Mais ensuite, quand il la sortit, il mit sa baguette dedans et l'agita jusqu'à ce qu'il voie Severus Rogue, se tenant dans le hall d'entrée de leur maison, se tenant face à face avec Frank Londubat. Le cœur de Harry se gonfla de fierté en le voyant.

Son papa lui manquait.

Après quelques hésitations, il décida finalement de le faire. S'il ne le faisait pas avant la fin du trimestre, il n'en aurait jamais le courage. Il prit la pensine et la descendit soigneusement dans l'escalier en colimaçon, traversa la salle commune (personne ne fit attention à lui), puis dans les nombreux escaliers jusqu'aux donjons.

Le professeur MacDermid n'était pas dans la pièce quand Harry entra. Il alla jusqu'au bureau dont la porte était entr'ouverte. Harry l'ouvrit avec son épaule, ne se dérangeant pas pour demander la permission d'entrer. Rogue était assis à son bureau, penché sur l'un des tiroirs, comme s'il triait des dossiers. Il releva brusquement la tête quand Harry rentra.

Harry porta la pensine dans la pièce et la posa sur le bureau en faisant un bruit sourd, et puis il s'assit dans le fauteuil près du feu et regarda Severus Rogue. Rogue jeta un bref coup d'œil à la pensine. La bouger avait rendu le liquide argenté qu'elle contenait trouble, et avant de s'asseoir, Harry saisit quelques visages humains glissant dans ses profondeurs visqueuses, et il savait que son professeur les avait vus aussi. Puis son regard croisa encore le regard de Harry, mais il resta silencieux. Harry souffrait de voir à quel point ses yeux étaient enfoncés, et il se demanda comment l'homme avait pu tenir pendant les longs mois où il avait été détenu prisonnier et torturé par Peter Pettigrew et Viktor Krum.

Finalement, il ouvrit un tiroir et sortit un petit verre. Ouvrant un autre tiroir, il sortit sa bouteille de whisky. Son oncle ne l'avait pas enlevée pendant son séjour, de toute évidence. Il ne fit pas de geste pour le partager avec Harry cette fois. Il ne sortit pas de second verre. Après avoir vidé le verre et inspiré doucement, en découvrant brièvement ses dents, il regarda le garçon silencieux et visiblement en détresse devant lui et dit. « Pourquoi êtes-vous ici, Potter ? Et pourquoi avez-vous amené cela ? »

Harry déglutit. Il se souvenait de tant, des choses qu'il n'avait pas mises dans la pensine, des petites choses de son enfance à Pré-au-Lard, ou cette simple camaraderie qu'il avait vécue dans son autre vie quand lui et son père jouaient aux échecs dans le bureau de forces du mal, ou quand il était venu dans son dortoir après le match de Quidditch marathon et avait dit à Harry que l'équipe de Serpentard l'avait choisi pour être son nouveau capitaine…

« Vous m'avez manqué » dit-il finalement en s'étranglant, ravalant ses larmes. Rogue était visiblement alarmé par cette démonstration de sentiments. L'homme mûr s'assit en silence, contemplant son verre vide.

« Je suis votre professeur, » énonça-t-il, comme si Harry l'avait oublié. « Et j'ai été ailleurs. Je… L'enseignement m'a manqué. » Il se comportait comme si c'était un aveu monumental.

« Ce n'est pas en tant que professeur que vous m'avez manqué. » dit Harry, puis il réalisa que cela devait sembler bizarre. Il y eut un autre silence maladroit entre eux avant que Harry ne dise finalement « C'est en tant que papa que vous m'avez manqué. » les yeux de Rogue s'ouvrirent alors en grand, mais il ne parla pas. « Laissez-moi expliquer » dit Harry dès qu'il vit la réaction. Il expliqua son insomnie de l'été précédent, due aux rêves amenés par sa cicatrice. Il expliqua que Voldemort lui avait parlé en utilisant le sort de Tempus Fugit à King's Cross, puis le réveil portauloin, et le sort de Tempus Bonae Voluntatis…

Severus Rogue bondit de sa chaise. Harry s'enfonça dans la sienne, pensant qu'il allait physiquement l'attaquer. « Vous avez fait quoi ? »

« Je… Je voulais juste sauver ma mère. Et ma sœur. Et… et cela a marché. Quand je me suis réveillé… J'avais cette autre vie que j'avais vécu pendant quinze ans. Ma mère n'était pas morte. Nous vivions dans une maison à Pré-au-Lard. J'avais une sœur appelée Jamie. Deux petits frères jumeaux… »

Rogue fronça les sourcils et se rassit, perplexe. « Des petits frères ? »

Harry acquiesça. « Ma mère s'était remariée. Mes petits frères s'appelaient Stuart et Simon… » Harry fit une pause, hésitant. Puis il se jeta à l'eau avant de perdre son courage. « Rogue. »

L'homme mur se renfrogna. « Je sais que les élèves font cela tout le temps, mais c'est plus approprié d'appeler un professeur 'professeur' quand on est en face de lui, et de ne pas simplement utiliser son nom… »

« Non. Je voulais dire… les noms de mes frères étaient Stuart Rogue et Simon Rogue. Vous étiez mon beau-père. Vous aviez épousé maman. Je disais que vous me manquiez parce que… parce que vous m'avez élevé. Vous êtes le seul père que j'ai jamais connu. »

Les yeux de Rogue étaient fixés sur Harry, et il essaya de se servir un autre verre avec sa main tremblant, renversant l'alcool odorant sur son bureau à la place. Il ignora le désordre et amena le verre à ses lèvres avec ce qu'il avait réussi à mettre dedans, le vidant une fois de plus, puis regardant la pensine du coin de l'œil.

« Pourquoi devrais-je vous croire ? » dit-il soudain, « Si vous aviez une vie comme celle-là, avec votre mère et… et une famille, pourquoi avez-vous tout changé ? »

Harry se renfrogna. « Parce que c'était mal. Mais je ne pouvais pas voir à quel point c'était mal jusqu'à…. Jusqu'à ce que tout aille mal pour moi… »

Rogue le regarda à travers la fente de ses yeux. « Que voulez-vous dire ? »

« Quoi… Comment cela a mal tourné pour moi, ou pour le reste du monde ? C'est dur de savoir par quoi commencer. Voldemort n'est pas tombé pour commencer. C'est déjà assez mauvais. L'école à banni les élèves nés de moldus quand j'avais sept ou huit ans… » Harry parcourut quelques unes des différences du monde des sorciers, puis de celui des moldus.

« Et rien de tout cela n'était assez ? Vous aviez besoin que votre propre vie soit un désastre avant de daigner faire quelque chose ? » Harry se tortillant se sentant grondé à juste titre. « Comment votre vie a mal tourné ? Qu'est-ce qui est arrivé pour que vous fassiez la bonne chose ? » Rogue avait l'air authentiquement curieux.

Harry hésita. Comment pouvait-il dire à cet homme qu'il avait contribué à la mort de la femme qu'il aimait. Une des choses que Harry n'avait pas mise dans la pensine était la mort de sa mère dans la grotte. Il s'éclaircit la gorge. « Bien, pour commencer, pour réparer les choses, j'ai dû m'échapper d'Azkaban. »

« Azkaban ! » souffla Rogue à court de mot, comme si c'était la chose la plus grossière à dire en anglais. « Vous êtes allé en prison ? Pourquoi ? »

Harry baissa les yeux. « Je… Je ne veux pas en parler. » Il leva les yeux et fut surpris de trouver de la sympathie dans le visage de son professeur. « S'il-vous-plaît. »

Considérant cela quelques instants, Rogue ferma finalement les yeux et acquiesça.

« Et même si tout était un enfer, » continua Harry, « et que je savais que c'était la bonne chose à faire pour le changer à nouveau, c'était si dur… Si dur de ne plus avoir de famille. Sauf que… quand j'ai rétabli le cours du temps, vous étiez la seule famille qui me restait. »

Maintenant, Rogue avait l'air en détresse malgré lui. « Vous ont-ils… Vous ont-ils tous tourné le dos parce que… à cause de ce que vous avez fait pour aller en prison ? » L'idée le consternait clairement. Il n'était pas un fan de Sirius Black quand il l'avait rencontré dans la cabane hurlante en troisième année, mais il s'attendait naturellement à ce que la famille du condamné se tienne à ses côtés.

« Ils n'étaient plus là pour me tourner le dos, » dit-il doucement. « ils étaient tous morts. » Harry n'avait pas envie d'expliquer le sort de Simon à son ancien père. C'était plus simple de le considérer comme mort. Et maintenant, il n'était jamais né, ni son jumeau…

Rogue se leva à nouveau, mais cette fois il fit les cent pas, secouant la tête. « Je ne peux pas le croire. Vous… avez vécu une autre vie. Pendant quinze ans. Et puis vous avez rechangé le cours du temps. » Il regarda la pensine sur le bureau. « Et vous avez mis vos souvenirs de cette autre vie là ? »

« Quelques uns. Je sais… je sais que vous ne vous êtes jamais marié ni n'avez eu d'enfants. Pas que vous ne pourriez pas encore. Mais… » Harry se sentit timide avec cela soudain. « Je pensais que vous devriez savoir… Vous étiez un bon papa. Le seul papa que j'ai jamais connu. Pour quelques raisons je… Je pensais vous montrer cela, mais maintenant, je peux voir que c'était une mauvaise idée… »

Il alla vers le bureau et commença à prendre la pensine, mais Rogue mit sa main sur son bras. Harry regarda la main, puis son professeur. La main fut enlevée, et Severus Rogue s'éclaircit la gorge, essayant de faire comme s'il regardait négligemment la pensine, alors qu'il semblait assez concentré pour voir les silhouettes humaines qui passaient de temps en temps.

« Que… Qu'y-t-il dedans ? »

Harry réfléchit à cela. « Des vacances à la plage. Vous et les jumeaux passiez la plupart du temps à la plage sous un abri que nous avions dressé pour vous protéger tous les trois du soleil… » Harry le vit froncer les sourcils. « Stu et Si avaient la porphyrie aussi. Et Draco était avec nous, en visite. » Maintenant, les sourcils de Rogue s'envolaient sous l'effet de la surprise. Harry se mordit les lèvres. « Nous étions meilleurs amis depuis que nous étions très petits. Vous avez continué à espionner pour Dumbledore et vous et maman étiez amis avec les Malfoy, en guise de couverture. »

Rogue regarda à nouveau vers la pensine. « Quoi d'autre ? »

Harry réfléchit. « Bien… les funérailles de Stuart. Le cimetière à Dunoon. Juste un petit morceau. » Ses yeux commençaient à pleurer encore comme il y pensait. « Et vous et moi nous entraînant au Quidditch à la maison. Et… et une nuit de quand j'étais gosse et que maman attendait encore les jumeaux… » Il s'arrêtant, voyant que Rogue tordait ses lèvres d'amusement quand il avait laissé échapper le 'gosse'. Harry grimaça. « Bien, voulez-vous le voir ou pas ? Vous semblez me croire maintenant… Si vous voulez plus de preuves, elles sont là. » dit-il montrant de la tête la grosse boule de pierre.

Rogue se pencha au-dessus, fronçant les sourcils. « Seuls les vrais souvenirs peuvent être mis dans une pensine, pas les rêves ou les fantasmes. » énonça-t-il, comme pour se rassurer.

« C'est exact. » confirma Harry. « Bien que, bien sûr, les souvenirs soient quand même biaisés. Voilà comment j'ai vécu ces événements. Ce n'est pas complètement objectif, comme les choses capturées sur une pellicule. » il s'arrêta et commença à expliquer « Une pellicule est… »

« Je sais ce qu'est une pellicule, Potter » lança Rogue avec une pointe de colère. « Je peux vivre dans le monde de la sorcellerie, mais je ne suis pas un ignorant sans connaissance des techniques moldues. »

Harry montra encore la pensine de la tête. « Alors… ? »

Rogue avait l'air de rassembler son courage, en regardant encore dans la boule. Puis il acquiesça, presque imperceptiblement. Ils sortirent tous deux leurs baguettes. Harry y alla en premier. Il se pencha, touchant la surface avec sa baguette, agitant le contenu jusqu'à ce qu'il voie une plage ensoleillée. Une jolie femme rousse allongée sur une chaise longue portait un maillot de bain une pièce bleu foncé, son visage protégé du soleil par une grande capeline et des lunettes de soleil, tandis qu'un garçon et une fille aux cheveux noirs travaillaient sur un château de sable à proximité…

Harry se pencha, mettant son nez à la surface du liquide, sentant son estomac tressaillir en lui comme il basculait dans la pensine. Un moment plus tard, il atterrissait sur le sable, près de la femme rousse, et puis, sans avertissement, Severus Rogue sembla tomber du ciel jusque sur le sable, à côté de lui.

Il loucha et eut l'air alarmé d'être sous une telle lumière, mais Harry le rassura rapidement. « Vous ne pouvez pas être brûlé par ce soleil. C'est juste un souvenir. » L'homme mûr acquiesça, comme s'il se sentait un peu idiot d'avoir paniqué, même brièvement. Il regarda autour les personnes peuplant la plage, puis Lily Evans, qui avait environ vingt-huit ans à l'époque, et était aussi belle que Harry s'en souvenait. Elle lisait un roman en se reposant au soleil, ses deux enfants aînés jouant dans le sable à proximité.

Rogue s'agenouilla à côté de Lily, regardant son roman, essayant de sonder son expression. Harry la regardait aussi, se demandant encore si les enfants, quand ils grandissaient, prenaient vraiment le temps de regarder leurs parents et de les graver dans leur mémoire pour le jour où ils ne les auraient plus…

Mais Rogue, fasciné, était allé vers le garçon et la fille travaillant sur le château de sable. A l'âge de huit ans, Harry était un enfant fin avec les cheveux désordonnés caractéristiques de James Potter et les yeux verts de sa mère, qui n'étaient pas encore obscurcis par des lunettes. Contrairement au garçon qui avait grandi chez les Dursley, il n'était pas pâle et d'un air maladif parce qu'il vivait sous un escalier et était nourri avec presque rien. Même si ce garçon n'était pas épais, il était clairement en bonne santé et avait pris un bronzage en étant sur la plage.

Sa sœur avait six ans, avec des bras maigres mais à l'air solide et des jambes jaillissant de son maillot d'un rose violent, orné par des collerettes extérieures autour des ouverture des jambes et des bras. Ses cheveux noirs étaient ramenés en deux tresses et ses yeux étaient aussi verts que ceux de son frère. Elle était bronzée aussi, avec des tâches de rousseur éparpillées autour du nez. Le sable humide collait à leurs jambes comme ils travaillaient. Ils versaient de l'eau dans le fossé qu'ils avaient creusé autour de leur château

« Tu veux aller nager ? » demanda soudain le jeune Harry à Jamie, d'une voix haute perchée qui fit clairement pouffer Rogue. Il regarda son professeur, se renfrognant.

« J'avais seulement huit ans. » Il savait qu'il avait l'air sur la défensive.

« Ai-je dit quoique ce soit ? » dit Rogue, haussant ses sourcils. Maintenant, Harry voulait rire. C'était presque comme quand il parlait à son beau-père dans son ancienne vie, quand ils pouvaient plaisanter l'un avec l'autre et parler de tout et de rien.

Jamie haussa les épaules et dit « Oui. Tu crois que papa a fini avec Draco ? Peut-être qu'il aimerait venir aussi. »

« Allons voir. »

Ils suivirent les enfants sous le côté ouvert d'un abri où le Severus Rogue de vingt-huit ans était abrité du soleil, avec ses deux fils. Les enfants de quatre ans creusaient dans le sable frais et ombragé, le tamisant avec un tamis en métal qui avait des perforations dans ce seul but. Leur père utilisait sa baguette pour discrètement soigner une petite coupure sur le menton de Draco Malfoy. Le petit garçon blond et fin avait les traces révélatrices des larmes ayant coulées sur son visage. Il était aussi bronzé que le petit Harry et Jamie, à part la petite cicatrice blanche qui trahissait la blessure guérie sur sa jambe.

« Est-ce que Draco peut venir à l'eau maintenant, papa ? » demanda Harry à son beau-père. Son beau-père n'ôta pas les yeux de sa tâche, et continua à se concentrer très fort sur ce qu'il faisait. Après trente secondes, il leva les yeux et sourit à son beau-fils.

« Cela devrait faire. L'eau salée ne pourra pas rentrer maintenant. Attention où vous marchez. Vous ne voulez pas que je vous soigne une coupure d'une autre coquille coupante. » Il se tourna vers le jeune Harry maintenant. « Pourquoi ne demandez-vous pas à votre mère de venir avec vous ? »

Harry sourit brillamment à son beau-père. « D'accord ! » les trois revinrent à Lily Evans en courant.

« Maman ! » cria Harry. « Viens à l'eau avec nous ! »

« S'il-te-plaît, s' il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît… » commença à chanter Jamie d'une voix chantante. Sa mère rit et enleva ses lunettes de soleil.

« D'accord, d'accord. Je vous dis allez-y tous les trois, je vous suis. »

Les enfants se tournèrent et coururent vers l'eau main dans la main, Jamie entre les deux garçons, le soleil brillant dans leurs cheveux, leurs jambes longues, fines et athlétiques. Harry retint son souffle en les regardant. C'étaient des enfants si beaux. Ils n'avaient aucune idée de comment ils étaient pour les autres, de comment c'était possible pour l'un d'entre eux, neuf ans plus tard, de sentir les larmes pointer sous ses paupières simplement en voyant son soi plus jeune, sa sœur et son meilleur ami courir vers la mer en se tenant la main et en riant innocemment.

Lily Evans enleva son chapeau et le posa avec soin sur la chaise longue, avec son livre et ses lunettes, puis elle enleva ses sandales de plage et les plaça méticuleusement sous le transat. Ses cheveux étaient déjà rassemblés en une longue tresse dans son dos. Comme elle s'avançait avec manière vers la mer, Harry regarda Severus Rogue à côté de lui la suivre avec des yeux affamés. Quand elle atteignit l'eau, cependant, elle laissa ce décorum derrière pour jouer avec les enfants. Ils avaient bondi sans arrêt dans les vagues depuis qu'ils avaient atteint le bord de l'eau, et maintenant Jamie se frottait les yeux et se plaignait du sel qu'elle avait dedans. Alors sa mère la souleva et la porta sur son dos, s'avançant dans l'eau qui arrivait à hauteur des cuisses (pour elle) avec la fille mince, les jambes bronzées enroulées autour de la taille, et les bras fins refermés autour du cou. Harry et Draco s'aspergeaient, riant hystériquement, et de temps en temps, Lily pliait ses genoux, mouillant Jamie, la faisant crier de plaisir.

Le soleil passa derrière quelques nuages, et la plage devint très grise. Cependant, plutôt que de mettre un frein aux activités de la journée, cela signifiait simplement que plus de gens pouvaient participer. « Papa ! » cria Harry depuis l'eau. « Amène les jumeaux ! Le soleil est caché ! »

Ils virent le Severus Rogue plus jeune lever la main et faire un signe vers son beau-fils, puis il tendit ses mains aux garçons de quatre ans, qui avaient l'air d'avoir très envie de sortir de leur abri et d'aller à l'eau. Leur père était pâle et mince, mais musclé, avec ce qui semblait être un tatouage sur son avant-bras gauche. Ses cheveux étaient longs à ce moment, rassemblés en queue de cheval à la base de son cou, mais il était rasé de près. Il souriait, ce qui était accentué par les hautes pommettes et lui donnait l'air d'être une personne totalement différente de l'homme torturé qui se tenait à côté de Harry, observant une vie qu'il n'avait jamais connue, une vie où il s'amusait avec sa femme et ses enfants à la mer, une vie où il avait des enfants. Les sept s'aspergeaient dans l'eau avec abandon, et finalement, ils virent Severus Rogue glisser ses bras autour de la taille de sa femme et presser ses lèvres contre son cou. Elle eut un sourire entendu pour lui, et rougit à travers son bronzage, tandis que les enfants, remarquant que les adultes avaient un moment semi-privé, y mettaient un terme presque immédiatement en recommençant à les éclabousser. Cette fois, Jamie y allait avec autant d'entrain que ses frères et Draco Malfoy.

Ils riaient tous hystériquement, et Harry se souvint que ce jour-là, sa figure lui avait finalement fait mal d'avoir rit si fort et si longtemps. Il regarda le professeur. L'expression triste qu'il arborait fit se demander à Harry si cela avait été une bonne idée.

« Voulez-vous… Voulez-vous sortir, sir ? » demanda-t-il doucement. Rogue tourna brusquement sa tête.

« Non. »

Harry fronça légèrement ses sourcils. L'homme se retourna pour regarda la famille qui n'était pas la sienne revenir vers les couvertures et l'abri. Les jumeaux étaient attachés à leur père, un petit garçon fin sur chaque hanche, tandis que Jamie était à nouveau sur le dos de sa mère, sa tête appuyée sur son épaule. La fillette de six ans avait l'air d'avoir besoin d'une sieste. Harry et Draco avaient quelques coquillages dans leurs mains. Ils les examinaient et se disputaient pour savoir quelles créatures vivaient dans ces délicates créations.

Mais en dépit de l'insistance de Rogue qu'il ne voulait pas partir, soudain, ils n'eurent pas d'autre choix comme un brouillard gris tourbillonnant les enveloppa. Quand leurs pieds se retrouvèrent à nouveau sur le sol solide, Harry reconnut le souvenir qu'il avait mis dans la pensine de son père s'entraînant au Quidditch avec ses fils et son beau-fils, tandis que Jamie regardait. Ils étaient dans le pré à côté de leur maison, aucun d'eux assez âgé pour aller à Poudlard encore. Harry était maintenant très proche d'avoir dix ans.

« Vous m'avez entraîné à être gardien. » dit-il doucement à son professeur comme ils regardaient. « J'ai été nommé capitaine de Serpentard quand j'étais en quatrième année, le plus jeune de tous les temps. »

Maintenant Rogue fixait Harry. « Serpentard ? »

Harry acquiesça. « Quand j'ai commencé Poudlard après avoir vécu avec les Dursley toute ma vie, Hagrid m'avait dit que la plupart des mages noirs étaient sortis de Serpentard. Quand j'ai enfilé le Choixpeau, il voulait me mettre à Serpentard, mais je ne voulais pas y aller à cause de ce qu'il m'avait dit, alors j'ai été mis à Griffondor. Mais dans mon autre vie… Draco était mon meilleur ami, et il était déjà à Serpentard, et mon beau-père était responsable de maison. Le Choixpeau m'a aussi donné le choix, et cette fois, j'ai choisi Serpentard. »

Il regarda l'homme plus âgé placidement. Il n'avait jamais vu Severus Rogue à cours de mot avant. Ils se retournèrent tous deux vers l'entraînement de Quidditch, qui n'était pas un événement extraordinaire, juste quelque chose de sympa et typique entre un père et ses enfants…

Bientôt, ils furent à nouveau entourés par le brouillard tourbillonnant. Cette fois, ils étaient dans un cimetière un froid jour d'hiver, et le son d'une cornemuse solitaire jouant Amazing Grace déchirait douloureusement l'air froid. Il y avait une petite procession pour le deuil, et un cercueil porté sur les épaules de Simon Rogue, Draco Malfoy, Harry Potter, Severus Rogue, Duncan MacDermid et Sirius Black. Lily Evans et Jamie Potter marchaient main dans la main, toutes deux en noir avec un tartan sur leurs épaules. MacGregor pour la fille, en l'honneur de son père, Campbell pour la mère, en honneur de son mari actuel.

« Mon fils, » entendit dire doucement Harry, à côté de lui, comme ils regardaient. Cela prit un moment à Harry pour réaliser qu'il parlait de son fils restant, Simon, et non de Stuart. Il regardait son fils, comme le garçon portait le cercueil de son jumeau, et Harry fut surpris de voir à quel point Simon ressemblait à son père, même à l'âge de douze ans. Quand Jamie s'avança pour chanter, Rogue secoua la tête d'étonnement. « Cette fille… »

« Vous étiez un bon père pour elle, » dit-il fermement, par-dessus le chant. Il lui expliqua comment il avait été là pour sa naissance, et comment lui et Lily s'étaient rapprochés après cela, comment il avait toujours considéré Jamie comme sa propre fille. « Quand vous avez appris que Draco était son petit ami, vous avez eu une attaque. »

Rogue fronça les sourcils. « Mais c'était votre ami. Pourquoi cela m'aurait-il énervé ? »

Harry toussa un peu, et s'éclaircit la gorge. « Bien… dans mon autre vie, Draco Malfoy avait une certaine réputation avec les filles… »

Rogue acquiesçait maintenant. « Je vois. Bien. J'avais raison d'avoir une attaque alors. Elle était… » sa voix devint prise. « … ma fille. »

Harry pouvait entendre les larmes dans sa voix, mais ensuite, le gris tourbillonnant les entoura encore et il se tenaient dans la chambre de Harry à Bout-du-Lard à Pré-au-Lard. Il était à nouveau petit, plus petit encore que dans le premier souvenir. Il n'avait même pas quatre ans encore, assis au milieu d'un lit bien trop grand pour lui et pleurant « Maman ! Maman ! Maman ! » comme s'il avait peur jusqu'à la moelle. A la longue, quelqu'un ouvrit la porte et fit revenir les bougies à la vie, éclairant d'une lumière dorée une pièce que n'importe quel petit garçon aurait aimée, avec à la fois des jouets magiques et de moldus sur les étagères, un tapis tissé ressemblant à une carte de Pré-au-Lard, complète avec les rails du Poudlard Express, et une bibliothèque pleine de livres qui avaient l'air aimés et lus de nombreuses fois. Un Severus Rogue encore plus jeune alla vers le lit et s'assit nerveusement. A ce moment, il n'était pas beau-père depuis très longtemps, et le garçon avait appelé sa mère, et pas l'homme qu'elle avait épousé.

« Où es maman ? » voulut savoir le petit garçon. L'homme lissa les cheveux noirs désordonnés jaillissant en désordre de la tête du garçon, mais les épis à l'arrière se redressaient avec obstination.

« Maman ne se sent pas très bien. Les bébés la frappent pas mal. C'est très inconfortable pour elle quand cela arrive. Avec deux bébés, elle n'a pas beaucoup de repos. »

Le petit Harry se réinstalla contre ses oreillers, ses yeux verts vifs assombris par ce qui ressemblait à de la jalousie. « Elle va avoir des garçons ? » demanda-t-il doucement.

Son beau-père acquiesça. « C'est ce que la sage femme dit. Des jumeaux. Toi et Jamie allez avoir deux petits frères pour jouer. » Il essayait d'y mettre de l'entrain, comme c'était évident que le garçon aux cheveux noirs n'était pas enthousiaste vis à vis de ce développement. Soudain, il leva les yeux vers l'homme assis à côté de lui, brillants de larmes.

« Bien, alors tu auras des garçons à toi… » dit-il d'une voix épaisse avant hoqueter fort, et de renifler encore plus fort. L'homme plus âgé fronça les sourcils, puis eut l'air de comprendre et d'être soucieux.

« Harry… Tu ne penses pas… Je veux dire, quand les bébés seront nés… tu ne penses pas… »

Désemparé, il regarda me garçon qui était sûr qu'il allait être abandonné, et soudain, le petit Harry se retrouva dans les bras du nouveau mari de sa mère, qui avait l'air mortifié d'avoir fait se sentir le garçon non désiré.

« Oh, Harry, peu importe les bébés. Oui, ce seront mes fils. Mais… Mais tu sais que tu seras toujours mon garçon, n'est-ce pas ? »

Il regarda Harry avec sérieux. La lèvre de Harry trembla comme il regardait son beau-père. « C'est vrai ? » dit-il de sa voix aiguë.

Severus Rogue rit. « Bien sûr que c'est vrai ! Je suis ton papa maintenant, tu te souviens ? »

Harry sourit à travers ses larmes, acquiesçant et essayant clairement d'avoir l'air courageux.

« Alors, ça va maintenant ? Parce que j'ai dit à ta maman que j'allais lui masser les pieds pour lui changer les idées des coups des bébés. »

« Je peux… Je peux aller dire bonne nuit à maman ? »

« Encore ? » Mais la seconde d'après, son beau-père cédait. « D'accord, d'accord. Viens. » Il souleva avec facilité le petit garçon et le porta sur sa hanche en dehors de la pièce. Harry et son professeur suivirent le jeune homme portant le garçon, descendant le couloir jusqu'à une grande chambre confortable avec un large lit sur lequel se trouvait une Lily Evans très enceinte et à l'air fâché. Elle n'avait pas l'air d'être contente de voir Harry.

« Oh, Harry ! Tu devrais être au lit maintenant ! Severus, tu aurais dû le laisser au lit… »

Son mari sourit tristement. « Allons, Lily. Il pleurait pour toi et voulait simplement te dire bonne nuit. Je savais que tu ne te sentais pas capable d'aller à lui, alors je l'ai amené à toi. »

Harry s'échappa de ses bras et s'avança jusqu'au lit, passant les bras autour du cou de sa mère et l'embrassant sur la joue « Bonne nuit maman. Je promet de rester au lit après cela. »

Elle perdit sa sévérité au ton contrit de sa voix, souriant avec indulgence, et mettant ses bras autour de lui, l'embrassant sur le front, chaque joue, et le bout de son nez.

« Bonne nuit, mon petit lionceau » lui chuchota-t-elle comme il lui souriait, et puis son beau-père le reprit et le porta en dehors de la chambre, à nouveau sur sa hanche. Harry et Rogue furent forcés de suivre, et de retour dans la chambre de Harry, le petit garçon fut bordé dans son lit avec ce qui ressemblait à un Eeyore en peluche, et son beau-père se tint dans le cadre de la porte, le regardant un moment avant de partir.

Harry mit sa main sur le coude de son professeur et dit simplement. « Venez. »

Harry se sentit monter, monter, puis faire un saut périlleux en l'air, jusqu'à ce qu'il atterrisse maladroitement dans le bureau du maître des potions, trébuchant seulement un instant. Rogue atterrit à côté de lui, sans aucune maladresse. L'homme plus âgé ne le regarda pas, mais contourna le bureau et s'assit, fixant le feu. Harry ne bougea pas, attendant les instructions. Finalement, l'homme leva la tête et dit calmement. « Je pense que vous devriez reprendre cela à votre dortoir. » Il montra la pensine de la tête. Ce fut tout. Harry vit Rogue déglutir, et regarder à nouveau les flammes. Il n'allait pas reparler de cela maintenant… s'il en reparlait jamais. Harry acquiesça, prit la pensine et partit.