Chapitre 2 : La colère de Dumbledore

Harry sentit quelqu'un lui tapoter la joue. A demi-conscient, il comprit qu'une personne le soulevait dans ses bras et l'emportait quelque part. Les vêtements de cette personne étaient imprégnés d'une épouvantable odeur de tabac. Quelques secondes plus tard, la personne s'arrêta et une sonnerie retentit. Une porte s'ouvrit et Harry entendit sa tante étouffer un cri.



- « Mon Dieu ! Vernon », appela-t-elle par-dessus son épaule. « Mais qui êtes-vous ??? Que s'est-il passé ??? », demanda Mrs Dursley en regardant l'homme qui se tenait sur le seuil avec la plus grande des répulsions. Dudley se tenait à quelques pas derrière elle et le regardait avec appréhension.

- « Demandez-le à votre gamin, il était là quand votre neveu s'est trouvé mal », répondit la voix rauque de Mundungus en désignant Dudley. Harry l'avait reconnu, maintenant. « Poussez-vous, voyons. Laissez-moi passer. Vous voyez bien qu'il faut qu'il s'allonge », s'impatienta-t-il.

Mrs Dursley voyant que Mundungus allait sortir sa baguette de la poche de son pardessus, lui céda enfin le passage. Il monta l'escalier, Tante Pétunia sur ses talons, entra dans la chambre de Harry et le déposa sur son lit.

- « Je vous assure que nous n'y sommes pour rien », se justifia Tante Pétunia tout-à-coup. « On l'a bien traité, on l'a bien nourrit, il… », sanglota-t-elle. Elle semblait vraiment paniquée.

- « Ouais, ouais, ça va !» grommela Mundungus, d'un ton bourru. « Aidez-moi plutôt à le déshabiller et à le coucher sous les couvertures. »

En effet, Harry était incapable de se lever. La pièce et les visages autour de lui, lui paraissaient flous et tout tournait dans sa tête. De plus, sa cicatrice le faisait atrocement souffrir.

Des pas retentirent dans l'escalier. Oncle Vernon et Dudley entrèrent dans la chambre.

- « Qu'est-ce que ce romanichel fait dans notre maison, Pétunia ? », rugit Oncle Vernon, le visage écarlate.

- « Il a ramené le gamin. Il est malade, je crois », répondit-elle d'une petite voix craintive.

Harry s'agita dans son lit. Ses yeux étaient révulsés, son corps tremblait et il gémissait plaintivement.

- « Qu'est-ce qu'il a encore, celui-là ? », grogna Oncle Vernon. « Il a encore trouvé le moyen de se rendre intéressant ? L'année passée c'était les journaux et cette fois-ci, il va nous jouer les malades ? »

- « Je ne sais pas de quoi souffre votre neveu, je ne suis pas médicomage. Mais je peux vous assurer que ce n'est pas de la comédie », déclara Mundungus sur un ton plutôt tendu.

- « Médicoquoi ??? », s'étrangla Oncle Vernon. « Ho, peu importe. Je ne veux rien savoir de vos pratiques douteuses », dit-il précipitamment pour éviter d'avoir à écouter la réponse à sa question.

Vernon observa un instant Harry, puis il s'écria, un air de méchant triomphe dans le regard : « Pétunia, j'y suis !!! Il se drogue !!! Regarde, il a tous les symptômes dont ils parlaient dans ton émission, hier soir à la télé. Pas étonnant, qu'il ait trouvé de la drogue dans cette école de fous. »

- « Ho ! Mon Dieu !!! », fit son épouse. « Quel exemple pour notre Duddlinouchet ! »

Mundungus visiblement impatienté par leur conversation, leva les yeux au ciel, puis se décida à intervenir.

- « J'ignore ce qu'est de la 'grogue', mais je suis convaincu que le malaise de votre neveu n'a rien à voir avec les maladies que vous connaissez, vous, les moldus. »

Le visage de Mr Dursley se contracta au mot « moldu ». Il paraissait faire de gros efforts pour se contenir.

- « Que faut-il faire, alors ? », demanda Tante Pétunia. Elle regardait alternativement son mari et Mundungus avec anxiété.

- « Je crois que Dumbledore va vous envoyer quelqu'un qui pourra le remettre sur pieds », répondit Mundungus. « Cette personne ne devrait plus tarder maintenant. »

- « Comment ça, 'quelqu'un pour le remettre sur pieds' ? », interrogea Oncle Vernon d'une voix étranglée. « Vous voulez dire que… Vous voulez dire quelqu'un comme VOUS ??? Ha ! Mais il n'en est pas question ! On a suffisamment de personnes anormales et indésirables sous ce toit. Si le gamin a besoin de soins, nous appellerons notre médecin de famille. Dudley ne s'en est jamais plaint. »

Mundungus ferma les yeux dans un ultime effort pour dissimuler son exaspération.

- « Il me semble vous avoir déjà expliqué que le malaise de Harry n'est pas du ressort d'un 'médico… heu… cin' moldu », déclara-t-il d'un ton qu'il voulait neutre, mais qui ne l'était pas.

Mrs Dursley grommela en poussant quelques jurons.

- « Vernon !!! », s'indigna son épouse. Pétunia lui lança un regard réprobateur et Vernon se tut, l'air plus renfrogné et courroucé que jamais.



Comme si la tension ambiante influençait son état, Harry s'agita davantage. Dudley s'approcha de lui, une curiosité malsaine se peignait sur son visage.

- « Que fais-tu Dudley ? Tu es fou ? », s'écria l'Oncle Vernon. « Qui sait quelle maladie il a attrapé ? C'est peut-être contagieux. Peut-être même qu'il est … possédé ». Sa bouche se déforma dans une espèce de grimace de dégoût, comme s'il venait de prononcer un mot particulièrement répugnant ou tabou. « Allons, viens ici Dudley, laisse-le ! ».

Mais avant même que Dudley ait eu le temps de reculer, Harry fut pris d'un haut-le-cœur et vomit le contenu de son estomac sur son cousin. Pétunia emmena précipitamment son fils se laver et se changer, tandis qu'Oncle Vernon vociférait : « C'en est trop ! Cette fois-ci la coupe est pleine et je me moque bien de ce que diront les voisins, Pétunia. Ce garçon ne restera pas une minute de plus ici. On a autre chose à faire que de s'occuper d'un… d'un malade et de risquer d'être tous contaminés par on ne sait quoi », tonna-t-il. Sa figure était devenue violacée. Il se tourna vers Mundungus. « Vous, là ! Prenez ses affaires et emmenez-le se faire soigner où bon vous semblera », aboya-t-il.

A ce moment précis, Harry entendit une forte détonation. Un sorcier venait de transplaner dans sa chambre.



- « Bonsoir Dumbledore », dit Mundungus.

- « Bonsoir », répondit Dumbledore sans le regarder. Son visage généralement mi-amical, mi-mystérieux, exprimait une colère sourde et contenue. Mr Dursley d'abord quelque peu décontenancé par l'apparition du vieil homme, sembla se reprendre.

- « Dites donc, vous… Personne ne vous a invité », cria-t-il. « Sortez de ma maison immédiatement ou je vous préviens que… »

- « Vernon Dursley, vous allez m'écouter attentivement et en silence », retentit avec fermeté la voix de Dumbledore. « J'avais déjà envoyé plusieurs avertissements à votre épouse et je pensais que cela s'arrêterait là, mais votre comportement indigne m'a obligé à me déplacer. Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer, alors je vais aller droit au but. Harry va rester chez vous. Il sera soigné chez vous, par une personne compétente qui ne tardera pas à arriver. Si vous vous avisez de les déranger ou de déplacer ne serait-ce qu'une partie de ses affaires hors de cette chambre, je vous promets de faire en sorte qu'il ne vous reste plus qu'un carton sale en guise de domicile. » Dumbledore s'était déplacé de manière à se trouver nez à nez avec Mr Dursley. Il le regardait droit dans les yeux sans ciller et au fur et à mesure qu'il parlait, son interlocuteur se ratatinait devant lui. « Et vous savez que j'en ai le pouvoir », termina-t-il.

Pétunia était revenue en courant de la salle de bain quand elle avait entendu la détonation liée à l'arrivée du directeur de Poudlard. Elle se tenait, plus blanche que ses serviettes de table, dans l'encadrement de la porte et elle avait plaqué ses mains contre sa bouche. Dumbledore lui adressa un regard sévère puis, lui tourna le dos et se dirigea vers Harry.

- « Harry, est-ce que tu m'entends ? », demanda-t-il d'une voix soucieuse. Harry ouvrit faiblement les yeux pour faire signe que oui. « Ecoute, Mrs Pomfresh va arriver, encore un peu de courage. Elle va bien s'occuper de toi. Je veux que tu restes chez ta tante. Tu sais pourquoi c'est si important, n'est-ce pas ? S'il y a quoi que ce soit, Mrs Pomfresh saura où me joindre. Je vais te laisser te reposer maintenant. »

Il posa une de ses grandes mains sur la tête de l'adolescent et se tourna ensuite vers Mundungus.

« Veillez sur lui jusqu'à l'arrivée de Mrs Pomfresh, je vous prie. Puis, passez me voir où vous savez. » Et dans un « POP » sonore, Dumbledore se volatilisa.

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Harry sentait des gouttes de sueur perler sur son front et dégouliner le long de ses tempes. Le plafond et les murs de sa chambre tournaient de plus en plus vite, jusqu'à disparaître. Il se retrouva soudain dans une autre maison que celle des Dursley. C'était une demeure qu'il avait déjà visitée lors de l'un de ses cauchemars : celle des Jedusort.

La pièce était sombre. Le seul éclairage provenait d'un chandelier posé à l'extrémité d'une table basse en bois d'ébène, et à côté duquel se trouvaient deux femmes. Le visage de la première, d'une extrême pâleur, donnait l'impression à quiconque l'examinait d'avoir connu l'enfer. Harry la reconnu. Il s'agissait de Bellatrix, la femme qui avait tué Sirius. La seconde femme avait les traits tirés et arborait la mimique de quelqu'un qui a un objet particulièrement malodorant sous le nez. C'était Narcissa, la mère de Draco Malefoy. Harry nota qu'elle avait vieilli depuis la première fois qu'il l'avait vue, lors de la coupe du monde de quidditch.

Une petite silhouette voûtée entra furtivement par la porte ouverte.

- « Vous m'avez demandé, Ma Dame ? »

- « Oui », répondit Narcissa. « Le Seigneur des Ténèbres a quelques questions à te poser, Kreacher. Je t'ordonne de lui dire tout ce que tu sais. »

- « Bien, Ma Dame », dit l'elfe de maison. « Ma Dame sait que Kreacher serait honoré de la servir. »

L'elfe se redressa fièrement.

- « Alors, approche », fit une voix glacée. Harry sentit ses lèvres remuer. Cette voix qui n'était pas la sienne, sortait de sa bouche.



Kreacher s'exécuta. Son interlocuteur se trouvait dans un grand fauteuil de l'autre côté de la table basse. Le chandelier n'en éclairait que les accoudoirs. Sur chacun d'eux, reposait une main fantomatique aux longs doigts osseux terminés par des ongles gris et acérés. Le haut de son corps était dissimulé par l'obscurité. Harry comprit qu'il se trouvait à nouveau dans l'esprit de son pire ennemi.

- « Tu appartenais à l'animagus Sirius Black, n'est-ce pas ? », reprit la voix.

L'elfe acquiesça et s'empressa d'ajouter en tremblant :

- « Mais l'ancien maître de Kreacher est mort, Votre Eminence Noire. Et maintenant, il sert Dame Narcissa et Dame Bellatrix, les nobles descendantes de la famille à laquelle il est lié. Dès qu'il a su que son maître n'était plus, Kreacher s'est caché, comme lui avait demandé Dame Narcissa. Des gens sont venus dans son ancienne maison pour le chercher, pour l'empêcher de venir aider ses nouvelles Maîtresses. Mais ils ne l'ont pas trouvé. Kreacher ne voulait pas obéir aux gens du ministère, ni à ceux de l'association du vieux barbu, ces sales cloportes impurs, ajouta-t-il avec emphase. »

- « Oui, Lord Voldemort sait que tu es sensible à ses idées et à son oeuvre, interrompit l'homme dans le fauteuil, de sa voix froide et aiguë. « Il sait que tu as tenté de l'aider en contournant les ordres de ton ancien maître. Il sait aussi qu'à ce moment, il t'était difficile de répondre à certaines questions. Et vois-tu, l'elfe, Lord Voldemort se demande si tu auras le courage de divulguer les secrets de Sirius Black pour tes nouvelles maîtresses.

Bellatrix a échoué dans une mission qu'il lui avait confiée. C'était une mission de la plus haute importance. Elle a bien sûr été punie pour l'avoir tellement déçu. » Il jeta un coup d'œil vers elle et Bellatrix réprima un frisson, mais demeura droite et silencieuse.

« Quant à Narcissa, elle est ici pour plaider la cause de son mari qui croupit à Azkaban. Elle sait pourtant que ce qui lui arrive n'est qu'un juste retour des choses et qu'elle devrait s'estimer heureuse que le Seigneur des Ténèbres ne l'envoie pas le rejoindre. » Narcissa baissa la tête tandis que Voldemort lui adressait probablement un regard méprisant.

Harry se demanda pourquoi il prenait la peine de raconter tout cela à Kreacher. Et puis, il sentit que cela amusait beaucoup le terrible mage noir d'humilier ses fidèles en exposant leurs échecs et leurs faiblesses à leur domestique. Bellatrix et Narcissa semblaient supporter l'épreuve avec résignation et docilité, mais Harry était sûr qu'en leur fort intérieur, elles devaient bouillir de rage et de dépit.

« Mais par un heureux concours de circonstances », continua Voldemort, « Bellatrix s'est débarrassée de ton ancien maître et tu es venu rejoindre les deux dernières dignes descendantes de la famille Black. Alors, dis-moi, l'elfe, veux-tu aider ta maîtresse à regagner l'estime de Lord Voldemort ? », interrogea-t-il de son horrible voix. Il s'était penché légèrement en avant, dans la lumière du chandelier, laissant ainsi deviner sa face de serpent immonde.

- « Kreacher ne vit que pour servir ses Maîtresses, Votre Eminence Noire », répondit l'elfe après avoir dégluti avec difficulté. Ses genoux s'entrechoquaient.

- « Bien. Alors, essaye de te souvenir de ce que tu sais des discussions secrètes auxquelles ton ancien maître a assisté. Il a dû être question au moins une fois d'une certaine prophétie réalisée par Sibylle Trelawney », expliqua-t-il. « JE-VEUX-CONNAÎTRE-LE-CONTENU-DE-CETTE-PROPHETIE », siffla le Seigneur des Ténèbres en détachant chaque mot.

- « Kreacher l'ignore, Votre Eminence Noire », couina l'elfe, désespéré. « Le vieux barbu s'assurait toujours de ce que personne ne pourrait l'entendre, sauf les membres de son organisation, ces misérables chiens. »

Voldemort resta quelques instants silencieux. Harry se demanda avec terreur s'il allait le remarquer.

- « Alors, peut-être peux-tu me dire ce que tu sais sur Sibylle Trelawney ? », dit-il finalement.

- « Kreacher sait qu'elle ne fait pas partie de cette association de traîtres, même si elle soutient le vieux barbu. Elle réside en permanence à Poudlard, Votre Eminence Noire. Kreacher sait aussi que le vieux barbu craint pour sa sécurité. C'est pourquoi, elle sort rarement du château. Kreacher le sait, le vieux barbu était drôlement soulagé quand il a réussi à obtenir que sa voyante reste à Poudlard après avoir été licenciée. Kreacher se demande ce que le vieux barbu va faire de deux professeurs de Divination, maintenant. »

L'elfe de maison avait raconté ce qu'il savait d'un seul trait et en jetant à tout moment des coups d'oeil effrayés derrière lui, comme s'il craignait que Sirius ne surgisse à chaque instant pour l'étrangler. A peine s'était-il tu, qu'il se jeta vers la table basse et commença à se cogner la tête sur le bois. A travers ses cris, Harry crut distinguer quelque chose comme « un centaure et une voyante… ». Même si le discours de Kreacher était rapide et peu clair, Voldemort semblait satisfait.

- « Bien, ce n'est pas grand chose », déclara-t-il de sa voix glacée. « Mais cela suffira ». Kreacher se redressa en se frottant la tête d'une main. « Mais ni Narcissa, ni Bellatrix ne peuvent garder à leur service un elfe qui divulgue si facilement les secrets de son maître. Même si celui-ci est mort. Ce ne serait pas prudent », ajouta Voldemort.



L'une des grandes mains grises leva alors une baguette et la pièce fut noyée dans un éclair vert, entremêlé de tâches rouges. Le sang de l'elfe de maison maculait le sol et les murs. Son corps avait disparu. Il avait explosé.



- « Queudver nettoiera tout ça », déclara Voldemort, comme s'il venait de renverser un verre de jus de citrouille.

Et tout-à-coup, comme son esprit n'était plus sollicité par aucune conversation, il se rendit compte de sa présence. Harry sut immédiatement que le Seigneur des Ténèbres l'avait repéré, qu'il savait qu'il avait assisté à toute la scène. La douleur à sa cicatrice s'était encore amplifiée. Sa tête était brûlante, si excessivement chaude qu'elle lui faisait l'effet d'un geyser juste avant une éruption. D'ailleurs, il entendait comme un bruit d'ébullition. Ou était-ce un sifflement ?

Comme Harry essayait d'identifier le bruit, celui-ci se clarifia et il comprit avec horreur qu'il s'agissait de la voix de Lord Voldemort. Il s'adressait à lui.

- « Toi ! Tu le sais maintenant, il te l'a dit. Tu connais le sens de la prophétie. Je le sens, je le sais. Rappelles-toi, souviens-toi… », sifflait sa voix dans sa tête.

Harry essaya de lutter, de penser à autre chose. Mais sa cicatrice lui faisait tellement mal et il se sentait si faible. « Allez… Pense à autre chose, n'importe quoi… », se dit-il. Il tenta d'imaginer son « Eclair de Feu ».

- « Allez, souviens-toi ! », insistait Voldemort.

Son balai avait besoin d'un soin complet, après être resté plusieurs mois à prendre la poussière. Mais était-il encore nécessaire de l'astiquer ??? Il avait quand même été banni à vie de toute équipe de quidditch.



- « SOUVIENS-TOI ! JE TE L'ORDONNE ! »

Harry cria de douleur. Il sentit des larmes brûlantes couler le long de ses joues et l'« Eclair de Feu » se mua peu à peu en une forme humaine. La silhouette du professeur Trelawney, 16 ans plus jeune, apparu et commença à réciter la prophétie d'une voix étrangement grave. « Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… »

- « Harry… Harry ? », dit une voix dans le lointain.

- « NOOON !!! Ne l'écoute pas, continue à te rappeler », le somma la voix de Voldemort. Mais il était déjà trop tard. La silhouette de Trelawney devint floue, puis s'évanouit, comme la sombre pièce du manoir des Jedusort.

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- « Harry ? ». C'était une voix de femme, douce et apaisante. Elle semblait toute proche à présent.

Harry ouvrit faiblement les yeux. Sa cicatrice était toujours extrêmement douloureuse, probablement en raison de la déception de Voldemort de n'avoir pu, une fois encore, mettre la main sur l'entièreté de la prophétie qui le liait à lui. Harry réalisa soudain que son professeur serait sans doute l'une des prochaines cibles du terrible mage noir. Il fallait qu'il se lève, qu'il prévienne quelqu'un que Mrs Trelawney était en danger. Il tenta de se redresser dans son lit.

- « Chhhuuuuuut, tiens-toi tranquille » dit la voix douce.

- « Non !!! Mrs Trelawney… Vous ne comprenez pas… Elle est en danger… Voldemort… », haleta Harry avant de retomber la tête sur son oreiller, victime de vertiges.

- « Mrs Trelawney se trouve en sécurité à Poudlard », répondit la voix. « Vous délirez depuis plusieurs heures. Tenez, buvez cela. Il faut faire tomber la fièvre. Et cessez de vous agiter, je vous dis que tout va bien. »

Harry reçut un gobelet tiède entre ses mains. La pièce dansait devant ses yeux, si bien qu'il ne pouvait distinguer ni la personne qui était à ses côtés, ni le liquide qui se trouvait dans le gobelet. Il se décida pourtant à le vider et sombra immédiatement dans un profond sommeil quelques fois troublé par des appels de Sirius dans le lointain.