A tous les reviewers, merci pour vos encouragements et vos compliments. Je continuerai cette fiction qui comptera environ 25 chapitres. J'en posterai un par semaine, il m'est difficile d'écrire plus vite étant donné que j'ai repris le boulot et une formation en cours du soir.
Continuez à me donner votre avis, ca me motive beaucoup ;-)
Chapitre 3 : Le miroir de Sirius
Lorsque Harry rouvrit les yeux, il se sentait déjà beaucoup mieux. Sa cicatrice lui faisait moins mal et la chambre ne tournoyait plus devant ses yeux. Elle était baignée par des rayons de lune. Celle-ci était pleine. Harry pensa à Rémus Lupin. Il se souvint de l'expression de son visage quand il s'était transformé en loup-garou sous ses yeux terrifiés d'étudiant de 3ème année. Son professeur et ami avait l'air d'endurer mille tortures. La magie ne pouvait pas grand chose pour lui. Tout au plus emprisonner le loup en lui.
Harry remarqua alors la nouvelle disposition de la pièce. La chambre était jonchée de planches qu'Oncle Vernon avait rapportées du garage et on y respirait l'odeur du bois verni. Une caisse à outils se trouvait à côté de la porte. En une après-midi, Oncle Vernon avait réussi à assembler la grande table qui ferait office de bureau. Quelques tiroirs et étagères attendaient encore d'être montés, mais dans l'ensemble, Harry estima que Dudley aurait effectivement un très beau bureau lorsque son père aurait terminé.
En continuant son inspection visuelle des lieux, Harry constata que sa malle avait été poussée dans un coin de la pièce. La cage vide d'Hedwige avait été posée par-dessus. La magnifique chouette des neiges n'était pas restée longtemps à Privet Drive. En effet, elle avait d'abord tenté de consoler son maître et de lui témoigner son soutien en lui mordillant de temps en temps la main ou en lui rapportant des lettres de ses amis quand il n'en attendait pas. Mais ne voyant aucun changement d'humeur chez Harry, elle avait décidé de respecter son triste mutisme et de le laisser seul. Toutefois, elle passait régulièrement, au cas où il aurait besoin d'elle. Harry se demanda où elle pouvait être et si quelqu'un avait pris soin d'elle pendant tout ce temps. Il fut tiré de sa réflexion par un ronflement léger, juste derrière lui.
Mrs Pomfresh s'était endormie sur la chaise de bureau neuve de Dudley. Harry n'eut pas le cœur à la réveiller. Il voulut se lever et faire quelques pas dans la chambre pour se dégourdir les jambes, mais à peine debout, il retomba lourdement sur son lit.
- « Hum, quoi ??? Que se passe-t-il ??? », bredouilla Mrs Pomfresh que le bruit avait tirée de son sommeil.
- « Heu… Rien Mrs Pomfresh », répondit Harry. Sa tête lui tournait à nouveau. « Je voulais juste marcher un peu », dit-il sur un ton d'excuse.
- « Et naturellement, vous ne tenez plus sur vos jambes. Qu'est-ce que vous espériez ? », demanda-t-elle en levant les yeux au ciel. « Voilà plus de trois jours que vous n'avez rien avalé, à part mes potions. »
- « J'ai dormi pendant trois jours ? », répéta Harry incrédule.
- « Mais, regardez-vous, vous êtes maigre à faire peur », continua-t-elle. « Une acromantula ne voudrait pas de vous pour dîner. » Harry songea que ce dernier point n'était pas si négatif, mais il dut admettre que l'infirmière n'avait pas tort. Devant sa mine déconfite, Mrs Pomfresh s'empressa d'ajouter : « Pas de soucis mon petit, si vous me laissez faire, vous serez sur pieds et débordant d'énergie dans une semaine. Mais pour le moment, vous devriez rester au lit », déclara-t-elle d'un ton ferme. « Et il faudrait que vous mangiez quelque chose de léger, pour commencer. Je vais aller voir ce qu'il y a à la cuisine. »
- « Peut-être que ma tante a encore les biscottes de régime qu'elle avait achetées pour Dudley ? », suggéra Harry.
A la mention de Mrs Dursley, l'infirmière émit un drôle de bruit, à la fois proche du grognement et d'un reniflement de mépris, puis elle sortit de la pièce. Harry l'entendit descendre les escaliers. La perspective d'être surveillé par une garde malade pendant toute une semaine n'avait rien de réjouissant, mais il sentait qu'il n'avait guère le choix.
Soudain, un drôle de petit personnage lui apparu dans un « POP » sonore. Harry reconnu immédiatement son nez en forme de crayon et ses oreilles de chauve-souris. Dobby lui apportait un bol de bouillon avec deux tartines grillées.
- « Bonjour Harry Potter », dit Dobby en le regardant d'un air soucieux et désolé. « Mrs Pomfresh a demandé à Dobby d'apporter son repas à Harry et de ne pas le quitter. Elle voulait profiter de ce que vous étiez réveillé pour donner de vos nouvelles au professeur Dumbledore. » L'elfe aida Harry à se redresser dans son lit et lui plaça le plateau sur les genoux.
- « Merci, Dobby », fit Harry. Il ne put s'empêcher d'éprouver un sentiment étrange au contact de l'elfe. Se pouvait-il que Dobby et un être répugnant, vil et méprisable, comme l'était Kreacher, appartiennent à la même espèce ? Mais Dobby n'avait rien en commun avec Kreacher, se raisonna Harry. Malgré tous les mauvais traitements qu'il lui avait fait subir, Dobby n'avait jamais cherché à se venger de Lucius Malefoy. Pourtant, l'elfe devait connaître plein de secrets compromettants au sujet du mangemort. Mais la vengeance ne l'intéressait pas, il voulait juste vivre libre. Dobby était quelqu'un de bien. Tout ce que Kreacher n'était pas. Et puis, Dobby était son ami.
Harry pris sa cuillère et la plongea dans le bol encore fumant. Tandis qu'il mangeait ses tartines grillées et son bouillon de légumes, plusieurs questions lui vinrent en tête.
- « Comment se fait-il que tu sois ici, Dobby ? Je pensais que tu travaillais à Poudlard ? », interrogea-t-il.
- « Harry Potter a raison », répondit l'elfe. « C'est le professeur Dumbledore qui a jugé nécessaire d'envoyer Dobby dans la maison de Harry Potter, pour s'occuper de lui jusqu'à ce qu'il soit guéri », ajouta-t-il.
- « Ho ! », s'exclama Harry. Il avait très envie de répondre que le professeur Dumbledore n'aurait pas dû le faire et qu'il était capable de se débrouiller seul. Mais l'elfe semblait si fier de sa mission qu'il lui dit simplement : « Et bien, tu connais déjà un peu la maison, ce sera plus facile pour toi. »
En effet, Dobby était déjà venu à Privet Drive à l'époque où il servait encore les Malefoy. En cachette bien sûr, jamais les Malefoy ne l'y auraient autorisé. D'ailleurs, pensait Harry, même le ministère ne devait pas permettre aux elfes de maison de se rendre dans chez les moldus. Il supposa que Dumbledore avait dû obtenir une autorisation spéciale pour que Dobby puisse séjourner chez les Dursley. Il essaya ensuite de se représenter leur réaction en rencontrant l'elfe pour la première fois. Un petit sourire éclaira son visage.
- « Dobby espère que c'est son bouillon qui vous fait sourire ainsi. »
Les visages pétrifiés d'horreur des Dursley mirent quelques secondes à s'effacer de son esprit pour laisser place aux paroles de l'elfe.
- « Heu…Oui. C'est très bon », dit-il précipitamment en s'apercevant qu'il attendait une réponse. « Au fait, si tu viens de la cuisine, tu as sans doute rencontré les Dursley ? »
- « Et bien…Oui », dit Dobby, l'air embarrassé. « Mr et Mrs Dursley sont des moldus très heu… ». Dobby s'interrompit pour chercher un qualificatif adéquat.
- « Ne t'inquiète pas pour ça. Je suis sûr qu'il n'existe pas au monde des personnes plus hostiles à la magie que les Dursley », le rassura Harry. « Je suis désolé qu'ils ne t'aient pas fait bon accueil. »
- « A vrai dire, non. Dobby n'a même pas eu l'occasion de se présenter comme il convient. En voyant Dobby, Mrs Dursley s'est mise à hurler que la maison était envahie par les rats. Alors, votre oncle a pris un balai pour chasser Dobby. Le professeur Dumbledore leur avait pourtant envoyé une lettre pour leur expliquer qu'ils n'avaient rien à craindre d'un elfe de maison. Mais ça n'avait pas l'air d'être leur avis quand ils ont décidé de faire leurs bagages et de quitter leur domicile », répondit Dobby en baissant la tête.
- « Ils sont partis ? », demanda Harry.
- « Et bien… Pas exactement. » Dobby avait à nouveau l'air gêné. « Quand le professeur Dumbledore a su qu'ils comptaient vous laisser et aller habiter ailleurs, il est venu sur le champ pour les retenir. »
- « Il est encore revenu leur parler ? », s'étonna Harry.
- « Oui. Il a d'abord essayé de leur rappeler qu'il fallait qu'ils restent au moins quelques semaines par an avec vous, pour votre sécurité, et que de toute façon, il était beaucoup plus sûr pour eux de rester ici, puisque la maison est protégée. » Dobby soupira. « Mais votre oncle n'a rien voulu entendre. »
- « Que s'est-t-il passé alors ? Qu'a fait Dumbledore ? », questionna Harry.
- « Dobby n'est pas très sûr, mais une chose s'est mise à sonner. Votre oncle a pris la chose, il a dit 'Allô' et lorsqu'il l'a reposée, il était très, très rouge. Alors, le professeur Dumbledore a déclaré 'Je vous avais prévenu, Pétunia et Vernon Dursley. Je ne voulais surtout pas en venir là, mais vous ne m'avez pas laissé le choix. Soit, vous restez ici et Mr Dursley récupèrera son entreprise dès que Harry sera guéri. Soit, vous choisissez de partir et dans ce cas, vous ne tarderez pas à être pris en chasse par vos créanciers. J'ai bien peur qu'ils ne vous obligent à vendre tout ce que vous possédez pour les rembourser. ' Votre oncle a remonté les bagages dans les chambres. Depuis, il n'a pas desserré les dents. »
A ce moment, la porte s'ouvrit sur Mrs Pomfresh.
- « Ha ! Je vois que vous êtes déjà un peu moins pâle », dit-elle. Dehors, l'aube s'annonçait. « Essayez de dormir encore un peu. Après ça, je crois que vous pourrez vous lever et utiliser la salle de bain. »
Harry ne se fit pas prier. Le bouillon chaud lui avait donné sommeil.
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Harry se réveilla quelques heures plus tard et comme l'avait prévu Mrs Pomfresh, il se sentait suffisamment fort pour se rendre à la salle de bain et faire un brin de toilette.
Vingt minutes plus tard, il revint dans sa chambre enroulé dans une serviette. Il se dirigea vers sa malle pour se choisir des vêtements propres. Il cherchait une paire de chaussettes, quand il poussa un cri et retira précipitamment la main du coffre. Celle-ci saignait abondamment. Au fond de la malle, se trouvaient les débris du miroir de Sirius. Harry avait jeté brutalement l'objet dans ses bagages quand il avait compris qu'il ne lui ramènerait pas Sirius. Mrs Pomfresh que le bruit avait alertée, accourut aussitôt. Elle sortit une fiole minuscule de sa poche et versa quelques gouttes d'un liquide transparent sur la plaie.
- « Avec quoi vous êtes vous coupé ? », demanda l'infirmière. Harry lui indiqua le miroir. Mrs Pomfresh examina les débris, puis rassurée, elle sortit pour le laisser s'habiller. Harry regarda sa main ; la blessure s'était résorbée.
Harry dut encore beaucoup se reposer les deux jours qui suivirent. Il avait reçu des cartes de prompt rétablissement de la part de ses amis et Mrs Weasley lui avait fait parvenir un colis de chocolats de chez Honeydukes, à la grande satisfaction de Mrs Pomfresh. Elle et Dobby veillaient à ce qu'il s'alimente correctement et à ce qu'il ne soit pas dérangé. Toutefois, il y avait autant de chances que les Dursley viennent l'embêter que de voir apparaître un héliopathe sur son oreiller. En effet, Mr Dursley partait à l'aube s'occuper de mystérieuses affaires et rentrait après minuit. Mrs Dursley passait ses journées chez les voisines. Quant à Dudley, vu le retard dans la construction de son bureau, ses parents avaient jugé préférable de l'inscrire aux cours de rattrapage de l'école de quartier. Harry, Mrs Pomfresh et Dobby avaient donc le champ libre durant le jour.
Harry récupéra plus vite que prévu. Le quatrième jour, Mrs Pomfresh jugea inutile de rester auprès de lui en permanence. Elle rentra à Poudlard avec Dobby en promettant de passer chaque soir pour prévenir tout risque de rechute. Harry s'était attendu à ce que les Dursley soient à nouveau plus présents à la maison. Il pensait qu'il ne tarderait pas à ressentir les effets de leur rancœur à l'égard du monde magique. Mais Oncle Vernon qui venait de récupérer son entreprise, avait beaucoup de travail à rattraper. Dudley devait poursuivre ses cours de rattrapage et Pétunia avait refusé de passer ses journées dans une maison infestée de rats. Elle avait contacté un spécialiste en dératisation, mais celui-ci ne pouvait se libérer avant la semaine suivante.
Harry resta donc seul. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Le lendemain du départ de Mrs Pomfresh, il remontait dans sa chambre après le petit déjeuner, quand il entendit quelqu'un l'appeler. Il chercha quelques instants le propriétaire de la voix, mais la chambre était vide. « Je suis ici, dans le miroir ». Harry reconnu la voix de Ginny. Il vit alors le miroir de Sirius posé sur la table qu'avait assemblée Oncle Vernon. La glace était réparée et dedans, se reflétait le visage de Ginny. Il était auréolé d'une étrange lumière pourpre.
- « Ho ! Salut ! », fit Harry d'un ton morne, en l'apercevant.
- « Moi aussi, cela me fait plaisir de te voir », répondit Ginny d'un air faussement contrarié.
- « Comment es-tu en possession du miroir de … de Sirius ? », demanda-t-il. La voix de Harry se changea en un murmure lorsqu'il prononça le nom de son parrain.
- « Et bien… Il s'est passé beaucoup de choses depuis trois semaines. Je pensais que Ron t'en avais parlé dans ses lettres », dit-elle sur un ton mi-suspicieux, mi-réprobateur. « Enfin, en résumé, comme Kreacher s'était enfui et que Dumbledore n'espérait plus son retour à Grimmauld Place, il a fallu trouver un autre quartier général. Cela n'a pas été facile de dénicher un endroit sûr. Et quand Dumbledore a finalement trouvé quelque chose, nous avons tous aidé à déménager ce qui ne pouvait pas être abandonné sur place, ce qui pouvait être utile ou dangereux pour l'Ordre, y compris les anciennes affaires de Sirius. Je viens de découvrir ce miroir en rangeant. Je me doutais bien qu'il servait à communiquer, mais je me demandais avec qui. Maintenant, je sais. »
Harry perçut des pas derrière elle. « Ho ! C'est Maman. A plus tard. » Et elle disparut en même temps que le miroir s'éteignit.
Harry resta quelques instants immobile devant le miroir. Il ne savait pas trop bien quoi en penser. Il sentait bien que ces derniers temps, il avait été distant vis-à-vis de ses amis. De l'autre côté, il était en colère que Ginny et les autres soient allés fouiner dans les affaires de son parrain. Il était furieux que Dumbledore ou Mrs Pomfresh ou Dobby ne lui en ait pas parlé.
Harry se demanda si un jour il contrôlerait sa propre vie, si un jour on arrêterait de décider pour lui et de lui cacher des choses. Les Dursley, Dumbledore, le ministère, la prophétie, … Tous jouaient avec lui, il n'était qu'un pion. Harry rumina ces pensées une bonne partie de la journée.
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Vers le milieu de l'après-midi, on frappa de petits coups de bec à sa fenêtre. C'était Hedwige. La chouette avait une lettre attachée à la patte. Harry lui ouvrit la fenêtre et lui fit bon accueil. Il se doutait bien qu'Hedwige devait avoir faim et besoin de repos aussi. Il lui servit des croquettes de Miam'Hibou et la déposa dans sa cage. Il détacha ensuite l'enveloppe la patte de l'oiseau. Elle portait le sceau de Poudlard. Cela ne pouvait pas déjà être sa liste de fournitures. Intrigué, il déroula le parchemin et lut :
Cher Monsieur Potter,
Vous trouverez ci-dessous les résultats que vous avez obtenus à l'épreuve des BUSES. Ces notes correspondent à la moyenne de vos résultats pratiques et théoriques. Pour plus de détails, veuillez prendre contact avec Griselda Marchbanks, responsable du Comité d'Evaluation des jeunes sorciers.
Nous vous rappelons donc la signification des notes :
O = Outstanding, E = Exceeds Expectations, A = Acceptable, P = Poor, D = Dreadful.
Métamorphose : E
Enchantements : E
Défense contre les forces du mal : O
Soins aux créatures magiques : O
Botanique : E
Potions : ***
Divination : P
Histoire de la magie : P
Astronomie : A
Vous trouverez ci-joint un formulaire à compléter selon les cours que vous désirez poursuivre l'année prochaine. Vous le remettrez au professeur responsable de votre maison à la rentrée. Si vos résultats ne correspondent pas à l'orientation professionnelle que vous vous étiez choisie, veuillez prendre rendez-vous avec le professeur responsable de votre maison.
L'équipe pédagogique de Poudlard vous souhaite d'agréables vacances.
Albus Dumbledore
*** Veuillez prendre rendez-vous avec le professeur responsable de votre maison le plus rapidement possible.
Les battements de son cœur s'accélérèrent lorsque ses yeux se posèrent sur les résultats de ses examens. Arrivé à la ligne de sa note de Potions, il eut le souffle coupé. Que signifiaient ces trois étoiles ? Pourquoi devait-il rencontrer Mrs McGonagall ? Harry retourna la lettre en quête d'explications mais celle-ci ne comportait pas d'autre inscription. Peut-être Dumbledore avait-il pensé que Harry réagirait mieux en apprenant qu'il ne serait jamais auror de la bouche de Mrs McGonagall ? Peut-être le croyait-il vraiment perturbé depuis la mort de Sirius ?
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Le soir tomba et Mrs Pomfresh revint comme prévu pour l'examiner. Elle n'était pas seule, Dumbledore l'accompagnait. Il attendit sur le seuil pendant que l'infirmière l'examinait. Celle-ci trouva son patient en bonne santé, même si elle avait bien remarqué son humeur plutôt morose, voire boudeuse. En sortant de la chambre, Harry l'entendit faire son rapport au directeur de Poudlard puis, elle lui donna rendez-vous au collège et quitta la maison. Dumbledore entra alors dans la chambre.
- « Vous vouliez me voir ? », demanda Harry. Une sorte d'amertume perçait dans sa voix.
- « Oui », répondit le vieux sorcier. « Je voudrais revenir quelques instants sur le fameux soir où s'est déclaré ta maladie. Mrs Pomfresh m'avait raconté que tu avais beaucoup déliré et que même en te réveillant, tu continuais à t'agiter en parlant sans cesse de Mrs Trelawney . »
- « Je crois que c'est exact. Comment va Mrs Trelawney ? », interrogea brusquement Harry qui se rappelait son rêve.
- « Elle va bien, je te remercie pour elle. » Dumbledore marqua une pause, puis il repris : « Si je ne me trompe pas, tu t'es à nouveau retrouvé dans l'esprit de Voldemort. La maladie t'avait rendu plus faible. »
Harry acquiesça. « Veux-tu me raconter ce dont tu te souviens ? », demanda le vieil homme.
Harry s'exécuta, un peu comme un robot. Puisqu'il était un pion, il se contenterait dorénavant de jouer ce rôle. Ce dernier avait au moins l'avantage de ne demander aucun investissement personnel. Il n'avait qu'à faire ce qu'on lui demandait sans réfléchir.
- « Hum… C'est bien ce que je craignais », déclara Dumbledore lorsqu'il eut terminé son récit. Voldemort s'est rendu compte de ta présence et il en a profité pour sonder ton esprit. Il sait que je t'ai parlé de la prophétie. Heureusement, il n'a pas eu l'occasion d'en découvrir l'intégralité.
Harry qui avait tout de même beaucoup de mal à ne pas se sentir impliqué dans les événements, lui posa une question.
- « Professeur, pensez-vous que Voldemort ait pu me rendre malade pour pouvoir pénétrer plus facilement dans mon esprit ? »
- « Non je ne le crois pas. Je pense plutôt qu'il a dû éprouver une émotion encore plus violente et intense qu'il ne l'avait fait auparavant. Et ta cicatrice aura sans doute réagi en proportion. Je crois que c'est ce qui t'a rendu malade. » Dumbledore s'assit sur la chaise de bureau qui était resté à côté de son lit. « Harry, je sais que tu es encore convalescent, mais il va falloir reprendre les cours d'occlumentie sans tarder. Nous ne pouvons prendre le risque que Voldemort découvre la vérité avant que tu ne sois prêt à l'affronter pour de bon. Je te ferai savoir quand aura lieu la première séance. » Il se leva. « Je dois partir. A bientôt. » Et il disparut.
Et voilà, pensa Harry. Encore une décision que je n'aurai pas prise moi-même. Dumbledore s'en tient à son plan et je n'ai qu'à marcher dedans comme il tire les ficelles. Et bien sûr, il n'a pas dit un mot sur la lettre des BUSES.
C'est à ce moment précis que la voix de Ginny se fit à nouveau entendre.
- Harry ???
- « Quoi encore ??? », répondit-il agressivement. Harry pris le miroir en main et y découvrit le visage interdit de la cadette des Weasley. Ginny fronça les sourcils et réussit finalement à répondre.
- « Ho ! Je suis désolée de te déranger », dit-elle. Ginny paraissait pourtant plus blessée que désolée. « Je voulais juste t'annoncer qu'on venait te chercher demain. Maman a insisté auprès de Dumbledore pour que tu sois présent à notre dîner de famille. Elle était si heureuse que Percy ait accepté de venir. Mais bon… Tu as sans doute d'autres soucis. Peu importent les personnes qui s'inquiètent pour toi. Je te laisse. »
Le miroir s'éteignit.
Continuez à me donner votre avis, ca me motive beaucoup ;-)
Chapitre 3 : Le miroir de Sirius
Lorsque Harry rouvrit les yeux, il se sentait déjà beaucoup mieux. Sa cicatrice lui faisait moins mal et la chambre ne tournoyait plus devant ses yeux. Elle était baignée par des rayons de lune. Celle-ci était pleine. Harry pensa à Rémus Lupin. Il se souvint de l'expression de son visage quand il s'était transformé en loup-garou sous ses yeux terrifiés d'étudiant de 3ème année. Son professeur et ami avait l'air d'endurer mille tortures. La magie ne pouvait pas grand chose pour lui. Tout au plus emprisonner le loup en lui.
Harry remarqua alors la nouvelle disposition de la pièce. La chambre était jonchée de planches qu'Oncle Vernon avait rapportées du garage et on y respirait l'odeur du bois verni. Une caisse à outils se trouvait à côté de la porte. En une après-midi, Oncle Vernon avait réussi à assembler la grande table qui ferait office de bureau. Quelques tiroirs et étagères attendaient encore d'être montés, mais dans l'ensemble, Harry estima que Dudley aurait effectivement un très beau bureau lorsque son père aurait terminé.
En continuant son inspection visuelle des lieux, Harry constata que sa malle avait été poussée dans un coin de la pièce. La cage vide d'Hedwige avait été posée par-dessus. La magnifique chouette des neiges n'était pas restée longtemps à Privet Drive. En effet, elle avait d'abord tenté de consoler son maître et de lui témoigner son soutien en lui mordillant de temps en temps la main ou en lui rapportant des lettres de ses amis quand il n'en attendait pas. Mais ne voyant aucun changement d'humeur chez Harry, elle avait décidé de respecter son triste mutisme et de le laisser seul. Toutefois, elle passait régulièrement, au cas où il aurait besoin d'elle. Harry se demanda où elle pouvait être et si quelqu'un avait pris soin d'elle pendant tout ce temps. Il fut tiré de sa réflexion par un ronflement léger, juste derrière lui.
Mrs Pomfresh s'était endormie sur la chaise de bureau neuve de Dudley. Harry n'eut pas le cœur à la réveiller. Il voulut se lever et faire quelques pas dans la chambre pour se dégourdir les jambes, mais à peine debout, il retomba lourdement sur son lit.
- « Hum, quoi ??? Que se passe-t-il ??? », bredouilla Mrs Pomfresh que le bruit avait tirée de son sommeil.
- « Heu… Rien Mrs Pomfresh », répondit Harry. Sa tête lui tournait à nouveau. « Je voulais juste marcher un peu », dit-il sur un ton d'excuse.
- « Et naturellement, vous ne tenez plus sur vos jambes. Qu'est-ce que vous espériez ? », demanda-t-elle en levant les yeux au ciel. « Voilà plus de trois jours que vous n'avez rien avalé, à part mes potions. »
- « J'ai dormi pendant trois jours ? », répéta Harry incrédule.
- « Mais, regardez-vous, vous êtes maigre à faire peur », continua-t-elle. « Une acromantula ne voudrait pas de vous pour dîner. » Harry songea que ce dernier point n'était pas si négatif, mais il dut admettre que l'infirmière n'avait pas tort. Devant sa mine déconfite, Mrs Pomfresh s'empressa d'ajouter : « Pas de soucis mon petit, si vous me laissez faire, vous serez sur pieds et débordant d'énergie dans une semaine. Mais pour le moment, vous devriez rester au lit », déclara-t-elle d'un ton ferme. « Et il faudrait que vous mangiez quelque chose de léger, pour commencer. Je vais aller voir ce qu'il y a à la cuisine. »
- « Peut-être que ma tante a encore les biscottes de régime qu'elle avait achetées pour Dudley ? », suggéra Harry.
A la mention de Mrs Dursley, l'infirmière émit un drôle de bruit, à la fois proche du grognement et d'un reniflement de mépris, puis elle sortit de la pièce. Harry l'entendit descendre les escaliers. La perspective d'être surveillé par une garde malade pendant toute une semaine n'avait rien de réjouissant, mais il sentait qu'il n'avait guère le choix.
Soudain, un drôle de petit personnage lui apparu dans un « POP » sonore. Harry reconnu immédiatement son nez en forme de crayon et ses oreilles de chauve-souris. Dobby lui apportait un bol de bouillon avec deux tartines grillées.
- « Bonjour Harry Potter », dit Dobby en le regardant d'un air soucieux et désolé. « Mrs Pomfresh a demandé à Dobby d'apporter son repas à Harry et de ne pas le quitter. Elle voulait profiter de ce que vous étiez réveillé pour donner de vos nouvelles au professeur Dumbledore. » L'elfe aida Harry à se redresser dans son lit et lui plaça le plateau sur les genoux.
- « Merci, Dobby », fit Harry. Il ne put s'empêcher d'éprouver un sentiment étrange au contact de l'elfe. Se pouvait-il que Dobby et un être répugnant, vil et méprisable, comme l'était Kreacher, appartiennent à la même espèce ? Mais Dobby n'avait rien en commun avec Kreacher, se raisonna Harry. Malgré tous les mauvais traitements qu'il lui avait fait subir, Dobby n'avait jamais cherché à se venger de Lucius Malefoy. Pourtant, l'elfe devait connaître plein de secrets compromettants au sujet du mangemort. Mais la vengeance ne l'intéressait pas, il voulait juste vivre libre. Dobby était quelqu'un de bien. Tout ce que Kreacher n'était pas. Et puis, Dobby était son ami.
Harry pris sa cuillère et la plongea dans le bol encore fumant. Tandis qu'il mangeait ses tartines grillées et son bouillon de légumes, plusieurs questions lui vinrent en tête.
- « Comment se fait-il que tu sois ici, Dobby ? Je pensais que tu travaillais à Poudlard ? », interrogea-t-il.
- « Harry Potter a raison », répondit l'elfe. « C'est le professeur Dumbledore qui a jugé nécessaire d'envoyer Dobby dans la maison de Harry Potter, pour s'occuper de lui jusqu'à ce qu'il soit guéri », ajouta-t-il.
- « Ho ! », s'exclama Harry. Il avait très envie de répondre que le professeur Dumbledore n'aurait pas dû le faire et qu'il était capable de se débrouiller seul. Mais l'elfe semblait si fier de sa mission qu'il lui dit simplement : « Et bien, tu connais déjà un peu la maison, ce sera plus facile pour toi. »
En effet, Dobby était déjà venu à Privet Drive à l'époque où il servait encore les Malefoy. En cachette bien sûr, jamais les Malefoy ne l'y auraient autorisé. D'ailleurs, pensait Harry, même le ministère ne devait pas permettre aux elfes de maison de se rendre dans chez les moldus. Il supposa que Dumbledore avait dû obtenir une autorisation spéciale pour que Dobby puisse séjourner chez les Dursley. Il essaya ensuite de se représenter leur réaction en rencontrant l'elfe pour la première fois. Un petit sourire éclaira son visage.
- « Dobby espère que c'est son bouillon qui vous fait sourire ainsi. »
Les visages pétrifiés d'horreur des Dursley mirent quelques secondes à s'effacer de son esprit pour laisser place aux paroles de l'elfe.
- « Heu…Oui. C'est très bon », dit-il précipitamment en s'apercevant qu'il attendait une réponse. « Au fait, si tu viens de la cuisine, tu as sans doute rencontré les Dursley ? »
- « Et bien…Oui », dit Dobby, l'air embarrassé. « Mr et Mrs Dursley sont des moldus très heu… ». Dobby s'interrompit pour chercher un qualificatif adéquat.
- « Ne t'inquiète pas pour ça. Je suis sûr qu'il n'existe pas au monde des personnes plus hostiles à la magie que les Dursley », le rassura Harry. « Je suis désolé qu'ils ne t'aient pas fait bon accueil. »
- « A vrai dire, non. Dobby n'a même pas eu l'occasion de se présenter comme il convient. En voyant Dobby, Mrs Dursley s'est mise à hurler que la maison était envahie par les rats. Alors, votre oncle a pris un balai pour chasser Dobby. Le professeur Dumbledore leur avait pourtant envoyé une lettre pour leur expliquer qu'ils n'avaient rien à craindre d'un elfe de maison. Mais ça n'avait pas l'air d'être leur avis quand ils ont décidé de faire leurs bagages et de quitter leur domicile », répondit Dobby en baissant la tête.
- « Ils sont partis ? », demanda Harry.
- « Et bien… Pas exactement. » Dobby avait à nouveau l'air gêné. « Quand le professeur Dumbledore a su qu'ils comptaient vous laisser et aller habiter ailleurs, il est venu sur le champ pour les retenir. »
- « Il est encore revenu leur parler ? », s'étonna Harry.
- « Oui. Il a d'abord essayé de leur rappeler qu'il fallait qu'ils restent au moins quelques semaines par an avec vous, pour votre sécurité, et que de toute façon, il était beaucoup plus sûr pour eux de rester ici, puisque la maison est protégée. » Dobby soupira. « Mais votre oncle n'a rien voulu entendre. »
- « Que s'est-t-il passé alors ? Qu'a fait Dumbledore ? », questionna Harry.
- « Dobby n'est pas très sûr, mais une chose s'est mise à sonner. Votre oncle a pris la chose, il a dit 'Allô' et lorsqu'il l'a reposée, il était très, très rouge. Alors, le professeur Dumbledore a déclaré 'Je vous avais prévenu, Pétunia et Vernon Dursley. Je ne voulais surtout pas en venir là, mais vous ne m'avez pas laissé le choix. Soit, vous restez ici et Mr Dursley récupèrera son entreprise dès que Harry sera guéri. Soit, vous choisissez de partir et dans ce cas, vous ne tarderez pas à être pris en chasse par vos créanciers. J'ai bien peur qu'ils ne vous obligent à vendre tout ce que vous possédez pour les rembourser. ' Votre oncle a remonté les bagages dans les chambres. Depuis, il n'a pas desserré les dents. »
A ce moment, la porte s'ouvrit sur Mrs Pomfresh.
- « Ha ! Je vois que vous êtes déjà un peu moins pâle », dit-elle. Dehors, l'aube s'annonçait. « Essayez de dormir encore un peu. Après ça, je crois que vous pourrez vous lever et utiliser la salle de bain. »
Harry ne se fit pas prier. Le bouillon chaud lui avait donné sommeil.
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Harry se réveilla quelques heures plus tard et comme l'avait prévu Mrs Pomfresh, il se sentait suffisamment fort pour se rendre à la salle de bain et faire un brin de toilette.
Vingt minutes plus tard, il revint dans sa chambre enroulé dans une serviette. Il se dirigea vers sa malle pour se choisir des vêtements propres. Il cherchait une paire de chaussettes, quand il poussa un cri et retira précipitamment la main du coffre. Celle-ci saignait abondamment. Au fond de la malle, se trouvaient les débris du miroir de Sirius. Harry avait jeté brutalement l'objet dans ses bagages quand il avait compris qu'il ne lui ramènerait pas Sirius. Mrs Pomfresh que le bruit avait alertée, accourut aussitôt. Elle sortit une fiole minuscule de sa poche et versa quelques gouttes d'un liquide transparent sur la plaie.
- « Avec quoi vous êtes vous coupé ? », demanda l'infirmière. Harry lui indiqua le miroir. Mrs Pomfresh examina les débris, puis rassurée, elle sortit pour le laisser s'habiller. Harry regarda sa main ; la blessure s'était résorbée.
Harry dut encore beaucoup se reposer les deux jours qui suivirent. Il avait reçu des cartes de prompt rétablissement de la part de ses amis et Mrs Weasley lui avait fait parvenir un colis de chocolats de chez Honeydukes, à la grande satisfaction de Mrs Pomfresh. Elle et Dobby veillaient à ce qu'il s'alimente correctement et à ce qu'il ne soit pas dérangé. Toutefois, il y avait autant de chances que les Dursley viennent l'embêter que de voir apparaître un héliopathe sur son oreiller. En effet, Mr Dursley partait à l'aube s'occuper de mystérieuses affaires et rentrait après minuit. Mrs Dursley passait ses journées chez les voisines. Quant à Dudley, vu le retard dans la construction de son bureau, ses parents avaient jugé préférable de l'inscrire aux cours de rattrapage de l'école de quartier. Harry, Mrs Pomfresh et Dobby avaient donc le champ libre durant le jour.
Harry récupéra plus vite que prévu. Le quatrième jour, Mrs Pomfresh jugea inutile de rester auprès de lui en permanence. Elle rentra à Poudlard avec Dobby en promettant de passer chaque soir pour prévenir tout risque de rechute. Harry s'était attendu à ce que les Dursley soient à nouveau plus présents à la maison. Il pensait qu'il ne tarderait pas à ressentir les effets de leur rancœur à l'égard du monde magique. Mais Oncle Vernon qui venait de récupérer son entreprise, avait beaucoup de travail à rattraper. Dudley devait poursuivre ses cours de rattrapage et Pétunia avait refusé de passer ses journées dans une maison infestée de rats. Elle avait contacté un spécialiste en dératisation, mais celui-ci ne pouvait se libérer avant la semaine suivante.
Harry resta donc seul. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Le lendemain du départ de Mrs Pomfresh, il remontait dans sa chambre après le petit déjeuner, quand il entendit quelqu'un l'appeler. Il chercha quelques instants le propriétaire de la voix, mais la chambre était vide. « Je suis ici, dans le miroir ». Harry reconnu la voix de Ginny. Il vit alors le miroir de Sirius posé sur la table qu'avait assemblée Oncle Vernon. La glace était réparée et dedans, se reflétait le visage de Ginny. Il était auréolé d'une étrange lumière pourpre.
- « Ho ! Salut ! », fit Harry d'un ton morne, en l'apercevant.
- « Moi aussi, cela me fait plaisir de te voir », répondit Ginny d'un air faussement contrarié.
- « Comment es-tu en possession du miroir de … de Sirius ? », demanda-t-il. La voix de Harry se changea en un murmure lorsqu'il prononça le nom de son parrain.
- « Et bien… Il s'est passé beaucoup de choses depuis trois semaines. Je pensais que Ron t'en avais parlé dans ses lettres », dit-elle sur un ton mi-suspicieux, mi-réprobateur. « Enfin, en résumé, comme Kreacher s'était enfui et que Dumbledore n'espérait plus son retour à Grimmauld Place, il a fallu trouver un autre quartier général. Cela n'a pas été facile de dénicher un endroit sûr. Et quand Dumbledore a finalement trouvé quelque chose, nous avons tous aidé à déménager ce qui ne pouvait pas être abandonné sur place, ce qui pouvait être utile ou dangereux pour l'Ordre, y compris les anciennes affaires de Sirius. Je viens de découvrir ce miroir en rangeant. Je me doutais bien qu'il servait à communiquer, mais je me demandais avec qui. Maintenant, je sais. »
Harry perçut des pas derrière elle. « Ho ! C'est Maman. A plus tard. » Et elle disparut en même temps que le miroir s'éteignit.
Harry resta quelques instants immobile devant le miroir. Il ne savait pas trop bien quoi en penser. Il sentait bien que ces derniers temps, il avait été distant vis-à-vis de ses amis. De l'autre côté, il était en colère que Ginny et les autres soient allés fouiner dans les affaires de son parrain. Il était furieux que Dumbledore ou Mrs Pomfresh ou Dobby ne lui en ait pas parlé.
Harry se demanda si un jour il contrôlerait sa propre vie, si un jour on arrêterait de décider pour lui et de lui cacher des choses. Les Dursley, Dumbledore, le ministère, la prophétie, … Tous jouaient avec lui, il n'était qu'un pion. Harry rumina ces pensées une bonne partie de la journée.
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Vers le milieu de l'après-midi, on frappa de petits coups de bec à sa fenêtre. C'était Hedwige. La chouette avait une lettre attachée à la patte. Harry lui ouvrit la fenêtre et lui fit bon accueil. Il se doutait bien qu'Hedwige devait avoir faim et besoin de repos aussi. Il lui servit des croquettes de Miam'Hibou et la déposa dans sa cage. Il détacha ensuite l'enveloppe la patte de l'oiseau. Elle portait le sceau de Poudlard. Cela ne pouvait pas déjà être sa liste de fournitures. Intrigué, il déroula le parchemin et lut :
Cher Monsieur Potter,
Vous trouverez ci-dessous les résultats que vous avez obtenus à l'épreuve des BUSES. Ces notes correspondent à la moyenne de vos résultats pratiques et théoriques. Pour plus de détails, veuillez prendre contact avec Griselda Marchbanks, responsable du Comité d'Evaluation des jeunes sorciers.
Nous vous rappelons donc la signification des notes :
O = Outstanding, E = Exceeds Expectations, A = Acceptable, P = Poor, D = Dreadful.
Métamorphose : E
Enchantements : E
Défense contre les forces du mal : O
Soins aux créatures magiques : O
Botanique : E
Potions : ***
Divination : P
Histoire de la magie : P
Astronomie : A
Vous trouverez ci-joint un formulaire à compléter selon les cours que vous désirez poursuivre l'année prochaine. Vous le remettrez au professeur responsable de votre maison à la rentrée. Si vos résultats ne correspondent pas à l'orientation professionnelle que vous vous étiez choisie, veuillez prendre rendez-vous avec le professeur responsable de votre maison.
L'équipe pédagogique de Poudlard vous souhaite d'agréables vacances.
Albus Dumbledore
*** Veuillez prendre rendez-vous avec le professeur responsable de votre maison le plus rapidement possible.
Les battements de son cœur s'accélérèrent lorsque ses yeux se posèrent sur les résultats de ses examens. Arrivé à la ligne de sa note de Potions, il eut le souffle coupé. Que signifiaient ces trois étoiles ? Pourquoi devait-il rencontrer Mrs McGonagall ? Harry retourna la lettre en quête d'explications mais celle-ci ne comportait pas d'autre inscription. Peut-être Dumbledore avait-il pensé que Harry réagirait mieux en apprenant qu'il ne serait jamais auror de la bouche de Mrs McGonagall ? Peut-être le croyait-il vraiment perturbé depuis la mort de Sirius ?
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Le soir tomba et Mrs Pomfresh revint comme prévu pour l'examiner. Elle n'était pas seule, Dumbledore l'accompagnait. Il attendit sur le seuil pendant que l'infirmière l'examinait. Celle-ci trouva son patient en bonne santé, même si elle avait bien remarqué son humeur plutôt morose, voire boudeuse. En sortant de la chambre, Harry l'entendit faire son rapport au directeur de Poudlard puis, elle lui donna rendez-vous au collège et quitta la maison. Dumbledore entra alors dans la chambre.
- « Vous vouliez me voir ? », demanda Harry. Une sorte d'amertume perçait dans sa voix.
- « Oui », répondit le vieux sorcier. « Je voudrais revenir quelques instants sur le fameux soir où s'est déclaré ta maladie. Mrs Pomfresh m'avait raconté que tu avais beaucoup déliré et que même en te réveillant, tu continuais à t'agiter en parlant sans cesse de Mrs Trelawney . »
- « Je crois que c'est exact. Comment va Mrs Trelawney ? », interrogea brusquement Harry qui se rappelait son rêve.
- « Elle va bien, je te remercie pour elle. » Dumbledore marqua une pause, puis il repris : « Si je ne me trompe pas, tu t'es à nouveau retrouvé dans l'esprit de Voldemort. La maladie t'avait rendu plus faible. »
Harry acquiesça. « Veux-tu me raconter ce dont tu te souviens ? », demanda le vieil homme.
Harry s'exécuta, un peu comme un robot. Puisqu'il était un pion, il se contenterait dorénavant de jouer ce rôle. Ce dernier avait au moins l'avantage de ne demander aucun investissement personnel. Il n'avait qu'à faire ce qu'on lui demandait sans réfléchir.
- « Hum… C'est bien ce que je craignais », déclara Dumbledore lorsqu'il eut terminé son récit. Voldemort s'est rendu compte de ta présence et il en a profité pour sonder ton esprit. Il sait que je t'ai parlé de la prophétie. Heureusement, il n'a pas eu l'occasion d'en découvrir l'intégralité.
Harry qui avait tout de même beaucoup de mal à ne pas se sentir impliqué dans les événements, lui posa une question.
- « Professeur, pensez-vous que Voldemort ait pu me rendre malade pour pouvoir pénétrer plus facilement dans mon esprit ? »
- « Non je ne le crois pas. Je pense plutôt qu'il a dû éprouver une émotion encore plus violente et intense qu'il ne l'avait fait auparavant. Et ta cicatrice aura sans doute réagi en proportion. Je crois que c'est ce qui t'a rendu malade. » Dumbledore s'assit sur la chaise de bureau qui était resté à côté de son lit. « Harry, je sais que tu es encore convalescent, mais il va falloir reprendre les cours d'occlumentie sans tarder. Nous ne pouvons prendre le risque que Voldemort découvre la vérité avant que tu ne sois prêt à l'affronter pour de bon. Je te ferai savoir quand aura lieu la première séance. » Il se leva. « Je dois partir. A bientôt. » Et il disparut.
Et voilà, pensa Harry. Encore une décision que je n'aurai pas prise moi-même. Dumbledore s'en tient à son plan et je n'ai qu'à marcher dedans comme il tire les ficelles. Et bien sûr, il n'a pas dit un mot sur la lettre des BUSES.
C'est à ce moment précis que la voix de Ginny se fit à nouveau entendre.
- Harry ???
- « Quoi encore ??? », répondit-il agressivement. Harry pris le miroir en main et y découvrit le visage interdit de la cadette des Weasley. Ginny fronça les sourcils et réussit finalement à répondre.
- « Ho ! Je suis désolée de te déranger », dit-elle. Ginny paraissait pourtant plus blessée que désolée. « Je voulais juste t'annoncer qu'on venait te chercher demain. Maman a insisté auprès de Dumbledore pour que tu sois présent à notre dîner de famille. Elle était si heureuse que Percy ait accepté de venir. Mais bon… Tu as sans doute d'autres soucis. Peu importent les personnes qui s'inquiètent pour toi. Je te laisse. »
Le miroir s'éteignit.
