Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews!
Sunshine : Non, désolée de te décevoir et de décevoir pas mal de lecteurs mais Sirius ne revivra pas dans cette fiction. Pourquoi ? Et bien tout simplement, parce que je ne pense pas que cela arrivera dans la suite des aventures de Harry. Ceci dit, Sirius n'a pas encore quitté définitivement Harry, enfin... Pas d'une certaine manière. Vous verrez bien au fildes chapitres ;-) (Hihi!!! J'entretiens le mystère).
Arathorn : Vos désirs sont des ordres, mon cher! Voici le quatrième chapitre. Bonne lecture!
Chapitre 4 : Le laboratoire
Harry se demandait pourquoi Ron ne lui avait pas écrit pour lui parler de l'invitation. Lui en voulait-il d'avoir été si bref dans ses lettres ??? Il se sentait aussi vaguement coupable d'avoir été sec et grossier avec Ginny. Il aurait pu l'appeler avec le miroir et lui dire qu'il était désolé. Et pourtant, quelque chose le retint. Il n'avait pas envie de s'excuser. C'était son droit de vouloir rester seul et de n'être dérangé par personne. Car personne ne comprenait ce qu'il vivait. Même Dumbledore, sous ses airs de "directeur à l'écoute de ses élèves", ne comprenait pas. Sinon, il lui aurait au moins demandé son avis à propos de son plan contre Voldemort.
Harry ne dormit pas beaucoup cette nuit-là. Il était toujours tiraillé par ses sentiments. La rancœur, l'amertume, la tristesse, le devoir et l'impuissance se bousculaient dans son esprit. Le visage de Sirius ne cessait de le hanter. Lui aurait pu comprendre. A lui, il aurait pu se confier. Mais il était seul à présent. Si seul…
Le lendemain, Harry entreprit de rassembler les quelques affaires qu'il avait sorties de sa malle. Il les y rangea machinalement, puis il chercha comment occuper son temps jusqu'à l'arrivée des Weasley. Il cherchait toujours quand vers 2h30 de l'après-midi, un tintamarre infernal s'éleva du garage. Harry crut pendant une seconde que l'Oncle Vernon avait repris ses activités de bricolage. Les cris des jumeaux Weasley le détrompèrent. Harry descendit rapidement et entra dans le garage. La lumière était éteinte.
- « Fred ? Georges ? »
- « Harry ? Où es-tu ? Tu pourrais allumer ? »
Plonk !!! Sssssssscritchhhh !!!
- « Yeeerk !!! Mais c'est quoi, ce truc ??? Ca colle !!! », fit la voix de Georges
Harry qui tâtonnait dans le noir, repéra enfin l'interrupteur.
- « Haaa ! Voilà ! », dit-il en allumant.
La pièce habituellement bien ordonnée, même pendant les travaux d'Oncle Vernon, ressemblait maintenant à un chantier. Fred tenait dans sa main une vieille boîte à camembert qui avait dû servir de portoloin. Se rappelant du raffut qu'il avait entendu quelques secondes plus tôt, Harry supposa que l'arrivée des jumeaux avait été brutale.
Quant au drôle de bruit qui avait fait réagir Georges si bizarrement, Harry comprit qu'il avait dû heurter l'étagère et renverser au passage un pot à peine entamé de verni. Le pot avait entraîné dans sa chute une caisse de copeaux et de sciures de bois que Tante Pétunia avait récupérés dans le but de s'en servir au jardin.
Bref, Georges se tenait devant eux, recouvert de la tête aux pieds d'un liquide brunâtre et poisseux, sur lequel s'étaient déposés la sciure et les copeaux de bois. En le voyant, Fred éclata d'un rire sonore et incontrôlé. Sa gaieté devait être contagieuse, car Harry se surprit à l'imiter. Georges, d'abord ennuyé pour sa veste et ses bottes en peau de dragon, les rejoint bientôt dans leur fou-rire.
- « Hahaha !!! Ne bouge surtout pas Georges », ordonna Fred. Il rangea la boîte à camembert. « C'est une chance que je l'aie toujours sur moi. Très pratiques ces poches extensibles », ajouta-t-il en sortant du revers de sa veste un appareil photo. Il ajusta l'objectif et mitrailla son frère plusieurs fois. « Parfait ! Si avec ça, nous n'arrivons pas à convaincre Honeydukes de nous permettre de lancer notre propre variété de Chocogrenouilles… ». Fred rangea l'appareil photo, puis s'approcha de son frère, passa un doigt sur sa veste sale, histoire d'examiner ce qui l'encrassait. « Ha ! C'est dégoûtant !!! », déclara-t-il d'un air réjoui.
- « Parfaitement répugnant », répondit son frère en écho. « Ho ! Harry, tu crois que tes moldus s'en apercevraient, si nous leur empruntions un échantillon de cette chose ? », demanda-t-il, comprenant soudainement où Fred voulait en venir.
- « Heu… ». Harry balaya la pièce le sol du garage souillé de verni et sciure. « Je pense qu'ils remarqueront d'abord le désordre. »
- « Ho ça…Pas de problème ! ». Fred s'empressa de remplir une petite éprouvette du précieux mélange 'vernis-sciure de bois' puis, il la glissa dans sa poche.
Georges sortit sa baguette et une seconde plus tard, la pièce et lui étaient propres comme deux soux neufs.
- « Bon, ben… C'est pas tout ça, mais il va falloir y aller », annonça Fred.
- « Au fait, vous êtes venus seuls ? », s'étonna Harry.
- « Non. Papa, Mundungus, Tonks et Lupin montent la garde autour de la maison. Juste au cas où… Mais, ils sont venus en transplanant et ils ne rentrent pas avec nous. Ils ont rendez-vous avec Dumbledore et Fudge au ministère, je crois. Une réunion de crise ou quelque chose comme ça. Il paraît que le Ministre a de plus en plus de mal à calmer les journalistes en ce moment. Enfin…Quand je dis le Ministre… En réalité, c'est Percy qui est chargé des communiqués de presse. Je suis sûr qu'au début il devait être enchanté d'être cité dans la Gazette du Sorcier. Il vite dû changer d'avis, cela ne fait aucun doute », dit-il avec un sourire mi-malicieux, mi-sadique.
« Pour en revenir à nous, Dumbledore pense qu'utiliser un portoloin était plus sûr et plus pratique, étant donné l'endroit où nous allons. »
Harry se demandait pourquoi Ron ne les avait pas accompagnés.
- « Et où allons nous ? Pas au Terrier ? »
- « Heu…Non, la maison est trop exposée. Et puis, papa a découvert un rôdeur la semaine passée. Nous y passons de temps en temps pour donner l'illusion que la maison est toujours habitée et pour prendre quelques affaires, mais nos parents ne veulent plus que nous y restions. Ils disent que c'est trop dangereux. »
- « Bon, où est ta malle ? », demanda Georges.
Les jumeaux aidèrent Harry à descendre ses affaires, puis Fred les miniaturisa et les glissa dans sa poche. Harry avait pris Hedwige sur son épaule. Fred sortit la vieille boîte à camembert de sa poche.
- « Vous êtes prêts ??? Alors à trois. Un, deux, trois ! ». Ils placèrent tous leur main sur la boîte. Le nombril de Harry fut happé par un crochet invisible et Hedwige, surprise par le brusque départ, resserra l'étreinte de ses serres autour de son épaule. Les paysages défilèrent à toute vitesse devant leurs yeux pendant de longues minutes. Finalement, ils ralentirent.
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Le choc fut assez rude. Ils étaient tombés les uns sur les autres dans une pièce exiguë.
- « C'est un placard à balais ??? », fit Harry déconcerté.
- « Ouille ! », s'exclama Fred en se massant le dos. « Heu…Oui. Enfin, non, quand la cloison est ouverte. Maman a dû la fermer. Elle dit qu'après, elle en retrouve partout. »
- « Elle retrouve quoi partout ? »
- « Ca ! », dit Georges, pointant du doigt de drôles d'objets métalliques.
Harry s'approcha d'une chose qui ressemblait à un saladier auquel étaient greffés un fouet et une louche. Ainsi, on aurait dit que le saladier possédait deux bras. Harry voulu le prendre pour l'observer à son aise. Comme il tendait la main pour le saisir, l'étrange objet lui donna un coup de louche et bondit un pas plus loin. Georges l'attrapa par les ustensiles-membres, et le plaqua de force sur l'étagère.
- « Tiens toi tranquille ! », exigea-t-il. Le saladier s'immobilisa.
- « Faîtes attention, je vais ouvrir la cloison. Il faudra se dépêcher de passer, sinon ils vont tous se ruer de l'autre côté avec nous et maman va nous ressortir son discours sur le rangement », les informa Fred. « Et, crois moi ou pas, il presque aussi ennuyeux que celui de Percy sur la qualité des fonds de chaudrons », ajouta-t-il à l'attention d'Harry.
Il tapota la cloison de pierres avec sa baguette à l'endroit où il y avait un petit renflement. Alors, le mur coulissa pour les laisser passer. Fred s'empressa de le refermer derrière lui. Les drôles d'objets remuaient déjà en couinant sur leurs étagères.
- « Harry !!! Mon chéri, je suis si contente de te voir en bonne santé. » Mrs Weasley qui se trouvait à l'autre bout de la pièce, sur la dernière marche d'un escalier, se précipita sur lui pour l'embrasser. « J'ai été si inquiète quand Dumbledore nous a appris la nouvelle. »
Georges se rapprocha d'Harry et lui murmura à l'oreille : « Hystérique serait plus proche de la réalité. Si Dumbledore ne l'avait pas arrêtée, elle serait venue elle-même à ton chevet ». Mrs Weasley avait tout entendu. Elle se tourna vers son fils et répliqua : « Ca suffit, Georges ! », sans toutefois se départir de sa bonne humeur.
Quand Mrs Weasley le laissa enfin respirer, Harry pu jeter un œil autour de lui. Le petit réduit aux objets bizarres donnait sur une cave aménagée en laboratoire. Les murs étaient recouverts d'étagères et de bibliothèques. Au centre de la pièce, se trouvait une immense table rectangulaire, remplie de parchemins divers, de fioles et d'éprouvettes. Un gros chaudron était posé à l'une de ses extrémités. La table était éclairée par une lampe violette, pendue au plafond. Tous les objets qu'elle portait, étaient poussiéreux et semblaient ne pas avoir servi depuis plus d'une décennie. Pourtant, Harry imaginait très bien la fumée épaisse, les bulles légères ou la mousse onctueuse qu'ils avaient dû produire un jour. Il se demandait ce que leur propriétaire avait pu rechercher ou inventer avec un tel attirail. En observant les parchemins de plus près, il remarqua une vieille coupure de journal. Le temps et l'humidité l'avaient presque rendue illisible, mais Harry parvint à déchiffrer un morceau du titre : « …er, un inventeur peu conventionnel découvre l'arme absolue contre … ».
- « Tu aimes le laboratoire ? », demanda Fred.
- « Nous trouvons personnellement que c'est la pièce la plus intéressante de la maison », renchérit Georges, d'un air de connaisseur.
- « Fred ! Georges ! », s'indigna Mrs Weasley. « Harry n'a sûrement pas envie de rester dans cet endroit sinistre et poussiéreux. Et puis, ce n'est pas sain pour lui, il est encore convalescent. Montrez-lui donc sa chambre, qu'il puisse se mettre à l'aise. »
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Ils montèrent donc l'escalier de pierres et se retrouvèrent dans un couloir lumineux. Harry dut clore ses paupières à demi pour ne pas être aveuglé. Suivit un autre escalier recouvert d'un tapis moelleux qui étouffait le bruit de leurs pas. Arrivés au deuxième étage, le palier donnait sur plusieurs portes. Les jumeaux poussèrent la seconde et entrèrent dans une jolie chambre décorée dans les tons lilas et rouges. L'ancien propriétaire avait jeté un sort aux murs afin qu'ils changent en permanence de couleur : vermillon, mauve, rouge magenta, rouge vénitien, violet … La chambre était meublée de deux grands lits en bois sculpté dont l'un était déjà occupé par les affaires de Ron. Il y avait également deux armoires et une commode surmontée d'un miroir ovale. Fred déposa la malle de Harry, son balai et la cage d'Hedwige sur le sol et leur rendit leur taille d'origine.
- « Et voilà le travail », dit-il.
- « Ron n'est pas là ? », interrogea Harry.
- « Heu… Il est avec Ginny, je crois. C'est la première porte à droite. Il ne va pas très bien en ce moment », répondit Fred.
- « Une histoire de fille, sans doute », supposa Georges, en lui adressant un clin d'œil coquin.
Les jumeaux prirent congé de Harry. Après s'être installé, celui-ci se dirigea vers la chambre d'à côté. Il frappa deux coups discrets. Ron lui ouvrit la porte. Il semblait soucieux.
- « Ho ! Harry ! Salut, mon vieux. Comment vas-tu ? »
- « Bien », dit Harry, plus par habitude que par sincérité.
- « Et bien entre, ne reste pas là ».
Harry s'exécuta. Ginny était assise sur le bord de son lit. Un autre lit, disposé latéralement au premier, était probablement destiné à accueillir Hermione.
- « Salut Ginny ! », fit Harry. Il se sentait un peu embarrassé par son comportement de la veille et il se demandait si Ginny s'en souviendrait.
- « Bonjour », lui dit Ginny d'un ton froid. Manifestement oui, elle s'en souvenait.
Ron rompit le silence qui s'était installé dans la pièce.
- « Nous ne t'avions pas entendu arriver. J'étais en train de… heu…consoler Ginny. Seamus l'a laissée tomber. » Ginny le foudroya du regard. « Heu… Oui…Enfin, je lui ai dit que je m'occuperais de son cas dès la rentrée et … » Nouveau regard menaçant de sa petite sœur. « Heu… »
- « Je suis vraiment désolé, Ginny », déclara Harry.
- « Ca ira, ne te fatigue pas. Ca m'est égal. De toute façon, il manquait de conversation. En dehors du quidditch, bien sûr », dit-elle d'un air détaché. « Non, ce que Ron essaie de dire, à sa manière, c'est qu'il a eu son énième dispute avec Hermione », lui apprit Ginny, narquoise. « Il y a presque deux semaines de cela, maintenant. Mais tu le sais sans doute déjà, ils ont dû t'en parler dans leurs lettres, n'est-ce pas ? » Ses paroles étaient imprégnées d'ironie.
Harry essaya de se souvenir du contenu des lettres de ses amis, mais sans succès. Puis, en désespoir de cause, il tenta de réconforter Ron.
- « Allez Ron, ce n'est sûrement pas si grave. Vous vous disputez sans arrêt elle et toi, même quand vous me promettez de ne plus le faire. Ca finira par s'arranger ».
- « Difficile, quand la personne en question ne veut plus avoir aucun contact avec vous. Non ? »
- « Quoi ??? Mais alors… Elle ne viendra pas ici cet été ? » Harry était abasourdi. Il n'aurait jamais pensé que les querelles de ses deux meilleurs amis iraient si loin.
- « Je ne crois pas. Tu sais qu'elle a accueilli son 'Vicky chéri' chez ses parents ? Et je ne pense pas qu'elle soit d'humeur à le remballer pour venir s'excuser. »
- « Qu'a-t-elle donc fait qui lui vaudrait de devoir s'excuser ??? »
Décidément, Harry ne comprenait plus rien. Il regrettait de ne pas avoir prêté plus d'attention à leurs lettres.
Ron ne répondit pas. Il était en train devenir à peu près de la même couleur qu'une tomate mûre. Ginny se décida à répondre à sa place.
- « Elle l'a traité de heu…'ridicule petit macho, atteint de jalousie chronique aiguë'. C'est bien ça, Ron ? »
Elle essaya de réprimer un sourire moqueur, mais Harry s'en aperçut.
- « Ho ! Je vois », dit-il. Harry se tut. La nature du lien qui unissait Hermione et Krum, était resté indéterminé depuis leur rencontre lors du tournoi des trois sorciers. C'était également devenu un sujet de perpétuelle tension entre Ron et Hermione.
- « Et elle a ensuite refusé de le voir, de lui parler et même de lui écrire, tant qu'il n'aurait pas admit qu'elle était libre de correspondre avec qui elle voulait et d'inviter chez elle qui elle désirait », poursuivit Ginny.
- « Oui, mais pas Krum !!! », intervint Ron. « Il a étudié à Durmstrang, c'est un futur mangemort en puissance. C'est un traître, c'est un… »
- « Ho ! Ron, ça suffit maintenant !», l'interrompit Ginny. « Tu ne trompes plus personne, à part toi-même. Tu ferais mieux de dire à Hermione que tu l'aimes, ça ferait moins d'histoires. »
Ron resta muet de stupeur. Harry ne l'avait jamais vu aussi rouge. Ron ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis se ravisa. Finalement, il se dirigea vers le lit où il se laissa choir à côté de sa sœur. Il fixa le sol pendant quelques secondes en soupirant misérablement.
- « Mais si elle ne m'aime pas ? Si elle préfère Vicky ? Heu … Je veux dire Krum. »
- « Au moins, tu le sauras », dit-elle gentiment, en lui tapotant l'épaule. Harry songea que si l'intervention de Ginny était un peu brutale, au moins, elle ne manquait pas de bon sens.
Ron se décida à regarder Harry en face.
- « Elle t'a parlé de notre dispute, n'est-ce pas ? Est-elle vraiment très en colère ? »
- « Heu… Je…Heu… » Harry ne savait plus où se mettre. Il n'était au courant d'aucun élément qui pourrait remonter le moral à son ami. Il ne connaissait pas assez le point de vue d'Hermione pour proposer un plan de réconciliation et il ne pouvait rien inventer sans risquer d'envenimer davantage la situation. Il se sentait honteux de ne pas s'être plus préoccupé d'eux les trois semaines précédentes.
- « Je le savais. C'est pas la peine d'essayer de me le cacher. » Le visage de Ron se décomposa.
- « Je n'ai pas lu vos lettres », avoua soudain Harry. « Je ne sais rien de cette dispute, ni de ce que Hermione en pense. »
- « Tu quoi ???… Bien… Je comprends mieux pourquoi tu ne m'as pas donné ton avis sur cette affaire. Mais pourquoi ??? Qu'est-ce qu'on t'a fait ? »
- « Rien. Vous n'avez rien fait. Je voulais juste être seul et ne penser à rien. Je… Sirius me manque », avoua-t-il.
- « Hooo ! Harry…Mon chéri, mon pauvre chéri… » Mrs Weasley était rentrée dans la chambre sans qu'ils ne s'en aperçoivent et avait surpris la fin de leur conversation. Sa main était posée sur son cœur et ses lèvres tremblaient. « Sirius nous manque à tous. C'était quelqu'un de bien. Il était bon et courageux. » Elle prit Harry dans ses bras et le serra contre elle. Harry sa dégagea lentement de son étreinte, mais elle plaça ses bras sur ses épaules et l'obligea à la regarder dans les yeux. « Je n'oublierai jamais ce que ton parrain a fait pour notre famille. » Des larmes coulaient sur les joues de Mrs Weasley, d'autres perlaient au coin des yeux de son interlocuteur. « C'est terrible, il ne méritait pas ça, Harry. Pourtant… Je sais que c'est dur, mais c'est comme ça. Il est parti et personne n'y peut rien », hoqueta Mrs Weasley. « Ce qui compte maintenant, c'est d'aimer les personnes qui sont encore là. »
- « Nous, nous sommes là, Harry », ajouta Ginny, au bord des larmes. « Nous ne remplacerons jamais Sirius, nous le savons bien. Mais nous tenons à toi. » Ron acquiesça.
S'en suivit une mêlée générale d'accolades.
- « Bon !», soupira Mrs Weasley, en essuyant ses yeux. « J'étais venue vous demander votre aide pour dresser les tables dans le jardin. »
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Ils accompagnèrent Mrs Weasley à la cuisine où elle leur donna des nappes, des serviettes, des assiettes, des verres et des couverts. Ils sortirent dans le jardin auquel on accédait directement par la cuisine. Les bras chargés de vaisselle et de linge, ils se dirigèrent vers les tables où ils déposèrent le tout.
En fait de jardin, c'était plutôt une gigantesque serre. Un immense dôme de verre chapeautait cet écrin de verdure. De grands arbres au tendre feuillage prodiguaient de l'ombre par endroits et de petites fées voletaient de ramure en ramure. Leurs ailes reflétaient les rayons du soleil qui perçaient à travers les feuilles. Elles vinrent tour à tour se montrer à leurs visiteurs, rivalisant de brillance et de beauté.
- « C'est joli », fit Harry charmé par le défilé.
- « L'ancien propriétaire devait venir ici pour méditer sur ses inventions, je suppose », dit Ron.
Les tables se trouvaient tout près de l'entrée de la cuisine. Elles avaient été assemblées de manière à n'en former qu'une seule où tout le monde pourrait se voir et se parler. Harry, Ron et Ginny commencèrent à déplier les nappes et à placer les assiettes. Tout-à-coup, Harry trébucha sur une aspérité du sol. Il se pencha pour voir ce qui avait failli entraîner sa chute. C'était une sorte de champignon rose et poilu. Harry lui donna un coup de pied. Il s'attendait à voir décoller la moisissure d'un bon mètre, mais au contraire, sa chaussure s'enfonça dans la chair caoutchouteuse du champignon et rebondit.
- « C'est un Horglup », lui apprit Ginny. « Il y en a plein ici. On a d'abord essayé de les arracher, mais il n'y a rien à faire. Leurs tentacules sont ancrés trop profondément dans le sol. Il faut dire que la maison est restée longtemps inoccupée et le jardin est mal entretenu. »
- « Maman a parlé de capturer un de nos gnomes au Terrier et de le ramener ici pour les lui offrir en festin. Ca te donne une idée du niveau de son exaspération », dit Ron, esquissant un demi-sourire. Le jardin des Weasley était en effet, envahi par ces bestioles. Malgré les fréquentes séances de dégnomage, ces espèces de pommes de terre sur pattes y revenaient inlassablement.
Ils achevèrent de dresser les tables, puis ils marchèrent un peu à l'ombre des grands arbres. A l'autre bout du jardin, Harry aperçut Buck. Il se trouvait à proximité d'un enclôt à chèvres, bien qu'il n'y ait plus aucune chèvre pour y brouter les hautes herbes qui y poussaient. Les fées étaient restées de l'autre côté du jardin, évitant soigneusement de déranger la créature mi-aigle, mi-cheval. A moins que ce soit pour être plus visibles depuis la cuisine où elles pensaient, sans doute, avoir une foule d'admirateurs. Harry s'avança pour saluer son vieil ami. Le malheureux hippogriffe perdait ses plumes et avait l'air bien mal en point. Il lui rendit tout de même son salut et Harry le caressa doucement.
- « Sirius lui manque à lui aussi », dit Ginny. « On a cru que cette maison serait l'idéal pour lui. Il manquait d'espace à Grimmauld Place. Ici, le dôme du jardin est suffisamment haut pour lui permettre de se dégourdir les ailes de temps en temps. Cependant, il ne bouge presque pas. Nous lui avons aménagé une chambre au rez-de-chaussée. Une pièce avec quelques-unes des affaires de Sirius. Pour qu'il se sente chez lui », ajouta Ginny, sentant le regard de Harry peser sur elle. Il ne lui avait pas dit un mot sur le sujet, mais elle semblait avoir compris qu'Harry n'appréciait pas trop le fait que tout le monde se mette à chipoter aux objets personnels de son parrain. « J'espère que ta présence lui remontera le moral. »
Un carillon résonna alors dans le dôme, faisant fuir toutes les fées dans leur cachette.
Sunshine : Non, désolée de te décevoir et de décevoir pas mal de lecteurs mais Sirius ne revivra pas dans cette fiction. Pourquoi ? Et bien tout simplement, parce que je ne pense pas que cela arrivera dans la suite des aventures de Harry. Ceci dit, Sirius n'a pas encore quitté définitivement Harry, enfin... Pas d'une certaine manière. Vous verrez bien au fildes chapitres ;-) (Hihi!!! J'entretiens le mystère).
Arathorn : Vos désirs sont des ordres, mon cher! Voici le quatrième chapitre. Bonne lecture!
Chapitre 4 : Le laboratoire
Harry se demandait pourquoi Ron ne lui avait pas écrit pour lui parler de l'invitation. Lui en voulait-il d'avoir été si bref dans ses lettres ??? Il se sentait aussi vaguement coupable d'avoir été sec et grossier avec Ginny. Il aurait pu l'appeler avec le miroir et lui dire qu'il était désolé. Et pourtant, quelque chose le retint. Il n'avait pas envie de s'excuser. C'était son droit de vouloir rester seul et de n'être dérangé par personne. Car personne ne comprenait ce qu'il vivait. Même Dumbledore, sous ses airs de "directeur à l'écoute de ses élèves", ne comprenait pas. Sinon, il lui aurait au moins demandé son avis à propos de son plan contre Voldemort.
Harry ne dormit pas beaucoup cette nuit-là. Il était toujours tiraillé par ses sentiments. La rancœur, l'amertume, la tristesse, le devoir et l'impuissance se bousculaient dans son esprit. Le visage de Sirius ne cessait de le hanter. Lui aurait pu comprendre. A lui, il aurait pu se confier. Mais il était seul à présent. Si seul…
Le lendemain, Harry entreprit de rassembler les quelques affaires qu'il avait sorties de sa malle. Il les y rangea machinalement, puis il chercha comment occuper son temps jusqu'à l'arrivée des Weasley. Il cherchait toujours quand vers 2h30 de l'après-midi, un tintamarre infernal s'éleva du garage. Harry crut pendant une seconde que l'Oncle Vernon avait repris ses activités de bricolage. Les cris des jumeaux Weasley le détrompèrent. Harry descendit rapidement et entra dans le garage. La lumière était éteinte.
- « Fred ? Georges ? »
- « Harry ? Où es-tu ? Tu pourrais allumer ? »
Plonk !!! Sssssssscritchhhh !!!
- « Yeeerk !!! Mais c'est quoi, ce truc ??? Ca colle !!! », fit la voix de Georges
Harry qui tâtonnait dans le noir, repéra enfin l'interrupteur.
- « Haaa ! Voilà ! », dit-il en allumant.
La pièce habituellement bien ordonnée, même pendant les travaux d'Oncle Vernon, ressemblait maintenant à un chantier. Fred tenait dans sa main une vieille boîte à camembert qui avait dû servir de portoloin. Se rappelant du raffut qu'il avait entendu quelques secondes plus tôt, Harry supposa que l'arrivée des jumeaux avait été brutale.
Quant au drôle de bruit qui avait fait réagir Georges si bizarrement, Harry comprit qu'il avait dû heurter l'étagère et renverser au passage un pot à peine entamé de verni. Le pot avait entraîné dans sa chute une caisse de copeaux et de sciures de bois que Tante Pétunia avait récupérés dans le but de s'en servir au jardin.
Bref, Georges se tenait devant eux, recouvert de la tête aux pieds d'un liquide brunâtre et poisseux, sur lequel s'étaient déposés la sciure et les copeaux de bois. En le voyant, Fred éclata d'un rire sonore et incontrôlé. Sa gaieté devait être contagieuse, car Harry se surprit à l'imiter. Georges, d'abord ennuyé pour sa veste et ses bottes en peau de dragon, les rejoint bientôt dans leur fou-rire.
- « Hahaha !!! Ne bouge surtout pas Georges », ordonna Fred. Il rangea la boîte à camembert. « C'est une chance que je l'aie toujours sur moi. Très pratiques ces poches extensibles », ajouta-t-il en sortant du revers de sa veste un appareil photo. Il ajusta l'objectif et mitrailla son frère plusieurs fois. « Parfait ! Si avec ça, nous n'arrivons pas à convaincre Honeydukes de nous permettre de lancer notre propre variété de Chocogrenouilles… ». Fred rangea l'appareil photo, puis s'approcha de son frère, passa un doigt sur sa veste sale, histoire d'examiner ce qui l'encrassait. « Ha ! C'est dégoûtant !!! », déclara-t-il d'un air réjoui.
- « Parfaitement répugnant », répondit son frère en écho. « Ho ! Harry, tu crois que tes moldus s'en apercevraient, si nous leur empruntions un échantillon de cette chose ? », demanda-t-il, comprenant soudainement où Fred voulait en venir.
- « Heu… ». Harry balaya la pièce le sol du garage souillé de verni et sciure. « Je pense qu'ils remarqueront d'abord le désordre. »
- « Ho ça…Pas de problème ! ». Fred s'empressa de remplir une petite éprouvette du précieux mélange 'vernis-sciure de bois' puis, il la glissa dans sa poche.
Georges sortit sa baguette et une seconde plus tard, la pièce et lui étaient propres comme deux soux neufs.
- « Bon, ben… C'est pas tout ça, mais il va falloir y aller », annonça Fred.
- « Au fait, vous êtes venus seuls ? », s'étonna Harry.
- « Non. Papa, Mundungus, Tonks et Lupin montent la garde autour de la maison. Juste au cas où… Mais, ils sont venus en transplanant et ils ne rentrent pas avec nous. Ils ont rendez-vous avec Dumbledore et Fudge au ministère, je crois. Une réunion de crise ou quelque chose comme ça. Il paraît que le Ministre a de plus en plus de mal à calmer les journalistes en ce moment. Enfin…Quand je dis le Ministre… En réalité, c'est Percy qui est chargé des communiqués de presse. Je suis sûr qu'au début il devait être enchanté d'être cité dans la Gazette du Sorcier. Il vite dû changer d'avis, cela ne fait aucun doute », dit-il avec un sourire mi-malicieux, mi-sadique.
« Pour en revenir à nous, Dumbledore pense qu'utiliser un portoloin était plus sûr et plus pratique, étant donné l'endroit où nous allons. »
Harry se demandait pourquoi Ron ne les avait pas accompagnés.
- « Et où allons nous ? Pas au Terrier ? »
- « Heu…Non, la maison est trop exposée. Et puis, papa a découvert un rôdeur la semaine passée. Nous y passons de temps en temps pour donner l'illusion que la maison est toujours habitée et pour prendre quelques affaires, mais nos parents ne veulent plus que nous y restions. Ils disent que c'est trop dangereux. »
- « Bon, où est ta malle ? », demanda Georges.
Les jumeaux aidèrent Harry à descendre ses affaires, puis Fred les miniaturisa et les glissa dans sa poche. Harry avait pris Hedwige sur son épaule. Fred sortit la vieille boîte à camembert de sa poche.
- « Vous êtes prêts ??? Alors à trois. Un, deux, trois ! ». Ils placèrent tous leur main sur la boîte. Le nombril de Harry fut happé par un crochet invisible et Hedwige, surprise par le brusque départ, resserra l'étreinte de ses serres autour de son épaule. Les paysages défilèrent à toute vitesse devant leurs yeux pendant de longues minutes. Finalement, ils ralentirent.
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Le choc fut assez rude. Ils étaient tombés les uns sur les autres dans une pièce exiguë.
- « C'est un placard à balais ??? », fit Harry déconcerté.
- « Ouille ! », s'exclama Fred en se massant le dos. « Heu…Oui. Enfin, non, quand la cloison est ouverte. Maman a dû la fermer. Elle dit qu'après, elle en retrouve partout. »
- « Elle retrouve quoi partout ? »
- « Ca ! », dit Georges, pointant du doigt de drôles d'objets métalliques.
Harry s'approcha d'une chose qui ressemblait à un saladier auquel étaient greffés un fouet et une louche. Ainsi, on aurait dit que le saladier possédait deux bras. Harry voulu le prendre pour l'observer à son aise. Comme il tendait la main pour le saisir, l'étrange objet lui donna un coup de louche et bondit un pas plus loin. Georges l'attrapa par les ustensiles-membres, et le plaqua de force sur l'étagère.
- « Tiens toi tranquille ! », exigea-t-il. Le saladier s'immobilisa.
- « Faîtes attention, je vais ouvrir la cloison. Il faudra se dépêcher de passer, sinon ils vont tous se ruer de l'autre côté avec nous et maman va nous ressortir son discours sur le rangement », les informa Fred. « Et, crois moi ou pas, il presque aussi ennuyeux que celui de Percy sur la qualité des fonds de chaudrons », ajouta-t-il à l'attention d'Harry.
Il tapota la cloison de pierres avec sa baguette à l'endroit où il y avait un petit renflement. Alors, le mur coulissa pour les laisser passer. Fred s'empressa de le refermer derrière lui. Les drôles d'objets remuaient déjà en couinant sur leurs étagères.
- « Harry !!! Mon chéri, je suis si contente de te voir en bonne santé. » Mrs Weasley qui se trouvait à l'autre bout de la pièce, sur la dernière marche d'un escalier, se précipita sur lui pour l'embrasser. « J'ai été si inquiète quand Dumbledore nous a appris la nouvelle. »
Georges se rapprocha d'Harry et lui murmura à l'oreille : « Hystérique serait plus proche de la réalité. Si Dumbledore ne l'avait pas arrêtée, elle serait venue elle-même à ton chevet ». Mrs Weasley avait tout entendu. Elle se tourna vers son fils et répliqua : « Ca suffit, Georges ! », sans toutefois se départir de sa bonne humeur.
Quand Mrs Weasley le laissa enfin respirer, Harry pu jeter un œil autour de lui. Le petit réduit aux objets bizarres donnait sur une cave aménagée en laboratoire. Les murs étaient recouverts d'étagères et de bibliothèques. Au centre de la pièce, se trouvait une immense table rectangulaire, remplie de parchemins divers, de fioles et d'éprouvettes. Un gros chaudron était posé à l'une de ses extrémités. La table était éclairée par une lampe violette, pendue au plafond. Tous les objets qu'elle portait, étaient poussiéreux et semblaient ne pas avoir servi depuis plus d'une décennie. Pourtant, Harry imaginait très bien la fumée épaisse, les bulles légères ou la mousse onctueuse qu'ils avaient dû produire un jour. Il se demandait ce que leur propriétaire avait pu rechercher ou inventer avec un tel attirail. En observant les parchemins de plus près, il remarqua une vieille coupure de journal. Le temps et l'humidité l'avaient presque rendue illisible, mais Harry parvint à déchiffrer un morceau du titre : « …er, un inventeur peu conventionnel découvre l'arme absolue contre … ».
- « Tu aimes le laboratoire ? », demanda Fred.
- « Nous trouvons personnellement que c'est la pièce la plus intéressante de la maison », renchérit Georges, d'un air de connaisseur.
- « Fred ! Georges ! », s'indigna Mrs Weasley. « Harry n'a sûrement pas envie de rester dans cet endroit sinistre et poussiéreux. Et puis, ce n'est pas sain pour lui, il est encore convalescent. Montrez-lui donc sa chambre, qu'il puisse se mettre à l'aise. »
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Ils montèrent donc l'escalier de pierres et se retrouvèrent dans un couloir lumineux. Harry dut clore ses paupières à demi pour ne pas être aveuglé. Suivit un autre escalier recouvert d'un tapis moelleux qui étouffait le bruit de leurs pas. Arrivés au deuxième étage, le palier donnait sur plusieurs portes. Les jumeaux poussèrent la seconde et entrèrent dans une jolie chambre décorée dans les tons lilas et rouges. L'ancien propriétaire avait jeté un sort aux murs afin qu'ils changent en permanence de couleur : vermillon, mauve, rouge magenta, rouge vénitien, violet … La chambre était meublée de deux grands lits en bois sculpté dont l'un était déjà occupé par les affaires de Ron. Il y avait également deux armoires et une commode surmontée d'un miroir ovale. Fred déposa la malle de Harry, son balai et la cage d'Hedwige sur le sol et leur rendit leur taille d'origine.
- « Et voilà le travail », dit-il.
- « Ron n'est pas là ? », interrogea Harry.
- « Heu… Il est avec Ginny, je crois. C'est la première porte à droite. Il ne va pas très bien en ce moment », répondit Fred.
- « Une histoire de fille, sans doute », supposa Georges, en lui adressant un clin d'œil coquin.
Les jumeaux prirent congé de Harry. Après s'être installé, celui-ci se dirigea vers la chambre d'à côté. Il frappa deux coups discrets. Ron lui ouvrit la porte. Il semblait soucieux.
- « Ho ! Harry ! Salut, mon vieux. Comment vas-tu ? »
- « Bien », dit Harry, plus par habitude que par sincérité.
- « Et bien entre, ne reste pas là ».
Harry s'exécuta. Ginny était assise sur le bord de son lit. Un autre lit, disposé latéralement au premier, était probablement destiné à accueillir Hermione.
- « Salut Ginny ! », fit Harry. Il se sentait un peu embarrassé par son comportement de la veille et il se demandait si Ginny s'en souviendrait.
- « Bonjour », lui dit Ginny d'un ton froid. Manifestement oui, elle s'en souvenait.
Ron rompit le silence qui s'était installé dans la pièce.
- « Nous ne t'avions pas entendu arriver. J'étais en train de… heu…consoler Ginny. Seamus l'a laissée tomber. » Ginny le foudroya du regard. « Heu… Oui…Enfin, je lui ai dit que je m'occuperais de son cas dès la rentrée et … » Nouveau regard menaçant de sa petite sœur. « Heu… »
- « Je suis vraiment désolé, Ginny », déclara Harry.
- « Ca ira, ne te fatigue pas. Ca m'est égal. De toute façon, il manquait de conversation. En dehors du quidditch, bien sûr », dit-elle d'un air détaché. « Non, ce que Ron essaie de dire, à sa manière, c'est qu'il a eu son énième dispute avec Hermione », lui apprit Ginny, narquoise. « Il y a presque deux semaines de cela, maintenant. Mais tu le sais sans doute déjà, ils ont dû t'en parler dans leurs lettres, n'est-ce pas ? » Ses paroles étaient imprégnées d'ironie.
Harry essaya de se souvenir du contenu des lettres de ses amis, mais sans succès. Puis, en désespoir de cause, il tenta de réconforter Ron.
- « Allez Ron, ce n'est sûrement pas si grave. Vous vous disputez sans arrêt elle et toi, même quand vous me promettez de ne plus le faire. Ca finira par s'arranger ».
- « Difficile, quand la personne en question ne veut plus avoir aucun contact avec vous. Non ? »
- « Quoi ??? Mais alors… Elle ne viendra pas ici cet été ? » Harry était abasourdi. Il n'aurait jamais pensé que les querelles de ses deux meilleurs amis iraient si loin.
- « Je ne crois pas. Tu sais qu'elle a accueilli son 'Vicky chéri' chez ses parents ? Et je ne pense pas qu'elle soit d'humeur à le remballer pour venir s'excuser. »
- « Qu'a-t-elle donc fait qui lui vaudrait de devoir s'excuser ??? »
Décidément, Harry ne comprenait plus rien. Il regrettait de ne pas avoir prêté plus d'attention à leurs lettres.
Ron ne répondit pas. Il était en train devenir à peu près de la même couleur qu'une tomate mûre. Ginny se décida à répondre à sa place.
- « Elle l'a traité de heu…'ridicule petit macho, atteint de jalousie chronique aiguë'. C'est bien ça, Ron ? »
Elle essaya de réprimer un sourire moqueur, mais Harry s'en aperçut.
- « Ho ! Je vois », dit-il. Harry se tut. La nature du lien qui unissait Hermione et Krum, était resté indéterminé depuis leur rencontre lors du tournoi des trois sorciers. C'était également devenu un sujet de perpétuelle tension entre Ron et Hermione.
- « Et elle a ensuite refusé de le voir, de lui parler et même de lui écrire, tant qu'il n'aurait pas admit qu'elle était libre de correspondre avec qui elle voulait et d'inviter chez elle qui elle désirait », poursuivit Ginny.
- « Oui, mais pas Krum !!! », intervint Ron. « Il a étudié à Durmstrang, c'est un futur mangemort en puissance. C'est un traître, c'est un… »
- « Ho ! Ron, ça suffit maintenant !», l'interrompit Ginny. « Tu ne trompes plus personne, à part toi-même. Tu ferais mieux de dire à Hermione que tu l'aimes, ça ferait moins d'histoires. »
Ron resta muet de stupeur. Harry ne l'avait jamais vu aussi rouge. Ron ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis se ravisa. Finalement, il se dirigea vers le lit où il se laissa choir à côté de sa sœur. Il fixa le sol pendant quelques secondes en soupirant misérablement.
- « Mais si elle ne m'aime pas ? Si elle préfère Vicky ? Heu … Je veux dire Krum. »
- « Au moins, tu le sauras », dit-elle gentiment, en lui tapotant l'épaule. Harry songea que si l'intervention de Ginny était un peu brutale, au moins, elle ne manquait pas de bon sens.
Ron se décida à regarder Harry en face.
- « Elle t'a parlé de notre dispute, n'est-ce pas ? Est-elle vraiment très en colère ? »
- « Heu… Je…Heu… » Harry ne savait plus où se mettre. Il n'était au courant d'aucun élément qui pourrait remonter le moral à son ami. Il ne connaissait pas assez le point de vue d'Hermione pour proposer un plan de réconciliation et il ne pouvait rien inventer sans risquer d'envenimer davantage la situation. Il se sentait honteux de ne pas s'être plus préoccupé d'eux les trois semaines précédentes.
- « Je le savais. C'est pas la peine d'essayer de me le cacher. » Le visage de Ron se décomposa.
- « Je n'ai pas lu vos lettres », avoua soudain Harry. « Je ne sais rien de cette dispute, ni de ce que Hermione en pense. »
- « Tu quoi ???… Bien… Je comprends mieux pourquoi tu ne m'as pas donné ton avis sur cette affaire. Mais pourquoi ??? Qu'est-ce qu'on t'a fait ? »
- « Rien. Vous n'avez rien fait. Je voulais juste être seul et ne penser à rien. Je… Sirius me manque », avoua-t-il.
- « Hooo ! Harry…Mon chéri, mon pauvre chéri… » Mrs Weasley était rentrée dans la chambre sans qu'ils ne s'en aperçoivent et avait surpris la fin de leur conversation. Sa main était posée sur son cœur et ses lèvres tremblaient. « Sirius nous manque à tous. C'était quelqu'un de bien. Il était bon et courageux. » Elle prit Harry dans ses bras et le serra contre elle. Harry sa dégagea lentement de son étreinte, mais elle plaça ses bras sur ses épaules et l'obligea à la regarder dans les yeux. « Je n'oublierai jamais ce que ton parrain a fait pour notre famille. » Des larmes coulaient sur les joues de Mrs Weasley, d'autres perlaient au coin des yeux de son interlocuteur. « C'est terrible, il ne méritait pas ça, Harry. Pourtant… Je sais que c'est dur, mais c'est comme ça. Il est parti et personne n'y peut rien », hoqueta Mrs Weasley. « Ce qui compte maintenant, c'est d'aimer les personnes qui sont encore là. »
- « Nous, nous sommes là, Harry », ajouta Ginny, au bord des larmes. « Nous ne remplacerons jamais Sirius, nous le savons bien. Mais nous tenons à toi. » Ron acquiesça.
S'en suivit une mêlée générale d'accolades.
- « Bon !», soupira Mrs Weasley, en essuyant ses yeux. « J'étais venue vous demander votre aide pour dresser les tables dans le jardin. »
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Ils accompagnèrent Mrs Weasley à la cuisine où elle leur donna des nappes, des serviettes, des assiettes, des verres et des couverts. Ils sortirent dans le jardin auquel on accédait directement par la cuisine. Les bras chargés de vaisselle et de linge, ils se dirigèrent vers les tables où ils déposèrent le tout.
En fait de jardin, c'était plutôt une gigantesque serre. Un immense dôme de verre chapeautait cet écrin de verdure. De grands arbres au tendre feuillage prodiguaient de l'ombre par endroits et de petites fées voletaient de ramure en ramure. Leurs ailes reflétaient les rayons du soleil qui perçaient à travers les feuilles. Elles vinrent tour à tour se montrer à leurs visiteurs, rivalisant de brillance et de beauté.
- « C'est joli », fit Harry charmé par le défilé.
- « L'ancien propriétaire devait venir ici pour méditer sur ses inventions, je suppose », dit Ron.
Les tables se trouvaient tout près de l'entrée de la cuisine. Elles avaient été assemblées de manière à n'en former qu'une seule où tout le monde pourrait se voir et se parler. Harry, Ron et Ginny commencèrent à déplier les nappes et à placer les assiettes. Tout-à-coup, Harry trébucha sur une aspérité du sol. Il se pencha pour voir ce qui avait failli entraîner sa chute. C'était une sorte de champignon rose et poilu. Harry lui donna un coup de pied. Il s'attendait à voir décoller la moisissure d'un bon mètre, mais au contraire, sa chaussure s'enfonça dans la chair caoutchouteuse du champignon et rebondit.
- « C'est un Horglup », lui apprit Ginny. « Il y en a plein ici. On a d'abord essayé de les arracher, mais il n'y a rien à faire. Leurs tentacules sont ancrés trop profondément dans le sol. Il faut dire que la maison est restée longtemps inoccupée et le jardin est mal entretenu. »
- « Maman a parlé de capturer un de nos gnomes au Terrier et de le ramener ici pour les lui offrir en festin. Ca te donne une idée du niveau de son exaspération », dit Ron, esquissant un demi-sourire. Le jardin des Weasley était en effet, envahi par ces bestioles. Malgré les fréquentes séances de dégnomage, ces espèces de pommes de terre sur pattes y revenaient inlassablement.
Ils achevèrent de dresser les tables, puis ils marchèrent un peu à l'ombre des grands arbres. A l'autre bout du jardin, Harry aperçut Buck. Il se trouvait à proximité d'un enclôt à chèvres, bien qu'il n'y ait plus aucune chèvre pour y brouter les hautes herbes qui y poussaient. Les fées étaient restées de l'autre côté du jardin, évitant soigneusement de déranger la créature mi-aigle, mi-cheval. A moins que ce soit pour être plus visibles depuis la cuisine où elles pensaient, sans doute, avoir une foule d'admirateurs. Harry s'avança pour saluer son vieil ami. Le malheureux hippogriffe perdait ses plumes et avait l'air bien mal en point. Il lui rendit tout de même son salut et Harry le caressa doucement.
- « Sirius lui manque à lui aussi », dit Ginny. « On a cru que cette maison serait l'idéal pour lui. Il manquait d'espace à Grimmauld Place. Ici, le dôme du jardin est suffisamment haut pour lui permettre de se dégourdir les ailes de temps en temps. Cependant, il ne bouge presque pas. Nous lui avons aménagé une chambre au rez-de-chaussée. Une pièce avec quelques-unes des affaires de Sirius. Pour qu'il se sente chez lui », ajouta Ginny, sentant le regard de Harry peser sur elle. Il ne lui avait pas dit un mot sur le sujet, mais elle semblait avoir compris qu'Harry n'appréciait pas trop le fait que tout le monde se mette à chipoter aux objets personnels de son parrain. « J'espère que ta présence lui remontera le moral. »
Un carillon résonna alors dans le dôme, faisant fuir toutes les fées dans leur cachette.
