Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews!

Bubblejoyce : Whaaaaa! Merci, je suis toute rouge du compliment;)

Tabasco : Tu te poses de très bonnes questions, même si tu n'as pas encore trouvé la réponse. Patience, ça viendra. Pour ce qui est de l'action, il faudra attendre encore un peu. C'est le début d'une longue fiction et Harry ne rentrera pas à Poudlard avant le chapitre 8. De plus, il doit mettre de l'ordre dans ses idées et ses sentiments, le pauvre.



alana chantelune : Merci pour ton soutien, j'espère que ce chapitre te plaira.

Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire ;)

Chapitre 5 : Les fiançailles

- « Ils sont là ! », s'écria Ginny, tout excitée. Elle se pressa vers la cuisine accompagnée de Ron et Harry.

Mrs Weasley y accueillait déjà Charlie, Bill et Fleur ainsi que Percy et Pénélope. Ron et Ginny allèrent saluer leurs frères et leur petite amie respective. Harry resta légèrement en retrait. Il se demandait quelle attitude adopter envers Percy. Devait-il feindre qu'il ne s'était rien passé ? Il n'était pas facile d'oublier que Percy avait aidé le ministère à le discréditer aux yeux de tous. Pourtant, il ne se voyait pas non plus provoquer un esclandre et gâcher la soirée de Mrs Weasley. Indécis, il décida de rester où il était. Peut-être passerait-il inaperçu ? Mais à sa grande surprise, Percy laissa les membres de sa famille et se dirigea vers lui.

- « Bonjour Harry! »

- « Bonjour … »

- « Je … Heu… », dit-il rougissant. « Je voulais te présenter des excuses pour ne pas t'avoir apporté le soutien que tu méritais l'année passée. Je te demande pardon pour cette erreur de jugement. »

- « Bien… », répondit Harry avec un faible sourire.

Les excuses de Percy constituaient assurément un bien maigre réconfort en comparaison avec tout ce qu'il avait subi par sa faute. Elles étaient certes, pompeuses et peu spontanées. Harry le soupçonnait même d'avoir répété son texte devant un miroir avant de venir. Mais connaissant Percy, il savait qu'il ne pouvait s'attendre à mieux. Et puis, des excuses étaient des excuses, peu importe la forme. Percy avait ravalé son orgueil et reconnu ses torts en public. En d'autres circonstances, le moment eût été historique.

Derrière eux, Mrs Weasley avait observé la scène d'un air satisfait. Les visages de Ron et Ginny arboraient l'expression d'une sévère approbation. Ron avait été particulièrement blessé par le comportement de Percy l'année passée. Il l'avait ressenti comme une atteinte à sa dignité et à celle de sa famille. Ginny quant à elle, avait été fort peinée pour sa mère. Percy avait été tout bonnement odieux avec elle. Tous deux regardaient Percy d'une manière qui semblait vouloir dire : « Nous te reprenons à l'essai, tâche de te tenir à carreau, maintenant ».

Harry fut ensuite entouré par les autres arrivants. Tous semblaient inquiets et voulaient avoir de ses nouvelles. Il leur échappa grâce à de nouveaux tintements de carillon. Cette fois, Tonks, Lupin, Mundungus et Mr Weasley firent leur entrée. Ils étaient tous d'excellente humeur. Harry remarqua cependant que Tonks avait l'air particulièrement fatiguée et qu'une série de rides supplémentaires était apparue sur le visage de Lupin.

- « Bonsoir tout le monde », dirent-ils à l'unisson.

Ginny se jeta au cou de son père.

- « Et bien, demoiselle ? On dirait que vous ne m'avez pas vu depuis des semaines ? Nous avons pourtant pris notre petit déjeuner ensembles ce matin.

- « Je le sais bien, Papa. C'est juste que… Je suis toujours contente lorsque tu rentres du travail. »

- « Voyons, ma princesse… »

Mr Weasley semblait conscient de l'inquiétude de sa famille. Son « accident » en décembre dernier et, à plus forte raison, le décès de Sirius rendaient inutile tout démenti des risques qu'il courait. Il serra sa fille contre lui et déposa un baiser sur son front. Puis, il la repoussa doucement et il se tourna vers Ron et Harry.



- « Content de te voir, Harry ! Le voyage s'est bien passé ? » Celui-ci acquiesça. « Bonsoir Ron ! Tout va bien, fiston ? Ho ! Pendant que j'y pense… Dumbledore m'a dit à propos de tes résultats des BUSES qu'ils avaient été adressés à la mauvaise personne. Griselda Marchbanks se trompe rarement, mais ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. Tu recevras tes notes d'ici quelques jours. »

- « Bon ! Puisque tout le monde est là, on va pouvoir passer à table », déclara Mrs Weasley. « Allez donc vous asseoir au jardin. »

La cuisine commença alors à se vider progressivement. Percy et Pénélope s'apprêtaient à franchir le seuil du jardin quand les jumeaux déboulèrent en catastrophe dans la pièce. Ils avaient transplané depuis leur chambre. Fred avait atterri dans l'évier et Georges se cogna la tête en sortant de sous la table.

- « Aïe ! Hé ! Perce ! Ca fait un bout de temps ! Comment ça va au ministère ? », demanda-t-il.

- « Pas trop d'ennuis avec la presse ? », le questionna Fred avec un sourire moqueur.

- « Fred ! Georges ! Ce n'est pas très aimable d'accueillir votre frère avec des questions embarrassantes », se fâcha Mrs Weasley. « Et puis, descend de cet évier, Fred ! Pourquoi faut-il toujours que vous vous fassiez remarquer quand on a des invités ? »



Harry entendit Georges murmurer à Fred : « Quels invités ? Tu vois des invités quelque part toi ? ». Georges lui répondit tout aussi bas : « Non, je ne vois que notre famille, des amis proches et un crétin. »

- « Vous êtes tout à fait capables de transplaner correctement », continuait Mrs Weasley en fronçant les sourcils. « Alors arrêtez de faire les idiots ou je vous oblige à utiliser les escaliers pour le restant de vos jours », menaça-t-elle.

Les jumeaux haussèrent les épaules et leur tournèrent le dos. Ils avaient repéré Mundungus. Celui-ci s'était déjà installé à table et avait allumé sa pipe. Fred et Georges avaient visiblement des tas de choses à lui dire. Il s'assirent chacun d'un côté du fumeur afin de lui parler à leur aise.

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Dehors, le soleil couchant éclairait encore faiblement le dôme. Charlie avait fait apparaître des lampions et les avait suspendus en guirlandes dans les arbres. Les petites fées, ravies d'avoir tant d'admirateurs d'un coup, se battaient pour être celle qui attirerait le plus leur attention. L'une d'elle se brûla les ailes en venant voleter autour des chandelles qui illuminaient la table et s'écrasa dans un plat de saucisses grillées. Fleur qui était un peu plus pâle que d'habitude, la ramassa délicatement. La fée sentait le roussi et ses ailes avaient légèrement noirci au contact des flammes.

- « Hooo ! La pauvre, elle est si mignonne. » Désolée de la voir dans cet état, Fleur sortit un pot de baume à lèvres de son sac à main et commença à en enduire les ailes de sa protégée à l'aide d'un pinceau. « Lààà ! Mais tu vas devoir te tenir tranquille. » Elle posa la fée sur sa serviette et lui offrit un morceau de melon sucré. Cela avait l'air de lui plaire. Bill qui les regardait d'un air attendri, se pencha pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille.

A côté d'eux, Percy exposait à Pénélope les difficultés qu'il rencontrait dans son travail pour le moment. La presse ne le lâchait pas d'une semelle.

- « Ces fouineurs… Comme si Mr Fudge avait besoin de ça en ce moment. C'est du harcèlement, voilà ce que c'est ! Tu sais que je suis obligé de me lever à quatre heures, chaque matin, pour éviter d'être poursuivi par leur meute dans le hall du ministère ? », gémit-il. Pénélope le regardait d'un air compatissant. « Hier, j'ai trouvé un journaliste en train de fouiller les poubelles de mon appartement. Heureusement que je prends systématiquement la précaution de brûler les messages confidentiels du Ministre dans la cheminée », dit-il sur un ton important.

Son père était assis non loin de lui. Ils s'étaient dit bonjour à son arrivée, mais il était perceptible que toute tension n'était pas effacée entre eux.

- « Perce ! C'est vrai ce que raconte Charlie ? Tu as fait des excuses à Harry ? », cria Georges à l'autre bout de la table.

- « Tu aurais pu nous attendre, quand même. C'est trop bête qu'on ait manqué ça », lui reprocha Fred. « Ho ! Harry !!! Il faut absolument que tu nous racontes ce qu'il a dit. Et en détails, hein ? Figure toi que pour nos chocogrenouilles, nous avions aussi pensé à des cartes de citations drôles, inédites et loufoques. On en tient sûrement une bonne, là. Et…» Fred ne termina pas sa phrase, n'osant pas braver le regard sévère de ses parents.

Pendant ce temps, Lupin et Tonks échangeaient des souvenirs, tandis que Charlie discutait de quidditch avec Ginny et Ron. Mr et Mrs Weasley reprirent leur conversation où ils l'avaient laissée. Il était question de la fameuse brochure de prévention que Harry avait aperçue chez Mrs Figg. Mr Weasley avait l'intention de proposer à Fudge d'en rédiger une à l'usage des moldus.

- « Evidemment, on ne peut pas leur envoyer une brochure qui parle des dangers de la magie noire. Mais je pense que si on fait passer cela pour des consignes de sécurité anti-cambriolage ou quelque chose du genre… Les moldus craignent beaucoup les voleurs. Si tu voyais le nombre d'objets qu'ils inventent pour s'en protéger… », racontait-il à son épouse qui l'écoutait tout en proposant à ses invités de se resservir.

L'ambiance était agréable, le repas délicieux et pourtant, Harry ne se sentait pas d'humeur à faire la fête. C'était la première fois qu'ils étaient tous réunis (à l'exception d'Hermione, bien sûr) depuis la disparition de son parrain. Et à ses yeux, cette réunion mettait encore plus en évidence l'absence de la personne qui lui manquait tant. Sirius ne ferait plus jamais la fête avec lui.

Harry avait un peu l'impression d'étouffer dans cette atmosphère de rires et de bavardages anodins. Il se leva de table sous prétexte d'apporter un peu de nourriture à Buck. Celui-ci était rentré dans la chambre qu'on lui avait aménagée. Il était couché sur une vieille cape qui avait appartenu à son compagnon de cavale. Une larme glissait le long de son bec. Quand il vit Harry, il émit un petit cri plaintif. Harry déposa les os de côtelettes qu'il avait apportées à côté de l'animal et passa ses bras autour de son cou.

- « Allez, Bucky ! Il faut manger un petit peu, sinon tu vas perdre toutes tes belles plumes. »

Buck ne bougea pas. Alors, Harry resta un moment près de lui, à caresser silencieusement son ami à plumes et à crins.

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Au moment où Harry avait finalement réussi à convaincre Buck de s'alimenter un peu, des bruits de pas se firent entendre dans couloir.

- « Harry ??? », dit Bill, en passant la tête dans l'encadrement de la porte. « On t'attend pour servir le dessert. Et puis, je pense que papa a une annonce à faire. »

- « Dis leur que j'arrive tout de suite »

- « OK. Mais ne tarde pas trop. Maman a préparé du sorbet. »

Et il sortit.

Harry tapota la tête de l'hippogriffe et lui souhaita bonne nuit.

- « Je viendrai te voir demain matin », lui promit-il.

L'état de Buck le préoccupait. Il lui semblait que plus qu'un miroir magique ou un éclair de feu, Sirius lui avait laissé la responsabilité de s'occuper de l'hippogriffe. Buck avait besoin de lui.

Il se décida à retourner au jardin. Dans le couloir qui menait à la cuisine, il fut intrigué par des voix qui provenaient d'une pièce adjacente. Fleur et Bill étaient en pleine discussion.

- « Comment te sens-tu, mon cœur ? », demandait la voix de Bill, sur un ton empressé.

- « Ca va mieux, merci. C'était juste un étourdissement passager. Ce dôme est terriblement mal aéré, c'est insensé !

- « Je vérifierai les charmes de ventilation avec Charlie dès demain, ma chérie. Mais puisque tu te sens mieux, que dirais-tu d'aller leur annoncer la grande nouvelle ? »

- « Ho ! Bill… Es-tu sûr que c'est la bonne solution et le bon moment ? Je veux dire … Enfin, tu sais que je t'aime de tout mon cœur, mais… Que dira ta famille ? »

- « Ne t'inquiète pas. Papa t'adore déjà et Maman ne résistera pas longtemps. Et puis, mon bonheur est plus important à leurs yeux que tout le reste. Tout se passera bien. »

Et sur ces dernières paroles, ils retournèrent dans le jardin. Harry les y suivit sans se faire remarquer.

- « Haaaa ! Vous voilà enfin ! », dit Mr Weasley, en souriant. « Bien écoutez-moi, tout le monde. J'ai une nouvelle à vous annoncer. Le Ministre m'a accordé une promotion. Comme il est très occupé à régler des problèmes de sécurité en ce moment, il m'a délégué la responsabilité de la communication avec son homologue moldu, en plus de mon travail habituel. »

- « Il n'a pas demandé à Umbridge de s'en charger ? », interrogea Charlie, tout étonné.

- « Non. C'est vrai qu'auparavant, cela rentrait dans ses attributions de remplacer le Ministre quand il ne pouvait pas se libérer. Mais Dolorès Umbridge n'est plus dans les bonnes grâces de Fudge. Il y a eu des plaintes de parents d'élèves pour sanctions disciplinaires abusives. Et comme en ce moment, le Ministre doit affronter les critiques de la presse au sujet de son manque de discernement face au retour de 'Tu-Sais-Qui', il en a profité pour glisser en grande partie son erreur sur le compte d'Umbridge. Il l'a accusée d'avoir détourné son attention des vrais problèmes en le sollicitant sans arrêt pour la création de décrets inutiles ou à propos d'infractions mineures au règlement de l'école. Bref, Umbridge qui était déjà en mauvaise posture à cause de la plainte des parents d'élèves, a reçu un blâme. Elle doit maintenant se contenter d'effectuer du classement de dossiers. Elle est dans les papiers jusqu'au cou », raconta Mr Weasley.

- « C'est merveilleux que le Ministre t'accorde ainsi sa confiance, mon chéri », déclara son épouse.

- « N'est-ce pas ? Bien sûr, il a exigé des comptes-rendus détaillés de mon travail. Mais ce qui est vraiment génial dans ma nouvelle attribution, c'est que je vais avoir un nouveau bureau. Perkins et moi manquions vraiment de place dans l'ancien. Nous ne savions plus où stoker les objets moldus ensorcelés. Là, je pense que j'aurai même droit à une fenêtre », déclara-t-il avec l'expression d'un jeune sorcier à qui on vient de promettre son premier balai.

Les invités et les membres de la famille félicitèrent chaleureusement Mr Weasley pour sa promotion. Percy les imita avec une pointe d'envie dans le regard. Puis, Bill prit la parole.

- « Bien, puisque c'est le moment des grandes déclarations, Fleur et moi avons le grand plaisir de vous annoncer que nous allons nous marier. »

Cette nouvelle déclencha une autre salve de congratulations. Ginny se leva pour embrasser son frère et sa fiancée. Pénélope demanda à la future épouse si elle avait déjà choisi sa robe, au cas contraire, elle pouvait lui donner l'adresse de sa tante qui réalisait des modèles uniques. Bill se tourna alors vers sa mère. Mrs Weasley était restée silencieuse jusque-là.

- « Tu ne dis rien, Maman ? »

- « Ho ! Bill, mon garçon. Bien sûr, je suis contente pour vous. Vous formez un très joli couple, mais… »

- « Mais quoi ? »

- « Vous croyez vraiment que c'est le moment avec cette guerre qui nous menace ? »

- « Je ne vois pas le rapport entre 'Tu-Sais-Qui' et notre union à Fleur et moi. »

- « Mais, enfin ! Réfléchissez un peu ! Les personnes qui se marient veulent des enfants, en général. Comment allez-vous vous en occuper entre votre travail et les missions de l'Ordre ? »

- « Vous y arrivez bien Papa et toi. Et puis, de toute façon, c'est un peu tard pour changer d'avis, maintenant.

- « Comment ça 'un peu tard pour changer d'avis' ???

Mais Bill n'eut pas le temps de répondre, le carillon résonna pour la troisième fois de la soirée dans le dôme et Dumbledore arriva en trombe dans le jardin.

- « Désolé d'interrompre votre soirée, mais je viens d'apprendre qu'il y a eu des attaques ! Le ministère a besoin de renforts.

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Les mots de Dumbledore produirent l'effet d'un bain glacé sur tous les convives. Cependant, la stupeur fit rapidement place à l'agitation. Tous se levèrent et se dirigèrent précipitamment vers le corridor pour y récupérer leur cape. Dumbledore les y suivit.

- « Albus que se passe-t-il exactement ? », demanda Molly. Elle avait sur le visage l'expression abattue de quelqu'un qui venait de voir survenir une catastrophe à laquelle il s'attendait depuis un moment avec résignation.

- « Les mangemorts ont frappé à plusieurs endroits. Il n'y a pas de morts à déplorer. Je pense que c'était juste une série d'avertissements et de manœuvres d'intimidation. Mais ils ont tout brûlé. Molly, Arthur… Je suis sincèrement navré, mais je crains qu'on n'arrive pas à temps pour sauver le Terrier, même en s'y mettant tous.

- « Ho ! Arthur ! Notre maison…. Tous nos souvenirs… » Mrs Weasley s'effondra en pleurs dans les bras de son époux.

- « Allons, Molly… », dit-il tristement en la serrant contre lui. Il avait la mine sombre et lasse, mais il se força tout de même à prononcer quelques paroles de réconfort. « Ce ne sont que quelques planches de bois et un tas de pierres et de briques. Notre maison, c'est notre famille. Nous sommes tous là et en bonne santé, c'est le principal », dit-il d'un air qu'il voulait optimiste.

Ron et Ginny qui étaient à côté d'eux quand Dumbledore leur avait annoncé la nouvelle, semblaient sous le choc. Fred et Georges n'avaient jamais affiché une figure aussi grave, pas même le jour où Mrs Umbridge leur avait interdit de jouer au quidditch.

Harry aussi avait du mal à assimiler la nouvelle. Le Terrier était, en dehors de Poudlard, le seul endroit où il se sentait chez lui. Après Sirius, ils avaient osé s'en prendre à une famille aussi adorable que les Weasley. Sa famille d'accueil. Une colère noire s'insinuait lentement en lui.

- « Bien ! », fit Dumbledore, les ramenant au plus pressé. « Je suggère que nous nous divisions par équipes. Lupin et Tonks, vous filez chez les Lovegood. Amos Diggory est déjà sur place, mais il va avoir besoin d'aide. Molly, je crois que vous devriez aller avec Fred et Georges au Terrier pour sauver ce qui peut l'être. Je pense que vous ne risquez rien en y retournant, les mangemorts n'ont pas attendu les aurors. Soyez tout de même prudents à cause des décombres. Ils pourraient s'effondrer. Bill, Charlie et Mundungus, il faudrait que vous alliez porter secours à Amélia Bones. Elle est coincée dans sa salle de bain et la maison menace de s'écrouler. Percy, Fudge va avoir besoin de toi au ministère. Mrs Deauclaire, ce serait aimable à vous de vous porter volontaire pour accueillir les blessés et les personnes choquées à Ste Mangouste. Ils risquent aussi d'être très vite débordés là-bas. Arthur, vous m'accompagnerez chez Tibérius Ogden. Emmeline est déjà en route. Quant aux autres, ils sont soit retenus par leur mission, soit trop loin pour revenir nous épauler.



- « Et Kingsley, il ne nous accompagne pas ? », demanda Mrs Weasley.

- « Il s'occupe de la coordination des jeunes recrues. Ils manquent encore terriblement d'expérience, mais Fudge n'a pas eu d'autre choix que d'engager tous les volontaires et de mobiliser tous les aspirants aurors. »

- « Et moi ? », demanda Fleur. « Que vais-je faire ? »

- « Mrs Delacour, je pense qu'il serait plus sage que vous restiez ici », dit Dumbledore avec un regard entendu en direction d'elle et Bill. « Et puis, ainsi les enfants ne seront pas seuls. »

- « Je veux vous accompagner aussi ! », dit Harry, très déterminé. « Je peux me rendre utile ».

Dumbledore se tourna vers lui et le fixa d'un regard pénétrant.

- « Harry, je n'en doute pas, mais il se trouve que tu es bien plus utile en restant ici, en sécurité », répliqua -t-il fermement. « Et je souhaite que tu te reposes le plus possible, car demain je passerai te voir pour la première séance d'occlumentie. »

Harry ne répliqua pas. Il sentait que c'était inutile. Mais intérieurement, il bouillait de rage. Il en avait plus qu'assez d'être surprotégé sous prétexte que Voldemort n'attendait qu'une occasion de mettre la main sur lui.

- « Nous aussi, nous voulons venir ! », s'écrièrent Ginny et Ron. « Maman laisse nous t'accompagner, nous pourrons t'aider. Et puis, il y a plein d'affaires que nous voudrions sauver », supplièrent-ils.

- « C'est hors de question ! Vous avez entendu Dumbledore ? Les décombres peuvent être dangereux. Il vaut mieux ne pas être trop nombreux », déclara leur père. « Molly, Fred, Georges? Je veux que vous me promettiez d'être très prudents et de ne pas tenter l'impossible pour quelques chiffons ou pétards mouillés du Dr Flibuste. »

- « Ne t'inquiète pas Arthur, ça va aller », le rassura Mrs Weasley. Puis, elle se tourna vers Harry, Ron et Ginny. « Soyez sages, mes chéris », dit-elle en les embrassant. « Nous serons très vite de retour. »

Ron et Ginny se laissèrent embrasser par leurs parents, pour ne pas les quitter fâchés. Toutefois, ils ne semblaient pas plus heureux qu'Harry d'être obligés d'attendre sans bouger, pendant que tout le monde agirait.

Georges s'arrêta près d'eux et leur glissa quelques mots à l'oreille.

- « Désolé que vous ne puissiez pas nous accompagner. Si vous voulez, demain, Fred et moi, nous vous emmènerons au magasin. Ca vous changera les idées. »

- « Georges ? Nous partons ! », appela sa mère.

Ils sortirent tous par la petite porte d'entrée.

- « Je suppose qu'il ne nous reste plus qu'à mettre un peu d'ordre et à monter nous coucher ensuite », dit Fleur en soupirant. « Vous venez m'aider à débarrasser la table ? »

Harry, Ron et Ginny la suivirent en traînant les pieds.