Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews!

Bubblejoyce : Moi aussi, j'aime bien l'idée du couple Fleur-Bill. Ca montre qu'il n'y a pas que Harry qui évolue. Pour Molly, je crois qu'elle a bien compris qu'ils allaient avoir un bébé mais elle ne s'y attendait pas trop. Elle a été fort préoccupée par les conséquences du retour de Voldemort. Elle a peut-être aussi oublié ce que c'était de s'aimer entre jeunes gens : Bill et Fleur ne veulent pas attendre pour vivre, peu importe ce qui se passe autour.

Alixe : Bon cette fois ça y est, mes oreilles fument tellement je suis rouge (et ce n'est pas à cause de la pimentine) lol! Au sujet d'Harry, je crois qu'il se bat contre toutes ses émotions. Je pense que cette souffrance va le faire mûrir. Ca commence déjà un peu dans ce chapitre. Il va devoir/vouloir se prendre en main.



Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire ;)

Chapitre 6 : Weasley et Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux

Dehors, on pouvait apercevoir l'astre lunaire par le dôme de verre. Le satellite reflétait une inhabituelle et menaçante lumière verte. En s'y mettant à quatre, la vaisselle et les plats sales furent vite rentrés à la cuisine.

Après avoir débarrassé la table, Fleur était allée s'allonger. Harry, Ron et Ginny qui n'avaient pas sommeil, s'étaient réunis au rez-de-chaussée dans un petit salon. Celui-ci rappelait singulièrement la salle commune des Gryffondor avec ses fauteuils moelleux et le ronflement immuable du feu dans la cheminée de pierres. Personne ne cherchait à entamer la discussion. Ils fixaient simplement le feu, bien décidés à attendre le retour des membres de l'Ordre du Phénix. Toutefois, le silence qui s'était emparé de la maison et la danse hypnotique des flammes finirent par avoir raison de leur détermination à rester éveillés.

Dans son sommeil, Harry entendit une nouvelle fois les appels de Sirius. Mais cette fois-ci, en plus du son, une image se forma dans son subconscient. Sirius se débattait dans des volutes de fumées. Ensembles, elles formaient les mailles d'un étrange filet. Un filet de vapeurs et de brouillard infranchissables.

- " Harry… Harry… Harry…" , retentissaient la voix de son parrain. Sirius l'appelait de plus belle, rugissait et suppliait tour à tour qu'on le délivre de sa prison.

Quant à Harry, son corps flottait dans ce monde brumes et de nuages. Il n'y avait ni sol, ni plafond. Harry bougeait bras et jambes avec acharnement pour rejoindre son parrain qui avait besoin de lui. Il y était presque. Plus que cinq mètres.

- « Libère moi, s'il te plaît, Harry », implora Sirius.

Plus que deux mètres. Harry progressait à travers les nuages de fumées. Le drôle de filet qui retenait son parrain sembla se resserrer autour de lui. Plus qu'un mètre. Encore un tout petit effort et il le toucherait du bout des doigts. Mais au moment où la première phalange de son index atteignait l'épaule de Sirius, la fumée dont était constitué le filet devint opaque et son parrain disparut derrière elle.

- « Sirius! Siriuuus! », hurla Harry.

Il se réveilla en sursaut sur le canapé du salon. Ses cris avaient dû réveiller Ron et Ginny. Ceux-ci étaient à ses côtés et le fixaient de leurs yeux inquiets.

- « Harry… Tu as fait un cauchemar ? », le questionna Ginny.

- « Je… Oui… Sans doute. C'était un mauvais rêve. »

Ce songe lui avait paru tellement réel. Mais les rêves étaient traîtres, il le savait à présent.

- « Quelle heure est-il ? »

- « Bientôt 8h30. Je crois que Papa, Maman, les jumeaux et Bill sont rentrés pendant qu'on dormait. Leurs capes sont à nouveau suspendues dans le couloir. Ils ont dû monter se reposer un peu. La nuit a dû être rude. Ils vont sans doute bientôt descendre pour prendre le petit déjeuner. Fleur est en train de le préparer », répondit Ron.

- « Le carillon ne nous a pas réveillés ? »

- « Ho, non ! Aucun risque. Il est ensorcelé pour rester silencieux la nuit. Dès que le soleil est couché, c'est le vigile qui prend le relais », l'informa Ginny.

- « Qui ça ??? »

- « Le fantôme de la maison. On l'a surnommé 'le vigile', parce qu'il fait des rondes la nuit, à l'intérieur et autour de la maison. »

- « Et le jour, que fait-il alors ? »

- « Ho ! Et bien, en général il reste au grenier. Il aime faire l'inventaire de tout ce qui s'y trouve. Ainsi il est sûr que ses anciennes affaires restent bien dans la maison. »

Un affreux bruit de gargouillis emplit alors la pièce.

- « Ca vous dit d'aller prendre le petit déjeuner ? », demanda Ron.

Harry et Ginny acquiescèrent.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Dans le couloir, ils croisèrent Mr Weasley qui partait pour le ministère. Il avait l'air très préoccupé.

- « J'ai hâte de demander à maman s'ils ont pu récupérer quelque chose. Heureusement qu'on avait déjà déménagé les objets les plus importants », dit Ron en entrant dans la cuisine. « Et puis, peut-être que cela ne sera pas aussi grave que Dumbledore l'avait annoncé. Peut-être ont-ils réussi à sauver le Terrier, après tout. »

- « Malheureusement, je dois t'arracher ton espoir », l'interrompit Dumbledore qui se trouvait déjà à table, devant une tasse de thé. « Le Terrier n'est plus et ta mère n'a pas pu sauver grand-chose. »

- « Mais enfin c'est impossible ! Le feu, ça s'éteint. Il existe des sorts pour ça, que je sache !», s'écria Ron.

- « Bien sûr qu'il y a des sorts pour éteindre le feu. Mais les mangemorts ne se sont pas contentés d'allumer un simple incendie. Ils utilisent la magie noire et leurs flammes ne disparaissent pas avant d'avoir tout consumé. »

Fred et Georges, encore en pyjamas, entrèrent dans la cuisine en baillant. Ils étaient descendus par les escaliers. Ils avaient encore des cendres dans les cheveux et leur visage était noirci par la suie et les fumées. Ils dégageaient une forte odeur de brûlé.

- « On a ramené ça pour toi, Ginny. C'est ce qui reste de ta Mélusine », dit Georges en tendant un morceau de chiffons à sa sœur. « On a pensé que tu aimerais l'avoir. »

- « Ma vieille poupée ? », fit Ginny en observant incrédule le lambeau de tissus qui avait échappé aux flammes.

- « Ils ne se sont pas bornés à incendier notre maison. Ils ont d'abord tout saccagé. On l'a retrouvée dans la cour », dit Fred d'une voix éteinte qu'Harry ne lui connaissait pas.

Fleur les regardait. Elle semblait triste et pour une fois, elle n'avait aucun commentaire à faire. Elle sortit des croissants du four et les disposa dans une corbeille qu'elle déposa ensuite sur la table. Dumbledore avait la mine sombre et semblait plongé dans ses réflexions.

- « Bon ! Et si on goûtait ce petit déjeuner à la française ? », dit Georges pour tenter d'égayer l'atmosphère. Il se servit de deux croissants et mordit à pleines dents dans le premier. « Hummmm ! Délicieux ! Bill a bien de la chance. »

Comme Harry, Ron et Ginny ne répondaient pas, Fred prit la parole.

- « Il me semble qu'on a tous besoin de se changer les idées. Si nous allions nous promener au Chemin de Traverse cet après-midi ? Nous devons de toute façon passer au magasin, Georges et moi. »

- « Sûrement pas ! C'est beaucoup trop dangereux. Ce que vous avez vu cette nuit ne vous suffit pas ? », demanda Mrs Weasley qui venait de descendre à la cuisine, elle aussi, dans un piteux état.

- « Mais… », voulut répondre Harry.

- « Harry, mon chéri… Je sais que c'est dur pour toi, en ce moment et que tu aurais besoin de distractions, mais… Enfin, personne ne veut prendre le risque de te perdre. »

- « Mrs Weasley a raison Harry », dit Dumbledore. "Tu sais maintenant ce que tu représentes pour le monde de la magie… Pour le monde tout court.

- « Et alors ??? », explosa Harry. Sa colère de la veille semblait rejaillir tout à coup comme la lave d'un volcan qui s'éveille après une période de longue inactivité. « Vous allez m'enfermer jusqu'à la fin de mes jours ? »

- « Pas jusqu'à la fin, Harry. Jusqu'à ce que tu sois prêt à affronter Voldemort.

Mrs Weasley fut secouée par un haut-le-cœur.

- « Et ce jour-là, pourrez-vous me garantir la victoire ? », cingla la voix de Harry. « Vous-même n'êtes pas capable de l'empêcher de nuire, dites-moi qui pourra me préparer à livrer un tel combat ? Vous ne pourrez pas toujours me protéger, c'est vous-même qui l'avez dit. Voldemort finira par savoir ce que signifie la prophétie. Tôt ou tard. Vous le savez. Et d'ailleurs, il n'a pas besoin de la prophétie pour savoir qu'il n'y a pas de place pour nous deux sur cette planète. Ma survie embarrasse sa soif de pouvoir. Si ça se trouve, il mettra la main sur moi avant de connaître toute la prophétie. »

Ron et Ginny, les yeux exorbités d'horreur, semblaient prendre la mesure des paroles de leur ami. Harry ne leur avait encore rien raconté au sujet de la prophétie. Ils la croyaient perdue pour de bon.

- « Justement Harry, c'est pour cette raison, que tu es le sorcier le mieux protégé sur cette terre et que tu ne dois rien faire pour t'exposer au danger en ce moment », reprit Dumbledore.

- « Vous n'avez rien compris, hein ? » Ses oreilles bourdonnaient de fureur. « Je refuse de me terrer comme un rat jusqu'à la fin. Qu'elle soit proche ou non ! », déclara Harry avec un mélange de rage et d'indignation.

- « Harry… », balbutia Mrs Weasley, désemparée. Des larmes roulaient sur ses joues.

- « Vous et les Dursley, pour tout le monde jusqu'à maintenant, je n'ai été qu'une chose qu'on manipule à souhait », continua Harry. Pendant onze ans, ils m'ont maintenu dans l'ignorance de mes origines. Ensuite, vous m'avez caché la tâche qui m'incombe. Vous avez toujours dirigé ma vie dans l'ombre. Ca suffit comme ça ! J'exige de décider pour moi-même. C'est ma vie ! Et si au bout du compte, elle doit être sacrifiée, j'aimerais tout de même que ce soit mon choix plutôt que le vôtre. » Il reprit son souffle et ajouta : « J'irai me promener au Chemin de Traverse que ça vous plaise ou non ! Désolé, Mrs Weasley. »

Celle-ci le regardait les yeux humides. Elle aurait sans doute voulu répliquer quelque chose, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Il n'existait aucun contre-argument approprié.

- « Bien ! », dit Dumbledore. « Je me doutais que toute ta colère n'avait pas été exprimée, dans mon bureau, il y a quelques semaines. La disparition de Sirius t'empêchait de prendre pleinement conscience des implications de ce que je te révélais. Je savais que tu aurais besoin de temps et que peut-être tu ne t'y ferais jamais. Bon, écoute, j'estime que chaque être humain devrait pouvoir être libre de choisir sa propre destinée. Néanmoins, ton cas a toujours été un peu particulier. Je me sens responsable de toi, Harry. Tout comme je me sens responsable de ce qui arrivera au monde, si tu disparais. Alors, voici ce que je te propose. Ce matin, nous travaillerons l'occlumentie comme prévu et cet après-midi, je m'arrangerai pour que des gardes t'escortent toi et tes amis au Chemin de Traverse. De plus, il est vrai que tu es le principal concerné par le retour de Voldemort. Je pense donc que tu pourras assister aux réunions de l'Ordre, lorsque tu maîtriseras suffisamment ton esprit. Ainsi, tu sauras de quoi il retourne et tu pourras exprimer tes opinions. »

- « Professeur, vous n'y pensez pas sérieusement ? Harry est beaucoup trop jeune ! », s'interposa Mrs Weasley. Elle se moucha bruyamment.

- « J'ai dit 'assister aux réunions', Molly. Il est entendu qu'Harry restera en dehors de toutes les missions confiées à nos membres. Et en échange, je lui demande de s'engager à respecter les règles, à ne pas mettre sa vie en danger et à s'appliquer à apprendre le plus possible sur la magie. Je pense que tu es conscient d'avoir un potentiel hors du commun, n'est-ce pas, Harry ? Alors, est-ce que ma proposition te convient ? »

- « … Je suppose que oui », répondit-il dans un souffle.

- « Bien ! Je te laisse finir ton petit déjeuner à ton aise et je te retrouve dans le salon. »

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Le petit déjeuner s'acheva en silence. Ron et Ginny n'osaient pas interroger Harry au sujet de la prophétie. Ils en avaient pourtant très envie à en juger par leurs nombreux regards à la dérobée.



La leçon d'occlumentie occupa Harry et Dumbledore jusqu'à midi. Il était toujours aussi désagréable de sentir une personne pénétrer au cœur de ses pensées et explorer ses souvenirs. Harry éprouvait beaucoup de difficultés à faire le vide dans sa tête. Il avait vécu tant d'événements tragiques. Et puis, il avait aussi l'impression que Dumblodore avait plus d'expérience que le professeur Rogue dans le domaine de l'occlumentie. Ses intrusions lui semblaient plus difficiles à repousser et Dumbledore s'arrangeait pour qu'elles soient imprevisibles. Il lui posait des questions relativement anodines comme « Quelle était sa couleur préférée ? », « Comment buvait-il son thé ? », « Préférait-il le jus de citrouille ou la Bièreaubeurre ? »,… Et pendant qu'il lui répondait, Harry s'apercevait soudain qu'il n'était plus seul avec lui-même dans son esprit.

Pourtant, Harry réapprit assez vite à bloquer l'accès à ses pensées. Le vieux professeur se montrait beaucoup plus patient que Sévérus Rogue. A la fin de la séance, il parvenait à stopper la plupart des intrusions de Dumbledore.

- « Bien ! », dit le directeur de Poudlard. « Cela suffira pour aujourd'hui. Et puis, je pense que nous allons avoir une invitée supplémentaire à accueillir. Il faudra l'entourer de toute notre amitié parce qu'elle a eu très peur hier soir. Elle a cru perdre son père et tout comme les Weasley, elle n'a plus de domicile.

Harry fit un signe d'approbation. Sa colère et la séance d'occlumentie du matin l'avaient épuisé. Ils se dirigèrent tous les deux vers l'escalier de pierres qui menait à la cave aménagée en laboratoire. Ils furent bientôt imités par Ron, Ginny et Mrs Weasley. Deux personnes venaient d'arriver par portoloin. Cette fois, la cloison magique était restée ouverte. Rémus Lupin qui escortait Luna Lovegood, avait donc atterri avec plus de douceur que Harry et les jumeaux Weasley, un jour auparavant. La pauvre Luna avait l'air encore plus absente que d'habitude. Le professeur Lupin tenait un exemplaire de la Gazette du Sorcier sous le bras.

- « Bonjour ! », les salua Dumbledore.

- « Hello Luna ! », firent doucement Harry et les Weasley.

- « Bonjour… », répondit-elle machinalement, le regard dans le vide.

- « Je suis désolée pour ce que vous est arrivé à toi et à ton père. Il se rétablira très vite. Je sais que tu aurais préféré rester à son chevet, mais les médicomages vont bien s'en occuper. Je te le promets. Et puis, ainsi, en te sachant sous notre protection, ton père aura l'esprit plus tranquille », déclara Dumbledore.

- « En attendant, tu es ici chez toi, ma chérie », dit gentiment Mrs Weasley. Ginny te montrera ta chambre, mais pour le moment, je propose que nous passions à table. Je pense que tu ne dois pas avoir pris de vrai repas depuis hier ? »

Luna acquiesça.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Après un rapide repas préparé avec amour par Mrs Weasley, Dumbledore annonça à Harry que Bill et Mrs Weasley l'accompagneraient au Chemin de Traverse. Ron avait réussi à convaincre sa mère de le laisser les accompagner. Mrs Weasley arborait une expression lugubre qui semblait vouloir dire : « Je suis contre cette énorme bêtise, mais si je ne peux vous empêcher d'être complètement inconscients et irresponsables, autant vous accompagner et tenter de minimiser les dégâts ». Ron qui semblait avoir lu les pensées de sa mère sur son visage, demanda soudain à Dumbledore : « Pourquoi Tonks, Fleur ou Lupin ne nous accompagnerait pas à la place de Maman ? »

- « Fleur va rester ici pour s'occuper des filles pendant mon absence » répondit Mrs Weasley.

Il avait, en effet, été convenu que Ginny resterait au Quartier Général pour tenir compagnie à Luna et l'aider à s'installer. Celle-ci avait besoin de calme et de repos, avait déclaré Mrs Weasley.

- « Quant au professeur Lupin, il va retourner à Ste Mangouste et apporter quelques affaires à Tonks », les informa Dumbledore. « Ho! Rassurez-vous, elle n'a rien de grave. Elle s'est blessée en portant secours à Mr Lovegood, mais elle devrait pouvoir sortir de l'hôpital demain. »

Dumbledore remit un portoloin à Mrs Weasley (une vieille chaussette trouée) et déclara qu'il devait les laisser. Les sorciers n'étaient pas les seuls à avoir souffert la nuit dernière. Les mangemorts avaient terminé leur série de raids par plusieurs attaques de moldus.

- « Pourquoi n'y va-t-on pas par poudre de cheminette ? », demanda Harry qui commençait à se lasser des portoloins.

- « Ho ! Et bien, heu… », répondit Mrs Weasley embarrassée. « Dumbledore pense que c'est beaucoup plus sûr ainsi », dit-elle rougissant.

Harry comprit qu'une nouvelle fois, on lui cachait des choses et se promit de demander des explications à Dumbledore à la première occasion.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Ils arrivèrent directement dans l'arrière-boutique du magasin de Fred et Georges. Ceux-ci s'y étaient rendus après le petit déjeuner. L'arrière-boutique avait été aménagée en un petit studio d'appoint avec deux lits, une mini cuisine et une douche. Une porte donnait sur le magasin, juste derrière le comptoir. Plusieurs étagères se dressaient le long des murs. Au centre de la pièce étaient disposées trois tables présentant des échantillons de farces et attrapes que les clients pouvaient tester avant de faire leur choix. La boutique, tout comme la rue commerciale, avait attiré moins de clients que d'habitude aujourd'hui. Beaucoup de sorciers étaient encore sous le choc des attaques nocturnes. Au-dessus de leur magasin, on pouvait lire 'Weasley & Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux'.

Après leur avoir fait faire le tour du propriétaire, les jumeaux laissèrent Ron, Harry et leur escorte se rendre à Gringott pour retirer de l'argent de leur compte. La boutique des frères Weasley se trouvait non loin de l'Allée des Embrumes, au grand déplaisir de leur mère. L'entrée de la ruelle mal famée était gardée par une patrouille d'aurors dirigée par Kingsley Shacklebolt. Lui et ses collègues fouillaient quiconque désirait se rendre ou sortir de l'allée. Certains sorciers refusaient de se laisser faire et les menaçaient de se plaindre à leur supérieur.



Mrs Weasley entraîna Ron et Harry du côté opposé, vers Gringott. Quand ils entrèrent dans la célèbre banque, il y régnait une ambiance peu coutumière des lieux. Les gobelins généralement travailleurs assidus et zélés, s'étaient regroupés par quatre ou cinq et discutaient dans leur propre langage. Bill repéra l'un de ses collègues sorciers et lui demanda ce qu'il se passait.

- « Je n'ai pas tout compris, mais en gros, ils sont mécontents de la manière dont le ministère intervient dans leurs affaires. Ils veulent plus de liberté et plus de bénéfices », répondit le sorcier. Il devait être environ de l'âge de Bill et ses cheveux châtains bouclés tombaient sur ses épaules.

- « Ho ! Je vois. », répondit Bill.

- « Au fait, pendant que tu es là, tu ne connaîtrais pas un sort efficace contre la vermine, par hasard ? Le chef se plaint d'avoir vu un gros rat dans la banque, ce matin. »

- Hum… OK, je vais voir ce que je peux faire. » Bill se tourna vers sa mère et dit : « Je vous retrouve tout de suite, allez déjà prendre ce dont vous avez besoin dans vos coffres, d'accord ? «

- « Très bien ! A tout de suite, mon chéri.

Elle se dirigea alors vers le comptoir où trois gobelins discutaient avec animation. Elle avait l'intention d'attendre qu'ils aient terminé, mais au bout de dix minutes Harry s'impatienta.

- « Excusez-nous », dit-il d'une voix forte. « Nous voudrions faire un retrait, s'il vous plaît. »

Aucun des trois gobelins ne leva le nez dans leur direction, ni ne daigna interrompre leur conversation. Harry ne se démonta pas pour autant. Il avait été habitué à fournir plus d'efforts pour attirer l'attention des Dursley lorsqu'il avait besoin de quelque chose.

- « Hé ! Ho ! », cria-t-il en tapant du plat de la main sur le comptoir. « Pardon de vous interrompre, nous voudrions nous rendre à nos coffres. »

- « Ho ! Ca va, ça va. », répondit brusquement l'un des gobelins. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous les gobelins, nous ne sommes pas des elfes de maison qui n'attendent que votre bon plaisir. Les numéros de vos coffres ? », demanda-t-il sèchement.

- « Les numéros 687 et 691 », dit Mrs Weasley quelque peu déconcertée.

Le gobelin les fit monter dans le chariot et ne desserra pas les dents de tout le trajet. Mrs Weasley ne semblait pas très à son aise. Elle prit dans son compte de quoi couvrir les frais de la rentrée plus les imprévus et conseilla à Harry d'en faire autant.

- « Vous n'avez pas encore reçu vos listes de fournitures, mais ainsi nous gagnerons un peu de temps », expliqua-t-elle. Harry songea qu'elle n'était sans doute pas pressée de revenir à Gringott, vu l'accueil des Gobelins.

De retour dans le hall de la banque, ils attendirent Bill. Celui-ci vint leur dire qu'il était retenu au travail. Avec son collègue, il avait découvert un trou de souris dans le mur du hall. Ils l'avaient vite rebouché, mais ils devaient maintenant vérifier toutes les salles de la banque par mesure de sécurité.

- « Je pensais que tu travaillais dans un bureau ? », s'étonna Ron.

- « C'est vrai, mais ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Alors quand je peux me rendre utile d'une autre façon… Et puis, j'espère qu'ainsi, le patron sera plus conciliant au sujet de la demande de congé de Fleur », ajouta-t-il avec un petit clin d'œil.

- « A propos de Fleur… », commença Mrs Weasley.

- « Bon, je dois y retourner. On discutera de tout ça ce soir, Maman. Promis. Soyez prudents tous les trois ! »

Et il s'en alla en direction d'un ascenseur du même genre que celui qu'Harry avait emprunté au ministère.

- « Bon… », dit Mrs Weasley. "Je sens qu'on va écourter cette balade. Seule, je ne suis pas de taille à assurer votre protection.

- « Ho ! Maman ! S'il te plaît, laisse-nous au moins aller voir les articles de Quidditch », supplia Ron.

- « Non, non et non ! Vous seriez trop exposés. »

Sur le chemin du retour Ron et Harry très déçus de devoir déjà rentrer, s'appliquaient à marcher le plus lentement possible afin de regarder les vitrines. A la terrasse de Florian Fortarôme, ils rencontrèrent Neville et sa grand-mère.

- « Hé! Harry, Ron!"

- "Salut Neville! Bonjour Madame", saluèrent Ron et Harry.

- « Bonjour les garçons! », dit celle-ci en souriant. « Je suis contente de vous revoir. L'autre jour je disais justement à Neville que ce serait une bonne idée de vous inviter pour son anniversaire. »

- « Je vous remercie de votre gentille invitation, Madame, je crains que cela ne soit pas possible. Du moins, pas sans l'accord du professeur Dumbledore », s'interposa poliment Mrs Weasley.

- « Je comprends. Vous êtes la mère de Ronald, je présume ? Enchantée de faire votre connaissance. Vous pouvez être fière de votre fils. Neville a fait beaucoup de progrès depuis qu'il le fréquente lui et Harry. Il est devenu plus courageux aussi. »

- « C'est également très courageux à vous de sortir après ce qui s'est passé cette nuit. »

- « Ho non, pas tellement. Avec mon petit-fils nous profitons même du peu d'affluence pour faire nos achats en toute tranquilité. »

Pendant que la grand-mère de Neville et Mrs Weasley discutaient, Neville montra fièrement sa baguette neuve à ses amis.

- « Elle est en bois de hêtre et contient un ventricule de dragon. Grand-mère était triste pour la baguette de mon père, mais elle m'a dit qu'elle était très fière de moi et que mes parents le seraient aussi », raconta-il, les yeux brillants. « J'ai hâte d'être à Poudlard pour l'essayer. »

Mrs Weasley les interrompit en insistant pour regagner le magasin des jumeaux au plus vite. A contre-cœur, ils quittèrent leur ami en lui donnant rendez-vous à la gare de King's Cross.

Ils étaient presque arrivés au magasin, lorsque Harry s'arrêta net. Il venait de voir son professeur de potions sortir furtivement de l'Allée des Embrumes. Il avait profité d'un attroupement pour échapper à la fouille des aurors. A quelques mètres de lui, Harry aperçu Draco Malefoy. Ce dernier tenait en laisse un drôle de chien. C'était une sorte de gros terrier à poils gris qui n'avait pas de queue. Rogue se dirigea vers Draco, s'arrêta à sa hauteur et Harry jura que le professeur lui remettait quelque chose. L'ancien mangemort s'éloigna ensuite aussi furtivement qu'il était apparu, marchant à l'ombre de la rue, presque entièrement dissimulé sous sa cape noire.

Soudain, Draco s'aperçut qu'Harry l'observait et il franchit la distance qui les séparait. . Harry et lui se toisèrent sans mot dire quelques instants.

- « Harry ! Te voilà ! Tu nous as fait une de ces peurs. Que faisais-tu ? », s'exclama Mrs Weasley qui était revenue sur ses pas. Ron la suivait de près.

Harry ne répondit pas, trop occupé à affronter son ennemi du regard. A l'arrivée des Weasley, le chien de Draco se mit à aboyer et à grogner d'un air menaçant.