Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews!

Merci aussi à ceux qui ont pris le temps de répondre à mes questions sur les délais d'upload des chapitres. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas ça qui me découragera. ;)

Bubblejoyce : Merci pour ton gentil Mail d'encouragements. Voici un chapitre où les petites informations pullulent. J'espère que cela contribuera à rendre l'histoire plus crédible et le monde magique plus réel.



Alixe : A propos de Bill et Fleur, c'est bien JKR qui a écrit qu'ils formaient un couple dans le chapitre où Harry arrive au QG de l'ordre du Phénix. Ce sont les jumeaux qui racontent à Harry que Bill est revenu travailler en Anglerre et qu'il y trouve des compensations puisque Fleur travaille pas loin de lui et qu'il lui donne beaucoup de leçons particulières d'anglais. ^^

Arathorn : Voici la suite. Désolée pour ce délai d'attente un peu long, j'ai eu des problèmes de dos qui m'ont pas mal ralentie. Mais les vacances de Toussaint arrivent, ça va me permettre de me consacrer un peu plus à ma fic, j'espère.



Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire ;)

Chapitre 7 : La fête d'anniversaire

- « Potter ! Quelle mauvaise surprise ! », fit Draco de sa voix narquoise et hostile.

Comme Harry ne disait rien et se tenait sur ses gardes, il reprit : « Tu vois, moi aussi j'ai un chien, maintenant. Bien entendu, ma mère a veillé à ce que ce soit une bête de race supérieure. Elle ne voulait pas d'un bâtard au manoir. Je pense que c'est une bonne chose : il vivra sans doute plus longtemps que le tien n'a vécu. »

A ces mots, Harry voulut s'élancer sur Draco pour défigurer à mains nues son visage de blondinet, mais Mrs Weasley et Ron prévenant son geste, le retinrent. Le chien de Draco devenait de plus en plus agressif et menaçant. De grosses gouttes de salive tombaient de ses babines retroussées. Il avait des mâchoires de fauve aux crocs acérés. Leur vue décida Harry à ravaler sa hargne, du moins pour le moment.

- « Hors de mon chemin, vous autres, ou je lâche mon chien ! » Draco fit mine de humer l'air ambiant et grimaça. « Vous devriez prendre un bain, l'odeur des moldus et des Sangs-de-Bourbes nous incommode, Salazar et moi. » Il prit son mouchoir, le plaça devant son nez et s'éloigna.

Mrs Weasley pressa les garçons vers la boutique de Fred et Georges et insista pour retourner immédiatement au quartier général.

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Après avoir atterri dans la cave, Harry fit signe à Ron qu'il voulait lui parler. Ils montèrent donc dans leur chambre.

- « C'est à propos de Malefoy », commença Harry.

- « Bah ! Ne t'inquiète pas, cette raclure de cabinet ne perd rien pour attendre. Je pense que Fred et Georges sont en train de développer une invention qui lui fera beaucoup de bien », répondit Ron avec un sourire sadique.

- « Non, ce n'est pas ça… Enfin si, mais pas seulement. Juste avant qu'il ne vienne nous menacer, j'ai vu Rogue sortir de l'Allée des Embrumes et lui donner quelque chose. A ton avis, qu'a-t-il bien pu lui procurer ? »

- « Aucune idée ! Une potion antirabique pour son clébard, j'espère. Tu as vu ce molosse ? On aurait dit qu'il était prêt à nous dévorer sur place. » Ron se tut. Il avait l'air de réfléchir avant de poser une question difficile. « Harry ? C'est vrai ce que tu as dit à propos de… »

Trois petits coups frappés à la porte l'empêchèrent de terminer.

- « Ron ? Est-ce que Luna peut t'emprunter Coq ? Elle voudrait écrire à son père », demanda Ginny en passant la tête par l'embrasure de la porte.

- « Bien sûr ! », répondit Ron qui se résigna à remettre sa question à plus tard.

Ginny et Luna entrèrent en fermant la porte derrière elles. Harry se dit que Ron devait très bien se souvenir du séjour de son père à l'hôpital et qu'il était bien placé pour comprendre ce que ressentait Luna. Coquecigrue était perché sur le grand lustre de cristal qui éclairait la chambre lorsque la nuit tombait.

- « Coq ? Viens ici, mon gars ! », l'appela son maître. Quand le hibou comprit qu'on avait besoin de lui, il se mit à hululer comme un fou et entama une série de joyeux loopings. « Ho ! Ca suffit ! Arrête ton cirque ! » Ron tendit l'avant-bras pour permettre à Coq de s'y poser, ce que le volatile fit de bonne grâce, une minute plus tard.

Hedwige l'aurait sans doute gratifié d'un regard indigné si elle avait été présente. Mais comme elle était maintenant habituée à une certaine indépendance, Harry l'avait installée dans la volière privée de la maison. Là, elle avait son propre espace et pouvait sortir se dégourdir les ailes dans le dôme-jardin quand elle en avait envie. Elle et les autres oiseaux nocturnes n'avaient, toutefois, pas la possibilité de sortir à l'extérieur de la maison. Dumbledore avait aussi songé à protéger cette voie d'accès. Les oiseaux étaient généralement renvoyés au compte-gouttes et seulement les nuits sans lunes. Par contre, la volière pouvait accueillir sans problème tous les messagers ailés qui s'y présentaient. Son entrée était dissimulée par le sortilège 'Fidélitas', comme le reste de la maison. Mrs Weasley se chargeait de récupérer les lettres qui y arrivaient. Elle en profitait pour vérifier qu'elles n'étaient pas piégées et en cas de doutes, elle s'en remettait au professeur Dumbledore.

- « Je suis contente que ce soit ton hibou qui apporte ma carte à Papa », dit doucement Luna. Harry vit qu'elle attachait à la patte de Coquecigrue un morceau de carton grossièrement décoré à l'aide de bouts de ficelle. « Je suis sûre qu'il le trouvera intéressant. Peut-être même qu'il y consacrera un article dans la rubrique des 'Soins animaliers' quand il pourra rouvrir les bureaux du Quibbler. Ils ont brûlé avec notre maison », expliqua-t-elle.

- « Est-ce que les médicomages t'ont dit combien de temps ton père devrait rester à Ste Mangouste ? », demanda Ron.

- « Non. En fait, ils ne le savent pas encore. Ils ont dit qu'il avait eu beaucoup de chance d'être arrivé à temps à l'hôpital. Quelques minutes plus tard, le feu des mangemorts l'aurait consumé comme du bois de chauffage. »

- « Les mangemorts s'en sont pris à lui ? », l'interrogea Ginny d'une petite voix horrifiée.

- « Non. Seulement à nos biens matériels. Papa s'est blessé en essayant de sauver ses précieuses archives. Notre famille a conservé depuis plusieurs générations une coupure de chaque article paru dans notre monde. Papa l'appelle 'notre trésor'. Il s'en servait souvent pour ses recherches lorsqu'il rédigeait lui-même des articles. Il a finalement réussi à le sauver, mais au prix de grosses brûlures. »

Harry avait beaucoup de mal à identifier l'expression de son visage. Il supposait au ton de sa voix qu'elle était sous le choc et qu'elle se sentait perdue, mais ses grands yeux protubérants lui donnait un air si bizarre qu'une personne ne la connaissant pas, se serait sentie très mal à l'aise, partagée entre l'envie de rire ou de s'encourir ailleurs.

Luna installa Coquecigrue dans la volière où il patienterait jusqu'à ce qu'à la nuit tombée. Avec un peu de chance, les nuages voileraient la lune et il aurait le champ libre pour quitter la maison.

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Le soir tombait doucement sur la grande maison, quand la voix de Mrs Weasley retentit dans l'escalier. Ron et Harry descendirent pour voir ce qui se passait. Un hibou grand duc venait d'arriver. Il portait une lettre pour Harry. Celui-ci prit le message. Il était adressé au 4, Privet Drive. L'expéditeur ne savait donc pas qu'il avait quitté les Dursley. Harry ouvrit l'enveloppe et lut :

Cher Harry,

Je viens de lire la Gazette et je suis morte d'inquiétude. J'espère que tu vas bien et qu'il n'est rien arrivé de grave. J'espère aussi pouvoir te rendre visite très bientôt. Donne-moi vite de tes nouvelles.

Hermione

PS : As-tu reçu des nouvelles des Weasley ? J'ai lu dans la presse que le Terrier avait brûlé. Sont-ils tous sains et saufs ?

Ron qui dépassait maintenant Harry d'une bonne tête, avait lu la lettre par-dessus son épaule. Il affichait une mine de totale incompréhension.

- « Bon ben… J'imagine que ce n'est pas la peine de me fatiguer pour trouver une déclaration originale. Je l'ai ma réponse : je n'existe pas pour elle. Tu te rends compte ? Après toutes ces années, elle ne prend même pas la peine de citer mon prénom pour demander de mes nouvelles. J'aurais pu être à la maison et brûler vif, mais elle s'en moque. Pour elle, je fais partie du collectif 'Weasley' et c'est tout », gémit-il indigné et incrédule à la fois.

- « Ca pourrait être pire… Elle n'a pas écrit un mot sur Krum », fit maladroitement Harry, dans l'espoir de lui remonter le moral. Il se dit que dès qu'il serait un moment seul dans la chambre, il lirait les lettres de ses deux meilleurs amis. Il y trouverait sûrement un début de solution.

Mrs Weasley leur avait annoncé que le repas du soir serait servi dans dix minutes. Ils décidèrent donc de patienter au salon. En y entrant, ils découvrirent que quelque chose avait changé dans la pièce.

- « Ca alors ! L'horloge de grand-mère ! », s'exclama Ron.

Le bois de l'horloge était noir de suie et la vitre du cadran avait été brisée, probablement par l'un des mangemorts qui avaient saccagé le Terrier avant de l'incendier. De plus, l'une des aiguilles était légèrement tordue. Pourtant, l'horloge continuait à émettre un tic-tac régulier.

- « Je pense que Mondungus pourra la restaurer », déclara Rémus Lupin entrant dans la pièce. Vous possédez une très belle horloge. Elle doit avoir une valeur particulière pour votre famille », dit-il en fixant Ron.

- « Oui, sans doute. Comment va Tonks ? », demanda Ron. Harry et lui étaient tout de même un peu inquiets à son sujet.

- « Elle sortira demain après-midi. C'est une vilaine fracture et quelques légères brûlures. Tonks est passée à travers le plancher des Lovegood en voulant évacuer le père de Luna et sa cheville gauche est restée coincée sous le parquet encore incandescent. Elle se l'est cassée en se dégageant », expliqua le professeur.

- « Savez-vous quand le professeur Dumbledore a prévu de revenir me voir pour l'occlumentie ? », le questionna Harry.

- « Non, je l'ignore. Il a beaucoup de problèmes à régler avec le Ministre et d'autres personnes haut placées », dit-il en secouant la tête. « Bon, je vais voir si on n'a pas besoin de mes services en cuisine. » Et Lupin les quitta.

Le regard de Harry voyagea dans la pièce. L'horloge, quand elle serait restaurée, irait plutôt bien avec l'ensemble des autres meubles. Sur l'une des petites tables, se trouvait l'exemplaire de la Gazette du professeur Lupin. En première page, on pouvait lire : 'Un cauchemar brûlant secoue le monde de la sorcellerie'. L'article était illustré par les ruines ou plutôt les cendres des maisons des victimes. Le Terrier figurait parmi les photos. A la place de la charmante demeure des Weasley, il n'y avait plus qu'un lopin de terre fumante et désolée. Sur une autre photo, Charlie Weasley aidait Amélia Bones, une grande femme blonde à sortir de chez elle. Ils franchissaient ensembles la porte d'entrée de la maison en flammes. Mrs Bones était vêtue d'un peignoir blanc à gros pois rouges et un tuyau de douche s'obstinait à s'enrouler autour d'elle, à la manière d'un boa constrictor.

Puis, son attention fut attirée par une photo qui lui semblait étrangement familière. On y voyait une rangée de maisons identiques bordées d'allées et de pelouses bien entretenues. Un attroupement de curieux s'était formé devant l'emplacement vide de l'habitation, désormais sinistrée, des victimes. Ces personnes ne portaient pas de robes, mais des vêtements moldus.

- « Mais c'est 'Little Whiging'!", s'étrangla Harry.

- "Qu'est-ce que tu dis?", demanda Ron.

- « Tu sais bien, la ville où habitent les Dursley. Je reconnais le quartier. »

Harry plissa les yeux pour déchiffrer la légende, rédigée en caractères minuscules, sous la photo : 'La maison des Evans, une paisible famille de Little Whiging, réduite en poussières. Le ministère a réussi à faire passer cet acte odieux pour un accident dû au gaz.'

- « Ron ? Harry ? Le repas est servi ! », fit la voix de Fleur, en provenance de la cuisine.

Harry déposa le journal, l'air songeur. Etait-ce une simple coïncidence ? Dumbledore avait dit que plusieurs moldus avaient subi le même sort. Et pourtant… Si Voldemort avait découvert l'endroit où il passait ses étés….

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Plusieurs jours s'étaient écoulés sans que Dumbledore ne revienne au Quartier Général. Harry avait passé son temps à jouer aux échecs version sorcier avec Ron, Ginny et Luna ainsi qu'à soigner Buck. L'état de l'hippogriffe commençait à s'améliorer. Harry veillait à ce qu'il se nourrisse et sorte de temps en temps dans le jardin. Sans lui, Buck se serait sans doute laissé dépérir sur la vieille cape de Sirius.

De temps en temps, les Weasley et Harry accompagnaient Luna à Ste Mangouste. Celle-ci s'arrangeait toujours pour ne pas arriver les mains vides. Elle avait par exemple réussi à déterrer à l'aide d'une pioche un des horglups du jardin et l'avait repiqué dans un pot qu'elle avait placé sur la table de chevet de son père. Elle lui apportait également la gazette et lui en faisait la lecture. Mr Lovegood était enrubanné de la tête aux pieds dans d'épais bandages d'où s'échappait une odeur épicée. Il lui était donc difficile de soutenir une conversation, mais lui et Luna semblaient posséder leur propre langage, au-delà des mots.

Pendant leurs visites à l'hôpital des sorciers, Fleur restait seule au quartier général. Mrs Weasley lui avait en effet, interdit de se fatiguer. Molly Weasley était aux petits soins pour Fleur depuis que Bill lui avait officiellement annoncé qu'elle allait être grand-mère. Même si elle s'inquiétait de l'avenir de leur enfant, la nouvelle de sa prochaine naissance l'avait rendue radieuse. Toutefois, quand la question de l'organisation du mariage fut abordée, son visage s'était assombri. Traditionnellement, les Weasley se mariaient dans la demeure familiale. Or, le Terrier détruit, Molly Weasley se désolait de ne pouvoir offrir une fête digne de ce nom à son fils et à sa fiancée. De plus, il était exclu que la fête ait lieu en France, chez les Delacour. Les Weasley ne pouvaient quitter la Grande Bretagne, leur engagement dans l'Ordre du Phénix ne le leur permettait pas. Bill et Fleur la rassuraient : ils trouveraient certainement quelque chose de très convenable pour la cérémonie. Mais Mrs Weasley ne pouvait se résoudre à les voir s'unir dans la salle d'une taverne louée pour l'occasion.

Quant à Tonks, celle-ci était finalement rentrée de l'hôpital. Sa cheville était guérie, mais on pouvait encore voir les vilaines cicatrices des brûlures. Dans d'autres circonstances, la jeune auror aurait sans doute obtenu un congé de convalescence de la part du ministère. Mais le Ministre de la magie avait déclaré qu'ils avaient besoin de toutes les baguettes valides et Tonks était retournée travailler.

Le matin du sixième jour qui suivit leur balade au Chemin de Traverse, Harry prenait son petit déjeuner avec les Weasley, quand Dumbledore entra dans la cuisine.

- « Bonjour tout le monde ! J'espère que tu te sens en forme pour une séance d'occlumentie, Harry. Je suis désolé, je n'ai pas eu de temps à te consacrer cette semaine. Comme Mr Weasley a dû t'expliquer, la folie s'est emparée du ministère et de notre monde en général », dit-il en s'asseyant avec eux.

En réalité, Mr Weasley, lui-même n'avait pas eu le temps d'expliquer grand-chose. Harry et Ron ne l'avaient pas souvent vu non plus, cette semaine. La maman de Ron leur avait tout de même raconté que le ministère se débattait encore et toujours face aux attaques de la presse qui avait qualifié la brochure de prévention d'inefficace et qui accusait les aurors d'être mal organisés et trop inexpérimentés. Comme si cela ne suffisait pas, les gobelins avaient commencé à manifester devant Gringott et la banque n'était plus ouverte que deux heures par jour. Cela avait engendré de fâcheuses conséquences pour l'économie du monde des sorciers. Le cours du gallion ne cessait de chuter.

Fleur servit une tasse de thé au directeur de Poudlard.

- « Merci ! », dit-il. « Au fait, je ne me suis pas excusé auprès de Bill et vous pour vous avoir gâché votre soirée de fiançailles. Pour me faire pardonner, je vous offre l'organisation de la cérémonie de mariage. Que diriez-vous du mois de mai ? Le parc de Poudlard est magnifique en cette saison. »

Fleur se jeta au cou du vieil enchanteur et l'embrassa sur la joue.

- « Ho ! Je vous demande pardon, Professeur ! Mais je suis si contente… », se reprit la future maman.

- « Ce n'est rien, mon petit », déclara Dumbledore. Sous sa longue barbe blanche, un sourire amusé reliait ses joues teintées de rose. « Ca rend émotif l'attente d'un petit sorcier. »

- « Ou d'une petite sorcière », fit remarquer Bill qui serra la main du directeur en le remerciant chaleureusement.

- « Et bien… Selon les statistiques de la famille Weasley… Georges et moi, nous miserions plutôt sur un garçon », ajouta Fred en souriant.

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La journée se passa rapidement. Harry faisait de gros progrès en occlumentie. Il avait réussi à repousser toutes les intrusions de Dumbledore. Il commençait même à pouvoir retourner le sort contre le vieux professeur. Il n'était toutefois pas encore assez rapide pour pouvoir lire ses pensées. Il avait juste le temps de sentir qu'il entrait dans l'esprit de quelqu'un d'autre, avant d'en être doucement mais fermement expulsé.

A la fin de leur séance, Dumbledore lui annonça qu'il serait bientôt capable de se débrouiller seul avec l'occlumentie.

- « Mais tu dois encore t'entraîner quelque peu. Il faut que tu puisses renverser le sort à chaque fois », expliqua Dumbledore.

- « Pourquoi ? »

- « A cause du lien qu'il a créé entre vous, si Voldemort tente à nouveau de s'immiscer dans ton esprit, son attaque sera plus puissante que mes tentatives d'intrusion. Voilà pourquoi je souhaite que tu apprennes aussi à renverser le sort contre un adversaire. Cela demande plus de concentration et plus de puissance magique que lorsqu'on se contente de protéger ses pensées. Ainsi, tu seras bien préparé à te défendre.

Harry fit un signe de tête pour dire qu'il comprenait. Puis, il se souvint qu'il avait une question à poser à Dumbledore.

- « Professeur ? Puisque j'ai fait des progrès, peut-être pourriez-vous m'expliquer pourquoi tous mes trajets s'effectuent par portoloin ? Mrs Weasley dit que c'est par mesure de sécurité. Mais le portoloin peut se perdre ou être volé et tomber dans les mains de n'importe qui. Alors, pourquoi ne pas utiliser la poudre de cheminette? »

Dumbledore eut un petit sourire.

- « Je suppose qu'il n'y a pas de danger à répondre à ta question. Tu as raison, Harry. De ce point de vue, il est plus dangereux d'utiliser un portoloin que la poudre de cheminette. Mais j'ai fait confiance aux Weasley pour ne pas égarer les portoloins que j'ai créés, car je craignais un danger plus important encore. Si le portoloin se perd ou est volé, il n'est pas certain qu'il arrivera aux mains de l'ennemi et que celui-ci saura s'en servir. Par contre, voyager par le réseau de cheminées suppose que tu connaisses le nom de l'endroit où nous sommes. Du moins pour le voyage retour. Et si Voldemort tentait de lire tes pensées, tu le mènerais directement à nous. »

- « Mais, Professeur, la maison est protégée par le 'Fidélitas', même s'il savait où nous nous trouvons, il ne verrait pas la maison, puisque vous ne l'avez pas invité. »

- « Non, c'est vrai. Mais il pourrait nous tendre une embuscade à l'extérieur ou essayer de briser les sorts de défense 'anti-intrus' que j'ai jetés sur la volière et sur la cheminée.

- « Mais où sommes-nous, dans ce cas ? »

- « Cela, Harry, je suis désolé, mais je ne peux pas encore te le dire. Il faut travailler encore un peu l'occlumentie.

- « Ho ! Mais je commence à me débrouiller comme vous dites ! ». Et joignant le geste à la parole, Harry pointa sa baguette vers Dumbledore et murmura 'Légilimens'. Il se sentit alors projeté dans l'esprit de Dumbledore. Le professeur, surpris par sa soudaine audace, mit un peu plus de temps pour soustraire ses pensées à son jeune élève. Harry eut juste le temps de voir la silhouette d'un gros animal, sans toutefois pouvoir l'identifier. Dumbledore le regarda sévèrement.

- « Je te demande de ne jamais recommencer ce que tu viens de faire. Ni avec moi, ni avec une autre personne. Tu es un jeune homme vif et plein d'esprit. Je n'aurai donc pas besoin de t'expliquer le pourquoi de cette interdiction. »

Harry ne répondit pas. Il s'interrogeait encore à propos de la pensée de Dumbledore. Qu'avait-il vu exactement ?

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Harry resta seul avec Fleur tout l'après-midi, tandis que Ron, Ginny et leur mère accompagnaient Luna à Ste Mangouste. Des membres de l'Ordre avaient repéré des activités suspectes autour de l'hôpital et leur respectable et puissant chef avait interdit à Harry de sortir ce jour-là. Harry aurait sans doute essayé de discuter son ordre, s'il n'avait une autre idée en tête. Depuis qu'il était arrivé au quartier général, c'est à dire depuis une bonne semaine, il n'avait pas encore pu disposer de cinq minutes de solitude afin de lire les lettres de ses amis.

Après le départ des Weasley et de Luna, il se rendit dans sa chambre et chercha toutes ses précieuses lettres, soigneusement conservées dans sa malle, parmi ses livres de sorcellerie. Quand il les eut trouvées, il s'installa à plat ventre sur son lit et entreprit de déchiffrer attentivement la belle écriture arrondie d'Hermione et les pattes de mouche de Ron.

Malheureusement, leurs longues lettres ne lui apprirent rien de plus qu'il ne savait déjà. Ron et Hermione s'inquiétaient surtout d'avoir si peu de ses nouvelles et faisaient quelques projets pour leur rentrée à Poudlard. Ce n'est que dans leurs dernières lettres qu'Harry trouva tout en bas des feuilles une allusion à leur dispute. Mais, Hermione disait 'qu'elle ne voulait pas l'embêter avec ça' et Ron 'qu'ils en reparleraient sûrement dès qu'ils se verraient'. Un peu déçu, Harry sentit alors la fatigue lui picoter les yeux. Mine de rien, les séances d'occlumentie étaient épuisantes. Il posa alors les lettres et ses lunettes à côté de son lit et s'endormit.

Le soleil se couchait déjà, quand Harry entendit le tintement du carillon dans son sommeil. Il éprouva beaucoup de difficultés à ouvrir les yeux et à se réveiller pour de bon. Mais quand il y arriva, il remit ses lunettes et se leva. La maison qui était toujours assez calme, lui semblait à ce moment anormalement silencieuse. Luna et les Weasley devaient pourtant être de retour. Inquiet, il prit sa baguette et serrant fermement sa main autour, il descendit l'escalier. Le tapis qui recouvrait les marches étouffait le bruit de ses pas.

Arrivé en bas, il fit une pause pour écouter. Pas un bruit, pas l'indice d'une présence humaine ne parvint à ses oreilles. Sur ses gardes, Harry se décida alors à avancer dans le couloir. Il allait fouiller une à une toutes les pièces de la maison, s'il le fallait. Il entra dans la chambre de Buck. Celle-ci était vide. Il continua à marcher le long du couloir et arriva devant la porte du salon qu'il ouvrit avec précaution. La pièce était plongée dans l'obscurité la plus complète. Et puis soudain, Harry entendit une quinzaine de voix lui crier : 'Surprise !'. La lumière s'alluma et les personnes qui se trouvaient dans la pièce hurlèrent encore fort : 'Joyeux anniversaire !'.

Harry se rappela alors de la date. C'était le 31 juillet. Pour la première fois depuis des années, il avait complètement oublié son propre anniversaire. Beaucoup d'autres personnes y avaient pensé pour lui. Les Weasley, bien sûr. Mais aussi, Luna, Hermione, Neville et sa grand-mère, Tonks, Lupin, Hagrid et Dumbledore.

Au centre de la pièce, trônait un énorme gâteau au chocolat de chez Honeyduke. Il portait seize bougies. Sur une autre table, à côté, se trouvait une pile de présents. Harry sentit une boule d'émotion lui remonter dans la gorge. Les récents et tragiques événements avaient effacé le mot fête de son vocabulaire et de ses pensées. Il ne savait pas trop quoi dire. Les larmes lui montèrent aux yeux et ce n'est que quelques secondes plus tard qu'il articula péniblement un 'merci tout le monde'.