Je viens de me rendre compte que j'ai oublié d'écrire une chose importante.

Alors voilà : j'écris cette fiction durant mes loisirs. Elle n'a d'autre but que me divertir et je l'espère, divertir ses lecteurs. Je n'en tire donc aucun bénéfice pécunier. Je remercie JK Rowling pour ses brillants romans. Je me permets de lui emprunter ses personnages en lui promettant de les respecter.

Ouf ! C'est fait ;)

Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews! Elles m'encouragent à continuer malgré les crampes aux épaules =^^=

Elehyn : Merci pour tes reviews et tes encouragements heu... très persuasifs et stimulants, lol! Gros poutoux à toi aussi! (n'oublie pas que ta dragonne dois être nourrie 5 fois par jour et qu'il faut la sortir de temps en temps, hein ?).

Bubblejoyce : Voici un autre chapitre pleins de détails. Tous ne sont pas importants, c'est fait exprès pour maintenir le suspens (si vous devinez tout, c'est moins dôle ;)). Et puis, ça rend les personnages et leur univers plus réels.

Ca m'a aussi bien fait rire, que Draco appelle son chien Salazar lol! J'ai pas pu m'empêcher de l'écrire. Ben pour l'humour... Tu verras ce chapitre navigue entre émotion et parfois un peu d'humour (enfin, si les disputes entre Hermione et Ron vous font rire).



Alixe : Oui, je sais que je suis plutôt lente à rédiger mes chapitres. Mais bon... Il faut que je le fasse entre mon boulot et ma formation en cours du soir, donc cela ne me laisse pas des masses de temps. De plus, mes chapitres sont relativements longs, je trouve. Ils ont à peu près la taille d'un chapitre de livre. Enfin, puisque c'est les vacances, ce chapitre est légèrement plus long que les précédents. J'espère que tu passeras encore un bon moment et si tu as d'autres remarques ou questions, n'hésite pas, les reviews sont aussi faites pour ça



Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire ;)

Chapitre 8 : L'assemblée

Harry, sous le coup de l'émotion, avait un peu l'impression de vivre un moment hors du temps où le retour de Voldemort et la disparition de son parrain n'étaient plus que de mauvais rêves. Tout le monde semblait avoir oublié ses soucis. Même Ron et Hermione avaient dû se mettre d'accord pour enterrer leur différent le temps de cette soirée. Buck également, était de la fête. Il allait déjà beaucoup mieux, comme en témoignait la brillance retrouvée de son plumage.



Bien sûr, Sirius et ses parents n'étaient pas là pour partager ce moment avec lui. Mais, en voyant une autre pile de cadeaux disposée sur un fauteuil, Harry se rappela que Neville aussi fêtait son anniversaire et que Mr et Mrs Londubat n'étaient pas là non plus pour le lui souhaiter. A la différence que les parents de Neville étaient en vie. Cette famille était à la fois unie et séparée par une barrière aussi invisible qu'infranchissable. Neville était condamné à ne jamais connaître ses parents que comme deux corps apathiques et sans mémoire allongés dans des lits d'hôpital.

Harry se demanda comment une chose aussi horriblement injuste pouvait exister. Cela fit naître un sentiment nouveau en lui : l'envie d'arrêter tous les mages noirs et de faire en sorte qu'ils soient punis pour leurs crimes. Non par vengeance, non pas pour sauver quelqu'un ou quelque chose, mais par soif de justice. Ce fut son vœu lorsqu'il souffla ses bougies avec Neville. Il aurait pu souhaiter le retour de Sirius, mais il avait compris que certaines choses, même si on les désire de toute la force de son âme, sont impossibles à réaliser. Avec ou sans magie.

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Harry n'avait jamais goûté de meilleur gâteau au chocolat : la croûte croustillait agréablement entre ses dents et l'intérieur était moelleux à souhait. Le jus de citrouille et la Bièraubeurre coulaient à flots. Quand l'énorme gâteau fut avalé, Mrs Weasley suggéra à Harry et Neville d'ouvrir leurs présents. Les jumeaux Weasley leur avaient préparé à chacun un panier-assortiment d'échantillons de leurs toutes nouvelles farces et attrapes. Celui-ci contenait, entre autres, le spray anti-fouine (« Très utile lorsqu'on souhaite un peu d'intimité », assurait Fred) ainsi que le KCRC (kit contre les raseurs chroniques). Ce dernier était très complet. Il y a avait de la poudre anti-médisants, du gel destiné aux pots de colle, des pastilles de menthe contre les vantards, …

- « Le seul inconvénient, c'est qu'on n'a pas encore eu l'occasion de tester le kit », glissa Georges à l'oreille de Harry. « Nous n'avons pas encore trouvé le bon dosage de certains ingrédients. Mais peut-être que Ron, Neville et toi, vous pourriez trouver quelques cobayes intéressants à Poudlard ? », murmura-t-il avec un petit sourire entendu.

Le cadeau d'Hermione était sans surprise plus sérieux. Il s'agissait d'un gros livre intitulé « Compétences Nécessaires et Petits Plus des Aspirants Aurors ». Luna lui offrit un marque-page réalisé avec une mosaïque de petits morceaux de papiers qui rappelaient les emballages des Chocogrenouilles. Hagrid lui avait cuisiné toute une boîte de cookies au chocolat.

De leur côté, Lupin, Tonks et les autres Weasley s'étaient cotisés pour offrir à Harry une nouvelle montre-bracelet. Celle-ci était en argent mat et ne possédait qu'une seule aiguille parfaitement immobile.

- « Hooo ! C'est un bien bel objet ! », fit Dumbledore en se penchant pour admirer le présent. « Fabriqué par Mondo Marchandsable, si je ne m'abuse ? » Lupin acquiesça. « Vraiment magnifique ! Harry, tu me rappelleras au prochain cours d'occlumentie de t'en expliquer le fonctionnement. J'en profiterai pour lui ajouter quelques options que, personnellement, je trouve bien utiles. A propos… Voici mon cadeau ! » Le directeur sortit une enveloppe d'une des poches de sa robe et la lui tendit. Harry l'ouvrit et y trouva deux parchemins. Le premier provenait du ministère.

Cher Monsieur Potter,

Après réexamen de votre cas devant le Conseil d'Administration de Poudlard, nous avons le plaisir de vous informer de notre décision relative à votre précédente exclusion permanente de toute équipe de quidditch. Le conseil a jugé cette sanction trop sévère et a estimé que dix mois d'exclusion serait plus juste dans votre cas.

Par conséquent, vous pouvez réintégrer l'équipe de Gryffondor dès la rentrée scolaire.



Veuillez croire, cher Monsieur Potter, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Griselda Marchbanks, membre du Conseil d'Administration de Poudlard, Haut-Responsable du Comité d'Evaluation des jeunes sorciers.

- « J'aurais bien pris cette décision seul, mais le Ministre a jugé nécessaire d'inclure dans les compétences du Conseil d'Administration le choix des sanctions disciplinaires prises envers les étudiants, du moins dans les cas les plus graves », déclara Dumbledore. « Il a promis à la presse que les erreurs de Dolorès Umbridge ne se reproduiraient plus et il a donc refusé de confier cette responsabilité à une seule personne », explica-t-il.



Le visage de Harry s'illumina d'un sourire. Dès demain, il recommencerait à s'entraîner dans le dôme-jardin.



La seconde lettre venait de Poudlard.

Cher Monsieur Potter,

Vous trouverez ci-contre la liste des fournitures scolaires nécessaires aux élèves de sixième année. La rentrée académique aura lieu le premier septembre. Veuillez noter que le Poudlard Express partira de la voie 9 ¾ à la gare de King's Cross à onze heures précises.

D'autre part, le départ en juin de Mrs Johnson prive notre équipe de quidditch de son capitaine. J'ai donc pensé que ce poste pourrait vous intéresser. Vous aurez, dans ce cas, en charge la formation d'une nouvelle équipe puisque les postes de deux batteurs et de trois poursuiveurs sont à pourvoir.

Soyez assuré de ma considération.

Minerva McGonagall, directrice adjointe

- « Hum, Harry, Tu as intérêt à ne pas refiler nos postes à n'importe qui, hein ? Tu nous dois bien ça. Il faut que l'équipe reste au top, même après notre départ », dit Fred pour le taquiner. »

Harry lui assura que les épreuves de sélection seraient impitoyables.

- « Ho ! Et puis tant qu'à faire, si tu pouvais veiller à trouver des poursuiveuses aussi jolies que Angelina, Kathie et Alicia, ça ne nuirait pas au prestige de l'équipe », ajouta Georges avec un clin d'œil coquin.

- « Hé ! Je suis là, je te signale ! », lui fit remarquer Ginny, en lui donnant une petite tape. « Et j'ai bien l'intention de rester dans l'équipe et d'obtenir le poste de poursuiveuse. »



Harry se dit en lui-même que c'était une bonne chose.

D'abord parce qu'ainsi, il n'aurait plus que quatre joueurs à trouver.

Ensuite, parce que Ginny était une Weasley et qu'elle avait le quidditch dans le sang. Il avait pu s'apercevoir de son agilité sur un balais l'année précédente. Certes, il était meilleur qu'elle au poste d'attrapeur, mais elle avait du talent, c'était indéniable.

Et enfin, parce qu'en la regardant s'imposer parmi ses frères, Harry s'était rendu compte qu'elle ne « nuirait pas au prestige de l'équipe », comme avait dit Georges. Il l'avait observée rejeter négligemment ses cheveux en arrière et pointer son menton en avant. Ses joues avaient légèrement rosi et ses yeux verts brillaient avec fougue tandis qu'elle parlait de son projet. Ses lèvres affichaient une moue naturelle.

Neville s'avança alors vers Harry, ramenant ses pensées à la fête. Neville lui présenta un petit paquet rouge enrubanné d'or. A l'intérieur, se trouvait une sphère de cristal et dans celle-ci s'épanouissait une fleur écarlate comme Harry n'en avait jamais vu. Le cœur de l'étrange fleur libérait en continu de petits grains dorés et lumineux. Ces espèces de lucioles voyageaient dans la boule et disparaissaient quand elles en touchaient la paroi. Harry contempla sans mot dire la sphère de Neville. Les petites lucioles semblaient dégager une sorte de chaleur qui se diffusait agréablement en lui. La vision des pétales rouges était apaisante. Elles semblaient douces comme du velours, douces comme les lèvres de Cho. Ou celles de Ginny ?

Rougissant à cette pensée, il détacha son regard de l'objet, il demanda :

- « Qu'est-ce que c'est ? »

- « C'est une Etincelle d'Allégresse, une fleur magique rare. J'espère qu'elle te plaît », répondit Neville.

- « Ho ! Elle est magnifique ! », fit Hermione. « J'espérais justement que Mrs Chourave nous en montrerait cette année. J'ai lu dans 'Plantes à Fleurs magiques' qu'il suffisait de la regarder pour se sentir bien et décontracté. »

- « Dans ce cas c'est un cadeau qui me sera souvent utile, merci Neville », lui dit Harry reconnaissant. Puis, il s'aperçut en rougissant de plus belle qu'il n'avait pas du tout prévu de cadeau pour Neville. Et il était bien le seul, puisque même Luna avait décoré un cache-pot pour son Mimbulus Mimbletonia, une sorte de cactus qu'il emmenait partout avec lui.

- « Ho ! Neville, je suis vraiment désolé, je … »

- « Ce n'est pas grave ! », l'interrompit-il. Je sais que tu n'as pas vraiment eu l'occasion de faire les boutiques ces derniers temps. Ce n'est pas important. »

- « Bien sûr que si, c'est important ! Ne sois pas bête, je veux t'offrir quelque chose. C'est ton anniversaire à toi aussi. »

- « Dans ce cas, on n'a qu'à dire que tu me devras un service. D'accord ? Il y aura sûrement plein de moments où j'aurai besoin d'un ami cette année », dit Neville en souriant.

- « OK ! », fit Harry, encore honteux. Il se promit néanmoins de se rattraper à Noël.

La fête se prolongea jusque tard dans la nuit. La lune avait déjà parcouru plus de la moitié de sa course dans la voûte céleste, lorsque Neville et sa grand-mère prirent le portoloin qui devait les ramener chez eux. Hermione quant à elle, dormirait dans la chambre de Ginny et Luna. Mrs Weasley y avait installé un lit supplémentaire.

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Le lendemain, Harry fut réveillé en sursaut par des cris dans l'escalier (celui qui d'habitude étouffait ses pas). Il enfila son peignoir à toute vitesse, persuadé que quelque chose de grave venait de se produire. Il mettait ses lunettes quand un cri plus perçant que les autres, lui permit de reconnaître la voix d'Hermione. Il ouvrit la porte et il la trouva en pleine dispute avec Ron. Ces deux meilleurs amis se situaient dos à lui et faisaient bien trop de bruit pour l'avoir remarqué.

- « Tu n'es vraiment qu'un pauvre type ! », hurla Hermione. « C'est la première journée que l'on va passer ensemble depuis des semaines, et la première chose que tu trouves à me demander c'est ce que j'ai fait avec Viktor ??? »

- « Et bien, oui ! Avoue que j'ai le droit de me poser des questions. Pendant que le Terrier, la maison de Luna et d'autres foyers disparaissaient consumés par les flammes, toi tu batifolais avec ce … ce…

- « Ce quoi ??? », siffla Hermione, sur la défensive.

- « Ho ! Peu importe ! Tu sais quoi ??? Tu n'as qu'a faire comme prévu : ne me parle plus, ça me fera des vacances ! », répondit Ron sèchement.

Hermione émit une sorte de petit cri offusqué, marmonna quelque chose qui ressemblait à 'si c'est ce que tu souhaites' puis tourna les talons. Elle rentra dans sa chambre en claquant violemment la porte. Ron resta quelques secondes immobile. Harry l'imagina la bouche grande ouverte, cherchant une réplique cinglante qui ne venait pas.

- « Heu… Salut ! », dit doucement Harry lorsque Ron se retourna vers lui.

- « Ho ! Bonjour. Je pense que le petit déjeuner est prêt, tu as faim ? J'étais venu l'annoncer à Hermione, mais elle ne m'en n'a pas laissé le temps comme tu vois », expliqua Ron sur un ton détaché qui manquait de naturel.

Manifestement, leur trêve était bel et bien finie.

Hermione ne daigna pas descendre prendre son petit déjeuner avec les autres ce matin-là. Lorsqu'elle remonta prendre de ses nouvelles, Ginny et Luna lui apportèrent un plateau. Elles restèrent enfermées dans leur chambre toute la matinée. Pendant ce temps, Harry s'entraîna à faire le vide dans son esprit, comme Dumbledore le lui avait demandé. Il n'avait pas de temps à lui consacrer ce jour-là, mais il tenait tout de même à ce que Harry continue à s'exercer.

Les filles reparurent lors du repas de midi. Mrs Weasley laissa ses enfants, Luna, Hermione et Harry entre eux, car elle et Fleur voulaient établir la liste de tout ce qui serait nécessaire au bébé.

- « Et puis, vous avez sûrement des tas de choses à vous raconter. Si vous voulez vous resservir, les plats sont au chaud, dans le four. Bon appétit ! »

Une fois que Mrs Weasley eût quitté la cuisine, un silence de plomb s'abattit sur la pièce. Tous mangeaient sans mot dire. Ils ne s'adressaient la parole que pour demander la bouteille de jus de citrouille ou le sel. Ron et Hermione ne regardaient personne, leur visage fermé comme jamais, était résolument tourné vers leur assiette. Celui d'Hermione était gonflé comme si elle avait passé la matinée à pleurer. Harry les observait tristement.

- « Il ne m'a même pas dit qu'il était content de me revoir », fit une voix mélancolique.

- « Pardon ? », sursauta Harry. « Tu as dit quelque chose Hermione ? »

- « Moi ? Non », dit-elle, surprise.

- « Ha bon… Excuse-moi. »

Harry avait pourtant l'intime conviction de l'avoir entendu parler, mais, chose étrange, elle n'avait pas remué les lèvres. C'était un peu comme le ventriloque qu'il avait vu à la télévision chez les Dursley, il y avait de cela plusieurs années déjà.



Le dîner s'acheva d'une manière aussi morne qu'il avait commencé. On n'entendit plus d'autres décibels que le bruit des couverts sur les assiettes.

Harry qui n'avait pas l'intention de passer tout le mois d'août dans cette ambiance, proposa d'organiser une partie de quidditch au jardin. Ron Ginny et Luna accueillirent son idée avec un certain soulagement. Il y avait une valise contenant des balles de quidditch dans l'une des chambres qui n'avaient pas encore été nettoyées. Hermione quant à elle, déclara qu'elle préférait regarder le match. Cela tombait plutôt bien puisqu'ainsi, le nombre de joueurs par équipe serait équitable. Ron jouerait avec Luna et Harry avec Ginny. Ils n'étaient toutefois pas assez nombreux pour constituer des équipes complètes.



- « On n'a qu'à assumer à la fois les rôles de batteur, de poursuiveur, de gardien et d'attrapeur », suggéra Ron qui avait très envie de s'entraîner avec son Brossdur. Les autres acquiescèrent. Ils préféraient visiblement s'imposer ce handicap plutôt que se priver d'une activité qui ne demandait pas de faire la conversation.

- « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée », dit doucement Hermione qui s'était installée avec un livre à l'une des tables.

- « En quoi cela te concerne-t-il ? Tu n'as pas envie de jouer », répondit Ron.

Malheureusement, cette solution s'avéra désastreuse. Les joueurs étaient incapables de maintenir leur attention à la fois sur les cognards, le souaffle et le vif d'or. Leurs performances étaient donc plus que pathétiques. Pire, l'idée de Ron était dangereuse. Les cognards normalement 'contrôlés' par deux batteurs devenaient vicieux. L'un d'eux frôla à plusieurs reprises la tête de Harry. De plus en plus violents, les cognards ricochaient sur les arbres du jardin qu'ils abîmaient au passage. Toutes les petites fées s'étaient mises à l'abris dans leurs cachettes, plus aucune n'osait se montrer.

Lorsque Luna se fit désarçonner du Brossdur emprunté à Georges, Hermione qui avait regardé ce massacre d'un air tantôt inquiet, tantôt agacé, se décida à intervenir.

- « Ben voilà ! Je vous l'avais bien dit que c'était dangereux », maugréa-t-elle en aidant Luna à se relever. « Il faut vraiment être un inconscient doublé d'un abruti pour avoir des idées pareilles ! », lança-t-elle en direction de Ron qui atterrissait.

Ron voulu répondre, mais à ce moment sa mère sorti de la cuisine.

- « Que se passe-t-il ici ? »

Puis, en voyant le jardin ravagé par les impacts de cognards, toujours déchaînés, elle sortit sa baguette et obligea les balles à rentrer dans la valise.

- « Non mais, vous avez vu ce chantier ??? C'est une chance que personne n'ait été blessé. Qu'est-ce qui vous a pris ? », cria-t-elle, rouge de colère.

- « Mais, Maman, C'est à cause des cognards, ils sont devenus enragés lorsqu'ils ont senti qu'on n'était pas assez nombreux pour les maîtriser », plaida Ron.

- « Je ne veux pas le savoir. Fleur a besoin de calme. Vous ne jouerez plus au quidditch avant d'avoir trouvé une solution à ce problème. » Sur ce, Mrs Weasley retourna auprès de sa future bru.

Ron croisa alors le regard d'Hermione qui secouait la tête tristement.

- « Ho ! Ca suffit, hein ? Si tu avais une meilleur idée, tu n'avais qu'à le dire tout de suite », fit Ron de mauvaise foi.

- « J'ai essayé, je te signale, mais tu es bien trop buté et macho pour faire attention à moi. Tout ce qui t'intéresse c'est mes fréquentations, pas ce que j'ai dans la tête ou dans le cœur. »

- « Si tu avais un cœur, je serais au courant. Les gens qui ont un cœur s'inquiètent de savoir ce que devient leur ami dont la maison a été détruite par une attaque de mangemorts. »

- « Je… », commença Hermione, au bord des larmes.

- « Assez, vous deux ! Vous n'avez pas honte ? Au lieu de vous conduire comme des gamins, vous feriez mieux de vous préoccuper un peu de Harry. Parce que si ce qu'il nous a dit sur la prophétie est exact, il n'a pas fini d'en baver », l'interrompit Ginny sur le ton autoritaire qu'elle avait employé la veille avec les jumeaux.

- « Comment ça, la prophétie ? Tu sais ce qu'elle disait, Harry ? Je pensais qu'elle avait été détruite ? », bredouilla Hermione, abasourdie.

Harry n'avait pas vraiment envie de leur en parler, mais d'un autre côté, si cela pouvait mener Ron et Hermione à ce réconcilier… Les yeux fixant le sol, il leur raconta donc tout ce qu'il savait à ce sujet. Au fur et à mesure qu'il parlait, il sentait ses amis se figer d'horreur.

- « Mais, Harry… Tu ne peux pas… Je veux dire… Tu ne vas quand même pas défier Voldemort ? », le questionna Hermione, d'une petite voix aiguë, quand il eut terminé.

- « Il semblerait pourtant que ce soit ma destinée », répondit Harry sur un ton sombre et amer.

- « Mais … C'est Trelawney qui est responsable de cette fichue prédiction. Qu'est-ce qui nous prouve que ce n'était pas de la comédie pour se faire engager par Dumbledore ? », dit Ron.

- « Tu oublies qu'elle avait prédit devant moi que Queudver rejoindrait Voldemort. Elle n'a pas fait semblant, j'en suis convaincu. » Harry soupira. « Ce n'est pas évident à accepter, mais mon futur est lié à celui de ce monstre. »

- « Mais c'est horrible ! Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas vivre comme un reclus toute ta vie ! », se révolta Hermione.

- « Non et je ne le veux pas, non plus. Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Même Dumbledore est incapable de me garantir la victoire en cas de duel. Mais un chose est sûre : je ne resterai pas sans rien faire à regarder Voldemort détruire ceux que j'aime », dit-il avec détermination.

Un grand silence suivit ces paroles.

- « Bien, Harry… Je pense qu'aucun de nous n'a le droit de te dire ce que tu dois faire. Mais quels que soient tes choix, on te soutiendra », déclara Ron.

- « Tu pourras toujours compter sur nous », ajouta Hermione en posant sa main sur son bras. Ginny et Luna acquiescèrent.

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Durant la suite des vacances d'été, plus personne ne fut témoin d'une scène entre Ron et Hermione . Ils se parlaient juste lorsque c'était nécessaire et de manière formelle, peu naturelle, mais c'était tout de même un début d'amélioration.

Hermione et Luna eurent tôt fait de trouver une solution pour l'entraînement de quidditch. Il suffisait de laisser les cognards dans leur boîte. Ginny et Luna essayaient chacune de marquer le plus de goals, Ron tentaient de les en empêcher pendant que Harry s'employait à attraper le vif d'or en un temps record. Ce dernier avait prêté sa montre à Hermione pour qu'elle chronomètre la durée du jeu. Ainsi chacun s'exerçait de manière efficace. De plus, le jardin était vraiment un terrain idéal. Les arbres, guéris des coups de cognards par Dumbledore, constituaient autant d'obstacles à éviter en vol. Les conditions climatiques sous le dôme étaient toujours égales : pas de pluies ni de trop fortes chaleurs. Parfois Buck se joignait à eux et survolait leur match.

Parfois, Harry rêvait encore de son parrain, mais il n'en parlait à personne.

Dumbledore revint plusieurs fois le voir pour les séances d'occlumentie. Un jour, une semaine avant la fin des vacances, le directeur lui annonça qu'il était prêt à se débrouiller tout seul.

- « Mais je souhaite que tu te rappelles de ne jamais abuser de ce pouvoir, Harry. Aussi tentant cela puisse être. »

- « Oui, je comprends », répondit-il.

- « Bien. Dans ce cas, tu es le bienvenu à l'assemblée de l'Ordre qui aura lieu la veille de la rentrée. Je crois qu'il s'y dira des choses assez importantes. »

Harry avait hâte de savoir ce qui se tramait.

La semaine se passa bien vite, sans aucun événement notable, à part l'arrivée des résultats des BUSES de Ron et la discussion qui s'en suivi. Ron avait obtenu d'excellentes notes, même en potions. Seules celles de Divination, d'Histoire de la Magie et d'Astronomie laissaient à désirer. Hermione se mit à énumérer ses propres résultats, comme toujours impeccables. Au milieux des félicitations, Harry se rappela les étranges étoiles qui remplaçaient sa note de potion. Sa gorge se noua quand on lui demanda si lui aussi avait réussi. Il ne trouva rien d'autre à répondre qu'un évasif : « Oui, je ne me plains pas ».

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Le soir de la réunion arriva enfin. Harry avait promis à ses amis de leur raconter tout ce qu'il entendrait. De son côté, Mrs Weasley avait passé la journée à ranger le salon, à disposer les chaises et les fauteuils autour des petites tables, ainsi qu'à confectionner des tonnes de petits gâteaux et d'amuse-bouches.

Les membres arrivèrent par petits groupes et prirent place dans le salon. Leur chef entra à son tour et demanda le silence.

- « Bonsoir à tous ! », les salua Dumbledore. « Avant de commencer, Sévérus Rogue s'excuse de ne pouvoir être présent avec nous ce soir. Il n'a pu se libérer de sa mission. De même, Minerva McGonagall n'a pu se déplacer jusqu'ici puisqu'en ce moment, elle assume à elle seule l'organisation de la rentrée des classes. Quant à Nymphadora Tonks, elle m'a prévenu qu'elle serait légèrement en retard. » Le vieux mage fit une pause puis, il reprit : « Sont à l'ordre du jour : les nouvelles de l'étranger et quelques petites informations inquiétantes concernant notre pays. Je propose de commencer avec les nouvelles de l'étranger que nous rapportent Hestia Jones, Sturgis Podmore et Emmeline Vance. Ils ont assuré la liaison avec nos membres éloignés, cet été. Certaines informations sont parfois trop délicates à transmettre par hibou ou par quelconque voie de communication habituelle », ajouta le directeur à l'intention d'Harry.

Harry répondit au sourire que lui adressaient les trois sorciers et sorcières. Ils s'étaient connus lors de son départ de chez les Dursley, un an plus tôt. Sturgis avait beaucoup vieilli, probablement à cause de son séjour à Azkaban. Heureusement que Dumbledore avait obtenu sa libération début juillet.

Emmeline Vance se leva et prit la parole. Elle avait l'air particulièrement digne et imposante dans son châle vert émeraude.

- « Nos contacts ont presque tous enregistré des mouvements suspects de créatures magiques. Il semblerait que les géants bougent vers le sud. Charlie Weasley nous a signalé plusieurs disparitions d'œufs de dragons. Les autorités roumaines parlent de contrebande, mais lui pense que c'est pire que cela. Selon lui, les contrebandiers agissent de manière moins organisée et volent moins d'œufs d'un coup, si bien qu'on se rend rarement compte de leur passage dans les réserves. En Afrique, la situation est très instable. Ali Bashir parle d'épidémies particulièrement virulentes. Il est probable que quelqu'un ait lâché un nundu dans un bidon-ville. »

- « Oui », dit Dumbledore. « Il y a de quoi s'inquiéter. De son côté Viktor Krum m'a parlé d'une recrudescence de morsures de vampire dans son pays et les régions voisines. Il a fait le voyage jusqu'ici sous prétexte de visiter une amie, mais en réalité, il voulait me transmettre une information urgente. Selon lui, le Ministre bulgare serait tenté de jouer sur les deux tableaux : d'un côté, rassurer la population et de l'autre s'arranger avec les forces des ténèbres pour rester au pouvoir. Krum est rentré précipitamment chez lui, la nuit des attaques. Il voulait s'assurer que sa famille était en sécurité. Mais il m'a promis de garder un œil sur leur Ministre et de m'informer du moindre changement. »

- « Mais Professeur, que signifient tous ces mouvements de créatures magiques ? », demanda Harry.

- « Cela ne peut vouloir dire qu'une chose, Harry. Voldemort est en train de re-constituer son armée. »

Cette déclaration déclencha des exclamations étouffées dans la pièce.

- « Bon passons maintenant aux informations concernant la Grande Bretagne. Comme vous le savez tous, les attentats d'il y a un mois visaient pour la plupart des membres du ministère. Il faut y voir au mieux un avertissement, au pire une menace pour l'avenir. Fudge a renforcé la sécurité du ministère. Il craint un coup d'Etat autant que les gobelins grévistes. »

- « Oui, le cours du gallion n'a jamais atteint de niveau si bas. C'est très mauvais pour les affaires », se lamenta Mundungus.

- « C'est vrai que les commerçants deviennent nerveux sur le Chemin de Traverse », déclara Fred. Lui et son frère jumeau avaient obtenu d'intégrer l'Ordre le lendemain des attaques.

- « Ce n'est pas prêt de s'arranger, si j'en crois ce que m'a révélé Ragnok » , dit Bill. « Les gobelins parlent d'organiser des manifestations dans le hall du ministère et de forcer la porte du Ministre pour lui faire entendre leurs revendications. »

- « J'en toucherai un mot à Fudge dès demain », dit Dumbledore, préoccupé.

- « Pensez-vous que Vous-Savez-Qui voudrait s'emparer de la place du Ministre ? », demanda Mrs Weasley.

- « Je n'en sais rien, Molly. Il ne faut rien exclure et c'est pour cette raison que nous sommes là. D'autres choses doivent encore être mentionnées ce soir. En dehors des membres du ministère, plusieurs autres sorciers et des moldus ont été touchés par les attaques. Certains sont encore sans abris à l'heure où je vous parle. »

- « Pour ce qui est des moldus, nous y travaillons en collaboration avec leur premier ministre », intervint Mr Weasley. « Harry tu seras content d'apprendre que les habitants de 'Little Whiging' vont bien et que les Dursley n'ont pas souffert de l'attentat. » Harry se sentit vaguement coupable de ne pas avoir demandé plus tôt de leurs nouvelles. Mr Weasley reprit : « Et il me semble que les sorciers qui n'avaient nulle part où aller ont été accueillis à Ste Mnagouste en attendant de retrouver un logement. »

- « Il faudra établir si l'attaque de 'Little Whiging' était fortuite ou non, auquel cas, il faudra penser à l'évacuation de la famille de Harry. Je pense que Sévérus Rogue aura des informations à ce sujet lors de notre prochaine réunion. » Dumbledore se tut quelques instants puis, demanda s'il y avait d'autres choses à débattre. Comme personne ne disait rien, il reprit la parole. « Bien, je crois qu'il n'y a pas de décision importante à prendre ce soir. Je compte sur vous pour rester vigilants et pour continuer à glaner le plus d'informations possible. »

C'est à ce moment-là que Tonks fit irruption dans la pièce. Elle portait une minerve autour du cou et avait le bras gauche en écharpe.

- « Heu… Désolée d'arriver si tard. J'ai été retenue au ministère et pour gagner du temps, j'ai pris un raccourci. Malheureusement, des moldus ont installé des tas de fils 'éclektiques' depuis la dernière fois que j'avais emprunté ce chemin. Résultat : je me suis encastrée dedans avant de faire une chute de plusieurs mètres. C'est une chance que j'avais ma trousse de premiers soins magiques sur moi. Mais après, je ne vous raconte pas la galère pour retrouver le chemin de Godric's Hollow ! »

Les oreilles d'Harry bourdonnèrent en entendant ces derniers mots. C'est donc là qu'il se trouvait ! A Godric's Hollow, l'endroit où Voldemort avait assassiné ses parents.