Disclaimer: j'écris cette fiction durant mes loisirs. Elle n'a d'autre but que me divertir et je l'espère, divertir ses lecteurs. Je n'en tire donc aucun bénéfice pécunier. Je remercie JK Rowling pour ses brillants romans. Je me permets de lui emprunter ses personnages en lui promettant de les respecter.
Ouf ! C'est fait ;)
Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews! Elles m'encouragent à continuer malgré les crampes aux épaules =^^=
Bubblejoyce: oui, je trouve aussi que Ginny a du potentiel;)
Pour la fleur offerte par Neville, ben j'ai eu l'idée parce qu'il y a 2 choses qui réussissent toujours à me rendre le sourire : voir un bébé qui dors ou qui sourit et puisles fleurs. Et puis, cette fleur, j'en reparlerai encore un peu à l'occasion. Merci pour tes encouragements, ils m'aident quand je bute sur des détails. Et bien sûr que je continue. Je ne me suis pas creusée la tête pour créer le plan de cette histoire pour rien, lol!
Alixe : Je n'ai pas pris ta remarque comme un reproche, Alixe. Au contraire, si vous attendez la suite avec impatience, c'est plutôt flatteur pour moi. Je me suis juste expliquée sur le pourquoi de la longueur des délais entre les mises à jours (histoire que vous ne me preniez pas pour une paresseuse^^). Je regrette de ne pas avoir plus de temps pour écrire, mais il n'y a que 24heures dans une journée :(
Hum des détails sur Godric Hollow ? Oui, tu vas en lire quelques uns dans ce chapitres. Mais il y aura surtout pas mal de révélations sur James. Merci de ta fidélité ;)
Elehyn : Ben voici la suite de la révélation sur Godric Hollow. Mais tout ne sera pas dit dans ce chapitre, tu t'en doutes ^^ Pour Neville, heu... Oui c'est pas très juste qu'il n'ait pas eu de cadeau de la part d'Harry mais celui-ci va trouver une façon de se rattraper.
Pour Candy... Heu, ben tu vois, je continue. Et puis, entre nous, c'est mauvais de chager brusquement la marque de pâtée de son dragon, lol ;) Merci pour ta review!
Donc voici le fameux chapitre 9, lisez-le assis, vous risquez d'être surpris ^^ Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire!
Chapitre 9 : Les nouvelles mesures de sécurité
Le salon se vidait progressivement. Certains membres de l'Ordre avaient déjà quitté la maison, d'autres bavardaient encore dans la pièce ou dans le couloir. C'était le cas de Tonks qui questionnait le professeur Lupin à propos de la réunion qu'elle avait manquée.
Au milieu de ces conversations et de ces départs, Harry avait bien du mal à assimiler ce qu'il venait d'apprendre. Dumbledore s'aperçut de son trouble et se dirigea vers lui.
- « Alors, Harry… Que penses-tu de notre organisation ? As-tu des questions à me poser avant que je m'en aille ? », demanda-t-il sur un ton badin.
- « Je … », hésita Harry.
Les informations qu'il possédait sur ses parents, se comptaient sur les doigts de la main. On lui avait tellement peu souvent donné l'occasion de poser des questions que par habitude ou résignation, il les avait gardées pour lui. Et finalement, il avait relégué ses interrogations dans un coin isolé de son cerveau et les avaient presque oubliées. D'un côté, la perspective de pouvoir enfin demander ce qu'il voulait était géniale, mais de l'autre … Voulait-il vraiment connaître ce qu'on lui avait caché ? Il avait tellement de soucis en tête qu'il ignorait s'il y avait la place pour y en ajouter de nouveaux.
- « Harry ? Tout va bien ? », s'inquiéta Dumbledore.
'Et puis non !' dit une petite voix courageuse dans la tête de Harry. 'C'est trop bête. Tant pis si ça fait mal, il faut que je sache'.
- « Harry ??? »
- « Oui ! », répondit-il brusquement. « Oui, j'ai des questions. Nous sommes à Godric's Hollow, n'est-ce pas ? »
- « C'est exact. »
- « Le même Godric's Hollow où mes parents sont morts ? »
- « Oui. »
- « Mais cette maison… ? »
- « …n'est pas celle de tes parents puisqu'elle a été complètement détruite le soir où ils ont disparus », compléta Dumbledore. «Cette demeure appartient à mon frère, Alberforth. Il a longtemps habité ici, avant d'ouvrir son auberge à Pré-au-Lard. Il était 'laboranmage', c'est-à-dire qu'il faisait des recherches sur certaines propriétés magiques, mais en dehors du ministère, ce travail n'est pas rentable », expliqua le vieil homme.
- « Il y a des sorciers qui font de la recherche en dehors du ministère ? », s'étonna Harry tout en se remémorant les choses étranges et souvent inquiétantes qu'il avait vues au département des mystères.
- « Très peu. En fait, en dehors de Voldemort, je n'en ai connu que trois. Mon frère voulait rester indépendant du ministère. Il ne voulait pas que ses recherches soient limitées par les règles imposées par le Ministre et les personnes qui surveillaient les expériences. Cela lui a valu pas mal d'ennuis à une époque car les Ministres de la magie, pas seulement Fudge, acceptent mal, en général, qu'on puisse suivre d'autres règles que les leurs. Bref, ces embêtements furent une des raisons qui le poussèrent à changer de métier. »
- « Qui sont les autres personnes ? », le questionna Harry, une sensation bizarre au creux de l'estomac.
Dumbledore soupira et ferma les yeux comme pour se remémorer une autre époque.
- « Ces personnes ont quitté ce monde depuis des années. Il y avait Eva Lovegood, la mère de Luna (Harry se rappela alors que Luna lui en avait déjà parlé) et puis, encore avant elle, ton père, Harry. »
- « Mon père était un laboranmage ? »
Harry était tellement abasourdi, qu'il faillit tomber à la renverse. Il avait toujours cru que son père s'était tourné vers une carrière d'auror ou de joueur de quidditch.
- « Oui, c'était son métier », répondit Dumbledore en souriant de son étonnement. « Mais il n'a trouvé sa voie que fort tard, sans doute au hasard d'une rencontre. Ton père était un élève doué, très doué. Cependant, comme tu le sais sûrement déjà, il avait beaucoup de mal à respecter les règles. Aussi bien à Poudlard qu'après, d'ailleurs. Il n'aimait guère se conformer à ce qu'on attend habituellement d'un élève de son niveau »
- « Mais, pourquoi ? »
- « Il se trouve que ton père venait d'une grande famille de sorciers très fortunée. Ses parents pouvaient lui offrir presque tout ce qu'il aurait pu désirer. Il ne se sentait donc pas obligé de choisir un métier bien rémunéré. En fait, si j'ai bon souvenir, il ne se sentait pas tenu de choisir une quelconque carrière. »
Dumbledore se tut un instant, plissa les yeux et passa ses longs doigts dans sa barbe blanche. Harry devina qu'un sourire nostalgique était apparu sur son visage.
- « Je m'en souviens maintenant : le jour où il a rencontré Mrs McGonagall pour son conseil d'orientation, juste avant ses BUSES, quand elle lui a demandé ce quelle carrière il envisageait, il lui a répondu quelque chose comme 'goûteur de Bièraubeurre au 'Trois Balais'. Mrs McGonagall était scandalisée », dit le directeur, son sourire devenant malicieux. « Quoiqu'il en soit, la carrière de laboranmage semblait bien lui convenir : un minimum de règles à suivre et une fortune suffisante pour financer ses projets. »
- « Mais, je n'ai pas vu de dépliant au sujet cette carrière à Poudlard, même pour ceux qui veulent faire de la recherche au sein du ministère. Où mon père a-t-il appris son métier ? C'est vous qui le lui avez enseigné ? », demanda Harry en songeant aux étranges instruments magiques dont le bureau du directeur était rempli.
- « Non, c'est Alberforth qui a été son professeur. Ici même, pour tout te dire. Par la suite, ils ont longtemps travaillé ensembles sur leurs inventions respectives. Mon frère le tenait en grande estime, ce qui veut dire quelque chose, car d'habitude, il est plutôt … misanthrope et casanier, je dirais. C'est aussi comme ça que j'ai connu ton père après Poudlard et que lui et ta maman sont entrés dans l'Ordre du Phénix. Et en ce qui concerne les dépliants, le ministère n'en a pas édité pour cette profession. Le département des mystères a ses propres méthodes de recrutement de 'Langues-de-plomb'. Tout ce que les sorciers y font est très secret et bien protégé. Et puis, le ministère ne souhaite pas encourager les jeunes à devenir laboranmages. Les Ministres de la magie ont toujours eu très peur qu'un jour une invention échappe à leur contrôle. »
A ce moment, Mrs Weasley interrompit Dumbledore. Un hibou venait d'arriver pour lui. Il s'excusa auprès d'Harry et le laissa. Ce dernier encore sous le choc de toutes ces révélations, sortit à pas lents du salon et monta dans sa chambre à la même allure.
A l'intérieur de la pièce, Ron, Hermione et Ginny l'attendaient avec une foule de questions qu'ils lui lancèrent toutes en même temps. Ensuite, voyant qu'Harry ne leur répondait pas et qu'il avait l'air tout bizarre, Hermione lui demanda ce qu'il se passait.
- « Mon père… Mon père a travaillé ici », finit-il par articuler.
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Harry eut le sommeil agité cette nuit-là. Il se trouvait au fond d'un gouffre noir en train chercher les morceaux déchirés et éparpillés de la photo de ses parents. Puis, un sorcier aux cheveux noirs en bataille arrivait de nulle part, une fiole à la main. Dans un rire de dément, il renversait un liquide vert bouillonnant et faisait apparaître une cage magique dans laquelle Sirius se démenait furieusement. A nouveau, son parrain suppliait qu'on le libère, mais il disparaissait avant qu'Harry ne puisse l'atteindre.
Le lendemain matin, Harry fut réveillé par l'agitation des préparatifs de départ. Ron dormait encore, comme en témoignaient ses ronflements réguliers. Le soleil n'était pas encore levé. Les yeux embués de fatigue, Harry consulta alors sa montre et vit qu'elle indiquait 5h30. Il reposa la tête sur son oreiller et pensait se rendormir lorsque Mrs Weasley fit irruption dans la chambre.
- « Harry, Ron ! Bonjour ! Il est temps de vous lever. Nous avons un long chemin à faire », dit-elle.
Ron s'étira en baillant.
- « Harry, mon chéri, si tu veux utiliser la salle de bain, je pense qu'elle est libre. Pendant ce temps, Ron, tu devrais venir prendre ton petit déjeuner. Hermione et Luna sont déjà en bas. Ne traînez pas, il faut qu'on soit parti dans une heure. »
Le cerveau vaseux, Harry se leva et se dirigea un peu comme un aveugle vers la salle de bain. Tout-à-coup, il heurta quelque chose.
- « Aïe ! Harry, regarde devant toi ! », fit Ginny qui sortait de la salle de bain.
- « Ho ! Pardon Gin… Heu … »
La plus jeune des Weasley se tenait devant lui en sortie de bain, les sourcils légèrement froncés et arborait sa jolie moue de contrariété. La serviette qu'elle avait enroulée autour de sa tête avait glissé à cause du choc, libérant ainsi ses longs cheveux humides. Harry ramassa maladroitement la serviette et la lui rendit. La bouche grande ouverte, il regarda alors Ginny se diriger vers la chambre des filles et y entrer en fermant la porte derrière elle.
- « Et bien Harry ? Pas encore sous la douche ? », demanda Tonks avec un petit sourire. La jeune auror descendait à la cuisine. « Molly a fait des crêpes, je pense. Si tu ne te dépêches pas, tu n'auras pas le temps de les savourer à ton aise. »
Harry déglutit avec difficulté puis, entra dans la salle de bain.
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Une heure plus tard, Harry se trouvait avec les autres dans le couloir. Il avait pris sa douche sans se rendre compte qu'il n'y avait plus d'eau chaude, enfilé son pantalon à l'envers trois fois avant de le remarquer et mangé ses crêpes le regard dans le vide. Mais, il était prêt et c'était tout ce qui importait.
Leurs affaires étaient entassées contre le mur sur toute la longueur du couloir.
Le professeur Lupin qui avait également passé la nuit au quartier général, était en train d'en glisser une partie dans ses poches.
- « Un petit cadeau de Fred et Georges », précisa-t-il en tapotant ses poches. « Très utiles d'ailleurs, on sent à peine le poids des choses. »
- « Comment allons-nous nous rendre à King's Cross ? », l'interrogea Hermione.
- « Pas poudre de cheminette, ni par portoloin : le réseau de cheminées n'est pas sécurisé et il n'y a pas d'endroit où notre arrivée serait parfaitement discrète à King's Cross. Nous allons devoir voler un peu pour arriver au point de rendez-vous avec les voitures au ministère. Fudge a insisté pour nous envoyer des chauffeurs, mais Dumbledore ne pouvait pas lui dire de les envoyer ici. Le sortilège 'Fidélitas' ne protège pas d'une éventuelle embuscade à la sortie de notre quartier général et on ne sait plus trop à qui se fier au ministère, pour le moment. »
Ils se mirent tous à frissonner lorsque le professeur Lupin pratiqua le sort de désillusion sur eux. L'ancien ami du père de Harry rendrait ainsi leur déplacement imperceptible.
C'est alors que le carillon résonna dans la grande demeure.
- « Ce doit être Maugrey et Mundungus », commenta Tonks. « Ils doivent nous accompagner jusqu'au point de rendez-vous avec les voitures du ministère. »
- « Bien ! », fit le professeur Lupin. « Juste à temps. Bon écoutez-moi tout le monde. Ce trajet a été bien organisé, mais nous ne voulons prendre aucun risque. Nous allons voler pendant un peu plus d'une heure. Vous cinq – il désigna Harry et ses amis – vous resterez groupés au centre de notre formation de vol et vous ne vous éloignerez des autres sous aucun prétexte. C'est Molly qui vous montrera le chemin. Quoi qu'il arrive, ne vous arrêtez pas, continuez à la suivre. »
Le professeur Lupin fit alors signe à Tonks d'ouvrir la porte. Trois personnes se tenaient sur le seuil.
- « Papa ! », s'écria Luna en se jetant au cou du troisième homme.
Son père la reçut dans ses bras avec émotion. Son visage était encore partiellement recouvert de pansements.
- « Les médicomages m'ont laissé sortir hier. Alors, j'ai contacté Dumbledore et il m'a permis de vous accompagner à la gare. Ton directeur m'a aussi donné ça pour toi », dit-il en lui remettant un balai frappé de l'insigne de Poudlard. Mr Lovegood tendit deux autres balais à Mr et Mrs Weasley.
De leur côté, Fred et Georges qui devaient rester au quartier général avec Fleur, étaient train de dire au revoir à leur sœur.
- « Ne t'en fais pas, Ginny. Tu nous reverras bientôt. Peut-être plus tôt que tu le penses puisque nos négociations avec Honeydukes sont sur le point d'aboutir », dit Georges.
- « Ho ! Au fait, nous vous donnons nos balais à Hermione et toi. Vous en aurez besoin pour suivre les autres. Et puis, il paraît que tu es la nouvelle préfète des élèves de Gryffondor de cinquième année. Alors, tu as bien droit à une récompense », chochuta Fred.
- « Mais … Comment savez-vous ? Je ne voulais rien dire à la famille parce que je savais qu'avec l'incendie du Terrier, Maman et Papa auraient le cœur brisé de ne pouvoir m'offrir de cadeau comme aux autres. »
- « Ho … Disons, que nous avons nos sources », répondit Fred en sortant un bout de fil rouge de sa poche. Mais bon… C'est bien parce que c'est toi, hein ? Ne vas pas t'imaginer que nous avons changé d'avis sur les préfets. Nous avons une réputation à tenir, figures-toi. »
- « Bien… Il est temps d'y aller », grogna Maugrey. « La voie est libre si j'en crois mon bon œil. »
Ils enfourchèrent tous leur balai. Mrs Weasley décolla la première et les autres la suivirent. Maugrey, Mr Lovegood, Tonks, Lupin et Mundungus circulaient autour d'eux et Mr Weasley restait sur leurs talons.
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Après leur avoir fait signe de la main, Fleur, Georges et Fred rentrèrent au quartier général et la maison disparu derrière un bosquet d'arbres dont les feuilles jaunissaient déjà. Harry se sentait merveilleusement bien, comme à chaque fois qu'il avait l'occasion de voler. L'air était frais et légèrement brumeux. Néanmoins, il pouvait voir le soleil se lever timidement à l'horizon. L'été touchait à sa fin, pensa Harry, alors qu'il suivait la pente d'une immense colline. Et comme pour confirmer sa pensée, lorsqu'il parvint au-dessus du sommet de la colline, il vit s'étendre à perte de vue une lande dont les herbes et les broussailles avaient pris des teintes rouilles et ocres.
Après vingt minutes de vol, Mrs Weasley entama la descente vers la terre ferme et le reste du groupe l'imita. Une route traversait la lande en ligne droite. Deux voitures noires semblaient les attendre. C'étaient deux énormes limousines noires. Kingsley Shacklebolt sortit de la première pour les accueillir.
- « Bonjour ! Cette première partie du voyage s'est-elle bien passée ? »
- « Rien à signaler, Kingsley », grommela Maugrey.
Son œil tournait comme une toupie dans son orbite, scrutant fébrilement toutes les directions.
Le chauffeur de la seconde voiture sortit alors de son véhicule. Le sorcier portait une robe rouge vif et ses longs cheveux châtains étaient noués en catogan. Harry l'avait déjà aperçu une fois au ministère, le jour de son audience par le Wizengamot, l'année passée. Il allait le dire aux autres, mais à ce moment, il vit Ginny pousser Hermione et Luna du coude en désignant le nouvel arrivé.
- « Je vous présente mon collègue, Alex Bloodynose », déclara Kingsley. « Il conduira l'autre voiture. »
Alex leur adressa alors un sourire dévastateur. Harry remarqua que Tonks souriait bêtement et qu'elle faisait un petit signe de la main à son collègue.
- « C'est toi, Harry, n'est-ce pas ? », demanda Alex, en s'approchant de lui pour lui serrer la main.
Harry hocha la tête.
- « Bon, en route ! Ne restons pas bêtement à découvert comme ça », dit Kingsley.
- « J'allais justement faire la remarque ! », l'approuva Maugrey. « Harry monte avec Kingsley », maugréa-t-il, réprobateur et impatienté. Et comme les filles se dirigeaient vers la seconde limousine, il ajouta : « Très bien, très bien ! Les filles, Molly Tonks et Mr Lovegood, vous irez dans l'autre véhicule. Je vous accompagne. »
Harry cru l'entendre ajouter quelque chose comme « Vaut mieux que quelqu'un garde un œil sur l'autre godelureau ».
Quand tous furent installés dans les limousines, le paysage commença à défiler aux fenêtres. Une heure plus tard, ils avaient quitté les landes et se retrouvèrent en ville. Il y avait déjà beaucoup de circulation. Comme Harry l'avait expérimenté trois ans plus tôt, les voitures du ministère se retrouvaient systématiquement en tête de file lorsqu'un feu les arrêtait.
Tout-à-coups, une lumière rouge accompagnée d'un signal sonore, s'alluma sur le tableau de bord.
- « Ho non ! », murmura Kingsley.
- « Que se passe-t-il ? », demanda Arthur.
- « Les aurors chargés de la sécurité à la gare ont un problème. Sans doute trois fois rien, comme d'habitude. On ne peut pas donner tort à la presse : ils manquent vraiment d'expérience. »
La tête de Maugrey sortit alors de l'orifice réservé à l'allume-cigare en émettant un bruit de bouchon de champagne.
- « Une alerte ? »
- « Rien de grave, je pense. Mais je vais devoir vous laisser, mon équipe a des ennuis à King's Cross », expliqua Kingsley.
- « Ha non ! Pas question ! Que quelqu'un d'autre te remplace ! Nous n'avons pas d'autre chauffeur d'élite à bord. J'ai bien été formé, mais je n'ai jamais été très à l'aise avec ces bolides et leurs gadgets. Ils sont imprévisibles. Je sursaute à chaque fois qu'ils s'allument. »
- « Je pourrais peut-être y aller, moi ? », fit la voix de Tonks, avec espoir, derrière Maugrey.
- « Non ! », s'écria soudain la voix d'Alex. « Tu viens à peine de te remettre de tes brûlures aux chevilles et j'ai appris que tu t'étais encore blessée hier, en rentrant du boulot. Il vaudrait mieux que tu te ménages un peu. Je suggère que Maugrey aille donner quelques leçons aux jeunes recrues. Ils semblent avoir quelques lacunes en matière de sécurisation d'un périmètre donné. »
- « Je … Heu … », balbutia Tonks, d'une petite voix.
Maugrey toussa, se racla la gorge et déclara finalement : « C'est bon, j'y vais. Mais rappelez-vous, hein ? Vigilance constante ! Ne sortez des véhicules sous aucun prétexte avant d'être arrivé. Dès que la situation sera rétablie, je vous enverrai un signal vert par la sphère d'alerte. »
La tête de Maugrey disparut dans un autre POP sonore.
Les embouteillages devinrent de plus en plus denses. Alex avait dépassé Kingsley et s'était retrouvé devant lui à un feu rouge. Au moment où le feu passa au vert, la première limousine démarra en trombe.
- « Nom d'une baguette ! », s'exclama Kingsley.
Il appuya sur un bouton et lâcha le volant qui continua à conduire seul la voiture, puis il passa la tête dans le trou de l'allume-cigare. Harry se demanda comment on pouvait passer la tête par un orifice si petit. Il supposa que cela fonctionnait comme pour les poches inventées par les jumeaux.
- « Bloodynose ! A quoi joues-tu ? Veux-tu bien ralentir tout de suite ? », gronda la voix de Kingsley.
- « Je montrais juste à ces dames l'étendue des possibilités des voitures du ministère », s'expliqua son collègue.
- « Ralentis tout de suite ! », ordonna Kingsley.
- « C'est bon, ça va ! Ce que tu peux être rabat-joie ! »
Et il s'arrêta sec devant le feu suivant. Mais quand celui-ci passa au vert, il ne redémarra pas. Au contraire, il sortit de la voiture et se pencha sur le sol.
- « Mais que fait-il encore ? », dit Kingsley, exaspéré. « Si ça continue, je vais devoir faire un rapport sur lui au Ministre. »
Kingsley ouvrit la fenêtre et le somma de remonter immédiatement au volant.
- « C'est bon ! C'était juste ma boucle d'oreille qui est tombée par la fenêtre quand tu m'as ordonné de freiner si brusquement. »
Alex Bloodynose remonta en voiture et plus personne ne dit mot le reste du trajet. Harry vit que Kingsley, habituellement calme et relativement impassible, semblait tendu.
Enfin, ils reçurent un signal vert et cinq minutes plus tard, ils débarquèrent à King's Cross. La gare était pleine de gens bizarres qu'Harry soupçonna être des aurors déguisés en moldus. Ils passèrent la barrière vers le quai 9 ¾ sans encombre, mais de l'autre côté trois jeunes aurors les arrêtèrent.
- « Bonjour ! Peut-on voir vos billets ? Contrôle ordonné par le ministère : c'est pour la sécurité de vos enfants. Ho ! C'est vous, patron ! », dit l'un d'eux en apercevant Kingsley. « Mr Maugrey a dit qu'il vous retrouverait où vous savez. Il nous a bien aidé tout à l'heure. »
Kingsley fit signe à Harry et aux autres de suivre Lupin et Tonks, tandis qu'il vérifierait les billets avec ses recrues. Sur le quai, beaucoup de familles attendaient pour passer le point de contrôle des aurors. Parmi ceux-ci, Harry reconnu Draco Malefoy et en fit part à Ron.
- « J'adore ne pas devoir faire la queue », répondit celui-ci avec un large sourire. « Surtout quand Malefoy est obligé d'attendre, lui. »
Ils se dirigèrent vers les wagons et montèrent dans l'un des compartiments où ils rangèrent leurs bagages.
- « Et bien les enfants, pour une fois, nous sommes bien à l'heure ! », fit Mr Weasley en consultant sa montre. « Malheureusement, je ne vais pas pouvoir attendre le départ avec vous. J'ai un rendez-vous important au ministère, ce matin. » Mr Weasley embrassa ses enfants, Harry et Luna. « Promettez-moi d'êtres tous très sages et très prudent ! », recommanda-t-il.
- « Uniquement si tu nous promets la même chose », répondit Ginny.
Pour toute réponse, Mr Weasley l'embrassa une dernière fois et descendit du wagon.
- « Bon puisque vous êtes déjà dans le train, je peux commencer à distribuer les badges », déclara Tonks.
- « Les quoi ? », s'exclamèrent Harry et ses amis d'une seule voix.
- « Les badges. Décision du Ministère : pour votre sécurité, à partir de maintenant vous porterez un badge. Tout le monde à Poudlard en aura un. Même les professeurs et le concierge. Cela permettra d'identifier les intrus, s'il devait y en avoir. »
Des bruits de discussions attirèrent leur attention sur le quai. Ils virent alors Draco Malefoy en pleine discussion avec les aurors. Manifestement, celui-ci voulait emmener son 'Salazar' avec lui, mais n'obtenait pas gain de cause. Après avoir essayer la corruption, le chantage et les menaces, il monta dans un wagon sans son molosse, l'air dépité.
- « Cette rentrée s'annonce bien », dit Ron. « Je ne me voyais pas me balader en armure de peur de croiser cette bête dans le parc », ajouta-t-il en souriant.
- « Attends de voir les badges », fit Ginny dépitée.
Tonks était en train de leur distribuer des choses en carton pâte, d'une laideur époustouflante.
- « Heu… Je suis désolée » dit-elle. « Le ministère fait des économies en ce moment à cause de la grève des gobelins. »
- « Comment cela fonctionne-t-il ? », l'interrogea Hermione.
- « Ho ! Il suffit de l'épingler sur ta robe et le badge enregistre ton essence magique. Tout le monde en a une bien à lui. Ensuite le badge ne reconnaîtra plus que toi. Donc il sera inutile de voler un badge dans le but de passer inaperçu. »
Les différents compartiments se remplissaient de plus en plus. Enfin, vint l'heure du départ. Mrs Weasley les embrassa à les étouffer. Mr Lovegood serra sa fille dans ses bras, leur serra la main puis, descendit du wagon avec Mrs Weasley.
- « Et bien… Au revoir », dit Harry en regardant Tonks et Lupin.
- « Ho que non ! », répondit joyeusement l'ancien maraudeur. « Tu as devant toi les nouveaux professeurs de Défense Contre les Forces du Mal. Nous vous accompagnons tous à Poudlard. »
- « Génial ! », dirent-ils tous en cœur.
- « Oui, Fudge m'a envoyée en mission à Poudlard pour s'assurer que ses consignes de sécurités seraient bien respectées et Dumbledore a exigé en échange de pouvoir engager Lupin. »
- « Ce qu'il a accepté à contre-cœur et à la condition expresse que je ne reste pas au château les nuits de pleine lune », la compléta le professeur Lupin.
A ce moment, le train s'ébranla et quelques secondes plus tard, Mrs Weasley et Mr Lovegood avaient disparus.
Ouf ! C'est fait ;)
Merci à vous qui continuez à me lire et à poster des reviews! Elles m'encouragent à continuer malgré les crampes aux épaules =^^=
Bubblejoyce: oui, je trouve aussi que Ginny a du potentiel;)
Pour la fleur offerte par Neville, ben j'ai eu l'idée parce qu'il y a 2 choses qui réussissent toujours à me rendre le sourire : voir un bébé qui dors ou qui sourit et puisles fleurs. Et puis, cette fleur, j'en reparlerai encore un peu à l'occasion. Merci pour tes encouragements, ils m'aident quand je bute sur des détails. Et bien sûr que je continue. Je ne me suis pas creusée la tête pour créer le plan de cette histoire pour rien, lol!
Alixe : Je n'ai pas pris ta remarque comme un reproche, Alixe. Au contraire, si vous attendez la suite avec impatience, c'est plutôt flatteur pour moi. Je me suis juste expliquée sur le pourquoi de la longueur des délais entre les mises à jours (histoire que vous ne me preniez pas pour une paresseuse^^). Je regrette de ne pas avoir plus de temps pour écrire, mais il n'y a que 24heures dans une journée :(
Hum des détails sur Godric Hollow ? Oui, tu vas en lire quelques uns dans ce chapitres. Mais il y aura surtout pas mal de révélations sur James. Merci de ta fidélité ;)
Elehyn : Ben voici la suite de la révélation sur Godric Hollow. Mais tout ne sera pas dit dans ce chapitre, tu t'en doutes ^^ Pour Neville, heu... Oui c'est pas très juste qu'il n'ait pas eu de cadeau de la part d'Harry mais celui-ci va trouver une façon de se rattraper.
Pour Candy... Heu, ben tu vois, je continue. Et puis, entre nous, c'est mauvais de chager brusquement la marque de pâtée de son dragon, lol ;) Merci pour ta review!
Donc voici le fameux chapitre 9, lisez-le assis, vous risquez d'être surpris ^^ Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire!
Chapitre 9 : Les nouvelles mesures de sécurité
Le salon se vidait progressivement. Certains membres de l'Ordre avaient déjà quitté la maison, d'autres bavardaient encore dans la pièce ou dans le couloir. C'était le cas de Tonks qui questionnait le professeur Lupin à propos de la réunion qu'elle avait manquée.
Au milieu de ces conversations et de ces départs, Harry avait bien du mal à assimiler ce qu'il venait d'apprendre. Dumbledore s'aperçut de son trouble et se dirigea vers lui.
- « Alors, Harry… Que penses-tu de notre organisation ? As-tu des questions à me poser avant que je m'en aille ? », demanda-t-il sur un ton badin.
- « Je … », hésita Harry.
Les informations qu'il possédait sur ses parents, se comptaient sur les doigts de la main. On lui avait tellement peu souvent donné l'occasion de poser des questions que par habitude ou résignation, il les avait gardées pour lui. Et finalement, il avait relégué ses interrogations dans un coin isolé de son cerveau et les avaient presque oubliées. D'un côté, la perspective de pouvoir enfin demander ce qu'il voulait était géniale, mais de l'autre … Voulait-il vraiment connaître ce qu'on lui avait caché ? Il avait tellement de soucis en tête qu'il ignorait s'il y avait la place pour y en ajouter de nouveaux.
- « Harry ? Tout va bien ? », s'inquiéta Dumbledore.
'Et puis non !' dit une petite voix courageuse dans la tête de Harry. 'C'est trop bête. Tant pis si ça fait mal, il faut que je sache'.
- « Harry ??? »
- « Oui ! », répondit-il brusquement. « Oui, j'ai des questions. Nous sommes à Godric's Hollow, n'est-ce pas ? »
- « C'est exact. »
- « Le même Godric's Hollow où mes parents sont morts ? »
- « Oui. »
- « Mais cette maison… ? »
- « …n'est pas celle de tes parents puisqu'elle a été complètement détruite le soir où ils ont disparus », compléta Dumbledore. «Cette demeure appartient à mon frère, Alberforth. Il a longtemps habité ici, avant d'ouvrir son auberge à Pré-au-Lard. Il était 'laboranmage', c'est-à-dire qu'il faisait des recherches sur certaines propriétés magiques, mais en dehors du ministère, ce travail n'est pas rentable », expliqua le vieil homme.
- « Il y a des sorciers qui font de la recherche en dehors du ministère ? », s'étonna Harry tout en se remémorant les choses étranges et souvent inquiétantes qu'il avait vues au département des mystères.
- « Très peu. En fait, en dehors de Voldemort, je n'en ai connu que trois. Mon frère voulait rester indépendant du ministère. Il ne voulait pas que ses recherches soient limitées par les règles imposées par le Ministre et les personnes qui surveillaient les expériences. Cela lui a valu pas mal d'ennuis à une époque car les Ministres de la magie, pas seulement Fudge, acceptent mal, en général, qu'on puisse suivre d'autres règles que les leurs. Bref, ces embêtements furent une des raisons qui le poussèrent à changer de métier. »
- « Qui sont les autres personnes ? », le questionna Harry, une sensation bizarre au creux de l'estomac.
Dumbledore soupira et ferma les yeux comme pour se remémorer une autre époque.
- « Ces personnes ont quitté ce monde depuis des années. Il y avait Eva Lovegood, la mère de Luna (Harry se rappela alors que Luna lui en avait déjà parlé) et puis, encore avant elle, ton père, Harry. »
- « Mon père était un laboranmage ? »
Harry était tellement abasourdi, qu'il faillit tomber à la renverse. Il avait toujours cru que son père s'était tourné vers une carrière d'auror ou de joueur de quidditch.
- « Oui, c'était son métier », répondit Dumbledore en souriant de son étonnement. « Mais il n'a trouvé sa voie que fort tard, sans doute au hasard d'une rencontre. Ton père était un élève doué, très doué. Cependant, comme tu le sais sûrement déjà, il avait beaucoup de mal à respecter les règles. Aussi bien à Poudlard qu'après, d'ailleurs. Il n'aimait guère se conformer à ce qu'on attend habituellement d'un élève de son niveau »
- « Mais, pourquoi ? »
- « Il se trouve que ton père venait d'une grande famille de sorciers très fortunée. Ses parents pouvaient lui offrir presque tout ce qu'il aurait pu désirer. Il ne se sentait donc pas obligé de choisir un métier bien rémunéré. En fait, si j'ai bon souvenir, il ne se sentait pas tenu de choisir une quelconque carrière. »
Dumbledore se tut un instant, plissa les yeux et passa ses longs doigts dans sa barbe blanche. Harry devina qu'un sourire nostalgique était apparu sur son visage.
- « Je m'en souviens maintenant : le jour où il a rencontré Mrs McGonagall pour son conseil d'orientation, juste avant ses BUSES, quand elle lui a demandé ce quelle carrière il envisageait, il lui a répondu quelque chose comme 'goûteur de Bièraubeurre au 'Trois Balais'. Mrs McGonagall était scandalisée », dit le directeur, son sourire devenant malicieux. « Quoiqu'il en soit, la carrière de laboranmage semblait bien lui convenir : un minimum de règles à suivre et une fortune suffisante pour financer ses projets. »
- « Mais, je n'ai pas vu de dépliant au sujet cette carrière à Poudlard, même pour ceux qui veulent faire de la recherche au sein du ministère. Où mon père a-t-il appris son métier ? C'est vous qui le lui avez enseigné ? », demanda Harry en songeant aux étranges instruments magiques dont le bureau du directeur était rempli.
- « Non, c'est Alberforth qui a été son professeur. Ici même, pour tout te dire. Par la suite, ils ont longtemps travaillé ensembles sur leurs inventions respectives. Mon frère le tenait en grande estime, ce qui veut dire quelque chose, car d'habitude, il est plutôt … misanthrope et casanier, je dirais. C'est aussi comme ça que j'ai connu ton père après Poudlard et que lui et ta maman sont entrés dans l'Ordre du Phénix. Et en ce qui concerne les dépliants, le ministère n'en a pas édité pour cette profession. Le département des mystères a ses propres méthodes de recrutement de 'Langues-de-plomb'. Tout ce que les sorciers y font est très secret et bien protégé. Et puis, le ministère ne souhaite pas encourager les jeunes à devenir laboranmages. Les Ministres de la magie ont toujours eu très peur qu'un jour une invention échappe à leur contrôle. »
A ce moment, Mrs Weasley interrompit Dumbledore. Un hibou venait d'arriver pour lui. Il s'excusa auprès d'Harry et le laissa. Ce dernier encore sous le choc de toutes ces révélations, sortit à pas lents du salon et monta dans sa chambre à la même allure.
A l'intérieur de la pièce, Ron, Hermione et Ginny l'attendaient avec une foule de questions qu'ils lui lancèrent toutes en même temps. Ensuite, voyant qu'Harry ne leur répondait pas et qu'il avait l'air tout bizarre, Hermione lui demanda ce qu'il se passait.
- « Mon père… Mon père a travaillé ici », finit-il par articuler.
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Harry eut le sommeil agité cette nuit-là. Il se trouvait au fond d'un gouffre noir en train chercher les morceaux déchirés et éparpillés de la photo de ses parents. Puis, un sorcier aux cheveux noirs en bataille arrivait de nulle part, une fiole à la main. Dans un rire de dément, il renversait un liquide vert bouillonnant et faisait apparaître une cage magique dans laquelle Sirius se démenait furieusement. A nouveau, son parrain suppliait qu'on le libère, mais il disparaissait avant qu'Harry ne puisse l'atteindre.
Le lendemain matin, Harry fut réveillé par l'agitation des préparatifs de départ. Ron dormait encore, comme en témoignaient ses ronflements réguliers. Le soleil n'était pas encore levé. Les yeux embués de fatigue, Harry consulta alors sa montre et vit qu'elle indiquait 5h30. Il reposa la tête sur son oreiller et pensait se rendormir lorsque Mrs Weasley fit irruption dans la chambre.
- « Harry, Ron ! Bonjour ! Il est temps de vous lever. Nous avons un long chemin à faire », dit-elle.
Ron s'étira en baillant.
- « Harry, mon chéri, si tu veux utiliser la salle de bain, je pense qu'elle est libre. Pendant ce temps, Ron, tu devrais venir prendre ton petit déjeuner. Hermione et Luna sont déjà en bas. Ne traînez pas, il faut qu'on soit parti dans une heure. »
Le cerveau vaseux, Harry se leva et se dirigea un peu comme un aveugle vers la salle de bain. Tout-à-coup, il heurta quelque chose.
- « Aïe ! Harry, regarde devant toi ! », fit Ginny qui sortait de la salle de bain.
- « Ho ! Pardon Gin… Heu … »
La plus jeune des Weasley se tenait devant lui en sortie de bain, les sourcils légèrement froncés et arborait sa jolie moue de contrariété. La serviette qu'elle avait enroulée autour de sa tête avait glissé à cause du choc, libérant ainsi ses longs cheveux humides. Harry ramassa maladroitement la serviette et la lui rendit. La bouche grande ouverte, il regarda alors Ginny se diriger vers la chambre des filles et y entrer en fermant la porte derrière elle.
- « Et bien Harry ? Pas encore sous la douche ? », demanda Tonks avec un petit sourire. La jeune auror descendait à la cuisine. « Molly a fait des crêpes, je pense. Si tu ne te dépêches pas, tu n'auras pas le temps de les savourer à ton aise. »
Harry déglutit avec difficulté puis, entra dans la salle de bain.
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Une heure plus tard, Harry se trouvait avec les autres dans le couloir. Il avait pris sa douche sans se rendre compte qu'il n'y avait plus d'eau chaude, enfilé son pantalon à l'envers trois fois avant de le remarquer et mangé ses crêpes le regard dans le vide. Mais, il était prêt et c'était tout ce qui importait.
Leurs affaires étaient entassées contre le mur sur toute la longueur du couloir.
Le professeur Lupin qui avait également passé la nuit au quartier général, était en train d'en glisser une partie dans ses poches.
- « Un petit cadeau de Fred et Georges », précisa-t-il en tapotant ses poches. « Très utiles d'ailleurs, on sent à peine le poids des choses. »
- « Comment allons-nous nous rendre à King's Cross ? », l'interrogea Hermione.
- « Pas poudre de cheminette, ni par portoloin : le réseau de cheminées n'est pas sécurisé et il n'y a pas d'endroit où notre arrivée serait parfaitement discrète à King's Cross. Nous allons devoir voler un peu pour arriver au point de rendez-vous avec les voitures au ministère. Fudge a insisté pour nous envoyer des chauffeurs, mais Dumbledore ne pouvait pas lui dire de les envoyer ici. Le sortilège 'Fidélitas' ne protège pas d'une éventuelle embuscade à la sortie de notre quartier général et on ne sait plus trop à qui se fier au ministère, pour le moment. »
Ils se mirent tous à frissonner lorsque le professeur Lupin pratiqua le sort de désillusion sur eux. L'ancien ami du père de Harry rendrait ainsi leur déplacement imperceptible.
C'est alors que le carillon résonna dans la grande demeure.
- « Ce doit être Maugrey et Mundungus », commenta Tonks. « Ils doivent nous accompagner jusqu'au point de rendez-vous avec les voitures du ministère. »
- « Bien ! », fit le professeur Lupin. « Juste à temps. Bon écoutez-moi tout le monde. Ce trajet a été bien organisé, mais nous ne voulons prendre aucun risque. Nous allons voler pendant un peu plus d'une heure. Vous cinq – il désigna Harry et ses amis – vous resterez groupés au centre de notre formation de vol et vous ne vous éloignerez des autres sous aucun prétexte. C'est Molly qui vous montrera le chemin. Quoi qu'il arrive, ne vous arrêtez pas, continuez à la suivre. »
Le professeur Lupin fit alors signe à Tonks d'ouvrir la porte. Trois personnes se tenaient sur le seuil.
- « Papa ! », s'écria Luna en se jetant au cou du troisième homme.
Son père la reçut dans ses bras avec émotion. Son visage était encore partiellement recouvert de pansements.
- « Les médicomages m'ont laissé sortir hier. Alors, j'ai contacté Dumbledore et il m'a permis de vous accompagner à la gare. Ton directeur m'a aussi donné ça pour toi », dit-il en lui remettant un balai frappé de l'insigne de Poudlard. Mr Lovegood tendit deux autres balais à Mr et Mrs Weasley.
De leur côté, Fred et Georges qui devaient rester au quartier général avec Fleur, étaient train de dire au revoir à leur sœur.
- « Ne t'en fais pas, Ginny. Tu nous reverras bientôt. Peut-être plus tôt que tu le penses puisque nos négociations avec Honeydukes sont sur le point d'aboutir », dit Georges.
- « Ho ! Au fait, nous vous donnons nos balais à Hermione et toi. Vous en aurez besoin pour suivre les autres. Et puis, il paraît que tu es la nouvelle préfète des élèves de Gryffondor de cinquième année. Alors, tu as bien droit à une récompense », chochuta Fred.
- « Mais … Comment savez-vous ? Je ne voulais rien dire à la famille parce que je savais qu'avec l'incendie du Terrier, Maman et Papa auraient le cœur brisé de ne pouvoir m'offrir de cadeau comme aux autres. »
- « Ho … Disons, que nous avons nos sources », répondit Fred en sortant un bout de fil rouge de sa poche. Mais bon… C'est bien parce que c'est toi, hein ? Ne vas pas t'imaginer que nous avons changé d'avis sur les préfets. Nous avons une réputation à tenir, figures-toi. »
- « Bien… Il est temps d'y aller », grogna Maugrey. « La voie est libre si j'en crois mon bon œil. »
Ils enfourchèrent tous leur balai. Mrs Weasley décolla la première et les autres la suivirent. Maugrey, Mr Lovegood, Tonks, Lupin et Mundungus circulaient autour d'eux et Mr Weasley restait sur leurs talons.
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Après leur avoir fait signe de la main, Fleur, Georges et Fred rentrèrent au quartier général et la maison disparu derrière un bosquet d'arbres dont les feuilles jaunissaient déjà. Harry se sentait merveilleusement bien, comme à chaque fois qu'il avait l'occasion de voler. L'air était frais et légèrement brumeux. Néanmoins, il pouvait voir le soleil se lever timidement à l'horizon. L'été touchait à sa fin, pensa Harry, alors qu'il suivait la pente d'une immense colline. Et comme pour confirmer sa pensée, lorsqu'il parvint au-dessus du sommet de la colline, il vit s'étendre à perte de vue une lande dont les herbes et les broussailles avaient pris des teintes rouilles et ocres.
Après vingt minutes de vol, Mrs Weasley entama la descente vers la terre ferme et le reste du groupe l'imita. Une route traversait la lande en ligne droite. Deux voitures noires semblaient les attendre. C'étaient deux énormes limousines noires. Kingsley Shacklebolt sortit de la première pour les accueillir.
- « Bonjour ! Cette première partie du voyage s'est-elle bien passée ? »
- « Rien à signaler, Kingsley », grommela Maugrey.
Son œil tournait comme une toupie dans son orbite, scrutant fébrilement toutes les directions.
Le chauffeur de la seconde voiture sortit alors de son véhicule. Le sorcier portait une robe rouge vif et ses longs cheveux châtains étaient noués en catogan. Harry l'avait déjà aperçu une fois au ministère, le jour de son audience par le Wizengamot, l'année passée. Il allait le dire aux autres, mais à ce moment, il vit Ginny pousser Hermione et Luna du coude en désignant le nouvel arrivé.
- « Je vous présente mon collègue, Alex Bloodynose », déclara Kingsley. « Il conduira l'autre voiture. »
Alex leur adressa alors un sourire dévastateur. Harry remarqua que Tonks souriait bêtement et qu'elle faisait un petit signe de la main à son collègue.
- « C'est toi, Harry, n'est-ce pas ? », demanda Alex, en s'approchant de lui pour lui serrer la main.
Harry hocha la tête.
- « Bon, en route ! Ne restons pas bêtement à découvert comme ça », dit Kingsley.
- « J'allais justement faire la remarque ! », l'approuva Maugrey. « Harry monte avec Kingsley », maugréa-t-il, réprobateur et impatienté. Et comme les filles se dirigeaient vers la seconde limousine, il ajouta : « Très bien, très bien ! Les filles, Molly Tonks et Mr Lovegood, vous irez dans l'autre véhicule. Je vous accompagne. »
Harry cru l'entendre ajouter quelque chose comme « Vaut mieux que quelqu'un garde un œil sur l'autre godelureau ».
Quand tous furent installés dans les limousines, le paysage commença à défiler aux fenêtres. Une heure plus tard, ils avaient quitté les landes et se retrouvèrent en ville. Il y avait déjà beaucoup de circulation. Comme Harry l'avait expérimenté trois ans plus tôt, les voitures du ministère se retrouvaient systématiquement en tête de file lorsqu'un feu les arrêtait.
Tout-à-coups, une lumière rouge accompagnée d'un signal sonore, s'alluma sur le tableau de bord.
- « Ho non ! », murmura Kingsley.
- « Que se passe-t-il ? », demanda Arthur.
- « Les aurors chargés de la sécurité à la gare ont un problème. Sans doute trois fois rien, comme d'habitude. On ne peut pas donner tort à la presse : ils manquent vraiment d'expérience. »
La tête de Maugrey sortit alors de l'orifice réservé à l'allume-cigare en émettant un bruit de bouchon de champagne.
- « Une alerte ? »
- « Rien de grave, je pense. Mais je vais devoir vous laisser, mon équipe a des ennuis à King's Cross », expliqua Kingsley.
- « Ha non ! Pas question ! Que quelqu'un d'autre te remplace ! Nous n'avons pas d'autre chauffeur d'élite à bord. J'ai bien été formé, mais je n'ai jamais été très à l'aise avec ces bolides et leurs gadgets. Ils sont imprévisibles. Je sursaute à chaque fois qu'ils s'allument. »
- « Je pourrais peut-être y aller, moi ? », fit la voix de Tonks, avec espoir, derrière Maugrey.
- « Non ! », s'écria soudain la voix d'Alex. « Tu viens à peine de te remettre de tes brûlures aux chevilles et j'ai appris que tu t'étais encore blessée hier, en rentrant du boulot. Il vaudrait mieux que tu te ménages un peu. Je suggère que Maugrey aille donner quelques leçons aux jeunes recrues. Ils semblent avoir quelques lacunes en matière de sécurisation d'un périmètre donné. »
- « Je … Heu … », balbutia Tonks, d'une petite voix.
Maugrey toussa, se racla la gorge et déclara finalement : « C'est bon, j'y vais. Mais rappelez-vous, hein ? Vigilance constante ! Ne sortez des véhicules sous aucun prétexte avant d'être arrivé. Dès que la situation sera rétablie, je vous enverrai un signal vert par la sphère d'alerte. »
La tête de Maugrey disparut dans un autre POP sonore.
Les embouteillages devinrent de plus en plus denses. Alex avait dépassé Kingsley et s'était retrouvé devant lui à un feu rouge. Au moment où le feu passa au vert, la première limousine démarra en trombe.
- « Nom d'une baguette ! », s'exclama Kingsley.
Il appuya sur un bouton et lâcha le volant qui continua à conduire seul la voiture, puis il passa la tête dans le trou de l'allume-cigare. Harry se demanda comment on pouvait passer la tête par un orifice si petit. Il supposa que cela fonctionnait comme pour les poches inventées par les jumeaux.
- « Bloodynose ! A quoi joues-tu ? Veux-tu bien ralentir tout de suite ? », gronda la voix de Kingsley.
- « Je montrais juste à ces dames l'étendue des possibilités des voitures du ministère », s'expliqua son collègue.
- « Ralentis tout de suite ! », ordonna Kingsley.
- « C'est bon, ça va ! Ce que tu peux être rabat-joie ! »
Et il s'arrêta sec devant le feu suivant. Mais quand celui-ci passa au vert, il ne redémarra pas. Au contraire, il sortit de la voiture et se pencha sur le sol.
- « Mais que fait-il encore ? », dit Kingsley, exaspéré. « Si ça continue, je vais devoir faire un rapport sur lui au Ministre. »
Kingsley ouvrit la fenêtre et le somma de remonter immédiatement au volant.
- « C'est bon ! C'était juste ma boucle d'oreille qui est tombée par la fenêtre quand tu m'as ordonné de freiner si brusquement. »
Alex Bloodynose remonta en voiture et plus personne ne dit mot le reste du trajet. Harry vit que Kingsley, habituellement calme et relativement impassible, semblait tendu.
Enfin, ils reçurent un signal vert et cinq minutes plus tard, ils débarquèrent à King's Cross. La gare était pleine de gens bizarres qu'Harry soupçonna être des aurors déguisés en moldus. Ils passèrent la barrière vers le quai 9 ¾ sans encombre, mais de l'autre côté trois jeunes aurors les arrêtèrent.
- « Bonjour ! Peut-on voir vos billets ? Contrôle ordonné par le ministère : c'est pour la sécurité de vos enfants. Ho ! C'est vous, patron ! », dit l'un d'eux en apercevant Kingsley. « Mr Maugrey a dit qu'il vous retrouverait où vous savez. Il nous a bien aidé tout à l'heure. »
Kingsley fit signe à Harry et aux autres de suivre Lupin et Tonks, tandis qu'il vérifierait les billets avec ses recrues. Sur le quai, beaucoup de familles attendaient pour passer le point de contrôle des aurors. Parmi ceux-ci, Harry reconnu Draco Malefoy et en fit part à Ron.
- « J'adore ne pas devoir faire la queue », répondit celui-ci avec un large sourire. « Surtout quand Malefoy est obligé d'attendre, lui. »
Ils se dirigèrent vers les wagons et montèrent dans l'un des compartiments où ils rangèrent leurs bagages.
- « Et bien les enfants, pour une fois, nous sommes bien à l'heure ! », fit Mr Weasley en consultant sa montre. « Malheureusement, je ne vais pas pouvoir attendre le départ avec vous. J'ai un rendez-vous important au ministère, ce matin. » Mr Weasley embrassa ses enfants, Harry et Luna. « Promettez-moi d'êtres tous très sages et très prudent ! », recommanda-t-il.
- « Uniquement si tu nous promets la même chose », répondit Ginny.
Pour toute réponse, Mr Weasley l'embrassa une dernière fois et descendit du wagon.
- « Bon puisque vous êtes déjà dans le train, je peux commencer à distribuer les badges », déclara Tonks.
- « Les quoi ? », s'exclamèrent Harry et ses amis d'une seule voix.
- « Les badges. Décision du Ministère : pour votre sécurité, à partir de maintenant vous porterez un badge. Tout le monde à Poudlard en aura un. Même les professeurs et le concierge. Cela permettra d'identifier les intrus, s'il devait y en avoir. »
Des bruits de discussions attirèrent leur attention sur le quai. Ils virent alors Draco Malefoy en pleine discussion avec les aurors. Manifestement, celui-ci voulait emmener son 'Salazar' avec lui, mais n'obtenait pas gain de cause. Après avoir essayer la corruption, le chantage et les menaces, il monta dans un wagon sans son molosse, l'air dépité.
- « Cette rentrée s'annonce bien », dit Ron. « Je ne me voyais pas me balader en armure de peur de croiser cette bête dans le parc », ajouta-t-il en souriant.
- « Attends de voir les badges », fit Ginny dépitée.
Tonks était en train de leur distribuer des choses en carton pâte, d'une laideur époustouflante.
- « Heu… Je suis désolée » dit-elle. « Le ministère fait des économies en ce moment à cause de la grève des gobelins. »
- « Comment cela fonctionne-t-il ? », l'interrogea Hermione.
- « Ho ! Il suffit de l'épingler sur ta robe et le badge enregistre ton essence magique. Tout le monde en a une bien à lui. Ensuite le badge ne reconnaîtra plus que toi. Donc il sera inutile de voler un badge dans le but de passer inaperçu. »
Les différents compartiments se remplissaient de plus en plus. Enfin, vint l'heure du départ. Mrs Weasley les embrassa à les étouffer. Mr Lovegood serra sa fille dans ses bras, leur serra la main puis, descendit du wagon avec Mrs Weasley.
- « Et bien… Au revoir », dit Harry en regardant Tonks et Lupin.
- « Ho que non ! », répondit joyeusement l'ancien maraudeur. « Tu as devant toi les nouveaux professeurs de Défense Contre les Forces du Mal. Nous vous accompagnons tous à Poudlard. »
- « Génial ! », dirent-ils tous en cœur.
- « Oui, Fudge m'a envoyée en mission à Poudlard pour s'assurer que ses consignes de sécurités seraient bien respectées et Dumbledore a exigé en échange de pouvoir engager Lupin. »
- « Ce qu'il a accepté à contre-cœur et à la condition expresse que je ne reste pas au château les nuits de pleine lune », la compléta le professeur Lupin.
A ce moment, le train s'ébranla et quelques secondes plus tard, Mrs Weasley et Mr Lovegood avaient disparus.
