« Jamais Poudlard ne serait ne
Sans l'ambition de quatre sorciers
Que le destin fut charge
De rassembler et rapprocher...

Le vent soufflait sur L'Angleterre, ne parvenant ni à chasser la brume, ni
les cris de haine qui montaient jusqu'au ciel et s'élevaient de la place
d'un petit village. Là était pendue la sorcière et la foule priait pour que
son âme abjure le mal dont on l'accusait. Lorsque tout fut fini, que le
corps se balançait au vent sans résistance, les gens se dispersèrent,
jetant un regard inquiet à un homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'une
chemise de lin, d'un pantalon grossier, et d'une épée à la garde d'or et
la lame gravée à son nom : Godric Gryffondor. Ce n'étaient ni son accent
des Hautes Terres, ni ses yeux noisettes, ni ses cheveux châtains qui
semblaient ne jamais vouloir se discipliner qui retenait l'attention, mais
le mystère qui l'entourait. L'homme de la montagne, tel qu'il était nomm
par les gens du village, était arrivé un jour et n'était pas reparti.
- Pourquoi repartirais-je ? répondait-il aux courageux qui s'enquirent de
la date de son départ. La nature est généreuse : le gibier abonde et la
cueillette est bonne.
Sa présence en gênait plus d'un et nombreux étaient ceux qui l'accusaient
de sorcellerie. Rarement il descendait au village mais aujourd'hui n'était
pas un jour comme les autres : la veille, une femme était venue pour lui
demander d'accorder sa protection à son enfant, une jeune fille de onze
ans, blonde aux reflets roux et aux yeux bleu pâle, qui avait par mégarde
soigné un loup devant le prêtre du village. Il était venu protéger la mère,
mais il était trop tard et il avait du se contenter de regarder la macabre
mise en scène. Comment allait-il pouvoir élever seul l'enfant ? Il ne
connaissait pas même son nom, et elle refusait de lui parler. Le prêtre du
village l'aborda :
- Mon fils, avez-vous vu la fille de la sorcière ? demanda-t-il,
suspicieux.
- Non, mon Père... répondit-il, encore bouleversé par ce qu'il venait de
voir. Comment est-elle et quel est son nom ?
- Elle est une créature rejetée par l'Enfer. Son nom est Poufsouffle et son
prénom Helga.

Les années suivirent où Helga grandit et où Godric lui transmit sa science.
La confiance se bâtit entre eux. La loyauté d'Helga envers Godric répondit
au courage que celui-ci avait de la garder près d'elle, au mépris du danger
représenté par les villageois. La disparition de la jeune fille, des années
auparavant, fit naître des histoires qui ses propagèrent dans le pays et
arrivèrent jusqu'aux oreilles d'une femme auburn aux yeux bleu sombre qui,
prise de pitié, pour une jeune sorcière qu'elle pensait être livrée à elle-
même, quitta sa demeure nichée dans la forêt, près d'un lac, pour rejoindre
le village dont elle avait entendu parler. Lorsqu'elle arriva, les
villageois l'assurèrent que la sorcière avait dû périr car les hivers
avaient été rudes et elle n'avait plus de demeure. Personne ne lui avait
donné asile, mis à part peut-être l'homme de la montagne dont la rumeur
disait qu'il possédait un chapeau de sorcier.
- Où donc loge cet homme ? questionna-t-elle, espérant qu'il avait
recueilli chez lui celle qu'elle cherchait.
Mais personne ne put lui répondre et certains commencèrent regarder d'un
mauvais œil cette inconnue qui posait beaucoup de questions. C'est donc
seule et sans indication qu'elle parvint à trouver celui qu'elle cherchait,
occupé à allumer un feu de branchages mouillés grâce à une baguette de
bois. Elle se présenta comme étant Rowena Serdaigle et lui expliqua qu'elle
était venue enseigner à la jeune sorcière les choses de la Magie et du
monde. Helga lui fut présentée et une amitié naquit entre les deux femmes
car leurs savoir se complétaient : Rowena savait créer toute sorte de
remèdes et les potions étaient sa spécialité, Helga avait la connaissance
des plantes et des créatures, apprise à leur contact. Godric avoua mieux
maîtriser l'art de la Métamorphose et de la Transfiguration car, dit-il :
- Je ne manque pas de courage, mais la vie apprend qu'il doit être
accompagné de sagesse : qui téméraire vit rarement vieux.

Helga suivit Rowena qui repartit dans la forêt, puis, lorsqu'elle fut en
âge de vivre seule, elle s'installa dans une plaine, prés d'un vieux marais
où vivait, disait-on, un redoutable sorcier. Il était terrible et était
l'ami des viles créatures. Tous ceux qui s'étaient aventurés dans le marais
n'étaient jamais revenu ou bien les survivants disaient qu'ils les avaient
menacé d'imprécations terrifiantes. C'est cet homme qui, un matin, vint
frapper à sa porte. Il avait besoin d'une guérisseuse pour soigner son
animal blessé car il n'avait, semblait-il, pas le temps de préparer un
remède : l'animal était mourrant. La jeune femme accepta de guérir le
serpent vert et gris qu'il lui présenta et c'est ainsi qu'elle fit la
connaissance de Salazar Serpentard, sorcier célèbre pour son don, rare et
craint : celui de parler le langage des serpents. Mais Helga savait le mal
que les préjugés peuvent faire et elle invita le sorcier à revenir la voir
si le besoin s'en faisait à nouveau ressentir. Il revint, d'abord méfiant,
puis, plus assuré. L'homme brun aux yeux verts et au teint pâle était
secret, et il ne parlait guère. Il ne répondait à l'invitation que par
politesse et par besoin. Cependant, la jeune femme, au bout de longues
années, apprit qu'il descendait d'une grande famille de sorciers dont la
spécialité était l'Enchantement, et que c'était de loin sa matière de
prédilection. Il n'était pas mauvais non plus en potions et connaissait
bien les plantes des marais, mais la Métamorphose était un art dans lequel
il peinait quelque peu. Helga lui parla des gens qu'elle connaissait, le
courageux Godric et l'érudite Rowena. Il l'écoutait poliment mais ne
manifestait guère le désir de connaître d'avantage de gens.
- Je suis seul, répondit-il lorsqu'elle lui proposa de les lui présenter,
et aime l'être. La compagnie des autres finit en querelle, et me déplaît
que trop souvent.
- Pourquoi ne pas vous rendre au village quelque fois ? s'enquit Helga.
J'ai une certitude : nul ne vous connaît... Et dans le cas contraire, ne
pourriez vous changer votre apparence ?
- Rien n'est impossible en magie, mais je n'aime pas ces gens. Je n'aime la
compagnie que des Sorciers.
C'était vrai, et Helga s'en désolait. Elle craignait qu'un jour il ne
découvre qu'elle était issu de ceux qu'il méprisait et ne la rejette. Elle
était restée solitaire, et craignait les villageois. La compagnie qu'elle
préférait était celle des animaux et un blaireau qu'elle jour elle sauva
d'un piège décida même de rester avec elle.

...L'événement, qui déclencha
La réunion de ces quatre là,
Fut l'arrivée d'un sorcier,
Qui désirait tout dominer. »