« Salazar eut quelques difficultés
A accepter de se lier
Mais la situation empirait
Et c'était une nécessité...

Cela faisait déjà trois ans qu'un Mage noir avait fait son apparition. Les
meurtres qu'il commettait semblaient sans aucune logique. Les gens criaient
« au sorcier » et les chasses à la sorcière reprenaient de plus belle dans
la majeure partie des pays d'Europe. Rowena craignait pour la vie des
jeunes sorciers qui ne savaient maîtriser la Magie, et lorsqu'elle
entendait parler d'un enfant présentant des capacité magiques, elle se
rendait à la source de la rumeur au plus vite. Malheureusement, il était
bien souvent trop tard, et pour la plus grande partie les victimes étaient
innocentes.
- Comment peut-on protéger les jeunes sorciers ? demanda-t-elle à Helga
lorsqu'un jour elle lui rendit visite.
Elle avait bien idée de fonder un refuge pour tous ceux qui désiraient s'y
rendre afin d'apprendre à se protéger, mais aurait-elle les connaissances
suffisantes ?

Helga soignait ceux qu'elle pouvait, mais craignait pour ses protégés.
Chaque jour elle sentait le mal rôder autour de sa demeure. Ne contestait-
elle pas les opinions de ce Sorcier Maléfique ? De surcroît, il aimait s'en
prendre aux sorciers qui, comme elle, avait de modestes origines. Elle
avait peur, mais n'osait se confier à Salazar, son voisin des marais. Lui-
même n'avait-il pas les mêmes idées ? Il pensait que seules les grandes
familles de sorciers méritaient la confiance des autres, et elle pensait
qu'il lui retirerait la sienne s'il venait à apprendre qui elle était.
- Comment peut-on changer les mentalités ? Comment faire pour que tous les
sorciers, quelles que soient leurs origines apprennent à vivre ensemble ?
s'enquit-elle auprès de Godric lorsqu'elle s'aventura de nouveau dans sa
montagne.
Elle imaginait que réunir tous les jeunes sorciers en un même endroit leur
inculquerait le respect et la tolérance. Seulement, saurait-elle le gérer
seule ?

Godric restait dans sa demeure, et les gens du village devenaient de plus
en plus méfiants. Ses protections étaient efficaces et nul ne pouvait
l'atteindre avec de mauvaises intentions. Il se chagrinait du sort des
innocents qui occupaient les gibets à la place de l'ennemi de tous, et
brûlait de le voir tomber. Il pestait contre la lâcheté des gens, et était
convaincu que la peur empirait toute situation.
- Ce qu'il faudrait afin de vaincre ce mage, c'est redonner confiance et
courage aux jeunes sorciers. Il faut leur donner les armes pour se battre,
et non pas les laisser se faire tuer ! répondit-il lorsqu'on lui comment
battre lutter contre celui qui semait la terreur.
Il avait bien l'idée d'enseigner le combat à ceux qui voulaient, mais où et
quand ? Et puis, l'art de l'épée et de la Métamorphose seraient-ils
suffisant ?

Salazar, lui, restait dans son marais et n'en sortait que rarement. Il
connaissait les nouvelles du monde, mais n'y faisait guère attention.
Jusqu'à un jour où un sorcier s'aventura jusque chez lui, et lui tint un
grand et long discours sur la supériorité de ceux issus d'une grande et
vieille famille de sorciers. Il tendit l'oreille un instant, mais très vite
s'en détourna.
- Je pense, répliqua-t-il sèchement, que nous ne pouvons avoir confiance
qu'en les anciennes familles de sorciers, s'il le faut vraiment. Mais je
n'ai confiance qu'en moi, et cela me suffit. Je veux la tranquillité, et
vos paroles amènent le chaos de ces jours.
Ainsi le sorcier s'en retourna sans nouvel adepte, et Salazar fit les frais
de son refus : ses puissants enchantements le protégèrent des attaques
portées, mais son agacement allait grandissant, de même que ses idées,
éveillées entièrement par le discours du sorcier.

Il arriva que Helga vint demander son aide à Salazar : un maléfice avait
frappé sa demeure tandis qu'elle était en voyage, et elle prit conscience
qu'il fallait de puissantes protections.
- N'êtes-vous pas capable de vous défendre ? questionna Salazar, agacé.
- Je suis une sorcière puissante, mais ma puissance réside surtout en mes
connaissances de la nature et en mes dons. Je puis guérir n'importe quelle
blessure ou maladie, et je puis ressentir bien plus de choses que les plus
puissants sorciers. Mais je en maîtrise que peu votre art et aujourd'hui je
m'en viens quérir votre aide.
Salazar accéda à sa requête et elle découvrit qu'il était un des plus
puissants sorciers en matière de sortilèges. Elle prévint Rowena qui
cherchait des maîtres à ses élèves et celle-ci vint dans la plaine.
- Vous connaissez parfaitement la nature, remarqua-t-elle, ayant soudain
une idée, Godric est Maître dans la Métamorphose, Salazar est un des plus
grands Enchanteurs et les potions n'ont aucun secret pour moi. Ne pourrions-
nous pas nous unir afin de transmettre nos savoirs à des apprentis ?

Si Helga fut enchantée, et si Godric accepta de bon cœur, voyant l
l'occasion de former des élèves qui ne se tourneraient pas vers le Mal et
pourraient lui résister, Salazar opposa en premier lieu un refus.
Cependant, les violations de son marais se succédaient, et il lui vint
l'esprit qu'il pourrait transmettre ses idées et former une élite, qui
ferai la fierté du monde des Sorciers. Il justifia son revirement en disant
que, s'il voulait retrouver la paix dans laquelle il vivait, il devait
vaincre ce sorcier. Cependant, Godric le vit d'un mauvais œil, et sentit
derrière ses paroles une dissimulation, alors que Salazar comprenait qu'il
ne parviendrait pas à le duper, et qu'il était loin de partager ses idées.
Ce fut de là que vint l'animosité entre les deux Sorciers.

... Malgré tous les différents,
Ils mirent en commun leurs talents,
Afin de guider et former
Tous les jeunes sorciers. »