CHAPITRE XVII
- Je t'avais dit que ce n'était pas la peine de partir si tôt...
Le quai était désert. Tom jeta un coup d'il à l'horloge suspendue à la voûte de métal. 10h 30. Ils étaient arrivés un peu avance, bien sûr, surtout qu'ils attendaient déjà depuis plus d'une heure.
- Tu avais vraiment peur de le rater, ce train, plaisanta Danaë.
Tom leva les yeux au ciel.
- Ils vont bientôt arriver, maintenant...
Il jeta un regard à la cage de Nephtys qui dormait profondément. Ç'avait été tout un parcours pour pénétrer sur la voie 9 3/4. Une partie de la gare avait été désaffectée au début de la guerre et interdite au public. Il se demanda comment quelques centaines d'élèves et leurs familles allaient pouvoir y passer sans être aperçus.
Mais à onze heures moins dix, une foule de chapeaux pointus et de robes noires avaient envahi la voie, comme à l'accoutumée.
- Ophélia ! S'écria Danaë en apercevant son amie qui s'avançait à grands pas à travers l'amalgame humain tout en essayant de se débarrasser d'un petit homme blond à l'air sévère et fébrile.
Elle parut soulagée de les apercevoir et se fraya un chemin jusqu'à eux, après avoir échangé quelques brèves paroles avec le petit homme. Tom remarqua qu'il continuait à la suivre du regard.
- Ah, ça fait plaisir de vous revoir ! Alors, ces vacances ? demanda-t-elle en les embrassant.
Danaë et Tom échangèrent un regard puis haussèrent les épaules.
- Rien de particulier...
- Pas de problème... Dirent-ils en même temps.
- Mon père m'a mené la vie dure, soupira Ophélia. Il s'aigrit je crois. Il voulait à peine me laisser sortir, et je ne vous raconte pas ce que ça a été quand il a appris que Justin m'écrivait...
- C'est ton père? Demanda Tom avec étonnement en jetant un coup d'il à l'homme qui l'observait attentivement.
- Eh oui ! Même maintenant il se sent obligé de me surveiller !
Tom évita le regard insistant de monsieur Raven. Bien sûr, Ophélia était métis. Mais il avait du mal à imaginer que cet homme court sur pattes, aux cheveux sablonneux et au visage diaphane et agité de tics était le père d'Ophélia.
Quelques instants plus tard, Améthyste et Chloé apparurent également, traînant leurs lourdes valises derrière elles.
Aucune des trois jeunes filles ne firent allusion à leur malaise commun, quelques semaines auparavant, bien que Chloé et Améthyste s'en soient entretenues entre elles. Cette dernière arborait un bronzage impressionnant, qui faisait ressortir l'éclat velouté de ses yeux violets.
Elles semblaient très excitées par la perspective de leur imminent retour au collège.
- J'ai surtout hâte d'être en troisième, dit Chloé aux quatre autres, on pourra choisir nos options !
Tom avait déjà pensé à ces futures options, mais le choix le paniquait plus qu'il ne l'excitait. Comment choisir entre toutes ces matières? Heureusement, il avait encore un an pour y réfléchir. Sans y penser, il chercha la main de Danaë qui la pressa dans la sienne. Leur geste ne passa pas inaperçu aux yeux expérimentés d'Ophélia. D'ailleurs, même Améthyste et Chloé le remarquèrent. Leurs trois regards se croisèrent et elles partirent d'un même éclat de rire.
- Quoi? Fit Tom, interloqué, sans toutefois lâcher Danaë.
- C'est plutôt à nous de vous le demander, non? Sourit Améthyste.
Tom et Danaë rougirent à l'unisson et se séparèrent aussitôt.
Ophélia leva les yeux au ciel.
- ENFIN ! S'écria-t-elle, j'ai crû qu'ils ne le remarqueraient jamais, pas vous?
Les deux autres hochèrent la tête.
- Mais de quoi parlez-vous? demanda Danaë.
- Mais de vous bien sûr ! De vous deux ! On pensait que vous ne verriez jamais que vous étiez faits l'un pour l'autre !
Tom et Danaë se regardèrent une fois de plus, abasourdis.
- Vous... Vous voulez dire que... enfin, vous saviez que...
- Mais mon pauvre Tom, s'exclama Ophélia, tout le monde le savait ! Il n'y avait que vous deux qui vous obstiniez à ne rien voir.
Tom avait le souffle coupé. Comment avaient-ils pus être les derniers à s'en apercevoir? Tout cela manquait fondamentalement de logique.
- Ils n'allaient rien nous dire en plus, s'indigna Améthyste.
- C'est bon maintenant, dit Chloé en riant. Vous pouvez vous reprendre la main.
Soudain le sifflet du train retentit au-dessus d'eux. Ils se précipitèrent vers les wagons et s'engouffrèrent à l'intérieur, espérant en trouver un de libre pour s'y installer. Ils eurent plus de chance que l'année précédente et n'eurent pas à stationner dans le couloir.
L'année précédente... Oui, cela faisait un an, jour pour jour, heure pour heure que Tom était monté pour la première fois dans ce train qui l'enlevait vers une vie nouvelle. Et cette année là, qu'arriverait-il? Il sentit son cur se serrer en contemplant l'interminable défilé des paysages, si vite effacés par la vitesse qui les menait toujours plus loin. C'était le premier septembre 1940, il était onze heure et treize minutes. Quelque chose se refroidit dans son cur, quand il songea que plus jamais, il n'y aurait de premier septembre 1940. À mesure qu'ils s'écoulaient, ces instants étaient perdus. Pour toujours. Il songea à l'amulette, dissimulée dans sa valise, il songea à la cape et au journal de sa mère. Il songea que lui aussi, il aurait aimé être différent et à ne pas avoir tous ces objets et toutes ces images qui gâchaient son existence. Mais il était Tom Jedusor et il fallait qu'il joue son rôle jusqu'au bout, on ne lui avait pas laissé le choix.
Mais ces pensées obscures furent bientôt balayées par l'enthousiasme de ses amies qui contèrent l'une après l'autre leur été. Tom leur raconta tout, tout sauf "l'accident" qui s'était produit. Il ne leur parla pas des Autres.
Lorsque, à travers la brume de septembre, ils aperçurent la haute silhouette du château qui perçait le ciel sombre de ses quatre tours de pierres, toutes ses appréhensions se dissipèrent. Il était de retour, enfin. Et il s'écoulerait encore un an, une longue année avant qu'il ne doive regagner Saint-Clouds à nouveau. Il se demanda vaguement ce que Mr Denvers ferait, après sa subite disparition, quand il le verrait revenir. Mais au fond, ça ne l'intéressait pas beaucoup. Ces choses là ne comptaient plus.
- En rangs ! Cria le vieux garde-chasse à grands renforts de moulinets. Les premières par ici ! Les autres, suivez Mrs Loob !
Tom et ses amies cherchèrent des yeux la dite Mrs Loob. Leur regard tomba finalement sur femme de grande taille aux yeux bruns foncés et au dos voûté. Elle fit un signe de ses bras secs et se mit en route, suivie par une file trébuchante d'élèves qui tentaient de tirer leurs lourdes valises le long du sentier rocailleux. Bientôt, la main osseuse de Mrs Loob s'abattit sur la porte de bois du château et l'écho de ses coups résonna dans un silence absolu. Le battant s'ouvrit en grinçant, et comme l'année précédente, le professeur Dumbledore apparut dans l'entrebâillement, vêtu de son incontournable robe bleu, ses lunettes légèrement tordues sur son nez, comme s'il avait été interrompu dans quelque tâche. Il sourit aux enfants et poussa la porte pour leur laisser passage.
Tom ressentit un immense soulagement en le voyant à nouveau. Cependant, il remarqua la lueur d'inquiétude dans les yeux de son professeur. Il ne paraissait pas aussi joyeux que d'habitude, semblait-il... Mais c'était sans doute une simple impression. Tom sentit la chaleur du château monter à son visage, les effluves tièdes de l'odeur des murs, les rumeurs volatiles des voix qui se perdaient dans les salles immenses. Il retint son cri de joie, tout ce bonheur qui s'apprêtait à éclater dans son corps. Leur étrange guide les mena dans la Grande Salle, où les quatre tables étaient déjà disposées, où les bannières flottaient, retenues par des fils invisibles au-dessus de leurs têtes. Tom serra la main de Danaë et la relâcha à regret comme ils allaient chacun prendre leur place.
- C'est drôle, lui dit Ophélia en s'asseyant près de lui. On va voir les premières années se faire répartir... C'est bizarre d'être déjà en deuxième.
Tom acquiesça et ses yeux balayèrent la table. Son regard tomba sur Électra Malefoy et Nathan Diagon qui regardaient avec un mépris affiché les nouveaux élèves qui arrivaient en tremblant dans la Grande Salle.
- Ils ne sont pas beaucoup, cette année ! s'exclama Tom en estimant le nombre de première année d'un coup d'il.
- C'est normal... Avec tout ce qui se passe en ce moment...
Tom leva les yeux vers Ophélia. Que voulait-elle dire? Faisait-elle référence à la guerre? Mais en quoi pouvait-elle toucher les enfants de sorciers? Eux-mêmes semblaient en faire si peu de cas qu'il était surpris que cela puisse entraver la scolarité de leurs enfants. Mais il arrêta là le cours de ses pensées. Armando Dippet venait d'apparaître, le choixpeau entre les mains. Tom vit tous les nouveaux retenir leur souffle. Le directeur s'avança jusqu'au milieu de la salle et déposa l'objet magique sur une chaise. Les première année lui jetèrent un regard circonspect. Bien sûr, ils appréhendaient ce moment depuis des mois, parfois des années, et tout ce qu'ils voyaient était un vieux chapeau usé et poussiéreux. Le professeur Dumbledore déroula alors un immense parchemin et se mit à déclamer.
- Iliade Agus !
Une petite fille, si petite que Tom dû tendre le cou pour la voir, trottina timidement jusqu'à la chaise. Son visage avait une étrange teinte myosotis. Le chapeau tomba sur ses yeux et un silence de mort écrasa la salle.
- Poufsouffle ! s'écria finalement le choixpeau.
Des applaudissements retentissants éclatèrent à la table de gauche et Iliade alla s'y asseoir avec soulagement.
L'appel continua pendant une vingtaine de minutes et seulement trente-cinq élèves furent répartis cette année-là. Le professeur Dippet se leva alors et essuya ses petites lunettes rondes.
- Mes chers amis, professeur et élèves, nous voici tous réunis pour une nouvelle année
Apparemment son discours n'allait pas différer de celui de l'année précédente. Cependant, Dippet semblait étrange, nerveux. Non, nerveux n'était pas le mot. Il était épuisé. Il avait soudain l'air très vieux et agité, comme s'il lui tardait d'en finir. Et Tom n'était pas le seul à s'en être rendu compte. Les élèves le fixaient avec une gravité et une attention particulière.
Mais qu'est-ce qui se passe? Se demanda Tom en scrutant les visages de ses camardes.
- Comme vous le savez tous, poursuivit Dippet, l'année commence mal et a vu de tragiques événements se produire. Certains parmi vous ont eu à subir des retombées particulièrement pénibles et ma sympathie les accompagne
Il prit une longue inspiration. Pas un bruit ne se faisait entendre. Tom était de plus en plus sûr que ce n'était pas de la guerre qu'il parlait. Il sentit ses mains devenir moites.
- Cependant, c'est bien ici, à Poudlard, que vous êtes le plus en sécurité. Il me faut d'ailleurs redéfinir quelques paramètres afin que tout ce déroule sans problème.
Il eut un pâle sourire, mais ses yeux demeurèrent éteints.
- Cette année, le côté ouest du parc sera interdit aux élèves et il est formellement défendu de sortir de l'enceinte de l'école sans être accompagné d'un professeur.
Ces nouvelles règles établies, il cita, pour les nouveaux venus, le règlement que Tom connaissait déjà.
Tom se retourna vers Ophélia qui se tordait les mains avec nervosité. Elle eut un sourire crispé mais ne fit aucun commentaire. Dippet prononça alors quelques paroles magiques et les plats dorés, jusque là désespérément vides, se chargèrent aussitôt de viandes grillées, de légumes, de sauces épicées et de poissons fumants. Tom entendit le "Ooooh" qui s'éleva des bouches arrondies des nouveaux élèves et il lui sembla qu'il était infiniment vieux tout à coup. Bien sûr, il avait à peu près le même âge que la plupart des Première Année, mais un pont immense les séparait ce soir. Il repensa à ce qu'il était lui-même au moment où les tables s'étaient couvertes de nourriture sous ses yeux pour la première fois et combien il avait changé, en si peu de temps.
Pendant qu'ils se servaient, Tom tenta de questionner discrètement Ophélia, un peu honteux de n'être pas certain de comprendre les allusions de Dippet.
- Je ne l'ai jamais vu si inquiet, dit-il en déposant un morceau de poisson dans son assiette. Pourtant, à Poudlard on ne risque absolument rien, n'est-ce pas?
Il continua à se servir, feignant de ne pas attendre sa réponse.
- Je ne suis pas sûre qu'il y ait un endroit où nous soyons vraiment à l'abri, répondit-elle à voix basse.
- Pourquoi? Demanda Tom, son cur battant soudain plus vite. Ici rien ne peut nous atteindre C'est ce qu'ils disent toujours
Ophélia leva les yeux vers lui, une lueur étrange dans le regard.
- Tom, tu sais ce qui se passe, n'est-ce pas?
Il sentit le sang affluer à son visage et ses joues se mirent à brûler.
- O-Oui, bien sûr, répondit-il d'une voix légèrement tremblante.
Cette fois, il était certain que le directeur ne parlait pas de la guerre.
- Tom Tu sais qui est
Elle baissa la voix, comme effrayée qu'on puisse l'entendre achever sa phrase. Tom se pencha en avant pour percevoir le murmure qui franchit ses lèvres.
- Qui est Grindelwald?
Le nom envoya aussitôt un long frisson parcourir l'échine du garçon. Un éclair lumineux traversa son champs de vision et une étrange sensation se répandit dans son ventre, comme une main glacée qui chercherait à lui broyer les entrailles. Conscient qu'il s'était mis à trembler, Tom se figea soudain, pâle comme la mort. Pourquoi cette réaction? Pourquoi cette terreur, cet écurement soudain alors qu'il ne connaissait pas le nom qu'Ophélia avait murmuré. Ce n'était pas la première fois qu'il éprouvait cette étrange impression de déjà savoir, ce pressentiment qui semblait lui répéter avec les intonations grinçantes de la Voix : "Trop tard ! Trop tard".
- Tom tu te sens bien?
La voix de son amie paraissait infiniment lointaine, comme si elle l'interpellait à des milliers de kilomètres de distance. Tom combattit la nausée qui enserrait sa gorge.
- Oui, chuchota-t-il d'une voix rauque, oui ça va.
Mais ça n'allait pas du tout. La moitié de la table avait les yeux rivés sur lui, leurs fourchettes suspendues à mi-chemin entre leur assiette et leur bouche. Il se remit à manger rapidement, mais l'appétit l'avait quitté. Peu à peu, les conversations reprirent.
- Qu'est-ce qu'il y a? Demanda doucement Ophélia. Qu'est-ce qui t'arrive?
- Grin Enfin cettepersonne, qui est-ce exactement? S'enquit-il d'une voix qu'il voulait stable, mais qui crissait comme un train rouillé.
La jeune fille le regarda intensément, ses yeux s'élargissant légèrement.
- Tu ne connais pas, alors.
Ce n'était pas une question, mais Tom secoua la tête en réponse.
Ophélia se tordit à nouveau les doigts. Visiblement, elle n'avait pas envie d'en parler.
- C'estUn mage, dit-elle finalement. Un mage noir. Le plus puissant de ce siècle sans aucun doute. Il y a longtemps qu'on sait qu'il est dangereux, plus d'une quinzaine d'années en fait, mais son pouvoir s'est beaucoup accru ces derniers temps Il s'est mis en tête de prendre le contrôle du ministère. Il est très puissant, mais bien sûr, tout seul il ne peut rien faire. Alors, ilil se rend dans tous les endroits où il peut trouver des adeptes pour l'accompagner. ParticulièrementDans les écoles de magie. Et quand on refuse de le suivre il
Elle avala sa salive et poursuivit d'une voix tremblante:
- Il tue tout le monde. Même les enfants. Surtout les enfants. Il y a une semaine, Sertalina, un collège en Italie, à été attaqué et Il n'en reste rien. Ils sont tous morts, brûlés.
Tom sentit son estomac se contracter.
- Brûlés? Répéta-t-il d'une voix blanche.
Il était terrifié par le feu. Ophélia hocha la tête.
- Et il semblerait qu'il ait l'intention de venir jusqu'ici. Pour l'instant, Poudlard est trop bien protégé mais
Elle se replongea dans la contemplation de son assiette et tous deux terminèrent leur repas en silence. Vraiment très joyeux comme premier jour.
Lorsque les plats eurent disparus, Dippet se leva et souhaita bonne nuit à ses élèves. Puis chaque préfet prit la tête d'une file d'enfants et ils se séparèrent pour les mener à leurs dortoirs respectifs. Tom marchait à la fin, les pas lourds, les yeux perdus dans le vague. Il ne vit pas le groupe de Serdaigle qui approchait en sens inverse. Il entendit une voix nasillarde gémir quelque chose et leva les yeux. Il entra alors en collision avec une fillette de première année qui trébucha sur sa jambe et s'aplatit lourdement sur le sol.
- Je suis désolé, s'exclama Tom, légèrement étourdi. Tu ne t'es pas fait mal?
La fille lui jeta un regard furibond puis ses yeux se remplirent de larmes.
- Tu ne peux pas faire attention?! Cria-t-elle d'une voix aiguë. Tu l'as fait exprès, tu crois que je ne le sais pas? Mais qu'est-ce que je t'ai fait moi? Rien du tout !
Tom regarda la fille avec surprise. Elle était toute petite et maigre, osseuse même. Son nez pointu était accablé d'une énorme paire de lunettes ronde dont les verres étaient si épais qu'il distinguait à peine ses yeux. Son visage pâle était encadré de cheveux crasseux qui lui tombaient sur le front.
- Je te jure que je ne l'ai pas fait exprès, dit-il en offrant sa main pour l'aider à se relever. Je suis désolé.
Elle fronça le nez mais accepta néanmoins l'aide du garçon.
- Myrtille ! appela une voix de l'autre côté du couloir. Viens ici et arrête de te plaindre !
La fillette se retourna sans rien dire et courut rejoindre son groupe. Tom soupira. Heureusement qu'elle n'était pas à Serpentard ! La dernière chose dont il avait besoin c'était bien d'une hystérique paranoïaque. Nathan et Electra étaient largement suffisants pour gâcher son existence.
Il rattrapa les élèves de sa maison et rejoignit son dortoir, soulagé que les cours commencent le lendemain matin.
Avant même de se coucher, Tom savait qu'il allait passer une mauvaise nuit. Son pressentiment se révéla être d'une exactitude déconcertante, car il ne ferma pas l'il une seule seconde. Au matin, ses paupières étaient gonflées et ses yeux douloureux. Il ignora les remarques cinglantes de Nathan et, comme à l'accoutumée, se hâta de descendre à la Grande Salle pour y retrouver ses amies. Il se demanda pourquoi les élèves se devaient de rester à la table de leur maison. Les professeurs encourageaient la "communication" et "l'entente réciproque" entre chacune d'entre elles, mais tout semblait s'y opposer.
Ophélia était déjà assise avec Justin et tous les deux discutaient avec animation. Tom s'effondra sur une chaise à côté de la jeune fille et se frotta les yeux.
- Mal dormi? S'enquit-elle en le voyant piquer du nez dans son assiette.
- Unh unh, marmonna Tom en hochant la tête. Est-ce que tu as reçu l'emploi du temps?
- Oui, le tien est là.
Il saisit le morceau de parchemin et l'examina attentivement. Les mots lui parurent d'abord flous, puis petit à petit, les lettres commencèrent à acquérir une signification.
- On commence par Histoire, puis divination, remarqua-t-il d'une voix pâteuse. Avec les Gryffondor.
Justin vida d'un trait son verre de jus de citrouille et se frotta les mains.
- C'est votre première année de divination, hein? Fit-il d'une voix hautement professionnelle, comme s'il eût une expérience infiniment plus avancée que la leur.
Tom sourit. Justin n'avait q'un an de plus qu'eux, mais s'il lui était permis d'impressionner Ophélia, il ne reculerait devant rien.
- Miss Lynn est sympathique, continua-t-il avec détachement. Mais elle est un peu Hum, spéciale, je crois que c'est le mot. Je pense que vous allez commencer par les lignes de la main, cette année
- Ah bon? s'étonna Tom. Je croyais que c'était les feuilles de thé.
- Les feuilles de thé ! S'esclaffa Justin. Mais c'est complètement dépassé !
Tom haussa les épaules, légèrement vexé. Il se replongea alors dans la lecture de son emploi du temps.
- Au fait, déclara Justin, les sélections de quidditch ont lieues la semaine prochaine Vous n'avez pas envie d'essayer?
Avant même que Tom n'ait pu ouvrir la bouche, la voix moqueuse d'Electra lui vrillait les tympans.
- Les sélections? Tu ne penses quand même pas t'y présenter, Hamlet? Tu sais, il faut voler. Il ne s'agit pas de rester sagement assis derrière une pile de livres en espérant qu'on ne te remarque pas. Oui, je sais tu fait ça si bien Mais imagine, c'est tellement haut ! Tu tomberais avant même d'avoir décollé.
Tom sentit le sang lui monter au visage et sa langue se mit à le brûler. Soudain sa main se mit à démanger, chauffer, rougir.
Fais la payer ! Fais lui ravaler ce qu'elle vient de te dire ! Ce qu'elle a osé te dire
Son cur se mit à battre plus vite.
Tais-toi, tais-toi, tais-toi ! Songea-t-il avec force. Va-t'en, je t'interdis de revenir !
Des sueurs froides sur son front. Mais que lui arrivait-il? Electra semblait satisfaite, un sourire supérieur marquait son visage lisse et pâle.
- Alors, tu vas vraiment essayer, Jedusor? Tu ne crois quand même pas que tu peux réussir? Les gens comme toi n'ont pas leur place sur un terrain, un endroit où il faut prendre des risques.
- Va-t'en, Malefoy, lança Ophélia en relevant la tête. Tu ne vois pas qu'on mange? Ta vue n'est pas particulièrement appétissante.
Electra pinça les lèvres.
- Et, toi, lui dit-elle, tu as l'intention de faire partie de l'équipe?
- Peut-être bien, répondit Ophélia en plongeant son regard dans celui de son interlocutrice.
Tom l'admira silencieusement pour la facilité avec laquelle elle tenait tête à Electra alors que lui, les yeux baissés, les dents serrées, feignait lamentablement de ne pas être touché par ses provocations et ses insultes.
- Eh bien bonne chance ! ricana Electra en s'éloignant.
- Cette peste ! déclara Ophélia en finissant son verre. Comme si elle était capable de jouer, elle.
À la fin du petit déjeuner, Tom et Ophélia rejoignirent leurs congénères pour se rendre à leur toute première leçon de l'année.
Tous les élèves semblaient se poser la même question : Pourquoi commencer par un cours d'Histoire? Y avait-il un meilleur moyen d'abrutir un troupeau d'éléphant en rut que de les obliger à suivre la classe du professeur Binns?
Cette fois-ci, Tom se plaça au fond de la salle, espérant que la voix de son professeur ne parviendrait pas jusqu'à lui. Il soupira et souhaita que la classe se terminât bientôt et qu'il puisse assister à son premier cours de divination. Avec Danaë.
Tous les élèves étaient installés, prématurément somnolents, les yeux fixés sur la porte par laquelle le vieil homme poussiéreux allait faire son entrée d'un instant à l'autre. La fatigue pesait de plus en plus sur les yeux de Tom qui commencèrent à se fermer doucement. Il se sentait transporter, sombrer dans un sommeil salvateur et
Un cri strident le réveilla en sursaut. Il cilla plusieurs fois, assailli par des exclamations terrifiées.
- Mais qu'est-ce que
Il ravala sa phrase aussitôt. Ses yeux s'étaient posés sur l'objet des cris. Il s'agissait du professeur Binns. Si toutefois, on pouvait affirmer que c'était bien lui. Il les regardait avec son air serein et épuisé, ses cheveux blancs en bataille et ses profondes rides. Il épousseta ses vêtements et passa derrière son bureau avec lenteur.
Il n'y avait aucun doute, c'était bien le professeur Binns qui se trouvait devant eux, avec sa veste râpée, son menton fuyant et ses épaules affaissées.
Mais il était mort.
La mâchoire de Tom semblait ne plus vouloir rejoindre la partie supérieure de son visage. Un fantôme. Son professeur était un fantôme. Il le regarda flotter à quelques centimètres au-dessus du sol, le tableau noir tout à fait visible derrière son crâne transparent.
- Sortez vos affaires, jeunes gens, déclara-t-il de la même voix lente et sans intonations. Et cessez ce vacarme, s'il vous plaît.
Puis Binns s'assit à son bureau et commença son cours, comme si de rien n'était.
Tom échangea un regard stupéfait avec Ophélia. L'année promettait d'être particulière
Les élèves ressortirent légèrement désorientés de leur premier cours. Le professeur Binns n'avait nullement fait cas de leur surprise, si bien que Tom se demandait si à ses yeux la mort était si proche de la vie qu'il n'y voyait aucune différence particulière, ou bien s'il ne s'était simplement pas rendu compte que son esprit s'était détaché de son corps. Dans tous les cas, le nouvel état de son professeur n'avait pas amélioré ses performances. Une fois les élèves remis de leur frayeur, le vague ronflement qui flottait toujours pendant les cours d'Histoire de la Magie s'était réinstallé.
Tom et Ophélia se dirigèrent rapidement vers la tour Nord, dans laquelle ils n'avaient encore jamais pénétré.
- Combien de marches il y a à ton avis? Haleta Ophélia après avoir dépassé le douzième palier.
Tom n'avait pas assez de souffle pour lui répondre. Lorsqu'ils parvinrent enfin au sommet de la tour, éreintés, ils virent quatre longs couloirs se déployer devant eux.
- Pourquoi ai-je cette impression de déjà-vu, grinça Tom en s'avançant dans l'un d'eux.
Ophélia lui sourit et le suivit. Ils eurent plus de chance que lors de leur première année, puisqu'ils trouvèrent le reste de leur classe attroupée devant une échelle au bout du corridor.
Tom leva les yeux et vit une large trappe se découper dans le plafond.
- Vous croyez qu'on peut monter? Demanda Julius Malefoy qui venait d'apparaître de l'autre côté.
- Non, Julius, on doit rester là et supporter tes babillages, répliqua Electra d'une voix aigre. Évidemment qu'on peu monter, idiot !
Le garçon devint écarlate et plongea son nez pointu dans son col. Tom ressentit une pointe de compassion pour le pauvre Julius qui se devait de vivre avec la peste noire sur ses talons. Il chercha Danaë du regard et l'aperçut derrière un colosse aux cheveux roux qui jetait un il mauvais sur le groupe de Serpentard. Elle lui fit un petit signe et tenta de se frayer un chemin jusqu'à lui mais la silhouette de Nathan obstrua soudain le passage.
- Qu'est-ce que tu veux? demanda-t-il avec dédain. Tu as un problème? Tu veux rejoindre l'autre Sang de Bourbe là-bas?
Tom sentit quelque chose lui monter à la gorge. Danaë n'était pas vraiment du genre à se laisser marcher sur les pieds. Elle ouvrit la bouche, prête à répondre au garçon, mais à cet instant, un grincement sinistre se fit entendre au-dessus de leur tête. Tous levèrent les yeux pour voir la lourde trappe se soulever lentement avec un horrible cri. Un frisson parcourut le groupe. Les élèves échangèrent un regard, attendant qu'un d'entre eux se décide à s'engager le premier sur l'échelle. Danaë se détacha du groupe et gravit lentement les échelons, bientôt suivie par Ophélia et Julius. Tom laissa passer Electra et Nathan avant de monter à son tour.
Lorsqu'il pénétra dans la pièce, une odeur suffocante lui attaqua les narines. Une fragrance agressive mélangeant l'encens, les fleurs séchées et une vague parfumée à quelque chose d'inqualifiable. Les enfants cillèrent et frottèrent leur paupières assaillies par la fumée. La salle était basse et longue, tapissée de coussins mités et de toiles d'araignées. les volets ne laissaient filtrer que quelques rayons de lumière et le fond de la pièce demeurait obscur.
- Ah vous voilà ! S'écria une voix enthousiaste derrière eux.
Tom sursauta et fit volte-face. C'était une femme petite et replète qui leur faisait face. Elle portait un large pantalon fleuri et une chemise de crépon rose et jaune. Son accoutrement et son visage réjoui, caché quelque part derrière ses boucles brunes, contrastaient étonnement avec l'ambiance mystérieuse et étouffante de la pièce.
- Bonjour les enfants ! Continua-t-elle d'une voix enjouée. Je suis très heureuse de commencer l'année avec vous Installez-vous, installez-vous, fit-elle en désignant les poufs poussiéreux qui encerclaient les tables basses.
Tom, Danaë, Ophélia et Julius Malefoy - qui ne savait pas où s'asseoir - prirent la première table. Ils formaient sûrement le groupe le plus étonnant de la classe et s'attiraient des regards surpris et suspicieux. Il sentit tout à coup sa respiration devenir sifflante et pénible. Tom haussa les épaules et lança un bref sourire à Danaë.
- Qu'est-ce que vous avez eu, ce matin? Demanda-t-il en essayant de chasser le malaise qui l'oppressait.
- Botanique, grimaça-t-elle en exposant ses mains légèrement gonflées. Je te conseille d'être prudent avec les petits bourgeons. Ils n'ont pas l'air, mais ce sont les plus agressifs
Ophélia se mit à rire et Miss Lynn tapa dans ses mains.
- Bien ! nous allons commencer rapidement si vous le voulez bien. Je m'appelle Azéa Lynn et je serai votre professeur durant ces six longues années qui vous restent avant la libération finale
Elle sourit à ses élèves et s'avança légèrement, dans un tourbillon de fleurs mauves et vertes.
- Nous commencerons par étudier les lignes de la main. Les bases en sont simples, mais les subtilités plus complexes à déceler. Ce sera le programme du premier semestre, après quoi nous attaquerons les feuilles de thé et les boules de cristal
Un frisson d'impatience traversa la salle. Tous rêvaient de pouvoir se servir d'une vraie boule de cristal.
- Avant de commencer je vais vous faire une petite démonstration Mademoiselle, dit-elle en se tournant vers Danaë, voudriez-vous bien me donner votre paume?
- C'est que Mes mains ont eu un léger accident en botanique
- Ah je vois, acquiesça miss Lynn en se penchant. Il faut être prudent avec les bulbazoaires carnivores, ils sont vénéneux lorsqu'ils ne sont pas ouverts
Elle se redressa et sourit.
- Ce n'est rien, ce sera guéri ce soir. Jeune homme, vous voulez m'assister?
Tom leva un regard inquiet vers son professeur. Bien sûr, il ne pouvait pas refuser, mais plus il y pensait, plus l'idée qu'elle lise son avenir lui déplaisait.
Pourquoi? De quoi as-tu peur? Qu'elle voit des choses Que tu préférerais continuer à ignorer? Qu'elle dise ce que tu as vu dans le journal et dans les rêves?
Tom sera les dents. Depuis qu'il était revenu, la Voix avait recommencé à le tourmenter. Il se leva et força un sourire sur ses lèvres. Automatiquement, il tendit sa main gauche à Miss Lynn.
- Je vois que vous connaissez les us de la divination, remarqua-t-elle en souriant. monsieur
- Jedusor, répondit-il. Tom Jedusor.
Elle prit sa paume dans la sienne et commença à inspecter les lignes.
- Commençons par le passé Vous êtes né en fin d'année, dans un endroit très froid. Vousvous avez perdu vos parents très jeune, j'en suis désolée
Tom frissonna mais il ne dégagea pas sa main.
- Vous descendez d'une longue, très longue lignée de sorciers par un de vos parents J'en ai rarement vu de plus ancienne.
Il entendit le reniflement méprisant d'Electra. Une très longue lignée? Songea-t-il. Il savait que ses grands-parents maternels étaient tous deux sorciers, mais il ne connaissait rien de sa famille au-delà d'eux. Mais il ne voulait pas penser à ses grands-parents.
- Vous avez grandi dans le monde moldu, continua Miss Lynn. Vous ignoriez votre appartenance à la communauté magique Vous voyez là? C'est la marque d'un choc important. Et puis Un décès récemment. Quelqu'un de proche. Je suis vraiment navrée
Tom commençait à en avoir assez de l'entendre divulguer toute son existence devant la classe attentive. Mais le pire était à venir.
- Bien, voyons le futur maintenant
Miss Lynn fronça alors les sourcils, ses yeux parcourant la paume de Tom à plusieurs reprises. Ses pupilles se dilatèrent et son front se creusa tandis qu'elle demeurait silencieuse.
- Quoi? Demanda finalement Tom, alarmé par son mutisme.
- Jeje n'ai jamais rien vu de pareil, murmura-t-elle. Regardez vous-même Votre ligne de vie est brisée à trois endroits différents. La première marque se situe ici. Ce qui signifie que c'est arrivé très récemment ou que cela surviendra bientôt.
Le regard affolé de Tom croisa celui de Danaë, dont les grands yeux verts étaient figés.
Pourvu qu'elle ne pose pas de questions ! Espéra-t-il. Mais Miss Lynn semblait trop fascinée par les sillons de sa main pour le questionner.
- Les deux autres se trouvent là et là, vous voyez? Mais Ça n'est pas le plus étrange. Votre ligne de vie et parfaitement uniforme jusqu'ici Et regardez Après la seconde brisure elle Elle se divise ! Je n'ai jamais vu ça avant. Une des deux branches s'affine puispuis s'efface. Et l'autre commence plus haut et c'est sur celle-ci qu'est la dernière brisure. Après cela votre ligne est incroyablement fine comme dans un coma profond je suppose. Puis elle s'épaissit à nouveau. Maintenant regardez votre ligne de cur. Elle disparaît entièrement à un moment qui coïncide à peu près avec la seconde marque de votre ligne de vie. Et toutes vos autres lignes elles
Elle paraissait de pas pouvoir achever sa phrase. Ses yeux brillaient derrière ses paupières lourdes.
- Elles se dédoublent ! Souffla-t-elle.
- Qu'est-ce que Qu'est-ce que ça veut dire? Murmura Tom qui essayait de ne pas retirer sa main pour s'enfuir de cet endroit.
Miss Lynn plongea son regard dans celui du garçon.
- Sur votre main, Tom, il y a
Elle se tut encore et inspira longuement.
- Il y a deux vies.
Un silence écrasant s'abattit sur la salle. Tom cilla, incrédule, ses lèvres tremblèrent.
- C'est comme si Il y avait l'avenir de deux personnes différentes superposées sur votre paume. Et que l'une d'elle
Tom baissa le regard sur la seconde ligne, celle qui disparaissait si vite après la profonde marque sur sa ligne de vie. Ses yeux s'agrandirent, mais il ne put proférer une seule parole. L'autre ligne, celle qui survivait à cette cassure était anormalement droite et profonde, comme tracée avec précaution. Il se demanda comment il avait pu ne jamais remarquer cela dans sa main. À nouveau il regarda son professeur. Le teint pâle de la jeune femme ne le rassura pas. Son cur se mit à battre plus vite. Soudain, il eut la certitude qu'elle n'avait pas tout dit. Qu'avait-elle vu qu'elle taisait à présent? Qu'y avait-il dans son avenir qui la faisait blanchir ainsi?
- Merci, déclara Miss Lynn en s'éclaircissant la gorge. Nous pouvons commencer maintenant
Tom se rassit à côté d'Ophélia qui lui lança un drôle de regard, mais ne fit aucun commentaire.
Le reste du cours passa affreusement lentement et Tom sentit qu'il ne pourrait plus supporter longtemps les yeux pesants de ses camarades. Lorsque la cloche retentit, son seul désir était d'aller se réfugier au dortoir et de ne plus en sortir. Danaë et Ophélia devaient se rendre au terrain de quidditch pour rejoindre Justin et Tom déclara qu'il préférait retourner dans sa salle commune, prétextant une brusque migraine.
Tous les élèves quittaient la salle lorsque la voix de Miss Lynn l'interpella.
- Monsieur Jedusor ! Puis-je vous parler une seconde?
Il retourna vers elle avec réticence.
- Tom je voulais simplement vous dire
Il vit ses mains se mettre à trembler et ses yeux fuir son visage. Tout à coup, elle ramena son regard sur lui.
- Ce n'est pas ce qui a été qu'il faut craindre, Tom. C'est ce qui pourrait être.
Tom ouvrit de grands yeux.
- Qu-quoi? Je ne comprends pas professeur
Miss Lynn eut un pâle sourire.
- Vous allez être en retard pour le déjeuner, dit-elle.
Tom serra son sac contre lui, immobile. Mais elle ne semblait pas prête à ajouter quoi que ce fût, aussi décida-t-il d'abandonner et se dirigea vers la trappe d'un pas chancelant. Alors qu'il avait descendu les premiers échelons, la voix de son professeur s'éleva à nouveau. Il la vit debout près du feu, ses yeux grand ouverts, ses mains agrippées à son châle.
- Tom ! Méfiez-vous des aigles !
Et avec cela elle disparut entre les flammes.
