Chap2 : La vie est un long fleuve

Harry était assis dans le salon un vieux sac de Dudley à ses pieds contenant entre autres quelques vêtements de rechange dont sa belle robe de cérémonie vert émeraude, immobile face à l'oncle Vernon, attendant l'arrivée imminente, du moins il l'espérait, de Maugrey. Cette attente était surréaliste vu qu'il n'avait plus la notion du temps puisqu'il avait passé toutes ses journées léthargique dans sa chambre.
Néanmoins un semblant de joie naquit en lui dès qu'il entendu l'arrêt d'un véhicule devant le 4 Privet Drive. Par la fenêtre il put voir un vieil homme sortir d'un break vert. Il n'y avait aucune hésitation possible vu l'allure du conducteur : un chapeau melon ne laissant voir qu'un nez meurtri, un costume marron et une jambe de bois digne de tout pirate. Harry sortit si vite que le visiteur n'eut pas le temps de sonner. « -Bonjour Fol'Œil . -Salut petit. -Allons-nous en vite d'ici. »

Durant le trajet qui dura prés d'une heure et demie, personne ne dit quoique ce soit et Harry entendit sans l'écouter la radio des sorciers. Il lui sembla un moment entendre le groupe qui avait animé le bal de sa quatrième année. La jungle urbaine avait disparu depuis plus d'une heure lorsqu'il aperçut une bâtisse excentrique et pourtant familière. « -Harry mon chéri ! Comment vas-tu ? Oh mais tu m'as l'air assez pâle. »
C'était Mrs Weasley, une femme rondouillette mais d'une générosité sans pareil, qui continua pendant une bonne minute à se soucier de sa santé.
Il posa ses affaires dans la chambre de Ron, son meilleur ami, qu'il retrouva avec joie. Ce dernier lui proposa, pour l'occuper, d'aller comme lors de ses dernières visites faire quelques passes de quidditch sur la colline avoisinante. Harry, dans la perspective d'un court oubli, accepta et partit rejoindre la sœur de Ron, Ginny, qui s'entraînait ardemment pour réintégrer l'équipe de quidditch de Grinffondor en tant que poursuiveuse.
Le soir, quand Mr Weasley arriva en plein milieu du dîner du fait d'une affaire énorme impliquant son service, une large discussion s'ouvrit.

« -Il y a des semaines que je n'ai pas aussi bien mangé, dit Harry. -Ils n'ont toujours pas compris ces...tes...ton oncle et ta tante. -Je dois avouer que je n'avais pas trop l'appétit ces derniers temps. -Mais demain c'est différent hein Harry ?, dit Ron, c'est un...enfin...
-Un grand jour quoi qu'on en dise, cela faisait quinze ans qu'il
attendait que la vérité éclate, rétorqua Ginny regardant sans ciller
Harry dans les yeux. -Euh oui... Après un long silence il reprit -Au fait où sont Fred et Georges ?
-Ils occupent un appartement au-dessus de leur boutique, répondit Mr
Weasley. -Un véritable taudis, ajouta Mrs Weasley dans un souffle.
-Il est petit, jonché de pièges, sombre et avec vue sur le chemin de
traverse, dit Ron avec un sourire, ça c'est cool. » Quand Harry retrouva la chambre de Ron, les deux amis discutèrent de tout et de rien pendant une bonne heure. -Je me demande Ron, comment va ce passer l'hommage selon toi ?
-Sûrement dans le département des mystères je crains, mon père a déjà
du se rendre là bas pour une cérémonie funéraire d'un de ses collègues
et il était revenu vraiment bouleversé, il n'a pas voulu qu'on y
aille. -Il avait disparu également ? demanda Harry.
-Non un produit importé illégalement, enfin je crois, répondit Ron,
mais pourquoi ? -C'est seulement que j'ignore comment se déroule un enterrement.
-Moi aussi, mes grands parents paternels sont mort avant ma naissance
et ma mère était fâché avec les siens, enfin les miens... -Oui je comprends.
-Bref elle y est allée seule à celui de grand mère, et je vois presque
jamais grand père.
-Oui...Mais maintenant que j'y pense, on sait tout les deux que dans la
salle du temps est entreposé des remonte-temps, si l'on pouvait
parvenir dans cette pièce, on réussirait à....
-Harry, cela fait trop longtemps et ce soir là il y avait dix
mangemorts, nous ne pourrions jamais changer... -J'ai déjà sauvé Sirius comme ça, j'aurai du y penser tout de suite...
-Non, Harry ! cette fois il est trop tard, tu ne l'avais pas vu
disparaître la première fois. Harry savait que Ron avait raison mais ne pouvait toujours pas se résoudre à accepter le cours de la vie et encore moins sa fin et ce que lui avait dit son ami le confrontait de nouveau à ceci, il ne parla donc plus de toute la soirée.

Le lendemain, il se leva de bonne heure enfila sa robe de cérémonie et descendit rejoindre le reste de la famille Weasley, déjà levée au son du coq. Après un bref mais copieux petit déjeuner, ils se rendirent au ministère avec la poudre de cheminette. Ils sortirent de l'atrium en direction des cachots qu'Harry n'avait pas emprunté depuis ce tragique soir. Il traversa une nouvelle fois la salle circulaire escorté par trois langues de plomb jusqu'à la salle de l'arcade.