Maintenant que le cinquième tome est sorti, je veux indiquer que je ne ferai aucunes références à l'intrigue de ce livre. Comme j'ai planifié mon histoire et inventé mes personnages, toutes ressemblances avec l'Ordre du Phénix seraient involontaires. Je tiens tout de même à préciser ici que ce que vous allez lire est radicalement différent de ce que vous avez appris dans l'Ordre du Phénix. J'ai été d'ailleurs ennuyée de parler de la même chose son un angle différent. Mais après réflexion, je ne désirais pas couper ce passage. Je l'ai donc gardé et j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop. Je précise au passage que les rewiews sont une excellente drogue, plus il y en a, plus on a envie d'écrire. N'oubliez pas de me donnez votre avis. Bonne lecture.

***

Je tiens à préciser que ceci est ma première fanfiction. Il est possible que l'arrivée des chapitres ne se fasse pas de façon régulière car je souhaite tout d'abord trouver une bonne intrigue, ce qui n'est pas facile. Je porte aussi une attention toute particulière au style de l'écriture et à l'orthographe car je considère que c'est ce qui fait une grande partie de la qualité d'une œuvre littéraire (attention tout de même, je ne me crois pas capable de faire aussi bien qu'un grand auteur !). Donc, malgré une volonté de vous présenter quelque chose d'assez soigné, je m'efforcerai de vous faire parvenir cette histoire de façon aussi régulière que possible. Je vous remercie donc de prendre le temps de la lire. Vous pouvez me laisser un message pour me faire part de vos remarques, reproches et autres critiques. Merci.

***

Avant de vous abandonner aux affres de la folie qui touchent le cerveau du malheureux auteur de cette fic' (je crois que ça fait un peu beaucoup là), je tiens à remercier les personnes qui lisent mon histoire et qui m'ont laissé un petit mot. Merci donc à :

*x6plaf (je vais essayer de faire mon possible pour qu'il n'y ait plus
de personnages qui s'invitent impunément dans cette histoire. Ce
chapitre est donc le dernier à avoir de nouvelles personnes. Et puis,
beaucoup des personnages que j'utilise ne sont là que pour les rôles
de figuration comme on dit au cinéma. Alors, courage, accroche-toi).

*Izabel (toujours là, ça fait chaud au cœur)

*Gwenn 222 (que veux-tu, c'est l'injustice de la fanfiction ! Mais si
tu trouves qu'il n'y en a pas assez, tu peux en rajouter)

*à tous les autres !

Bon, comme je trouve ça assez désagréable les remerciements à tous bouts de champs, je rentre dans le vif du sujet. Veuillez accrocher vos ceintures, vous venez d'embarquez dans un très très long chapitre qui devrait vous dépayser de Poudlard !

***

Titre : Opération Pégasus. Auteur : Elizabeth. Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif. Résumé général de l'histoire : Septembre 1970. Après deux mois de vacances, les élèves du collège Poudlard reprennent leurs études. Mais un certain mage noir poursuit son ascension vers le pouvoir, provoquant un climat de terreur. La tension au sein de la communauté internationale magique et du ministère britannique ne cesse de grandir. C'est pourquoi certains ont décidé de lancer une action secrète qui changera à jamais la vie de quelques étudiants, en liant leurs pouvoirs et leurs vies... Le nom de code : Opération Pégasus. Résumé du chapitre précédent : Seconde rencontre de la saison pour l'équipe de Gryffondor qui affronte celle de Serpentard à la veille des vacances. Pendant le match, alors que James tente d'attraper le Vif d'Or, Rogue lui lance un sort d'aveuglement. Sirius, comptant sur les réflexes de son ami, lui renvoie d'un coup de batte la petite balle que James parvint malgré tout à rattraper. A la fin du match, Sirius donne à Rogue une correction pour avoir tenté, selon lui, de tuer James. Malgré cela, Flint, le capitaine de Serpentard demande à ce que le jugement du match soit revu car James a attrapé le vif d'or avec l'aide de Sirius. Mais le soir même, une lettre des Blacks attend Sirius et James qui sont conviés à passer les vacances à la maison. Mais pourquoi ce changement de programme si tardif ? Rappel des élèves étudiant à Poudlard évoqués dans les chapitres précédents (qui commencent à devenir un peu nombreux, mais c'est comme ça) : (Je ne vous présente plus les maraudeurs ainsi que Lily et ses amies).

Black Cassiopée : Gryffondor, 7° année, préfète en chef. Sœur de Sirius et petite amie de Lawrence Ackerley.

Lester Dave : Serdaigle, 1° année. Son père a été tué lors d'une attaque sur le ministère. Dunaway Eléonore : Serdaigle, 6° année.

Higgs Victoria : Poufsouffle, 3° année. Son père a été tué lors d'une attaque sur le ministère. Vinterberg Sara : Poufsouffle, 5° année.

Parkinson Brian : Serpentard, 6° année, poursuiveur. Frère de Susan. Parkinson Susan : Serpentard, 7° année, préfète. Sœur de Brian et petite amie de Cyril.

Rappel des adultes ou autres personnes évoquées dans les chapitres précédents : Black Beltégueuse : Mère de Sirius. Oubliator. Black Orion : Père de Sirius et Cassiopée. Directeur de la brigade d'élite des tireurs de baguettes. Mondubois Arnold : Oubliator, collègue de Beltégueuse. Potter Alexander : Père de James. Premier conseiller du cabinet du ministre. Potter Kathleen : Mère de James Potter. Représentante permanente anglaise de la Confédération Internationale Magique.

Chapitre 20 : LE HAVRE DES BLACKS.

Les chaos du train qui les transportait commençaient lentement à l'endormir. James s'étira pour éviter de retomber dans la torpeur. Il remit correctement ses vêtements froissés par le somme qu'il venait de faire. Face à lui, Sirius était occupé à faire rentrer dans une boîte quelques plumes et des rouleaux de parchemin.

« Quelle heure est-il ? »
« Ha, tu te réveilles enfin ! Il est ... »

Sirius jeta un bref coup d'œil à sa montre et répondit avec un grand sourire.

« Neuf heures piles ! T'es réglé comme une horloge. »

Vers six heures, les élèves qui devaient prendre le Poudlard Express pour rentrer chez eux s'étaient amassés sur le quai de la gare de Préaulard. Tous semblaient assez fatigués mais heureux de rentrer chez eux. Bien sûr, ils étaient peu nombreux. Ce n'était que les vacances de février et tout le monde ne redescendait pas sur Londres et ses environs. Ceux qui habitaient en Ecosse, en Irlande ou encore assez profondément dans le Pays de Galles prenaient d'autres moyens de transports. Ils devaient d'ailleurs commencer à s'être rassemblés dans le grand hall pour que chacun puisse prendre son portoloin ou partir par la poudre de cheminette. James ôta ses lunettes et se frotta les yeux. Il posa son regard sur un gros sac rouge installé sur la banquette en face de lui.

« Au fait, où est ta sœur ? Elle n'était pas au début du voyage avec nous ? »
« Si, mais elle est partie faire le tour des compartiments pour voir
s'il y avait des personnes de sa connaissance. »
« Si on allait la rejoindre pour vérifier si elle a trouvé du monde ? »
« D'accord, ça nous changera de ce compartiment sinistre. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, les deux garçons fermèrent à clé la porte de leur compartiment et se mirent à déambuler de wagon en wagon. Il y avait peu de monde dans le train, juste un voyageur endormi qui avait pris le train avec eux à la gare de Préaulard et une femme avec trois enfants qui étaient montés à l'arrêt précédent. Autant dire qu'il n'y avait pas foule. Les deux gryffondors poursuivirent leurs investigations et finirent par entendre des voix qui provenaient d'une cabine dont la porte était entrebâillée.

« Boris, est-ce que tu veux faire une bataille avec nous ? »
« Pourquoi pas, ça me changera les idées »
« Et Victoria, ça ne la tente pas ? »
« Non, pas trop, je crois. Tu sais, elle a besoin de se reposer en ce moment. »

James ouvrit la porte et découvrit trois garçons occupés à jouer aux cartes tandis qu'une jeune fille dormait, sa tête appuyée contre la vitre tressautait selon les vas et viens du train. Le petit groupe détourna son attention du jeu qu'il s'apprêtait à débuter et dont les cartes vexées, se mirent à se mélanger toutes seules avec rage, étant donnée le peu d'attention qu'on osait leur accorder.

« Tiens, salut Potter ! Comment ça va, demanda un garçon à la tignasse drue et aux yeux sombres. »
« Plutôt tranquille. Dites, vous n'auriez pas vu Cassiopée Black ? »
« Celle qui est plutôt pas mal, la préfète en chef ? »
« Hé, Stachanov, je ne te permets pas de parler de ma sœur de cette manière. »

Sirius grogna sourdement et un petit sourire narquois apparut sur le visage de Boris Stachanov, un poufsouffle de troisième année.

« Ne t'inquiètes pas Black, ce n'est pas notre genre, répliqua un
deuxième année qui devait être à Gryffondor car son visage rappelait
vaguement quelque chose à James. Hein, Dave ? Elle te plaît pas la
préfète en chef. »

Le première année de Serdaigle à qui il s'adressait hocha vaguement la tête, apparemment intimidé.

« J'espère bien, marmonna Sirius. Sinon, vous ne l'avez pas vu passé ? »
« Il y a une dizaine de minutes, je dirais, répliqua le gryffondor qui
se nommait Antony Badower »
« Bon merci. »

En repartant, Sirius claqua la porte et se mit à bougonner, les mains enfoncées dans les poches comme à son habitude.

« Non mais pour qui il se prend ce gars ! Parler de ma sœur comme ça et devant moi en plus ! »
« Bah, faut dire que ta sœur est assez mignonne. Je peux te dire que
pas mal de mecs de septième année doivent l'avoir mauvaise qu'Ackerley
lui ait déjà mis le grappin dessus. Dommage d'ailleurs... »

Sirius s'arrêta et fit volte-face, un sourire mauvais sur les lèvres.

« Potter, tu es un homme mort ! »

James prit ses jambes à son cou, il n'avait aucune envie que Sirius lui tombe dessus, même pour rire. Il parvint au bout du wagon et se précipita dans un compartiment dont la lumière jaillissait.

« Tiens James, on n'attendait plus que toi pour prendre le petit- déjeuner. »

James se retourna et vit Cassiopée Black qui lui souriait de toutes ses dents. Elle avait lâché ses longs cheveux noirs qui lui tombaient dans le dos. N'étant plus à Poudlard et n'ayant plus de rôle de préfète en chef à tenir, elle avait revêtu une jupe rouge et un pull assorti. Une tasse de porcelaine blanche contenant apparemment du thé se trouvait dans sa main. James jeta un regard sur les autres occupants du compartiment qui étaient exclusivement des filles. Il reconnut Sara Vinterberg, une poufsouffle de cinquième année qui était aussi poursuiveuse dans son équipe et avec qui il s'était rendu au bal, qu'il salua poliment.

« Je te présente Luna Sollet, elle est en sixième année à Poufsouffle
et voici Eléonore Dunaway. Elle est aussi en sixième année mais à
Serdaigle. »

Cette dernière était une jeune fille qui avait un doux air rêveur sur le visage lui sourit. Ses cheveux blonds vénitiens étaient serrés dans un chignon et ses jolis yeux gris semblaient emplis d'étoiles. A ce moment là, la porte s'ouvrit et Sirius apparut tout essoufflé, le visage empourpré par sa course.

« Dis donc, Sirius, tu en as mis du temps pour me rattraper, ricana James. »
« Ne m'en parle pas ! Je suis tombé sur Brian Parkinson qui était en
compagnie de sa sœur et tous les deux, ne paraissaient pas
d'excellente humeur. Après la claque qu'on leur a mis hier, je peux
comprendre que ce gros crétin soit mauvais avec moi. Mais sa sœur non
plus ne m'a pas lâché. Je paris que si j'étais resté un peu plus
longtemps avec eux, elle n'aurait pas hésité à dégainer sa baguette. »
« Ça ne m'étonne pas, tu es un Black. »

Sirius regarda sa sœur avec un air ébahi alors que la préfète était occupée à se resservir une tasse de thé.

« Pardon, hoqueta Sirius maintenant pâle. »
« Ben oui, tu ne sais pas ? Elle aussi est préfète et elle espérait
bien être nommée au poste de préfète en chef mais comme c'est moi qui
l'ai eu, elle nourrit à mon égard une haine cruelle. »
« Et c'est pas peu dire ! Déjà qu'avant, elle ne te supportait pas,
laissa hasarder Luna en passant la main dans ses cheveux en
bataille. »
« Mais bon les garçons, on n'est pas là pour parler de mes relations
houleuses avec ces charmants serpentards. Venez plutôt vous asseoir et
manger un bout. On n'arrivera pas à Londres avant midi et demi. »

Et les cinq amis déjeunèrent tranquillement tout en discutant de ce qu'ils allaient faire pendant les vacances. L'ambiance était chaleureuse et tous rirent de bon cœur aux blagues que firent James et Sirius. Trois heures plus tard, le Poudlard Express entrait en gare de Londres, quai 9 ¾, crachant un nuage de vapeur grise. Assez peu de personnes attendaient sur le quai. James tira sa lourde valise qui faillit tomber sur le sol. Il se dégagea du marche-pied pour laisser passer les autres. Sirius eut quasiment autant de mal que lui malgré sa force. Enfin, Cassiopée apparut. Elle fit léviter sa valise et d'un geste de la baguette, la reposa doucement sur le quai de la gare en lançant un sourire narquois aux deux garçons. La jeune fille fit un signe d'adieu à ses amies et dit aux garçons de la suivre. Il longèrent le quai en traînant leurs valises sans s'occuper des gens présents. Avant de passer dans la gare du côté moldu, Cassiopée appliqua à toutes leurs affaires un sort d'allégement pour qu'ils puissent plus facilement les transporter.

« Papa et maman ne viennent pas nous chercher, demanda Sirius à sa sœur. »
« Non, ils m'ont dit de rentrer à la maison avec vous en passant par le raccourci. »

James se demanda ce qu'était le raccourci. Les vacances qu'il avait passé chez les Black s'étaient toujours déroulée pendant l'été. Dans la gare moldue, le trio longea les quais où des foules de personnes attendaient. Sous la grande verrière, le ciel était tout de même voilé. James jeta un coup d'œil à Cassiopée qui fendait la foule. Sirius devait se concentrer pour ne pas montrer que sa valise ne pesait pas plus qu'une plume. Plusieurs fois, il se reprit car des moldus lui lançaient des regards admiratifs ou étonnés. Dépassant un groupe de touristes, ils arrivèrent devant un guichet fermé à moitié caché par une colonne de marbre et dont la grille était rabaissée. James se demanda ce qui allait se passer. La sœur de Sirius s'approcha du rebord en bois et appuya sur tira un minuscule moulage qui serait resté invisible aux yeux de James si on ne le lui avait pas montré. La jeune fille s'écarta et Sirius passa au travers de la paroi sans problème, comme si celle-ci n'était composée que d'air. James plissa les yeux et Cassiopée lui fit signe de passer.

« A toi, James. Dépêchons-nous tant qu'il n'y a pas de trop de monde dans les parages. »

James saisit sa malle et passa à son tour. Il se sentit légèrement poussé vers l'avant et atterrit sur le chemin de Traverse au coté de Sirius. Cassiopée apparut à son tour et ils continuèrent leur chemin sur l'une des plus grande rue commerçante du monde sorcier. Au coin de la boutique d'Ollivander, ils tournèrent sur leur droite et longèrent quelques ruelles avant de parvenir sur une place ronde. Face à eux, une immense maison de style renaissance s'imposait. Cassiopée déposa sur le sol pavé de pierres humides sa valise.

« Bienvenue au numéro sept de la place des embruns ou aussi appelé par
ses habitants Le Havre pour son calme et sa tranquillité légendaire,
enfin surtout quand Sirius n'est pas là. »

Et elle s'avança sur le perron de pierre, saisit la cognée en métal de la porte et en assena trois coups contre le buttoir.

***

« Hé, James, ça te dirait de faire un tour pour se changer les idées ? »

Sirius était occupé à refermer le velux du grenier tandis que James farfouillait dans un tiroir à sa portée. Le dernier étage de la maison des Blacks était le domaine privé de Sirius, son antre pour ainsi dire. Bien que Sirius ait une chambre à l'étage inférieur, il avait toujours voulu partager le grenier avec James quand celui-ci était à la maison. Sirius y avait aménagé un véritable repaire et de nombreux souvenirs y étaient restés imprégnés. Que d'heures passées à jouer aux jeux de société avec sa sœur alors qu'aucun des deux n'allaient encore à Poudlard, puis à s'inventer des histoires où des courageux sorciers se battaient contre des mages puissants et des preux chevaliers pourfendaient des dragons pour délivrer des princesses et enfin à rêver en regardant passer la Tamise par le vasistas. La demeure des Blacks était en bordure du fleuve et c'était pour cela qu'elle avait reçu le nom de Havre par ses habitants. James reposa les papiers qu'il était entrain d'étudier et acquiesça à la proposition de Sirius.

Une fois dans la rue, ils reprirent le parcours vers le Chemin de Traverse. Tout était assez calme, ce n'était pas l'agitation que James connaissait lorsqu'il faisait ses courses pour la rentrée. Ils passèrent à la boutique de Quidditch en espérant voir Kate mais elle était absente. Les deux garçons en profitèrent tout de même un peu pour fouiner dans le magasin.

« C'est tout de même injuste que les serpentards aient eu des points.
C'est notre équipe qui a gagné ce fichu match, déclara Sirius en
tâtant une batte de Quidditch. »
« Je suis d'accord mais on a tout de même de la chance d'avoir été
désigné vainqueurs. Ça nous fait que cinquante points d'écart. Il faut
espérer que les serdaigles les laminent et que nous écrasions les
poufsouffles. »
« Ouais... »

Ils sortirent assez vite de la boutique, ayant déjà fait des achats à Préaulard. Ils vaquèrent lentement à travers les ruelles tout en discutant des prochaines farces qu'ils feraient et James expliqua à Sirius l'achat qu'il avait fait à Derviche et Bang.

« Tu vois, en faisant cette carte de Poudlard, ça nous serait
extrêmement utile. Savoir où sont les passages et laisser une trace de
nos exploits. »
« En effet, ça peut marcher mais il va falloir travailler ardemment
dessus. Le mieux serait qu'on s'y mette dès notre retour. »
« Je pense qu'en six mois, ça peut être fait. »

En prononçant ses mots, ils traversèrent un pont de pierres grises. L'atmosphère devint un peu trouble et Sirius s'interrompit dans son discours. Il leva la tête et huma l'air tel un chien aux abois. James lui lança un regard inquiet qu'est ce qui pouvait avoir alerter l'instinct de son ami en plein cœur de Londres ? Un éclair d'argent déchira l'air. Sirius le prit par le bras et se mit à courir. Il tourna sur sa gauche et ils se retrouvèrent à longer un quai encombré de cordages et de tonneaux. L'odeur âcre lui souleva le cœur mais il fit un effort. Curieux de savoir de quoi Sirius cherchait à les éloigner, il détourna la tête mais ne vit rien.

« Sirius, il n'y a personne. »
« Que tu penses, James ! » « Oui, je sais. Il serait temps que je change de lunettes. » « Ça n'a rien à voir avec tes lunettes, James. »

Ils bifurquèrent à nouveau sur la droite et se faufilèrent entre deux hautes battisses et débouchèrent dans une allée assez large dans laquelle quelques sorciers se promenaient. James n'était jamais venu dans cette rue. Quand il était petit, il avait toujours pensé que le Londres sorcier se limitait au grand Chemin de Traverse et à la légendaire Allée des Embrumes dont sa mère lui avait souvent raconté des histoires effrayantes pour qu'il ne lui lâche pas la main. Le petit garçon avait espéré au fond de lui-même que tout cela n'était que des mensonges que l'on narrait aux enfants pour qu'ils soient sages, de peur de finir abandonné dans cette sombre allée où les ogres côtoyaient les harpies. En grandissant, James avait compris que les mises en garde de sa mère n'étaient pas fondées sur des affabulations. Et la première fois qu'il était allé chez Sirius et que sa mère lui avait dit que la maison des Blacks se trouvait sur la Place des Embruns, il avait cru se retrouver dans l'allée maudite. Sirius lui avait alors révélé que le Londres sorcier était bien plus vaste qu'il ne le pensait. Le garçon ayant passé toute son enfance à marauder dans ses quartiers, il avait fini par les connaître comme sa poche.

Sirius s'appuya contre un mur pour reprendre son souffle. James avait été troublé par les paroles de Sirius. Il frissonna et resserra son écharpe autour de son cou le vent venait de se lever. Il regarda Sirius dont les palpitations commençaient à disparaître.

« Tu peux m'expliquer ? » « D'accord, mais on va boire un coup. Je n'en peux plus. »

Il soupira et fit signe à son ami de le suivre. James aperçut une petite échoppe de forme ronde, son insigne qui claquait dans l'air représentait une rose des vents. Ils pénétrèrent à l'intérieur et Sirius choisit de monter à l'étage pour être plus tranquilles. Ils s'installèrent juste à côté de la cheminée car on était encore qu'en février et même s'il faisait meilleur à Londres qu'en Ecosse à Poudlard, un vent froid les avait précédés jusque dans la taverne. Un serveur vêtu d'un tablier de cuir vint prendre leur commande. Une fois servis, James ne put s'empêcher de questionner son ami.

« Où est-ce qu'on est, Sirius ? »
« A la Rose des Vents, une sympathique petite auberge. »
« Et tu peux me dire pourquoi tu as paniqué comme ça ? »

Sirius reposa sa chope de bièraubeur, ses yeux se voilèrent et sa voix devint rauque et sourde.

« Ceux qui nous suivaient n'étaient pas des gens très fréquentables.
Vois-tu, James, depuis quelque temps, certains quartiers du Londres
sorcier ne sont plus aussi bien famés qu'avant. Comme si une
population, qui d'habitude ne se montre pas, revenait à la lumière.
Pour ainsi dire, on a échappé à des aruspices.
« Qu'est ce que c'est, demanda James qui était accroché aux lèvres de Sirius. »
« Une branche dérivée des nécromanciens. »

Au mot nécromancien, James frémit d'horreur et une vague de nausée lui monta aux lèvres.

« La différence, c'est qu'au lieu d'utiliser les os, ils utilisent les viscères. »
« Charmant, parvint à articuler James en déglutissant. Et comment tu sais qu'ils étaient là ? »
« Il y avait une silhouette encapuchonnée de l'autre côté du pont. »
« Mais ça aurait pu être n'importe quel sorcier, Sirius. »
« Un sorcier ne se ballade pas avec un hachoir de boucher accroché à
la taille, seuls les aruspices font ça. Et puis, je ne m'étais même
pas rendu compte de par où on passait. »
« On passait où, alors ?
« A côté des quais des âmes. »
« Et pourquoi on les l'appelle comme cela ? »
« A cause de toutes les malheureuses âmes qui se sont fait tuer sur ces quais au moyen-âge. »

Sirius jeta un regard vers les flammes crépitantes du feu et soupira.

« Et là, on est où ? »
« Je te l'ai déjà dit, La... »
« Non, je veux dire dans quelle rue. »
« La venelle des quatre vents. Tu as pas remarqué qu'il ventait dehors ? »
« Et on est en sécurité ici ? »

Le jeune homme aux cheveux noirs laissa échapper un petit rire.

« C'est un des rares endroits de Londres dans lequel tu es certain
d'être en sécurité, à part Le Havre, bien sûr ! » « Tu oublis Gringotts et le ministère de la magie, répliqua James. »
« De un, à Gringotts, à moins d'être enfermé dans un coffre, tu n'es
pas plus en sécurité que dehors et de deux, méfie-toi des endroits qui
semblent sûrs comme le ministère de la magie. Comme on s'y sent
protégé, on a tendance à ne plus être sur ses gardes. Et un sorcier
non sur ses gardes est un sorcier à moitié mort. »
« Pouff, on croirait entendre ton père. Mais tu ne m'as pas dit pourquoi on est hors de danger. »
« La venelle des quatre vents est le siège de ce qu'on appelle les Cœurs Honnêtes. »
« C'est quoi ? »

James se sentait totalement néophyte sur tout ce que lui racontait Sirius, ce qui d'ailleurs ne l'empêchait pas de s'y passionner.

« Une confrérie d'aurors qui s'est chargé de protéger tous les sorciers qui sont dans ce quartier. »
« C'est vraiment dingue tout ça ! Hé, dis Sirius, où est ce que tu as appris cela ? »
« D'abord en vivant à Londres, évidemment ! Mais j'ai surtout trouvé
un livre passionnant : Londres, son histoire et sa magie. Si tu veux,
je te l'offrirai pour ton anniversaire. Quoi que ce ne soit même pas
sûr qu'il existe encore, c'est un livre qui appartenait à ma sœur.
Bon, ce n'est pas tout, il commence à se faire tard. Et maman nous a
demandés de rentrer tôt. »

Ils se levèrent et descendirent l'escalier en colimaçon. James s'apprêtait à se diriger vers la porte quand Sirius l'attrapa par la manche.

« Viens par-là, on va prendre la poudre de cheminette. »
« Mais je croyais que le quartier était sûr, répondit James. »
« Le quartier oui, mais au-delà... Et puis il nous faudrait plus de
vingt minutes pour retourner sur la Place des Embruns. »

Sirius s'approcha d'une immense cheminée qui devait bien faire plus de deux mètres cinquante de hauteur. Sur une tablette à coté, un pot en terre contenait une poudre bleuâtre, un peu scintillante. Sirius attendit que la personne qui était devant lui se soit servit pour avancer. A ce moment là, elle se retourna et se pencha vers eux. Les yeux onyx de la femme brillaient d'une étrange lueur et un sourire triste ornait son visage.

« M. Black, dites à votre mère de se méfier. Oui, qu'elle se méfie de ceux avec qui elle travaille. Un accident est si vite arrivé... »

Et dans un nuage de fumée, elle disparut. James et Sirius restèrent ébahis et réagirent que lorsqu'un petit homme derrière eux leur demanda s'ils comptaient y passer la nuit. Ils pénétrèrent dans l'âtre de la cheminette et échangèrent un regard plein de questions et de sous-entendus avant de disparaître à leur tour.

***

Les garçons atterrirent dans la cheminée du salon et virent que M. Black était assis tranquillement dans un fauteuil et lisait un journal. Il leva les yeux vers l'âtre et leur fit un sourire.

« Vous voilà ! Dépêchez-vous d'aller vous changer et habillez-vous
convenablement. Ils ne vont pas tarder à arriver. Ce soir, je vous
rappelle qu'on fête l'anniversaire de ta sœur, Sirius. »

Sirius resta d'abord sans bouger puis monta rapidement dans sa chambre, suivi de James. Il prit soin de fermer la porte et se frappa le front de la main droite.

« Et merde, j'étais sûr que j'avais oublié quelque chose. »
« Tu parles de son cadeau, questionna James. »
« Ouais, j'ai encore totalement oublié. »
« Tu n'as qu'à dire que tu l'as commandé par correspondance et qu'il n'est pas encore arrivé. »

Sirius se laissa tomber sur son lit.

« Pas con, James. Bon, il faut qu'on s'habille. En plus, je viens de
me souvenir que j'avais quelque chose à demander à mon père avant que
tout le monde débarque. »

Dix minutes plus tard, les deux garçons dévalaient les escaliers pour rejoindre M. Black qui était toujours assis dans son fauteuil devant la cheminée. Sirius avait enfilé une robe de sorcier noir dont un pli était attaché à l'épaule par une attache d'argent. Sa mère la lui avait achetée pour l'occasion. James, quant à lui, s'était contenté de se vêtir d'une robe rouge sombre qu'il aimait beaucoup. C'était d'ailleurs celle qu'il avait mise pour le bal de Noël. Sirius se jeta dans le siège face à son père tandis que James s'appuyait nonchalamment sur l'accoudoir.

« Dis, papa, est-ce que tu connaîtrais quelqu'un qui s'appelle
Prenzweller, Kathia Prenzweller, je crois ? »

James fut étonné par la question de Sirius et remarqua que M. Black était sorti de sa lecture et fronçait les sourcils d'un air étonné.

« Pourquoi cette question, Sirius ? »
« Et bien, cette personne m'a parlé de toi. »
« Et qu'a t'elle dit sur moi, demanda Orion Black avec un air songeur. »
« Qu'elle te connaissait, c'est tout. »

L'homme se redressa dans son fauteuil, posa son journal sur ses genoux et frotta sa barbe d'un air songeur.

« Que veux-tu savoir ? »
« Tout quoi ! »
« Bon, alors commençons par le début. J'ai rencontré Kathia
Prenzweller lors d'un séjour en Allemagne. C'était alors une jeune
femme remarquable et extrêmement douée. Elle sortait de la Faculté
Űberhöchsten avec une maîtrise en défense contre les forces du mal, si
on peut appeler cela comme ça car d'un pays à l'autre, un enseignement
peut être très différent. Pour continuer ses études, je lui ai proposé
de venir faire un stage en Angleterre pour parfaire sa formation. Elle
a accepté et j'ai immédiatement parlé de mon idée au directeur de la
brigade d'élite des tireurs de baguettes. »
« Mais c'était en quelle année alors, s'enquit Sirius. »
« Hum, ma nomination a eu lieu il y a dix ans, et elle nous a quittés
deux ans avant, si je me souviens bien. En fait, elle est restée deux
ans avec nous jusqu'à son accident. »
« Son accident, quel accident ? »
« L'Allemagne traversait alors une crise terrible un groupe de
sorciers totalement opposés au système s'était mis à faire des émeutes
et commençait à tuer ceux qui s'opposaient à leurs idées. Une réunion
d'urgence a eu lieu au sein de la confédération internationale magique
et le ministère a accepté d'envoyer des troupes de renforts pour
maintenir l'ordre. Beaucoup d'aurors ont été délégués là-bas ainsi
qu'une partie de la brigade d'élite. Le chef a choisi les meilleurs
éléments et m'a confié la mission. Une nuit, alors que nous venions
enfin de parvenir à mater le plus gros de la rébellion, une attaque
surprise a eu lieu. Ces terroristes ont vainement tenté de nous avoir
mais nous étions supérieurs en nombre et en force. C'est là qu'ils ont
vu Kathia Prenzweller et qu'ils l'ont kidnappée. Le fait qu'elle soit
allemande et qu'elle travaillait pour nous les avait fait penser
qu'elle avait trahi son pays. Ils l'ont torturé pendant des jours
entiers avant qu'on parvienne à leur mettre la main dessus. Lorsqu'on
l'a retrouvée, elle était dans un état lamentable, affamée, couverte
de bleues... Elle a immédiatement été transférée à l'hôpital Saint-
Mangouste et a effectué un long séjour là-bas. Et puis, quand un peu
plus tard, j'ai voulu prendre de ses nouvelles, on m'a dit qu'elle
avait quitté l'Angleterre pour poursuivre sa vie en France. C'était
apparemment le seul pays pour elle dans lequel elle pouvait se bâtir
une nouvelle histoire, pas un pays dans lequel certains la
considéreraient comme une traître à la nation ou un pays qui lui
rappellerait sans cesse ce pour quoi elle avait souffert. »

Orion Black soupira, ses yeux semblaient emplis de souvenirs profonds et douloureux. Il se leva brusquement et s'étira.

« Bon, la famille ne devrait pas tarder ! »

A peine avait-il fini sa phrase que des forts coups frappés à la porte retentirent.

« Allez donc ouvrir les garçons, je vais prévenir Bel' qu'ils sont arrivés. »

Tous deux se précipitèrent vers la lourde porte de bois et l'ouvrirent. Sur le seuil, un petit groupe de personnes, composé d'un couple accompagné de deux jeunes hommes et une jeune femme, attendait patiemment tandis que la pluie tombait drue dehors. L'homme ressemblait vaguement à Orion Black à la différence qu'il ne portait pas de barbe et que ces yeux verts luisaient d'une étrange lueur. Sa femme se tenait à ses côtés, blonde aux yeux gris. Elle sourit vaguement et salua Sirius mais son regard restait froid.

« Bonsoir Sirius. J'espère que nous ne sommes pas en retard. »

Sirius les laissa rentrer dans le hall d'entrée tandis que James refermait la porte.

« Bien sûr que non, tante Phecda. Vous êtes même les premiers. De
toutes façons, je crois que Grand-père arrivera ave un peu de retard.
Il a une conférence à Milan. »
« Très bien. »
« Si vous voulez passer au salon. »

Le petit groupe se mit en marche après avoir ôté ses manteaux. Des exclamations retentirent quand les invités virent les maîtres des lieux. Pour un temps, ce ne fut plus qu'embrassades et serrements de mains. Tout à coup, les deux jeunes hommes que James avait entraperçus sur le pas de la porte se dirigèrent vers eux et donnèrent chacun une vigoureuse claque dans le dos à Sirius, ce qui lui valut presque de tomber par terre.

« Salut Si', alors comment tu vas ? »

James remarqua alors que les deux garçons étaient en tous points identiques. Même cheveux blonds coupé court, même yeux verts et même sourire malicieux accroché en permanence aux lèvres. Sirius s'écarta et se tourna vers James.

« James, voici mes cousins, Alamak et Kochab. Ils sont jumeaux... »
« Tu sais, Sirius, je crois que cela se voit, déclara l'un des deux. »
« Vingt-deux respectifs mais mentalement, tu peux divisé par deux. » « Sirius, au lie des âneries, si tu terminais les présentations. » « Et voici James Potter, mon meilleur ami. »

Les salutations furent faites et les quatre garçons allèrent s'asseoir en compagnie du reste de la famille. Les adultes étaient en pleine conversation et la jeune fille que James ne connaissait pas, semblait attendre quelqu'un. Elle finit par demander à Sirius où se trouvait sa sœur. Ce dernier la renseigna et reporta son attention sur James qui semblait un peu dérouté par toutes ces nouvelles têtes.

« C'était qui ? »
« Ma cousine Alnaïr, lui répondit Sirius. Je me doutais que tu ne te
souviendrais pas d'elle. Elle était en septième année quand on est
arrivé à Poudlard. Elle est gentille mais plutôt du genre bonne élève
bien sage qui réussit bien à l'école. C'est l'idole de ma sœur.
Heureusement, ses deux frères sont un peu plus amusants. C'étaient de
sacrés farceurs avant, quand ils étaient à Gryffondor. Je me souviens
même qu'une fois qu'ils étaient ici pour les grandes vacances, ils ont
fait sauter la cheminée du voisin. Sinon, tu as vu leurs parents, mon
oncle Unuk et ma tante Phecda. »
« Et ils font quoi dans la vie ? »
« Unuk est juge pour le département de la justice. Ma tante Phecda
s'occupe des programmes d'enseignement de Poudlard. En aparté, j'ai
déjà essaye de lui demander si on pouvait changer les programmes
d'Histoire de la magie mais elle a pas voulu. Alnaïr vient de finir sa
formation d'enchanteresse, Kochab est astrologue et Alamak fabriquant
de potions. »
« Tu ne m'as pas dit, il y a cinq minutes, qu'ils étaient tous les
deux allés à Gryffondor. Ce n'est pas un peu contradictoire qu'un
gryffondor soit doué en potions ? »
« Alamak prétend être l'exception qui confirme la règle. Il nous a
même soutenu que cela lui voudrait d'entrer dans les légendes de
Poudlard. » « C'est comme si un serpentard était prof de défense contre les forces du mal ! »
« Comme tu dis ! »

Une demi-heure plus tard, Beltégueuse Black proposa à ses invités de passer à table, proposition que ceux-ci accueillirent avec joie. Sirius et James se mirent côte à côte et Cassiopée qui était descendue entre-temps en compagnie de sa cousine, s'assit au côté de son frère. La jeune fille dont le repas était donné en son honneur était merveilleusement belle, ne put s'empêcher de remarquer James. Quelques mèches de cheveux noirs dégringolaient sur ses épaules malgré qu'elle les aient attachés à l'aide d'épingle. Sa robe noire était simple mais lui tombait parfaitement. Une étrange pensé vînt à l'esprit du jeune gryffondor : Lawrence Ackerley avait bien de la chance. Malgré cela, la place en bout de table et celle à la droite de James restèrent inoccupées.

« On attend quelqu'un d'autre que ton grand-père, demanda James à son meilleur ami. »
« Ouais. La meilleure personne que je connaisse, ma tante Alphard. »

A peine Sirius avait-il prononcé ce nom que qu'un craquement sourd accompagné d'un nuage de fumée opaque apparut.

« Quand on parle du loup..., chuchota Sirius. »

La poussière s'éparpilla peu à peu et James put contempler une femme étrangement vêtue. Il n'avait jamais vu un pareil accoutrement. Elle portait des bottes de cuir noir lustré qui recouvraient un pantalon fuseau bleu marine. Sa taille était serrée par un large bandeau de soie blanche légèrement plissé. Sa courte veste rouge qui comportait deux rangs de boutons dorés laissait entrevoir le col d'une chemise blanche immaculée. Le plus étonnant était le chapeau qu'elle avait ôté. Un tricorne de la même couleur que son pantalon était orné d'une cocarde bleue, blanche et rouge. Lorsque la jeune femme se retourna pour poser un lourd sac, James remarqua que deux baguettes d'or qui se croisaient, étaient brodées dans son dos. La jeune femme remit en place une courte mèche folle de cheveux noirs et lança un regard vers la table.

« Je suis désolée d'être en retard mais j'avais des trucs à régler
avant de vous rejoindre. D'ailleurs, je n'ai même pas pris le temps de
me changer. »

Orion Black se leva et l'embrassa tendrement.

« Ce n'est pas grave. Viens vite t'asseoir. »

Elle se dirigea vers James et s'assit à sa droite. Aussitôt la conversation s'orienta vers elle car la tante Phecda lui demanda comment se déroulait son travail.

« A merveille, répondit-elle après avoir reposé le verre dans lequel
elle venait de boire. Je viens d'ailleurs juste de finir un examen
avec mes plus hauts niveaux. En fait, je devais leur faire passer une
épreuve donc c'est pour cela que j'ai été un peu en retard.
« Un examen à cette date, s'exclama la tante Phecda en pinçant les lèvres. »
« Oui, le système d'éducation français universitaire est un peu différent du notre. »
« L'uniforme aussi, souffla un des jumeaux à l'oreille du James. »
« Alamak, si tu ne te tais pas, je te jure que tu vas terminer la
soirée dans un sale état, susurra la jeune femme en appuyant son
menton sur ses mains. »

Cette menace suffit apparemment à calmer le jeune homme qui se remit à manger le contenu de son assiette. James ne put se retenir une fois que l'attention des autres se fut reportée sur un autre sujet. Il demanda à sa voisine ce qu'elle faisait comme métier.

« Ho moi, je suis professeur de défense contre les forces du mal. Je
poursuis mon cursus en donnant des cours à Beauxbatons, en, deuxième
cycle. » « Bobaquoi, s'exclama James sans même se soucier qu'il affichait son ignorance. »
« Tu ne connais pas Beauxbatons, s'étonna la femme avec un sourire.
C'est l'école de sorcellerie en France, comme Poudlard pour
l'Angleterre. »
« Et deuxième cycle ? »
« Oui, en France, une fois que les élèves ont fini leur cursus de base
et ont obtenu leur diplôme, ils peuvent rentrer dans la vie active ou
continuer leurs études.
« Et ce costume, hasarda t'il. »
« C'est l'uniforme de l'école. »
« C'est assez... »
« Etrange n'est ce pas ? Mais on s'y fait, c'est comme à Poudlard. »

Sirius en profita pour s'incruster dans la conversation.

« Alors, je ne t'avais pas dit que ma tante Alphard était la meilleur ! »

James apprit donc que le château de Beauxbatons ressemblait à celui-ci de Versailles mais qu'il était perdu dans une petite vallée boisée très agréable, ainsi qu'un tas de détails qui le passionnèrent. Le délicieux repas préparé par Beltégueuse Black se déroula dans la gaieté et la bonne humeur jusqu'à ce que la conversation dérive vers des sujets d'ordre politique.

« Non, je suis désolé, Unuk, mais on doit s'occuper de ça au plus vite. »
« Je ne vois pas en quoi c'est inquiétant, Orion, réfuta la tante
Phecda. Après tout, ce n'est pas si grave que ça. Des révolutions, il
y en a eu dans le passé et il y en aura encore dans le futur. »
« Et après tout, ces idées ne seront pas forcément pires que certaines
actuelles, ajouta Unuk. »
« Mais vous ne comprenez pas, ce type est un fou dangereux, se
récrimina le père de Sirius en tapant du poing sur la table. »

Un silence pesant s'abattit immédiatement et même les jumeaux cessèrent d'enchanter le pichet de jus de citrouille auquel ils avaient fait pousser des pattes pour démontrer à James leur savoir-faire.

« Ce n'est pas un fou dangereux mais quelqu'un de très intelligent, au
contraire de ce qu'on pourrait croire. Et c'est pour cela qu'il faut
s'en méfier d'autant plus, murmura Beltégueuse Black dans un souffle.
Mais je pense que tout le monde prendra un petit digestif pour fêter
l'anniversaire de Cassi' ? »

Sa voix s'était tout à coup faite plus forte et plus enjouée pour faire oublier à tous l'altercation. Elle s'éloigna vers la cuisine et les autres passèrent au salon. Alors qu'Orion Black sortait diverses bouteilles d'alcool, sa femme revint en compagnie d'un homme assez âgé. Ses longs cheveux argentés étaient retenus par une queue de cheval et ses yeux gris perçants jetèrent un coup d'œil panoramique sur ceux qui occupaient le salon. Il émit un sourire énigmatique en dévisageant James.

« Mais je vois qu'on est en bonne compagnie, ce soir. »

Sa voix ironique grésillait comme une vieille radio.

« Qu'est ce que tu veux dire, demanda Unuk en se retournant de l'âtre
de la cheminée devant laquelle il se réchauffait. »
« C'est le fils Potter, si je ne me trompe, rétorqua le nouveau venu
en une grimace presque convulsive. »
« Le fils de Potter, le conseiller du cabinet du ministre ? »
« Et ce n'est pas tout, c'est aussi le fils de Kathleen Potter, la
représentante permanente anglaise de la Confédération Internationale
Magique. »

Il avait prononcé ses derniers mots en pinçant les lèvres, d'un air de dédain. Beltégueuse Black intervint aussitôt en déclarant qu'il était temps de remettre son cadeau à Cassiopée. Le petit groupe s'installa confortablement dans les fauteuils et Orion Black revint quelques minutes plus tard avec une enveloppe. Cassiopée s'en saisit et à l'aide de son ongle fit sauter le cachet de cire. Elle saisit la feuille de parchemin et la lut d'une voix forte.

Madame, Monsieur,,

Voici la confirmation de l'ouverture d'un compte à la banque Gringotts au nom de Melle Cassiopée Véga Algénib Black avec le versement d'une somme de cinq cents gallions. Ci-joint la clef de votre coffre, le numéro 689. Veuillez accepter, Melle, nos sincères salutations en espérant que vous trouverez entière satisfaction en nos services.

Banque Gringotts.

« Cassiopée Véga Algénib, ne put s'empêcher de s'exclamer James. »
« Ben quoi, répondit Sirius. Toi, tu t'appelles James tout court ? »
« Non, bien sûr ! Mais c'est tout de même bizarre comme nom. »

Sirius se rapprocha de James pour pouvoir parler à son aise avec lui.

« Je peux te dire que ma sœur n'est pas trop mal nommée. De toutes
façons, dans la famille, on a tous des noms tordus comme ceux là. »
« Et toi, c'est quoi, demanda machinalement James en se rendant compte
qu'il ne connaissait que le premier prénom de son meilleur ami. »
« Je te le dis mais tu ne te moques pas, d'accord ? »

James fronça les sourcils devant le peu de confiance que le jeune homme semblait lui attribuer. Il en fut même un peu vexé mais se contenta de faire un signe de tête. Après tout, ça ne pouvait pas être pire que James Richard Charles Potter.

« Sirius Procyon Antarès, lâcha Sirius dans un souffle à peine audible. »

James se mordit les joues pour ne pas exploser de rire.

« Et tu dis que vous êtes tous comme ça dans ta famille ? »
« Ouais, c'est cela le pire. Mon père, c'est Orion Zosma Hamal, mon
oncle Unuk Kiffa Akrab, mes cousins, Alamak Elnath Canopus et Kochab
Altaïr Alcyone, ma cousine, Alnaïr Sirrah Aldébaran... »

James se dépêcha d'interrompre son meilleur ami. Avec Sirius, on ne savait jamais, une fois qu'il était lancé, il ne s'arrêtait plus.

« Je crois que ça va me suffire, Si'. Pourtant, c'est étrange, tous
ces noms me rappellent quelque chose... »
« Des noms de constellations, non ? »
« Sûrement. »
« Mais d'où ça vient cette tradition ? »
« D'un ancêtre qui était marin et qui décida d'appelait tous les
Blacks avec des noms d'étoiles. Très original, n'est ce pas ? »

Décidément, pour une fois, James était presque content d'être un Potter et de porter de ridicules noms vieillis. Leurs attentions respectives se reportèrent sur les autres qui discutaient de ce que la sœur de Sirius pourrait faire avec une telle somme. Cinq cents gallions, ça faisait tout de même une sacré somme. Cassiopée répondit le plus naturellement du monde qu'elle financerait ses études et qu'elle s'achèterait par la suite un petit logement.

« Hé bien moi, pour mes dix-huit ans, je veux une moto ! »

La voix de Sirius avait résonnée à travers le salon. Touts se retournèrent vers lui. Almageste Black, son grand-père, sembla faire une grimace et resserra l'étreinte qu'il avait sur son verre.

« Et que ferais-tu avec moto, pourquoi utiliser un vulgaire moyen de transport moldu ? »
« Parce que je trouve que c'est beau ! »

Unuk éclata de rire et Orion le suivit dans son hilarité. Ils furent peu à peu copiés par tous, sauf le grand-père de Sirius qui s'assit dans un fauteuil. Un des cousins de Sirius, James ne sut distinguer lequel des deux, finit par se retenir à la table sur laquelle étaient posées les bouteilles d'alcool pour éviter de s'étouffer en riant.

« Bon, Sirius, au lieu de dire des bêtises, viens plutôt nous montrer que t'es un homme, hoqueta t'il. En désignant les bouteilles alignées. »

Beltégueuse Black cessa immédiatement de rire et foudroya du regard son neveu.

« Amalak, je te signale que ton cousin n'a pas ton âge. Il a seulement
quinze ans et tu as trop souvent tendance à l'oublier. »
« Bah, un petit coup n'a jamais tué personne ! Et puis, Sirius, ne me
dis pas que tu n'as jamais bu un bon coup pour te réchauffer pendant
les sorties à Préaulard ! »

Orion fit signe à son épouse de se calmer et décréta qu'il valait mieux que les garçons arrosent l'anniversaire de Cassiopée en leur compagnie plutôt qu'ils s'adonnent à la boisson de façon plus approfondie.

« On voit qu'il y a des connaisseurs, rétorqua Unuk en gloussant. »
« Ho toi, le serpentard, on ne t'a pas demandé de faire des commentaires, grinça le père de Sirius. »

Et la soirée continua tranquillement entre rires sincères et parfois plus amers. Vers deux heures, James décida qu'il était temps de s'éclipser discrètement. Il laissa le verre d'hydromiel qu'Orion lui avait servi et se dirigea en compagnie de Sirius dans l'entrée. A ce moment là, un des jumeaux surgit de derrière une tapisserie accompagnée de son frère, sa sœur et de Cassiopée.

« Alors, les gars, ça vous dirait de nous accompagner ? »
« Où vous allez, demanda Sirius immédiatement intéressé. »
« Dans le Londres branché, on va arroser dignement les dix-huit ans de
notre cousine et si on a le temps, un petit tour dans une discothèque
moldue juste pour le plaisir de la bonne musique. »
« Génial, on vient avec vous, s'exclama Sirius. »
« D'accord mais comment vous allez nous suivre et passer inaperçu,
questionna Alnaïr d'un air qui laissait plutôt penser le contraire de
l'opinion des garçons. »
« Pas de problèmes, s'exclama Sirius dans un saut. On va prendre la... »

A cet instant précis, un violent coup de coude lui enfonça les côtes et des bruits de pas retentirent dans le couloir avoisinant.

« Merde, faut y aller, s'exclama un des deux jumeaux en grimaçant.
Bon, tant pis pour vous, les gars ! Bonne soirée quand même ! »

Et dans un pop sonore, tous les quatre disparurent. La mère de Sirius arriva, les bras chargés d'un plateau.

« Vous n'êtes pas encore couché, les garçons ? »
« Non, mais on va y aller immédiatement, répondit James sous le regard ahuri de Sirius. »

Ils montèrent et se dépêchèrent de se faufiler dans leur lit respectif. James, malgré lui, sentait le sommeil le gagner. Il réprima un bâillement alors que Sirius, assis en tailleur son lit, le visage illuminé par la lune, brisa le silence qui s'était établi.

« Pourquoi tu as refusé qu'on parte avec eux ? »
« Allons Sirius, tu n'es pas sérieux ! Et puis, je ne tiens pas à ce
que tous le monde sache que je possède une cape d'invisibilité. »
« On pouvait leur dire, ce sont mes cousins, tu sais. On peut avoir confiance en eux. »
« Ce n'est pas en eux que je n'ai pas confiance mais en ce qu'ils
pourraient révéler par inadvertance à leurs parents ou à ton grand-
père. »
« Qu'est ce qui a ? Ma famille te dérange ? »

Le ton de Sirius était devenu incisif et clingant. James se reprocha d'avoir formuler ses pensées sous cette forme.

« Ce que je voulais dire, Sirius, c'est que ton oncle et ton grand-
père ne semble pas porter les Potter dans leur cœur. Et s'ils
apprenaient que le fils Potter possède une cape d'invisibilité en
toute inégalité, ils s'en réjouiraient très certainement. »

La voix de Sirius le coupa abruptement.

« Bonne nuit, James. »

James poussa un soupir pour lui-même et enfouit sa tête sous la couverture. Après tout, Sirius était borné, il aurait du en tenir compte. Lui non plus n'aurait pas apprécié que son meilleur ami se permette de faire des commentaires sur sa famille. Mais là, James ressentait comme un malaise dans la famille Black. Certains de ses membres étaient très sincères mais d'autres semblaient bien plus sceptiques sur des sujets qui avaient tout lieu de l'inquiéter.

= fin du chapitre vingt =