Bonjour, chers lecteurs. Je vous présente toutes mes excuses pour avoir passer tant de temps sur ce chapitre. En ce moment, mon emploi du temps est surchargé et je n'aurai pas le temps d'écrire d'ici la mi-juin à cause du bac. J'espère donc que ceci vous suffira d'ici là.

Pour ceux qui essayent de m'écrire sur mon mail (tinuviel.luthien@free.fr), je vous prierai de mettre 'Opération Pégasus' comme objet sinon vous serez directement mis avec les messages nuisibles virus). Bonne lecture à tous et continuez à me laisser des rewiews.
***

Titre : Opération Pégasus. Auteur : Elizabeth. Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif. Résumé général de l'histoire : Septembre 1970. Après deux mois de vacances, les élèves du collège Poudlard reprennent leurs études. Mais un certain mage noir poursuit son ascension vers le pouvoir, provoquant un climat de terreur. La tension au sein de la communauté internationale magique et du ministère britannique ne cesse de grandir. C'est pourquoi certains ont décidé de lancer une action secrète qui changera à jamais la vie de quelques étudiants, en liant leurs pouvoirs et leurs vies... Le nom de code : Opération Pégasus. Résumé du chapitre précédent : Les cours reprennent et pour certains, la rentrée n'est pas la bien venue. Lors d'un cours de potion, Sirius manque de se faire lyncher par son professeur et Line semble gênée quand elle prend une voix qui semble familière à James. Un cours de soin aux créatures magiques et la solution d'un problème est trouvée : les trois filles vont devoir se rendre dans la forêt pour cueillir des fleurs de largyrel en vue de réaliser leur cérémonie de magie ancestrale. Rappel des élèves étudiant à Poudlard évoqués dans les chapitres précédents (qui commencent à devenir un peu nombreux, mais c'est comme ça) : (Je ne vous présente plus les maraudeurs ainsi que Lily et ses amies).

Rosier Clara : Gryffondor, 1° année. Sœur d'Evan. Black Cassiopée : Gryffondor, 7° année, préfète en chef. Sœur de Sirius et petite amie de Lawrence Ackerley.

Davies Edward : Serdaigle, 5° année. Londubat Frank : Serdaigle, 7° année. Nott Avery : Serdaigle, 7° année, poursuiveur. Frère jumeau d'Adela.

Sullivan Karolyn : Poufsouffle, 6° année.

Pucey Lisa : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Petite amie d'Evan Rosier. Zabini Michael : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Rogue Severus : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Rosier Evan : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Frère de Clara et petit ami de Lisa Pucey. Pasternack Tatiana : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Korn Janet : Serpentard, 5° année. ayant rejoint le rang des mangemorts. Flint Cyril : Serpentard, 7° année, capitaine. Petit ami de Susan. Mulciber Lewis : Serpentard, 7° année, mangemort. Travers Luke : Serpentard, 7° année, mangemort. Bosco Isild : Serpentard, 7° année, mangemort. Langlet Florence : Serpentard, 7° année, mangemort. Parkinson Susan : Serpentard, 7° année, préfète et mangemort. Sœur de Brian et petite amie de Cyril.

Rappel des adultes ou autres personnes évoquées dans les chapitres précédents :

Chapitre 23 : VOIR SANS ETRE VU.

Une ombre furtive se projeta sur un des murs du grand hall, entre deux armures. Personne n'aurait pu la discerner mais il y avait là trois jeunes gens cachés sous une cape d'invisibilité qui s'apprêtaient à enfreindre le couvre-feu. James Potter leva sa baguette, en prenant soin de ne pas se découvrir de sa cape, vers une porte qui s'ouvrit quelques instants plus tard. Une bourrasque d'air froid fouetta le tissu et ils se dépêchèrent de sortir. Une fois sur le perron d'un des escaliers latéraux, ils se dissimulèrent dans un creux laissé par une statue et observèrent avec attention les alentours au cas où quelqu'un se serait trouvé là (bien qu'à cette heure, ce fut peu probable).

« On peut y aller, murmura Sirius le nez en l'air et le regard perçant l'obscurité. »
« Peter, qu'est ce que tu fais, s'exclama James alors qu'ils se
recouvraient à nouveau en vue de progresser vers leur objectif. »

Peter s'empressa de fourrer dans sa poche de pantalon ce qui semblait être de la nourriture.

« Ne me dis pas que tu as encore faim, Peter. On vient se sortir de table, s'exclama Sirius. »
« Non, ça fait déjà trois heures, marmonna le garçon aux cheveux
blonds, un peu vexé de s'être fait prendre en flagrant délit de
gourmandise. »

Après avoir longé une des terrasses de l'aile Ouest du château et sauté par- dessus une balustrade (ce qui ne fut pas chose aisée), le trio s'aventura prudemment à découvert à travers la pelouse. Heureusement, il n'y avait que la lumière de la lune pour les éclairer. A cette heure là, même la petite maisonnette d'Hagrid, le garde-chasse, était plongée dans les ténèbres. L'ombre biscornue du saule cogneur leur apparut et ils se dirigèrent vers sa droite. Une fois aux abords de la forêt, cachés par les premiers arbres et fourrés, Peter supplia James de lui accorder quelques minutes de répit avant de se transformer pour qu'il puisse manger. James jeta un coup d'œil à Sirius pour avoir son avis. Ce dernier s'assit contre un tronc d'arbre en signe d'accord.

« Dis-moi, Peter, tu ne pourrais pas manger sous forme de rat ? Je
suis sûr que tu te régalerais avec quelques détritus ! »
« Et toi, avec des croquettes, ça te conviendrait, se moqua James en
pliant sa cape et la dissimulant à l'abri dans un trou qu'il avait
repéré quelques mois plus tôt. »

Sirius se renfrogna et Peter lui proposa un gâteau qu'il refusa d'un signe de tête. James profita de la halte pour contempler les alentours. Droit devant eux, l'eau du lac miroitait à la lumière de la pleine lune. Un vent frais ébouriffa les cheveux du jeune homme (il ne prit même pas la peine de les recoiffer). L'air frais annonçait la venue du printemps. On était déjà au début du mois de mars et les premiers bourgeons saillaient aux branches des arbres. Il serait fort agréable de gambader dans les bois et même de pouvoir se risquer au-delà de Poudlard par ce temps. Le retour des beaux jours annonçait bien des escapades audacieuses ! James ouvrit les yeux et l'éclat des étoiles étincela sur ses verres de lunettes. Les astres ressemblaient à des éclats de cristal brodés sur un des plus sombres brocarts qu'il puisse exister et illuminait un ciel si sombre qu'on l'aurait volontiers cru sans fin.

Un bref mouvement près d'une des tours du château capta son attention. Il aurait juré avoir vu quelque chose voler. Son imagination devait lui jouer des tours, la fatigue aussi. Il se retourna vers ses deux camarades. Sirius avait passé ses mains derrière sa nuque et chantonnait un air de chanson. Peter glissa son papier dans sa poche et rassasié, il se leva. Sirius le suivit et tous les trois se dirigèrent vers le saule cogneur. Alors que Peter se métamorphosait et disparaissait dans les herbes, James recula pour ne pas agiter les branches.

« James ? »
« Oui, Sirius ? »

La main de son meilleur ami se posa sur son épaule et James sentit les doigts se crisper. Il regarda Sirius et s'aperçut qu'il avait les yeux rivés vers le ciel. Brusquement, il l'attrapa par le bras et l'entraîna à courir parmi les premiers arbres de la forêt. Les deux garçons s'affalèrent dans l'herbe et James sentit l'odeur acre de la terre près de lui. Il se redressa alors que Sirius désignait du doigt deux silhouettes qui voletaient dans la clarté de la lune. Les deux personnes firent quelques cercles en hauteur avant de se diriger vers les arbres. James remarqua qu'un des deux balais supportait deux personnes.

« Qui est ce que ça peut être, chuchota t'il à Sirius. »
« Aucune idée mais en tout cas, ils sont entrain de mettre notre
promenade en l'air. Désolé pour le jeu de mot, s'empresse t'il
d'ajouter avec un sourire. »
« Et Peter ? Il faut absolument le prévenir avant qu'il n'aille dans la cabane hurlante. »
« Je m'en occupe. Récupère discrètement la cape et reste tapi dans ce
bosquet, s'inquiéta James ne prêtant pas même attention aux jeux de
mots stupides de son meilleur ami. Je reviens dès que possible. »

Sirius bondit et un chien noir fila tout droit vers le tronc de l'arbre dont les branches s'agitèrent quelque peu à son approche.

Après avoir récupéré sa cape, James regagna la lisière pour tenter d'apercevoir les intrus nocturnes. A une vingtaine de mètres de lui, une jeune fille aux cheveux blonds tenant d'une main un balai, regardait ses compagnons. Les deux autres se posèrent lentement sur le sol et James aperçut une chevelure rousse s'agitait. Il reconnut Lily Evans ainsi que Julia Hindle et Mary Bones. Mais que pouvaient-elles faire dehors ? Les trois filles dissimulèrent leurs balais à l'aide d'un sort et s'enfoncèrent dans les sombres profondeurs de la futaie. Si ces trois là se rendaient dans la forêt interdite, c'était le monde à l'envers ! Mais après tout, James avait déjà surpris Lily Evans entrain de roder dans les couloirs la nuit. Et il lui avait très certainement sauvé la vie. Néanmoins, dans les profondeurs de la forêt, il n'y avait pas de serpentards. Et puis, il n'allait pas passer sa nuit à les filer pour savoir ce qu'elles manigançaient ! Passer une nuit dans la forêt interdite était un des plus célèbre défis de Poudlard. Certains serdaigles prétentieux se vantaient d'y avoir vécu quelques insignifiantes aventures ( entre autre d'avoir été chargé par une horde de centaures) ainsi que des serpentards vantards et arrogants (comme tous les serpentards aurait ajouté Sirius). Bien que Evans et sa compagnie n'auraient pas été si stupides pour s'y risquer dans le simple but d'en tirer le respect d'une quelconque personne.

Quelques minutes plus tard, Sirius apparut en compagnie de Peter. Ce dernier semblait avoir eu une sacrée frousse. J'ai été obligé de le prendre dans ma gueule et de courir pour le sauver, raconta Sirius. Ils se retournèrent vers la château , un peu dépités de n'avoir pu profiter de leur ballade nocturne mensuelle. Une fois dans leur dortoir, James ne put s'empêcher de regarder par la fenêtre en direction de la lisière de la forêt interdite alors qu'il ôtait sa chemise.

*** Pour errer dans le château, un peu de vigilance et d'attention pouvait suffire. Mais en sortir et aller jusqu'à la forêt interdite se révélait déjà plus risqué. Julia avait donc proposé d'utiliser des balais et de voler jusqu'aux abords de la forêt. L'idée avait d'abord laissé Lily sceptique. Le vol sur une balai n'était pas une de ses spécialités, d'ailleurs elle n'en avait pas. Par contre Julia en possédait un, ainsi que Mary, bien qu'il ait du appartenir à son père. Et finalement, par manque d'arguments à opposer, la préfète de Gryffondor s'était vue contrainte d'accepter. Julia fit un clin d'œil vers la préfète de Gryffondor mais cela n'empêcha pas Lily de la sentir tendue quand elle passa les bras autour de sa taille. La brune avait enfourché son balai et tendit que Mary s'élançait par une des fenêtres du couloir du cinquième étage. Lily sentit son estomac se contracter sous la peur. Julia poussa l'un des battants de la fenêtre et interpella Lily.

« Prête ? »
« Tu crois sérieusement qu'on a une chance de s'en tirer sans
s'écraser au sol, demanda la préfète ? »

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase et sentit une étrange sensation. Elle réprima un cri alors qu'elles commençaient à descendre en piquée. Mary fit un cercle et Julia remonta en flèche vers le sommet de la tour de Gryffondor. Julia maniait son balai en connaisseuse et Lily devint presque confiante. Elles se dirigèrent ensuite vers la forêt et atterrirent. Lily eut quelques appréhensions sur le fait que le balai porte deux personnes mais tout se passa bien.

Il était bien connu que la forêt interdite était un endroit sinistre. Malgré cela, Lily sembla assez confiante une fois qu'elles commencèrent leurs incursion. La jeune fille prit le soin de déposer une bobine de fil enchanté qui provenait de Julia. A peine au sol la bobine se déroula, suivant les pas des trois jeunes filles sur ce qu'on n'aurait pu appeler un sentier. Les fourrés se firent plus touffus et la cime des arbres toujours plus élevée. Pourtant, il n'était pas si désagréable de se promener ainsi. La lumière de la pleine lune était filtrée par endroits par le feuillage des arbres et des trouées de lumière semblaient jaillir de l'obscurité. Néanmoins, alors qu'elles progressaient plus profondément , l'ambiance alentour sembla lentement changer. Les petits bruits nocturnes qui avaient accompagné le trio jusqu'à maintenant se turent. Au bout d'un quart d'heure, tout devint silencieux, comme si le calme de ce lieu n'avait jamais été troublé par quiconque depuis sa création. Lily remarqua qu'elles n'avaient échangé aucuns mots depuis qu'elles avaient pénétré dans la forêt. Au tournant d'un bosquet, Mary qui menait la troupe leur fit signe de s'arrêter, la main en l'air. Elles étaient parvenues à une clairière. Un discret souffle de vent mouvait les hautes herbes et Lily aperçut enfin ce qu'elles cherchaient. Elle s'approcha avec délicatesse et s'accroupit devant les magnifiques fleurs. Julia qui était face à elle retira la main qu'elle avait passé au-dessus des pétales scintillants.

« C'est étrange, murmura t'elle. »
« C'est de la magie, souffla Mary en détachant une petit fleur blanche
qu'elle admira à la clarté de la lune. »

Au bout de quelques minutes, le panier que transportait Julia fut rempli. Elles se remirent en marche en prenant soin de ne pas troubler les alentours. Lily marchait en suivant le fil doré sur le sol terreux. Parfois, il s'était caché sous quelques touffes d'herbes. Tout à coup, la jeune préfète ne vit plus rien. Elles s'arrêtèrent.

« Que se passe t'il, demanda Mary , un air songeur dans ses yeux bleus
alors que Julia plissait son front. »
« Je... Je crois... Je crois qu'on a perdu le fil. »
« Allons, c'est impossible. Un fil d'Ariane ne peut pas bouger. Il
faut que quelqu'un l'ait sectionné ou détaché à la source, s'exclama
Julia. »
« Je sais et c'est bien ce qui m'inquiète, murmura Lily. »

Lily se mordit les lèvres et se saisit de sa baguette magique. Surtout ne pas paniquer, garder son calme. Après tout, elles étaient toujours dans l'enceinte de Poudlard. Rien ne pouvait leur arriver. A part se faire poursuivre par des bêtes sauvages, charger par un troupeau de centaures, piétiner par un dragon ou encore manger par une manticore !

« Je pense qu'on pourrait essayer de s'orienter d'abord, proposa Mary. »

Julia acquiesça et posa sa baguette à plat dans sa paume.

« Pointe au Nord. »

Aussitôt, la baguette tourna sur elle-même avant de se stabiliser dans une direction. Mary s'assit sur un rocher qui se trouvait près d'elle.

« Sachant que noua avons pénétré dans la forêt entre le lac et la
cabane d'Hagrid, le château devrait se trouver au Nord-Est. »
« En négligeant le fait qu'on ait erré pendant une heure dans la
forêt, ajouta Lily en plantant ses yeux verts dans ceux de son amie. »
« On est perdues. »

Le ton de Julia avait quelque chose de désabusé, comme si elle venait d'arriver à la conclusion logique d'un raisonnement. Oui, cette fois-ci, elles étaient perdues et pour de bon. Un bruit étrange dérangea Lily dans sa réflexion. Elle pensa d'abord que Julia s'était assise mais non. Le bruit se répéta.

« Quelqu'un approche, murmura Julia qui était devenue blême. »
« Ou quelque chose... »

Mary se releva aussi vite qu'elle le put et sortit sa baguette de la poche de sa sape. Les trois jeunes filles étaient maintenant dos à dos, les bras tendus et la baguette bien en main, prêtes à lancer un sort. Le craquement s'intensifia du côté de Lily et elle vit surgir d'un buisson un homme. Mais était-ce vraiment un homme ? Jusqu'à la taille, oui. Mais au-delà, on aurait plutôt dit un cheval.

« Un centaure... »

Les mots restèrent bloqués dans la gorge de Lily.

« Seriez-vous perdus, mesdemoiselles ? »

Julia et Lily ne bougèrent pas et Mary s'avança vers la créature.

« Oui. Nous avions placé une bobine d'Ariane mais celle-ci semble avoir été sectionnée. »
« Je le sais déjà, dit le centaure. »
« Mais comment... »
« Certains centaures de mon troupeau l'ont repéré et l'ont coupé.
C'est pourquoi je me suis dis qu'il devait y avoir dans la forêt
quelques humains perdus. »
« Mais pourquoi l'ont-ils sectionné, demanda Julia qui avait retrouvé
l'usage de la parole. Nous ne faisons rien de mal. »
« les centaures n'apprécient pas les humains. Pour eux, c'est comme si
votre présence humanisait la forêt. »
« Mais vous n'êtes pas comme eux ? »
« Si mais je suis plus indulgent envers les humains. Je pense qu'ils
ont surtout encore beaucoup de choses à apprendre. Maintenant, je vous
conseille de vous dépêcher. Vous ne serez en sûreté qu'une fois hors
d'ici. Et puis, je ne voudrais pas qu'on m'accuse de changer les fils
du destin et de l'Histoire. »

Ses yeux s'étaient tournés vers les étoiles et il les contempla pendant quelques minutes avant de reporter son attention sur les trois jeunes filles.

« Allez, je vais vous guider jusqu'à votre bobine. Suivez-moi. »

Merci fut le seul mot qui s'échappa de la gorge de Lily. Elle n'avait encore jamais rencontré de centaure à part à travers les livres qu'elle avait lus. Et étonnement, celui-ci avait lu dans les étoiles ce qui les attendaient. Elles suivirent sur une piste le centaure. Lily remarqua que la forêt en présence de la créature semblait plus vivante et éveillée. Les animaux poussaient de petits couinements, les feuilles des arbres s'agitaient. Mais après tout, peut-être était-ce tout simplement le vent ou son imagination ? Elle n'en fut néanmoins pas si sûre lorsqu'elle manqua de tomber car une racine s'étirait sur le chemin. La petite troupe parvint à une bifurcation et le centaure s'arrêta.

« Je vous laisse ici, jeunes filles. Vous n'avez qu'à suivre le chemin
de droite. Vous retrouverez votre bobine et attendrez le parc d'ici
dix minutes. »

Mary remercia poliment le centaure en se courbant légèrement ce qui sembla le satisfaire. Il partit ver la droite et après avoir sauté par- dessus un tronc d'arbre couché sur le sol, disparut dans la futaie. Et effectivement, elles retrouvèrent la bobine là où elles l'avaient laissée. La forêt s'éclaircissait, les arbres devenaient de moins en moins nombreux. Julia chercha les balais camouflés par un sort d'invisibilité et lorsqu'elles les eurent enfourchés, les trois jeunes filles s'envolèrent en silence vers la château.

La salle commune de Gryffondor ne fut pas vide cette nuit-là. Lily n'avait aucune envie d'aller dans sa chambre c'est pourquoi une fois qu'elles eurent pénétrées dans la salle commune et dissimulées leur cueillette, la préfète ne se fit pas prier pour s'installer confortablement dans un des fauteuils de velours rouge près de l'âtre. Les genoux ramenées contre elle, la tête posée sur un coussin appuyé contre l'accoudoir, elle laissait le crépitement des bûches bercer sa somnolence. Julia poussa un grognement et Lily se retourna dans son sommeil.

« Hé, Lily ! Tu pourrais éviter de laisser traîner tes affaires partout ! J'ai failli m'asseoir dessus ! »
« Qu'est ce que c'est, marmonna Lily qui n'avait pas pris la peine d'ouvrir les yeux. »
« Attends, je te le donne. »

Et Lily sentit qu'un poids pesait maintenant sur son ventre. A son plus grand étonnement, la choses se mit à se mouvoir et escalader son bras à la recherche d'un endroit où se lover. Elle ouvrit les yeux et vit son chat occupé à se rouler en boule entre ses bras après avoir la peine de faire ses griffes sur son pull-over.

« Ho, ce n'est que toi ! Dire que je ne savais pas que tu étais là ! »

Le petit chat ronronna et donna un petit coup de langue sur la joue la plus proche de sa maîtresse en signe d'affection.

« Et moi qui croyais Miss Préfète-parfaite ordonnée ! »

Julia ricana et s'assit sur le fauteuil à nouveau accessible.

« Julia, ne m'appelle pas comme ça, gronda Lily qui lui décocha un regard furieux. »
« Ho, pardon ! J'avais oublié que c'était réservé à Potter, déclara la jeune fille sur un ton amusé. »
« Et ne me parle pas de Potter ! Moins je le vois, mieux je me porte ! »

Julia se tut et Lily se mit alors à observer le fronton de la cheminée pour passer le temps. Elle nota les craquelures, les coups qu'avait pris la pierre à travers les siècles et se mit à penser à tous ceux qui avaient posé leurs mains dessus. Sa contemplation fut interrompue par Mary qui relança un sort alors que le feu n'était plus qu'un tas de braises incandescentes qui rougeoyaient dans l'âtre. La jeune fille paraissait pensive, songea Lily. Mais encore plus qu'à son habitude. Elle regardait fixement les reflets colorés que prenaient les flammes avant de redevenir rouges et or. Lily décida de sortir de sa torpeur. Elle se releva et se rassit correctement dans le fauteuil. Son chat émit un bâillement avant de se rendormir.

« Dis-moi Julia, tu ne devais pas réviser l'histoire avec Edward ? »
« Non, demain soir. Mais à vrai dire, je doute que cela puisse beaucoup l'aider. »
« Il est si nul que ça ou ce sont tes notes dans la matière qui ne sont pas plus brillantes, se moqua Lily. »

Son rire chaleureux évita à Julia de se fâcher et celle-ci répondit aussitôt d'un air intéressé.

« Et toi et Avery ? Vous en êtes où ? »
« Tout va pour le mieux, s'empressa de répliquer Lily. »

Surtout, ne rien dire. En effet, tout allait pour le mieux entre la jeune fille de Gryffondor et le beau poursuiveur de l'équipe de Serdaigle. Leur idylle était tout ce qu'il y avait de plus parfait. Lily aimait beaucoup Avery et celui-ci l'aimait plus encore. Cette relation avait donné à Lily un nouveau statut au sein de Poudlard parmi les élèves. Les camarades de classe d'Avery la saluaient, certains même étaient plutôt sympathiques. Ainsi, Erwann Fishinger (le petit rigolo de la joyeuse bande de Serdaigle de septième année) s'empressait assez souvent de venir discuter avec elle. Elle côtoyait par la même occasion les petites amies de la troupe qui se montraient plus ou moins charmantes. Cassiopée Black avait toujours amie avec elle et Karolyn Sullivan (une poufsouffle de sixième année), la petite amie de Frank Londubat était gentille. Pourtant, certaines filles ne semblaient pas tellement apprécier l'arrivée de la petite préfète de Gryffondor sur leur terrain de chasse. La semaine dernière encore, une serdaigle lui avait lancé un regard mauvais tandis que sa voisine agitait nerveusement sa baguette alors qu'Avery la tenait parla taille et qu'elle l'accompagnait à un de ses entraînements de Quidditch. Non, la vie était vraiment belle avec Avery. Mais cela n'allait pas durer. Lily savait pertinemment que bientôt ils devraient se séparer. Avery aurait fini ses études à Poudlard à la fin de l'année et malgré tout ce que lui disait le jeune homme, Lily savait bien que leur histoire se terminerait ici. Un pincement au cœur la prit et sa gorge se noua. Il ne fallait pas pleurer, pas maintenant. Elle essuya du revers de sa manche ses yeux verts et Mary prit soudainement la parole.

« Dites, vous aviez remarqué qu'on n'était pas toutes seules, cette nuit ? »

Lily mit quelques instants avant de réaliser le sens de ces paroles et Julia se redressa sur son fauteuil, l'œil alerte.

« Qu'est ce que tu veux dire, demanda t'elle d'une voix un peu enrouée. »
« Quand je venais de m'envoler, j'ai vu une silhouette sur la tour
Nord. Un homme, je dirais, murmura Mary dans un souffle. »
« Et, s'empressa d'ajouter Lily. »
« Il ne nous a pas vues. Ce n'était pas nous qu'il observait. »
« Mais qui alors ? »
« Aucune idée ! »

***

Il ramena sa cape en un mouvement d'épaules sur son dos et renifla vaguement. Et dire qu'il était peut-être tout simplement entrain de perdre son temps ! Il fallait vraiment être tenace comme lui pour avoir la patience de rester une minute de plus dans ce poste d'espionnage improvisé ! Mais il semblerait que l'attente donne tout ce que l'on désire à celui qui sait s'en imprégner. Un sourire passa sur les lèvres du jeune homme quand il vit trois ombres s'avancer maladroitement près de la forêt et disparaître comme si de rien n'était dans l'espace. Un instant d'inattention aurait suffi à rater cela. Heureusement, il avait l'œil et le bon. Mais cela ne faisait qu'épaissir un peu plus le mystère qu'il tentait vainement d'éclaircir.

La nuit était passée. Les premiers rayons de l'aube avaient éclairé le ciel et dimanche avait débuté. Peu s'étaient levés, à part les joueurs de l'équipe de Quidditch qui avaient entraînement. Il s'assit devant la table, sur le banc et posa devant lui la pile de grimoires qu'il avait encore dans les bras. Il posa sa baguette sur sa gauche et se saisit d'un parchemin qu'il étala avec soin. Le livre ouvert, la plume trempée dans l'encrier, ses feuilles de notes à ses côtés, rien ne lui manquait pour commencer son devoir de combat. Il soupira et appuya sa tête contre sa main. Quel pouvait donc bien être l'intérêt de cette matière ? il ne voyait pas ce que cela pouvait lui apporter, il avait toujours préféré les cours théoriques aux cours pratique. La salle commune était quasiment déserte, seules Isild Bosco et Florence Langlet, deux filles de septième année, étaient assises dans un des grands canapés de cuir sombre face à la cheminée. La première était occupée à lire un livre tandis que sa camarade changeait les couleurs des flammes pour passer le temps. Florence Langlet ne laissa pas aux flammes le temps de reprendre leurs couleurs originelles et elles virèrent au violet d'un geste de la main. Isild Bosco releva la tête comme si elle avait senti les yeux du jeune homme sur sa nuque. Elle le fixa et il sentit sa gorge se nouer. Le regard de la jeune fille lui rappelait toujours des flaques de sang et il s'empressa de reporter son attention sur son devoir. "La parade défensive peut permettre de contrer les attaques d'un adversaire. On peut alors aisément arrêter le coup et même le répliquer mains on est contraint de briser son propre rythme."

« Qu'est ce que tu fais ? »
« Le devoir pour Prenzweller. »

Evan Rosier s'assit à côté de lui, un sourire narquois sur les lèvres.

« Passionnant ! »

Severus ne prit même pas la peine de rétorquer, de toutes façons, Rosier avant détourné la tête vers les escaliers. Lisa Pucey accompagnée de Janet Korn descendirent les marches et vinrent les rejoindre. Rosier passa son bras autour de la taille de Lisa qui posa son regard sur le parchemin.

« Qu'est ce que tu fais, demanda t'elle gentiment. »
« L'analyse des avantages et des inconvénients d'une parade défensive. »
« Ho, le devoir de combat ! Moi aussi, j'ai eu du mal à la faire. »

Rosier lui saisit le menton et susurra :

« Qu'est ce qui te fais croire qu'il a du mal à la faire ? »

La jeune fille remit derrière l'oreille une mèche de cheveux noirs. Janet de son côté somnolait, la tête dans les bras, ses cheveux roux en bataille.

« Hé bien, c'est rare que Severus montre aussi peu d'entrain à faire
un devoir. Et puis, son brouillon ne fait que deux pages. C'est
pourtant lui qui écrit d'habitude les plus longues copies. »

Evan Rosier regarda à nouveau Rogue qui venait de faire un tache d'encre dans la marge.

« Mais ce n'est pas un devoir de potions, ma chère. »

Il tourna la tête vers Severus et reprit :

« Je suis sur que tu serais capable de préparer le programme des
ASPICS en claquant des doigts. Hein, Sev', le petit génie des
potions ? »
« Pour l'instant, je peux t'affirmer qu'un bon sortilège de baillonnage peut se révéler bien efficace. »
« Quel sens de l'humour ! Mal luné, Sev' ? »

Il poussa un grognement et se replongea dans sa copie tandis que les autres continuaient de parler. Non , ce devoir n'était pas si ennuyeux, ni si difficile que ça. C'était simplement que l'esprit du Serpentard pensait bien plus à ce qu'il avait vu la nuit dernière qu'aux feintes, techniques et autres... Qu'est ce que Potter, Black et Pettigrow étaient encore entrain de manigancer ? Et pourquoi Lupin n'était pas avec eux ? Ou cela avait-il un rapport avec les absences répétées du Gryffondor ? Car ces absences mensuelles ne lui avaient pas échappé. Il fallait qu'il comprenne.

« Hé, Evan ! Tu ne devineras jamais qui j'ai vu avec ta sœur ! »

Severus releva la tête. Tatiana Pasternack venait d'arriver, un sourire moqueur sur les lèvres. Elle s'assit à côté de Severus et ne fit même pas attention quand elle le bouscula et qu'il renversa son encrier sur sa copie. La jeune fille se tortillait, ses épais cheveux bruns toujours aussi broussailleux, ses petits yeux noirs brillants d'excitation.

« Elle était avec Bones et Evans. »

Quelle idiote, pensa Severus qui froissa d'irritation son parchemin sur lequel l'encre s'était renversée. La boulette de papier vola et atterrit dans les flammes qui doublèrent de hauteur et reprirent leur couleur originelles, au grand mécontentement de Florence Langlet qui se redressa.

« Elles étaient dans la grande salle et Evans a proposé à ta sœur de
se joindre à elles. On voit la mauvaise influence ! Si ça se trouve,
tu aurais du toi aussi te retrouver à Gryffondor... »

Hum, pas bon. Pas bon du tout, même ! Ce n'était pas le genre de choses qu'il fallait dire à Rosier un dimanche matin. Ce dernier retira son bras de l'épaule de Lisa et fixa Tatiana d'un regard enflammé.

« Tu peux répéter ce que tu viens de dire. »

Sa voix était sourde et froide, il serra convulsivement le poing et Severus préféra éloigner du jeune homme ses affaires. Il ne tenait pas à être accusé par la bibliothécaire de mauvais traitements envers ses livres. Tatiana Pasternack se recula d'un bond et évita ainsi le poing de Rosier qui s'apprêtait à l'attraper par le col.

« Evan, s'il te plaît ! Calme-toi ! »

Lisa Pucey s'accrocha à l'autre bras de son petit ami et l'encouragea à se rasseoir. L'incident fut clos par l'arrivée bruyante des membres de l'équipe de Quidditch. Rogue vit passer Michael Zabini qui se dirigea vers leur dortoir, sa batte à la main. Le reste de l'équipe se dispersa et les deux septième années s'avancèrent et vinrent s'installer face à leurs camarades. Quelques premières années qui traînaient dans le coin jugèrent plus prudent de s'en aller. Luke Travers s'affala de tout son long, la tête en arrière. Lewis Mulciber s'assit et commença à ôter les protections de ses jambes. Florence Langlet passa une main sur sa tête pour remettre en place ses courts cheveux et prit la parole.

« Flint n'est pas là ? »

« Non. Qu'est ce que tu lui veux, demanda Travers. »
« Je voulais simplement finir le devoir d'enchantements qu'on avait à
faire ensemble et que l'on doit rendre demain. »
« Désolé de te décevoir mais ne compte pas trop sur son aide. Il est
parti faire un tour avec Susan, répliqua Travers dans un rire qui
manqua de l'étrangler. »
« Au lieu de rigoler bêtement, tu ferais mieux de penser à ton devoir
de défense contre les forces du mal. »

Isild Bosco n'avait pas levé les yeux de son livre. Elle ramena ses jambes contre elle et tourna sa page.

« Qu'est ce que ça peut te faire, Bosco. Tu n'es pas ma mère, non ?
Et puis cette matière était vraiment inutile. Ce sera bientôt nous,
les nouvelles forces du mal.»
« Arrête de te vanter, Luke. Je dis ça simplement parce qu'il se
trouve que Quirke ne semble pas beaucoup t'apprécier. Tout comme
Prenzweller, la prof de combat, d'ailleurs. »
« Pouf, cette idiote ! Ce n'était qu'une petite sotte sans cervelle ! »
« Crois-moi, Luke, il y a certainement une bonne raison à leur antipathie. »
« Je ne vois pas de quoi tu veux parler, Bosco, répondit le jeune homme. »

Il semblait vouloir éviter le tour que pourrait prendre la conversation. Isild Posa son livre son ses genoux et s'amusa à tourner entre ses doigts une de ses mèches de cheveux blancs. Un sourire hypocrite apparut sur ses lèvres.

« Tu n'es pas irrésistible, Luke. Comment pouvais-tu penser que cette
petite blondinette de Gryffondor accepterait quelque chose de ta
part ! Surtout des sentiments amoureux ! Et puis les cachots, ce n'est
pas le meilleur endroit pour une déclaration, si tu vois ce que je
veux dire... »
« Je ne voulais pas lui faire de mal, lâcha t'il. »
« Hé bien, on peut dire que c'était plutôt réussi ! On aurait presque
pu croire que tu lui en voulais physiquement. »
« Hé bien, contrairement à ce que tu peux croire, ce n'est pas le cas. »
« Ho, le noble cœur. C'est pour ça que tu t'es laissé battre par sa copine. »

Le ton de la jeune fille était ironique et déplaisant.

« Ne me dis pas que tu as déjà oublié ta défaite face à cette petite préfète. »
« Ne t'inquiète donc pas pour mon honneur ! Cette sale rouquine
entendra bientôt parler de moi. Je te jure que je n'ai pas dit mon
dernier mot. »

Et il explosa d'un rire cynique, la gorge déployée.
= fin du chapitre 23 =