Titre : Opération Pégasus.
Auteur : Elizabeth.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Résumé général de l'histoire : Septembre 1970. Après deux mois de vacances, les élèves du collège Poudlard reprennent leurs études. Mais un certain mage noir poursuit son ascension vers le pouvoir, provoquant un climat de terreur. La tension au sein de la communauté internationale magique et du ministère britannique ne cesse de grandir. C'est pourquoi certains ont décidé de lancer une action secrète qui changera à jamais la vie de quelques étudiants, en liant leurs pouvoirs et leurs vies. Le nom de code : Opération Pégasus.
Résumé du chapitre précédent : Invisible n'est pas qui croit. Alors que les maraudeurs annulent leur sortie sous forme animale, ayant repéré Mary, Lily et Julia dans la forêt, ils ne doutent pas qu'ils sont observés par Severus Rogue du haut d'une des tours du château. De retour chez les Serpentards, ce dernier cherche par tous les moyens à comprendre ce que cachent les maraudeurs. Les autres ruminent leurs vengeances : Evan Rosier contre Mary et Lily qui protègent sa sœur et Luke Travers contre la préfète de Gryffondor qui l'a battu.
Rappel des élèves étudiant à Poudlard évoqués dans les chapitres précédents (qui commencent à devenir un peu nombreux, mais c'est comme ça) :
(Je ne vous présente plus les maraudeurs ainsi que Lily et ses amies).
Lee Karine : Gryffondor, 1° année.
Rosier Clara : Gryffondor, 1° année. Sœur d'Evan.
Jorkins Bertha : Gryffondor, 5° année.
Payne Daniel : Gryffondor, 5° année, préfet et gardien. Petit ami de Mary.
Sullivan Béatrice : Gryffondor, 6° année, batteuse. Petite amie de Matthew Prewett.
Troy Julius : Gryffondor, 6° année.
Black Cassiopée : Gryffondor, 7° année, préfète en chef. Sœur de Sirius et petite amie de Lawrence Ackerley.
Brown Angéla : Gryffondor, 7° année, poursuiveuse.
McMillan Marina : Gryffondor, 7° année. Petite amie de Christopher Hindle.
Spinnet Mark : Gryffondor, 7° année, poursuiveur et capitaine. Ne supporte pas que ses joueurs fréquentent de trop près ceux des autres équipes.
Fishinger Erwann : Serdaigle, 7° année.
Ackerley Lawrence : Serdaigle, 7° année, préfet en chef. Petit ami de Cassiopée.
Nott Avery : Serdaigle, 7° année, poursuiveur. Frère jumeau d'Adela et petit amide Lily.
Abbot Agnès : Poufsouffle, 5°année.
Vinterberg Sara : Poufsouffle, 5° année.
Rogue Severus : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts.
Rosier Evan : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Frère de Clara.
Travers Luke : Serpentard, 7° année, attrapeur.
Rappel des adultes ou autres personnes évoquées dans les chapitres précédents : Prenzweller Kathia : Nouveau professeur de combat, vient d'Allemagne. Semble connaître le père de Sirius. Les maraudeurs la soupçonnent d'être un agent infiltré.
Quirke Julius : Nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Les maraudeurs la soupçonnent d'être un agent infiltré.
Chapitre 24 : LA MORT EST AMÈRE
James Potter fixa avec concentration le lapin qui se trouvait devant lui et agita sa baguette. Il ferma les yeux et attendit que son sort ait fait effet. Le lapin sembla se distordre avant de se transformer en une magnifique lampe. Le jeune homme soupira et se passa la main sur le front. Il avait travaillé et avait enfin atteint le plus haut niveau demandé pour les BUSES. Le professeur McGonnagal passa dans les rangs du fond et James remarqua que Remus avait l'air encore fatigué de l'éprouvante nuit qu'il avait du passer.
« Bien, je vois que certains d'entre vous ont atteint le niveau
demandé. Il faut néanmoins continuer à travailler avec ardeur. Tous
les élèves présents dans cette classe auront leurs BUSES en
métamorphoses. »
James sentit au fond de lui la satisfaction par l'aboutissement des innombrables heures de travail qu'il avait passé en métamorphoses. Il lui faudrait travailler avec la même ardeur dans les autres matières, les BUSES approchaient et ce n'était pas le moment de relâcher ses efforts. Sirius avait lui aussi effectué le travail demandé mais Peter possédait toujours sur sa table une lampe avec une magnifique paire d'oreilles de lapin. Le professeur McGonnagal passa près de lui et s'arrêta, la mine étonnée :
« Hé bien, M. Pettigrow, il semblerait que vous ayez fait des progrès. »
James repensa en effet aux métamorphoses que Peter avait effectuées au cours de l'année et dont les premières s'étaient révélées quelque peu ratées. Néanmoins, il semblait que son entraînement à se transformer en animagus l'avait fait progresser. Le professeur Flitwick l'avait aussi complimenté sur ses résultats, ce dont Peter avait était très fier. Peu avant la fin du cours, le professeur de métamorphose rappela à ses élèves de commencer à réfléchir à la liste de matières qu'ils envisageaient de choisir en vue de leur sixième année à Poudlard. La cloche sonna et les élèves se dépêchèrent de ranger leurs affaires pour se rendre dans la grande salle et déjeuner. James s'empressa se lever et rejoignit Peter et Sirius qui était déjà dans le couloir tandis que Remus terminait de ranger ses affaires. Une fois assis à la grande table, les maraudeurs entreprirent de discuter le plus discrètement possible pour ne pas éveiller les soupçons ou les oreilles indiscrètes. Heureusement, quelques secondes années bavardaient bruyamment et leurs camarades de classe se trouvaient assez loin. Sirius entreprit de raconter à Remus ce qui s'était passé la nuit dernière et celui l'écouta avec attention.
« Vous avez une idée de ce qu'elles pouvaient faire dehors à cette heure là, demanda t'il. »
« Aucune, répliqua Peter. »
Sirius se saisit d'une part de tarte au citron qui se trouvait devant lui et s'empressa de rajouter :
« De toutes façons, je ne vois pas ce que Evans et ses copines
pourraient faire de vraiment intéressant en pleine nuit dans la forêt
interdite. »
La discussion se termina alors que Mark Spinnet passait à côté d'eux. Le capitaine de l'équipe de Quidditch était accompagné de Julius Troy et Béatrice Sullivan, deux autres joueurs de l'équipe de Gryffondor.
« Dites, Black et Potter, vous n'oublierez pas l'entraînement de
Quidditch après les cours. Il commence à dix-sept heures, je veux tout
le monde sur le terrain sans retard. C'est compris ? »
Sirius se redressa au garde à vous et fit un salut militaire.
« Compris, chef ! »
« C'est bon, repos soldat Black. Mais soyez à l'heure, répondit le capitaine, un sourire sur les lèvres. »
Et Mark Spinnet s'en alla tranquillement vers la sortie. Les maraudeurs se levèrent de table quelques minutes plus tard. Alors qu'ils passaient les larges portes de bois de la grande Salle, James aperçut tout à coup Cassiopée Black qui arrivait en courant vers eux. Elle paraissait essoufflée. Ses yeux étaient gonflés de larmes et elle n'arrivait pas à respirer calmement.
« Si... Si... Sirius... »
Ce furent les seuls mots compréhensibles qui s'échappèrent de sa bouche avant qu'elle ne s'effondre dans les bras de son frère. Sirius sembla surpris de la réaction de sa sœur. Il tenta vainement de l'interroger mais elle resta prostrée dans ses bras. Le jeune gryffondor dont l'inquiétude commençait à augmenter pensa à chercher les amis de Cassiopée.
« Ils sauront peut-être quelque chose, dit Sirius d'une voix hésitante. »
Il demanda donc à Remus de regarder si Lawrence Ackerley n'était pas dans les parages pour qu'il puisse savoir ce que sa sœur avait et qu'il la lui confie.
« Cassi', dis-moi ce qui ne va pas ? »
Le ton de Sirius devenait de plus en plus angoissé alors que sa sœur était maintenant prise d'un violent hoquet. Le bruit de ses pleurs commença à attirer les élèves qui sortaient de la grande Salle.
Un petit attroupement s'était formé et James vit enfin le serdaigle de septième fendre la foule suivi de Remus et quelques autres élèves de septième année. Le préfet en chef se précipita vers sa collègue et s'empressa à son tour de la questionner mais ce fut sans effet. Cassiopée semblait toujours en proie à une profonde souffrance. Ses membres tremblaient et elle tenait debout avec difficulté. Elle s'écarta néanmoins et tendit à Sirius ce qui semblait être un parchemin froissé qu'elle serrait convulsivement dans sa main droite.
« Si'... Tu dois... Lire cette... Lettre... »
Lawrence la prit dans ses bras pour tenter de la calmer. Sirius sentit une vague d'appréhension l'envahir en défroissant le papier. Un reste de cachet de cire bleu tenait encore une partie de la lettre. Le blason des Black, nota James qui s'était rapproché de Sirius. Ce dernier commença à lire et tout-à-coup laissa glisser le morceau de parchemin de ses doigts. Son visage était sans expression et il se tourna lentement vers sa sœur qui sanglotait toujours dans les bras de son petit ami. L'attroupement qui s'était formé était de plus en plus compact.
« Cassi', dis-moi que ce n'est pas vrai. S'il te plait, dis-moi que c'est faux. Je t'en pris... »
La voix de Sirius était faible, comme un souffle. Cassiopée releva sa tête et ses longs cheveux noirs encadrèrent son beau visage. Ses lèvres s'entrouvrirent et elle articule avec difficulté.
« Si, Sirius. C'est la vérité. »
Sirius resta immobile sans bouger, le regard dans le vague et pour la première fois, James se demanda ce qui avait bien pu ébranler de manière si violente Cassiopée et Sirius. James avait toujours considéré Sirius et Cassiopée comme deux personnes avenantes qui prenaient toujours la vie du bon côté. Il était donc plutôt étonné de voir Cassiopée s'effondrer en public et son meilleur ami paralysé de la sorte.
De la gauche alors vint un son de voix moqueur. James se retourna et vit les serpentards de cinquième année attroupés. Remus s'avança à son tour. Evan Rosier était en tête et un magnifique sourire railleur s'étirait sur ses lèvres. Pourtant, ce n'était pas lui qui riait. Non, c'était Rogue.
« Hé bien, Black ? Qu'est ce qui ne va pas ? Tu vas te mettre à
pleurer comme ta frangine ? Quand je pense qu'elle est préfète en chef
et qu'elle pleurniche comme une gamine, ce n'est vraiment pas digne. »
« Je ne te permets pas de dire de telles horreurs, sale Serpentard. »
Angela Brown qui se trouvait à côté de Peter fit un pas et s'apprêtait à gifler Severus quand une main l'arrêta dans sa lancée. Luke Travers, un septième année de Serpentard, relâcha sa main. Il était étonnant de voir la toute petite poursuiveuse de Gryffondor arrêtée par l'immense attrapeur de Serpentard.
« Allons, Brown. Je pense que si ta copine ne se défend pas, c'est que les insultes sont justifiées. »
La tension montait lentement entre les deux groupes : gryffondors et serdaigles de septième année attroupés contre les serpentards qui paraissaient trouver la situation extrêmement cocasse. Les autres élèves semblaient désirer rester neutres, craignant que la situation dégénère sous peu. Ce fut Rogue qui reprit la parole, toujours en riant.
« Black, ta mère n'avait pas qu'à aller fouiner dans ce qui ne la
regardait pas. Tu sais très bien ce qui arrive quand on va fourrer son
nez dans les affaires des autres. »
Personne ne sembla comprendre les paroles du jeune homme mais Sirius ne resta pas sans réaction. Il sauta littéralement à la gorge de l'arrogant Serpentard et entreprit de le frapper de toutes ses forces. James ne tenta même pas de l'en empêcher, ni même Remus qui n'appréciait habituellement pas que l'on se batte, même contre des Serpentards
« Mais écartez-vous, bon sang. Qu'est ce qui ce passe ici ? »
Le professeur McGonnagal apparut et sembla furieuse quand elle aperçut les deux garçons à terre, toujours entrain de se battre. Elle se précipita vers eux pour tenter de les arrêter mais sans succès.
« Vous allez arrêter, oui ? Hagrid, venez m'aider, vite ! »
Le géant dispersa la foule qui s'écarta sur son passage tandis que McGonnagal reculait. Il saisit Sirius par les épaules et arracha le serpentard des mains du jeune gryffondor. Sirius tenta désespérément de se jeter sur son ennemi mais cette fois-ci, deux septième années l'en empêchèrent. James voulut s'approcher de son meilleur ami mais alors que McGonnagal approchait, le visage déformé par la colère, Sirius dégaina sa baguette et se mit à hurler.
« Je t'aurais, Rogue. Tu payeras pour ce que tu as dit et ce que ceux
de ton espèce ont fait. Je te jure sur l'honneur des Black que
j'aurais ta peau ! »
« Dis plutôt sur ce qui reste des Black ! »
Rogue parvint maladroitement à sourire mais s'arrêta, étant donné la souffrance qui se lisait sur son visage. Son visage était en sang et il tenta vainement de l'éponger. Sirius s'arracha à l'étreinte des septièmes années à l'aide d'un bon coup de coude et s'enfuit en courant vers la sortie. McGonnagal reprit son apparence sévère et ordonna aux élèves de se disperser, ce qu'ils firent en maugréant après que le professeur de métamorphose ait menacé l'assemblée d'une semaine de retenue. Elle se tourna vers Hagrid à qui elle ordonna d'emmener Rogue à l'infirmerie. Une fois qu'ils furent partis, elle se tourna vers Cassiopée qui pleurait toujours dans les bras de Lawrence.
« Melle Black, pouvez-vous m'expliquer ce qui se passe ? »
La préfète en chef ne bougea pas et son petit ami parut gêné. James se pencha pour ramasser le parchemin qui était la cause de tant d'émotions.
« Professeur, je pense qu'il faut que vous lisiez ça. »
« Merci, Potter, répondit-elle d'un ton sec. »
La femme repoussa ses lunettes rectangulaires sur son nez et se mit à lire la lettre. Elle s'arrêta au bout de quelques lignes et parut, elle aussi, fort troublée. Ses doigts serrèrent le papier, les traits de son visage se brouillèrent et elle finit par fourrer la lettre dans la poche de sa robe.
« Bon, étant données les circonstances, Ackerley, vous allez ramener
Melle Black dans son dortoir. Mlles McMillan et Brown, vous veillerez
sur elle. J'enverrai madame PomFresh à son chevet quand elle aura fini
de soigner M. Rogue. »
Chacun quitta l'entrée et James vit les septièmes années grimper les grands escaliers, Ackerley portant Cassiopée dans ses bras. Il ne restait plus dans le hall que Remus, Peter et lui ainsi que le professeur de métamorphose.
« Quant à vous, messieurs, je vous demanderai de retrouver Black avant
qu'il ne fasse une bêtise. Etant donné son caractère... »
Le professeur se retourna et partit à vive allure dans un couloir, les trois maraudeurs restant seuls dans le hall.
Lily avança timidement vers Avery, le regard rivé sur le sol Il était venu pour eux le temps de la séparation. C'était triste mais c'était ainsi. Ses mains entortillaient le bord de son pull-over. Elle prit en définitive son courage à deux mains et releva la tête. Avec son visage un peu penché sur le côté et ses grands yeux verts, la préfète de gryffondor était à en tomber.
« Avery, je crois que j'ai quelque chose à t'annoncer, murmura la petite voix timide de la jeune fille « Hé bien, parle, Lily. Je t'écoute. »
Elle ne sut jamais trop comment les mots réussirent à passer le seuil de ses lèvres. Elle s'entendit se confondre en excuses, cherchât pitoyablement à expliquer son acte. Mais finalement, ce fut Avery qui l'arrêta. Le serdaigle la serra dans ses bras, sentant que le moment qu'il vivait mettait fin à leur relation. Il la sentit pleurer sur son épaule mais si elle le nia. Il sourit tendrement.
« Tus sais, Lily. Ce n'est pas parce que cela se fini qu'il faut être
triste. Pense, au contrainte, à toutes les bonnes choses que nous
avons vécues ensemble. »
Et il lui raconta leurs promenades autour du lac, leurs rendez-vous à Pré- au-Lard, ainsi que les innombrables détails amusants tels que la fois où Erwann Fishinger avait fait une superbe imitation des professeurs et avait fini à quatre pattes par terre, mort de rire par ses propres pitreries. Le poursuiveur passa sa main dans les cheveux flamboyants de Lily, sentant encore quelques instants leur douce odeur. Et elle remonta son beau visage vers lui qui ne put s'empêcher de sourire. Il l'embrassa tendrement une dernière fois et leur étreinte se relâcha, leur bras s'éloignant irrémédiablement.
« Il est venu le temps pour toi, Lily, de trouver quelqu'un de ton âge. J'espère que tu seras heureuse. Et puis, tu peux toujours venir me parler. Cela ne nous empêche pas de rester amis. »
« Bien sur, murmura la gryffondor. »
Et Avery s'en alla, se retournant une dernière fois pour lui faire un clin d'œil malicieux qui la fit sourire. La haute silhouette du jeune homme disparut au tournant d'un couloir et cela se termina de cette manière. La jeune fille resta encore quelques instants à rêvasser mais fut tirer de ses pensées par la cloche qui retentit sourdement, annonçant la reprise des cours. Dans les couloirs, les discussions allaient bon train. Lily croisa Sara Vinterberg et Agnès Abbot dont la conversation prenait de l'ampleur. Agnès se retourna, ses cheveux dans les yeux et fit signe à Lily de les rejoindre.
« Alors, vous l'avez retrouvé, demanda t'elle, tout excitée. »
« Retrouvé qui ? »
« Mais Sirius Black, pardi ! »
« Je ne savais qu'on l'avait perdu, déclara Lily stoïque, les bras croisés. Enfin une bonne nouvelle ! » Sara parut choquée et Lily lut un court instant de la surprise sur le visage de l'autre Poufssoufle.
« Dis-moi, Lily, tu n'aurais pas raté quelque chose ? Parce que ce
n'est pas trop ton genre de te moquer des gens même des maraudeurs
dans ce genre de situation. »
« Mais quelle situation, demanda Lily que l'ignorance commençait à irriter. »
« Et bien, Beltégueuse Black, la mère de Sirius est morte ce matin. »
Lily reçut le choc en plein estomac. Agnès lui raconta comment Sirius était devenu fou dans le hall et comment Cassiopée Black, la préfète en chef avait été meurtrie par la mort de sa mère.
« Et il a disparu, la baguette à la main. Tout ce que je sais de plus,
c'est que McGonnagal a demandé aux trois autres de le chercher. »
« Ils ne le trouveront pas, déclara froidement Sara. »
« Et comment tu sais ça, questionna Agnès la mine étonnée. »
« Black a beau paraître fort, il ne l'est pas pus que quiconque. Il
s'est mis dans un coin et va ruminer son chagrin jusqu'à qu'il puisse
le surmonter et réapparaîtra quand il pourra à nouveau paraître à son
habitude. »
« Dis-donc, fine analyse, minauda sa camarade. Tu ne passerais pas ton
temps à l'observer, par hasard ? »
Sara haussa les épaules.
« Tu crois vraiment que je n'ai rien de mieux à faire ? »
Lily laissa finalement les deux filles qui rentrait en cours d'histoire de la magie et se dépêcha de retrouver sa salle.
La porte claqua avec violence sur le passage du gryffondor. Sirius dans sa course passa à travers un fantôme vêtu d'un étrange chapeau, ce qui sembla néanmoins ne déranger ni l'un ni l'autre. Comment cela pouvait-il être vrai ? Comment Beltégueuse Black pouvait-elle être morte dans un accident de travail ? Sirius avait reconnu l'écriture hachurée de son père à l'encre bleue sombre. Sa main avait du trembler en écrivant les lignes que ses enfants liraient. Arrivé devant un sombre rideau rouge poussiéreux, Sirius l'ouvrit d'un mouvement brusque et s'engouffra dans la petite pièce exiguë qui s'offrait à lui. Il se jeta sur ce qui semblait être un tas de couverture et seulement après avoir pris la peine de fermer le rideau à l'aide d'un sort, il laissa tomber lourdement sa tête contre la laine qui sentait le moisi. Peu lui importait, cela ne pouvait pas être vrai. Comment ? Mais comment donc cela était-il arrivé ?
Pour Sirius, sa mère avait toujours été une femme forte autant en magie qu'en caractère. Elle ne pouvait être morte. Pour un enfant, ses parents sont immortels. Ce sont des dieux qu'il adule dans son enfance et surpasse dans la vie. Les larmes coulaient sur le visage du garçon, trempant le morceau de couverture bleue sur laquelle il s'était jeté. Sirius sentait son esprit plus vide que tout. Il était perdu à travers les méandres de la souffrance et du désespoir. Il se recroquevilla, enserrant son corps de ses bras. Maintenant qu'il était seul, personne ne serait plus jamais là pour le serrer dans ses bras, lui demander de ranger sa chambre (ce qu'il faisait en un bon coup de baguette magique ou en compressant tout sous son lit), le gronder pour son sale caractère et ses blagues auxquelles tout le monde finissait par rire. Non, jamais, plus jamais, il n'entendrait le doux son de la voix de sa mère, son doux parfum d'amande amère dont il avait souvent apprécié l'odeur quand il était petit et qu'il se blottissait dans les bras de sa mère. Dans sa souffrance et sa tristesse, Sirius entrevit dans son imagination un visage se former, celui de Beltégueuse Black. Ses yeux bleu cendres et ses courtes mèches de cheveux noirs qu'elle ne prenait bien souvent pas la peine d'attacher, les laissant chatouiller ses épaules. Oui, Beltégueuse Black, Oubliator de première classe venait d'être tuée dans un accident du travail. Orion Black n'avait pas donné de détails, de toutes façons, Sirius avait été trop bouleversé pour prêter attention à quoi que ce soit. Son esprit s'était arrêté quand les douloureux mots s'étaient remis dans le bon ordre. Tout avait alors disparu. Il n'avait plus prêté attention à rien ni personne. Il était seul, seul, désespérément seul.
Il renifla péniblement et se retourna vers le mur blanchâtre. La cloison de plâtre devait séparer la mansarde d'une autre pièce. En s'appuyant sur ses mains, il ressentit en plus de la douleur mentale la douleur physique. Son corps tremblait, agité de frissons glacés qui glissaient le long de son échine. Son coude était douloureux, certainement le coup qu'il avait donné aux septièmes années. Il effleura son visage et sentit un filet de sang sur sa joue gauche. Ce salaud de Rogue avait du le griffer. Il l'essuya d'un geste rageur et appliqua sa main sur le mur. En l'ôtant, il aperçut la trace réelle de la douleur. Ce sang rouge, écarlate suintant sur le mur tranchait impitoyablement contre la blancheur de la cloison, le rappelant violemment à la réalité. Oui, ils paieraient. Ceux qui les faisaient souffrir, lui et les siens paieraient pour cela. Rogue tout d'abord pour s'être moqué de lui dans sa détresse et pour les paroles insultantes qu'il avait prononcées. On doit respecter le souvenir des morts. Sa mère était une grande femme, une puissante sorcière, elle avait réglé nombre de problèmes. Non, elle n'était pas une grande femme, elle avait été une grande femme. Sirius frappa de son poing le mur. Il se mit à frapper en cadence de plus en plus vite, le supplice que lui procuraient les articulations de ses mains ne l'arrêtant même pas. Il ressentait cette douleur dans chaque fibre de son corps, jusqu'au plus profond de lui-même. Il pensa alors à sa sœur, désespérée par la mort de leur mère, qui pleurait toutes les larmes de son corps sans parvenir à s'arrêter puis à son père. Dans quel état devait-il être ? Sirius ne pouvait l'imaginer. C'était lui qui avait dit quand la grand-mère de Sirius était morte, qu'il fallait accepter la mort. Sirius avait eu beaucoup de tristesse de la disparition de Capella Black. Son père l'avait pris par la main et lui avait expliqué que les morts ne disparaissent jamais. 'Tant qu'on pense à eux, qu'on se bat pour eux, ils restent éternellement blottis dans nos cœurs sans que le temps ne puissent les en effacer.' Pourtant, à cet instant, ces paroles lui parurent totalement dépourvues de sens. Et finalement, il laissa son poing appuyé contre le mur, en pleurant amèrement.
« Maman, pourquoi es-tu partie ? »
Sa voix était entrecoupée de sanglots. La fatigue finit par l'emporter et Sirius s'affala sur le sol, sang, sueur et pleurs se mêlant sur son visage.
James suivit Remus qui ouvrait le marche dans un escalier, suivi de Peter. Ils l'avaient cherché sans succès dans les quartiers de Gryffondor (où il y avait beaucoup trop de monde pour quelqu'un de désespéré), dans la bibliothèque (chose peu probable lorsqu'on connaissait Sirius, mais bon, on ne savait jamais), parmi les couloirs principaux et à la volière.
Ils dépassèrent lentement le portrait d'un vieil homme aigri qui grogna sur leur passage. Remus avait pensé aux pièces dans lesquelles les maraudeurs avaient l'habitude de se retrouver. Parmi elles, il y avait celle du second étage qui se trouvait près d'un miroir baroque. Malheureusement, la salle était désespérément vide. Aucunes traces de Sirius. Ils continuèrent à déambuler dans les couloirs et croisèrent quelques élèves à qui ils demandèrent s'ils n'avaient pas vu Sirius. Personne ne put les renseigner.
« Je me demande où il a bien pu passer, murmura Peter. »
« Moi, ce qui m'inquiète surtout, c'est le contenu de cette lettre.
Elle ébranle tous ceux qui la lisent. Même McGonnagal avait l'air
troublé quand elle l'a lue. »
« C'est pourtant vrai, approuva Remus en repoussant d'un charme les
bords d'un tapis enchanté qui envisageait de le faire tomber. »
James profita qu'ils s'étaient arrêtés pour nettoyer ses lunettes. Peter se baissa pour refaire son lacet de chaussures.
« Connaissant Sirius, je pense qu'il s'est mis dans un coin et qu'il
réapparaîtra quand il le désirera. De toutes façons, on ne va pas
pouvoir passer l'après-midi à le chercher. Il nous faut aller en
cours. »
« James, toi qui connais assez bien la mère de Sirius, est-ce qu'elle a eu des ennuis il y a peu ? »
James se retourna vers Remus dont le regard était pensif.
« Non, pas à ma connaissance. »
« Et pourquoi est ce-que Rogue semblait savoir de quoi parlait la
lettre de Sirius, demanda Peter d'un ton naïf. »
« C'est une très bonne question, Peter. »
Le petit groupe se remit en marche et tourna dans un couloir sur leur gauche. Une fée ailée aux longs cheveux bleus électriques les suivit à travers les tableaux.
« Le plus inquiétant est que ce qui est arrivé à Mme Black doit
certainement être terrible pour que Sirius et Cassiopée pleurent de
cette façon, continua Remus toujours entrain de réfléchir en ce
frottant le menton. »
« Tu ne crois tout de même pas que..., commença James. »
Mais il fut interrompu par la jolie fée qui lui fit un petit signe de la main.
« Messieurs, je vous prie d'excuser mon intrusion dans cette
conversation mais je crois que je peux vous aider. J'ai entendu deux
élèves discuter sur l'accident qui est arrivé. Ils tenaient à la main
une édition matinale du Chroniqueur Enchanté. Vous pourrez
certainement trouver les informations que vous cherchez dedans. »
James parut surpris mais Remus remercia poliment la petite fée qui lui promit de lui rendre service dès qu'il le désirerait. Elle fit une pirouette et s'envola dans un paysage de campagne verdoyante.
Pendant le cours d'enchantements, James essaya de se souvenir des personnes susceptibles d'être abonnées au Chroniqueur Enchanté. Les cours de l'après- midi passèrent lentement et James ne put s'empêcher de penser à son meilleur ami qui devait être quelque part dans le château au bord du désespoir.
A cinq heures après avoie enfilé sa tenue écarlate de Quidditch, il prit sans envie le manche de son balai et partit sur le terrain accompagné de Daniel Payne qui tenta de savoir ce qu'avait Sirius pour être absent. Mais James ne put lui répondre. Ils parvinrent aux vestiaires et trouvèrent Julius Troy et Béatrice Sullivan qui avaient déjà enfilé leurs protections. Sur le terrain, Mark Spinnet paraissait contrarié de ne pas avoir son équipe au complet. Angela Brown, la poursuiveuse de l'aile droite, devait être restée avec Cassiopée et bien sûr, Sirius était absent. Finalement, au bout de dix minutes de jeu, Mark était de très mauvaise humeur.
« Impossible de faire un bon entraînement dans ces conditions ! On arrête là ! »
James amorça donc sa descente et une fois à terre, Mark lui lança sur un ton méchant :
« Potter, tu diras à Black que s'il se moque encore de moi de cette
façon en ratant l'entraînement, la place de batteur ne sera plus à
prendre quand il reviendra pour le prochain match. »
A ce moment là, Béatrice s'approcha du capitaine de l'équipe et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Le septième année de gryffondor blêmit et secoua la tête. James se dépêcha de rentrer pour dîner. Peter et Remus l'attendaient devant la salle commune.
« Toujours pas de nouvelles de Sirius, demanda James qui connaissait déjà la réponse. »
« Non, répondit Remus. »
Le trio s'assit sur un des bancs de la table des gryffondors. Cassiopée Black n'était pas là non plus, elle avait du rester dans sa chambre. James n'eut pas très faim et ils partirent parmi les premiers de la grande salle. Une fois arrivés devant le portrait de la grosse dame en rose, Peter récita le mot de passe.
« Mahô maryoku. »
Le portrait pivota et James laissa passer deux petites filles de premières années qui couraient en rigolant. Dans la salle commune, tout était assez calme. Des élèves de deuxième et troisième années discutaient joyeusement. Bertha Jorkins devait rédiger un devoir car elle louchait avec difficulté sur un parchemin couvert de gribouillis. James s'approcha de la cheminée et s'assit dans un fauteuil. Remus le rejoignit peu après, un livre dans les mains.
« Encore entrain de lire, Remus ? »
« Comme tu peux le voir, oui. Ça m'empêche de me torturer l'esprit comme tu le fais. »
Une voix féminine troubla la réflexion de James. Lily Evans, la préfète de Gryffondor, grondait gentiment les deux petites filles qui avaient bousculé les garçons en entrant dans la salle commune.
« Dites-donc, les chipies, vous ne devriez pas être couchées à cette heure-là ? »
« Il n'est pas tard, juste dix heures, déclara une petite fille noire avec des tresses et des yeux réglisse. »
« Et bien, justement ! Allez, Clara et Karine ! Sinon, je me fâche et Gryffondor perdra dix points ! »
Elles se mirent à rire et se sauvèrent en montant les escaliers quatre à quatre. Fatigué, James se leva et commença à se diriger vers son dortoir quand il vit une jeune fille qui lisait un journal. Par curiosité, il s'approcha et vit qu'elle lisait le dernier numéro du Chroniqueur Enchanté.
« Excuse-moi, pourrais-je t'emprunter ce journal un instant ? »
La jeune fille releva la tête et lui sourit en lui tendant le journal.
« Bien sur ! D'ailleurs, je te le laisse, j'ai fini de le lire. »
« C'est très aimable à toi. »
James s'appuya confortablement contre le mur recouvert d'une tapisserie rouge. Il regarda la couverture qui présentait une photo qui montrait le stade de Birmingham en liesse avec la victoire écrasante des Pies de Montrose sur les Orgueilleux de Portree. Pourtant, en dessous, des caractères d'imprimerie titraient l'accident d'une troupe ministérielle d'oubliators ainsi que la mort mystérieuse d'un des envoyés en mission dans un quartier résidentiel de Sheffield. James ouvrit le journal à la page trois et commença à lire fébrilement l'article, sachant très bien ce qu'il allait y trouver
Quand il se revient à lui, il ne sentit rien. Ni la douleur, ni même le froid qu'on pourrait s'attendre à trouver dans une mansarde du château. Il n'ouvrit tout d'abord pas les yeux, sachant que ce qu'il verrait le ramènerait à la réalité. Il palpa d'une main malhabile les plaies qu'il s'était faites en frappant le mur et fut étonné de sentir comme un bandage. Il ouvrit les yeux et se redressa prestement en grimaçant à cause de la douleur qu'il ressentait à la hanche droite. Le jeune homme s'aperçut qu'on avait pris la peine de le couvrir d'une couverture propre. Une chaleureuse lumière éclairait la petite pièce et Sirius vit devant lui une petite créature aux longues oreilles pointues dressées sur la tête. Elle portait un étrange tablier frappé aux armes de Poudlard. Sirius se frotta les yeux pour voir s'il ne rêvait pas.
« Vous vous êtes enfin réveillé ! Ida a veillé sur vous pendant votre
sommeil, déclara l'elfe de maison d'une petite voix aigrelette et
haute perchée. »
« Que... Que voulez-vous dire par mon sommeil ? »
« Cela fait au moins huit heures que vous dormez, Monsieur. »
Sirius qui semblait ne pas en revenir s'assit finalement en appuyant son dos contre le mur.
« Huit heures ! Mais comment m'avez-vous trouvé ? »
« Ida habite la mansarde à coté et Ida a cru que le château
s'écroulait. Mais ce n'était que monsieur qui frappait de toutes ses
forces contre le mur. Une fois que monsieur a eu fini, Ida est venue
voir et a trouvé monsieur étendu par terre, tout plein de sang. »
A ce souvenir, Sirius fit une grimace.
« Et ensuite, demanda t'il. »
« Ida a soigné monsieur et lui a amené une couverture pour qu'il
n'attrape pas froid. Maintenant, si monsieur a faim, Ida peut aller
chercher quelque chose à manger. »
Sirius ne savait que répondre la proposition de l'elfe de maison était sympathique mais il n'était pas sûr que son estomac supporte de la nourriture.
« Ecoutez, je ne sais... »
« Ne bougez-pas, Ida a compris et revient tout de suite. »
L'elfe claqua des doigts et disparut dans un nuage d'étincelles et de fumée opaque. Sirius relâcha la tension de son corps et en réfléchissant, réalisa qu'il n'était normalement impossible de transplaner dans l'enceinte de Poudalrd, ce que Remus leur avait répété de nombreuses fois depuis leur première arrivée. Il n'eut heureusement pas le temps de se remettre à penser car Ida apparut à nouveau avec un plateau dans les mains. Une odeur alléchante s'en échappait. L'elfe s'approcha et déposa le plateau à côté de Sirius qui saisit une fourchette dans la main mais ne put aller plus loin. Comme il n'y attendait, son estomac se souleva et il se redressa précipitamment. L'elfe parut étonnée mais ne fit pas de commentaires. Sirius essuya sa bouche et en regardant sa montre, vit qu'il était déjà onze heures. Il se sentait irrémédiablement las et ne désirait plus qu'une chose : dormir, dormir et oublier. Et même dormir éternellement pour oublier.
« Si monsieur ne veut pas manger il ferait mieux d'aller dans ses
appartements. Il pourra s'y reposer tout à son aise. »
« Vous avez raison, répondit Sirius d'un ton fatigué. »
L'elfe mena donc Sirius à travers le château et au bout d'un bon quart d'heures, Sirius reconnut enfin l'escalier qui menait à la tour de Gryffondor. Il s'apprêtait à monter quand des voix se firent entendre. Pour la première fois de ses promenades nocturnes, il se mit à paniquer et trembla. Ce rôle de trouillard était d'habitude réservé à Peter qui s'effrayait très facilement. Mais cette fois ci, le corps et l'esprit du jeune homme avaient reçu de tels chocs qu'ils ne semblaient plus réagir correctement. Ida fut plus prompte et le saisit par la main. Un 'poc' se fit entendre et Sirius se retrouva étrangement dans l'amure qui se trouvait quelques instants avant à ses côtés, tapie dans une niche de l'escalier. Les pas se rapprochèrent et Sirius sentit son cœur battre dans sa poitrine. Il était assez grand pour voir par la visière du casque et aperçut avec étonnement le visage de son professeur de défense contre les forces du mal qui était comme à son habitude accompagné par son acolyte, le professeur Prenzweller.
« Je me demande où il a bien pu passer, chuchota la jeune femme, une
pointe d'agacement dans la voix. »
« Ecoute, Kathia, c'est tout à fait normal qu'il se sente perturbé par la mort de sa mère... »
Sirius frémit et arrêta d'écouter pendant quelques instants. Tout son corps lui faisait mal.
« Maintenant que Black est hors-service, la mission va être
compromise. C'est une des investigatrices de cette opération. Il va
prévenir les supérieurs. »
« Crois-moi, ils sont déjà au courant. »
« Oui, c'est fort probable. »
Les paroles raisonnèrent aux oreilles de Sirius. Que voulaient dire les deux professeurs ? Les maraudeurs les soupçonnaient bien d'être des espions infiltrés mais il venait de découvrir que leur mission avait justement un rapport avec sa mère. Sa mère qui était morte dans un soi-disant accident de travail. Sirius sentit la rage monter en lui et il eut à nouveau l'envie de frapper, frapper, jusqu'à que ce cauchemar s'arrête. Mais il savait parfaitement au fond de lui-même que cela ne servirait à rien. Il serra les dents et quelques larmes roulèrent sur ses joues. Le couple s'éloigna lentement tout en continuant de parler. Sirius sentit alors à nouveau la main de l'elfe dans la sienne. Ils apparurent dans la salle commune de Gryffondor et Ida reprit la parole :
« Dépêchez d'allez vous coucher, monsieur. Nous l'avons échappé belle. »
Et elle disparut en agitant ses grandes oreilles. Sirius aurait voulu la remercier pour sa gentillesse mais n'en eut pas le temps. Il monta lentement les marches et ouvrit avec précaution la porte du dortoir. Tout le monde dormait du sommeil du juste. Le jeune homme s'approcha de son lit et commença à se déshabiller. En jetant sa chemise par terre, il remarqua un journal froissé. Il se baissa pour le ramasser et vit que la page était un article sur la mort d'un oubliator survenue pendant une mission à Sheffield. La page avait été à moitié arrachée et ses restes se trouvaient au pied du lit de son meilleur ami. James savait donc, pensa Sirius. Ce dernier recueillit les dernières onces de courage qui lui restait et se laissa tomber lourdement sur son lit. Il ferma les rideaux d'un sortilège et se mit à pleurer silencieusement.
= fin du chapitre 24 =
P.S : Je préviens tout le monde que j'ai fait un effort surhumain pour taper ce chapitre car c'était dur et en plus, je passais mes épreuves optionnelles et mes oraux du bac. Alors, j'espère recevoir une peu plus de rewiews. Je n'aime pas pleurer pour obtenir quelque chose mais pour ce moment difficile que je supporte (je parle du bac, bien sûr) et vu les efforts que j'ai fait, je souhaite un peu d'encouragements pour cette histoire.
Auteur : Elizabeth.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Résumé général de l'histoire : Septembre 1970. Après deux mois de vacances, les élèves du collège Poudlard reprennent leurs études. Mais un certain mage noir poursuit son ascension vers le pouvoir, provoquant un climat de terreur. La tension au sein de la communauté internationale magique et du ministère britannique ne cesse de grandir. C'est pourquoi certains ont décidé de lancer une action secrète qui changera à jamais la vie de quelques étudiants, en liant leurs pouvoirs et leurs vies. Le nom de code : Opération Pégasus.
Résumé du chapitre précédent : Invisible n'est pas qui croit. Alors que les maraudeurs annulent leur sortie sous forme animale, ayant repéré Mary, Lily et Julia dans la forêt, ils ne doutent pas qu'ils sont observés par Severus Rogue du haut d'une des tours du château. De retour chez les Serpentards, ce dernier cherche par tous les moyens à comprendre ce que cachent les maraudeurs. Les autres ruminent leurs vengeances : Evan Rosier contre Mary et Lily qui protègent sa sœur et Luke Travers contre la préfète de Gryffondor qui l'a battu.
Rappel des élèves étudiant à Poudlard évoqués dans les chapitres précédents (qui commencent à devenir un peu nombreux, mais c'est comme ça) :
(Je ne vous présente plus les maraudeurs ainsi que Lily et ses amies).
Lee Karine : Gryffondor, 1° année.
Rosier Clara : Gryffondor, 1° année. Sœur d'Evan.
Jorkins Bertha : Gryffondor, 5° année.
Payne Daniel : Gryffondor, 5° année, préfet et gardien. Petit ami de Mary.
Sullivan Béatrice : Gryffondor, 6° année, batteuse. Petite amie de Matthew Prewett.
Troy Julius : Gryffondor, 6° année.
Black Cassiopée : Gryffondor, 7° année, préfète en chef. Sœur de Sirius et petite amie de Lawrence Ackerley.
Brown Angéla : Gryffondor, 7° année, poursuiveuse.
McMillan Marina : Gryffondor, 7° année. Petite amie de Christopher Hindle.
Spinnet Mark : Gryffondor, 7° année, poursuiveur et capitaine. Ne supporte pas que ses joueurs fréquentent de trop près ceux des autres équipes.
Fishinger Erwann : Serdaigle, 7° année.
Ackerley Lawrence : Serdaigle, 7° année, préfet en chef. Petit ami de Cassiopée.
Nott Avery : Serdaigle, 7° année, poursuiveur. Frère jumeau d'Adela et petit amide Lily.
Abbot Agnès : Poufsouffle, 5°année.
Vinterberg Sara : Poufsouffle, 5° année.
Rogue Severus : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts.
Rosier Evan : Serpentard, 5° année, ayant rejoint le rang des mangemorts. Frère de Clara.
Travers Luke : Serpentard, 7° année, attrapeur.
Rappel des adultes ou autres personnes évoquées dans les chapitres précédents : Prenzweller Kathia : Nouveau professeur de combat, vient d'Allemagne. Semble connaître le père de Sirius. Les maraudeurs la soupçonnent d'être un agent infiltré.
Quirke Julius : Nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Les maraudeurs la soupçonnent d'être un agent infiltré.
Chapitre 24 : LA MORT EST AMÈRE
James Potter fixa avec concentration le lapin qui se trouvait devant lui et agita sa baguette. Il ferma les yeux et attendit que son sort ait fait effet. Le lapin sembla se distordre avant de se transformer en une magnifique lampe. Le jeune homme soupira et se passa la main sur le front. Il avait travaillé et avait enfin atteint le plus haut niveau demandé pour les BUSES. Le professeur McGonnagal passa dans les rangs du fond et James remarqua que Remus avait l'air encore fatigué de l'éprouvante nuit qu'il avait du passer.
« Bien, je vois que certains d'entre vous ont atteint le niveau
demandé. Il faut néanmoins continuer à travailler avec ardeur. Tous
les élèves présents dans cette classe auront leurs BUSES en
métamorphoses. »
James sentit au fond de lui la satisfaction par l'aboutissement des innombrables heures de travail qu'il avait passé en métamorphoses. Il lui faudrait travailler avec la même ardeur dans les autres matières, les BUSES approchaient et ce n'était pas le moment de relâcher ses efforts. Sirius avait lui aussi effectué le travail demandé mais Peter possédait toujours sur sa table une lampe avec une magnifique paire d'oreilles de lapin. Le professeur McGonnagal passa près de lui et s'arrêta, la mine étonnée :
« Hé bien, M. Pettigrow, il semblerait que vous ayez fait des progrès. »
James repensa en effet aux métamorphoses que Peter avait effectuées au cours de l'année et dont les premières s'étaient révélées quelque peu ratées. Néanmoins, il semblait que son entraînement à se transformer en animagus l'avait fait progresser. Le professeur Flitwick l'avait aussi complimenté sur ses résultats, ce dont Peter avait était très fier. Peu avant la fin du cours, le professeur de métamorphose rappela à ses élèves de commencer à réfléchir à la liste de matières qu'ils envisageaient de choisir en vue de leur sixième année à Poudlard. La cloche sonna et les élèves se dépêchèrent de ranger leurs affaires pour se rendre dans la grande salle et déjeuner. James s'empressa se lever et rejoignit Peter et Sirius qui était déjà dans le couloir tandis que Remus terminait de ranger ses affaires. Une fois assis à la grande table, les maraudeurs entreprirent de discuter le plus discrètement possible pour ne pas éveiller les soupçons ou les oreilles indiscrètes. Heureusement, quelques secondes années bavardaient bruyamment et leurs camarades de classe se trouvaient assez loin. Sirius entreprit de raconter à Remus ce qui s'était passé la nuit dernière et celui l'écouta avec attention.
« Vous avez une idée de ce qu'elles pouvaient faire dehors à cette heure là, demanda t'il. »
« Aucune, répliqua Peter. »
Sirius se saisit d'une part de tarte au citron qui se trouvait devant lui et s'empressa de rajouter :
« De toutes façons, je ne vois pas ce que Evans et ses copines
pourraient faire de vraiment intéressant en pleine nuit dans la forêt
interdite. »
La discussion se termina alors que Mark Spinnet passait à côté d'eux. Le capitaine de l'équipe de Quidditch était accompagné de Julius Troy et Béatrice Sullivan, deux autres joueurs de l'équipe de Gryffondor.
« Dites, Black et Potter, vous n'oublierez pas l'entraînement de
Quidditch après les cours. Il commence à dix-sept heures, je veux tout
le monde sur le terrain sans retard. C'est compris ? »
Sirius se redressa au garde à vous et fit un salut militaire.
« Compris, chef ! »
« C'est bon, repos soldat Black. Mais soyez à l'heure, répondit le capitaine, un sourire sur les lèvres. »
Et Mark Spinnet s'en alla tranquillement vers la sortie. Les maraudeurs se levèrent de table quelques minutes plus tard. Alors qu'ils passaient les larges portes de bois de la grande Salle, James aperçut tout à coup Cassiopée Black qui arrivait en courant vers eux. Elle paraissait essoufflée. Ses yeux étaient gonflés de larmes et elle n'arrivait pas à respirer calmement.
« Si... Si... Sirius... »
Ce furent les seuls mots compréhensibles qui s'échappèrent de sa bouche avant qu'elle ne s'effondre dans les bras de son frère. Sirius sembla surpris de la réaction de sa sœur. Il tenta vainement de l'interroger mais elle resta prostrée dans ses bras. Le jeune gryffondor dont l'inquiétude commençait à augmenter pensa à chercher les amis de Cassiopée.
« Ils sauront peut-être quelque chose, dit Sirius d'une voix hésitante. »
Il demanda donc à Remus de regarder si Lawrence Ackerley n'était pas dans les parages pour qu'il puisse savoir ce que sa sœur avait et qu'il la lui confie.
« Cassi', dis-moi ce qui ne va pas ? »
Le ton de Sirius devenait de plus en plus angoissé alors que sa sœur était maintenant prise d'un violent hoquet. Le bruit de ses pleurs commença à attirer les élèves qui sortaient de la grande Salle.
Un petit attroupement s'était formé et James vit enfin le serdaigle de septième fendre la foule suivi de Remus et quelques autres élèves de septième année. Le préfet en chef se précipita vers sa collègue et s'empressa à son tour de la questionner mais ce fut sans effet. Cassiopée semblait toujours en proie à une profonde souffrance. Ses membres tremblaient et elle tenait debout avec difficulté. Elle s'écarta néanmoins et tendit à Sirius ce qui semblait être un parchemin froissé qu'elle serrait convulsivement dans sa main droite.
« Si'... Tu dois... Lire cette... Lettre... »
Lawrence la prit dans ses bras pour tenter de la calmer. Sirius sentit une vague d'appréhension l'envahir en défroissant le papier. Un reste de cachet de cire bleu tenait encore une partie de la lettre. Le blason des Black, nota James qui s'était rapproché de Sirius. Ce dernier commença à lire et tout-à-coup laissa glisser le morceau de parchemin de ses doigts. Son visage était sans expression et il se tourna lentement vers sa sœur qui sanglotait toujours dans les bras de son petit ami. L'attroupement qui s'était formé était de plus en plus compact.
« Cassi', dis-moi que ce n'est pas vrai. S'il te plait, dis-moi que c'est faux. Je t'en pris... »
La voix de Sirius était faible, comme un souffle. Cassiopée releva sa tête et ses longs cheveux noirs encadrèrent son beau visage. Ses lèvres s'entrouvrirent et elle articule avec difficulté.
« Si, Sirius. C'est la vérité. »
Sirius resta immobile sans bouger, le regard dans le vague et pour la première fois, James se demanda ce qui avait bien pu ébranler de manière si violente Cassiopée et Sirius. James avait toujours considéré Sirius et Cassiopée comme deux personnes avenantes qui prenaient toujours la vie du bon côté. Il était donc plutôt étonné de voir Cassiopée s'effondrer en public et son meilleur ami paralysé de la sorte.
De la gauche alors vint un son de voix moqueur. James se retourna et vit les serpentards de cinquième année attroupés. Remus s'avança à son tour. Evan Rosier était en tête et un magnifique sourire railleur s'étirait sur ses lèvres. Pourtant, ce n'était pas lui qui riait. Non, c'était Rogue.
« Hé bien, Black ? Qu'est ce qui ne va pas ? Tu vas te mettre à
pleurer comme ta frangine ? Quand je pense qu'elle est préfète en chef
et qu'elle pleurniche comme une gamine, ce n'est vraiment pas digne. »
« Je ne te permets pas de dire de telles horreurs, sale Serpentard. »
Angela Brown qui se trouvait à côté de Peter fit un pas et s'apprêtait à gifler Severus quand une main l'arrêta dans sa lancée. Luke Travers, un septième année de Serpentard, relâcha sa main. Il était étonnant de voir la toute petite poursuiveuse de Gryffondor arrêtée par l'immense attrapeur de Serpentard.
« Allons, Brown. Je pense que si ta copine ne se défend pas, c'est que les insultes sont justifiées. »
La tension montait lentement entre les deux groupes : gryffondors et serdaigles de septième année attroupés contre les serpentards qui paraissaient trouver la situation extrêmement cocasse. Les autres élèves semblaient désirer rester neutres, craignant que la situation dégénère sous peu. Ce fut Rogue qui reprit la parole, toujours en riant.
« Black, ta mère n'avait pas qu'à aller fouiner dans ce qui ne la
regardait pas. Tu sais très bien ce qui arrive quand on va fourrer son
nez dans les affaires des autres. »
Personne ne sembla comprendre les paroles du jeune homme mais Sirius ne resta pas sans réaction. Il sauta littéralement à la gorge de l'arrogant Serpentard et entreprit de le frapper de toutes ses forces. James ne tenta même pas de l'en empêcher, ni même Remus qui n'appréciait habituellement pas que l'on se batte, même contre des Serpentards
« Mais écartez-vous, bon sang. Qu'est ce qui ce passe ici ? »
Le professeur McGonnagal apparut et sembla furieuse quand elle aperçut les deux garçons à terre, toujours entrain de se battre. Elle se précipita vers eux pour tenter de les arrêter mais sans succès.
« Vous allez arrêter, oui ? Hagrid, venez m'aider, vite ! »
Le géant dispersa la foule qui s'écarta sur son passage tandis que McGonnagal reculait. Il saisit Sirius par les épaules et arracha le serpentard des mains du jeune gryffondor. Sirius tenta désespérément de se jeter sur son ennemi mais cette fois-ci, deux septième années l'en empêchèrent. James voulut s'approcher de son meilleur ami mais alors que McGonnagal approchait, le visage déformé par la colère, Sirius dégaina sa baguette et se mit à hurler.
« Je t'aurais, Rogue. Tu payeras pour ce que tu as dit et ce que ceux
de ton espèce ont fait. Je te jure sur l'honneur des Black que
j'aurais ta peau ! »
« Dis plutôt sur ce qui reste des Black ! »
Rogue parvint maladroitement à sourire mais s'arrêta, étant donné la souffrance qui se lisait sur son visage. Son visage était en sang et il tenta vainement de l'éponger. Sirius s'arracha à l'étreinte des septièmes années à l'aide d'un bon coup de coude et s'enfuit en courant vers la sortie. McGonnagal reprit son apparence sévère et ordonna aux élèves de se disperser, ce qu'ils firent en maugréant après que le professeur de métamorphose ait menacé l'assemblée d'une semaine de retenue. Elle se tourna vers Hagrid à qui elle ordonna d'emmener Rogue à l'infirmerie. Une fois qu'ils furent partis, elle se tourna vers Cassiopée qui pleurait toujours dans les bras de Lawrence.
« Melle Black, pouvez-vous m'expliquer ce qui se passe ? »
La préfète en chef ne bougea pas et son petit ami parut gêné. James se pencha pour ramasser le parchemin qui était la cause de tant d'émotions.
« Professeur, je pense qu'il faut que vous lisiez ça. »
« Merci, Potter, répondit-elle d'un ton sec. »
La femme repoussa ses lunettes rectangulaires sur son nez et se mit à lire la lettre. Elle s'arrêta au bout de quelques lignes et parut, elle aussi, fort troublée. Ses doigts serrèrent le papier, les traits de son visage se brouillèrent et elle finit par fourrer la lettre dans la poche de sa robe.
« Bon, étant données les circonstances, Ackerley, vous allez ramener
Melle Black dans son dortoir. Mlles McMillan et Brown, vous veillerez
sur elle. J'enverrai madame PomFresh à son chevet quand elle aura fini
de soigner M. Rogue. »
Chacun quitta l'entrée et James vit les septièmes années grimper les grands escaliers, Ackerley portant Cassiopée dans ses bras. Il ne restait plus dans le hall que Remus, Peter et lui ainsi que le professeur de métamorphose.
« Quant à vous, messieurs, je vous demanderai de retrouver Black avant
qu'il ne fasse une bêtise. Etant donné son caractère... »
Le professeur se retourna et partit à vive allure dans un couloir, les trois maraudeurs restant seuls dans le hall.
Lily avança timidement vers Avery, le regard rivé sur le sol Il était venu pour eux le temps de la séparation. C'était triste mais c'était ainsi. Ses mains entortillaient le bord de son pull-over. Elle prit en définitive son courage à deux mains et releva la tête. Avec son visage un peu penché sur le côté et ses grands yeux verts, la préfète de gryffondor était à en tomber.
« Avery, je crois que j'ai quelque chose à t'annoncer, murmura la petite voix timide de la jeune fille « Hé bien, parle, Lily. Je t'écoute. »
Elle ne sut jamais trop comment les mots réussirent à passer le seuil de ses lèvres. Elle s'entendit se confondre en excuses, cherchât pitoyablement à expliquer son acte. Mais finalement, ce fut Avery qui l'arrêta. Le serdaigle la serra dans ses bras, sentant que le moment qu'il vivait mettait fin à leur relation. Il la sentit pleurer sur son épaule mais si elle le nia. Il sourit tendrement.
« Tus sais, Lily. Ce n'est pas parce que cela se fini qu'il faut être
triste. Pense, au contrainte, à toutes les bonnes choses que nous
avons vécues ensemble. »
Et il lui raconta leurs promenades autour du lac, leurs rendez-vous à Pré- au-Lard, ainsi que les innombrables détails amusants tels que la fois où Erwann Fishinger avait fait une superbe imitation des professeurs et avait fini à quatre pattes par terre, mort de rire par ses propres pitreries. Le poursuiveur passa sa main dans les cheveux flamboyants de Lily, sentant encore quelques instants leur douce odeur. Et elle remonta son beau visage vers lui qui ne put s'empêcher de sourire. Il l'embrassa tendrement une dernière fois et leur étreinte se relâcha, leur bras s'éloignant irrémédiablement.
« Il est venu le temps pour toi, Lily, de trouver quelqu'un de ton âge. J'espère que tu seras heureuse. Et puis, tu peux toujours venir me parler. Cela ne nous empêche pas de rester amis. »
« Bien sur, murmura la gryffondor. »
Et Avery s'en alla, se retournant une dernière fois pour lui faire un clin d'œil malicieux qui la fit sourire. La haute silhouette du jeune homme disparut au tournant d'un couloir et cela se termina de cette manière. La jeune fille resta encore quelques instants à rêvasser mais fut tirer de ses pensées par la cloche qui retentit sourdement, annonçant la reprise des cours. Dans les couloirs, les discussions allaient bon train. Lily croisa Sara Vinterberg et Agnès Abbot dont la conversation prenait de l'ampleur. Agnès se retourna, ses cheveux dans les yeux et fit signe à Lily de les rejoindre.
« Alors, vous l'avez retrouvé, demanda t'elle, tout excitée. »
« Retrouvé qui ? »
« Mais Sirius Black, pardi ! »
« Je ne savais qu'on l'avait perdu, déclara Lily stoïque, les bras croisés. Enfin une bonne nouvelle ! » Sara parut choquée et Lily lut un court instant de la surprise sur le visage de l'autre Poufssoufle.
« Dis-moi, Lily, tu n'aurais pas raté quelque chose ? Parce que ce
n'est pas trop ton genre de te moquer des gens même des maraudeurs
dans ce genre de situation. »
« Mais quelle situation, demanda Lily que l'ignorance commençait à irriter. »
« Et bien, Beltégueuse Black, la mère de Sirius est morte ce matin. »
Lily reçut le choc en plein estomac. Agnès lui raconta comment Sirius était devenu fou dans le hall et comment Cassiopée Black, la préfète en chef avait été meurtrie par la mort de sa mère.
« Et il a disparu, la baguette à la main. Tout ce que je sais de plus,
c'est que McGonnagal a demandé aux trois autres de le chercher. »
« Ils ne le trouveront pas, déclara froidement Sara. »
« Et comment tu sais ça, questionna Agnès la mine étonnée. »
« Black a beau paraître fort, il ne l'est pas pus que quiconque. Il
s'est mis dans un coin et va ruminer son chagrin jusqu'à qu'il puisse
le surmonter et réapparaîtra quand il pourra à nouveau paraître à son
habitude. »
« Dis-donc, fine analyse, minauda sa camarade. Tu ne passerais pas ton
temps à l'observer, par hasard ? »
Sara haussa les épaules.
« Tu crois vraiment que je n'ai rien de mieux à faire ? »
Lily laissa finalement les deux filles qui rentrait en cours d'histoire de la magie et se dépêcha de retrouver sa salle.
La porte claqua avec violence sur le passage du gryffondor. Sirius dans sa course passa à travers un fantôme vêtu d'un étrange chapeau, ce qui sembla néanmoins ne déranger ni l'un ni l'autre. Comment cela pouvait-il être vrai ? Comment Beltégueuse Black pouvait-elle être morte dans un accident de travail ? Sirius avait reconnu l'écriture hachurée de son père à l'encre bleue sombre. Sa main avait du trembler en écrivant les lignes que ses enfants liraient. Arrivé devant un sombre rideau rouge poussiéreux, Sirius l'ouvrit d'un mouvement brusque et s'engouffra dans la petite pièce exiguë qui s'offrait à lui. Il se jeta sur ce qui semblait être un tas de couverture et seulement après avoir pris la peine de fermer le rideau à l'aide d'un sort, il laissa tomber lourdement sa tête contre la laine qui sentait le moisi. Peu lui importait, cela ne pouvait pas être vrai. Comment ? Mais comment donc cela était-il arrivé ?
Pour Sirius, sa mère avait toujours été une femme forte autant en magie qu'en caractère. Elle ne pouvait être morte. Pour un enfant, ses parents sont immortels. Ce sont des dieux qu'il adule dans son enfance et surpasse dans la vie. Les larmes coulaient sur le visage du garçon, trempant le morceau de couverture bleue sur laquelle il s'était jeté. Sirius sentait son esprit plus vide que tout. Il était perdu à travers les méandres de la souffrance et du désespoir. Il se recroquevilla, enserrant son corps de ses bras. Maintenant qu'il était seul, personne ne serait plus jamais là pour le serrer dans ses bras, lui demander de ranger sa chambre (ce qu'il faisait en un bon coup de baguette magique ou en compressant tout sous son lit), le gronder pour son sale caractère et ses blagues auxquelles tout le monde finissait par rire. Non, jamais, plus jamais, il n'entendrait le doux son de la voix de sa mère, son doux parfum d'amande amère dont il avait souvent apprécié l'odeur quand il était petit et qu'il se blottissait dans les bras de sa mère. Dans sa souffrance et sa tristesse, Sirius entrevit dans son imagination un visage se former, celui de Beltégueuse Black. Ses yeux bleu cendres et ses courtes mèches de cheveux noirs qu'elle ne prenait bien souvent pas la peine d'attacher, les laissant chatouiller ses épaules. Oui, Beltégueuse Black, Oubliator de première classe venait d'être tuée dans un accident du travail. Orion Black n'avait pas donné de détails, de toutes façons, Sirius avait été trop bouleversé pour prêter attention à quoi que ce soit. Son esprit s'était arrêté quand les douloureux mots s'étaient remis dans le bon ordre. Tout avait alors disparu. Il n'avait plus prêté attention à rien ni personne. Il était seul, seul, désespérément seul.
Il renifla péniblement et se retourna vers le mur blanchâtre. La cloison de plâtre devait séparer la mansarde d'une autre pièce. En s'appuyant sur ses mains, il ressentit en plus de la douleur mentale la douleur physique. Son corps tremblait, agité de frissons glacés qui glissaient le long de son échine. Son coude était douloureux, certainement le coup qu'il avait donné aux septièmes années. Il effleura son visage et sentit un filet de sang sur sa joue gauche. Ce salaud de Rogue avait du le griffer. Il l'essuya d'un geste rageur et appliqua sa main sur le mur. En l'ôtant, il aperçut la trace réelle de la douleur. Ce sang rouge, écarlate suintant sur le mur tranchait impitoyablement contre la blancheur de la cloison, le rappelant violemment à la réalité. Oui, ils paieraient. Ceux qui les faisaient souffrir, lui et les siens paieraient pour cela. Rogue tout d'abord pour s'être moqué de lui dans sa détresse et pour les paroles insultantes qu'il avait prononcées. On doit respecter le souvenir des morts. Sa mère était une grande femme, une puissante sorcière, elle avait réglé nombre de problèmes. Non, elle n'était pas une grande femme, elle avait été une grande femme. Sirius frappa de son poing le mur. Il se mit à frapper en cadence de plus en plus vite, le supplice que lui procuraient les articulations de ses mains ne l'arrêtant même pas. Il ressentait cette douleur dans chaque fibre de son corps, jusqu'au plus profond de lui-même. Il pensa alors à sa sœur, désespérée par la mort de leur mère, qui pleurait toutes les larmes de son corps sans parvenir à s'arrêter puis à son père. Dans quel état devait-il être ? Sirius ne pouvait l'imaginer. C'était lui qui avait dit quand la grand-mère de Sirius était morte, qu'il fallait accepter la mort. Sirius avait eu beaucoup de tristesse de la disparition de Capella Black. Son père l'avait pris par la main et lui avait expliqué que les morts ne disparaissent jamais. 'Tant qu'on pense à eux, qu'on se bat pour eux, ils restent éternellement blottis dans nos cœurs sans que le temps ne puissent les en effacer.' Pourtant, à cet instant, ces paroles lui parurent totalement dépourvues de sens. Et finalement, il laissa son poing appuyé contre le mur, en pleurant amèrement.
« Maman, pourquoi es-tu partie ? »
Sa voix était entrecoupée de sanglots. La fatigue finit par l'emporter et Sirius s'affala sur le sol, sang, sueur et pleurs se mêlant sur son visage.
James suivit Remus qui ouvrait le marche dans un escalier, suivi de Peter. Ils l'avaient cherché sans succès dans les quartiers de Gryffondor (où il y avait beaucoup trop de monde pour quelqu'un de désespéré), dans la bibliothèque (chose peu probable lorsqu'on connaissait Sirius, mais bon, on ne savait jamais), parmi les couloirs principaux et à la volière.
Ils dépassèrent lentement le portrait d'un vieil homme aigri qui grogna sur leur passage. Remus avait pensé aux pièces dans lesquelles les maraudeurs avaient l'habitude de se retrouver. Parmi elles, il y avait celle du second étage qui se trouvait près d'un miroir baroque. Malheureusement, la salle était désespérément vide. Aucunes traces de Sirius. Ils continuèrent à déambuler dans les couloirs et croisèrent quelques élèves à qui ils demandèrent s'ils n'avaient pas vu Sirius. Personne ne put les renseigner.
« Je me demande où il a bien pu passer, murmura Peter. »
« Moi, ce qui m'inquiète surtout, c'est le contenu de cette lettre.
Elle ébranle tous ceux qui la lisent. Même McGonnagal avait l'air
troublé quand elle l'a lue. »
« C'est pourtant vrai, approuva Remus en repoussant d'un charme les
bords d'un tapis enchanté qui envisageait de le faire tomber. »
James profita qu'ils s'étaient arrêtés pour nettoyer ses lunettes. Peter se baissa pour refaire son lacet de chaussures.
« Connaissant Sirius, je pense qu'il s'est mis dans un coin et qu'il
réapparaîtra quand il le désirera. De toutes façons, on ne va pas
pouvoir passer l'après-midi à le chercher. Il nous faut aller en
cours. »
« James, toi qui connais assez bien la mère de Sirius, est-ce qu'elle a eu des ennuis il y a peu ? »
James se retourna vers Remus dont le regard était pensif.
« Non, pas à ma connaissance. »
« Et pourquoi est ce-que Rogue semblait savoir de quoi parlait la
lettre de Sirius, demanda Peter d'un ton naïf. »
« C'est une très bonne question, Peter. »
Le petit groupe se remit en marche et tourna dans un couloir sur leur gauche. Une fée ailée aux longs cheveux bleus électriques les suivit à travers les tableaux.
« Le plus inquiétant est que ce qui est arrivé à Mme Black doit
certainement être terrible pour que Sirius et Cassiopée pleurent de
cette façon, continua Remus toujours entrain de réfléchir en ce
frottant le menton. »
« Tu ne crois tout de même pas que..., commença James. »
Mais il fut interrompu par la jolie fée qui lui fit un petit signe de la main.
« Messieurs, je vous prie d'excuser mon intrusion dans cette
conversation mais je crois que je peux vous aider. J'ai entendu deux
élèves discuter sur l'accident qui est arrivé. Ils tenaient à la main
une édition matinale du Chroniqueur Enchanté. Vous pourrez
certainement trouver les informations que vous cherchez dedans. »
James parut surpris mais Remus remercia poliment la petite fée qui lui promit de lui rendre service dès qu'il le désirerait. Elle fit une pirouette et s'envola dans un paysage de campagne verdoyante.
Pendant le cours d'enchantements, James essaya de se souvenir des personnes susceptibles d'être abonnées au Chroniqueur Enchanté. Les cours de l'après- midi passèrent lentement et James ne put s'empêcher de penser à son meilleur ami qui devait être quelque part dans le château au bord du désespoir.
A cinq heures après avoie enfilé sa tenue écarlate de Quidditch, il prit sans envie le manche de son balai et partit sur le terrain accompagné de Daniel Payne qui tenta de savoir ce qu'avait Sirius pour être absent. Mais James ne put lui répondre. Ils parvinrent aux vestiaires et trouvèrent Julius Troy et Béatrice Sullivan qui avaient déjà enfilé leurs protections. Sur le terrain, Mark Spinnet paraissait contrarié de ne pas avoir son équipe au complet. Angela Brown, la poursuiveuse de l'aile droite, devait être restée avec Cassiopée et bien sûr, Sirius était absent. Finalement, au bout de dix minutes de jeu, Mark était de très mauvaise humeur.
« Impossible de faire un bon entraînement dans ces conditions ! On arrête là ! »
James amorça donc sa descente et une fois à terre, Mark lui lança sur un ton méchant :
« Potter, tu diras à Black que s'il se moque encore de moi de cette
façon en ratant l'entraînement, la place de batteur ne sera plus à
prendre quand il reviendra pour le prochain match. »
A ce moment là, Béatrice s'approcha du capitaine de l'équipe et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Le septième année de gryffondor blêmit et secoua la tête. James se dépêcha de rentrer pour dîner. Peter et Remus l'attendaient devant la salle commune.
« Toujours pas de nouvelles de Sirius, demanda James qui connaissait déjà la réponse. »
« Non, répondit Remus. »
Le trio s'assit sur un des bancs de la table des gryffondors. Cassiopée Black n'était pas là non plus, elle avait du rester dans sa chambre. James n'eut pas très faim et ils partirent parmi les premiers de la grande salle. Une fois arrivés devant le portrait de la grosse dame en rose, Peter récita le mot de passe.
« Mahô maryoku. »
Le portrait pivota et James laissa passer deux petites filles de premières années qui couraient en rigolant. Dans la salle commune, tout était assez calme. Des élèves de deuxième et troisième années discutaient joyeusement. Bertha Jorkins devait rédiger un devoir car elle louchait avec difficulté sur un parchemin couvert de gribouillis. James s'approcha de la cheminée et s'assit dans un fauteuil. Remus le rejoignit peu après, un livre dans les mains.
« Encore entrain de lire, Remus ? »
« Comme tu peux le voir, oui. Ça m'empêche de me torturer l'esprit comme tu le fais. »
Une voix féminine troubla la réflexion de James. Lily Evans, la préfète de Gryffondor, grondait gentiment les deux petites filles qui avaient bousculé les garçons en entrant dans la salle commune.
« Dites-donc, les chipies, vous ne devriez pas être couchées à cette heure-là ? »
« Il n'est pas tard, juste dix heures, déclara une petite fille noire avec des tresses et des yeux réglisse. »
« Et bien, justement ! Allez, Clara et Karine ! Sinon, je me fâche et Gryffondor perdra dix points ! »
Elles se mirent à rire et se sauvèrent en montant les escaliers quatre à quatre. Fatigué, James se leva et commença à se diriger vers son dortoir quand il vit une jeune fille qui lisait un journal. Par curiosité, il s'approcha et vit qu'elle lisait le dernier numéro du Chroniqueur Enchanté.
« Excuse-moi, pourrais-je t'emprunter ce journal un instant ? »
La jeune fille releva la tête et lui sourit en lui tendant le journal.
« Bien sur ! D'ailleurs, je te le laisse, j'ai fini de le lire. »
« C'est très aimable à toi. »
James s'appuya confortablement contre le mur recouvert d'une tapisserie rouge. Il regarda la couverture qui présentait une photo qui montrait le stade de Birmingham en liesse avec la victoire écrasante des Pies de Montrose sur les Orgueilleux de Portree. Pourtant, en dessous, des caractères d'imprimerie titraient l'accident d'une troupe ministérielle d'oubliators ainsi que la mort mystérieuse d'un des envoyés en mission dans un quartier résidentiel de Sheffield. James ouvrit le journal à la page trois et commença à lire fébrilement l'article, sachant très bien ce qu'il allait y trouver
Quand il se revient à lui, il ne sentit rien. Ni la douleur, ni même le froid qu'on pourrait s'attendre à trouver dans une mansarde du château. Il n'ouvrit tout d'abord pas les yeux, sachant que ce qu'il verrait le ramènerait à la réalité. Il palpa d'une main malhabile les plaies qu'il s'était faites en frappant le mur et fut étonné de sentir comme un bandage. Il ouvrit les yeux et se redressa prestement en grimaçant à cause de la douleur qu'il ressentait à la hanche droite. Le jeune homme s'aperçut qu'on avait pris la peine de le couvrir d'une couverture propre. Une chaleureuse lumière éclairait la petite pièce et Sirius vit devant lui une petite créature aux longues oreilles pointues dressées sur la tête. Elle portait un étrange tablier frappé aux armes de Poudlard. Sirius se frotta les yeux pour voir s'il ne rêvait pas.
« Vous vous êtes enfin réveillé ! Ida a veillé sur vous pendant votre
sommeil, déclara l'elfe de maison d'une petite voix aigrelette et
haute perchée. »
« Que... Que voulez-vous dire par mon sommeil ? »
« Cela fait au moins huit heures que vous dormez, Monsieur. »
Sirius qui semblait ne pas en revenir s'assit finalement en appuyant son dos contre le mur.
« Huit heures ! Mais comment m'avez-vous trouvé ? »
« Ida habite la mansarde à coté et Ida a cru que le château
s'écroulait. Mais ce n'était que monsieur qui frappait de toutes ses
forces contre le mur. Une fois que monsieur a eu fini, Ida est venue
voir et a trouvé monsieur étendu par terre, tout plein de sang. »
A ce souvenir, Sirius fit une grimace.
« Et ensuite, demanda t'il. »
« Ida a soigné monsieur et lui a amené une couverture pour qu'il
n'attrape pas froid. Maintenant, si monsieur a faim, Ida peut aller
chercher quelque chose à manger. »
Sirius ne savait que répondre la proposition de l'elfe de maison était sympathique mais il n'était pas sûr que son estomac supporte de la nourriture.
« Ecoutez, je ne sais... »
« Ne bougez-pas, Ida a compris et revient tout de suite. »
L'elfe claqua des doigts et disparut dans un nuage d'étincelles et de fumée opaque. Sirius relâcha la tension de son corps et en réfléchissant, réalisa qu'il n'était normalement impossible de transplaner dans l'enceinte de Poudalrd, ce que Remus leur avait répété de nombreuses fois depuis leur première arrivée. Il n'eut heureusement pas le temps de se remettre à penser car Ida apparut à nouveau avec un plateau dans les mains. Une odeur alléchante s'en échappait. L'elfe s'approcha et déposa le plateau à côté de Sirius qui saisit une fourchette dans la main mais ne put aller plus loin. Comme il n'y attendait, son estomac se souleva et il se redressa précipitamment. L'elfe parut étonnée mais ne fit pas de commentaires. Sirius essuya sa bouche et en regardant sa montre, vit qu'il était déjà onze heures. Il se sentait irrémédiablement las et ne désirait plus qu'une chose : dormir, dormir et oublier. Et même dormir éternellement pour oublier.
« Si monsieur ne veut pas manger il ferait mieux d'aller dans ses
appartements. Il pourra s'y reposer tout à son aise. »
« Vous avez raison, répondit Sirius d'un ton fatigué. »
L'elfe mena donc Sirius à travers le château et au bout d'un bon quart d'heures, Sirius reconnut enfin l'escalier qui menait à la tour de Gryffondor. Il s'apprêtait à monter quand des voix se firent entendre. Pour la première fois de ses promenades nocturnes, il se mit à paniquer et trembla. Ce rôle de trouillard était d'habitude réservé à Peter qui s'effrayait très facilement. Mais cette fois ci, le corps et l'esprit du jeune homme avaient reçu de tels chocs qu'ils ne semblaient plus réagir correctement. Ida fut plus prompte et le saisit par la main. Un 'poc' se fit entendre et Sirius se retrouva étrangement dans l'amure qui se trouvait quelques instants avant à ses côtés, tapie dans une niche de l'escalier. Les pas se rapprochèrent et Sirius sentit son cœur battre dans sa poitrine. Il était assez grand pour voir par la visière du casque et aperçut avec étonnement le visage de son professeur de défense contre les forces du mal qui était comme à son habitude accompagné par son acolyte, le professeur Prenzweller.
« Je me demande où il a bien pu passer, chuchota la jeune femme, une
pointe d'agacement dans la voix. »
« Ecoute, Kathia, c'est tout à fait normal qu'il se sente perturbé par la mort de sa mère... »
Sirius frémit et arrêta d'écouter pendant quelques instants. Tout son corps lui faisait mal.
« Maintenant que Black est hors-service, la mission va être
compromise. C'est une des investigatrices de cette opération. Il va
prévenir les supérieurs. »
« Crois-moi, ils sont déjà au courant. »
« Oui, c'est fort probable. »
Les paroles raisonnèrent aux oreilles de Sirius. Que voulaient dire les deux professeurs ? Les maraudeurs les soupçonnaient bien d'être des espions infiltrés mais il venait de découvrir que leur mission avait justement un rapport avec sa mère. Sa mère qui était morte dans un soi-disant accident de travail. Sirius sentit la rage monter en lui et il eut à nouveau l'envie de frapper, frapper, jusqu'à que ce cauchemar s'arrête. Mais il savait parfaitement au fond de lui-même que cela ne servirait à rien. Il serra les dents et quelques larmes roulèrent sur ses joues. Le couple s'éloigna lentement tout en continuant de parler. Sirius sentit alors à nouveau la main de l'elfe dans la sienne. Ils apparurent dans la salle commune de Gryffondor et Ida reprit la parole :
« Dépêchez d'allez vous coucher, monsieur. Nous l'avons échappé belle. »
Et elle disparut en agitant ses grandes oreilles. Sirius aurait voulu la remercier pour sa gentillesse mais n'en eut pas le temps. Il monta lentement les marches et ouvrit avec précaution la porte du dortoir. Tout le monde dormait du sommeil du juste. Le jeune homme s'approcha de son lit et commença à se déshabiller. En jetant sa chemise par terre, il remarqua un journal froissé. Il se baissa pour le ramasser et vit que la page était un article sur la mort d'un oubliator survenue pendant une mission à Sheffield. La page avait été à moitié arrachée et ses restes se trouvaient au pied du lit de son meilleur ami. James savait donc, pensa Sirius. Ce dernier recueillit les dernières onces de courage qui lui restait et se laissa tomber lourdement sur son lit. Il ferma les rideaux d'un sortilège et se mit à pleurer silencieusement.
= fin du chapitre 24 =
P.S : Je préviens tout le monde que j'ai fait un effort surhumain pour taper ce chapitre car c'était dur et en plus, je passais mes épreuves optionnelles et mes oraux du bac. Alors, j'espère recevoir une peu plus de rewiews. Je n'aime pas pleurer pour obtenir quelque chose mais pour ce moment difficile que je supporte (je parle du bac, bien sûr) et vu les efforts que j'ai fait, je souhaite un peu d'encouragements pour cette histoire.
