Alors, comment allez-vous depuis la dernière fois ? Apparemment, mon chapitre a plu à pas mal de personnes. Pourtant, je trouvais que je ne l'avais pas assez travaillé. En tout cas, ça fait plaisir de recevoir vos messages. Continuez ! On se fait une petite séance de remerciements :

Didinette 20 (ça fait plaisir d'être lue par des personnes qui
écrivent eux aussi).

Shetane (ouais, moi aussi je trouve que Line et James déchirent. Mais
notre héros devrait un peu moins paraître à son avantage dans ce
chapitre).

Fanny 44(voilà la suite, j'espère que ça te passionnera autant).

Beru ou Bloub (tu sais que c'est pas bien de lire des fics sans
rewiever. Mais bon, puisque tu l'as fait, tu es pardonné. Pour la
peine, je vais continuer cette histoire).

Bon, maintenant, je préviens tout le monde. Cette histoire touche à sa fin. Si mes calculs sont bons, elle comptera 30 chapitres. J'espère les poster avant de partir en vacances, c'est à dire au plus tard fin juillet. Mais ne pleurez pas, la suite est déjà en route. Vous ne pensiez pas que j'allais m'arrêter en si bon chemin. Et comme personne ne m'a encore demandé d'arrêter le massacre...

Titre : Opération Pégasus.

Auteur : Elizabeth.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Résumé général de l'histoire : Septembre 1970. Après deux mois de vacances, les élèves du collège Poudlard reprennent leurs études. Mais un certain mage noir poursuit son ascension vers le pouvoir, provoquant un climat de terreur. La tension au sein de la communauté internationale magique et du ministère britannique ne cesse de grandir. C'est pourquoi certains ont décidé de lancer une action secrète qui changera à jamais la vie de quelques étudiants, en liant leurs pouvoirs et leurs vies. Le nom de code : Opération Pégasus.

Résumé du chapitre précédent : Lors d'un cours de potions pendant lequel serpentards et gryffondors sont mélangés, Sirius se retrouve avec Rogue. Il en profite pour se venger et envoie Rogue dans la cabane hurlante pendant la pleine lune. James qui entre temps, a appris ce que Sirius manigançait, sauve au péril de sa vie le serpentard. Convoqué ensuite dans le bureau de Dumbledore, celui lui explique qu'on ne peut faire justice soi-même. James tente vainement de savoir ce que veut dire le directeur mais finalement il se retrouve à dormir dans la salle commune, trop tourmenté de devoir affronter Sirius qui risque l'exclusion

Rappel des élèves étudiant à Poudlard évoqués dans les chapitres précédents (qui commencent à devenir un peu nombreux, mais c'est comme ça) :

(Je ne vous présente plus les maraudeurs ainsi que Lily et ses amies).

Darcey Line : Gryffondor, 5° année, élève venant de France. Sœur jumelle de David, elle raconte différentes versions sur ses parents à ceux qui lui demandent des détails sur sa famille. Elle est assez douée en magie.

Payne Daniel : Gryffondor, 5° année, préfet et gardien.

Perkins Kévin : Gryffondor, 5° année.

Rappel des adultes ou autres personnes évoquées dans les chapitres précédents :

Brocklehurst Ignatus : Professeur de potions et directeur de Serpentard.

Prenzweller Kathia : Nouveau professeur de combat, vient d'Allemagne. Semble connaître le père de Sirius. Les maraudeurs la soupçonnent d'être un agent infiltré.

Quirke Julius : Nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Les maraudeurs la soupçonnent d'être un agent infiltré.

Chapitre 26 : Magie élémentaire.

Julia surveillait la fin de la cuisson de la potion en touillant le contenu du chaudron tandis que Mary et Lily avaient fait la liste de ce qu'il leur fallait. Les trois jeunes filles s'étaient installées dans une des vieilles salles de cours du troisième étage. Plus personne ne devait y avoir mis les pieds depuis plusieurs décennies étant donné l'épaisseur de la couche de poussière qui recouvrait les meubles. Lily reposa sa plume et tendit le parchemin à Mary qui l'examina avec attention.

« Dis-moi Lily, où comptes-tu trouver un chêne, un bouleau et un hêtre qui forment un triangle, demanda la jeune fille sur un ton hésitant. »

« Ne t'inquiète pas pour ça. J'ai repéré un endroit pendant le cours de soins aux créatures magiques. De plus, il se trouve un peu à l'écart. Ça nous évitera d'attirer l'attention. »

« Bien, nous avons donc trois coupes en argent que nous avons empruntées et pour le pieu ? »

« J'en ai pris un dans la réserve de matériel. Quand quelqu'un s'en apercevra, nous aurons depuis longtemps fini nos études. »

Julia reposa la louche et laissa le contenu du chaudron continuer de bouillir dans la cheminée. Lily sortit de sa sacoche un pieu en bois qu'elle posa sur la table.

« Il faut graver des runes dessus, tu le fais, demanda t'elle en se tournant vers Mary. »

« D'accord, répondit la jeune fille qui se saisit du fin coutelas en argent que lui tendait Lily. »

Mary commença à graver le bois avec application, jetant parfois un coup d'œil sur le schéma sur lequel elle avait noté des symboles. Pendant ce temps, Lily aida Julia à rajouter la sève de genévrier. Le dosage se devait d'être parfaitement précis sinon la potion serait inutilisable. Enfin, elle laissa tomber les pétales maintenant desséchés de largyrel au-dessus du contenu du chaudron. Cependant, ils ne semblèrent pas se dissoudre dans le liquide et Lily commença à se demander si elles n'avaient fait une erreur. Mais alors qu'elle penchait son visage au-dessus du foyer, une bouffée étrange souffla dans ses cheveux et elle vit le liquide virer à une magnifique couleur argentée. Elle redressa sa tête, un large sourire sur les lèvres :

« Je crois que la potion est finie. »

« Très bien, nous allons la mettre dans les fioles, continua Julia en prenant une fiole de cristal qui devait appartenir à son nécessaire de potion. »

Le réveil se mit à mugir sur sa table de nuit et un bras jaillit de sous la couette, attrapa l'empêcheur de dormir en paix et l'envoya à travers la chambre. Lily Evans marmonna sous ses couvertures et finalement sortit la tête du pays des rêves. Mary et Julia avaient apparemment tout autant de mal à se lever qu'elle. Il fallait dire que cela faisait une semaine qu'elles passaient leurs nuits à surveiller leur potion et terminer leurs préparatifs. Le matériel avait été réuni et elles avaient pris soin de vérifier chaques détails. Néanmoins, cela leur avait demandé énormément de temps qu'elles avaient évidemment trouvé sur leurs heures de sommeil. Mais tout cela serait bientôt fini. Ce soir, elles sauraient si leur projet réussirait. Lily espérait de tout cœur que cela lui apporterait ce qu'elle désirait. Depuis qu'elle avait appris qu'elle appartenait au monde de la magie, Lily Evans avait découvert que l'on pouvait en faire des choses étonnantes. Mais de nombreuses personnes utilisaient leurs potentiels à mauvais escient, faisant souffrir les plus faibles. Et la préfète ne voulait pas faire parti de ceux qui doivent subir en silence, priant et implorant que cela cesse de soi-même. Non, elle désirait plus de pouvoirs pour faire face à l'adversité et défendre les gens autour d'elle ceux qu'elle aimait. Et d'après les paragraphes qu'elle avait lus dans la livre d'e magie ancestrale, ces forces élémentaires étaient très puissantes et décuplaient celle de leurs détenteurs, lui conférant ainsi une quasi- suprématie. La préfète de Gryffondor se leva donc péniblement, les cheveux épouvantablement en bataille. Le passage dans la salle de bain devant la glace se révéla aussi désastreux pour les deux autres gryffondors. Après avoir rapidement revêtu leurs uniformes noirs et rouges, les trois jeunes filles se rendirent donc dans la grande salle où une fois installées, elles se dépêchèrent de déjeuner avant de se rendre en cours.

Toute la journée s'écoula de façon extrêmement lente, tellement lente que Lily en vint presque à se demander si quelqu'un n'avait pas jeté un sort qui ralentissait le temps qui s'écoulait. Elle s'accrocha néanmoins au cours du professeur Quirke qui exposa à ses élèves l'utilité du patronus. Peu de personnes dans la classe étaient encore capables d'en former un distinctement. Line y parvenait depuis le début des cours mais Lily la soupçonnait maintenant de l'avoir saboté pour ne pas paraître trop avancée par rapport aux autres élèves. La préfète avait évidemment remarqué que sa camarade était très douée pour son âge. Ainsi, elle répondait souvent aux questions des professeurs surtout en défense contre les forces du mal qui semblait être une de ses matières préférées. La préfète ne put s'empêcher de se demander où cette nouvelle élève avait appris à maîtriser un acte de magie aussi avancé que le patronus. D'ailleurs, où avait-elle le début de son cursus scolaire ? Des son côté, Sirius Black avait développé un patronus presque incarné qui prenait la forme d'un chien. Lily tentait vainement d'obliger le brouillard argenté qui se présentait devant elle quand elle agitait sa baguette à prendre forme mais rien n'y faisait.

« Maintenant, je voudrais que nous revenions à une partie plus théorique. Asseyez-vous. D'abord, je tiens à rassurer certains de vous. Ce n'est pas parce que votre patronus ne prend pas forme que vous n'y arriverez pas. Le patronus est un acte de magie fort avancé et il faut avoir une pleine maîtrise de ses pouvoirs et de sa force magique pour qu'il soit efficace. Vous êtes encore entrain d'acquérir votre force magique, c'est pourquoi ce sortilège se révèle souvent déroutant pour des personnes de votre âge. Et sachez que même ceux qui parmi vous arrivent à former un patronus presque incarné, il ne ferrait certainement pas le poids par rapport à ce contre quoi il doit lutter. »

« Mais alors professeur, à quoi cela nous sert-il d'apprendre un sort qu'on ne peut maîtriser et qui ne sera pas efficace, demanda Kévin Perkins en levant la main. »

« Excellente question, M. Perkins. Il faut que vous sachiez que le sortilège du patronus est un acte de magie fort avancé. En effet, les enchantements et sortilèges se classent en deux groupes : ceux que tout le monde peut pratiquer sans volonté particulière. Mais ceux de la second e catégorie dont fait partie le patronus, demandent bien plus qu'une simple maîtrise physique. La compréhension intellectuelle et la volonté morale sont deux autres critères de maîtrise. »

Le professeur Quirke venait de faire prendre conscience à ses élèves qu'être sorcier ne se limitait pas seulement à agiter sa baguette magique mais aussi à réfléchir. Certains parurent surpris et d'autres étonnés.

« Pour en revenir à l'exemple du patronus, ce sort nécessite que vous puissiez sonder vos aspects cachés, ce que l'on cherche habituellement à dissimuler. Car en se connaissant soi-même, on comprend ses faiblesses et l'on devient alors capables de les affronter. Ainsi, le patronus incarne vos énergies positives qui vous permettra de lutter conter ce qui vous effraie au plus profond de vous-même. Mais je voulais vous faire comprendre que mieux vous maîtriserez ce sort, plus vous pourrez affronter de forces maléfiques. »

« Vous voulez dire que l'on peut l'utiliser contre autre chose qu'un détraqueur, demanda Daniel Payne qui écarquillait les yeux. »

« Exactement. Et quelqu'un peut m'en citer ? »

Lily vit Line lever la main et le professeur lui fit un signe de tête en souriant pour l'engager à répondre.

« Le lethifold. »

« Exact et c'est actuellement le seul sort qui ait un effet sur cette créature. Mais je ne pense pas que l'on puisse en trouver ici à Poudlard. Ouvrez donc vos livres à la page 173 et lisez la leçon. »

Les élèves se plongèrent dans leur lecture en silence mais Lily ne fut pas très attentive. Elle parcourut de façon furtive les lignes du texte en se demandant si on pouvait réellement se faire dévorer par une créature qui ressemblait à un rideau. Le cours se termina lorsque le professeur leur demanda d'effectuer un devoir sur les différentes utilisations du sort du patronus. La matinée se poursuivit et les cours s'étirèrent jusqu'au repas du midi qui parut tout aussi interminable que le reste.

Arriva enfin un des cours préférés de la jeune gryffondor, le cours d'enchantements. Mais même cette après-midi se révéla ennuyeuse bien que le professeur Flitwick fut d'excellente humeur et il commença son cours, debout sur une pile de livres de son bureau pour que ses élèves puissent le voir. Les étincelles des sortilèges ne tardèrent pas à traverser la salle de part et d'autre, rebondissant parfois sur les murs ou sur les élèves inattentifs. Des coups frappèrent à la porte et il s'interrompit :

« Entrez, dit-il d'un ton enjoué. »

Le professeur McGonnagal, l'air toujours aussi sévère sur son visage, ouvrit la porte.

« Excusez-moi professeur, j'ai besoin que M. Potter et Black viennent avec moi. »

Lily vit les deux garçons se regarder et Sirius baisser la tête. Ils rangèrent rapidement leurs affaires et sortirent en compagnie du professeur. C'est alors que Lily s'aperçut que Remus Lupin n'était pas en cours. Seul Peter Pettigrow cherchait maintenant un partenaire pour travailler. Qu'avaient donc encore pu faire ses idiots pour que McGonnagal vienne les chercher en plein cours ? Mais de toutes façons, elle avait l'esprit trop occupé pour réfléchir à cela. Un jet d'étincelles violettes venant de Julia la ramena à la réalité et elle l'évita en se baissant.

James déglutit discrètement en passant dans la grande galerie ouest du rez-de-chaussée en compagnie de Sirius et du professeur McGonnagal. Son meilleur ami avait pali depuis l'apparition de la directrice et il lui avait juste jeté un coup d'œil apitoyant qui avait profondément marqué James. Sirius semblait si désemparé par ce qui lui arrivait. Comme souvent, il avait agi sous le coup des émotions et de ses impulsions, n'écoutant que son cœur. Ils arrivèrent enfin devant une des massives portes contre laquelle le professeur McGonnagal se donna la peine de toquer avant d'entrer. James vit Sirius hésiter avant de suivre le professeur. Il s'apprêtait à entrer à son tour quand le professeur manqua de lui fermer la porte au nez.

« Potter, vous attendrez qu'on vous appelle pour témoigner, lui dit le professeur. »

Et la porte claqua, manquant de faire tomber un tableau qui grogna du mauvais traitement des portes dans cet établissement. James resta d'abord debout puis s'installa finalement par terre. La douleur de ses poignets se réveilla et il remonta sa manche. Maintenant, de fins traits semblaient entourer ses poignets en de graciles arabesques. Il se gratta frénétiquement avant de comprendre que ça ne ferait qu'empirer la douleur. A ce moment là, le professeur Prenzweller passa dans le couloir et s'arrêta étonnée quand elle l'aperçut assis par terre, le dos appuyé contre le mur. Elle était toujours vêtue de son habituelle tunique noire et de ses gants de velours sombre.

« M. Potter, puis-je savoir ce que vous faites dans ce couloir ? Vous ne devriez pas être en cours ? »

« C'est le professeur McGonnagal qui m'a demandé de venir pour témoigner. »

« Témoigner pour M. Black, demanda la femme avec un air mystérieux sur le visage. »

« Oui, répondit James. Mais comment êtes-vous au courant ? »

« Potter, je suis tout de même professeur dans cet établissement. Mais ne vous inquiétez pas, je suis sûre que votre camarade ne sera pas renvoyé. »

La femme se redressa et repartit d'un pas cadencé vers l'extrémité du couloir. James eut tout à coup un choc, il releva à nouveau ses manches et regarda tour à tour ses poignets et le professeur qui s'éloignait. Ses marques, sur ses poignets. Elles étaient semblables à celles qu'il avait aperçues et que son professeur de combat tentait de cacher sous ses gants. Non, elles n'étaient pas semblables. Elles étaient identiques. James repensa alors au livre qu'il avait lu dans la réserve et la vérité se dévoila devant lui. Pour avoir fouillé sur ce qui ne le regardait pas, il se retrouvait maintenant à partager les cicatrices de son professeur. Il soupira et se recala un peu plus confortablement contre le mur.

A cet instant là, la porte s'ouvrit et le visage du professeur McGonnagal apparut, lui sommant d'entrer. James se releva et pénétra à son tour dans la salle d'audience. On le fit asseoir sur un siège, face aux professeurs. Le directeur Dumbledore, le professeur McGonnagal ainsi que le professeur Brocklehurst se trouvaient face à lui. James crut un instant avoir rêvé quand il vit les yeux du directeur pétiller d'un air joyeux tandis que McGonnagal restait tout aussi austère que son collègue de potions. Dumbledore passa une de ses mains dans sa barbe et indiqua au gryffondor qu'il pouvait commençait. James respira profondément alors que Sirius placé près de lui baissait la tête. Ainsi, il raconta sa course folle vers la cabane hurlante et leur fuite précipité à lui et à Rogue. Les yeux de Brocklehurst ne cessaient de vouloir le sonder mais James omit bien sûr de raconter qu'il était normalement prévu que les maraudeurs se rendent sous forme animale dans la cabane hurlante. Quoi qu'il arrive, ça ne devait pas se savoir. Sinon, ce ne serait pas le conseil de discipline mais le passage devant une cour de haute instance de la magie. Et là, plus personne ne pourrait rien pour eux. Une fois son récit terminé, le professeur McGonnagal le ramena dans le couloir où il attendit à nouveau. Une heure passa ainsi mais il ne se soucia pas de son cours de botanique, trop préoccupé par la sentence que recevrait son ami. L'heure du repas arriva et rien n'avait changé, si ce n'était que presque tout le monde s'était rendu dans la grande salle pour dîner. James commença lui aussi à sentir son estomac le tirailler.

« James, je te trouve enfin ! »

Le garçon releva la tête et vit au-dessus de lui le visage encore assez pâle de Remus.

« Remus, s'exclama t'il. Tu es sorti ? »

« Oui, à l'instant. »

Et Remus expliqua à James qu'il était au courant de tout car Peter lui avait rendu visite après les cours à l'infirmerie et que finalement ce dernier y était resté, par la faute d'un douloureux mal de ventre.

« Ça lui apprendra à se goinfrer de bonbons et de biscuits en dehors des repas, dit James en souriant. »

Les deux garçons décidèrent donc d'attendre que l'audience se termine, cruellement angoissées par la sentence qui tomberait. Finalement, les voix se firent entendre derrière la porte et celle-ci s'ouvrit, laissant sortir le professeur Brocklehurst qui lança un regard mauvais aux deux gryffondors suivi par le professeur McGonnagal. Lorsqu'elle vit James et Remus qui attendaient devant la porte, elle ne put s'empêcher de faire passer Sirius devant elle en le poussant vers ses amis. Le directeur sortit à son tour et ferma la porte.

« Messieurs, je crois qu'il ne vous reste plus qu'à monter dans votre salle commune. »

Dès que les trois adultes se furent éclipsés, ils repartirent à leur tour dans la direction opposée. James s'empressa de questionner Sirius. Celui-ci fut néanmoins peu loquace et lançait de façon permanente des regards en coin vers Remus derrière les cheveux noirs qui lui tombaient sur les yeux. Ils continuèrent à arpenter les couloirs alors que le couvre-feu était bientôt passé. Remus finit par briser le silence qui s'était établi quand James avait compris que Sirius ne répondrait à ses questions que lorsque l'envie lui viendrait.

« Ça ne vous dérange pas si l'on va faire un tour dans le parc. J'ai besoin de prendre l'air. »

« Aucun problème, Remus, s'exclama James. »

Une fois dehors, le trio longea les haies qui se trouvaient près des serres de botanique et poursuivit sa balade à travers la pelouse et contourna la façade Nord du château, se dirigeant irrémédiablement vers le terrain de Quidditch. Remus ressentit la gène de Sirius et il finit par s'arrêter, probablement contrarié par les perpétuels coups d'œil du jeune homme.

« Sirius, ne me regarde pas comme ça, murmura t'il. »

Le gryffondor détourna à nouveau son regard mais Remus fut plus rapide. Il lui saisit le poignet et l'obligea à le dévisager dans les yeux.

« Sirius, je comprends que maintenant tu ais des remords par rapport à ce que tu as fait et que tu te dises que je t'en veux de m'avoir utilisé contre Rogue. Mais même si je t'en ai voulu au début, je comprends ce pourquoi tu l'as fait. »

Les yeux obscurs de Sirius scintillèrent lorsqu'il entendit les paroles de son ami et James remarqua qu'il se détournait d'eux, esquivant quelques pas dans l'herbe. Un mince sourire apparut sur les lèvres de Sirius alors que ses mèches cachaient toujours habilement son visage, masquant ainsi une grande partie de ses émotions.

« Remus... Je crois que je me dois de te présenter mes plus sincères excuses. Tu es vraiment quelqu'un d'indulgent. Parfois, je me dis qu'un idiot comme moi ne mérite pas votre amitié. »

James se sentit soulagé, il venait de reconnaître l'ami qu'il connaissait depuis si longtemps. L'atmosphère se détendit tout d'un coup avec ces paroles. Finalement, Sirius leur expliqua comment Dumbledore avait jugé qu'on ne pouvait le renvoyer pour des raisons évidentes.

« Et Brocklehurst a répondu qu'il ne voyait pas lesquelles, pouffa Sirius. »

« Le directeur voulait sans doute parler de ton appréciable sens de l'humour et de tes prodigieuses farces, lança Remus de façon pince-sans- rire. »

« A moins que ce soit de ton mauvais caractère, s'exclama James maintenant de bonne humeur. »

« Dis donc, Potter, tu devrais te regarder avant de parler ! »

Sirius ne sembla pas apprécier l'humour de son meilleur ami et sortit sa baguette, un sourire vengeur sur les lèvres. James de son côté, évita un sort de chatouillis que son meilleur ami lui envoya.

« Tiens, c'est étrange... On ne dirait pas de la lumière ? »

Remus avait interrompu ses deux camarades qui se chamaillaient. Il pointa du doigt une pâle lueur qui semblait provenir d'un bosquet d'arbres dont le feuillage filtrait avec parcimonie l'éclat lumineux.

« Qu'est ce que ça peut être, s'enquit James. »

« Probablement un feu, répondit Sirius qui avait arrêté de tenter de faire pousser des oreilles d'âne à son meilleur ami. »

James vit Remus sortir à son tour sa baguette de sa poche et lui aussi remarqua que sa main s'était inconsciemment approchait de la sienne, soulevant le rabat de tissu à la recherche du précieux instrument.

« Etant donné qu'on se trouva dans l'enceinte de Poudlard et qu'il est presque dix heures du soir, je ne vois pas qui serait susceptible de faire un feu, murmura James. »

« Qu'est ce qu'on fait, demanda Remus rendu perplexe par sa découverte. »

« On y va, bien sûr ! »

Sirius se serait presque lancé tête la première si Remus ne l'avait pas retenu par un pan de sa cape.

« Mais qu'est ce qui te prend ? »

« Sirius, tu tiens vraiment à ce qu'on se fasse repérer avant même d'avoir pu voir quelque chose ? »

Finalement ils s'approchèrent discrètement, fines silhouette se confondant dans l'obscurité qui commençait à régner autour d'eux. Les trois jeunes hommes arrivèrent enfin près d'un buisson dans lequel ils se tapirent silencieusement. La lumière devait provenir d'un feu car l'on entendait les crépitements du bois vert qui brûle. James s'accouda sur un petit monticule de terre qui se trouvait près de lui et regarda vers la lumière. Et ce qu'il vit enfin à travers le feuillage le laissa sans réaction, tout comme ses deux amis.

Mary et Julia suivirent Lily à travers le parc, transportant tout le matériel qu'il leur faudrait pour la cérémonie. Elles longèrent les accès au terrain de Quidditch et parvinrent enfin à l'orée d'un bosquet dont la cime des arbres s'élançait vers les étoiles. Le silence régnait en maître absolu, seulement troublé parfois par le hululement d'un oiseau nocturne planant au-dessus d'elles. Une fois camouflées dans la futaie des troncs, Lily partit à la recherche des trois arbres qu'elle avait repérés. Le chêne ne fut pas dur à retrouver avec son imposante silhouette.

« C'est ici, lança Lily à ses deux camarades restées en retrait. »

Elle leur fit un geste et elles s'avancèrent à leur tour. Mary s'agenouilla et sortit du sac qu'elle portait les trois coupes d'argent qu'elles avaient subtilisées et en tendit une à Julia et Lily. Elles les placèrent avec application aux pieds des trois arbres. Ensuite, Julia suivit le tracé que Lily avait préalablement marqué au sol en versant soigneusement le fluide magique. Elle traça ainsi un cercle englobant les trois arbres et un triangle qui allait d'un arbre à l'autre. Lily prit le pieu que Mary avait gravé et compta ses pas pour se placer au milieu du triangle. Là, elle s'accroupit et enfonça le pieu en orientant les runes selon les points cardinaux. Elle jeta un regard en arrière et vit que Mary s'affairait déjà près de la coupe qu'elle s'était désignée. Lily marcha donc jusqu'à la sienne et sortit sa baguette. D'un petit geste, elle l'agita et un puissant jet vert se dirigea vers la coupe encore vide. Quelques instants plus tard, un tas de terre était apparu. Lily entendit des crépitements des flammes qui viennent d'être allumées et en déduit que Julia avait, elle aussi, accompli sa tâche. Seule Mary resta encore un petit moment au-dessus du récipient, ses longs cheveux manquant de toucher le sol. Une lumière bleu irisa le métal du récipient et éclaira les alentours, projetant des reflets clairs sur les arbres. Mary se redressa enfin, un vague sourire sur les lèvres.

« C'est fait, murmura t'elle. »

« Bon, vous savez ce qui nous reste à faire, maintenant. »

Lily sentit sa gorge se resserrer d'appréhension et ses mains devenir moites alors que le moment fatidique du début de la cérémonie se rapprochait. Julia semblait de son côté encore plus tendue, faisant grincer ses articulations. Elles prirent donc finalement place chacune sur un coté du triangle. Mary tendit sa main droite en avant et Lily vit l'anneau d'argent orné de la petite pierre bleue scintiller. Julia releva un peu sa manche et Lili fit de même. Leurs bagues bien en vue, les doigts tendus vers le pieu,, il ne restait plus qu'à prononcer l'incantation. Il leur fallait se concentrer le plus possible, une seule erreur et ce serait la catastrophe. Lily serra les machoires et avala un coup sa salive.

« Allons-y ! »

Et elles entamèrent une étrange liturgie, psalmodiant les mots qu'elles avaient appris par cœur. Les accents étranges du celte résonnaient sous la voûte naturelle formée par la cime des arbres.

Lily ouvrit les yeux qu'elle avait tout d'abord fermés, encore un peu craintive. Rien ne semblait avoir changé si ce n'était l'ambiance qui régnait. L'ait était pesant et on sentait que de puissantes forces magiques étaient à l'œuvre. Elle tourna son regard vers le cercle et remarqua qu'une légère fumée blanche émanait de la potion versée sur le sol. En quelques instants, des étincelles semblèrent embraser la poudre que formait la potion, éclatant d'argent. Lily sentit alors son cou frémir et reporta son regard sur le centre du cercle, là où le pieu résidait figé dans la terre. Une énorme onde circulaire se propagea alors, balayant tout sur son passage mais toutes trois restèrent debout, immobiles. Ses cheveux se dressèrent et sa robe se gonfla d'un souffle pénétrant. Lorsque le champ de l'onde atteignit le rebord du cercle, un crépitement retentit et comme par enchantement, une immense colonne de lumière dorée jaillit jusqu'au ciel, englobant le cercle et ses occupantes. Le spectacle était magnifique et des larmes coulèrent sur le visage de la préfète tant la force de la magie présente agissait maintenant en elle.

Le pieu brilla à son tour et trois jets lumineux et aveuglants vinrent les frapper simultanément. Lily accusa le choc et sa pensée s'embruma. Son corps se détendit brutalement et le sol se déroba sous ses pieds. Son corps tomba lentement sur le sol fangeux en une courbe légère. Julia et Mary avaient chuté à leur tour et à cet instant, un tremblement retentit et la puissance de la colonne lumineuse grandit encore. De fines poussières d'or voletaient dans l'air et tout paraissait lustré de mille feux. Cela dura jusqu'à ce que la lumière se mette à blanchir intensément. Et finalement, tout disparut dans un éclair aveuglant. Allongée les jambes recroquevillées, la préfète glissa ses doigts dans l'herbe qui l'entourait et en jugea qu'elle se trouvait toujours dans le bosquet. Gardant les yeux fermés, elle se redressa péniblement et frotta ses paupières qui la piquaient, très certainement rendues sensibles par la lumière accrue des instants précédents. Elle se leva en titubant et finit par s'appuyer sur un tronc d'arbre qui se trouvait près d'elle et qu'elle trouva à tâtons. Julia aussi avait repris ses esprits. Seule Mary était toujours allongée sur le sol, ses longs cheveux blonds épars sur son dos. Une fois qu'elles parvinrent à se déplacer normalement, les deux jeunes gryffondors s'approchèrent de leur compagne. Elles tentèrent de la réveiller et puis enfin, Lily prit le visage de Mary dans ses mains et Julia fit apparaître un peu d'eau qu'elles entreprirent de lui faire boire. La blonde eut un soubresaut lorsque la première gorgée atteint son gosier et toussa violemment. Elle se redressa et sembla surprise de trouver ses camarades à ses côtés. Son regard était vague et elle plaqua ses mains sur son front.

« Ce que j'ai mal à la tête, murmura t'elle. »

« Ça va aller, Mary. On range le matériel et on retourne au château. »

« Tu n'as qu'à te reposer en attendant, lui souffla Julia. On s'occupe de tout. »

Mary hocha la tête en signe d'accord et les deux autres commencèrent à ramasser ce qu'elles avaient utilisé.

James plaqua son visage contre le sol lorsqu'il sentit la déflagration de l'onde magique. Il releva un peu plus tard la tête et vit que la lumière avait disparu. Il reprit ses esprits et tira la manche de Remus qui se trouvait à côté de lui.

« Dis à Sirius qu'on s'en va. Je crois qu'on en a assez vu. Et si on ne déguerpit assez rapidement, on risque de se faire surprendre. »

Le trio repartit donc en silence et James mena les autres près du terrain de Quidditch. Mais ses poignets se mirent brusquement le brûler et la douleur devint vite insupportable. Il ne put continuer de marcher et s'effondra sur le sol. Sirius se précipita aussitôt sur lui et tenta de savoir ce qui lui arrivait.

« James, qu'est ce qui se passe ? Tu ne vas pas bien ? »

Remus s'accroupit à son tour et appuya James contre le mur de planches.

« James, où as-tu mal ? »

« Aux poignets, murmura l'autre, haletant. »

Ses tempes se perlaient de gouttes de sueur et il se mit à grimacer abominablement. Remus remonta aussitôt ses manches et saisit ses poignets. Lorsqu'ils virent, lui et Sirius, les marques qui se formaient sur la peau de leur ami, ils eurent presque un sursaut.

« James, je vais arrêter un peu la douleur mais il faut que tu ne bouges pas. D'accord ? »

Derrière ses lunettes, le regard vitreux de James se fit suppliant et il acquiesça vainement de la tête. Remus se plaça bien face à James et appliqua les paumes de ses mains ouvertes sur les poignets de son ami qui étaient maintenant couverts de signes noirs. Tout d'abord, James ne sentit pas beaucoup de changements. Il serra un peu plus les dents et peu à peu, une agréable chaleur envahit son corps. Cela le réchauffa tout d'abord puis le contact des mains de Remus commença à le brûler. Il s'agita un peu plus, les yeux fermés.

« James, s'il te plait ! Arrête de bouger ou je ne pourrais pas te soigner. Sirius, bon sang, maintiens-le ! Je n'en ai plus pour longtemps. »

Sirius maintint fermement son meilleur ami contre le mur tandis que James continuait de s'agiter. Finalement, Remus lâcha enfin James et il s'affaissa en soupirant. Le gryffondor reprit ses esprits, le visage encore un peu blême.

« James, tu peux nous expliquer ce que sont ses marques noires sur tes poignets ? »

Le regard gris de Remus était froid et sévère. Même Sirius semblait pour une fois sérieux.

« Ce sont des marques magiques faites avec de la magie noire. »

« De la magie noire ! Mais dans quoi es-tu allé te fourrer pour te retrouver avec de telles choses, s'écria Sirius. »

« D'accord, je vais vous raconter. Mais rentrons d'abord, je ne me sen pas très bien. »

Et il raconta comment par curiosité il s'était rendu dans la réserve de la bibliothèque et avait lu un livre. Il avait alors découvert que le professeur Prenzweller subissait un envoûtement et qu'elle savait que quelqu'un avait percé son secret. Les trois garçons rentrèrent dans le château et se dépêchèrent de regagner leurs appartements avant de se faire surprendre par Rusard et son horrible chat.

Une fois assis sur son lit, James ferma les yeux et allait s'endormir quand une question lui traversa l'esprit.

« Remus, je peux te demander quelque chose ? »

« Bien sûr, James. »

« Comment as-tu appris à soigner de cette manière, je veux dire en touchant les gens ? »

« Il y a certaines choses qu'on préfère garder pour soi, James. Bonne nuit. »

Et il referma les tentures de son lit à baldaquins.

= fin du chapitre 26 =