Le même Lundi, à 14h28...
Ça fait maintenant presque 30 minutes qu'ils sont de retour dans cette fichue pièce. Carter, O'Neill, – toujours en retrait - , et Peterson. Hammond, lui, assiste à un briefing.
Le jeu du silence. Voilà ce à quoi Peterson joue en ce moment même. Le premier qui parle a perdu... 30 minutes, sans lâcher un mot. Il les fixe l'un après l'autre. Il se prépare. A quoi ? Aucune idée. Il se concentre peut être... A quoi bon ? Ce qui est sûr, c'est qu'il commence à leur faire perdre patience. Surtout depuis me moment où il avait sorti son stylo bille...
Clic clac clic clac ... Voilà tout ce qu'on entend dans la pièce, hors mis les respirations des soldats présents... Un jeu de regard. Le jeu du silence. Avoir le regard le plus provoquant possible, pour faire enfin exploser son adversaire. C'est maintenant sûr, il compte leur donner le coup de grâce. Il a un dossier en béton, et il s'en est bien servi. Mais, ce qu'il va leur servir, maintenant, c'est la cerise sur le gâteau. Le pompon. Il établi les derniers réglages, vise et tire. Il donne les ordres, et par à l'assaut. Dès la toute première fois où il a eu le dossier dans les mains, il s'est donné un objectif : les couler. Le silence, et le bruit du stylo, c'est l'épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de nos soldats. Au moindre faux mouvement, au moindre faux pas, elle tombe, tranche leur vie, et les salie à jamais...
A plusieurs reprises, Peterson inspire profondément, laissant croire qu'un simple son va sortir de sa bouche. Mais il n'en est rien...
Un sifflement. Un regard tueur. Un sourire presque caché. Un autre sourire qui n'a pas le droit d'être. Le même regard tueur. Le même sifflement. Les Simpsons. Jack O'Neill sifflant le générique des Simpsons, alors qu'il est sensé perdre patience. Sam Carter qui essaie de cacher son sourire, dès l'instant où elle a reconnu la (pas vraiment) douce musique d'une de ses séries préférées. Information top secrète. Vous imaginez si cette info se propageait ? Sam Carter est fan des Simpsons. Sa carrière serait finie, définitivement. Felger peut se permettre de jouer aux ©Barbies, mais Carter ne peut pas se permettre de regarder Les Simpsons. Bref... Hammond ne peut pas s'empêcher de sourire (dans l'ombre), et Peterson envoie des regards noirs dans tous les sens... Au jeu du silence, et de l'impatience, tel est pris qui croyait prendre... au bout de 34 minutes...
P : Il y a un détail que je n'ai pas mentionné encore. Un détail qui fait son poids. Mais, je pensais ne pas avoir à en parler, et que vous auriez le courage de vos actes en avouant...
J : Loin de moi l'idée d'être insubordonné, mais... Pourrions-nous en venir aux faits ?
P : (continuant) Cela date d'environ 4 ans. Vous avez testé une technologie d'une race alienne à ce jour disparue, à la demande de la Tok'Ra. Je ne reviendrais pas sur le fait que votre comportement a été indigne de soldats, et qu'elle aurait pu avoir des conséquences graves, en plus du fait que des civils aient été blessés et que le projet porte...
S : Vous ne venez pas de dire qu'on ne reviendrait pas là-dessus !
P : Je vous prierais de cesser cette comédie, et de me laisser terminer ! ... Quelques temps plus tard, comme vous le savez, vous avez été soupçonnés d'être des Zatar'c.
J : Ah, ça ne me dit rien du tout ça... Ça vous dit quelque chose Carter ?
S : Moi ? Euh, non aucune idée !
J : Ah mais si, c'est pas cette fois là où les Tok'Ra ont encore failli nous tuer ? Pas que j'en veuille à Jacob, mais, ce truc m'est resté en travers de la gorge !
P : (commençant à sortir de ses gonds – commençant à péter un câble) Colonel O'Neill !
J : (innocent !) Colonel Peterson ?
P : Si vous avez l'intention d'aggraver votre cas, vous êtes sur la bonne voie.
J : (s'énervant) Nous savons tous très bien ici ce qui c'est passé ! Il Tok'Ra on encore failli avoir notre peau, mais on s'en est sortis ! Je ne vois pas l'intérêt de revenir là-dessus !
P : Ce qui m'intéresse le plus, c'est la manière dont vous vous en êtes sortis...
J : Désolé, mais ce procès là à déjà eu lieu ! On s'en est sortis, comme toujours, avec beaucoup de chance !
P : Je crois m'être mal exprimé. Je veux parler de vos passages au détecteur zenex.
S : Zanex !
P : L'appareil croyait que vous mentiez, mais en fait, il y avait quelque chose de bien plus simple derrière tout ça.
Flash-back
S : La machine ne se trompe pas. Nous avons menti !
J : Quoi ? Moi, j'ai menti !
S : D'accord, vous avez omis quelque chose
J : Ah non, désolé !
S : Quelque chose que ni l'un ni l'autre ne pouvons admettre, étant donné nos relations de travail et nos grades respectifs...
J : Ah, ça ! ... Enfin, bon... Vous croyez ?
Flash-back
P : (cynique) Alors, vous voyez de quoi je parle ! L'armée ne peut pas tolérer cela. Comment voulez vous qu'on vous croie innocent alors que vous l'avez vous-même avoué ! Certes, de façons détournées, chacun a son orgueil, mais...
J : (le coupant) Ça y'est, vous avez fini ! Vous voulez quoi ? Nous voir ramper jusqu'à vos pieds, vous supplier, pour qu'enfin vous lâchiez votre fichue sentence !
P : Tout ce que je souhaite, c'est la vérité !
J : (élevant la voix) Oh, ne me la faites pas, celle là, pas à moi ! La vérité... Depuis que vous êtes là, vous cherchez à nous couler ! La vérité vous vous en fichez bien !
P : Colonel, je vous prierais de baisser d'un ton ! N'oubliez pas à qui vous vous adressez ! Les faits sont les faits, et eux ne mentent jamais !
J : Mais chacun les analyse comme il le souhaite !
P : Colonel, c'est la dernière fois que je vous préviens ! Encore un seul manque de respect, et je vous ferais en sorte que vous ne puissiez plus faire un pas dans cette base !
J : (se levant, vraiment vraiment énervé ) Et bien, avec tout le respect que je vous dois, vous pouvez empêcher des soldats d'avoir une relation, pas d'avoir des sentiments !
Jack qui la salle comme une furie, après avoir hurlé ces mots. Sam n'en revient pas. Pas du fait qu'il ait quitté la salle, non. Mais, la dernière phrase qu'il a dite. Ça voudrait dire qu'il ressent la même chose qu'il y a quatre ans ? Que rien n'a changé ? Elle se lève, et cours pour le rattraper.
S : Mon Colonel !
Elle le voit entrer dans son bureau. Quand elle y arrive, il réunit ses affaires.
S : Mon colonel, qu'est-ce que vous faites ?
J : Ça ne se voit pas ? Je plie bagage !
S : Vous ne pouvez pas faire ça, vous ne pouvez pas partir comme ça !
J : Je vais me gêner, oui !
S : Ça serait être coupable alors que c'est faux !
J : Et alors ?
S : Qu'est-ce qui vous arrive ? Ce n'est pas vous ça ! Je ne vous ai jamais vu baisser les bras comme vous le faites !
J : Et bien il faut une première fois à tout Carter !
S : (voyant qu'elle n'arriverait à rien comme ça) Qu'est-ce que vous comptez faire ?
J : Dans l'immédiat ? Rédiger une lettre de démission !
S : Vous pouvez pas démissionner, vous ne pouvez pas partir comme ça !
J : (se tournant brusquement vers elle) Et qu'est-ce qui m'en empêche !
Sam le regarde les yeux pleins de larmes. Son doux regard bleu le fixe intensément, ravagé par la colère et la peine, et aussi quelque chose d'autre... Quelque chose d'incompréhensible... Ce regard, submergé par des larmes qui font tout pour s'empêcher de couler... Et c'est son regard qui hurle la réponse qu'ils connaissent tous les deux... Elle...
Jack le sait... Si une de ses larmes coule, et parcours le long de sa joue, il ne pourra pas s'empêcher de l'arrêter de l'index, et ne sera plus maître de ses actes... Elle ne doit pas encore payer à cause de lui... Si elle le haïssait, tout ça serait beaucoup plus simple...
J : Vous savez ce qui est le pire dans cette histoire ? Je me contrefous de passer en Cour Martiale, ou d'être viré de l'armée ! Je me fous encore plus d'être accusé à tort ! Mon problème, c'est qu'on est accusé, tous les deux, et aussi l'objet de l'accusation !
S : Mon Colonel, je...
J : Carter ! Je reste ici encore une heure, et je remet ma démission. Je n'ai pas de temps à perdre, alors sortez !
