Chapitre 4 – Une journée à la plage
« Ouch ! Ce n'était pas mon plus bel atterrissage … »
Desmond se redressa sur son siège et regarda autour de lui.
Ils avaient évité le pire. Ils ne s'étaient pas trouvés très loin des côtes lorsque le Jumper avait décidé de se mettre en carafe. Résultat : un atterrissage forcé sur la plage. L'avant du Jumper était bien enfoncé dans le sable. La baie du cockpit cependant n'avait pas résisté au choc. Une large éraflure barrait la baie et le sable commençait à filtrer.
Desmond se retourna vers sa coéquipière.
La jeune femme se trouvait par terre, face la première. Il la retourna doucement.
« Heu, M'dame ! Mlle Emmagan ! »
Il tapota un peu ses joues puis l'appela à nouveau par son nom de famille. Après quelques minutes la jeune athosienne réagit, ses yeux papillonnèrent puis se refermèrent.
« Teyla … »
« Quoi ? »
« Vous pouvez m'appeler Teyla. »
« Oh. »
« Aidez-moi. »
Il l'aida à se relever.
« Le système de communication ne fonctionne plus mais je pense qu'Atlantis a eu notre message avant notre descente forcée. En revanche, nous ne trouvons pas au point de rencontre prévu avec les vôtres. »
Elle hocha la tête.
« Et les enfants ? Le Docteur McKay ? »
« Heu, je ne sais pas je … »
Teyla se leva d'un bond. Elle essaya l'intercom. Rien. Elle se mit alors à frapper la paroi.
« Docteur McKay ! Docteur McKay, répondez nous. »
Ils retinrent tous les deux leur souffle jusqu'à ce qu'enfin, un coup leur réponde. Ils étaient en vie. Elle poussa un soupir de soulagement.
« Nous devons sortir d'ici. Je pourrais rejoindre le village et avec des haches nous devrions pouvoir abattre cette paroi ou bien tenter d'ouvrir la soute de l'extérieur.»
Le Caporal avait l'air plus incertain. Il doutait que la technologie Ancienne soit aussi facile que cela à détruire.
« La baie du cockpit est en piteuse état. Je suppose que nous devrions pouvoir la casser complètement. »
ooOOoo
Rodney avait enfin réussi à contrôler tout son petit monde. Les jumelles jouaient au docteur avec deux ou trois trucs qu'il avait sorti de la trousse médicale pour elles, il avait réussi à se façonner une sorte de kangourou pour le bébé avec une couverture de survie. Il devait ressembler à ces jeunes mères d'Afrique noire. Cardol dormait sur son dos, ses deux jambes de chaque côté, bavant dans son cou. Et bien sûr, une main dans ses cheveux. Mais au moins, elle n'essayait pas de faire le tour de la cabine dévastée à quatre pattes !
Il lui restait à s'occuper de Hallorg.
Il avait réussi à installer le petit garçon sur un des bancs et lui avait fait une petite injection de morphine. Il n'y avait pas de dose « enfant » dans la trousse médicale et il espérait ne pas lui en avoir donné trop. Hallorg ne pleurait plus et clignait des yeux, combattant le sommeil. Rodney aurait voulu qu'il s'endorme pour faire l'attelle et en même temps, l'idée d'avoir le gamin inconscient le mettait mal à l'aise.
« Regarde Rodère, regarde ! Moi aussi je suis un docteur, comme Sandra ! »
Kéri – ou bien était-ce Lendwi – avait transformé la main de sa sœur en une espèce de gant de boxe, tout en gaze, le tout bien sûr agrémenté de sparadrap. La petite fille avait l'air très fier de son œuvre.
« Oh, oui, et bien, comme ça, je suis sûr que, » il hésita un moment puis se lança, « Lendwi ne se fera pas mal à la main dans un avenir proche, hein. »
Les deux petites filles se regardèrent et se mirent à glousser.
« T'es bête, moi c'est Lendwi, elle c'est Kéri. »
Oui, évidemment, il aurait du s'en douter. Les deux petites filles retournèrent à leurs jeux.
Rodney ôta sa veste et sa chemise à Hallorg. Ce dernier émit juste un petit gémissement. Le bras était cassé juste en dessous du coude, mais sans plaie ouverte, dieu merci ! Il tendit le petit bras jusqu'à ce que l'angle soit correct puis le pansa fermement. Rodney utilisa la boite en plastique qui avait contenu la trousse médicale pour l'attelle. Avec son couteau, il dépeça la boite et utilisa les morceaux pour maintenir en place le bras. Il serra le tout avec le sparadrap qu'il réussit à sauver des mains des jumelles puis recouvrit le petit athosien avec les restes de la couvertures.
C'est à ce moment là que des bruits sourds retentirent contre la paroi.
ooOOoo
Ils avaient fini par dégager le cockpit.
La baie avait cédé après que Desmond ait vidé son chargeur dessus. Ils avaient ensuite déblayé le sable. Teyla s'était immédiatement précipitée à l'arrière du Jumper et avait essayé d'actionner l'ouverture.
Rien à faire.
Teyla n'aimait pas l'idée de ne pas pouvoir communiquer avec le Docteur McKay. Est-ce que tout allait bien à l'intérieur ? Elle avait même été jusqu'à appliquer son oreille sur la paroi de métal. Elle avait discerné une voix mais avait été incapable de comprendre ce qu'elle disait.
« Hum, j'ai une idée. Du moins ça pourrait marcher, tout dépend de l'étendue des connaissances du Docteur McKay. »
Desmond souriait. Cette référence taquine au puit de savoir que McKay prétendait être la fit sourire elle aussi.
« Et quelle est cette idée. »
« Vous allez voir. »
Le Caporal s'agenouilla devant la paroi et commença à taper dessus avec son Beretta, des petits coups saccadés suivis de coups plus longs. Il arrêta, puis recommença, encore et encore, jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse.
ooOOoo
Rodney avait été soulagé d'entendre ce bruit. Il s'était levé d'un bond, oubliant ses côtes. Il poussa un petit gémissement mais se planta devant la paroi qui séparait la cabine du cockpit. Il frappa dessus deux fois. Et il reçu deux coups en réponse.
Il regarda les enfants et leur sourit.
Un bon moment passa avant que les coups retentissent à nouveau cette fois sur la porte arrière du Jumper. Rodney suivi de près par les jumelles s'agenouilla près de la porte et frappa celle-ci avec la paire de ciseaux qu'il avait utilisé pour soigner Harllog.
Au bout de quelques minutes, les coups revinrent. Leur rythme semblait suivre une logique, il connaissait ça, c'était, bon sang, c'était … Du morse !
TBC
