Disclaimer : Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à J.K. Rowling.


Cracmol


Chapitre 2- Doute

« ANDY! »

« Ron? »

« Hihihi! »

« Andrews Ronald Weasley! N'attends pas que je me fâche. »

« Mais qu'est-ce qu'il se passe? »

« Non! »

Ron venait d'attraper son fils qui courait nu dans toute la maison depuis 10 bonnes minutes. Hermione, surprise d'entendre son mari crier ainsi après leur enfant, était venue voir ce qui se passait et Andrews, petit diable qu'il était, se débattait vivement.

« Je veux pas m'habiller! »

« Oh, que si, jeune homme, tu vas aller t'habiller! » S'exclama Ron, en virant son fils la tête en bas!

« Pou'quoi? » Demanda-t-il en riant, baladant ses bras au sol.

« Parce que, » expliqua Hermione, qui regardait toujours la scène de loin, « tes fesses vont tomber, sinon. »

Les yeux d'Andrews s'agrandirent. Il se calma et regarda sa mère.

« Même pas vrai! »

« Tu veux parier? » Demanda malicieusement Hermione en jouant avec sa baguette magique d'un air faussement menaçant.

Stupéfait, Andrews recommença à se débattre, afin que son père le repose au sol. Dès que ses pieds touchèrent le sol, il fila dans sa chambre pour se vêtir. Ron et Hermione ne purent s'empêcher de rire.

« Tu crois que ça compte comme de la cruauté parentale? » Demanda Ron.

« Aucunement, » rit Hermione. « Il est trop gâté, si tu veux mon avis. »

Hermione abandonna Ron et alla voir son fils. Le pauvre petit avait mis ses sous-vêtements, mais ses bras et sa tête étaient restés coincés dans son petit t-shirt vert pâle.

« Oh, attends mon lapin; maman va t'aider. »

« J'suis coincé, » marmonna-t-il tristement.

Hermione se plaça à genou devant Andrews et l'aida à passer sa tête par le trou. Elle lui plaqua ses cheveux roux pleins de statique et lui enfila sa salopette vert forêt. Le gamin se contentait d'appuyer ses mains sur les épaules de sa mère pour se retenir, et de lever une jambe de temps en temps.

« Et voilà! Tu es mignon comme tout. » Andrews se contenta de faire une grimace de désapprobation digne de son père. Hermione ricana. « Allez, donne-moi un bisou. »

Sans hésiter, tout à fait gratuitement, il passa ses bras autour du cou d'Hermione et lui donna un bec mouillé sur les lèvres.

« Vous êtes prêts? »

C'était Ron. Il venait d'arriver dans l'encadrement de la porte et les regardait en souriant. Il portait sa cape de printemps, celle gris charbon, et tenait dans ses bras celles d'Hermione et d'Andrews, respectivement blanche et bleu royale.

« Où on va? » Demanda l'enfant.

« Oh, allez, Andy! » S'étonna son père. « Tu n'as quand même pas oublié l'anniversaire de tes cousines? On va cher oncle Harry et tante Gin. »

« Ouais! » S'exclama-t-il en courant vers son père, qui lui enfila rapidement sa cape.

Andrews adorait ses cousines! Plusieurs rumeurs couraient dans la famille, comme quoi Ron, Hermione, Harry et Ginny s'étaient donné une date pour concevoir leurs enfants afin des avoirs en même temps et qu'ils aillent ensemble à Poudlard. Lesdits parents n'avaient jamais démenti. Andrews n'avait que deux semaines d'avance sur ses cousines… À la différence de Ron et Hermione, le Survivant et la cadette des Weasley avaient eu des filles… trois fillettes… identiques. Elles allaient avoir 4 ans aujourd'hui même. La rumeur, bien entendu, était fausse, puisse que Hermione était tombée enceinte plusieurs semaines avant Ginny, mais naturellement, celle-ci s'était vue forcée d'accoucher avant les 9 mois de gestation.

Harry et Ginny avaient ensuite eu un autre enfant, un petit garçon prénommé Albus, qui avait désormais 1 an. Ginny était présentement femme au foyer, bien qu'elle ait une formation de journaliste. Harry, bien évidemment, était devenu Auror. Il était d'ailleurs un excellent Auror, comment pourrait-il en être autrement? Ils vivaient dans le nord de Londres, dans une magnifique villa.

Ding. Dong.

Ginny alla ouvrir, Jasmine dans les bras.

« Salut! »

Ron, Hermione et Andrews étaient enfin là! Ginny s'était demandé lesquels étaient les plus insupportables, les filles, qui avaient hâte de voir Andrews, ou leur père, qui avait hâte de revoir ses deux meilleurs amis. Les deux couples ne se voyaient que trop rarement; le train-train de la vie quotidienne accaparait tout leur temps.

L'accueil fut chaleureux, et bien vite, tout le monde avait pris son aise.

Andrews était parti avec Lily et Siriane dans la salle de jeu. Harry et Ron parlaient Quidditch dans le salon, le petit Albus installé dans les bras de son père, et Ginny et Hermione papotaient dans la cuisine, la petite Jasmine accotée à la table, les écoutant avidement.

« Jass, mon petit cœur, pourquoi ne vas-tu pas jouer avec tes sœurs? » Demanda Ginny.

« Pas envie, » marmonna la fillette.

Ginny soupira et roula les yeux. Elle semblait exaspérée de ne pas pouvoir profité de la présence d'une autre adulte dans sa cuisine sans être constamment entourée de gamins.

« Ah! Les enfants… Tu as de la chance d'en avoir qu'un seul, Hermione, crois-moi. »

« Oh, je n'sais pas, » soupira doucement Hermione, un subtil sourire aux lèvres, que Ginny remarqua immédiatement.

« Quoi? Que veux-tu dire? » Demanda-t-elle, suspicieuse.

« Non, rien, » sourit Hermione. Puis, elle avoua : « C'est seulement qu'on a eu cette discussion, hier, Ron et moi. »

Ginny sembla abasourdie.

« Vraiment? Est-ce qu'il y a un petit deuxième en court de route? »

« Non! » S'exclama la brunette. « Mais… Ron aimerait bien! »

« Tu m'étonnes! » Confirma la rouquine, connaissant bien son frère. Hermione fronça les sourcils; avait-elle été la seule à croire qu'un enfant unique suffirait à Ron?

Puis, en parfaite marraine, Hermione engagea une petite conversation avec Jasmine. Elle vint se placer derrière la demoiselle et joua délicatement dans ses cheveux. Elle avait, tout comme ses deux sœurs jumelles, de magnifiques cheveux brun foncé, presque noir. Ils étaient lisses et brillants, coupés aux épaules. Ses yeux étaient d'un magnifique marron. Albus, à l'opposé, avait les cheveux roux, bien que légèrement en batailles, et il avait hérité des yeux splendides de son père.

L'avant-midi passa rapidement. Molly et Arthur Weasley étaient venus les rejoindre, les petites étant folles de leurs grands-parents, mais malheureusement, les autres frères de Ginny étaient tous soit trop loin, soit trop occupés. Leur lunch arriva rapidement. Les trois hommes étaient rendus à l'étage, parlant de tout et de rien, et les trois femmes, bien que légèrement cliché, mettaient la table. Les enfants étaient dans le salon, Albus dans son petit parc pour bébé.

« Maman! MAMAN! »

Ginny sursauta, ainsi qu'Harry, qui redescendit les escaliers à la course avec Ron et Arthur. En moins de deux minutes, tous les adultes se retrouvèrent dans le salon, anxieux. C'était Lily qui avait crié.

« Qu'est-ce qui se passe? » Demanda Harry, désormais à genou devant sa fille, ses mains autour de la taille de la gamine.

« C'est Albus, » expliqua-t-elle en ne lâchant pas son petit frère des yeux. D'un même mouvement, les six adultes regardèrent en direction du bambin.

« Oh, doux Merlin, » s'exclama Molly, une main sur son cœur.

Aussitôt, un grand sourire éclaira le visage d'Harry alors que Ginny se dirigeait vers son fils, une lueur de fierté dans les yeux.

« Mon petit bébé est un sorcier! » S'extasia-t-elle.

Elle prit Albus dans ses bras et le serra contre son cœur. Ron s'approcha d'Hermione, alors qu'Arthur embrassait légèrement Molly.

Les pouvoirs d'Albus s'étaient effectivement réveillés. Le bébé, enjoué, faisait doucement danser son ourson en peluche avec son biberon, inconsciemment, pour s'amuser. Chez les sorciers, ce genre de signe était aussi important que les premiers pas ou les premiers mots prononcés!

Molly se rappelait encore de tous les premiers signes de magie chez ses enfants. Bill, son aîné, avait fait apparaître un coussin aux bas des escaliers alors qu'il était en train de les débouler, lors de ses 2 ans. Charlie, lui, avait à peine 5 mois; il remplissait son biberon de lait au fur et à mesure qu'il le buvait. C'était un bébé très dodu! Percy avait tout juste un an lorsqu'il avait fait voler la première lettre de son nom inscrite sur un cube-jouet. Fred —Molly eu un sourire triste un court instant— avait 2 ans lorsqu'il avait fait apparaître du sable dans les céréales de George et dans la même journée, George avait réussi à changer le verre de jus de raisin de Fred en jus de betterave. Ron, gourmand de nature, avait 2 ans et demi lorsqu'il avait réussi à faire voler la jarre à biscuits jusqu'à lui. Et Ginny, sa petite dernière, était parvenue, dès l'âge de 7 mois, à faire repousser ses cheveux. Oh oui, c'était des beaux vieux souvenirs!

Tout le reste de l'après-midi passa dans la joie et la bonne humeur. Les conversations allaient bon train et ce ne fut que lorsque les enfants devinrent particulièrement affectueux et qu'ils demandèrent davantage de câlins que les adultes réalisèrent qu'il se faisait tard. Albus dormait dans les bras de son grand-père alors qu'Andrews était confortablement installé sur les genoux de son parrain, le pouce dans la bouche et sa tête appuyée dans le creux de l'épaule du Survivant. Molly était envahi par deux de ses petites filles alors que la troisième, Siriane, dormait sous la table.

Les adultes finirent leur thé et se préparèrent à partir.

« Merci d'être venu, » les remercia Ginny en embrassant Hermione.

« Tout le plaisir fût pour nous; on n'allait tout de même pas manque ça! »

Harry, qui avait déposé Andrews au sol, enlaça fortement Hermione. « N'attendons pas un autre anniversaire pour nous revoir, » lui dit-il.

« C'est promis, » rigola la jeune femme.

Ron prit Andrews dans ses bras avant que le petit ne s'effondre au sol, sous la fatigue, puis, il serra Ginny, salua fraternellement Harry et sortit enfin de la maison avec Hermione.

« Ouf, longue journée! » Soupira-t-il.

Ils marchaient le long de l'entrée de la demeure des Potter en attendant de passer les barrières anti-transplanage et anti-portauloin. Andy était profondément endormi contre l'épaule de Ron. Celui ne le portait que d'un bras, son autre main étant enlacée à celle d'Hermione. Celle-ci paraissait soucieuse et ne parlait pas.

« À quoi penses-tu, ma chérie? » Demanda-t-il.

« Mhm? » Elle sortit enfin de sa bulle et regarda le rouquin.

« Tu semblais à mille lieues d'ici; je me demandais à quoi tu pensais, » répéta-t-il.

« Oh. » Hermione baissa la tête et vint se coller davantage à Ron. Celui-ci lui lâcha la main et entoura sa taille d'un bras protecteur, la rapprochant le plus possible de lui.

« Tu pensais au réveille des pouvoirs d'Albus? »

Hermione releva la tête et dévisagea son mari. « Comment le sais-tu? »

Ron eut un rire sans joie. « Ça me tracasse, moi aussi. »

Il y eut un silence, puis Hermione dégluti. « Ron… Andrews— » Elle s'étouffa sur un sanglot.

« Chuuuut. » Ron s'était arrêté de marcher et il faisait désormais face à sa femme. « Je sais, » dit-il simplement, « je sais. »

Hermione le regarda, son cœur brisée. « Ron, et s'il— »

« Chut, tais-toi. Ne dis rien, » plaida-t-il, voulant rester dans l'ignorance quelques instants de plus. Il passa sa main libre sur les joues désormais humides d'Hermione. Celle-ci prit le geste comme une invitation et s'engouffra dans les bras rassurants de son époux, pleurant silencieusement dans son cou, une main appuyée dans le dos de l'enfant.

« Comment se fait-il que nous n'avons rien remarqué plus tôt? » Gémit-elle.

Mais Ron secoua la tête, encore dans le déni. « Chuuut, » la calma-t-il. « Ça ne sert à rien de s'alarmer, ça ne veut rien dire; certains enfants développent leurs pouvoirs bien plus tard que d'autres. »

Ses paroles étaient rassurantes…

…mais ses yeux pleuraient.


À suivre…