Disclaimer : Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à J.K. Rowling.


Cracmol


Chapitre 5- Ça se complique

« Enlevons le sort de contraception, Hermione; faisons un autre enfant. »

Surprenant le rouquin, Hermione parut scandalisée. Ses yeux devinrent bien ronds, et elle s'éloigna rapidement de lui, sortant du lit.

« QUOI? »

« Quoi quoi? »

Hermione n'avait qu'une envie, le gifler et partir. Mais l'air innocent et incompréhensif de Ron l'en dissuada. En revanche, elle se contenta de laisser couler ses larmes.

« Hermione! » S'exclama Ron, surpris par les larmes soudaines de sa conjointe. Il s'avança vers elle.

« Co—comment peux-tu dire ça? » Sanglota-t-elle en s'éloignant, une main devant elle comme pour l'empêcher d'approcher.

Les épaules de Ron tombèrent devant la réalisation. « Mais, enfin, Hermione, c'est ce qu'on avait décidé, non? »

« NON! »

« Mais— » Ron, vraisemblablement, ni comprenait plus rien.

« Pas comme ça! Pas maintenant! » Hermione s'approcha du lit et agrippa les draps pour se recouvrir. Elle voulut partir, sortir de la pièce, mais Ron voyait la chose autrement.

« Hermione… HERMIONE! »

« Quoi? » Celle-ci se retourna dans le cadre de la porte, colérique.

Ron, pratiquement nu, souleva ses bras de chaque côté de son corps, confus et abattu à la fois. « Explique-moi. »

Hermione sembla exaspérée et repoussa les mèches de cheveux qui collaient à ses joues mouillées de larmes. « T'expliquer quoi? Que tu es un sans-cœur, un égoïste, et que tu ne penses qu'à toi? »

Ron se renfrogna. De toute évidence, il n'aimait pas se faire insulter aussi gratuitement. « Bon sang, Hermione, c'est quoi ton problème? »

Hermione ne put répondre. Elle s'effondra carrément au sol, en pleurs, une main sur ses lèvres. Ron, encore dans une colère noire, s'approcha néanmoins de sa femme.

« Hermione. Chérie, explique-moi ce qui ne va pas. » Il se pencha devant elle, les fesses sur ses talons et tendit un bras vers sa jeune épouse, comme pour lui caresser l'épaule, mais se rétracta au dernier moment.

Hermione, sanglotant les yeux fermés, ne vi rien de cela. À la place elle hoqueta : « Va me faire croire que tu ne comprends pas. »

« Mais c'est vrai! » S'exclama Ron, de plus en plus énervée par l'attitude enfantine d'Hermione. « Tu es devenue complètement hystérique, comme ça, sans raison… »

Hermione releva la tête et ouvrit grand les yeux. « Hystérique? HYSTÉRIQUE? » Elle n'en croyait pas ses oreilles. Elle, hystérique! Il n'y avait que Ron pour inventer de telles stupidités. De toute façon, elle l'avait dit il y a longtemps et elle y croyait toujours : Ron avait la capacité émotionnelle d'une cuillère à café!

« Va-t'en! » Dit-elle tout bas, mais avec fureur.

Ron, qui n'avait pas bougé —mis-à-part pour le pincement de ses lèvres qui démontrait sa colère retenue— cligna soudain des yeux. « Pardon? »

« VA-T-EN, » cria Hermione à vingt centimètre de son visage. « Pars! Je ne veux plus te voir! »

Ron fut davantage surpris qu'en colère. Résigné et triste, il se leva et, enjambant le corps d'Hermione, sortit dans le couloir. « Très bien, si c'est ce que tu veux, » dit-il avec hargne.

Puis, il laissa Hermione seule, descendit dans le salon, sortit une couverture de laine et s'étendit sur le divan, repensant amèrement à ce qui venait de se passer, essayant de comprendre. Hermione était complètement folle, voilà tout; c'était la seule explication logique. Elle l'avait traité de sans-cœur et d'égoïste, mais à quoi pensait-elle donc? Il voulait seulement avoir un autre enfant avec elle, un bébé, agrandir leur petite famille! Il lui avait enfin avoué ce désir il y avait à peine quelques semaines; elle ne pouvait donc pas prétendre ne pas être au courant. C'était elle-même qui avait suggéré d'attendre qu'elle ait un métier assuré et des horaires stables, alors pourquoi ce revirement de situation? Qu'est-ce qui lui avait passé par la tête, si soudainement?

Hermione, de son côté, pleurait toujours, désormais sur le lit. Comment Ron avait-il osé lui demander ça, là, comme ça? 'Faisons un autre enfant'. Un qui ne soit pas Cracmol et qui puisse nous rendre fiers; c'était ça, de son côté, qu'Hermione avait compris à la demande de son mari. 'Faisons un autre enfant'. Aussi bien dire : 'corrigeons notre erreur'. Elle était tout simplement dégoûtée par la demande de Ron. Oui, ils en avaient parlé, de cette possibilité d'avoir un deuxième enfant, mais désormais, la situation était bien différente, et ce qu'il fallait à Hermione c'était un temps d'adaptation. Et non pas un deuxième 'essai'.

La nuit fut agitée pour les deux parents. Ron n'avait cessé d'essayer de comprendre le comportement d'Hermione, mais en vain, et Hermione ne s'était endormie qu'après avoir versé des torrents de larmes. Ce fut une odeur d'œufs aux bacons qui réveilla la jeune femme. Ne portant que ses sous-vêtements, elle enfila sa robe de chambre et, anxieuse, descendit dans la cuisine, sachant que son mari s'y trouverait.

Ron ne portait que son caleçon noir de la veille et semblait de mauvaise humeur, en complémentarité de sa mauvaise nuit de sommeil. Occupé à faire la cuisine, il n'entendit pas son épouse arriver.

« Euh… bonjour, » dit timidement Hermione pour signaler sa présence.

Avec une expression de surprise, Ron se retourna, mais dès qu'il vit Hermione, il se renfrogna aussitôt. Il l'accueillit d'un grondement rauque et retourna à son occupation première. Exaspérée, la jeune femme soupira.

« Ron, je crois que nous devrions parler, » dit-elle sagement en s'assoyant au comptoir.

Le rouquin eut un rictus sarcastique. « C'est ce que j'ai voulu faire hier, mais tu as préféré me jeter dehors de notre chambre à coucher, » lui rappela-t-il en remplissant presque rageusement l'assiette d'Hermione.

« Je— Excuse-moi, » marmonna Hermione alors que Ron déposait son assiette devant elle. « Je suis désolée de ce qui s'est passé. »

Le rouquin émit un grognement. « Pas autant que moi, sois en sûre. »

Décidément, Ron n'était pas du tout de bonne humeur. Les yeux d'Hermione se remplir de larmes. Celui-ci le remarqua, mais ni fit pas attention. Il s'assit face à la sorcière avec sa propre assiette.

« Mange. Nous devons aller chercher Andrews à 9h30. »

Puis, il entreprit d'engouffrer son repas avec appétit, prenant l'énergie que sa nuit blanche n'avait pu lui donner. Hermione, au contraire, ne fit que jouer avec sa nourriture. Lorsque Ron eu fini, il demanda : « Tu ne manges pas? »

Hermione secoua la tête. « Je n'ai pas très faim. »

Indifférent, Ron haussa les épaules et ramassa l'assiette à peine entamée d'Hermione pour vider la nourriture dans la poubelle et mettre la vaisselle dans l'évier. Vexée, Hermione se renfrogna davantage.

« Ronald, il faut qu'on parle! » Cria-t-elle pratiquement afin d'attirer l'attention de son borné de mari.

« Bon! Très bien, tu veux parler Hermione? Alors parle! Je t'écoute. » Il s'accota nonchalamment sur le cadre de porte, croisant les bras. Hermione se leva, n'appréciant pas de se sentir inférieure.

« Je crois que nous nous sommes mal compris hier soir—» commença-t-elle, mais il l'a coupa.

« Ah, tu crois? » Ron avait utilisé un ton cynique et mordant, faisant déborder la goutte du vase. En effet, Hermione se mit à pleurer, des larmes de tristesse et de rage.

« Merde, Ron, ça suffit! J'essaie de m'excuser et toi tu restes bête comme tes pieds! Je laisse tomber si c'est ce que tu veux. »

Abasourdi d'entendre sa femme jurer, Ron reprit sur lui et se montra un peu plus coopératif. Pleurant toujours, Hermione lui expliqua son point de vue. La façon qu'il lui avait demandé de faire un second enfant, là, comme ça, subitement, l'avait prise aux dépourvues et sur le moment, elle l'avait mal interprété.

Peu à peu, Ron se rendit compte de son erreur. Il devait admettre que sa formule —'faisons un autre enfant'— pouvait porter à confusion étant donné les derniers développements, mais en même temps, cela le surpris désagréablement qu'Hermione ait pu penser cela de lui. Il se rapprocha de sa femme et lui agrippa les épaules d'un geste tendre.

« Enfin, Hermione, comment as-tu pu penser cela? » Il la regarda dans les yeux, profondément déçu. « Tu sais très bien que j'adore Andrews plus que tout au monde. Il est ma raison de vivre, jamais je ne croirai qu'il est une erreur! Me crois-tu réellement aussi sans-cœur? »

Aussitôt, Hermione enfouit son visage dans le torse de Ron, pleurant davantage. « Non, bien sûr que non. »

Ron passa quelques instants à caresser les cheveux bouclés et emmêlés d'Hermione lorsque celle-ci se recula un peu, afin de pouvoir parler.

« Je suis désolée, je ne sais même pas pourquoi j'ai pensé ça. J'ai gâché la soirée… J'ai tout gâché, pardonne-moi. »

Ron sourit doucement et, d'une main délicatement positionnée sur la nuque de la jeune femme, l'approcha vers lui pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres rouges et gonflées par ses pleurs.

« Ça va. Je te pardonne, ma puce. Je t'aime tellement! »

Émue, Hermione l'enlaça avec force et amour. « Je t'aime aussi, » dit-elle dans son cou avant d'ajouter : « Mais… Je ne me sens pas prête. »

Ron se figea. « Quoi? Pas prête pour quoi? »

Hermione recula son visage et leva les yeux vers ceux de son mari. Elle soupira. « Ron, notre discussion de l'autre soir, » commença-t-elle, « à propos d'avoir un deuxième enfant lorsque j'aurai un boulot enfin stable… Il faut que tu comprennes que je ne m'attendais pas à avoir cette promotion aussi tôt. »

« Ah. » Le regard de Ron quitta les yeux de sa femme pour fixer un point au mur au-dessus d'elle, cachant ainsi sa déception.

Hermione mordilla ses lèvres et poursuivit. « Et tu sais, avec tout ce qui arrive en ce moment —Andrews— je ne me sens pas prête à agrandir la famille. Je crois qu'il me faut un temps d'adaptation. »

Ron resta abasourdi et leva un sourcil.

« Un temps… d'adaptation? »

Hermione fronça les sourcils devant le ton que Ron avait utilisé; interrogateur, à la limite de la condescendance.

« Eh bien, oui. Un temps d'adaptation. Tu sais… quelques semaines, voire quelques mois… un an ou deux tout au plus— »

« Oh, hé, Hermione! » L'arrêta soudain Ron. « Deux ans? Tu es sérieuse? Merde, Andrews aura 6 ans, tu te rends compte? »

Hermione recula d'un pas et croisa les bras. « Oui, et alors? Où est le problème? » Ce n'était pas une course.

Ron la regarda, ses grands yeux bleus écarquillés. « Le problème? Le problème est que je ne peux pas attendre si longtemps! »

« Répète-moi ça? Tu ne peux pas— »

« Non, je ne peux pas! » Ron commençait vraiment à s'énerver. Il passa une main agitée dans ses cheveux roux. « Je ne veux pas attendre si longtemps. Hermione, je veux un deuxième enfant de toi, maintenant. »

Hermione soupira. Ron voulait qu'ils agrandissent leur famille alors qu'il se comportait lui-même en enfant.

Cette fois, ce fut Hermione qui eut un ton de voix condescendant. « Ron, comprends-moi, j'ai besoin d'un temps d'adaptation. Et toi aussi, je crois. Tu n'as pas encore totalement pris conscience de ce que cela impliquait pour nous, pour Andrews. Nous avons tous besoin d'un temps d'adaptation— »

« Oh, veux-tu bien me foutre la paix avec ton temps d'adaptation? TU en as besoin! Pourquoi est-ce que tes besoins passeraient-ils avant les miens? »

« Qu'est-ce que tu insinues? » Demanda Hermione en claquant la langue, réellement en colère cette fois. Elle reconnaissait une pointe lorsqu'elle en recevait une.

Ron n'hésita pas. Si elle voulait ouvrir cette porte, alors grand bien lui fasse!

« Tu le sais très bien; c'est toujours toi, Hermione! Toi, toi, toi! Tes études, ton boulot, ta carrière! Toi! » De vieilles rancunes ressurgissaient de la part de Ron.

Hermione encaissa le reproche avec amertume. Il avait un point; leur vie de couple avait souvent tournée autour d'elle et de ses besoins. Néanmoins, des compromis avaient été faits des deux côtés. Elle tentait d'accommoder Ron et sa carrière de Quidditch du mieux qu'elle le pouvait. Et ne lui avait-elle pas donné un enfant lorsqu'il lui avait demandé de devenir père, il y avait de cela 5 ans? Oh, comment osait-il l'accuser de la sorte?

« Ah, oui, hein? Moi, moi, moi. Mes besoins, mes choix… Moi, responsable de tous tes malheurs, c'est ça? J'imagine que c'est de ma faute aussi, si notre fils est Cracmol? »

Les mots firent l'effet d'une claque mentale pour Ron, qui devint blême.

« Je n'ai pas dit ça, » se rattrapa-t-il.

Mais Hermione était trop en colère pour se censuré. « Tu l'as sans doute pensé! » Cria-t-elle sans réfléchir. L'accusation mit Ron hors de lui. Il voulut la blesser autant qu'elle venait de le faire, et sans peser les conséquences, il s'exclama :

« Eh bien, tu veux savoir? C'est sans doute une possibilité! »

CLAC!

Hermione n'avait pu retenir sa main et venait de gifler Ron de toutes ses forces. Elle rageait totalement. Ron, lui, tenait sa joue endolorie et regardait Hermione avec colère, de la haine dans les yeux. Haine qu'elle lui rendait bien.

« Voilà donc ta solution, » cracha-t-elle. « Pour ton deuxième enfant, va donc voir une 'sang-pure'! »

Puis, elle partit sans demander son reste. À peine quelques minutes plus tard, elle claquait la porte d'entrée, ses valises derrière elle.


À suivre…