Disclaimer : Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à J.K. Rowling.
Cracmol
Chapitre 6- Séparation
Toc. Toc. Toc.
Hermione, vêtue d'un jeans blanc, d'une blouse bleu pâle et de son manteau moldu beige, attendait patiemment qu'un de ses parents vienne répondre à la porte. Dans l'auto, elle avait rapidement séché ses larmes, afin que sa mère ne lui pose aucune question. Celle-ci arriva rapidement pour lui répondre.
« Hermione! Comment vas-tu, ma chérie? Allez, entre. »
« En fait, maman, je n'ai pas beaucoup de temps. Andrews est prêt? »
Jane sembla surprise, mais ne discuta pas. Elle appela Andrews et alla chercher les affaires du petit.
« Maman! » Cria l'enfant en sautant dans les bras de sa mère, tout sourire.
Hermione étouffa un sanglot. Andy lui faisait atrocement penser à Ron et pour le moment, Ron était un sujet qu'elle essayait d'oublier. Luttant pour retenir ses larmes, elle remercia brièvement sa mère lorsque celle-ci revint avec les affaires d'Andrews, prit la main de son fils et s'enfuit rapidement jusqu'à sa voiture.
Toc. Toc. Toc.
« Chérie, ça cogne encore à la porte. »
« J'y vais, j'y vais! »
La vieille dame alla ouvrir la porte d'entrée.
« Ron? »
« Bonjour, Jane. Hermione serait-elle ici, par hasard? »
Le gendre de Jane semblait épuisé et résigné. Il portait qu'un simple jeans bleu et un t-shirt blanc sous un manteau de cuir noir entrouvert.
« Oh, euh, non. Elle est passée prendre Andy tout à l'heure, mais elle est repartie aussitôt. Pourquoi? »
« Pour rien, » répondit le rouquin en forçant un sourire. « Désolé de vous avoir dérangé. Je vous remercie, au revoir. »
Puis il se retourna afin de partir sans demander son reste.
« Mais… attends! Ron, attends! Il se passe quelque chose? » Demanda avidement la mère d'Hermione, inquiète.
« Qu'est-ce qui se passe, ici? » Même Jack, le père d'Hermione, avait rejoint sa femme et questionnait le jeune Weasley. Ron se força à rester et leur répondre avec le sourire.
« Non, il n'y a rien. Tout va bien; on s'est seulement mal compris, Hermione et moi. » Il hésita. « Euh, je croyais qu'elle m'attendrait ici, mais elle est sans doute retournée à la maison. Encore merci! »
Il tenta de s'éclipser, mais la voix de Mrs. Granger le retint. « Elle semblait pressée, quand elle est venue chercher le petit, » avoua la mère d'Hermione.
Ron hésita. Les parents de sa conjointes semblaient déjà se douter que quelque chose clochait. « Et elle ne vous a dit où elle allait? »
« Non. Désolée. »
« Ce n'est pas grave. Merci, et au revoir. »
« Bye! »
Ding. Dong.
Hermione était littéralement en pleurs lorsqu'Harry vint lui ouvrir. Elle avait Andrews dans les bras et bien que le petit ne comprenne rien de ce qui se passait, son humeur reflétait celle de sa mère. Il avait passé ses bras autour de son cou et sa tête reposait contre l'épaule d'Hermione. La vision qu'ils donnaient fit peur à Harry.
« Par Merlin, Hermione, que t'était-il arrivé? » Demanda-t-il, réellement inquiet.
Pour toute réponse, Hermione fondit dans ses bras, pleurant davantage. Surpris, Harry essaya de la consoler du mieux qu'il put, mais cela ne suffit pas.
« Ginny! Ginny, viendrais-tu ici? »
« Qui est-ce? » Demanda la voix de sa femme.
Mais lorsque la rouquine arriva, elle remarqua vite la situation délicate de son mari. Celui-ci lui fit signe d'avancer, puis, gardant Hermione contre lui, il prit Andrews d'un bras, le décrochant du cou de sa mère et le passa à Ginny. Le petit se laissa faire sans problème, regardant tristement sa mère. Dès qu'il atterrit dans les bras de Ginny, il enlaça aussitôt le cou de sa marraine de ses deux petits bras.
Harry, lui, en profita pour enlacer davantage Hermione et la conduire dans le salon. La pauvre pleurait encore beaucoup, mais elle parvint enfin à parler. « Je suis désolée. Je ne savais pas où aller. »
« Chuuut, » répliqua Harry. « Tu as bien fait de venir ici. Ma puce, qu'est-ce qui se passe? »
Hermione regarda son petit ange, qui était encore dans les bras de Ginny et ses pleurs redoublèrent. Le couple, inquiet, échangea un regard et, sous un accord silencieux, Ginny s'en alla avec Andrews.
Harry passa un bon moment à consoler Hermione, la berçant doucement dans ses bras et en lui caressant les cheveux, comme un grand frère l'aurait fait avec une petite sœur en peine. Hermione se laissa faire, calmant ses pleurs progressivement.
« Hermione, » tenta Harry après un moment. « Explique-moi ce qui ne va pas. Tu nous inquiètes. »
Harry avait spécifié le 'nous' car, Ginny était de retour dans le salon, seule.
« Où est Andrews? » Demanda la brunette en reniflant. « Comment va-t-il? »
« Il va bien, » répondit doucement Ginny en prenant place sur le divan, une main posée sur le genou droit d'Hermione. « Il est avec les filles et il semble aller beaucoup mieux que toi. »
Hermione rigola malgré ses sanglots. D'une main, elle essuya ses joues humides. « Je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger. »
« Hey, non. » Contra Harry. « Tu ne nous dérange pas du tout. »
Doucement, fraternellement, il replaça une mèche de cheveux bouclés derrière l'oreille d'Hermione. Celle-ci le regarda dans les yeux et lui fit un faible sourire.
« C'est à cause de Ron? » Devina-t-il soudain. La dernière fois qui avait vu Hermione pleurer autant était lors de leurs années à Poudlard et que, tentant de refouler leur attraction, Ron et Hermione se chamaillaient sans cesse.
Hermione ferma douloureusement les yeux, déversant par le fait même de nouvelles larmes.
« Oui et non. » Harry et sa femme échangèrent un regard.
Puis, entremêler de sanglots et de tremblements, Hermione leur raconta tout. Du verdict du médecin diagnostiquant Andrews comme étant un Cracmol, jusqu'aux propos de Ron où il l'accusait d'en être la cause. Harry et Ginny l'écoutèrent sans l'interrompe, du début à la fin.
Ding. Dong.
Les trois amis sursautèrent au son de la sonnette.
« C'est sûrement Ron, » déduisit Ginny.
« Je ne veux pas le voir! » S'écria Hermione, paniquée.
« Je m'en occupe, » annonça le Survivant en se dirigeant vers la porte d'entrée. « Ginny, emmène Hermione dans la cuisine. »
Ding. Dong.
« Oh, voilà, j'arrive. »
Ding. Dong.
Ding. Dong.
« Ça suffit, oui! » Gronda Harry en ouvrant la porte.
Ding. Dong.
Ron, surprit, n'avait pu retenir son élan et son doigt appuya une dernière fois sur la sonnette.
Les deux amis restèrent là, à se dévisager pendant un instant, sans qu'aucun des deux ne prononce un seul mot. Ils s'évaluèrent du regard. Harry avait l'air déterminé et relativement en colère contre Ron. Pourtant, après quelques minutes, son regard se radoucit. Ron semblait totalement désemparé, ses cheveux en bataille et ses yeux rougis et vitreux.
« Elle est là? » Demanda-t-il simplement.
Harry soupira. « Ouais. Allez, viens. »
D'une main, il referma la porte d'entrée et de l'autre, il agrippa l'épaule de Ron, le retournant et le poussant vers les escaliers du balcon, le suivant de près. Ils s'assirent dans les marches, côtes à côtes. Aussitôt, Ron posa ses coudes sur ses cuisses et sa tête dans ses mains, agrippant ses cheveux.
Harry lui frappa le dos gentiment et figea son regard sur l'horizon.
« Elle t'a tout raconté. » Dit Ron après un moment.
C'était plus une affirmation qu'une question, mais Harry répondit néanmoins. « Oui. »
« Alors tu sais qu'Andrews est un—? » Il ne termina pas sa phrase, sa voix se brisant sous l'émotion.
« Oui. »
« Et elle t'a aussi raconté pour—? »
« Oui. »
Ron soupira bruyamment. Il releva la tête et regarda son ami. « J'ai vraiment merdé, Harry. Je n'ai pas voulu dire tout ça. Ça sortit tout seul; je ne voulais pas— »
« Je sais. »
Ron parut surpris. « Oh. »
Harry eut un faible sourire devant l'air ébahi de son meilleur ami, mais il resta silencieux. Il ne jugeait pas, mais il ignorait quel genre de conseils il pouvait donner en de pareilles circonstances.
Ron se racla la gorge. « Et, euh… Elle m'en veut beaucoup? »
Harry lança un regard à son ami, et celui-ci rougit.
« Plutôt, ouais! » Répondit doucement le Survivant, ne voulant pas mentir à Ron.
« Ohh… » Ron se lamenta en replaçant sa tête entre ses mains. « Je suis un vrai idiot! »
« Oh, oui. Ça, tu en es un! » Sourit Harry.
Ron eut un soubresaut de rire, mais bien vite, Harry se rendit compte que son rire s'était transformé en pleurs.
« J'ai vraiment tout gâché! »
« Non, » répliqua Harry en lui frappant gentiment sur l'épaule. « Ça va aller, vieux! Ça va s'arranger, tu verras. »
Les deux hommes restèrent un long moment silencieux, dans un semblant d'étreinte masculine sur les marches du balcon. Ni un ni l'autre ne se rendit compte des deux yeux dorés et curieux qui les regardait par-delà la fenêtre.
« Andrews, éloigne-toi de la fenêtre! »
Hermione était dans la cuisine, deux tasses de thé fumant devant elle. Andrews, Jasmine, Siriane et Lily étaient venues la rejoindre alors que Ginny était partie changer le petit Albus. Entendant les voix à l'extérieur, Andrews s'était rapproché de la fenêtre.
« Mais maman, il y a papa avec oncle Harry à l'extérieur. Et il pleure, » rapporta l'enfant.
Bouleversée, Hermione regarda son fils avec de grands yeux surpris. « Qui pleure? » Demanda-t-elle inutilement.
« Papa, » répondit néanmoins le gamin.
Les deux hommes étaient toujours assis sur la première marche de l'escalier menant à la porte d'entrée. Ron ne pleurait plus vraiment, mais ses yeux étaient toujours humides. Il avait le regard fixé sur l'horizon et il racontait à Harry sa propre version des faits. Harry avait ses bras croisés, accotés sur ses cuisses et regardait le profil de Ron, l'écoutant sans le juger.
« Je n'ai jamais pensé que mon Andy était une 'erreur'. Je ne lui en veux pas d'être Cracmol. Je veux dire, c'est un coup dur, mais je sais bien que ce n'est pas de sa faute et je l'aime toujours autant. Oh, Harry, si tu savais à quel point je l'aime! »
« Je le sais, Ron. Et Hermione aussi le sait! Tu es un père formidable. »
Le rouquin eut un sourire triste. « Il n'empêche, » continua-t-il, « qu'Hermione à raison pour une chose; je crois que j'ai besoin d'un temps d'adaptation avec Andy, pour enfin accepter tout ça. Mais ça n'a aucun rapport avec le fait d'avoir un autre enfant… si? »
Harry hausse les épaules. « Eh bien, j'imagine que c'est différent pour les mères. Quand Ginny était enceinte d'Albus, la quantité d'énergie qu'elle pouvait consacrer aux filles à considérablement diminuée. Et ce n'est rien, comparé à ce que vous, vous vivez. Si Hermione dit qu'elle n'est pas prête pour un autre bébé et qu'elle souhaite plutôt avoir du temps pour digérer la nouvelle, c'est que ça a de l'importance pour elle. »
« Ça en a, » approuva la concernée.
Surpris, les deux hommes se retournèrent pour tomber face à face avec une Hermione un peu fragile. Aussitôt, Ron bondit sur ses deux pieds et se rapprocha de la jeune femme.
« Hermione. »
Hermione croisa les bras sur sa poitrine et détourna le regard. Son langage corporel agissant comme un mur qui força Ron à s'arrêter à quelques pas d'elle. Harry, qui était toujours présent, se leva et entra tout bonnement dans sa demeure.
« Où tu vas? » S'exclama Ron.
« Bonne chance! » fut l'unique réponse du Survivant avant que celui-ci ne ferme la porte.
Hermione et Ron rigolèrent, puis étonnés, ils se regardèrent. Ron eut un faible sourire et passa nerveusement une main dans ses cheveux.
« Comment vas-tu? » Demanda-t-il gentiment.
Hermione haussa les épaules. « Ça va, » mentit-elle.
Ron fronça les sourcils, mais ne releva pas le mensonge. « Comment va Andy? »
Hermione leva une main et essuya ses yeux avant de répondre. Elle s'avança vers les marches de la galerie et accota sa tête contre un poteau.
« Il, euh, il ne comprend pas trop ce qui se passe. »
Ron, qui était maintenant derrière elle, se rapprocha. « Hermione— »
« Écoute Ron, » le coupa-t-elle. « J'ai besoin de temps pour… analyser tout ça. »
Elle se retourna et regarda son mari. 'Tout ça', elle voulait dire 'eux, leur couple.'
Ron déglutit, mais acquiesça néanmoins. « Oui, eh bien, je vais t'en donner. »
Hermione sembla étonnée. « Tu ferais ça? » Où était l'homme prêt à se battre pour elle?
« Oui, bien sûr. » Qu'elle ne vienne pas lui dire qu'il n'essayait pas de faire des efforts!
« Oh. » Elle respira profondément. « Bien. J'avais pensé amener Andrews chez ma mère avec moi. Tu pourras venir le chercher, disons, samedi prochain. Une semaine de garde partagée chacun, ça te va? »
Bien évidemment que cela ne lui allait pas! Mais quel autre choix avait-il?
"Ça me va," répondit Ron d'un ton qui se voulait indifférent, espérant que cela le ferait paraître plus mature. Hermione mordilla ses lèvres et retint un sanglot.
À suivre…
