Disclaimer : Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à J.K. Rowling.
Cracmol
Chapitre 8- Acceptation
« Uhm, » reprit-il, tentant d'ignorer leur public. « Je t'invite à souper? »
« À souper? » S'étonna Hermione. « Enfin, tu m'as vu? Je ne suis pas en état de sortir! »
Ron secoua la tête. « Je te trouve parfaite, moi, » répondit-il sincèrement, mais tout en sachant que sa réponse était ô combien séductrice.
« Oh, doux Merlin, quel homme! »
« Shelsy! » S'étouffa Hermione, les yeux ronds. Quelques patients ricanèrent de plus bel.
Ron aussi, même s'il était une fois de plus gêné, ne put s'empêcher de rire. Il fut rapidement suivi par Hermione.
« De toute façon, » reprit Ron, « je t'invitais à souper à la maison. »
« Oh, » rougit Hermione, souriante.
« Dis oui, maman, » plaida Andrews.
« Allez, dites oui! » Enchaîna la veille dame.
Hermione la regarda, une fois de plus, abasourdit. « Je te remercie, Shelsy. »
« Désolée, » marmonna celle-ci en se cachant derrière son bureau, néanmoins toujours aussi souriante.
Hermione secoua la tête et cligna des yeux, ahurie par le comportement amusant, mais gênant, de sa collègue. Ron rigola.
« Alors? Tu viens, ou pas? » Demanda Ron.
« Eh bien, je suppose que ce n'est pas une si mauvaise idée que ça, » répondit-elle fébrilement.
Mais qu'avait-elle donc? Pourquoi était-elle aussi nerveuse? Elle se sentait comme une jeune adolescente qui allait pour la première fois à un rendez-vous. 'Calme-toi Hermione, c'est ton mari, enfin. Ron! Le même Ron que tu connais et que tu aimes depuis… depuis tellement longtemps maintenant!'
Lorsqu'Hermione entra dans sa maison, elle se sentit immédiatement à l'aise. Doucement, elle fit glisser ses doigts tout le long du dossier du divan. La décoration, l'ambiance, l'odeur. Tout lui était familier. C'était son chez elle et Merlin qu'elle y était bien. Comment avait-elle pu oublier?
Ron arriva derrière elle, tenant Andrews par la main. Alors qu'elle retirait son manteau, elle regarda son mari enlever celui de leur fils avant de s'occuper de lui-même.
« Va jouer un peu, Andy. Le repas sera bientôt prêt. »
« D'accord, papa, » sourit l'enfant avant de partir à la course vers sa salle de jeu. À peine avait-il franchi la porte du salon qu'il revint sur ses pas. « Je suis content que tu sois revenue à la maison, maman! » Dit-il avec toute l'innocence enfantine qu'il possédait.
Pour unique réponse, Hermione lui sourit. Alors qu'elle avait encore le regard fixé à l'endroit où Andrews se tenait plus tôt, elle sentit Ron passer derrière elle.
« Moi aussi, je suis content que tu sois de retour, » lui murmura-t-il à l'oreille.
« Ron, » commença-t-elle, voulant le prévenir de ne pas sauter aux conclusions trop vite, mais celui-ci s'enfuyait déjà vers la cuisine.
Le rouquin s'activait dans la cuisine depuis une bonne demi-heure déjà. Hermione, elle, relaxait calmement, allongée sur le divan, sous les ordres de Ron. Après un moment, elle s'y endormit. Quand Ron vint pour la prévenir que le repas était prêt, il n'eut pas le cœur de la réveiller. À la place, il la prit dans ses bras et la monta jusque dans leur chambre. Il lui retira ses chaussettes et ses jeans, lui laissant son t-shirt. Il la borda tendrement, l'embrassa sur le front, ferma la porte et les lumières et redescendit à l'étage. Il soupa avec Andrews pour seule compagnie. Plus tard dans la soirée, après avoir passé une partie de son temps à jouer avec son fils, il lui fit prendre un bain et le coucha. Il se dirigea ensuite vers sa chambre.
Hermione y dormait toujours, tel un ange. On aurait dit que ça faisait une semaine qu'elle n'avait pas fermé l'œil. Faisant le moins de bruit possible, il se déshabilla et entra sous les couvertures à son tour, se laissant emporter par le sommeil. Cependant, avant de sombrer dans les bras de Morphée, il sentit le corps souple et chaud d'Hermione venir se coller contre le sien. Souriant, il s'endormit, enfin en paix.
Hermione ouvrit un œil, puis un deuxième. Féline, elle s'étira. Puis, réalisant enfin où elle était, elle se redressa d'un seul coup, complètement réveillée.
« Hey, enfin réveillée? » Hermione tourna son attention vers Ron, qui entrait dans la chambre de dos, poussant la porte avec un pied, un plateau rempli de nourriture dans les mains. « Tu t'es endormie sans manger hier soir; j'ai pensé que tu aurais faim, » lui expliqua-t-il gentiment.
Hermione mordilla ses lèvres. « Merci, » dit-elle, mal à l'aise. Elle se sentait comme si elle ne méritait pas le mari qu'elle avait; depuis les deux dernières semaines, elle avait forcé une distance entre eux, une distance qui les avait blessés tous les trois, et voilà qu'il était intentionné et qu'il s'occupait d'elle et de ses besoins comme au premier jour de leur relation.
Freinant ses sombres pensées, elle se concentra sur son estomac qui criait 'famine'.
« Ça sent drôlement bon! »
Le plateau que Ron lui avait apporté était rempli de choses qu'elle adorait. Des Muffins aux bleuets, des crêpes avec du sirop d'érable, des œufs au bacon, un thé bien fumant et un jus d'orange.
« Et voilà pour toi, » dit-il en déposant le plateau sur ses genoux. Il prit place à ses côtés et lui vola un muffin. « Bien dormi? » Demanda-t-il, innocemment.
Hermione regarda son mari et fronça les sourcils. « Ron, » soupira-t-elle, « cesse d'agir comme si tout était normal. »
Le rouquin perdit son air aimable, mais il ne se laissa pas démonter. À la place, il se leva du lit, le contourna, et alla fouiller dans sa table de chevet.
« J'ai trouvé ceci pour toi; pour nous, » dit-il simplement, sans plus d'explication. « Bien sûr, ce n'est pas grand-chose, mais c'est un début. »
Il lui tendit un pamphlet bleu pâle.
« Qu'est-ce que c'est? » Demanda Hermione, sa curiosité piquée.
Ron lui sourit doucement. Il embarqua sur le lit et resta à genou, ses fesses accoté sur ses talons, à ses côtés. Il était vêtu d'un simple boxeur noir et d'un t-shirt gris, ses cheveux encore tout emmêlés.
« C'est une école. »
« Une école? »
« Pour les enfants Moldus, » continua-t-il, « l'une des meilleures de Londres. »
Hermione le regarda, ses grands yeux brillants, estomaquée. « Comment as-tu trouvé ça? »
Ron fit la moue, vexé. « J'ai fait quelques recherches! »
« Vraiment? » Hermione était réellement surprise, mais se rendant compte que sa stupéfaction vexait son mari, elle rigola et cacha un sourire derrière la paume de sa main.
Ron l'ignora et continua : « C'est vraiment fou, tout ce que les Moldus peuvent faire comme métiers! Dans le fond, ils ont beaucoup plus de choix que nous. Et plusieurs semblent très bien et très intéressants. Je verrais bien Andy devenir avocat, ou encore orthodontiste, ou bien scénariste, ou bien— »
« Ron. »
« Astronaute. Écrivain. Pompier. »
« Ron! »
« Dresseur de lions. »
« RON! »
« Oui? »
« Tu n'imagines pas vraiment notre fils dresseur de lions, n'est-ce pas? » Demanda-t-elle, inquiète par ses derniers propos.
« Non, bien sûr que non, » rigola le rouquin.
Hermione sembla soulagée. Elle ne put s'empêcher cependant de répondre au sourire que son mari lui lançait.
« Ce que je veux dire, ma chérie, c'est que je m'en fous qu'Andy ne devienne ni Auror, ni joueur de Quidditch, ni quoi que ce soit d'autre. Cet enfant à tout pour réussir, que ça soit dans le monde magique ou dans le monde moldu. Il vient tout juste d'avoir 4 ans et déjà, il m'emplit de fierté. »
Hermione sourit, émue. Le discours de Ron lui donnait pratiquement les larmes aux yeux.
« Qui suis-je pour croire qu'il ne sera pas heureux dans le monde moldu? Je ne le connais même pas, ce monde, et si ça se trouve, il sera beaucoup plus savant que la totalité des enfants sorciers de sa génération. Je l'aime, Hermione. Et j'ai enfin compris… »
« Qu'est-ce que tu as compris? » Demanda-t-elle d'une voix tremblante, des larmes de joie coulant sur ses joues.
Ron lui fit un doux sourire. « J'ai compris qu'être Cracmol n'était pas un handicap, mais bel et bien un atout. »
« Oh, Ron! » Sans même se préoccuper du plateau de nourriture, Hermione se tourna vers lui, enlaça son cou et attira sa bouche vers la sienne. Ils se perdirent dans un baiser passionné. Hermione s'était redressée sur ses genoux et ils étaient maintenant face à face. Elle emprisonnait son visage de ses mains alors que Ron lui avait encerclé la taille et la tenait serrée contre lui.
« Je t'aime tant, » souffla Hermione contre ses lèvres.
« Je… t'ai… 'ssi, » réussit à articuler Ron, de peine et de misère, les baisers d'Hermione sur ses lèvres coupant la moitié des mots.
« Maman? Papa? »
Ils cessèrent aussitôt de s'embrasser et s'éloignèrent l'un de l'autre, regardant tous deux vers le même endroit. Andrews, toujours vêtu de son petit pyjama blanc et bleu, venait d'entrer dans leur chambre. Il regardait d'un air désolé le plateau de nourriture étalé sur le plancher de la chambre.
« Oh, ce n'est pas bien grave, » assura Hermione. Puis, elle se leva et alla chercher sa baguette dans les poches de jeans que Ron avait laissé au sol. D'un simple sort, elle nettoya tout, ramenant la nourriture dans leurs assiettes respectives. « Et voilà! »
« Tu as faim? » Demanda Ron à son fils, qui acquiesça aussitôt. « Viens là! »
Il s'assit dans le lit et fit signe à son fils de venir le rejoindre. Celui-ci sauta aussitôt entre les draps. Hermione leur amena le plateau et prit place dans le lit à son tour. Le tableau était parfait; les deux parents, réconciliés, assis de chaque côté de leur fils bien-aimé!
La journée fut idéale. Ils passèrent tout leur temps avec Andrews. Après le petit déjeuner, ils allèrent chercher les affaires d'Hermione chez ses parents. Ceux-ci, ravis de voir leur fille et leur gendre à nouveau réunis, les avaient invités à dîner. L'après-midi avait été plutôt calme, profitant d'un moment de détente près du feu. Puis, finalement, Hermione eut droit à son souper qu'elle avait manqué la veille. Ce fut Hermione qui mit Andrews au lit, lui contant quelques histoires que Ron écouta, accoté nonchalamment, les bras croisés, sur le cadre de la porte.
« Bonne nuit, mon cœur. »
« Bonne nuit, maman! »
« Bonne nuit, Andy. »
« Bonne nuit, papa! »
Laissant la porte entre-ouverte, Hermione et Ron sortirent enfin de la chambre.
« Tu as l'air épuisé, » constata Hermione ses yeux allant sur Ron.
« Non, ça va, » répondit Ron en souriant, mais Hermione ne fut pas dupe.
« Viens avec moi, je vais te faire couler un bain. »
Ron sembla réfléchir à l'idée quelques secondes, puis il accepta. « Tu restes avec moi? » Demanda-t-il d'une voix suave.
« Toujours, » répondit Hermione d'une voix câline.
À peine quelques minutes plus tard, ils étaient dans leur immense baignoire, des bulles flottant dans l'eau et quelques chandelles éclairant la pièce, rendant l'atmosphère des plus romantique. Hermione était entre les jambes de Ron, sa tête reposant contre son épaule musclée, les yeux clos. Ron, pas plus réveillé, se contentait de caresser Hermione sensuellement, sur tous les endroits qu'il atteignait. Les doux soupirs d'Hermione sonnaient comme une agréable musique à ses oreilles.
« Ron, » ronronna-t-elle après un moment de douce torture.
« Oui? » Répliqua-t-il d'une voix rauque.
Hermione se redressa et tourna la tête vers lui, plongeant ses yeux noisette dans son beau regard bleu océan. Alors que Ron qui ne pouvait plus tenir devant sa beauté s'approcha d'elle pour l'embrasser, Hermione se recula. « Attends » Puis, sans crier gare, la jeune femme se dressa sur ses pieds et sortit de la baignoire.
« Où tu vas? » Demanda Ron, sans pouvoir cacher sa déception… et son désir.
Hermione attrapa quelque chose au sol, puis elle se retourna vers lui. Ron déglutit. Elle était vraiment belle, là, comme ça, nue, trempée, éclairée par la seule lueur des chandelles. Mais ce qui le fit avaler de travers fut ce qu'elle tenait dans sa main droite; sa baguette magique. Elle murmura une courte incantation tout en pointant son ventre plat. Une lumière bleue l'enveloppa un instant, avant de s'estomper aussitôt.
Le sort de contraception. Elle venait de le retirer.
Féline, elle avança vers Ron et reprit sa place entre ses jambes, désormais face à lui. Posant une main délicate sur sa mâchoire carrée, elle lui tourna la tête, embrassant quelques moments son lobe d'oreille. Ron gronda de plaisir. Puis, laissant ses lèvres effleurer sensuellement sa peau, elle lui chuchota, tel le plus précieux des secrets :
« Fais-moi un enfant, Ron. »
Fin.
N/A: Épilogue à venir...
