TITRE : La mélodie du renouveau
AUTEUR : Kira
GENRE : Romance
BASE : Gravitation
Chapitre 4
La grande roue continuait sa route, lentement... L'une des cabines semblait plus calme et silencieuse que les autres, en y regardant bien deux hommes s'y trouvaient. Ils étaient assis côte à côte. L'un deux semblait fixer l'autre, tandis que ce dernier fixait l'extérieur visiblement plongé dans ses pensées.
Hiroshi était encore sous le choc et le charme de cet instant. Il n'arrivait à croire cela; son manager venait de l'embrasser. Ce baiser avait été si doux, si tendre, emplit de passion et de timidité. Il en avait eut la tête qui lui tournait, même encore maintenant, il se sentait encore étourdit. L'auburn ne savait quoi dire surtout après que K se soit écarté, qu'il se soit détourné de lui; il semblait complètement ailleurs à présent.
En effet, l'américain était ailleurs. Complètement perdu dans le méandre de ses pensées, le dédale de ses craintes. Il avait enfin laissé libre cour à ce qu'il ressentait au plus profond de son coeur, il n'avait pas eut les mots pour le dire, mais la force d'enfin faire un pas vers son guitariste. Mais étrangement, au lieu de se sentir soulagé, il se sentait mortifié. Il craignait qu'Hiro le rejette, le traite de fou complètement pervers.
Un long soupir passa ses lèvres alors que son regard perdit de vue l'océan qui étincelait de milles feux sous le soleil couchant. Il sentait le regard de son cadet sur lui, mais il se refusait à l'affronter. Il ne voulait y retrouver dégoût et colère, il ne se sentait capable d'affronter et de supporter cela. K n'arrivait à prononcer un seul mot, sa gorge était sèche et complètement nouée. Cela était stupéfiant pour lui; il n'avait été aussi stressé et anxieux, la dernière fois remontait à la naissance de son fils. Cela faisait de longues années à présent et encore maintenant, il ne comprenait pas...
Hiro sera sa peluche fortement, la roue venait de se stopper et les passagers étaient priés de descendre. Son coeur se sera lorsque le blond se leva sans même lui jeter un regard, ni prononcer un seul mot. Lentement, le jeune homme se leva et suivit en silence son aîné; ils traversèrent ainsi le parc pour se diriger vers la sortie. Une fois sur le parking, ayant assez de ce mutisme délibéré de la part de son manager, l'auburn se lança.
Il devait prendre le taureau par les cornes, crevé cet abcès qui s'était soudain créé. Le musicien inspira longuement et fixa l'américain. Celui ci semblait chercher ses clés et pestait contre celles ci. Ses bras se resserrèrent sur l'énorme ours blanc, cherchant la force d'ouvrir la bouche, cherchant par là même les mots... Le plus calmement qu'il pu, il ferma les yeux et soupira à nouveau.
- K...» appela-t-il enfin en s'approchant de son manager. « Je crois qu'il...»
- Plus tard Hiroshi. » Coupa-t-il brusquement en retrouvant enfin les clés de la voiture.
Le blond mit les clés dans la serrure et déverrouilla la voiture. Il fuyait, pour la première fois de sa vie; il fuyait la personne qu'il désirait le plus, ne voulant entendre ce que celui ci avait à lui dire. Des reproches et des mots qu'il ne voulait entendre, risquaient de lui être jeter à la figure, cela il ne pouvait le supporter, surtout venant de la part de son cadet. Cela était pathétique, il était pathétique; K, le grand manager, ancien membre de la CIA avait peur d'un simple jeune homme. Pour lui s'était certainement le pire, même lors de mission, il n'avait ressentit cette peur...Il se faisait pitié...
Hiroshi était stupéfait, le blond évitait le sujet, il ne voulait l'écouter. Non, il ne le laisserait pas fuir, il devait avoir cette discussion, ce ne serait pas demain qu'il l'aurait, ça non, il l'aurait maintenant. Le guitariste savait se montrer plus têtu qu'une mule, plus entêté et effronté que n'importe qui; lorsqu'il avait une idée en tête, il ne l'avait pas ailleurs. Que K soit d'accord ou non, il lui dirait ce qu'il avait à lui dire; il l'obligerait à l'écouter jusqu'au bout.
Le musicien referma brusquement la portière de la voiture et poussa sans douceur le blond contre celle ci. Ce dernier se retourna plutôt surprit et perplexe, mais cela, Hiro s'en soucia guère. Il fixa droit dans les yeux son manager, se campant devant lui, ne lui laissant aucune issue possible pour s'échapper à nouveau. Son visage était on ne peut plus sérieux, son regard était déterminé et clair; une lueur étrange sembla y danser un instant.
- Maintenant.» Déclara-t-il d'un ton qui ne souffrait d'aucune réplique. « Et je ne vous laisserai pas fuir encore.»
- Hiro...» Gronda-t-il en regardant par dessus l'épaule de son cadet.
- Je ne veux rien savoir K. » Coupa sèchement le musicien. « Ce qui c'est passé là haut n'est pas rien, alors maintenant vous aller vous taire et m'écouter.»
- Depuis quand me donnes tu des...» Répondit alors le blond.
Hiroshi soupira exaspéré en entendant à nouveau K. Ce type était plus que têtu, lui aussi... Bien, il ne voulait pas l'écouter? Tant pis, il trouverait un autre moyen de lui faire entendre ce qu'il avait à dire. Sans autre forme de procès, l'auburn lâcha sa peluche et attrapa le col de son aîné, le coupant par là même dans sa tentative d'éviter le sujet. Il tira d'un cou sec l'américain et l'embrassa à pleine bouche, voulant ainsi le faire taire. Au bout de longues secondes d'un baiser passionné et tendre, Hiro s'écarta enfin, ravit de voir son manager muet comme une carpe.
- Je ne regrette pas ce qui c'est passé la haut...» Avoua-t-il d'une voix basse et douce. « Alors ne me fuyez pas... Pas maintenant...»
K resta muet comme une carpe, surprit par tout cela. Hiroshi venait de l'embrasser, il avait été si tendre et si passionné... Et maintenant il lui disait cela, qu'il ne regrettait rien... L'américain avait un peu de mal à croire cela, il se demandait s'il ne rêvait pas, s'il n'avait pas mal entendu. Pour en être certain, il se pinça durement le bras et grimaça sous la douleur. Hiro était toujours en face de lui et il le fixait avec sérieux, il pensait réellement ce qu'il disait...
Le blond poussa un long soupir en se passant une main dans les cheveux. Il devait se reprendre, ce n'était pas son genre d'agir ainsi, d'être comme une vierge effarouchée et cela ne lui plaisait pas d'ailleurs. Finalement, il se mit à rire doucement avant d'ébouriffer les cheveux de son cadet; il attira enfin le jeune homme contre lui et le sera dans ses bras. Il voulait le sentir contre lui, respirer son parfum s'assurer une dernière fois que ceci n'était pas un rêve.
- C'est promis mon petit Hiro.» Souffla-t-il doucement en ricanant encore un peu. « Tonton K est de retour, crois moi, tu risques de le regretter...»
- Baka...» Murmura le musicien contre son aîné.
Un petit soupir passa les lèvres du jeune homme, K était enfin lui même, il avait reprit du poil de la bête. Lentement, il se mit à rire alors qu'il s'accrochait à la taille de l'américain. Il releva la tête et dédia un grand sourire à celui ci. Tout était revenu comme avant; enfin presque. Soudain, son manager s'écarta de lui et se baissa. Il ramassa sa peluche et la lui remit dans les bras, son grand sourire à nouveau sur ses lèvres.
- Allez, on rentre. » Déclara le blond en ouvrant la portière. « Tout le monde en voiture, direction la maison. »
- H... Hein! » Interrompit l'auburn en ouvrant sa portière.
Le manager dédia un nouveau sourire à son petit Hiro l'agrémentant d'un clin d'oeil. Il monta et prit le volant, attendant patiemment que son cadet en face de même. Ceci fait, il fit une marche arrière et reprit la route. Le jeune homme fixait intensément K, se demandant ce qu'il voulait dire par rentrer à la maison...
- A la maison? » Répéta-t-il insistant.
- Hm... A la maison.» Confirma le blond en gardant son regard sur la route. « Cela te gêne si je t'invite à dîner? »
Pour toute réponse, K n'obtint qu'un hochement de tête et un léger sourire. Hiroshi resta silencieux comprenant enfin ce que voulait dire son aîné. Les deux hommes rentrèrent enfin sur Tokyo, la nuit était bien tombée et les rues se paraient de milles couleurs. La vie diurne laissait la place à la nocturne, les costumes avaient été troqués pour des tenues décontractées.
La voiture s'arrêta enfin, K descendit du véhicule et ouvrit le garage. Il s'y gara et coupa le moteur. Leur voyage avait été calme, ils avaient un peu discuté de choses somme toute trivial, mais cela n'était pas important, ils faisaient ainsi un peu plus connaissances, découvrant ainsi de nouvelles choses sur l'autres. L'américain sortit et alla ouvrir aussitôt à son cadet; ce dernier fut assez surprit de cette attention et l'accueillit d'un petit sourire.
Hiroshi se laissa guidé et pénétra enfin dans la maison de son manager. Il ne put s'empêcher d'observer autour de lui, curieux et avide de découvrir de nouveaux détails sur la vie de son aîné. C'était assez étonnant, hormis les cadres qui renfermaient des armes ou des gravures d'armes, on auraient pu croire que K était un homme on ne peut plus normal. Cette maison semblait différente de l'attitude qu'affichait ce dernier, une décoration soft, sans être trop chargée. Des meubles en pin, pas un gramme de poussière et tout parfaitement en ordre.
Le blond ne manqua pas le regard surprit et intéressé du musicien, cela était amusant à voir. A vrai dire, il se doutait qu'Hiro devait avoir une autre idée quand à l'aménagement de son logement, devant s'attendre à voir des armes partout, des vêtements jonchant le sol, des cannettes de bière de ci de là et un fouillis monstre. Mais il aimait surprendre, il se devait d'être ainsi; en y repensant bien, cette minutie lui avait été inculquée, il se devait d'être ainsi, sinon, il aurait signé son arrêt de mort.
- Allez, donnes moi ta veste et on va passer au salon.» Déclara-t-il finalement en prenant la chemise d'Hiro.
Le musicien se laissa faire et attendit patiemment son aîné; ceci fait, ils passèrent au salon. Il prit place sur le canapé en rotin que lui montra celui ci et croisa les jambes. K partit dans la cuisine et revint avec deux canettes de bière. L'auburn eut un léger sourire et prit la boisson qui lui était tendu. Son regard resta posé sur l'américain qui venait de s'asseoir sur le fauteuil.
- Désolé, je n'ai pas fait les courses, il ne me reste que ça à boire. » Annonça celui ci en riant comme toujours, de façon excessive.
- C'est parfait, il n'y a pas mieux pour se désaltérer. » Répondit le jeune homme en ouvrant sa canette.
Hiro se gifla devant sa réponse. Il n'avait rien trouvé de mieux à dire, c'était stupide... Un long soupir passa les lèvres d'Hiro, la pièce était à présent plongée dans le silence; aucun des deux hommes ne savaient quoi dire. Finalement, ils terminèrent leur bière et l'américain se leva, annonçant qu'il allait préparer le repas. Le guitariste hocha simplement la tête et observa le blond quitter la pièce, se laissant couler dans le canapé.
A SUIVRE…
