Le secret d'une sorcière
Chapitre 1 Moi, Angelina
Si je me décide enfin à écrire ces lignes, c'est avant tout, je le crains, par pur égoïsme. Si je consens enfin à parler de ce lourd secret qui étreint mon coeur, c'est parce qu'au fond de moi, j'ai l'espoir assez illusoire de me libérer de ce manque, de cette douleur qui me hante à chaque instant. La source de cette douleur est pourtant la plus belle chose qu'il m'ait été donné de vivre. Ne dit-on pas que la fin d'un immense bonheur est suivie d'une peine qui sera aussi, sinon plus grande? Comme si, pour avoir mérité d'être heureux, il fallait souffrir en retour afin que l'équilibre soit rétabli. Maintenant, je suis donc en train de régler ma dette. A qui? je l'ignore ...
Je vais donc livrer dans un récit, une lettre, qu'importe, quelque chose que je suis la seule à savoir mais avant d'en venir à cette période de ma vie, je dois quand même mentionner certains éléments de mon histoire personnelle.
Je m'appelle Angelina et en ce mois d'Août 1996 où je commence à raconter ce que j'ai vécu, j'ai 28 ans.
Je suis née d'un coup de foudre entre une moldue française venue passer un weekend à Londres et un jeune sorcier fraîchement dipplômé du colège Poudlard qui n'a pas hésité à aider une touriste égarée. Finalement, le weekend de ma mère est devenu un séjour à durée indéterminée et le coup de foudre s'est transformé en une histoire d'amour sans failles qui dure encore malgré tout ce qui semblait les séparer. Aujourd'hui je pense même que leurs différences sont une de leur plus grande force. Après cette rencontre innatendue, ma mère s'est très vite installée à Londres et quelques mois plus tard, ils se sont mariés. Une petite année après, ils ont eu leur premier enfant, mon cher John qui s'est toujours senti responsable de sa soeurette, mon grand frère qui n'a en réalité que deux ans de plus que moi.
Mon père a révélé à ma mère qu'il était sorcier très tôt dans leur relation et, quoique naturellement surprise et étonnée, elle s'en est très bien accommodée. Les parents de mon père ont fini par l'accepter malgré les réticences qu'ils avaient contre les moldus. Ils pensaient que les deux mondes étaient trop éloignés pour quel'union de leur fils aîné avec elle puisse durer. Après quelque temps, ils réalisèrent que leurs doutes étaient sans fondement et se mirent même à aimer ma mère comme leur propre fille. Mais qui n'aimerait pas ma mère? Elle est tellement chaleureuse drôle et à l'écoute de tout le monde. Pendant longtemps, elle manifesta un si grand intérêt pour le monde magique qu'elle étudia une quantité impressionnante de livres ou autres grimoires et interrogea pratiquement tous les sorciers qu'elle rencontrait pour peu qu'ils soient disposés à lui répondre de bonne grâce.
Environ deux ans après la naissance de John, ce fut mon tour de venir au monde le jour même où commence l'été. Nous avons vécu à Londres pendant encore quelques années après ma naissance mais je devais fêter mon sixième anniversaire en France, pays d'origine de ma mère.
C'est mon père qui a pris la décision de quitter l'Angleterre. S'il a choisi de nous éloigner de sa terre natale, de sa famille, de sa vie en fait, c'est à cause de l'ascension d'un mage noir trop connu pour sa cruauté et pour sa puissance maléfique. Un sorcier dont quasiment personne n'ose prononcer le nom tellement il a semé la peur au cours de son règne macabre. Même aujourd'hui, peut-être devrais-je dire surtout aujourd'hui, la plupart des sorciers de Grande-Bretagne prononcent le moins souvent possible le nom de Voldemort et si on ne nous avait pas emmenés vivre loin de la peur enbiante, je ne sais pas si je citerais son nom aussi aisément. Mon père qui avait commencé par s'engager aux côtés de ses amis dans un combat acharné pour lutter contre Voldemort, attendit un certain temps avant de conclure qu'il ne pouvait plus se permettre de faire courir à sa famille de si grands dangers. Après l'avoir encouragé à rester pour faire ce qu'il pensait être son devoir, ma mère consentit à partir car avant toute autre chose, ce qui comptait le plus pour mes parents, c'était John et moi bien sûr. D'autant que les nouvelles étaient de plus en plus mauvaises, tant de familles avaient été déchirées, tant de vies avaient été brisées par cette guerre, pour cette guerre...
C'est donc dans le plus grand secret qu'un frais matin de Juin 1974 nous avons quitté notre maison londonnienne par les voies moldues avec peu de bagages pour ne pas éveiller de soupçons. Nous avons emménagé en France dans une petite maison confortable et accueillante dénichée par mon oncle. C'est ainsi que nous nous sommes installés dans notre nouveau foyer, notre nouveau pays, notre nouvelle vie.
Cette fois-ci, c'est ma mère qui fut notre guide et surtout pour mon père car les enfants s'adaptent toujours s'ils ont de bons repaires.
Mais je vois que ce qui ne devait être que quelques éléments de mon histoire prend des proportions auxquelles je ne m'attendais pas, c'est peut-être mieux comme ça... Je vais quand même essayer derésumer la suite.
Mes parents découvrirent assez rapidement que John et moi étions des sorciers. Nous sommes donc entrés à l'Accadémie de Beauxbâtons pour faire nos études.
La vie s'écoulait paisiblement et nous ne sommes pas retournés à Londres pendant des années. Seul mon père y faisait de courts séjours de temps en temps pour voir ses parents et voir comment se déroulaient les événements. Il n'avait donné sa nouvelle adresse à personne sauf à quelques amis de confiance et ne s'était abonné à aucun journal qui aurait pu l'informer par précaution. Il se trouva qu'un peu plus de sept ans après notre arrivée, mon père revint d'un de ses séjours coutumiers dans un état d'euphorie tel, que nous avons eu du mal à le calmer et à le faire asseoir pour qu'il nous explique les raisons de cette soudaine joie. Après qu'une bonne tasse de thé eût été posée devant lui et plusieurs profondes inspirations, il parvint enfin à nous dire que Lord Voldemort avait disparu d'une manière pour le moins inattendue. Il nous expliqua toute l'histoire qui s'était passée le jour de Halloween dans un village nommé Godrics-Ollow. La raison de la chute de la plus grande force maléfique du siècle était un bébé d'un peu plus d'un an du nom de Harry Potter.
