Disclaimer :
Est-il utile de préciser que certains personnages lieux et mots sont empruntés à l'imagination débordante de Joanne Rowling ? Par contre, Angelina sa famille et tout ce qui lui arrive viennent de ma tête.
Chapitre 3: Un compagnon inattendu
Nous devions attendre le Magicobus dans un endroit peu fréquenté, tout près de l'aéroport. A peine nous étions nous arrêtés au beau milieu de la rue déserte, qu'un immense bus violet à étages apparut soudainement. La portière s'ouvrit brusquement et nous fûmes invités à embarquer par un jeune contrôleur sur le visage duquel l'adolescence laissait apparaître ses marques.
A mon grand soulagement, le trajet jusqu'au Chaudron baveur ne prit guère de temps. La conduite ne semblait pas être le point fort du sorcier qui était au volant. Il ne cherchait pas à éviter les obstacles qui se trouvaient sur sa route, c'étaient à vrai dire les poubelles et les feux rouges qui s'écartaient sur notre passage.
Après quelques achats dans les boutiques du Chemin de Traverse, il fallut remonter à bord du bus infernal. Le voyage dura des heures. Nous passions brutalement d'un lieu à l'autre dans une détonation assourdissante, selon le besoin des passagers et nous étions à chaque saut, projetés les-uns sur les autres, contre les fenêtres ou même sur le plancher. C'est un peu courbaturés que nous arrivâmes enfin à destination à la tombée de la nuit. Une légère brise printanière faisait doucement bruisser les feuilles des arbres et il fut agréable de marcher jusqu'à la maison.
Je n'y étais jamais venue étant enfant, pourtant je sus au premier regard que je m'y sentirais bien.
C'était une maison de pierre entourée de champs. Elle était là, belle et isolée du village et des autres habitations, sans portail ni clôture. Il n'y avait pas non plus, comme de coutume dans cette région, de potager, seulement quelques arbres et, au pied d'une terrasse dallée, un carré de pelouse verdoyante qui avait grand besoin d'être tondue.
Il s'avéra que mon instinct ne m'avait pas trompé. Je pris rapidement mes marques dans ce nouvel environnement. J'adorais me promener aux alentours durant de longs après-midis. Je me rendais quelquefois à Pré-au-Lard mais je restais discrète. Mes conversations avec les habitants se limitaient à l'échange de banalités. Je m'asseyais cependant de temps à autre seule à une table des Trois balais, observant et écoutant attentivement les clients, plus par curiosité que pour l'avancement de mon livre. Ici, les sorciers vivaient entre eux et ne parlaient pas des moldus. Les seules fois où ils étaient l'objet de leurs discussions, c'était lorsque quelqu'un racontait une histoire drôle. Il me sembla donc inutile de les importuner avec mes questions surtout qu'à ce moment-là, je n'étais encore pour eux qu'une étrangère qui faisait du pain français à la manière des moldus. Toutes ces considérations ne firent qu'accroître l'envie que j'avais de voir mon ouvrage enfin publié et exposé sur les étagères des librairies et des bibliothèques.
Je fis donc mes enquêtes en retournant de temps en temps à Londres, au Chaudron baveur et sur le Chemin de Traverse. Là, les gens se soumettaient plus volontiers à mes questions. Ainsi, une fois les dernières retouches effectuées, j'apportai le manuscrit à la maison d'édition avec un mois d'avance sur le délai prévu.
Le livre fut publié en décembre alors que j'étais absente. Je passais les fêtes de fin d'année auprès de mes parents et John choisit ce moment pour présenter Fidelia à la famille. Il nous annonça qu'ils s'étaient fiancés et qu'ils comptaient se marier au printemps prochain. Ma mère en fut ravie. Elle commença par bondir tout autour de la maison, passant quelques brefs coups de fils puis, se rassit un papier et un crayon à la main,notant pêle-mêle toutes les idées qui lui venaient à l'esprit. On pouvait lire par exemple quelques noms d'invités suivis des plats qu'on pourrait leur servir, des fleurs les plus appropriées, d'autres noms d'amis qu'on avait perdu de vue et toutes sortes de choses. Elle en était aux orchestres les plus en vogue, quand John réussit à l'arrêter avec beaucoup de douceur pour lui dire qu'ils ne voulaient pas d'un grand mariage tel qu'elle le concevait mais qu'ils envisageaient plutôt une simple cérémonie suivie d'une petite fête avec seulement la famille et les plus proches amis. Ma mère balaya très vite sa déception et en arriva même à leur donner raison.
C'est ainsi que le quinze Mai 1993, John Faithful fils d'Anne et Alexander Faithful épousa Fidelia Jones. Deux semaines plus tard, ils partaient pour un tour du monde improvisé.
Il se trouva qu'après leur départ, j'habitais seule pour la première fois de ma vie. Curieusement, la solitude ne fut pas si difficile à supporter que je ne l'aurais cru, elle me procura même le sentiment d'une sorte de nouvelle liberté. Je ne me remis pas immédiatement à l'écriture. Je m'autorisai encore quelques mois de vacances pendant lesquelles les idées qui me trottaient dans la tête feraient leur chemin.
Je profitai donc d'un magnifique été. Ma solitude fut interrompue par la visite d'une amie à la fin du mois de Juillet. Fostine avait été élève à Beauxbâtons en même temps que moi et nous étions inséparables à l'époque. Nous ne pouvions plus nous voir autant que nous l'aurions désiré mais nous échangions de longues lettres où se succédaient nos craintes et nos espoirs mais aussi des anegdotes hilarantes et nos histoires de coeur, enfin surtout les siennes depuis mon arrivée ici... J'étais très heureuse de la revoir, nous avions tant de temps à rattraper. Elle me raconta de façon très détaillée ce que devenaient nos amis communs, elle plaida la cause de ce pauvre Sam qui avait été si triste après mon départ et qu'il avait bien fallu consoler ! En retour, je lui décrivis ma vie ici, tellement différente de ce qu'elle avait été, je lui parlai de Ted, le marchand de légumes, et de ses tentatives bourrues de séduction.
Un jour, elle revint du village tenant à la main La Gazette du Sorcier. Elle accourut vers moi me tendant le journal d'un air à la fois stupéfait et interrogateur.
En première page, s'étalait la photographie d'un homme au visage très amaigri et aux longs cheveux sombres et emmêlés. En lisant l'article sous la photo, je découvris que Sirius Black, un dangereux prisonnier accusé du meurtre de plusieurs personnes, s'était évadé d'Azkaban alors qu'avant lui, aucun autre sorcier n'avait jamais réussi à le faire.
Fostine, qui avait grandi loin de Voldemort et des noires années qu'il avait fait endurer à ce pays, me demanda avidement des explications. Elle avait entendu les villageois commenter la nouvelle parlant de Sirius Black comme étant un fidèle de vous-savez-qui qui aurait fui Azkaban malgré ses horribles gardiens. Je lui dis alors tout ce que m'avait appris mon père presque douze ans auparavant. Elle écouta mon récit, suspendue à mes lèvres, effarée de n'en avoir rien su plus tôt. Elle jeta un coup d'oeil au visage du fugitif recherché par le ministère de la magie en coopération avec les moldus et frissonna. Elle conclut qu'il portait la culpabilité et la folie sur ses traits. A mon tour je scrutai l'image de Black et je me souvins des paroles de mon père. "Certains avaient été envoyé à Azkaban sans même un procès." Mon père, tout opposant à Voldemort qu'il fut, ne pouvait admettre qu'un homme quoiqu'il ait fait, ne soit pas jugé. Plus je regardais le visage émacié et les yeux hantés, moins la culpabilité de cet homme me semblait évidente. Malgré le journal, les témoins de la scène du crime, l'avis des villageois et de mon amie, je n'arrivais pas à me convaincre que Sirius Black était un assassin. Certes ses yeux brillaient d'une étrange lueur et exprimaient quelque chose d'indéfinissable mais ils reflétaient une âme torturée, pas meurtrière.
Je ne fis pas part de mes sentiments à Fostine. A quoi cela aurait-il servi de débattre avec elle de ce sujet ? Seule contre tous, défendre un criminel alors que déjà, elle me trouvait changé et eux me prenait pour une drôle de fille assez sauvage.
Une semaine plus tard, elle devait rentrer et me proposa de l'accompagner pour des vacances au bord de la mer. Elle pensait que cela pourrait me faire du bien de voir des amis et de sortir de cette isolation qui finirait par me rendre folle à l'en croire. Je refusai. J'aimais l'idée de revoir la mer mais encore plus celle de pouvoir reprendre mes vagabondages quotidiens, m'arrêtant ici ou là pour écrire un peu. C'est avec grand regret qu'elle me quitta, promettant de revenir dès que possible.
L'été se poursuivit au rythme des témoignages de gens ayant apparemment repéré Black et des mises en garde du ministère. De ce fait, j'allais au village le moins souvent possible. Je n'avais aucune envie d'entendre parler ou d'avoir à commenter moi-même cette évasion tapageuse. La chaleur déclina peu à peu avec le commencement de Septembre. Le paysage changea austensiblement et les orages se firent de plus en plus fréquents à l'approche de l'automne.
Un matin, je sortis pour une de mes habituelles promenades. Je marchais dans la direction opposée au village, quand j'aperçus dans un buisson, un animal au pelage noir et hirsute. Je supposai que cela ne pouvait être qu'un chien. Je m'approchai prudemment mais au bruit de mon pas, le chien se retourna, m'observa l'espace d'un instant et s'enfuit silencieusement. Je n'avais encore jamais vu de tel chien par ici mais je l'oubliai sitôt rentrée.
Le lendemain, je devais me rendre à Pré-au-Lard pour acheter de quoi manger. Ce cher marchand de légumes fut plus entreprenant et plus bavard que d'ordinaire et j'eus du mal à justifier mes si rares apparitions. Sur le chemin du retour, je fus surprise de voir, derrière un arbre, de grands yeux sombres.
Je risquai un coup d'oeil, le gros chien noir était assis là, semblant surveiller ou attendre quelque chose. Je repris ma route. En regardant par dessus mon épaule, je remarquai que le chien me suivait des yeux. Non, il regardait mon panier à provisions sans doute. Je fis alors demi-tour et m'approchai le plus calmement possible de peur de l'effrayer. Je m'accroupis, posant mon panier à terre pour en sortir du jambon enveloppé dans du papier. L'animal ne bougeait pas, il continuait de m'observer. Après avoir coupé l'une des tranches en morceaux, j'en jetai un dans sa direction. Le morceau tomba à environ un mètre de l'endroit où il se tenait. Il me regarda, regarda le jambon, se dressa sur ses pattes puis bondit sur la nourriture qu'il engloutit. Je lui lançai alors d'autres morceaux qu'il attrapa au vol, et au bout de cinq minutes, je froissai le papier vide. Soudain, sans prévenir, il détala.
Le jour suivant, je décidai d'emporter avec moi du poulet au cas où je croiserais de nouveau l'animal affamé. C'était une agréable journée de fin d'été et j'avais prévu de m'asseoir au bord d'un ruisseau dans l'espoir que l'inspiration plutôt fugitive ces temps-ci me revienne enfin. Je m'installai sur une pierre plate à l'ombre d'un hêtre un parchemin vierge déroulé devant moi. Je me mis à écrire m'arrêtant de temps à autre pour me relire ou remplir ma plume.
Tout à coup, une étrange impression me fis reboucher ma bouteille d'encre. Je me sentais épiée. Je me levai brusquement et mes yeux rencontrèrent les grands yeux brillants du chien. Je le fixai et il souteint mon regard. Jamais personne ne m'avait regardé de cette manière et encore moins un animal. Troublée, je tournai la tête et ramassai plume et parchemin. Le chien était toujours à la même place lorsque je fis volte-face. Tentant de me calmer, je me rassis et sortis le poulet de mon sac.
A partir de ce jour-là, je pris toujours quelque chose à manger quand je sortais. Quasiment à chaque fois, je rencontrai cet étonnant animal qui n'avait rien de commun à un simple chien errant. Il m'accompagna même plusieurs fois au cours de mes promenades, se tenant toujours à quelque distance de moi. Je constatai qu'il ne s'approchait pas trop près du village, évitant autant que moi ses habitants. A plusieurs reprises, je le vis courir tenant dans sa gueule un exemplaire de La Gazette et j'en déduisis qu'il avait peut-être un maître quelque part à qui il apportait le journal. Bizarrement, cette idée qui aurait dû me réjouir, m'attrista quelque peu. Cet animal au regard si pénétrant, ce compagnon inattendu était-il fidèle à quelqu'un qui n'était pas moi ?
Réponse aux reviews :
M4r13 et Sir... enfin un mec qui se prend pour Sirius, voici la suite, cousine éloignée ... ça alors ! En tous cas merci pour votre review si ... drôle et pour la censure, je n'ai pas mis de limite d'âge pour la fic, alors continuez à ne pas vous faire de câlin en direct, merci!
Dreyd, eh oui, Pré-au-lard favorise les rencontres on dirait... Si ma fic te redonne envie de continuer l'écriture du journal de Diane, n'hésite pas à t'y replonger, je serai la première ravie.
Merci de tes compliments ! je sens en effet mon égo qui s'amplifie, enfin un p'tit peu!
Diabella, la suite est là !
Tu apprécies ma façon d'écrire, ça m'encourage à poursuivre, merci!
Sirius? je ne vois pas de quoi tu parles! pour l'instant j'ai rencontré un gros chien c'est tout!
Karen, que tu devienne dépendante à ma fic est la meilleure chose qui puisse me pousser à l'écrire le plus vite possible !
Pour ce qui est du mystère... je crains qu'il n'y en est plus vraiment ou plutôt il y en a encore mais différent !
