Disclaimer : Est-il utile d'à nouveau préciser que certains personnages, lieux et mots appartiennent à Joanne Rowling ? Il n'y a que Angelina son histoire et sa famille qui sont à moi.
Chapitre 4 : Une rencontre en cache une autre
J'avais assez rapidement abandonné l'idée que mon compagnon de promenade était attaché à un être humain. Il rôdait toujours dans les parages, solitaire et en quête de nourriture. Il devait sans doute ramasser La Gazette du Sorcier en souvenir du temps où il apportait le journal à un ancien maître.
De mon côté, je sortais moins souvent, découragée par le temps qui devenait de plus en plus imprévisible. Je m'étais remise à écrire sérieusement, consciente que mes vacances avaient assez duré. Ma routine fut éclairée par une lettre des jeunes mariés qui me fut remise par un magnifique oiseau bleu au début du mois d'Octobre. La lourde enveloppe contenait un petit paquet de photographies animées du couple souriant et agitant la main devant toutes sortes de monuments ou au premier plan de paysages ensoleillés. J'eus également droit à un récit détaillé de leur périple.
Ce ne fut qu'au dernier paragraphe de la dernière page qu'ils m'apprenaient qu'ils ne rentreraient pas avant Noël. J'étais très heureuse d'avoir de leurs nouvelles et, leur bonheur qui sautait aux yeux me réjouit, mais au fond, ce bonheur partagé soulignait cruellement le fait que la solitude avait créé en moi un manque sans même que je ne m'enaperçoive. Je me sentis soudain douloureusement nostalgique de la vie avec John. Pour la première fois, la présence d'un ami, de quelqu'un de proche avec qui j'aurais pu établir une certaine complicité, me semblait être quelque chose d'indispensable dans une vie et je me demandai même comment j'avais pu vivre ainsi, me suffisant à moi-même pendant presque cinq mois. J'en arrivai à me trouver aussi sauvage que ne me croyaient les habitants de Pré-au-Lard. Avec l'hiver qui approchait, ne serait-il pas plus sage de rentrer en France ? d'autant que le courrier de mes amis se faisait de plus en plus rare. On a beau dire, la distance n'aide pas à l'entretien des relations humaines. Il n'y a que sur ma famille qu'elle n'avait eu aucun effet. Je me donnai du temps avant de prendre ma décision et je ne parlai à personne de ce que je ressentais. Je ne voulais pas inquiéter ceux qui tenaient à moi et il me paraissait d'ailleurs difficile d'exprimer des sentiments dont je ne comprenais pas moi-même toute la complexité. Certes je pensais qu'il serait plus raisonnable de ne pas rester seule ici mais je ne pouvais pas me résoudre à partir hâtivement sans avoir laissé décanter mes émotions.
Après ce début de remise en question, j'allai plus régulièrement au village, tentant gauchement de me mêler aux habitants pour tromper cette impression de vide qui m'oppressait. Je fus étonnée de constater que l'atmosphère chaleureuse et bruyante des Trois Balais me réconfortait. J'aimais me trouver là, tout en souhaitant qu'on ne fasse pas attention à ma présence. Il n'était cependant pas aisé de passer inaperçue dans un village, encore moins quand on avait ma réputation. Aux regards et aux murmures peu discrets succédèrent des questions auxquelles j'essayais de répondre le plus brièvement et le plus poliment que ne me le permettaient le ton et l'air du curieux. A partir de ce moment-là, je fis tout mon possible pour passer pour quelqu'un de respectable selon leurs normes, moins secrète et étrange que j'en avais l'air. Je crois avoir plutôt bien réussi à leur paraître convenable. Leurs sentiments à mon égard évoluèrent lentement jusqu'à ce qu'ils me considèrent comme "la jeune femme timide qui écrit et qui vient de France". Après tout, à part le fait que je n'étais timide que parce que cela m'arrangeait, le reste était vrai, je poursuivais tant bien que mal l'écriture de mon deuxième livre et j'avais vécu en France. Ils cessèrent peu à peu de s'intéresser à tous mes faits et gestes pour mon plus grand plaisir.
L'inconnu fait peur et donc fait parler, on invente, on imagine et on grossit ses traits s'il se cache, mais s'il se montre et accepte de se dévoiler un peu, il devient connu et on se rend compte qu'il n'est pas si effrayant, on finit par le tolérer malgré ses différences. Il entre dans le paysage de notre quotidien et un nouvel inconnu prend sa place, attirant sur lui notre curiosité.
Le seul mais pas moindre inconvénient de mon changement d'attitude fut que Ted montra plus d'empressement que jamais à vouloir m'offrir un verre ou même un dîner car cela ne dépendait que de moi., Il ne cessait de me répéter que j'étais libre et que la solitude c'était vraiment pas bon pour une fille comme moi. Le comble de la situation, fut qu'il prit mon obstination à repousser ses invitations pour un défit personnel à en juger par sa pesante insistance.
Quelques jours avant Halloween, je rentrais après avoir bu une bièraubeurre parmi les clients presque amicaux des Trois Balais, quand j'entendis des pas qui me suivaient.
Je me retournai pour faire face à un Ted très rouge et au regard vitreux. D'une voix pâteuse, il m'ordonna presque d'aller au village pour prendre un verre. A mon habitude, je refusai prétextant du travail urgent à terminer. Il insista et je commençai à m'impatienter mais aussi à réaliser que j'étais seule, en pleine campagne avec un homme massif et ivre, bien décidé à obtenir ce qu'il voulait. De plus, je découvris avec surprise que je n'avais pas ma baguette. Il me dit alors que je ferais mieux d'arrêter ma petite comédie et que je pourrais lui faire plaisir pour une fois, qu'aujourd'hui c'était son anniversaire et qu'il ne me demandait pas grand chose. Je me trouvai à cours d'arguments et je ne voyais aucune issue. Je pris quelques secondes de réfflexion, puis je tentai de le calmer en lui promettant d'accepter son invitation à la prochaine occasion.
Il ne me crut apparemment pas et me saisis violemment le bras. Je n'eus même pas le temps d'essayer de me dégager, qu'un grondement sourd rompit le silence tendu.
De stupeur, Ted me lâcha et ses yeux s'agrandirent d'étonnement et de crainte. Avant même de tourner la tête pour voir d'où provenait le grognement, je savais ce qui le faisait trembler. Ce n'était autre que le gros chien noir. Je n'avais jamais vu de tel regard dans ses yeux. Il se plaça à ma hauteur, continuant de grogner, révélant des crocs menaçants.
L'homme, si inquiétant quelques instants auparavant, recula, tituba et se rattrapa de justesse en balbutiant que l'on se reverrait sans doute bientôt et qu'il me souhaitait le bonsoir. Il tourna les talons et rebroussa chemin le plus vite qu'il le put.
Je respirai profondément. J'étais soulagée d'avoir échappé à un affrontement qui aurait pu très mal finir. Tout près de moi, le chien aboya joyeusement, visiblement ravi de la déconfiture de l'importun. Je tendis une main encore un peu crispée par la peur et il se laissa caresser pour la première fois. Au bout de quelques minutes, je repris la direction de chez moi, et il me suivit. Cela me rassura tout à fait.
Arrivés devant la porte, je lui fis signe d'entrer. Après quelques instants indécis, il se faufila dans le vestibule. Je fermai à double tours derrière moi et me précipitai dans la cuisine décidée à remercier mon sauveur comme il le méritait. Il partagea mon repas et il passa la nuit sur une couverture non loin de la cheminée.
Dès le lendemain matin, je lui ouvris la porte et avant qu'il ne reparte dans le froid matinal, je me surpris à lui murmurer tout en lui caressant la tête, qu'il serait toujours le bienvenu dans ma maison à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
A partir de cet incident, Ted ne m'ennuya plus et se contenta même de me saluer de loin. Je devais apprendre plus tard qu'il avait une peur viscérale des chiens.
Le mois de Novembre arriva accompagné de pluies incessantes et de vents glacés. Les gens du village furent préoccupés par un événement qui s'était produit durant la nuit de Halloween au colège Poudlard, où étudiaient les sorciers du pays. Tout le monde ne parlait plus que de cela : Sirius Black s'était introduit dans le château qui abritait l'école et avait réussi à en ressortir sans être repéré par personne, ni les sorciers expérimentés qui y officiaient comme professeurs, ni même les gardiens d'Azkaban dépéchés sur les lieux depuis la rentrée scolaire.
Ces gardiens connus sous le nom de Détraqueurs, étaient d'horribles créatures encagoulées qui traînaient dans leur scillage un froid et un désespoir intense.
De l'intrusion de Black dans le colège qui n'était situé qu'à quelques centaines de mètres de Pré-au-Lard, découlèrent des rondes nocturnes de ces semeurs de désolation. Les rencontres avec une de ces créatures étaient si désagréables qu'il n'y eut pas de couvre-feu mieux respecté dans le pays que celui-là, à ce qu'en disait un homme immense et barbu du nom de Hagrid.
J'eus l'occasion d'observer la ruée des habitants pressés dans la chaleur et la sécurité de leurs maisons, un jour où j'avais acheté énormément de provisions pour éviter d'être aussi trempée qu'une serpillère avant un certain temps. Je n'avais moi-même pas envie de croiser l'un des Détraqueurs d'Azkaban et je me hâtai vers ma demeure songeant à un bain chaud.
Mal abrité sous un des grands arbres qui entouraient mon habitation, se trouvait, tête basse et ruisselant d'eau, mon défenseur à quatre pattes. Prise de compassion à l'idée qu'il puisse passer la nuit dans cet orage qui ne semblait pas près de s'arrêter, je l'appelai par de grands gestes. Comme précédemment, il hésita puis me rejoignit devant ma porte.
Une fois à l'intérieur, je rallumai le feu et montai me changer, laissant mon invité se sécher à la chaleur des flammes rougeoyantes.
Je redescendis une demie heure plus tard, après le bain tant convoité et je contemplai le chien endormi étalé de tout son long devant la cheminée. Je sortis sans bruit du salon pour aller préparer à dîner. La truffe chatouillée par le fumet de mes performances culinaires, le dormeur montra le bout de son museau à l'entrée de la cuisine et avala goulument tout ce que je lui servis.
Notre soirée se poursuivit dans le salon, lui de nouveau allongé sur la couverture près du feu, moi, dans mon fauteuil préféré, buvant une tasse de thé et lisant le dernier numéro de La Gazette. Avant d'aller me coucher, j'ajoutai quelqes bûches au foyer et j'éteignis la lampe.
Je fus réveillée tôt dans la nuit par un coup de tonnerre plus violent que les autres. Ne parvenant pas à me rendormir, je me levai et descendis dans l'idée de me faire une tasse de chocolat chaud. En passant devant le salon, je jetai un coup d'oeil à l'état du feu qui ronflait toujours.
Tout à coup, je me figeai sur le seuil, pétrifiée de stupeur et d'effroi.
La couverture n'était plus à sa place, et, dans le fauteuil où j'étais il y avait à peine quelques heures, était assis non pas un chien, mais un homme aux longs cheveux noirs, profondément absorbé par la lecture du journal que j'avais feuilleté la veille.
Je restai là, incapable de dire ou de faire quoique ce soit, quand l'homme baissa le journal qui lui dissimulait le visage, prenant sans doute conscience de ma présence. Il se retourna et au même moment un éclair illumina la pièce. L'air aussi surpris que moi, les yeux écarquillés et le teint pâle, je me retrouvai face à face avec Sirius Black.
Pendant ce qui me sembla être un temps interminable, un lourd silence nous enveloppa. Nous étions là, chacun plongeant son regard dans celui de l'autre, cherchant à y déceler la moindre trace d'une quelconque réaction, ne sachant pas ce qu'il convenait de faire. Puis, sans dire un mot, il posa le journal et se leva lentement. Il était grand et très mince, et curieusement, il me parut vulnérable. Peut-être était-ce dû à son regard légèrement affolé ou tout simplement à la quasie obscurité de la pièce uniquement éclairée par la lueur des flammes ? Je ne saurais le dire, j'étais moi-même tellement bouleversée... Je ne parvenais pas à croire que Sirius Black, un présumé criminel en fuite depuis trois mois était un animagus et surtout qu'il se trouvait à présent sous mon toit parce que je l'y avais invité. Il leva les mains à la manière d'un otage qui obéit à un ordre muet de son ravisseur et parla d'une voix lente et rauque.
- Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas vous effrayer, d'ailleurs je vais m'en aller et vous laisser tranquille. Je ne vous veux aucun mal et, si vous pouviez me laisser un peu de temps avant d'avertir tout le monde ...
Il s'arrêta, comme si ses derniers mots étaient complètement stupides.
- Je... je ne crois pas que vous soyez coupable et je ne compte dire à personne que je vous ai vu et que vous êtes un animagus.
Il ouvrit la bouche, encore plus désorienté que lorsque je l'avais surpris, et enfin il répéta, détachant chaque mot d'un air incrédule :
-Vous ne me croyez pas coupable ? Vous avez pourtant lu ceci, ajouta-t-il en montrant d'un geste dédaigneux le journal sur la table basse. Vous me croyez vraiment innocent ?
-Oui... bien que je ne puisse absolument pas expliquer pourquoi... je... balbutiai-je.
Il eut alors un rire amer.
- Si seulement ils étaient plus nombreux à penser comme vous...
Ses yeux s'attardèrent quelque part vers la fenêtre, puis, comme s'il reprenait soudain ses esprits il poursuivit.
-Mais je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps, je vais partir tout de suite.
Il se dirigea vers l'endroit où je me tenais et attendit que je m'écarte pour qu'il puisse passer mais je ne bougeai pas, réffléchissant à toute vitesse le coeur battant. Les mots franchirent alors mes lèvres, avant même que je n'aie réellement pesé le pour et le contre de ce que je m'apprêtais à dire.
- Vous pouvez peut-être rester ici cette nuit, il pleut des cordes dehors et... puisque je vous fais confiance et que je ne vous considère pas comme étant dangereux, vous pourriez faire de même et me croire si je vous jure de ne pas attendre que vous dormiez pour vous dénoncer. De toute façon, je ne vois pas comment je pourrais prévenir quelqu'un, je n'ai pas de hibou et ma cheminée n'est raccordée à aucun réseau.
Il regarda tour à tour la fenêtre par laquelle on voyait se déchaîner l'orage et le vent, et le feu qui crépitait allègrement. Il reporta ensuite son attention sur moi. Je me sentis alors rougir sous son oeil pénétrant mais je continuai de le fixer tentant même de lui sourire.
-Vous êtes sûre que cela ne vous pose aucun problème, parce que je peux très bien...
- Non, aucun, je vis seule ici, je n'ai pas d'obligations personnelles ou professionnelles immédiates, et la maison est assez grande pour que...
Je m'interrompis brusquement, ayant l'impression d'avoir parler plus qu'il ne l'aurait fallu, regrettant de m'être exposée ainsi à un parfait inconnu. Décidément, je ne savais pas doser mes bavardages...
- C'est d'accord, je reste, mais uniquement pour la nuit ne vous inquiétez pas, crut-il nécessaire d'ajouter.
Il se passa encore un moment avant que je ne réagisse et je finis par me secouer mentalement.
- Bien, dis-je enfin, j'étais descendue pour boire une tasse de chocolat, vous en prendrez peut-être une ou vous préférez autre chose, thé, café...
- Le chocolat me conviendra, merci, cela fait une éternité que je n'en ai pas bu.
Une fois seule devant ma cuisinière, j'essayai de mettre de l'ordre dans ma tête, persécutée par la voix de la raison qui ne cessait de me répéter que j'étais complètement folle et que mon intuition était peut-être totalement fausse. puis, je finis par parvenir à la faire taire en me disant que, s'il le voulait vraiment, il aurait pu me faire du mal à plusieurs reprises car, ce n'était pas notre premier tête à tête. Il était cet homme assis dans mon fauteuil, accusé de plusieurs meurtres mais aussi cet étrange chien solitaire qui m'avait délivré d'une fâcheuse posture. L'homme et le chien ne faisait qu'un, un seul regard, une seule âme mystérieuse, une même rencontre.
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Réponse aux reviews
Dreyd, je suis aussi ravie que ce soit Sirius parce que Rogue... enfin je préfère que ce soit Diane qui tombe sur lui, façon de parler bien sûr.
Quant à ce que je ou plutôt ce qu'Angelina va faire de ou pour Sirius, ce sera le mystère principal maintenant.
J'espère bien que nous nous rencontrerons oh, encore un doigt qui fourche, nos héroïnes se rencontreront, elles auraient pas mal de choses à échanger.
Marie et un très mauvais comédien qui croit vraiment être Sirius, merci de me faire toujours autant rire, même si il y a une chose que je ne comprends pas dans cette review... "une faute grosse comme ... j'ai relu la phrase pour être sûre de ne pas avoir la berlue" (désolée, j'ai coupé la phrase, et j'en cherche toujours la signification).
Pour le pseudo, c'est vrai que tu t'es trompée mais c'est normal, Angie Black et Angelina Faithful sont moins éloignées que Sirius et cette soit disant cousine que Angelina est censée être! Je suis très contente que tu aies aimé le nom de famille, j'ai mis pas mal de temps à me décider pour enfin opter pour celui-là.
Bon encore merci d'être aussi fidèle /quel à propos/ et passe mes amitiés à ton Sirius.
Chère Karen, encore des compliments qui m'encouragent à continuer ! Et n'oublie pas, si j'existe c'est parce que tu es fan ! /oula, faut que je remonte le niveau là, surtout que mes reviewers sont à la hauteur/
Merci encore, et continue à me lire, le soutien est précieux !
Adrianna diaboliqua Rogue, bienvenue parmi mes reviewers ô bien aimés reviewers...
Merci beaucoup, j'espère que ce chapitre te conviendra.
Pour les lecteurs qui ne laissent pas de review et qui ont sans doute de très bonnes raisons, /mais oui il y en a qui lisent cette fic... dites-moi qu'il y en a.../ Il serait vraiment très charitable à vous de me laisser ne serait-ce que quelques mots, que vous ayez aimé ou non mon histoire car un avis quel qu'il soit est toujours constructif. De plus, les reviews c'est un peu comme des chocolats avant Noël, une sorte de carburant qui me motive /là, je pense qu'ils en ont mare que je les supplie, je les laisse seuls juges/
Merci d'avance et à très vite !
