Disclaimer :
Certains personnages, lieux et mots appartiennent à Madame ROWLING. Cependant Angelina sa famille et son histoire sont à moi.
Chapitre 5 : Une vérité trop longtemps bafouée
Après quelques instants, j'admis que mon comportement était complètement irrationnel et incompréhensible, mais je ne me sentais pas pour autant menacée. Je revins dans le salon avec dans les mains un plateau chargé de bols, d'un grand pot plein de chocolat chaud et d'une assiette de gâteaux. Je déposai mon fardeau et Sirius Black me rejoignit à la table. Nous prîmes place en silence et commençâmes à déguster la boisson brûlante.
Nous étions toujours sur nos gardes, évitant le plus possible de nous regarder droit dans les yeux. Pour ma part, j'étais encore un peu sous le choc de cette situation invraissemblable et je ne pouvais m'empêcher de vérifier régulièrement que Sirius Black était bel et bien assis en face de moi. Il était présent mais il semblait absorbé par son bol et par les brownies qui disparaissaient à vue d'oeil. Il mangeait et buvait comme si rien ne lui avait jamais paru aussi délectable, ce qui était somme toute normal pour quelqu'un qui avait passé les douze dernières années de sa vie en prison et qui se nourrissait à présent de tout ce qu'il pouvait trouver.
J'éprouvais bientôt l'irrésistible tentation de lui poser des quantités de questions mais, comment parle-t-on à un homme qui avait eu une vie comme la sienne ? En aucun cas, je n'aurais voulu l'offenser ou le contrarier. Ce fut finalement lui qui m'interrogea.
- Comment est-il possible que je ne vous terrorise pas? vous êtes sans doute la seule sorcière de tout le pays à ne pas me considérer comme un assassin.
- C'est peut-être en partie parce que je ne suis pas vraiment de ce pays, je n'ai appris votre existence et votre histoire qu'au moment de votre évasion.
- Cela doit être ça, me répondit-il perplexe. Et pour l'autre partie ?
Je ne crus pas nécessaire d'apporter une réponse à cette dernière question, bien que j'en avais une, un peu trop personnelle et intuitive à mon goût, uniquement basée sur une impression lorsque j'avais vu sa photo dans le journal pour la première fois.
Soudain, l'homme qui avait été si impassible jusque là, s'anima et son regard brilla d'une intense lueur presque inquiétante.
- Puisque vous avez l'amabilité de m'accueillir dans votre demeure, vous avez peut-être envie de connaître la vérité. Ma vérité, sur les raisons de mon emprisonnement à Azkaban.
Il me regarda fixement, comme attendant mon approbation pour débuter son récit.
- Je veux bien entendre ce que vous voudrez me dire, c'est vous qui décidez, dis-je lentement bien qu'en réalité, je brûlais de tout savoir. Peut-être par pure curiosité mais plus probablement pour me convaincre tout à fait que je ne commettais pas une énorme erreur en acceptant de partager une tasse de chocolat avec cet homme comme s'il avait été un vieil ami.
Il s'installa au fond de sa chaise, croisa les bras, inspira profondément et commença.
- Je vais essayer d'être bref et clair. Quand j'étais à Poudlard, mes meilleurs amis étaient James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrow. Après nos études, James a épousé Lily dont il était amoureux depuis des années, et ils ont eu ensemble un petit Harry. Quand je suis arrivé dans la chambre où se reposait la jeune mère pour féliciter les nouveaux parents, ils m'ont demandé si j'acceptais de devenir le parrain de Harry, leur premier fils.
Bien sûr que j'acceptais, j'étais fier que mon meilleur ami m'ait choisi pour le seconder dans la noble et difficile tâche qu'est l'éducation d'un enfant, et qu'il ait une telle confiance en moi pour prendre soin de son fils si ils venaient à disparaître tous deux.
A l'époque, nous faisions partie de l'Ordre du Phénix qui regroupait les sorciers désireux de combattre activement Voldemort. Lui, il faisait tout ce qu'il pouvait pour forcer les meilleurs d'entre nous à rejoindre son camp et il a échoué avec les Potter. Après l'un de ces échecs, Albus Dumbledore, qui est l'actuel directeur de Poudlard leur a conseillé d'utiliser un ancien sortilège très complexe pour les protéger. Une fois le sort jeté, une seule personne était capable de révéler l'endroit de leur cachette. James a décidé avec mon accord que je deviendrais cette personne, leur gardien du secret. Mais au dernier moment, je lui ai dit qu'il ferait mieux de prendre Peter pour le sortilège, que personne ne s'y attendrait et que cela pourrait brouiller les pistes. James a fini par céder, sans en avertir personne.
Il fit une pause, se prenant la tête dans les mains. Quand il parla de nouveau, c'était de manière précipitée, comme pour se débarrasser le plus vite possible de l'évocation de ces souvenirs douloureux.
- Peter était en fait un espion pour le compte de Voldemort et il s'est empressé d'apprendre à son maître où se cachaient les Potter. Celui-ci s'est alors chargé lui-même de les supprimer. Son pouvoir a été annéanti par le sort qu'il a jeté à Harry et qui s'est retourné contre lui. Quand j'ai appris la nouvelle de leur mort, j'ai tout fait pour retrouver Pettigrow. Je voulais absolument les venger mais, une fois que nous avons été face à face, il s'est débrouillé pour que je passe pour le coupable de la tragique disparition de mes amis. Il a hurlé à qui voulait l'entendre que je les avais trahi avant de s'enfuir sous sa forme animaguss, dévastant une rue entière au passage.
Les gens du ministère ont bien sûr cru que j'avais non seulement dénoncé les Potter à Voldemort mais aussi que j'avais tué Pettigrow et une douzaine de moldus.
J'ai trouvé la force de m'évader après avoir reconnu le traître dans le journal, un jour où Fudge, le ministre effectuait une visite de routine. Il était là, sous sa forme de rat, tranquillement installé sur l'épaule d'un garçon et en lisant l'article j'ai su que le jeune homme était un élève du colège. C'est pour ça que je suis revenu par ici, pour rattraper Peter et lui faire payer son abjecte trahison.
Je l'avais écouté sans dire un mot, repensant forcément à mon père qui m'avait si souvent fait part de ses connaissances sur cette période sombre. Quand il eut terminé, je murmurai pour moi-même.
- C'est donc pour cela que vous vous êtes introduit dans le château la nuit de Halloween... Dire que les gens d'ici sont persuadés que vous vouliez tuer Harry Potter...
- Tuer Harry ! s'écria-t-il, le fils unique de mon meilleur ami, mon filleul ! Les imbéciles...
- Vous ne leur avez pas dit que vous aviez été piégé par Pettigrow et qu'il était un animagus ?
- Ils ne m'ont rien demandé. Ils m'ont emmené à Azkaban, sans me poser aucune question, convaincus de ma culpabilité. Ils avaient toutes les preuves qu'il leur fallait, ils faisaient l'économie d'un procès et d'un temps si précieux... Ces quelques jours de gagnés m'ont fait perdre douze ans de ma vie. Mais pour eux, quoi de plus satisfaisant qu'une affaire classée sans suite et sans complications, l'arrestation parfaite !
Il se tut un moment puis ajouta, les yeux baissés.
- Je ne les ai pas dénoncé mais ils sont morts par ma faute, si je n'avais pas dit à James de choisir Peter...
- Ce n'est pas à cause de vous qu'ils sont morts, vous vouliez les protéger, vous ne pouviez pas savoir.
Mais mes paroles ne l'atteignaient pas. Je fus alors submergée par une vague de tristesse inattendue. Il continua, avec véhémence.
- Combien d'erreurs ont-ils commis ? Combien d'hommes ont-ils jeté en pature aux Détraqueurs sans les juger et combien sont encore libres alors qu'ils étaient des Mangemorts? Personne ne peut le dire.
Ses yeux exprimaient une immense rage et maintenant que je connaissais sa version des faits, mes dernières craintes s'envolèrent pour de bon. Bien au contraire, je me mis à détester ces hommes qui avaient ainsi gâché une vie sans même prendre la peine d'écouter ce qu'il avait à dire pour sa défense. C'était cette rage que j'avais vu dans ses yeux la première fois que j'avais observé son visage au mois d'Août, une rage tellement forte qu'elle passait pour de la folie auprès des autres sorciers.
Je vidai ce qui restait de chocolat dans son bol. Il but à longues gorgées avant de reprendre d'un ton moins grave, le regard intrigué.
- Voilà, vous savez tout. Maintenant vous pourriez me dire qui est cette femme qui vient au secours des chiens errants et qui n'a pas jeté dehors le fugitif que je suis ?
Je rougis imperceptiblement et répondis.
- Oh, il n'y a pas grand chose à dire...
- Alors, commencez par ce pas grand chose ! dit-il en esquissant un sourire.
Je demeurai sans voix.
- Si vous me disiez au moins votre nom, vous en savez tant sur moi.
- Je... je m'appelle Angelina Faithful. Ma famille et moi avons quitté l'Angleterre quelques jours avant mon sixième anniversaire pour...
Sans savoir pourquoi, je n'osais pas avouer que mon père avait fui Voldemort. J'avais toujours adhéré à sa décision qui me semblait juste, mais face à cet homme, je préférais ne pas aborder le sujet. Il valait sans aucun doute mieux évoquer des choses plus légères.
- Pour ?
Je sursautai puis poursuivis.
- Pour la France d'où je suis revenue l'année dernière.
Je lui parlai un peu de mes parents, de John et de mes livres. Il se souvint de la fois où il m'avait surprise en train d'écrire au bord de la rivière. Nous échangeâmes ensuite nos points de vue sur les habitants de Pré-au-Lard, et j'en profitai pour le remercier encore pour son aide lors de ma désagréable rencontre avec l'encombrant marchand de légumes. Je lui rapportai également sa phobie des chiens, les vrais comme les faux. Il eut alors un petit rire qui raisonna doucement.
La nuit était bien avancée quand j'éteignis la lumière de la cuisine après y avoir ramené mon plateau. J'eus quelques difficultés à convaincre Monsieur Black de ne pas dormir sur le canapé, car il ne me coûtait rien de préparer l'une des chambres.
Tandis qu'il utilisait la salle de bains, je fis le lit et y déposai des vêtements de John avant de me retirer. Après ce tête à tête plutôt insolite, je m'endormis sitôt couchée.
Je disposais un plat débordant de toasts sur la table de la cuisine quand Sirius Black apparut vêtu d'une robe propre, coiffé et rasé de près.
- Bonjour Madame Faithful, je peux vous aider ? me demanda-t-il en regardant la table surchargée de nourriture.
- Non merci, je crois que tout y est ! répondis-je en souriant, et appelez-moi Angelina. Vous avez bien dormi ?
- Oh... bien est un mot faible, j'ai passé une nuit excellente, merci, et... vous pouvez m'appeler Sirius si...
Il s'arrêta, l'air gêné.
- Bon, mettons-nous à table avant que cela ne refroidisse... Sirius, dis-je pour dissiper son malaise.
Il était plus de dix heures du matin quand nous entamâmes notre copieux petit déjeuner. L'atmosphère était plus détendue et, comme à son habitude, mon invité mangeait de bon apétit. Il dut remarquer mon regard amusé car il me dit presque sur un ton d'excuse.
- Vous vous êtes sans doute donné du mal pour préparer tout ça, et moi qui engloutit comme si je n'avais rien mangé depuis des jours, vraiment, je suis désolé, je dois dire qu'en douze ans j'ai un peu perdu l'usage des bonnes manières.
- Mais non, ne vous inquiétez pas pour cela, votre apétit flatte mes talents de cuisinière qui ne sont pas très souvent encouragés, je me demande bien pourquoi d'ailleurs...
- Ah ? Pourtant je trouve vos crêpes délicieuses, répondit-il en se resservant.
C'est ainsi que se poursuivit notre petit déjeuner tardif, dans une bonne humeur manifeste. Quand il se leva pour m'aider à débarrasser je constatai.
- Cette robe est juste à votre taille.
- Oui, et puisque vous parlez de ça, c'est vraiment aimable à vous de me prêter l'une des robes de votre mari. Serait-ce indiscret de vous demander comment se fait-il qu'il ne soit pas ici avec vous ?
J'éclatai d'un grand rire et il me dévisagea sans comprendre.
- John... n'est pas mon mari, c'est mon frère, et il est actuellement en voyage de noces prolongé, réussis-je enfin à articuler.
Il sourit à son tour et ce sourire illumina son visage. Il en parut rajeuni et moins marqué.
- J'ai nettoyé vos affaires, lui dis-je en détachant mon regard de lui.
- Merci, vraiment, merci pour tout ce que vous avez fait Angelina, je ne pourrais jamais...
- Mais ce n'était rien, du chocolat, un abri contre l'orage et des crêpes, rien de plus.
- Oh, pour vous ce n'était peut-être pas grand chose... Mais vous oubliez le ragoût d'hier et tout le reste ! Je ne vais pas vous déranger davantage, je vais ... repartir maintenant.
- Par ce temps ? vous pourriez peut-être... Mais il m'arrêta d'un signe négatif de la tête.
- Non vraiment je ne peux pas rester, j'ai assez abusé de votre gentillesse.
Il monta au premier étage et, après avoir remis sa vieille robe élimée, il redescendit. Nous échangeâmes un long regard puis il répéta.
- Merci encore pour tout, je n'oublierai pas.
- Attendez ! lançai-je d'une voix un peu trop aiguë, si vous avez besoin de... d'un toit ou d'autre chose... vous pouvez revenir, grattez à la porte ou aboyez et je comprendrai.
- C'est très gentil à vous, j'y penserai, puis il ajouta d'un air quelque peu solennel, au revoir Angelina, avant de se transformer.
- Au revoir Sirius, soufflai-je à son oreille.
J'entrebâillai la porte et jetai un coup d'oeil furtif aux alentours au cas où quelqu'un passerait par là. Mais jamais personne ne passait par là, alors je fis un geste au chien qui sortit sous la pluie battante.
Après quelques mètres, il se retourna et leva une patte pour un dernier salut avant de s'enfoncer parmi les arbres.
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Réponse aux reviews
Dreyd, tu mérites des remerciements multiples. D'abord parce que ma fic a l'honeur de faire partie des rendez-vous que tu ne veux pas manquer malgré tout. Ensuite parce que tu apprécies l'introduction des dialogues qui m'inquiétaient un peu et que tu qualifies Angelina de "jolie française", tu as bon goût, je plaisante bien sûr, je ne sais pas si elle est jolie en fait...
En effet, Sirius est un petit cachotier, il ne veut faire courir aucun danger à sa bienfaitrice. Le seul point noir c'est que ce chapitre est un peu moins long que le précédent mais je me rattraperai pour le prochain !
Quand je disais que mon stylo avait fourché, c'est juste parce que j'ai une légère tendance à dire "je" quand je parle d'Angelina, je serais ravie de te rencontrer dans le réel aussi! bisous!
Mimi Geignarde, bienvenue parmi mes revieweuses ! merci pour tous tes compliments, ça fait vraiment très plaisir ! Une histoire d'amour entre Sirius et Angelina, qu'est-ce qui te fait penser ça ? Encore merci et bonne chance pour tes projets d'écriture.
Alixe, je suis heureuse que tu aies pris le temps de me laisser trois reviews, non seulement parce que les reviews j'adore ça mais en plus parce que cela m'a permis de te découvrir. Merci pour tes compliments sur mon style, et je suis très contente que tu aies aimé la scène de la rencontre, ce n'était pas très facile de faire passer tout ce que je voulais y mettre. Et, comble du bonheur, tu m'as mis dans tes alertes, vraiment merci encore !
M4r13 et Sirius, c'est vrai qu'il est beau... oups, je m'égare. Apparemment, tu as aussi apprécié l'entrée en scène de notre fugitif préféré, je suis rassurée presque complètement. En effet, nous n'avons pas beaucoup d'éléments sur la période entre le match et la cabane hurlante, tant mieux j'aurais plus de liberté comme ça ! je n'ai pas vraiment de plan, alors je verrai bien ! merciiiii ! et caresse à Sniffle !
Britany LovArt, bienvenue à toi aussi! et si tu adores je suis comblée, j'espère que tu continueras d'aimer.
Karen, coucou ! je suis désolée, je ne vais pas être originale, mais MERCI ! une belle écriture? vraiment? voici donc une partie de la suite, le prochain sera plus... moins... je peux rien dire, mais tu as raison "le plus sexi des cabots"!
Siriel, je constate avec plaisir que tu as réussi à trouver un peu de temps pour me lire, merci ! Tu essuies déjà une larme, oh désolée, pourtant ... ok, ne pas en dire trop. Pour savoir si il va s'installer chez Angelina, il faudra continuer de lire. C'est vrai? tu aimes bien mon Angie et sa famille? ça c'est gentil, rien que pour ça j'essayerai de mettre plus rapidement le prochain chapitre /quelle menteuse celle-là, il est presque déjà écrit !/
Pour les lecteurs qui passent par cette page, je vous propose plusieurs solutions, à vous de choisir celle que vous préférez :
-Vous avez aimé cette fic et vous voulez le faire savoir, LAISSEZ UNE REVIEW !
-Vous avez moyennement aimé et dans ce cas je serai ravie de savoir ce qui ne va pas, LAISSEZ UNE REVIEW !
-Vous n'avez pas du tout aimé, pas grave, LAISSEZ UNE REVIEW !
-Vous ne savez pas trop quoi dire aucun problème, quelques mots suffisent à me faire plaisir, LAISSEZ UNE REVIEW !
Sincèrement, cela ne prend pas longtemps et ça encourage alors... ok, à très bientôt !
