Bonjour à tous !

Rien de ce que je pourrai dire n'excusera le temps que j'ai mis pour publier ce nouveau chapitre, alors je ne vous retiens pas plus longtemps en vous racontant ma vie. Je suis vraiment désolée de cet énorme retard qui vous obligera peut-être à relire la fin du chapitre précédent, et je vous souhaite une bonne lecture.

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Disclaimer : Certains personnages, lieux et mots appartiennent à Madame Rowling mais Angelina sa famille et son histoire sont à moi.

Chapitre 9 : Irréversible choix

Sirius était sain et sauf. Il avait pris le risque de m'approcher malgré la présence de Madame Rosmerta et je comptais bien lui dire ma façon de penser à ce sujet dès qu'il arriverait. … Ils ne l'avaient pas eu et c'était tout de même le plus important …

Tel était, à peu de choses près mon cheminement intérieur, tumultueux et désordonné, alors que je marchais de long en large devant ma porte.

Je l'attendis ainsi, guettant nerveusement le moindre signe qui annoncerait qu'il approchait. Il tardait à se manifester et sournoisement, le doute s'insinua dans mon esprit. Pourquoi n'était-il pas déjà là ? J'étais pourtant tellement sûre qu'il viendrait … Et si son apparition était seulement due au hasard ? S'il n'avait pas l'intention de venir me rejoindre ?

Le léger bruit du martèlement de ses griffes sur le sol gelé interrompit le flot de mes pensées contradictoires, voire absurdes. Son élan l'emporta jusque dans le vestibule et je claquai aussitôt la porte derrière moi.

Quand je fis volte-face, il se tenait là, ne sachant visiblement pas quelle attitude adopter. J'esquissai un mouvement vers lui et il me rejoignit en deux enjambées.

Comme à mon retour après les fêtes de Noël, nous nous étreignîmes longuement en silence, ré apprivoisant fiévreusement le corps de l'autre comme deux amants trop longtemps séparés.

Ce qui nous avait éloigné l'un de l'autre n'étaient pas tant les quelques jours qui venaient de s'écouler, mais surtout les événements qui s'y rapportaient.

Quand la raison eut repris le dessus sur les sens, elle éclipsa peu à peu la joie et le soulagement de le revoir vivant et libre. L'attente angoissée qui me rongeait depuis la discussion que j'avais surprise à Pré-au-Lard se rappelait soudainement à ma mémoire et remplaça l'incroyable bien-être qui me réchauffait toute entière à peine une seconde auparavant.

Je me levai, fis un pas en arrière et fixai Sirius dans les yeux, l'inquiétude lancinante de ces derniers jours se muant en une colère croissante.

- Tu es allé à Poudlard, tu n'as pas pu t'en empêcher !

- Oui ! J'ai vu le match ! Harry a été extraordinaire ! Il a même réussi à faire apparaître un Patronus en forme de …

- Je ne te parle pas de Quidditch ! M'écriai-je les yeux étincelants d'une fureur devenue incontrôlable, je te parle de ce que racontent tous les sorciers du coin et sans doute même les journaux ! Tu t'es introduit dans le château samedi, avec un couteau ! Tu te rends compte que s'ils t'avaient capturé …

Je me tus et l'attirai contre moi, essayant de chasser de ma tête les Détraqueurs et leur manière très particulière de faire revenir les prisonniers sur le droit chemin.

- Mais ils ne m'ont pas eu, dit-il entre deux baisers, et je ne l'ai pas eu moi non plus d'ailleurs ce sale rat, ajouta-t-il sombrement.

Je m'écartai brusquement de lui.

- Tout ça aurait pu très mal finir, ils disent partout que tu voulais tuer Harry et que c'est un autre élève que tu as surpris dans son sommeil. Déjà qu'ils te considèrent comme coupable, tu pénètres dans l'école avec une arme, ce n'est certainement pas comme ça que tu vas pouvoir leur prouver ton innocence.

- Mais c'est Croûtard que je cherche ! Si au moins je l'avais attrapé, mes amis seraient vengé et être pris m'aurait été complètement égal, je paierai pour un crime que j'ai commis cette fois, lâcha-t-il d'un air cynique.

- Tu ne peux pas dire ça, cela ne m'aurait pas été égal à moi ! Excuse-moi si j'ai peut-être l'air égoïste, mais ils disent que s'ils te trouvent, les Détraqueurs pourraient t' …

Les mots se perdirent dans ma gorge et j'enfouis mon visage contre son épaule.

- Je connais l'ampleur du danger mais je ne renoncerai pas. Je ne peux pas renoncer.

Il me serrait contre son cœur, embrassant mon front et mes cheveux, comme si la conversation était close. Je le repoussai à nouveau.

- Tu ne vas pas y retourner ?

La question n'attendait évidemment pas de réponse. Sirius ne reprit pas immédiatement.

- D'une manière ou d'une autre, et quoiqu'il m'en coûte, je ferai tout pour le retrouver et lui faire payer sa trahison. C'est à cause de lui qu'Harry est orphelin et …

- Tu es donc vraiment prêt à devenir un assassin...

La fatalité de cette phrase m'atteignit plus violemment qu'une gifle alors qu'elle me narguait pourtant depuis le premier jour. Comment avais-je pu me voiler la face à ce point ? Il venait juste de me répéter presque mot pour mot ce qu'il m'avait déjà affirmé à plusieurs reprises, et moi, j'avais continué de faire comme si les paroles ne deviendraient jamais actes, comme si le simple fait de nier retiendrait sa main. Certes j'avais peur quand il sortait, je redoutais sans cesse qu'il ne croise la route de Pettigrow mais jamais je n'avais approché de si près ce que cela impliquait. Oui, il le recherchait, oui, il était parvenu par deux fois à défier les protections magiques de Poudlard, oui, il envisageait réellement de tuer Pettigrow. Il était prêt à passer du même côté de la barrière que l'homme qu'il haïssait et méprisait tant. Le pensais-je incapable de franchir le pas ? Ou était-ce plus confortable de croire qu'il ne le ferait pas … Et qu'est-ce qui m'avait aveuglé ainsi ? Ce n'était quand même pas cette foutue naïveté qui accompagne généralement l'amour et qui me berçait tout bas de trompeuses illusions ! Qui étais-je pour croire que je le dissuaderais d'accomplir le dessein qui l'avait sorti d'Azkaban ? Pauvre Angelina qui caressait secrètement le fol espoir que quelques mois et de doux sentiments pouvaient étouffer un tel besoin de vengeance et surtout effacer de tels remords …

Complètement abasourdie, je murmurai pour moi-même :

- Quoiqu'il t'en coûte ... Tu ne sais pas ce qu'il m'en coûterait à moi si je ne devais jamais te revoir.

Dans son regard, j'aperçus une profonde tristesse résignée qui fit vite place à la détermination farouche que je lui connaissais si bien et qui me disait : « crois-tu que je puisse vivre en paix en sachant Pettigrow en liberté ? »

- Il n'y a pas un autre moyen de te rendre justice ?

- La justice, parlons-en ! Elle ne m'a pas été d'un grand secours jusqu'ici. Que Pettigrow disparaisse, ça, ce serait juste et puis, que veux-tu que je fasse ? Que je me rende en espérant qu'ils daignent écouter ce que j'ai à dire, même s'ils avaient Peter sous le nez, ils m'accuseraient encore de magie noire, ou de je ne sais quoi. Tu l'as dit toi-même, ils me renverraient tout de suite d'où je viens, ou même pire.

Au comble du désespoir je m'obstinai :

- Mais il faut qu'on trouve un autre moyen ! Si au moins personne ne t'avait vu, avec ce couteau en plus ...

Il soupira et je préférai abandonner cette voie sans issue.

- Cela n'a pas été facile d'attendre de tes nouvelles sans rien faire, je t'ai cherché pendant tout un après-midi.

- Pas évident pour moi non plus, je t'assure, je me suis imaginé mille discussions avec mille personnes qui te voulaient toutes du mal mais apparemment, je me suis trompé.

Son expression avait changé. Il me détaillait maintenant de la tête aux pieds.

- Tu as quand même trouvé le temps pour t'acheter une nouvelle robe, ou peut-être que c'est ton visiteur qui te l'a offerte ?

L'incrédulité me coupa le souffle pendant un instant.

- Tu crois vraiment que c'est le moment de parler de ma robe ? On était en train de …

- Je sais qu'on parlait d'autre chose, mais moi j'aimerais bien savoir qui est venu te rendre visite, c'est normal non ?

- Rien d'inquiétant, sinon je te l'aurais dit tout de suite.

- Oui, ça j'avais compris !

- ça alors ! tu me fais confiance pour ce qui touche à ta vie mais tu t'inquiètes dès que je reçois quelqu'un, c'était mon amie Fostine et j'étais bien obligée de faire comme si de rien n'était pour éviter ses soupçons. Je ne t'ai pas regardé partir de gaieté de cœur, et ce n'est pas comme si j'avais pris quelques jours de vacances au soleil !

Je n'arrivais pas à croire qu'on soit passé à une telle conversation si rapidement et même Sirius troqua son air boudeur pour un visage plus sérieux.

- Tu as raison, je suis stupide, encore une fois.

Il cligna des yeux et reprit :

- Tu sais, pour Pettigrow il n'y a pas d'autre solution. Je suis le seul à pouvoir mettre de l'ordre dans cette triste histoire.

Il me tourna le dos et se mit à arpenter la pièce à grands pas. Je l'appelai, d'un ton implorant.

- Sirius, regarde-moi, parle-moi !

- Je n'aurais jamais dû te demander de porter cela avec moi. J'ai essayé de renoncer aux précieux instants de bonheur que tu m'as offerts, mais j'ai fini par me convaincre que tu n'aurais pas à en souffrir. J'avais tort.

Il fit une pause, son regard grave fuyant le mien.

- Je vais faire ce qui sera le mieux pour toi, même si cela me coûte plus que tu ne peux l'imaginer, parce que je dois te protéger et parce que je ne peux pas te promettre quelque chose que tu as pourtant le droit de me demander.

Pour la deuxième fois en moins d'une très longue semaine, la porte se referma sur Sirius, me laissant seule avec mon désarroi. Tout avait été si bref, avant même que je n'aie eu le temps de le retenir, Sirius était sorti de ma vie sans même un adieu.

Sans réfléchir davantage, je franchis le seuil à mon tour en courant, les yeux brouillés de larmes et je me lançai à sa poursuite. Je m'entendis crier désespérément quelque chose comme « Sirius attends-moi ! » mais mes appels voilés de sanglots se révélèrent vains. La baguette tendue pour éclairer ma route, je courus droit devant moi à en perdre haleine jusqu'à ce que mes jambes ne me trahissent.

Effondrée sur le sol dur et froid, le goût amer des regrets plein la bouche, je demeurai là, perdant conscience du temps qui s'écoulait, ruminant les faits, persuadée de ne pas avoir assez considéré les choses de son point de vue.

Les étoiles brillaient déjà depuis longtemps quand mes yeux se tarirent. Alors, lentement, je me relevai engourdie et complètement épuisée.

Je ne pus m'assoupir que par intermittence et dès l'aube, je m'agitais déjà fébrilement dans toute la maison. J'avais eu beau tourné et retourné notre échange houleux de la veille des centaines de fois dans ma tête, me répétant que je ne pouvais rien faire pour Sirius, qu'il avait raison quand il pensait que nous devions à présent chacun suivre des chemins différents, je ne pouvais pas me résigner à l'accepter. Je devais me rendre à l'évidence, j'étais attirée vers Sirius comme un papillon vers la lumière et je le retrouverai, quitte à me brûler les ailes. Cette nuit qui aurait dû m'éloigner de lui me signifiait au contraire que j'étais prête à l'accompagner et à le soutenir quoiqu'il doive faire. C'était comme si je l'avais toujours su mais qu'il m'avait fallu un choc pour l'admettre, il était trop tard pour rebrousser chemin.

J'entrepris donc de le chercher méthodiquement et sans relâche. J'avais bon espoir de le croiser mais voudrait-il m'écouter ? Et s'il m'écoutait peut-être ne reviendrait-il pas sur sa décision …

Je parcourus calmement les environs, inspectant systématiquement chaque buisson, chaque lieu où Sirius se rendait régulièrement, sans résultats. Je fis une brève halte pour un déjeuner sur le pouce et repris mes investigations.

A la tombée de la nuit, exténuée et grelottante, je renonçai à poursuivre, du moins jusqu'à ce que le jour se lève.

Le lendemain, la journée fut identique à la précédente, les recherches infructueuses n'altérant en rien mon obstination acharnée. Pourtant, au crépuscule du jour suivant, l'abattement se mêlait à la fatigue et m'inspira l'image d'un Sirius solitaire, errant à des kilomètres de moi.

La nuit fut très longue mais au matin, j'étais à nouveau sur les traces de Sirius, qui, contrairement à ce que m'avait soufflé mon imagination, ne lâcherait pas celles de Pettigrow tant qu'il lui serait possible de les suivre. A peine l'espoir m'était-il revenu qu'une autre pensée plus terrifiante et réaliste que les délires nés de mon épuisement s'imposa à moi. Sirius ne voulait pas être découvert. Le fait de m'avoir quittée ainsi ne l'avait pas entraîné dans toutes ces réflexions qui me tenaient éveillée et qui m'avait conduite à ce point de non retour.

Cette dernière conclusion paraissant être la plus probable, je regagnai ma demeure, scrutant machinalement les alentours. Mon regard finit par se poser sur la maison qui semblait m'attendre, bienveillante et familière.

Quelque chose dans son apparence pourtant était différent. Je ne pouvais pas encore dire quoi, et je sortis ma baguette par précaution. Quand je fus assez proche, je le vis.

Sur le perron, était assis un homme, les bras autour des genoux, le visage masqué par un rideau de cheveux noirs.

Je me jetai près de lui, l'entourai de mes bras et le serrai de toutes mes forces, me jurant de le garder à mes côtés.

Il était si pâle que ses yeux écarquillés semblaient démesurés dans ce visage amaigri.

- Il fallait que je te revoie une dernière fois, murmura-t-il à mon oreille, je ne pouvais pas t'effacer de ma vie comme ça, je ne t'ai même pas dit adieu ! Ce matin, je t'ai regardé partir. J'avais décidé de te laisser tranquille, et je me suis assis là pour t'attendre …

- Chuuut ! J'ai cru devenir folle ! Depuis quatre jours je bats la campagne pour te ramener et moins je te trouvais, plus je me perdais. Plus je me perdais plus je te cherchais pour que tu me retrouves … Enfin … tu comprends ce que je veux dire …

- Pas en détails, mais ça me plaît assez.

- Tu plaisantes ! Ça ressemble à ce que j'écrivais et que j'appelais « poésie » quand j'étais encore à l'école !

Nous éclatâmes de rire tous deux, et mon cœur s'en trouva d'un coup plus léger.

Le long regard qui suivit scella une sorte d'accord tacite qui nous permettait un moment de répit.

Après quelques jours d'une douillette quiétude, il fallut pourtant aborder de nouveau l'épineux sujet et en venir à bout.

Sirius eut du mal à croire que j'accepterais tout et cela sans condition. Il eu beau me faire un tableau des plus noir de la situation et des conséquences désastreuses qu'il pourrait s'en suivre, je tins bon, et j'allai jusqu'à lui demander de ne plus se sentir coupable vis-à-vis de moi, qui agissais de mon plein gré et en connaissance de cause . Nous parvînmes à clore la discussion en sachant très bien qu'elle était de celles qui finissent toujours par refaire surface un jour ou l'autre. A ce moment, nous préférâmes cependant nous consacrer à rattraper le temps perdu, plus conscients que jamais que nous volions à la vie ce qu'elle se refusait à nous donner.

Nous profitâmes d'un peu plus de deux mois d'un quotidien qui frôlait la perfection, confortablement installés dans la bulle protectrice que nous nous étions construite, barrière bien dérisoire contre le monde extérieur mais ô combien rassurante. Dans les bras de Sirius je nous sentais invincibles, capables de tout affronter, de surmonter les pires épreuves.

Ce ne fut pas l'une d'elles qui m'obligea à m'éloigner de Sirius vers la fin du mois d'avril, mais une demande de mon frère qui m'appelait auprès de lui et de Fidelia dont la grossesse exigeait qu'elle se repose le plus possible. Le Médicomage qui la suivait lui conseillait d'éviter de pratiquer la magie autant qu'elle le pouvait et John avait naturellement pensé à moi pour venir leur donner un coup de main et veiller sur son épouse, les parents de celle-ci habitant toujours en Afrique du Sud.

Je quittai Sirius à contrecœur, lui promettant de lui écrire et de revenir passer mes week-ends auprès de lui dès que je le pourrais.

Cette dernière promesse me fut malheureusement intenable. John ne comprit pas pourquoi je voulus rentrer chez moi à la fin de la première semaine que j'avais passée en leur compagnie. Il m'assura que je pouvais rester, que leur intimité n'en souffrirait pas et que je n'avait personne qui m'attendait, pas même un chat ! Cette dernière remarque me tira une grimace apparemment comique et comme aucune excuse ne se présentait à mon esprit, je n'insistai pas. J'écrivis une longue lettre à Sirius, lui donnant des tonnes de raisons pour expliquer une absence qu'il ne me reprocha pas. Ma seconde tentative de le rejoindre se brisant contre la bonne volonté de mon frère pour me garder près d'eux fut la dernière. Je ne me voyais pas inventer un mensonge à John qui, si c'était possible, se montrait encore plus coriace que Fostine en matière de dénicher la vérité derrière une entourloupe mal ficelée. Je me résignai donc à ne pas voir Sirius durant le séjour que je fis à Londres. Heureusement, veiller sur Fidelia et m'occuper de la maison me laissait assez de temps libre pour écrire un peu, ce qui retint mon esprit là où se trouvait mon corps.

Un mois s'écoula ainsi, dans l'attente des missives de Sirius, qui se faisaient de plus en plus courtes, de plus en plus rares.

Taraudée par l'inquiétude, je résolus de rentrer ne serait-ce que quelques jours, ma dernière lettre n'ayant toujours reçu aucune réponse. Je préparais déjà une raison valable pour momentanément les quitter, quand j'appris une heureuse nouvelle, tant pour la future mère que pour ma réticence à devoir mentir. Monsieur et Madame Jones étaient parvenus à se dégager de leurs nombreuses obligations et étaient attendus pour le premier jour du mois de juin, autrement dit pour le lendemain.

L'arrivée tardive du message eut l'effet d'une petite bombe et plongea la maison dans une effervescence telle, que nous ne fûmes pas trop de deux pour convaincre Fidelia de ne pas trop en faire.

Je quittai tout ce petit monde quelques jours plus tard, non sans en avoir informé Sirius.

Tourmentée par son silence qui en disait long, je préférai le transplanage à tout autre moyen de transport, et débarquai directement dans mon salon, échevelée et le souffle court.

Avant même d'ouvrir les volets, je me hâtai d'aller vérifier la mangeoire pour les oiseaux qui avait fait office de boîte aux lettres à plusieurs occasions déjà, et qui se révéla vide. Même s'il ne m'avait pas écrit aussi régulièrement que je ne l'avais fait, Sirius avait au moins récupéré et lu le courrier qui lui était destiné. Il ne me restait plus qu'à reprendre les activités qui m'avaient retenu à Londres, les tâches ménagères !

Je m'employai à aérer, nettoyer et ranger pendant tout le jour, jetant de temps à autre un coup d'œil par l'une ou l'autre des fenêtres.

Sirius ne se montrait pas. N'ayant précisé la date exacte de mon retour, je ne m'en étonnai pas, m'interrogeant cependant sur ces faits et gestes qui le retenaient loin de moi.

Il était plus de minuit et je veillai encore sur la terrasse, retardant le moment d'aller me coucher. J'attendais sans plus d'espoir, aussi, je me décidai à rentrer, quand le bruit d'une course rapide me fit sursauter.

Quelqu'un venait dans ma direction, et ce n'était certainement pas un chien.

Ma crainte grandit encore quand je reconnus l'homme qui fonçait droit sur moi.

Je me précipitai vers lui en m'écriant :

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tu ne …

- Ecoute-moi, je n'ai pas le temps de t'expliquer. Je dois partir, tout de suite ! Tu veux venir avec moi ?

- Mais …

- Plus tard !

-Attends, je vais prendre …

- Non, on n'a pas le temps !

Et sans ajouter un mot, il m'entraîna à sa suite. Je jetai un sort par-dessus mon épaule pour fermer la maison et accélérai davantage le pas pour le rattraper.

Il me conduisit sur une colline éloignée et je n'avais pas encore repris mon souffle que je le vis. Comme s'il s'agissait d'une monture tout à fait courante, un hippogriffe était sagement attaché à un arbre, fouillant le sol de son bec acéré. Et aussi étrange que cela puisse paraître, autre chose d'encore plus frappant attira mon attention. C'était comme si j'avais remonté le temps. Le Sirius qui se tenait devant moi avait l'air de s'être évadé la nuit dernière. La peau sur les os, les cheveux emmêlés, il ressemblait presque trait pour trait à la première image que j'avais vu de lui dans le journal. Un détail cependant faisait toute la différence. La lueur inquiétante qui animait ses yeux ce jour-là s'était éteinte.

Dans sa hâte de fuir, il ne remarqua pas mon trouble.

Il s'impatientait aux côtés de l'animal, la main tendue pour m'aider à grimper sur son dos. Je m'arrêtai à quelques pas, indécise. Il me fit signe d'avancer quand je balbutiai, encore déconcertée :

- Je ne peux pas le monter comme ça ! Je dois le saluer avant !

- Si tu crois qu'on a que ça à ...

Il s'interrompit, un éclair de compréhension traversant son regard.

- Le saluer, bien sûr !

Je m'avançai prudemment vers l'hippogriffe, me remémorant mon cours théorique qui assurait combien ces créatures étaient susceptibles et m'inclinai profondément devant lui, redoutant sa réaction. M'efforçant de ne pas baisser les yeux, je fus soulagée de le voir s'incliner à son tour.

-C'est bon, je vais t'aider à monter maintenant.

- Non, je dois lui caresser le bec !

- Viens je te dis ! On doit partir !

Je tendis cependant la main et flattai l'animal avant de prendre appui sur celle de Sirius.

Une fois qu'il eut pris place devant moi, je m'accrochai à sa taille de toutes mes forces, la peur du décollage n'étant pas la seule raison à cela, et nous regardâmes la campagne rapetisser au fur et à mesure que l'on s'élevait.

Nous quittions Pré-au-Lard et Pettigrow, La Gazette et les Détraqueurs, je ne connaissais rien du pourquoi de tout cela mais j'en savais au moins le comment. En souriant, je me retournai et fis un signe de la main à la lune, notre seul témoins.

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Me revoilà avec des réponses un peu modifiées à toutes vos merveilleuses reviews, mais avec plus de 5 mois de délai, je ne vois pas comment faire autrement.

Je tiens à tous vous remercier d'avoir laissé un commentaire, je ne le répèterai jamais assez, c'est vraiment ce qui me motive à écrire, oui, même si je tarde à mettre la suite !

M4r13, Tu sens la fin arriver, et tu n'es pas la seule, mais pourquoi ? Il reste encore quelques chapitres à écrire ! Merci en tout cas d'être toujours fidèle au poste, bisous !

beru ou bloub, (introduit plus ou moins involontairement dans ma fic), on s'est déjà expliqué en privé ! Mille merci et encore désolée pour mon inattention …

Alixe, merci pour ton mot ! Et encore merci pour tes fics qui sont un vrai moment de plaisir !

Takoma, tu voulais une suite rapidement, (l'auteur est rouge de honte et ne sait plus quoi faire pour se faire pardonner), merci pour tes encouragements, j'espère que tu ne m'en voudras pas trop pour l'attente.

Evil Milou, tu étais très compréhensive la dernière fois pour mon retard, le seras-tu encore celle-ci ? Un énorme merci pour tes compliments qui m'ont ravi, je ferai bien entendu un passage sur ta page sur fictionpresse, et pas parce que je veux faire oublier ces 5derniers mois !

Meli-Melo, merci merci merci ! Je ne sais pas si tu me liras, vue que ça fait un bout de temps qu'on n'a plus de nouvelles ni de toi ni de Tia (je crois qu'elle aura compris le message-là, hi hi !) alors, à bientôt j'espère !

Dreyd, merci pour cette review qui a réussi à m'émouvoir, et pourtant comme tu le dis, on connaît la suite … Bisous !

Titania.M, toi aussi tu penses déjà aux mouchoirs bizarre … J'espère que ce chapitre est à la hauteur ! Pour ce qui est de suivre fidèlement les livres, j'essaye de ne pas commettre d'erreurs trop grossières, déjà que je ne laisse pas croupir Siri dans la Forêt Interdite comme le fait Mrs Rowling, c'est la moindre des choses ! Merci beaucoup pour ton commentaire, j'imagine que cette fin-ci te fait plus sourire que celle de la dernière fois je me trompe ?

Britany LovArt, une mordeuse de mots ? Je ne connaissais pas mais j'aime bien ! Merci de toujours en laisser un !

Karen, tu te demandais ce qu'il allait advenir du couple Sirius/Angelina, je peux te dire que pour l'instant, ils sont à des dizaines de mètres du sol, et à la vitesse que je mets pour publier, ils y sont encore pour un certain temps ! Merci à toi aussi de me suivre depuis le début, bizzz !