Disclaimer : absolument rien ne l'appartient ici, sauf l'histoire ! Snape et compagnie sont à JKR. Hana, Isis et les autres sont à ma chère Vela. Merci de me les prêter !

Je me suis promis de vous aimer

1er round ! Le jeu du prisonnier... (détention désirée)

- Pourquoi est-ce que vous ne m'autorisez pas à utiliser la magie ?

Le professeur Snape, immobile, un sourire sardonique traînant sur ses lèvres fines, ne daigne même pas lever ses yeux brillants sur moi.

- Ce serait trop facile, Miss Lowenor... De l'huile de coude et c'est tout.

Je soupire, lasse. Je ne finirai jamais, à ce train là...

Les chaudrons crasseux, il n'y a rien de pire. Moi qui rêve depuis des mois d'être seule en retenue avec le prof de potions... J'avais imaginé une sorte de rendez-vous romantique, autour d'un philtre d'amour (quoique je ne croie pas en avoir besoin...)

A la place, je me retrouve à récurer à la main des chaudrons dégoûtants qui n'ont plus vu de Nettoie-tout magique de la mère Gratte-sec depuis de longues semaines...

Si ça n'était pas pour lui, j'aurais claqué la porte de la salle de classe depuis belle lurette... Mais, c'est lui à qui revient l'extrême honneur de m'avoir en détention ce soir...

Enfin, quand je dis "extrême honneur", il faut plutôt comprendre que tout le plaisir est apparemment pour moi. Se rend-il au moins compte qu'il n'y pas un seul autre élève dans toute cette fichue école, qui l'admire autant que moi ?

Admirer... Disons plutôt aimer, ce sera plus exact...

- Tenez. Prenez un peu de potion de dégraissage, ça vous aidera.

Je suis tellement toute à mes pensées que je ne l'ai pas vu s'approcher de moi, sournoisement, comme à son habitude.

Je sursaute en entendant sa voix.

Il me tend une fiole, tout en me jetant un regard méprisant, hautain.

- Eh bien ? Vous avez quelque chose à vous reprocher pour être ainsi surprise ?

Je suis lance un regard des plus haineux. En vain, sans doute. S'il m'examinait bien, il verrait au fond de mes yeux à quel point sa seule présence me bouleverse...

- Pas autant que vous...

Mais qu'est-ce qui me prend de dire des trucs pareils ? Il va croire que je le déteste... Dans un sens, ce n'est pas faux. C'est même assez vrai : je le déteste. Mais à un tel point que je l'aime... Bref, c'est trop compliqué...

Ses yeux se glacent à mes paroles. Puis un vague sourire se dessine sur ses lèvres. Un sourire dédaigneux.

J'ai beau être Hana Lowenor, animagus et télépathe à seulement dix-huit ans, meilleure amie de la grande Isis Magyar, l'héritière de l'ordre du phénix noir... J'ai beau être la fille toujours de bonne humeur, qu'on apprécie en bonne copine, sérieuse quand il le faut... J'ai beau être tout ça ; face à lui, je ne suis plus rien.

Je tends la main pour prendre le flacon. Il le pose sur le rebord du bureau avant que j'aie le temps de la saisir. Dommage...

Enfin, je suis tellement maladroite que j'aurais bien été capable de le renverser et de la casser... Ca m'aurait valu de nouvelles remontrances. Et me rendre ridicule devant lui, c'est vraiment la dernière chose dont j'ai besoin en ce moment.

J'aurais bien aimé frôler sa main. Je suis sûre qu'il a la peau douce. Et, qui sait, peut-être que ça lui aurait plu à lui aussi ?

N'importe quoi ! Reprends-toi, ma pauvre Hana, tu divagues complètement ! Ton coeur va faire de toi une de ces gourdes sentimentales sans intérêt dont tu te moques si volontiers... C'est ce que la voix de ma conscience me souffle. C'est également ce qu'Isis me dirait si elle lisait dans mes pensées à cet instant.

Mais, finalement, qu'y puis-je, pauvre de moi, si je suis tombée sous le charme du ténébreux professeur de potions ? Je n'ai rien demandé !

J'étais quelqu'un avant d'arriver ici, à Poudlard. J'étais même quelqu'un d'assez important. Rien, bien sûr, à côté d'Isis. Mais elle, elle n'est pas du genre à tomber amoureuse du directeur des Serpentards, ex-Mangemort et ancien ennemi.

J'étais quelqu'un, mais aujourd'hui, je ne suis plus qu'une insignifiante élève de septième année, répartie à Gryffondor pour suivre ma meilleure amie, que je suis censée protéger, alors que c'était plutôt elle qui se retrouve chargée de veiller sur moi et réparer mes gaffes... Ma seule particularité est d'être résolument, totalement, irréversiblement et irrémédiablement amoureuse du prof le plus détesté et craint de tout Poudlard...

La potion de dégraissage fonctionne bien. Au moins, je n'ai plus besoin de l'écorcher les mains à frotter les parois douteuses de ce chaudron. C'est vrai que, comme attitude de séduction, on fait facilement mieux que ma situation actuelle : visage fatigué, cheveux décoiffés, manches retroussées, bras pleins de mousse d'une couleur peu appétissante, à genoux devant un chaudron...

Je n'ai jamais eu moins de chance d'arriver à mes fins que maintenant ! Pour une fois que je me retrouve seule avec lui... C'est bien ma veine...

Soudain, un frôlement, un bruissement de robes près de moi.

Et le professeur Severus Snape, toujours aussi digne, fier et impassible, se retrouve en face de moi, agenouillé de l'autre côté du chaudron.

Je rêve ? Par pitié, dites-moi que non...

- Je vais vous aider, dit-il d'un ton neutre, où ne perce aucune émotion.

Il verse un seau d'eau chaude dans le chaudron et retrousse ses manches. Sans m'en rendre compte, je garde les yeux fixés sur lui, de manière fort stupide, il faut bien en convenir. J'ai l'air ridicule...

Lorsque je m'aperçois de mon attitude, je me dépêche de baisser les yeux sur le chaudron. Que faire ?

- Je n'ai pas besoin de votre compassion...

C'est quand même étrange, cette faculté de me rendre détestable lorsque ça m'arrange le moins... Chaque fois que je me retrouve si près de lui, je tremble au point de me demander si je ne ferais pas mieux de lui avouer mes sentiments. Mais les seules phrases qui me sortent de la bouche sont cinglantes et ne rendent absolument pas compte de ce que je ressens !

Personne ne m'a jamais fait cet effet...

Il ne prend pas la peine de répondre. Je ne dois pas être la première personne à lui témoigner du dégoût. Mais en réalité, tout est bien différent. Si seulement il savait...

- Il ne s'agit pas de pitié, Miss Lowenor. Contrairement à vous qui bénéficiez d'un vaste temps libre, j'ai encore du travail et j'aimerais que ces chaudrons soient propres avant demain matin. Ce ne sera sans doute pas le cas si je n'y mets pas un peu du mien, étant donné la mauvaise volonté dont vous faites preuve.

Il plonge ses longues mains dans l'eau chaude. Son avant-bras gauche... C'était donc qu'était la fameuse marque... Quand je pense que cet homme était un Mangemort... Ca fait froid dans le dos. Je ne sais pas quoi penser de lui, de son comportement, passé comme actuel.

Mais j'ai bien l'impression que mon coeur a décidé et fait son choix avant mon esprit... Oh, Isis ! Tu devrais me détester de l'aimer, lui...

Sa main effleure la mienne, au fond du chaudron. Décidément, je nage en plein délire ! J'ai cru que mon coeur allait se décrocher de ma poitrine. Je suis quasiment certaine d'être en train de virer à un rouge parfaitement abominable... Merveilleusement assorti à cet écusson de Gryffondor qu'il déteste tant...

D'habitude, je sais me maîtriser. Mais, près de lui, je suis faible.

Lui reste indifférent, stoïque. Indifférent... Il ne voit même pas que je vais certainement succomber à une crise de tachycardie d'ici peu, et uniquement à cause de lui.

Avec un peu de chance, il me ranimera... Ca m'étonnerait. Avec lui, un élève de plus ou de moins, quelle importance ? Surtout un Gryffondor...

Tss... Il ne peut quand même pas avoir aussi peu de coeur... Si ?

Mais un évènement inopiné vient rompre le fil de mes pensées.

- Vous êtes toujours décidée à suivre la formation d'Auror ? demande-t-il comme si de rien n'était, sans cesser d'astiquer, ni lever les yeux sur moi.

Comment le sait-il ? Et qu'est-ce que ça peut bien lui faire ?

Deux solutions. Soit j'ai été transportée sans m'en apercevoir dans un univers parallèle où le professeur Snape sait entretenir (et même entamer) une conversation avec une inconnue, sur un ton de politesse presque agréable. Soit Isis a prévu le truc et a trouvé un moyen pour lui refaire boire du Veritaserum...

J'arrête un moment de récurer le chaudron et cherche le regard du ténébreux professeur.

- Oui.

Pas de réponse. En somme, il s'en fiche pas mal... Isis, si tu as recommencé, je vais te t...

- Et que ferez-vous si vous vous retrouvez un jour face à un ancien ennemi envers qui vos sentiments ont évolué ?

Pourquoi est-ce que j'avais dans l'idée que son regard était fuyant ? Il me regarde droit dans les yeux. Le chaudron a bien le temps pour être nettoyé. Le professeur Snape me fixe de son regard noir et glacial. Et il me parle de sentiments ? Il faut en profiter...

Ai-je bien compris ? Ou serait-ce mon imagination qui me joue des tours ?

Ces yeux... Dès que je les ai vus, j'ai su... J'ai su que j'avais besoin de les voir pour me retrouver, qu'ils étaient un repère, un point d'ancrage pour moi...

Ces yeux noirs et profonds, creux comme des trous ouverts sur l'obscurité et le néant. Et plus je les regarde, plus je sombre dans leur vide...

Pourtant, au fond, tout au fond, il y a une flamme que personne d'autre que moi n'a remarquée. Cette flamme rend ses yeux aussi brillants que le soleil. Plus brûlants et plus attirants aussi. A s'y brûler les ailes...

On dirait que c'est cette flamme qui a dévoré son âme, le laissant à l'état d'être apparemment sans coeur. Et maintenant, elle s'approprie mon propre coeur.

Pitié, Professeur... Si vous continuez à me regarder comme ça, je vais faire une bêtise et nous le regretterons tous les deux...

Ca doit bien faire trois longues minutes qu'il m'a posé la question. Le silence devient lourd. Il serait temps que je réponde...

- Je n'hésiterai pas...

- C'est-à-dire ? demande-t-il en plissant les yeux.

Il ne me quitte pas des yeux, ces yeux ardents, avides, voraces...

Je me sens rougir, plus faible que jamais. Mais, en fin de compte, ma faiblesse, c'est peut-être ma seule force à lui opposer ? Il se sent en position de supériorité face à cette petite élève toute faible. Ca le flatte...

Alors, allez-y Professeur, jouez avec moi, si c'est ce que vous voulez. C'est toujours mieux que de rester invisible à vos yeux. Et puis, le mal est déjà fait. Ca fait déjà longtemps que vous avez pris le peu de fierté qu'il me restait...

- Je vous tuerai.

A mes mots, la flamme vacille dans ses prunelles et semble s'éteindre. Il éclate de rire, sans prévenir. Cruel... Vous avez déjà pris mon coeur. Que vous faut-il encore ?

- Joli lapsus, Miss Lowenor ! C'est donc moi, cet ancien ennemi pour qui vos sentiments ont évolué ? Je ne sais pas si je dois m'en féliciter. Je suppose... Mais je suis ravi de voir que vos émotions n'altèrent pas encore votre jugement. Ni vos réactions.

Je suis stupide. Stupide. S-T-U-P-I-D-E.

J'aurais mieux de me taire. Ou de rester dans la salle commune. Ou de jamais venir à Poudlard. Ou de ne pas naître du tout. Ca aurait été beaucoup plus simple...

Stupide.

Je n'avais déjà aucune chance. Maintenant, je ne pourrais même plus rêver en paix.

Stupide.

- Ce chaudron ne va pas se nettoyer tout seul, Miss Lowenor.

Il ose me parler de ménage, alors que je viens de lui révéler accidentellement que je l'aime ? Il est fou ?

Il saisit brusquement mes mains et les replonge dans l'eau, avec une violence qui me parait inutile. Ne suis-je pas déjà réduite à l'acceptation ?

L'aurais-je blessé ? Touché, peut-être ?

- Vous ne voulez pas répondre... poursuit-il.

- Vous ne m'avez pas posé de question !

Je prends un air assuré, mais il n'en est rien. J'ai même baissé les yeux. S'il m'oblige à le regarder encore, ne serait-ce qu'un instant, je vais fondre en larmes. Je me suis suffisamment ridiculisée aujourd'hui pour m'autoriser à me laisser aller à ce point.

- Est-ce moi ?

Que répondre ?

- Regardez-moi et répondez !

Je lève les yeux tremblants et humides vers son regard flamboyant. Et j'y lis du mépris, de l'arrogance et une certaine fierté. Fierté ?

- Évidemment !

J'ai réussi à ne pas éclater en sanglots. Bravo... Je dois me féliciter moi-même de mon sang-froid.

Mais mon courage ne va pas jusqu'à regarder si une quelconque émotion transparaît dans ses yeux noirs.

- Et vous, que feriez-vous ?

J'ai posé la question, plus pour éviter toute remarque de sa part que parce la réponse m'intéresse. Quoi que...

- Vous voulez dire : face à une Auror qui serait une de mes anciennes élèves, une jeune fille insolente et prétentieuse à qui je n'aurais enseigné qu'un an et qui aurait eu l'audace de croire qu'elle pouvait toucher mon coeur de pierre ?

Pas un sourire. Rien dans ses yeux. Indifférent. Totalement indifférent...

Il n'est pas beau. Mais quelque chose m'attire irrésistiblement. Seulement, je ne sais pas quoi.

- Je ne vois pas pourquoi un Auror voudrait m'interroger...

Ingénieuse façon d'éviter de répondre.

Je le déteste. Je l'aime, c'est sûr. Mais je le déteste. Je ne sais pas comment je fais pour détester quelqu'un que j'aime, mais c'est ce que je fais, à l'évidence...

Je le déteste, je le déteste, je le déteste.

Pour le lui faire comprendre, je tente de lui jeter le regard le plus méchant que je trouve. Malheureusement (ou heureusement ? ) je ne dois pas être foncièrement destinée à exprimer la méchanceté, parce qu'il n'a pas l'air de comprendre. Ou alors c'est lui qui a un problème relationnel ? C'est encore possible...

En même temps, je viens, par l'une de mes habituelles gaffes, de lui révéler accidentellement que "mes sentiments pour lui ont évolué". Remarquez : ils auraient pu évoluer dans le mauvais sens. D'ailleurs qu'est-ce qui lui fait croire que je suis amoureuse de lui ? C'est vrai que, si ça n'était pas le cas, je n'aurais aucune raison d'être aussi gênée. Et je le suis pourtant. Amoureuse et gênée.

Mes mains sont enfoncées dans l'eau grisâtre du chaudron, mais je reste immobile. Ce contact humide, c'est dégoûtant.

Lui a recommencé à frotter les parois du récipient. Je peux sentir ses mains qui remuent le liquide tiède et qui effleurent parfois les miennes. La surface de l'eau se ride régulièrement, effaçant le reflet de nos visages, lui indifférent, moi... Finalement, j'ai l'air assez indifférente, moi aussi. Jolie façade. Derrière, mon coeur bouillonne, étouffe, bat à tout rompre.

Les remous du liquide cessent et les reflets s'immobilisent dessinant son regard fixé sur moi.

- Je peux savoir ce que vous attendez ?

Ce n'est pas son habituel ton poli et faux, presque mielleux, qu'il utilise avec les élèves qu'il méprise. Il a l'air excédé.

- Au revoir, Professeur.

Je me lève d'un coup. Comme c'est agréable d'être debout face à lui qui est à genoux ! Quel délice de pouvoir le regarder de haut, lui qui me dépasse habituellement d'une bonne tête...

Combien de fois j'ai espéré qu'il me prenne dans ses bras... Combien de fois je l'ai imaginé...

Mais ses bras n'ont pas la douceur que j'attendais. Ils sont fermes, volontaires, lorsqu'il me retient par le poignet, avant que j'aie le temps de franchir la porte.

- Votre retenue n'est pas terminée, Miss Lowenor. Vous restez ici !

Ses doigts fins sont si serrés autour de mon bras...

- Vous me faites mal !

- Ca, c'est le cadet de mes soucis, Hana.

Ses yeux brillent étrangement à la faible lueur des bougies censées éclairer le cachot. Son ton est toujours aussi arrogant. Mais il a relâché sa prise. Et il m'a appelée par mon prénom...

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

Je ne savais pas que ma vois pouvait être aussi rauque, sous le coup de l'émotion.

- Que vous terminiez votre retenue, ici. Avec moi...

Sa bouche se tord en un sourire à la limite du sinistre. Visiblement, il ne doit pas sourire assez souvent pour savoir comment on fait.

- Ce chaudron n'est pas propre, ajoute-t-il.

- Je ne suis pas là pour me plier à vos désirs !

Je ne vois vraiment pas pourquoi c'est tout ce que j'ai trouvé à rétorquer ça, puisque c'est ce que je voudrais...

Ses lèvres bougent de manière à peine perceptible mais aucun son n'en sort. Qu'a-t-il voulu dire ? Et pourquoi ne l'a-t-il pas dit ? (1)

Mais, tout à coup, son regard change. D'un mouvement de baguette, le fameux chaudron, qui nous occupe depuis une bonne heure, est envoyé, étincelant, dans un coin de la pièce. Parfait...

- Puisque c'est propre, je m'en vais. Au rev...

- Non, Hana.

Cette fois, il a posé sa main sur mon épaule, l'infâme. Je ne sais pas si je vais résister...

- Asseyez-vous.

Il m'indique une chaise devant son bureau. Il s'assoit en face de moi, une expression très sérieuse au visage.

- Hana... Fleur, c'est bien ça ? (2)

Je hoche la tête en signe d'acquiescement. Je me demande bien comment il le sait.

- Une fleur et un serpent... murmure-t-il, les yeux perdus. C'est incompatible, ajoute-t-il, le regard soudain plus dur.

Et encore cette étincelle fugace dans son regard...

Incompatible ? La bonne excuse...

- Dites plutôt que je ne vous intéresse pas. Soyez sincère, au moins une fois dans votre vie...

Si je parais aussi furieuse, c'est simplement parce que je le suis vraiment. Contre moi. Parce que je suis stupide et que je n'ai aucune chance de m'en sortir.

- Si je disais cela, je ne serais pas sincère...

Quoi ? Mes oreilles ont-elles bien entendu ? Vient-il de sous-entendre qu'il pourrait éventuellement être attiré par moi ?

Il ne me reste qu'à prendre mon air le plus innocent et candide :

- Pardon ?

- Ne faites pas l'imbécile, Hana. Ca ne vous va pas. Vous m'avez très bien compris...

C'est à mon tour de jouer et de sourire...

- Oui, j'ai compris. Je voudrais seulement vous l'entendre dire, de manière plus... explicite...

Son visage semble se transformer. Éclairé par un sourire sincère, le premier que je lui ai jamais vu, il parait beau. Conventionnellement beau.

- Ne jouez pas au plus rusé avec moi, Hana. Vous perdriez à tous les coups.

Pas sûr, Professeur...

Silence. Long, très long silence... Les yeux dans les yeux, sourire en coin. Séparés par ce stupide bureau. Il suffirait d'un rien pour le faire disparaître : une simple formule, un petit coup de baguette...

Mais, soudainement, il détourne le regard et le charme est rompu.

- Vous avez raison, vous feriez mieux de partir. Votre sanction est levée...

- Le problème, c'est que, maintenant, je n'en ai plus envie...

- Mais, Miss Lowenor, grince-t-il avec un sourire sarcastique, souvent, dans la vie, on est obligé d'agir malgré soi. Il serait utile que vous le sachiez...

- Mais pour quoi le faire si personne ne le souhaite vraiment ?

Il sourit de plus belle.

- Vous maîtrisez de mieux en mieux votre don de télépathie...

- Oui. Mais votre cas me pose toujours des problèmes.

- Dans ce cas, il va falloir que je m'exprime plus clairement...

Il se lève, contourne le bureau et vient s'asseoir sur un coin du meuble, tout près de moi, l'air presque décontracté.

- Qu'en dites-vous Hana ? demanda-t-il en prenant ma main.

Je tremble beaucoup trop pour répondre. Mais je crois que mes yeux s'expriment mieux que ma voix...

Après un long silence troublant, j'ose enfin :

- Je me suis promis de vous aimer, Professeur...

- Vraiment ? répond-il en souriant. Dans ce cas, il serait malvenu de ma part de vous faire manquer à vos promesses, Miss Lowenor...

Je sens ses bras qui m'attirent à lui, je ferme les yeux...

Bravo Hana... C'est gagné...


Un serpent et une fleur...

Lui, Professeur Severus Snape, d'âge mûr, ancien Mangemort et sombre d'aspect.

Et moi, Hana Lowenor, dans la fleur de l'âge, pas encore sortie de Poudlard, promise à une brillante carrière d'Auror.

Tout nous oppose...

Et alors ?


End !

And the winner is...


(1) J'imagine qu'il a voulu dire quelque chose comme "Dommage" ou "Ca pourrait changer". Mais comme c'est une fic tout public, je ne voulais choquer personne. Et puis, de la bouche de notre prof de potions préféré, ça choque un peu, non ? Quoi que...

(2) "hana" signifie "fleur" en japonais (le personnage d'Hana n'a aucun rapport de quelque nature que ce soit avec ce pays)


Alors, alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

J'ai pris énormément de plaisir à écrire ce chapitre, j'espère que c'est agréable à lire. En fait, je n'ai qu'à me laisser aller à mes rêveries de midinette, et les mots viennent tout seuls. C'est ça, l'effet du charme du ténébreux Professeur Snape... (Dracula m'a déjà fait le même effet dans "De notre sang" ! ) Je ne crois pas que ce soit très littéraire, mais bon...

Selon vous, qui est le gagnant de ce premier round ? Ca vous dirait un "deuxième round" ? J'attends vos reviews !

A bientôt !

Thaele Ellia