Disclaimer : absolument rien ne l'appartient ici, sauf l'histoire ! Snape et compagnie sont à JKR. Hana, Isis et les autres sont à ma chère Vela. Merci de me les prêter !
Je me suis promis de vous aimer
4ème round ! Cache-cache... (rendez-vous raté)
(le dernier jour avant les vacances)
- Tu as encore perdu ! Désolée Hana !
- Pas grave ! J'ai l'habitude...
Enfin, quand même... Quatre défaites sur quatre parties, c'est vexant...
- Tu t'es encore fait étaler Hana ? demande Harry avec des yeux ronds. T'as vraiment pas de chance...
- Dis-le carrément, Harry, je suis nulle...
- Non, non ! C'est pas ce que j'ai voulu dire ! Je t'assure !
- Isis, tu ferais mieux de tenir ton copain un peu mieux si tu ne veux pas que Katan le défigure...
Ledit Katan, entendant son nom, arrive vers moi et regarde Harry d'un air méfiant. C'est pratique d'avoir un animal de compagnie capable de détecter les personnes qui pense à vous... Katan ne se contente pas de percevoir les mauvaises pensées me concernant, il peut aussi repérer n'importe quelle personne pensant à moi, si la personne en question est proche. Je me demande comment il réagirait en face du profes... de Severus. Je ne vois pas pourquoi il penserait du mal de moi, c'est juste que...
- A quoi tu penses Hana ?
La présence d'Isis s'infiltre dans mon esprit.
- Tu ne peux pas t'en empêcher, n'est-ce pas, Isis ?
- M'empêcher de quoi ? C'est pas de ma faute si tu penses tout le temps à lui !
- Mais t'es pas non plus obligée de regarder dans mes pensées comme ça ! C'est privé !
- Pff... soupire-t-elle clairement.
- Quoi ? demande Harry, se sentant responsable de l'expression boudeuse de sa bien aimée.
- Oh rien ! répondit mon Isis avec un grand sourire amoureux. J'ai faim !
Waouh ! C'est vraiment... Impressionnant ! Il doit y avoir une bonne cinquantaine de gros hiboux, ayant tous un magnifique plumage doré, qui volent au-dessus de nous et viennent déposer les enveloppes contenant les résultats des ASPIC devant nous. Chaque élève de septième année reçoit une enveloppe. Mais moi... Pourquoi j'en ai deux ?
- Pourquoi tu as deux enveloppes ? demande Ron, dont les yeux curieux ne manquent pas de remarquer cette particularité.
- Aucune idée...
L'une des deux est la même que les autres. C'est celle des résultats. Mais l'autre... C'est une simple petite enveloppe en parchemin beige, avec une écriture à l'encre noire que...
Je m'empresse de retourner l'enveloppe avant que quelqu'un ne voie l'écriture. Les yeux indiscrets de mes amis, ne manqueraient pas de remarquer que c'est une écriture connue. Ils l'ont sans doute trop vue, sur des copies, sous forme de commentaires peu sympathiques...
- Tu en as combien ? demande Isis, excitée comme une puce.
- Sais pas. Pas encore ouvert.
- Dépêche-toi !
Tout le monde a déjà ouvert la sienne et discute des résultats. Bons, apparemment...
Je ne me presse pas pour ouvrir la mienne. Je sais déjà que c'est réussi...
- Treize ! s'écrie Isis, en regardant par-dessus mon épaule. Bravo !
Pas besoin de lui demander...
- Je parie que tu en as eu quatorze ? je demande, un peu désabusée.
- Exact... répond-elle d'un air modeste. Comment tu le sais ?
- C'est facile : tu fais toujours mieux que moi, et tu as toujours le maximum de points partout...
Elle me regarde avec un sourire en coin.
- Je pensais pourtant que Snape serait injuste avec moi en potions...
- Injuste ? Pourquoi ?
- Parce que je ne suis qu'une gamine futile, superficielle et prétentieuse de Gryffondor. Mais, heureusement, j'ai des amies bien placées...
Je l'observe avec des yeux ronds. Elle me persécute quand je rentre un peu en retard (d'accord, très en retard) sous prétexte que j'aurais pu être surprise par quelqu'un de malintentionné. Et elle ose parler à la légère !
- Tais-toi ! Tu es cinglée ?
- Merci, Hana ! lance-t-elle joyeusement.
- Merci ? Intervient Harry. Pourquoi ?
Mais, il ne peut pas se mêler de ce qui le regarde celui-là ? C'est pas croyable ! Il ressemble vraiment à Dumbledore...
- Parce que Hana m'a aidé à réviser ! N'est-ce pas, Hana ?
- Bien sûr, Isis. Je n'y suis pour rien, quoi que tu en penses...
- C'est ça, c'est ça...
Comme si c'était mon genre de profiter de ma situation pour obtenir des faveurs pour mes amis... C'est vrai, c'est mon genre... Mais dans le cas présent, je n'y ai même pas pensé !
Katan, que j'ai emmené avec moi, me mordille le poignet pour attirer mon attention. Je ressens des picotements dans la nuque, comme quand quelqu'un nous observe sans qu'on le sache.
Je jette un coup d'oeil discret vers la table des profs... Il discute avec McGonagall, et ne semble pas prêter attention à moi.
- Il pourrait au moins te faire un petit sourire... Discret, pour que tu saches qu'il pense à toi...
Harry et Isis vont vraiment bien ensemble, on ne peut pas dire le contraire... Je prends une profonde inspiration pour conserver mon calme.
- Isis... Tu ne pourrais pas te mêler de ce qui te regarde ? Je ne sais pas moi : Harry, tes résultats d'ASPIC... N'importe quoi, tout sauf moi !
- Oh, c'est bon... Ne le prends pas mal... Je voulais seulement te montrer à quel point il est bizarre...
- Isis... LA FERME !
Gros silence.
Oups... J'ai parlé à voix haute, on dirait... J'ai la voix qui porte drôlement loin quand je veux... Harry, Ron et Hermione me regardent avec de grands yeux écarquillés. Même quelques Poufsouffles de la table d'à côté se sont retournés vers nous.
Isis me fait un petit sourire embarrassé.
- Mais tu rêves Hana, je n'ai rien dit... Désolée... je ne voulais pas...
- Laisse tomber. Excuse-moi Isis, j'étais tellement perdue dans mes pensées que j'ai cru t'entendre dire quelque chose qui ne me plaisait pas...
- Perdue dans tes pensées ? répète Harry ironiquement.
C'est vrai qu'il sait à propos de la télépathie...
- Et qu'est-ce que tu croyais avoir entendu ? demande Ron.
Coup de coude immédiat d'Hermione. Comment une fille aussi délicate qu'elle peut supporter un garçon qui manque autant de tact que lui ? Ca me dépasse...
- Et comment une fille aussi douce que toi peut supporter un homme aussi austère que lui ? me fait comprendre Isis.
Il n'y a ni moquerie, ni méchanceté dans sa remarque. Juste une constatation...
Mais j'ai horreur qu'elle fasse ça ! En plus, je culpabilise, maintenant...
- Tu ne le connais pas...
- Non, je te laisse ce privilège ! rétorque-t-elle en dissimulant un éclat de rire en quinte de toux.
- Et comment une fille aussi géniale que moi peut supporter une fille dissipée que toi, ma pauvre Isis ?
Elle éclate de rire en renversant son bol de céréales.
- Ca va Isis ? demande Harry, un peu perdu.
J'ai soigneusement caché la deuxième lettre pour la lire dès que je serais seule. Les autres semblent l'avoir oubliée. Enfin, les autres, excepté Isis...
- Ouvre donc ! me chuchote Isis à l'oreille, sur le chemin de la salle commune.
- La ferme Isis !
L'enveloppe, soigneusement pliée, me brûle les doigts. Je meurs d'envie de l'ouvrir... Mais,là, tout de suite, c'est impossible...
- Oh, Hana... lance soudain Isis. J'ai oublié le livre de divination que tu m'as prêté dans la grande salle.
Clin d'oeil à peine perceptible.
- Pas grave. Je vais aller le chercher. Ne m'attendez pas, je vous rejoindrai au dortoir ! Merci Isis !
Il n'est pas question de retourner vers la grande salle, qui doit encore être bondée à cette heure. Il faudrait simplement que je me trouve un coin obscur où je puisse être tranquille. Là, ce couloir désert fera très bien l'affaire...
Je déchire l'enveloppe à toute vitesse. Et...
Rendez-vous le 13 juillet, 15h, devant la statue de Mircalla Iouyzbedlicz, membre très estimé de l'institut des sorcières de Salem et fondatrice de la Société Secrète des Sacrées Sorcières.
Professeur S.S.
C'est tout ? Pas la moindre marque d'attention ? J'ai l'impression d'avoir écopé d'une retenue pour mauvaise conduite... La nuit dernière ne m'a pourtant pas paru si exécrable...
Pourvu qu'il n'ait pas l'intention de me faire nettoyer des chaudrons, évider des tritons tropicaux ou je-ne-sais-quelle activité aussi délicate... Je préfèrerais encore jouer aux échecs !
- Auriez-vous transgressé quelque règle pour vous cacher dans les sombres recoins, Miss Lowenor ? Chercheriez-vous à échapper à l'autorité de vos professeurs ?
Je fais un bond de côté.
- Professeur Dumbledore ? Oh... Euh... Non, pas du tout ! Je cherchais simplement un livre que j'ai égar...
- Aucune importance ! Je crois que Severus vous attend dans sa salle de classe... Vous devriez aller. Le train part dans moins d'une heure... Bonnes vacances, Miss Lowenor !
- Euh... Bonnes vacances, Monsieur le Directeur...
Vraiment bizarre ce type...
C'est sans doute la dernière fois que je revois cette pièce obscure...
- Et bien ! Je désespérais de vous voir reparaître Miss Lowenor ! Seriez-vous partie sans même me dire au revoir ?
- S'il fallait que je dise au revoir à chacun de mes enseignants, je raterais certainement mon train, Professeur Snape.
- Tss... Miss Lowenor, ne jouez pas avec moi... venez plutôt... Mais qu'est-ce que c'est que cet animal ? lance-t-il en masquant à peine son dégoût.
- C'est Katan, mon kneazle. Il est très gentil. Enfin, si on est gentil avec lui...
Katan n'est encore jamais venu dans la salle des potions et il semblerait que les fioles et les flacons l'intéressent beaucoup... En revanche, il ne montre pas la moindre attention pour le gardien des lieux, qui le regarde d'un oeil peu rassuré.
- Pourriez-vous lui demander d'éviter de monter sur ces étagères, Miss Lowenor... ce n'est pas que je tiens particulièrement à ces potions d'incandescence, mais je suis certain que vous m'en voudriez terriblement si votre chat prenait feu sous nos yeux.
Je ne peux m'empêcher de rire. Je récupère Katan, apparemment peu satisfait de devoir écourter son exploration.
- Rentre au dortoir.
- Il vous comprend ? demande mon charmant professeur.
- Bien sûr ! dis-je, indignée. Au fait, j'ai reçu ça, ce matin...
Je lui tends le mot qui, à n'en pas douter, est de son écriture. Il y jette un bref coup d'oeil.
- Et bien ? rétorque-t-il, comme si rien ne le choquait.
- Et bien ? Vous ne trouvez pas que quelque chose cloche ?
- Vous n'êtes pas libre ce jour-là peut-être ? On peut remettre au lendemain si ça vous arrange...
- Non, ce n'est pas ça. Vous ne trouvez pas qu'il manque quelque chose ?
Il regarde à nouveau le papier.
- Oh je vois ! s'écrie-t-il enfin.
C'est pas trop tôt...
- J'ai dû faire une faute à Iouyzbedlicz. Ce n'est pas plutôt Iouyzbhedlicz ?
Je le regarde avec des yeux ronds.
- Si, je crois, dis-je d'un ton sec.
- Et il me semble que j'ai aussi oublié d'ajouter : "avec mes sentiments les plus profonds, votre amant passionné, etc..." je craignais que vous ne réussissiez pas à me reconnaître si j'avais utilisé ces formules...
- Vous êtes bête ! dis-je en souriant.
- Vingt points en moins pour Gryffondor !
- Mais l'année scolaire est déjà terminée !
- Et alors ? Je ferais reporter cette perte l'an prochain. Comme ça vous serez obligée de revenir pour vous expliquer avec les élèves.
- Je reviendrai même sans ça...
Il s'approche de moi et passe ses bras autour de ma taille.
- Vraiment ?
J'acquiesce.
- Dans, ce cas, ajoute-t-il, cinquante points en plus pour Gryffondor, pour vous remercier de votre attention à mon égard...
- Cinquante ? Hmm... Je viendrais en septembre pour vérifier que vous n'avez pas oublié.
- D'ici là, vous allez terriblement me manquer, Hana, ma chérie...
Chérie ? J'en reste bouche bée... Je suis tellement bien là, dans ses bras. Je crois que je ne pourrais jamais m'en aller…
- Ne manquez pas le rendez-vous, si vous ne voulez pas faire perdre des points à votre ancienne maison...
- Vous me menacerez toujours de cette façon, Professeur ?
- Dix points en moins pour impertinence, mais vingt en plus parce que vous êtes vraiment adorable et parce que je vous aime beaucoup...
Moi aussi je vous aime, Professeur. Beaucoup.
13 juillet, 14h.
Isis est un ange et son manoir est sans doute un paradis. Mais il me manque quelque chose, ou plus exactement quelqu'un, pour me sentir vraiment bien. Et ce quelqu'un, il se trouve que je vais justement le retrouver dans une heure !
- Tu me prêtes ton rouge à lèvres, Isis, s'il te plaît ?
- Hmm… C'est vraiment indispensable toute cette mise en scène ?
- Mise en scène ? J'ai le droit de ma faire belle pour lui, non ?
Pas de réponse. Mais qu'est-ce qu'elle a ? Ce n'est pas dans ses habitudes d'être renfrognée…
- Alors, tu me le prêtes ?
- Si tu veux…
- Ca va pas ?
- Si.
- On dirait pas…
Elle hausse les épaules.
- Allez raconte Isis !
- Y'a rien j'te dis !
Elle se lève et part en claquant la porte.
Oh, et puis mince ! Quelle garde sa mauvaise humeur pour elle, je suis bien trop heureuse pour supporter ça !
14h30. Encore une demi-heure. Je devrais peut-être arriver en avance. Si jamais il était là avant…
14h40. Un dernier coup d'oeil dans le miroir. Parfait ! Juste une poignée de poudre de cheminette et…
- Tu es encore là ? me lance Isis en entrouvrant la porte.
- J'allais partir !
- Mais tu vas être en retard, pauvre cloche ! Il y a presque 30 minutes à pied entre Pré au Lard et Poudlard !
Pré au Lard ? Mais pourquoi elle me parle de Pré au Lard ?
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je vais voyager par cheminette jusqu'à Poudlard.
Isis pousse en profond soupir et secoue la tête d'un air désespéré.
- Tu crois vraiment que Dumbledore est assez stupide pour laisser l'accès libre au château par cheminette ? Je suppose qu'il faut un mot de passe, ou quelque chose comme ça pour avoir le droit d'entrer par cette voie ! Tu n'y avais pas pensé ?
- Ben, euh… Non…
Nouveau soupir fataliste. Je suis donc si irréfléchie que ça ? Apparemment oui…
- Mais dépêche-toi Hana ! rugit Isis. Cette fois tu vas vraiment être en retard !
Je lui fais un petit sourire penaud auquel elle répond par une grimace désolée. Et le visage d'Isis disparaît dans un tourbillon de flammes vertes.
Il est 14h50 quand j'atterris aux Trois Balais. Le pub est désert. D'ailleurs, même Mme Rosmerta est absente…
Pas étonnant, puisque le pub est… Fermé pour cause de congés annuels !
A 14h50, dix minutes seulement avant le rendez-vous tant attendu, je suis coincée dans un bar FERMé ! J'ai la poisse ou quoi ? Je n'ai plus qu'à repartir par la cheminée.
Petit problème : il n'y a pas de poudre de cheminette à côté de l'âtre. Euh… Je fais comment ? Une conjuration ? La conjuration d'objet magique n'a jamais été mon fort… Peut-être que je ferais mieux de fouiller le pub pour en trouver.
Pourquoi Mme Rosmerta range-t-elle sa poudre de cheminette sous l'évier, là personne ne songerait à aller la chercher ? Maintenant, il est 15h05, je suis déjà en retard et je ne suis même pas encore partie !
J'atterris à la Tête de Sanglier dans un nuage de poussière.
- Qu'est-ce que j'vous sers ? demande le tenancier d'un ton nonchalant.
- Euh… Rien merci. Je suis pressée…
- Ah mais, on a pas l'droit d'utiliser la ch'minée si on consomme pas ! réplique le vieil homme, un peu plus agité que de coutume. Maintenant que vous avez dérangé cette pauvre ch'minée qui avait pas servi depuis quatre ans, vous z'êtes obligée d'acheter queq'chose !
Quatre ans ? Ca explique sans doute pourquoi je suis couverte de suie des pieds à la tête… Bonjour la dégaine…
- Alors donnez-moi un jus de citrouille à emporter !
- A emporter ? On fait pas ça ici. J'ai bien du jus d'citrouille, mais je crois qu'la date de péremption elle est dépassée…
Il se baisse sous le comptoir. Il émerge quelques secondes après, tenant à la main une bouteille remplie d'un liquide d'une couleur douteuse, qui n'a de "jus de citrouille" que le nom. Et encore…
- Alors, donnez-moi une bièraubeurre, mais vite s'il vous plaît parce que je suis vraiment très pressée !
- Ben faudrait savoir c'que vous voulez ! Une bièraubeurre, ça f'ra deux mornilles, siouplé.
Je prends la bouteille et fouille dans ma poche.
Oh non, c'est pas vrai ! Je n'ai pas la moindre pièce sur moi !
- Je… Je suis vraiment désolée, mais je n'ai pas de quoi payer…
Le vieux barbu fronce les sourcils. (1)
- C'est un problème, ça… dit-il, philosophe.
- Si vous me laissiez réutiliser votre cheminée, je pourrais retourner chez moi et aller chercher de l'argent…
- C'est ça ! Pour qu'on vous r'voie plus. Ca aura fait deux voyages gratuits ! Vous vous prenez pour qui ? Y'a pas, faut payer.
- Mais je n'ai PAS d'argent, je vous dis ! Vous voulez quoi ? Que j'en fasse apparaître avec ma baguette ? Vous savez bien que c'est interdit ! (2)
- Z'avez rien à mettre en gage ?
- En gage ?
- Ben oui, un truc précieux qu'on garderait jusqu'à c'que vous r'veniez m'payer… Comme ce pendentif, par exemple…
Mon pendentif ?
- Je suis désolée, mais je ne peux pas m'en séparer.
- Comme vous voudrez, mais faut payer.
Quelle galère ! Je suis coincée dans un pub miteux, avec un vieil avare qui ne comprend rien à la situation et qui me demande de lui échanger un pendentif ultra précieux contre une bièraubeurre périmée…
Tant pis, si c'est la seule solution…
- Prenez-en soin. Je reviendrai le chercher dans l'après-midi.
15h25 ! C'est pas possible, là je suis vraiment en retard ! Et en plus, je n'ai plus mon collier…
Il faut que je coure à tout allure jusqu'à Poudlard. Je n'ai jamais été excellente en sprint, mais bon…
A bout de souffle, j'atteins la grille à 15h45. Je ne savais pas que j'étais aussi rapide ! Mais il y avait encore une chose à laquelle je n'avais pas pensé : pendant les vacances, la grille est fermée aux étrangers…
Je ne vois pas comment la situation pourrait être pire.
Grondement de tonnerre, éclair, suivis d'une trombe d'eau. Un orage. Génial. Il ne manquait plus que ça…
J'ai définitivement la poisse…
Ma foi, cette journée pourrie m'aura fait découvrir des facettes de moi-même que je ne connaissais pas. En plus d'être douée à la course, je suis aussi particulièrement bonne en escalade. La grille a beau mesurer 5 mètres de haut, je suis parvenue jusqu'au sommet et maintenant, je n'ai plus qu'à descendre.
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII.
Aaaaaaaaaaaahhhhhhh ! Mais c'est quoi ce hurlement strident ? Ca ressemble à une sirène de Moldus.
- Qu'est-ce que vous faites là haut ? s'écrie une voix menaçante.
Une silhouette plus qu'impressionnante s'approche, avec un parapluie rose braqué sur moi.
- Hagrid !
Enfin, un rayon de lumière dans cette lugubre journée.
- Hagrid ! Vous me reconnaissez ? C'est moi, Hana Lowenor, l'amie de Isis…
Il n'aura certainement pas oublié Isis et son dragon.
- Mais… Qu'est-ce que tu fais là ?
- C'est une longue histoire. Mais, vous ne pourriez pas arrêter cette sonnerie assourdissante et me laisser descendre, s'il vous plaît ?
Un coup de parapluie magique et l'alarme cesse de hurler. Grâce à mes dons d'acrobate nouvellement découverts, je me dépêche de retrouver la terre ferme.
- Oh Hagrid ! Il est déjà presque 16h, je suis monstrueusement en retard ! Vous pourriez me rendre un service, je vous en prie. Vous pouvez me laisser entrer dans le château ? C'est vraiment important.
Il hausse un sourcil incrédule.
- C'est vraiment important ! dis-je sur un ton suppliant.
Il semble hésiter un moment, puis :
- OK, OK. Mais fais en sorte que Dumbledore ne le sache pas, il ne veut pas que je laisse entrer qui que ce soit aujourd'hui.
- Pourquoi particulièrement aujourd'hui ?
- Sais pas. Paraît qu'il y a eu un accident à ne pas ébruiter.
- Un accident ?
Grand froid. J'ai un très mauvais pressentiment.
- Ouais. J'en sais pas plus.
- Merci beaucoup Hagrid ! Je vous revaudrais ça, promis ! Je demanderai à Isis de vous laisser faire un tour sur son dragon !
- Sérieusement ?
Je crois que je peux me vanter d'avoir rendu Hagrid vraiment heureux ! Mais, pour l'instant, j'ai des préoccupations bien plus urgentes.
16h05. Le château est désert. C'est vraiment déprimant… Je n'ai jamais rien vu d'aussi sinistre. Enfin, si, mais bon…
16h10. Essoufflée comme jamais j'atteins enfin la statue de Mircalla Iouyzbhedlicz (ou Iouyzbedlicz, je ne sais pas vraiment) Statue où personne ne m'attend. J'ai plus d'une heure de retard. Il a dû penser que j'avais renoncé…
Non, il ne peut pas penser ça. Il sait très bien que je l'aurais prévenu si j'avais eu un empêchement.
D'ailleurs, je l'aurais prévenu si j'avais pu. Mais je crois que le fait d'atterrir dans un pub fermé (mais pourquoi Mme Rosmerta n'a pas fait condamner sa cheminée pendant les vacances ?) puis dans un boui-boui incertain d'où on se demande si on va ressortir vivante et enfin être attrapée comme une cambrioleuse à la grille de Poudlard par le massif garde-chasse, tout ça constitue un bon paquet de circonstances atténuantes !
Mais le fait est qu'il n'est pas là. C'est vraiment inquiétant. Pourvu qu'il ne soit rien arrivé.
Où peut-il bien être ? Dans son bureau peut-être ?
Je repars encourant vers les cachots, sans même prendre le temps de souffler un peu. Peuplés ou non, les cachots sont toujours égaux à eux-mêmes. Aujourd'hui, ils ne sont ni plus ni moins sinistres que d'habitude.
- C'est vraiment un regrettable accident…
Dumbledore ? Pitié, pas lui ! S'il me voit, je suis morte, et Hagrid aussi !
- Terrible accident, monsieur… Winky a bien essayé de le prévenir, monsieur, mais il n'a rien voulu entendre…
Je reconnais la petite voix d'une elfe de maison, entrecoupée de sanglots.
- Alors, quand la potion a explosé, Winky a couru chercher du secours. Winky a eu si peur, monsieur !
- Ne t'inquiète plus, Winky. Tout ira bien, à présent. Les guérisseurs de Sainte-Mangouste vont nous le remettre sur pied et il sera à nouveau d'attaque pour la rentrée ! Tout ça pour une potion expérimentale…
Une potion ? Une POTION ?
Mon dieu…. Mon dieu, mon dieu, mon dieu…. Il lui est arrivé quelque chose, j'en étais sûre !
- Professeur !
Je ne devais pas me montrer, mais tant pis. Je ne peux rester comme ça sans rien dire, alors qu'il est peut-être grièvement blessé…
- Miss Lowenor ?
Dumbledore lève des yeux étonnés sur moi. Il n'a l'air ni anxieux ni furieux.
- Mais qu'est-ce vous faites ici ? Et comment êtes-vous arrivée ? J'avais pourtant bien demandé à Hagrid de ne pas…
- Je suis sincèrement désolée, c'est moi qui aie forcé Hagrid. Je l'ai menacé de… d'un tas de trucs horribles s'il ne me laissait pas entrer. C'est de ma faute…
- Ce n'est pas bien grave, Miss Lowenor…
- Oh, Professeur, il est à Sainte-Mangouste, n'est-ce pas ? Est-ce que c'est grave ? Est-ce qu'il va… Est-ce qu'il va…
Oh non, tout mais pas ça… Pas maintenant, alors que tout semblait aller si bien… Pas lui…
- Non, je vous assure qu'il n'a rien de grave ! Ne pleurez donc pas. Je ne pensais pas que cela vous atteindrait à ce point…
A ce point ? Mais ce type est cinglé ? Il sait pourtant bien à quel point je tiens à lui… Il jette un coup d'œil étonné à l'elfe de maison qui a l'air aussi éploré que moi. Qu'importe, il faut que j'y aille.
- J'ignorais qu'il vous tenait tellement à cœur… Mais… Attendez ! s'écrie Dumbledore tandis que je me rue vers la sortie.
Mais sa voix se perd dans les couloirs et je suis déjà loin.
Je n'ai sans doute jamais couru aussi vite de ma vie. J'arrive à la Tête de Sanglier ventre à terre.
- Encore vous ! s'écrie le gérant. Vous avez d'quoi payer maintenant, j'espère ?
- Non, je n'ai rien, mais il fait absolument que j'utilise votre cheminée, que vous le vouliez ou non !
- Mais… Mais… bégaye le vieux barbu devant mon allure menaçante. Vot' collier…
- Je reviendrai le chercher dès que possible, avec l'argent des consommations.
- Mais non, c'est juste que…
- Maintenant, laissez-moi passer si vous tenez à la vie ! Laissez-moi passer !
Les yeux écarquillés, il me tend un vieux pot de poudre de cheminette humide.
- Hôpital Sainte-Mangouste !
La pendule décorative de Sainte-Mangouste sonne 16h30 lorsque je débarque, folle d'inquiétude, dans le hall lumineux.
Je bouscule tout le monde pour atteindre le comptoir des renseignements.
- Severus Snape !
La réceptionniste me regarde avec des yeux de poisson mort.
- Connais pas, répond-elle nonchalamment.
- QUOI ?
- J'ai dit : JE NE CONNAIS PAS ! répète-t-elle en haussant la voix comme si j'étais sourde.
- La personne qui a été amenée de Poudlard aujourd'hui pour une explosion de potion !
- Ah oui ! Il s'appelle comme ça. C'est un drôle de nom, dites donc !
- Je ne vous demande pas votre avis sur son nom. Je veux savoir où il est !
La femme fait la moue.
- Le couloir sur votre gauche, puis le deuxième à droite. C'est au quartier des…
Je m'éloigne en courant. Je l'entends qui marmonne un "de rien !" ironique et excédé dans mon dos.
Je tourne à gauche, puis prends la deuxième à droite. Le coin est bizarre.
Soudain, je tombe sur l'inscription suivante : "hospitalisation des elfes de maison".
Elle a dû tromper cette incapable !
Je fais demi-tour immédiatement et je repars en courant dans l'autre sens, plus inquiète et plus tourmentée que jamais.
J'ai les yeux si pleins de larmes que je vois à peine devant moi. Je percute un grand homme tout en noir. Je lance un vague pardon et m'apprête à poursuivre ma course. Mais l'homme ne semble pas d'accord. Il me retient par le bras et hurle :
- Cinquante points en moins pour avoir une heure et demi de retard, Miss Lowenor !
Un grand homme tout en noir… Mais…
- Et deux cents points en moins parce que je me suis fait un sang d'encre…
Je ne comprends plus rien…
- Mais… Mais… Vous n'êtes pas là ? dis-je en indiquant le département réservé à l'hospitalisation des elfes de maison?
- Vous pouvez me dire ce que je suis supposé faire à cet endroit ? Vous trouvez que je ressemble à un elfe de maison ?
J'aurais certainement ri si je n'avais pas été dans un tel état de nerf…
- Oh… Pr.. Severus, j'étais morte d'inquiétude !
Je me jette dans ses bras. J'attends cet instant depuis des jours. Bien sûr, ça ne devait pas se passer comme ça… Je devais être jolie, ou du moins, présentable, et pas trempée, gelée et couverte de suie…
- Qu'est-ce que vous avez fait pour vous mettre dans cet état ? me demande-t-il d'une voix douce.
- Oh… C'est une longue histoire… Très longue… je croyais que vous aviez eu un accident et que vous étiez blessé…
- Moi ? Où avez-vous été cherché ça ?
- C'est le professeur Dumbledore. Il a dit que vous aviez fait je-ne-sais-quelle potion qui avait raté et que Winky vous avait sauvé.
Il fronce les sourcils et me repousse légèrement pour pouvoir me regarder.
- Miss Lowenor… Est-ce que je suis du genre à rater une potion ? Est-ce que je suis du genre à être sauvé par une elfe de maison ? C'est un elfe de maison qui a eu un accident de potion et qui a été transporté ici.
- Oh… je… Je suis tellement désolée… Je ne voulais pas être en retard, mais il s'est passé un tas de trucs et…
Ce n'est pas vraiment le moment de se mettre à pleurer, mais je crois pas pouvoir contenir mes larmes une seconde de plus.
- Vous m'avez tellement manqué… dis-je en sanglotant.
- Hana… Ma chérie… dit-il en me serrant dans ses bras. Ne pleurez pas. Tout va bien ! Vous m'avez fait une belle peur, vous savez…
- Je suis désolée…
La journée valait peut-être le coup d'être si horrible désagréable, rien que pour pouvoir se retrouver avec lui. Même si je suis frigorifiée, mouillée et dégoûtante de suie…
- C'est bon de vous revoir, Hana…
Son sourire mérite bien qu'on passe des heures à courir sous la pluie…
- Au fait, reprend-il. Pourquoi est-ce que ceci était entre les mains du barman de la Tête de Sanglier ?
- Mon pendentif ! Comment l'avez-vous eu ? Je l'avais laissé en gage parce que je n'avais rien pour payer…
- Ne vous voyant pas arriver, je suis allée voir si vous ne vous étiez pas perdue. J'ai demandé à la Tête de Sanglier si personne ne vous y avait vue. Et le responsable m'a montré ça. Ca m'a d'ailleurs coûté 4 mornilles. Ne le reperdez pas. Allez, maintenant, rentrons. Vous allez mourir de froid si vous restez comme ça. Et je ne veux surtout pas vous perdre…
Moi non plus, je ne veux plus jamais vous perdre, professeur…
End !
And the winner is...
(1) D'après "HP et l'ordre du phénix", le propriétaire de la Tête de Sanglier est un vieil homme barbu qui semble vaguement familier à Harry. Le frère de Dumbledore, peut-être ?
(2) Si les sorciers avaient le droit de conjurer des pièces de monnaies, il n'y aurait plus ni pauvres, ni riches… Et les gobelins de Gringotts n'existeraient pas !
Long chapitre, non ? Les parties de cache-cache avec moi, ça s'éternise toujours parce que j'ai à peu près autant de poisse que Hana !
