Menés à la baguette :
RAR :
Moonlight : Pas de bol pour ton pied ! J'espère que tu guériras vite et que cette période de malchance ne durera pas... Moi ? Un faible pour James Potter ? Pas vrai ! Pas plus que pour Remus ou Sirius ! lol ! Je les aime tout les trois à égalité, mais je trouve que le point de vue de James est très souvent mis à l'écart, et les fans l'aiment un peu moins que les autres... Mais moi j'aime bien, en vrai, les binoclards un peu sexy et intelligents mais qui n'en font pas toute leur vie... lol ! Mais en fait comme physiquement, les blonds aux yeux clairs c'est plus mon type, ben je trouve que c'est un bon mixe de nos trois Maraudeurs préférés ! lol !
En tout cas, contente que ce chapter t'ait plu... Lis un peu celui-ci, c'est un de mes préférés, et malheureusement, après un chapter pareil, je trouve les autres bien fades, ce qui est déjà plutôt ennuyeux pour lire, mais alors imagine pour écrire... ! Enfin, à vous de juger, à vous de voter et de désigner... qui... est... votre chapter préfér ! lol !
Skri : Ah ! Une tite nouvelle ! Ca fait toujours plaisir... Si t'aime bien alors tant mieux... Je continue, je continue, pour l'instant ça roule, après on verra... lol ! Mais je m'accroche !
Lisalune : éè Pour la réponse tant attendue au dilemme siriusien ou lupiniste, faudra attendre... c'est pas encore ce chapter... ! Le suspense, ma chère, le suspense, y'a que ça de vrai ! En tout cas, je me suis bien amusée pour ce chapter, mais lis celui-ci, c'est mon préféré de tous ceux que j'ai écrit pour le moment...
Romhane : Alors ça c'est une des reviews qui m'ont fait le plus plaisir depuis le début ! Enchaîner autant de compliments d'affiler !! Mon cœur s'est sacrément emballé quand j'ai lu ça... Je suis contente si je t'ai procuré un peu de bonne humeur, mon but principal est atteint... Mais il en reste encore quelques uns, heureusement, sinon y'aurait plus de motivation... Bonne lecture de ce chapter...
Fénice : Salut à toi, ô Fénice, reine des reviews laconiques et enchaînées ! lol ! Ce n'est pas la première fois que je lis tes reviews (à mes heures perdues, je lis les reviews laissées sur mes fics préférées... bizarre, vous avez dit bizarre ?!) et ça me fait plaisir que tu viennes lire la mienne... Tu es la première à me faire remarquer un certain détail sur lequel j'attendais plus de sévérité de la part des lecteurs, à savoir la lenteur de l'intrigue : c'est clair qu'au rythme où se déroulent les premiers chapter, ça pourrait être 24 heures chrono : lecture en temps réel ! lol ! En réalité, j'ai un goût démesuré pour les détails, et j'aime donner à voir la scène aux lecteurs, voire à la vivre... Et forcément, ça prend de la place et du temps... Les prochains chapter vont un petit peu plus vite sur le plan de l'intrigue malgré des flash-back plutôt longuets... Mais je pense que ça vaut le coup... Mais je me soigne, promis, j'essaye de faire quelques ellipses temporelles pour que l'histoire ne s'enlise pas trop... mais pas tout de suite, lol ! Dans les prochains chapter...
Kritari : Je t'avoue que c'est un réel plaisir de voir les noms d'habitués toutes les semaines ! Sachant que tu as été la première à m'écrire, mon coeur fait toujours un petit bond lorsque je vois ton nom dans ma boite mail... Pour le plan gagnant : la réponse n'est pas encore pour cette fois-ci, mais on verra bien... lol ! Enfin tu verras bien, parce que je sais en partie déjà comment ça va se passer... mais en partie seulement, alors... ! L'auteur omniscient ? Kézako ? lol !
Cla.Remus02 : Ah, non seulement une nouvelle lectrice, mais en plus une nouvelle idée : les plans qui s'annulent... Personne n'y avait encore pensé... L'avenir vous révèlera de quoi il s'agit dans les futurs chapter... mais pas dans celui-là... gniark gniark gniark rire sadique ! Bonne lecture...
DISCLAIMER : Aucun des personnages de cette fic ne m'appartient, ils sont soit la propriété de JK Rowling, soit celle de ma chère consœur, Titou Tur Lupin Moony (au passage, allez lire ses fics, elles sont terribles... Malheureusement, je ne fais qu'utiliser ce qui existe déjà, ceci dit, c'est déjà un exercice de style pour essayer de coller à ce qui a déjà été écrit...Dans les pages suivantes, il y aura également des références, ou plutôt des clins d'œil à d'autres fics, comme à l'extraordinaire « Parfois, les Serdaigle aussi sont courageux » de Fred et Georges...Autant vous dire que ce sont des fanfic qui m'ont particulièrement plu et que je vous les conseille vivement !
SPOILER : Les cinq tomes de JK Rowling
RESUME : Les vacances sont finies, Lily a retrouvé ses camarades de classes, mais une dispute avec James et une réaction en chaîne la transforment en caméléon humain…Son amie, Tsiu, et Lupin cherchent à l'aider, mais les Maraudeurs préparent quelque chose…
CHAPITRE 6 : Souvenirs et regrets
Ah ! Le train rentre en gare de Pré-au-Lard. C'est le moment de vérité. Pourvu que le plan de Remus fonctionne ! De toute façon, si un élève me voit, je n'aurais qu'à prétendre qu'on m'a jeté un mauvais sort… D'ailleurs je pourrais presque dire ça à Pomfresh : qu'on m'a jeté un maléfice sans que je m'en rende compte et que je ne sais ni ce que c'est ni qui l'a fait… Ca pourrait être une idée, mais si elle a besoin de savoir ce qu'est le sortilège pour le conjurer, ça va remonter aux oreilles de Dumbledore ! Non, vraiment, il vaut mieux que j'assume la vérité. Il n'y a que les Maraudeurs qui mentent… et les Serpentard. Mieux vaut être franche !
– Allons-y les filles, il est temps ! Presque tout le monde est monté dans les calèches et les première-année se sont éloignés. C'est le moment ou jamais !, déclara Remus en se détournant de la vitre à travers laquelle il scrutait la pénombre, surveillant les élèves qui s'étaient empressés de grimper dans les voitures pour Poudlard.
– Il vaut mieux qu'on relève tous les trois nos capuches, comme ça Lily ne se fera pas remarquer en étant la seule couverte, suggéra Tsiu. Et, je crois qu'il faudrait également que tu penses à quelque chose de bien déprimant, ma belle, parce que si tu deviens rose fluo ou verte pomme, ça pourrait se voir de loin, malgré la cape et le capuchon.
– Je devrais pas avoir trop de difficultés, ça ira. Broyer du noir pourrait être une seconde nature chez moi, aujourd'hui.
J'ai grogné cette réponse plus que je ne l'ai articulée. Je suis vraiment exécrable. Il faut que je me calme ou je vais finir pas perdre ma meilleure amie et c'est bien la dernière chose dont j'ai envie, surtout dans la situation déplorable dans laquelle je suis.
Tandis que je me fustige mentalement, nous sommes sortis du compartiment. Tsiu sort la première, Remus la suit. Ils sont côte à côte maintenant, et me regardent avec insistance. Ils sont inquiets pour moi… Ca se voit…
– Allez Lily ! Dépêche-toi ou les voitures vont partir sans nous, me presse Remus.
Il me tend la main pour m'inviter à descendre tandis que je m'avance sur le marchepied : ce serait bête que je me fouge lamentablement, genre Nancy Reagan, et que ma cape glisse. J'ai un petit rire sans joie : je suis dans la situation de Louis XVI allant se faire guillotiner, et je pense à la Première Dame des Etats-Unis d'Amérique qui se gaufre en tailleur rose bonbon en descendant d'un avion ! Chui vraiment bonne à enfermer. C'est peut-être Black qui a déteint sur moi ?… Je saisis la main que m'offre Lupin… Eh bien, non ! Ce n'est pas Black qui a déteint sur moi, mais Miss Crêpe Fushia. Ma main a une couleur rose fluo qui détonne dans la pénombre du crépuscule.
Je me hâte de sauter du train et je rajuste à nouveau ma capuche, je relève mon col et j'enfonce mes mains dans mes poches. Les autres font de même et vérifient qu'on ne voit aucune parcelle de ma peau. Je dois ressembler à un détraqueur parce qu'ils paraissent satisfaits et ils m'encadrent alors que nous nous dirigeons vers les traditionnelles calèches sans chevaux. Je me suis toujours demandée par quel procédé magique elles avançaient… Un sort de métamorphose qui les changeraient en animaux, ou peut-être une sorte de Locomotor Barda ou de Mobilicathedra (1)… Je ne sais pas, il faudra que je regarde dans L'Histoire de Poudlard. Ce livre est une véritable Bible, et pourtant, si peu d'étudiants du château se donnent la peine ne serait-ce que l'ouvrir ! Quel gâchis ! Enfin…
Nous sommes arrivés aux voitures. Comme l'avait prévu Remus, la dernière est vide. Il ouvre la portière et se range sur le côté, me cachant aux regards indiscrets qui pourraient se poser sur le monstre de service. Je m'engouffre à l'intérieur et je m'affale sur la banquette, au fond ; c'est étonnant, mais je me sens étrangement épuisée. Pourtant je n'ai rien fait de fatiguant, au contraire, j'ai même dormi dans le train… J'ai un poids sur le cœur, sûrement celui de la culpabilité et de la peur ; mais je me sens vidée, comme une orange qu'on aurait trop pressée et dont les dernières gouttes s'échapperaient inexorablement. C'est une impression étrange et plutôt désagréable…
Je regarde la portière ouverte… Ils en mettent un temps pour me rejoindre… Je me rapproche pour voir ce qu'ils font : je ne les vois pas, mais je les entends chuchoter. Je ne sais pas ce qu'ils complotent tous les deux, mais je décide de laisser mon côté parano au placard et je préfère penser qu'ils flirtent : c'est bien plus agréable à imaginer. Je retourne m'asseoir au fond de la voiture, et je me cale le plus confortablement possible, le dos contre le mur, les pieds sur le siège, le menton sur les genoux et la tête appuyée sur le dossier. Je fais maintenant face à la portière et je vois une main se présenter, une autre se poser dessus, et la tête de ma jolie Tsiu apparaître. Avec son capuchon relevé, je ne peux voir que le bas de son visage, mais un sourire éclatant l'illumine. Elle semble heureuse, sûrement le « second effet Lupin » : je dis second parce qu'en général, le premier, c'est de rougir comme une tomate, surtout quand ses beaux yeux dorés se posent sur vous et que ses lèvres s'étirent en un demi sourire mystérieux qui est sa marque de fabrique. On n'en trouve pas deux comme Remus ! Dommage qu'ils aient cassé le moule à la naissance !…
Tsiu s'assied à côté de moi et ôte sa capuche, révélant ses longs cheveux noirs qui lui tombent pêle-mêle sur le visage, cachant ses beaux yeux de velours. Pendant ce temps, mon Gryffondor de collègue est monté lestement à sa suite et s'est installé en face d'elle. Il a tout juste le temps de claquer la portière que le convoi s'ébranle et nous achemine chaotiquement vers le château. Apparemment, on n'attendait plus que nous !…
A son tour, Remus se débarrasse de son capuchon en poussant un soupir de soulagement. Il passe une main dans ses cheveux châtains décoiffés et semble se détendre un instant :
– Bon ! Une bonne chose de faite. Jusque là, aucun problème. Croisons les doigts pour que ça continue !
Et, joignant le geste à la parole, il brandit de chaque côté de son visage un index et un majeur croisés, agrémentant le portrait de son sourire à faire fondre un chaudron et d'un clin d'œil complice auquel Tsiu répond par son rire cristallin qui lui est si particulier. Toujours cachée sous ma cape, j'esquisse un sourire bienveillant mais un peu las. Je les observe tous les deux et il me paraît évident qu'ils sont faits pour s'entendre. Je ne m'avancerais pas en disant qu'ils sont même faits l'un pour l'autre, je sais très bien que les apparences sont trompeuses et que les choses évoluent. Mais il n'empêche qu'à ce moment précis, ces deux-là se cherchent et n'osent rien tenter d'autre que des regards furtifs et des sourires un peu timides. Je sais très bien que la situation peut s'éterniser, Remus souffrant d'un manque de confiance en lui chronique qui frise parfois les limites du supportable. Lorsque nous sommes sortis ensemble en deuxième année, il a presque fallu que je me tatoue sur le front « Veux-tu sortir avec moi ? » pour qu'il accepte de me croire, et il m'a encore demandé chaque jour pendant deux semaines si je ne regrettais pas et si je n'étais pas déçue. Heureusement que je n'étais pas si timide ! Pourtant, nous ne sommes restés ensemble que deux mois et demi. Ca a été une période merveilleuse mais trop courte, beaucoup trop courte… J'étais si bien, si heureuse avec lui. Je m'entendais bien avec toute la bande d'ailleurs à l'époque ! Et puis…
Flash-back :
– Remus ? Remus ! Réveille-toi, Binns va te repérer !
– Mhhhf… Siriussss, fichmoilapaix… Laissmoidormir… Jaisommeil, ilestencoretôt, marmonna le jeune homme, encore endormi sur son pupitre.
– Remus !! T'es pas dans ton lit, ce n'est pas le matin et je ne suis pas Sirius ! Tu es en Histoire de la Magie, y'a Binns qui te regarde bizarrement et c'est… Et c'est Lily qui parle pour les murs parce que tu ne l'écoutes même plus !
Effectivement, le jeune Lupin s'était rendormi. Lily poussa un profond soupir qui ressemblait vaguement à un « Mais qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ? » Elle jeta un coup d'œil à Sirius et à James qui s'amusaient à correspondre par parchemins interposés, en les envoyant sous diverses formes d'origamis ensorcelés, ce qui faisait que des oiseaux, des cocottes, des bateaux et des grenouilles en papier se baladaient à travers la classe. Mi-inquiète, mi-amusée, elle décida d'adopter leurs conventions pour demander des explications sur l'état désastreux de son petit ami. Elle griffonna rapidement sur un bout de parchemin un petit mot, et, d'un petit coup de baguette, le changea en un magnifique paon multicolore qui se pavana jusqu'à la table de James en faisant la roue. Heureusement, la voix monocorde du professeur fantôme couvrit le petit rire étonné du jeune garçon. Il observa un moment la parade de l'animal de papier avant de le saisir et de le déplier :
« Qu'est-ce qui se passe avec Remus ? Il dort comme un bébé... Vous êtes sortis cette nuit ? Il a vraiment l'air crevé en ce moment… Je n'arrive pas à le réveiller ! S'il se fait repérer par Binns, c'est la détention assurée… Je suis inquiète pour lui ! Qu'est-ce qui se passe ? »
A la lecture du message, James fronça brièvement les sourcils et jeta un coup d'œil à Lily mais celle-ci était de nouveau penchée sur Remus et tentait de le réveiller en le secouant doucement, sans grand succès. Il se tourna vers Sirius et lui fit passer le paon en lui faisant signe qu'il venait de Lily. Scrutant la réaction de son ami, James ne se rendit pas compte que le silence s'était fait autour de lui et qu'il était au bout de la ligne de mire de deux yeux fantômes qui le fusillaient du regard.
– Mr Potter aurait-il l'obligeance de nous faire partager l'objet de ses contemplations si attentives, qui, me semble-t-il, se trouve étrangement situé du côté de Mr Black ?
Oops ! Coinc ! Et dire que Remus dormait toujours impunément sur sa table ! Pas de justice en ce bas monde ! Hum, pas sûr que le regard Puppy made in Sirius, ou que le sourire innocent made in Lupin fonctionnent sur Binns. Alors il va falloir que je l'attaque sur son propre terrain… De quoi parle la leçon ? Si j'en crois ce qui est écrit au tableau, je dirais l'ascension d'Elfric l'Insatiable… Allez ! C'est parti pour un p'tit show !…
– Eh bien, Professeur Binns, plus je vous écoutais parler d'Elfric l'Insatiable, plus ce nom me trottait dans la tête. Et je me suis rendu compte que je l'avais déjà lu dans un arbre généalogique : je demandais confirmation à Sirius, mais je suis persuadé qu'Elfric est un ancêtre de la famille Black !…
– En effet, Mr Potter, vous avez raison, Elfric l'Insatiable appartenait à l'une des Quatorze Familles, et, selon nos sources, vraisemblablement à la noble et très ancienne maison des Black…
La suite des commentaires de Binns se perdit en une litanie monotone que plus personne n'écouta. James se concentra pour ne pas se retourner vers Sirius, mais il n'eut pas à attendre longtemps : il sentit quelque chose se pendre à ses lunettes, les faisant glisser de son nez. Rattrapant celles-ci de justesse avant qu'elles ne tombent, il saisit de sa main libre le responsable du dérangement : un petit chimpanzé en parchemin qui essayait désespérément de s'enrouler autour du poignet de son geôlier. Mais celui-ci, impitoyablement impatient, le déplia sans vergogne :
Bien joué, mon vieux, t'es un pro pour les impros ! Faudra que tu m'apprennes ! Ne lui dit rien pour Rem', s'il ne lui a pas dit, ce n'est pas à nous de le faire !…
Et c'est ce que ce que fit James. Par retour de paon, il dit à Lily qu'il ne savait pas pourquoi son ami était si fatigu ; sûrement les nombreuses révisions dues aux examens de fin d'année qui approchaient et ses insomnies chroniques. Lily lut la réponse les sourcils froncés. Elle se tourna vers James et fit mine de le remercier pour les risques qu'il avait pris, mais elle n'avait visiblement pas gobé l'histoire. Il allait falloir que Remus lui parle : cela faisait plus de deux mois maintenant qu'il sortait avec elle, et elle se doutait de quelque chose. Il ne lui avait rien dit, et les excuses habituelles pour justifier ses absences et ses fatigues répétées ne faisaient plus l'affaire. Si ça continuait, Lily découvrirait tout par elle-même, et le clash serait violent et inévitable. Il fallait éviter ça à tout prix… et le plus tôt serait le mieux, car elle était très intelligente, et elle ne tarderait plus à trouver la réponse au mystère Remus.
La sonnerie le tira de ses pensées. Il saisit son sac, y fourra sa plume et ses parchemins baladeurs et le jeta sur son épaule. Il jaillit de la classe et se posta dans la pénombre d'un couloir, attendant Lily pour lui parler. Mais lorsqu'elle parut, elle était accompagnée de Sirius qui l'aidait tant bien que mal à soutenir un Remus à peine éveillé dont les jambes semblaient refuser de le porter plus loin. Oubliant les questions que la jeune fille ne manquerait pas de lui poser, James se précipita hors de sa cachette et eut juste le temps de saisir Lupin à bras-le-corps au moment où les genoux de celui-ci cédaient. Il était tombé dans les pommes. De mémoire, ni James, ni Sirius ne se rappelaient l'avoir vu dans un tel état de fatigue, même pour une veille de pleine lune.
Remus fut transporté à l'infirmerie, et c'est une Lily effondrée qu'il fallut ramener à la salle Commune. Mais lorsqu'elle s'assit dans un fauteuil, ce ne fut pas pour se complaire dans son silence. Elle regarda tour à tour les trois garçons qui l'entouraient et l'observaient avec inquiétude, et explosa :
– Est-ce que quelqu'un va enfin daigner me dire ce qui se passe ! Et ne me ressortez pas vos salades comme quoi il révise tard la nuit pour les exams, je n'en crois pas un mot ! Je sais que vous êtes au courant de ce qu'il a, alors j'attends !…
Les trois camarades se jetèrent des regards embarrassés, évitant soigneusement de croiser celui enflammé de Lily. Ils ne pouvaient pas lui dévoiler le secret de la lycanthropie de Remus comme ça, et encore moins sans que celui-ci ait donné son accord. Peter baissait obstinément les yeux, se concentrant sur les antiques arabesques dorées du tapis, et se décalant sensiblement derrière un Sirius qui n'en menait pas large. Celui-ci jeta un coup d'œil désespéré à James : il n'avait jamais pu affronter Lily lorsqu'elle était en colère ; seuls James parvenait à lui tenir tête et Remus à la calmer. Et Lupin n'étant pas présent et en pleine possession de ses moyens, la lourde tâche de trouver quelque chose à dire à une jeune fille hystérique et prête à mordre si la réponse à sa question ne lui plaisait pas, incombait tout naturellement à Potter… Et celui-ci semblait en être conscient car après avoir lancé un regard déterminé à ses amis, il se campa devant Lily, prit une grande inspiration et, plantant ses deux yeux chocolats dans ceux d'émeraudes qui étaient prêts à le foudroyer sur place :
– Viens, il vaut mieux qu'on aille parler dans un endroit plus tranquille qu'ici. Il y a trop d'oreilles indiscrètes.
Sa voix était plus posée, plus sévère que d'ordinaire et n'avait pas tremblé une seconde. Lily n'aimait pas trop l'idée de devoir bouger de la Salle Commune, mais le ton était sans réplique et elle voulait savoir. Elle se contenta donc de se lever en ignorant la main que lui tendait Potter et de fusiller Black et Pettigrow des yeux alors qu'ils se sauvaient lâchement vers l'escalier des dortoirs des garçons. Une main se posa sur son épaule, fermement :
– Allez, viens. On va trouver une salle de classe libre. Ca devrait pas être trop difficile, en général à cette heure-ci les cours sont terminés.
Il n'avait jamais été aussi sérieux, même pour leurs farces les plus délicates. Lily se sentit soudain très mal à l'aise. Leurs regards se croisèrent à nouveau mais elle ne reconnut pas les yeux habituellement rieurs du jeune Gryffondor. Quelque chose de grave se passait, et elle y était à la fois mêlée et étrangère : l'impression d'être la cinquième roue du carrosse, celle à qui on ne fait pas confiance. Remus se méfiait d'elle ! Mais pourquoi ? Elle lui avait pourtant dit et répété qu'il pouvait lui faire confiance, qu'elle l'aimait et que jamais elle ne le laisserait tomber.
Le trajet se fit en silence, ils marchaient côte à côte et seul le bruit de leurs pas sur la pierre froide résonnait dans le silence. Puis James s'arrêta dans une galerie sombre dans laquelle Lily ne s'était jamais aventurée. Il souleva une tenture et lui fit signe de passer devant. Il la suivit alors dans un corridor qu'elle ne reconnut pas sur le moment. Ce n'est qu'en arrivant au carrefour du Sorcier Volant qu'elle put enfin se situer. Elle était au pied de la tour Nord, à mi-chemin entre la salle d'enchantements et la tour d'Astronomie :
– Et maintenant ? On va où ?, demanda-t-elle.
– La salle d'enchantements, ça te va ?
– Bof, la tour d'Astronomie est plus confortable. Et puis il fait bon aujourd'hui, on ne devrait pas avoir froid.
James allait accepter lorsqu'il se frappa mentalement : de là-haut elle aurait une vue imprenable sur le coucher de soleil, certes, mais également sur la naissance des premières étoiles et de la Pleine Lune ! Elle risquait de faire le rapprochement !
– Le problème, c'est que la tour est réputée pour ses couchers de soleil romantiques et je suppose que certains couples auront eu la même idée que toi… Et pour avoir une discussion privée…
– Ouais, t'as raison… Va pour la salle d'enchantements !
James réprima un soupir de soulagement. Il avait faillit tout mettre par terre ! Il allait devoir faire plus attention, surtout avec la discussion qui allait suivre !…
Ils bifurquèrent donc à gauche, laissant derrière eux la statue impressionnante du Sorcier Volant flotter à quelques centimètres de son socle. D'un Alohomora clair, James déverrouilla la porte de la salle et laissa galamment Lily entrer la première. Orientée plein Est, la pièce ne recevait pas les derniers rayons du soleil couchant et était plongée dans une semi-obscurité que la jeune sorcière chassa en murmurant Lumos. Tandis qu'elle allumait d'un Incendio les quelques chandelles à moitié consumées sur les candélabres de la classe, James referma soigneusement derrière lui, non sans avoir auparavant vérifié que personne ne les avait suivis. Il resta un instant face à la porte, se conditionnant pour la terrible confrontation… Il fallait lui tenir tête ! Il prit une grande inspiration et se retourna…
Lily était là, debout en face de lui, toute menue dans la large robe réglementaire de l'école, et le regardait fixement. Les lueurs vacillantes des bougies faisaient flamboyer ses longs cheveux auburn. James savait qu'elle était jolie, depuis le premier jour dans le Poudlard-Express en première année, lorsqu'elle était apparue dans l'encadrement de la porte et qu'il avait senti sa mâchoire se décrocher en même temps que son estomac, qui était directement tombé dans ses talons. Il s'était vite repris : à onze ans, on n'avoue pas à ses amis qu'une fille, si mignonne soit-elle, vous a fait perdre vos moyens pendant une seconde ou deux qui vous ont paru une éternité. Non ! On prétexte la surprise et la déception que ce ne soit pas la Dame au Chariot de Friandises car on a grand'faim, ce qui explique par ailleurs l'endroit saugrenu dans lequel s'est réfugié votre estomac.
Mais à ce moment précis, dans cette salle de classe déserte uniquement éclairée par des chandelles, aucune excuse ne lui vint à l'esprit pour justifier le subit élan de jalousie qu'il éprouvait envers Lupin. Elle était venue jusqu'ici dans le seul but de se rassurer sur l'état de son petit ami. Elle était inquiète pour Remus et en colère contre James parce qu'il gardait le secret que le jeune loup-garou n'avait même pas dévoilé à une personne pour qui il comptait énormément ! C'était vraiment injuste !…
Mais il ne cèderait pas. Lupin était son ami malgré tout, et son secret serait bien gardé. Mais il ne mentirait pas à Lily, voilà tout !
– Alors, qu'est-ce qui s'est pass ? Pourquoi Remus est-il si fatigué ?
– Ecoute, Lily ! Je ne peux pas te le dire. Ce n'est pas à moi de le faire, ni même d'en décider. Alors si Remus ne te l'a pas dit, il faut respecter son choix. Tu sais, chacun a droit d'avoir son jardin secret.
– Tu te fiches de moi ?!
Ca y est, le ton montait à nouveau…
– Tu me fais venir ici, tu fais tout ces mystères pour… pour me dire que tu ne me dis rien !
– Mais Lil' !
– Tais-toi ! Et je suis censée faire quoi ? M'incliner ? Te remercier d'avoir daigné m'adresser la parole ? Me taire et faire comme si mon petit ami ne me cachait rien alors que vous trois êtes au courant ?!
– Lily…
– Fiche-moi la paix ! Ne me parle pas, tu m'énerves ! Vous vous fichez tous bien de ce que je peux ressentir ! Je suis là à m'inquiéter toutes les nuits parce que vous êtes en vadrouille, à faire les quatre cents coups à travers le château, à faire bêtise sur bêtise ! A chaque fois vous risquez des points, des détentions, le renvoi… Et parfois votre sant ! Et moi, je regarde. Je vous vois avec des têtes de déterrés, je vous vois vous endormir en classe, et maintenant tomber dans les pommes ! Est-ce que vous avez ne serait-ce qu'une vague idée de ce que je peux ressentir ? D'à quel point je peux m'inquiéter ?!…
Lily marqua une pause. La colère puis l'émotion lui serraient la gorge et les mots ne sortaient plus. Elle sentait les larmes qui lui montaient aux yeux et qui lui brouillaient maintenant la vue. Elle se tourna vers les grandes fenêtres : elle ne voulait pas que James la voit pleurer comme une petite fille émotive. Elle devait être forte.
– Ca va, je peux en placer une maintenant ?
Un petit reniflement lui répondit.
– Et voilà, maintenant elle pleure à cause de toi !, pensa-t-il, désespéré. Comment je vais faire pour la consoler et en même temps lui expliquer qu'elle doit jeter l'éponge ?
James se rapprocha d'elle et posa sa main sur son épaule. Elle sursauta légèrement et se retourna en passant rapidement sa manche sur son visage, mais il vit tout de même les larmes qui inondaient ses yeux :
– Pourquoi ?, demanda-t-il ; les mots étaient sortis tous seuls.
– Pourquoi quoi ?, répondit-elle d'une toute petite voix.
– Je veux dire, pourquoi tu pleures ? Je… Il ne faut pas pleurer pour Remus, ça va passer, tu sais. C'est qu'un coup de fatigue, il faut juste qu'il se repose un ou deux jours à l'infirmerie et Pomfresh le remettra sur pieds. Et puis, il est costaud, notre Mumus : il en a pas l'air comme ça, mais c'est un dur sous ses airs de premier de la classe. Il a ses moments de faiblesse comme tout le monde, mais il ne veut pas t'embêter avec ça… Et puis, il n'aime pas en parler, il a l'impression d'en être diminué face aux autres. Ce sera déjà bien assez pénible pour lui de supporter les questions à son retour. S'il te plait, ne lui rajoute pas un poids supplémentaire en le harcelant de questions… Et puis ne t'inquiète pas. Si tu veux, je te promets de veiller sur lui ! Toujours ! « Remus, prend ton écharpe tu vas prendre froid !… N'oublie pas de te laver les dents après chaque repas ! », ajouta-t-il en prenant une voix stridente qui eut le mérite de faire sourire Lily.
– T'es bête, murmura-t-elle gentiment sur le ton de la boutade en se tournant à nouveau vers les fenêtres.
– Moui ! Je sais, je sais ! On me le dit parfois… Mais… Personne ne sait à quel point !, ajouta-t-il en éclatant d'un grand rire sonore en passant machinalement la main dans ses cheveux désordonnés. Ce sera notre secret à tous les deux ! Personne ne doit savoir… Ca pourrait gâcher l'effet de surprise !…
Elle lui jeta un coup d'œil amusé par dessus son épaule.
– Humpf ! T'as raison, Rogue pourrait vouloir te faire de l'ombre dans ce domaine… Et j'te préviens, c'est une rude concurrence niveau bêtises !, dit-elle sur un ton absorbé et sérieux qui fit redoubler les rires de James.
– Ah ! C'est comme ça que je t'aime…euh, je veux dire que je te préfère, se reprit-il en s'approchant d'elle et en entourant ses épaules d'un bras protecteur. Blagueuse et cynique, ça c'est notre Lily Jolie !
Mais elle ne répondit pas. Elle semblait maintenant absorbée pour de bon. Elle regardait fixement par la fenêtre, mais quoi ? Et soudain il se rendit compte…
– Tiens, la Lune est pleine, enfin, elle le sera demain, dit-elle dans un souffle, comme pour elle-même.
James retint une exclamation… La boulette ! Il avait oublié que l'on verrait la Lune de ce côté-ci de la tour… Quel idiot ! Elle allait s'en rendre compte maintenant, c'était sûr !
– James ?
– Hmm…
– Remus ?… Tu… Tu crois que…
– …
– Tu crois qu'il regarde la Lune en même temps que nous ?
Un nouveau soupir de soulagement… Il était vraiment béni des dieux. La sorcière qui s'était penchée sur son berceau à sa naissance ne s'était pas fichue de lui !
– Hum !… Tu sais, j'aimerais bien te dire oui, mais je pense que dans l'état où Pomfresh l'a vu arriver, elle a du lui donner une bonne louche de potion Sommeil-sans-Rêves. Mais je sais qu'il aime bien se lever la nuit et regarder le ciel.
– James ?
– Moui ?
– Dis-moi…
– …Quoi ?…
– Dis-moi ce qu'il me cache… Je te jure que je ne dirai rien, je ferai comme si je ne savais pas ! S'il te plaît, James… Je m'inquiète tellement !
Erf ! La maligne ! Pas les yeux suppliants, pas la voix de petite fille inquiète et apeurée ! Elle a failli m'avoir ! Une vraie Serpentard !
– Lily ! Il faut que tu comprennes que Peter, Sirius et moi, nous sommes liés par un serment. Je ne peux, ni ne dois rien dire. Si quelqu'un peut te dire quelque chose, c'est Remus. Alors ne me demande plus de trahir mon ami, qui est aussi ton petit copain, je te rappelle… Je ne le ferai pas !
Sa voix était à nouveau calme mais ferme. Dieu qu'il était énervant ! Arriver à retourner la situation pour la faire culpabiliser : il la prenait pour une Serpentard ou quoi ?! Elle se raidit et serra les dents.
– Bien, c'est ce que je ferai !, siffla-t-elle. J'irai le lui demander, dès qu'il ira mieux. En attendant, je sais à quoi m'en tenir avec toi ! J'ai perdu mon temps, ici. Nous n'avons plus rien à nous dire.
Et là-dessus, elle tourna vivement le dos à Potter et sortit dans un tourbillon de noir et de roux en claquant la porte.
– Je crois qu'elle m'en veut…, soupira James en éteignant lentement les chandelles, une à une.
– Lily ?! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne devrais pas être en cours ?
– Moi aussi ça me fait plaisir de te voir, Remus !…
– Oh euh ! Excuse-moi, c'est juste que je suis surpris de te voir l ! Je ne pensais pas te voir avant le déjeuner. Mais je suis heureux que tu sois là, ajouta-t-il en l'enlaçant et en l'attirant à lui.
Elle se laissa faire, passivement, rendant à peine au jeune homme ses baisers. Celui-ci s'en aperçut :
– Qu'est-ce qu'il y a, ma puce ?
– Je te retourne la question…
– Comment ça ?…
– Qu'est-ce qui se passe, Remus ? Qu'est-ce que tu me caches ?
– Je… Je ne vois pas… Si… Si tu fais référence à mon malaise, ce n'est rien. J'ai juste un peu forcé sur les révisions nocturnes. Tu sais, les exams approchent… Mais il ne faut pas en abuser, sinon voilà ce qui arrive, dit-il avec un petit sourire forcé. Ne t'inquiète pas, ma Lily, c'est rien, c'est passé, juste un moment de faiblesse passagère.
Mais elle ne le regardait plus. Elle fixait ses pieds et se mordait la lèvre inférieure, comme si elle avait honte de ce qu'elle allait faire. Il lui souleva doucement le menton et la força à le regarder sans les yeux, ces yeux dorés qui donnaient l'impression de lire en vous comme dans un livre ouvert :
– Hey ! Lil' ? Qu'est-ce qu'il y a ? Vas-y, dis-moi, tu sais que tu peux tout me dire…
– Justement, c'est ça le problème !, explosa Lily.
– Je… Je ne comprends pas…
– Tu ne comprends pas ?! Tu ne comprends pas que moi je peux tout te dire et que je le fais ; alors que je dois me taire et ne rien te dire quand tu t'écroules en plein couloir et que l'on refuse de m'expliquer quoi que ce soit ! Tu ne comprends pas que je puisse m'inquiéter pendant trois jours parce que les personnes qui savent ce que tu as de si grave à cacher ne veulent rien me dire ! Tu ne comprends pas non plus que tu peux me faire confiance et m'expliquer les choses ! Tu comprends mieux là ?
Au fur et à mesure qu'elle hurlait ce qu'elle avait sur le cœur depuis trois jours, le visage de Remus se décomposait. Il était fatigué ! Ces trois nuits avaient été particulièrement éprouvantes, surtout dans l'état où il était dès le début. Pomfresh avait à peine eu le temps de le ranimer avant de le soutenir jusqu'à la Cabane Hurlante. C'est vrai que les veillées de révisions n'avaient pas aidé à faire le plein d'énergie ces derniers temps, mais il savait ce qui avait été la cause de cet épuisement : cette année, la Pleine Lune coïncidait parfaitement avec l'équinoxe de Printemps, décuplant les forces du loup-garou, et il avait du lutter contre ses instincts meurtriers près d'une quinzaine de jours avant le nouveau mois lunaire ! Et la puissance du monstre ne s'était pas encore rendormie, il la sentait prête à refaire surface à la moindre occasion. Il devait s'éloigner de Lily avant que la colère de celle-ci ne le contamine, et vite !
Mais la jeune fille ne semblait pas décidée à le laisser s'esquiver de la sorte : elle le saisit par le bras et, plantant ses yeux verts dans les siens dorés, elle répéta :
– Remus, c'est la dernière fois que je te le demande… Pense que la confiance est la base dans un couple… S'il te plaît…, dit-elle en détachant bien chaque syllabe. Dis-moi ce qui te rend si malade et que tu caches comme si ta vie en dépendait ?
Remus ferma les yeux et se mordit les joues jusqu'au sang ; il sentait la colère l'envahir. Il prit une grande inspiration, comme si l'air pouvait le laver de tout le ressentiment qu'il commençait à éprouver pour Lily. Qu'est-ce qu'elle était têtue ! Il ne pouvait pas lui dire ! C'était pourtant clair ! Inspire. Expire. Inspire. Expire. Insp…
– Remus ! Bon sang, mais quoi ? ! Tu pourrais me regarder au moins quand je te parle, à défaut de me répondre ! C'est quoi le problème ? ! Qu'est-ce que j'ai fais pour que tu fasses plus confiance aux autres qu'à moi ?! Hein ? Je t'ai fait quoi ? REPONDS !!!
Elle hurlait ! Il avait mal à la tête ! Elle n'allait donc jamais se taire, lui laisser un peu de répit ?! Et puis, qu'est-ce qu'elle avait à piquer une crise là, maintenant, tout de suite ; à s'en prendre à ses meilleurs amis, à ses seuls amis ?! Elle ne comprenait donc pas qu'il avait besoin de calme et de solitude, pas qu'elle lui crie dessus ou qu'elle le bouscule ! Il ne supportait pas qu'on rentre dans sa bulle comme ça ! C'était insupportable, et elle le savait pertinemment ! Elle le provoquait !
- REPONDS !!!
- FOUT-MOI LA PAIX !, explosa-t-il en la repoussant violemment. CA SUFFIT ! STOP ! ARRETE ! J'EN PEUX PLUS !
Ses cris avaient fait l'effet d'une bombe. Lily s'était calmée instantanément : il lui avait hurlé dessus ; ses yeux dorés étaient maintenant jaunes et lui jetaient des éclairs ; son visage doux et détendu était contracté en une grimace horrible qu'elle ne lui avait jamais vu ; il serrait les dents et étouffait des grognements. Il lui faisait peur…
Et cela se vit sur son visage. Le changement de physionomie de la jeune fille le calma en partie. Il prit une grande bouffée d'air et cracha d'une voix sèche qu'elle ne lui avait jamais entendue :
– Je t'ai dit que je ne pouvais rien dire. Ca n'a pas changé. Si je ne te dis rien, c'est qu'il y a une bonne raison, et cette raison, c'était d'une part ta sécurité, et de l'autre celle de notre couple. Tu as dépassé les bornes Lily ! Je suis fatigué, tu m'attends à la sortie de l'infirmerie pour m'agresser au lieu de me soutenir, tu me harcèles au lieu de m'apporter la paix dont j'aurais besoin ; tu critiques les seuls vrais amis que j'ai jamais eu à ce jour et tu remets en cause mes sentiments pour toi ! Et tu voudrais que je te fasse confiance ? Je voulais te faire confiance. Un jour ou l'autre je t'aurais raconté… Mais ton comportement me prouve assez que tu n'es pas digne de ce sacrifice. Tu penses que la confiance est la base dans un couple ? Eh bien, soit ! Pour une fois dans la journée, nous sommes d'accord !… Et c'est pour ça qu'on ne peut pas former un couple. Il vaut beaucoup mieux pour chacun d'entre nous que nous en restions l ! Restons bons amis, ou décide de ne plus m'adresser la parole, comme tu voudras ! Mais ne cherche pas à savoir ce que je cache ! Pour ta propre sécurité comme pour la mienne et celle des autres… Oublie ça !
Et, tournant les talons, il s'enfuit en courant vers la tour de Gryffondor, laissant Lily, foudroyée sur place, glisser à terre et fondre en larmes.
Fin du flash back
Oui, ça ne s'est pas fini de la meilleure manière possible. Peut-être pour essayer de rattraper mes erreurs passées, j'ai respecté son désir et je n'ai jamais plus cherché à découvrir la clef du mystère Remus. L'année dernière, lorsque je suivais les Maraudeurs, j'ai bien failli découvrir, au hasard de leurs conversations ce qu'ils me cachaient tous, mais j'ai toujours fait en sorte de ne pas chercher plus loin la vérité. J'ai eu du mal à me battre contre ma curiosité, mais je me souviendrai toujours de la culpabilité que j'ai ressentie après notre rupture… A cette seule pensée, ma petite voix tentatrice se tait et je ferme mes yeux et mes oreilles aux réponses que je voulais tant avoir.
Nous ne nous sommes pas beaucoup parlés en deux ans et demi. Jusqu'à l'année dernière, en fait, lorsque nous avons été nommés préfets de cinquième année à Gryffondor. J'ai eu l'impression de le redécouvrir au début, mais en réalité, il n'a pas vraiment changé. Il est toujours le même… Peut-être plus heureux, et un peu plus sûr de lui… A peine plus ! Il lui arrive toujours de se perdre dans ses pensées pendant des heures et son regard si mystérieux se voile encore de temps à autre ; mais sa popularité grandissante et surtout son amitié avec les Maraudeurs l'ont épanoui. Je comprends qu'il ait la côte avec les filles, même s'il n'a pas l'air de bien s'en rendre compte… C'est tout lui ça !
Ca y est, on arrive. Heureusement qu'ils sont avec moi. Je n'en laisse rien voir, mais j'ai une trouille monstrueuse. Si un épouvantard me tombait dessus, il serait bien ennuyé d'avoir à choisir entre Pomfresh, James ou Dumbledore… La voiture s'immobilise :
– Tsiu…
– Oui, ma belle ?
– Merci pour tout.
– Mais de rien, répondit la jeune Serdaigle en souriant. Bon, j'y vais. On dit que s'il y a un problème, je lance des étincelles bleues et bronze, sinon je vous fais un signe de la main pour que vous y alliez, ça sera plus discret. Ok ?
– Ok, répondirent les deux préfets de Gryffondor en chœur.
– Bon, alors c'est parti ! Prend soin de toi, Lily Jolie !
Elle me fait un clin d'œil, elle rabaisse sa capuche sur ses jolis yeux noirs et elle saute hors de la calèche. Je regarde Remus : il est de nouveau tendu et la surveille d'un air inquiet. Je m'en veux de lui imposer ce souci. Comme à Tsiu, d'ailleurs ! Je regarde le bout de mes chaussures : elles sont parfaitement cirées, je m'en suis occupée hier soir avant d'aller me coucher, comme à chaque veille de rentrée. Ca fait à peine quelques heures, et pourtant, j'ai l'impression que c'était il y a cent ans. Je suis tellement fatiguée… Je sens que si je ferme les yeux, je pourrais m'endormir. Alors je me force à relever la tête, mais elle est si lourde !
Mes yeux rencontrent ceux de Remus. Il m'observe fixement. Je ne sais pas depuis combien de temps, mais suffisamment pour s'être inquiété pour moi :
– Ca va aller ? Tu es sûre que tu veux y aller toute seule ? Je peux encore venir avec toi…
La proposition est tentante… Mais je ne veux pas que les foudres de Pomfresh s'abattent sur lui :
– Merci Rem'. C'est bon, ça va aller ! Il vaut mieux que je n'y aille pas en délégation.
Je lui ai répondu en évitant son regard. J'ai tourné la tête vers la porte du Grand Hall de l'école :
– C'est le moment ! Tsiu nous fait signe… Allons-y !
Je relève col et capuche et je descends à la suite de Remus. Nous nous dirigeons à pas de loup vers le perron. Nous gravissons les quelques marches qui nous séparent de la gigantesque porte en chêne et en fer forgé, et nous franchissons le seuil de notre maison : Poudlard. Nous nous arrêtons dans le Hall, et, comme une sorte de tradition tacite, nous embrassons le décor du regard. Mon cœur se serre : si ça se trouve, dans quelques heures, je repasserai ces portes pour ne plus jamais les revoir. J'ai peur qu'on me renvoie…
Je saisis sans m'en rendre compte la main de Remus, et je la serre nerveusement dans la mienne. Et sans aucune gêne il répond à ma détresse par une légère pression réconfortante :
– Tout ira bien, nous sommes à la maison !…
Alors ? Que va-t-il se passer ?... Les foudres de Pomfresh s'abattront-elles sur notre Lily Jolie, ou seront-ce celles des Maraudeurs ?!... Remus pourra-t-il la protéger de ses angoisses ?... Hé hé hé rire sadique vous voulez savoir, hein ? Ben rendez-vous au prochain chapter… lol !
(1) Mobilicathedra serait une sorte de Mobilicorpus à la différence près que cathedra, en latin, c'est la chaise à porteur... Ce serait donc un sort de lévitation spécial pour les calèches...
