Menés à la baguette

RAR :

Kritari : Bah, en général, c'est pas eux les cocus, mais pour ce qui est de la chance, ça c'est clair qu'ils ont l'habitude d'en avoir un max ! Mais peut-être que ça va changer... Rien n'est gratuit sur cette brave Terre, chez les Moldus comme chez les sorciers... !

Fénice : Bon, je t'avais déjà répondu... je t'avais même fait une autre réponse pour ce qui est de la situation politique, mais mon ordi m'a lâchée à ce moment précis, et j'ai pas eu le courage de tout retapé (y'en avait pour au moins 7 Ko !!!)... Mais sache que je vais y travailler, je sais quand je ferai intervenir notre célébrité politique, le problème va être d'introduire son existence et sa présence latente... Mais je vais trouver ! lol ! J'ai d'excellents amis qui m'aident à bricoler cette fic pour en faire qqch de correct... Et ils prennent ceci très à cœur d'après ce que j'ai pu voir, donc je risque pas de laisser tomber ! Et au passage, chui à fond dans « Entre Lune et Etoile », je te laisse pas de review à chaque chapter, mais je t'en laisserai une belle à la fin : à moins que je n'ai qqch. de bien précis à dire sur l'un d'eux...

MoonLight : C'est clair que la rupture entre Moony chiwi et Lily a pas été de tout repos, j'ai toujours eu cette hantise qu'il m'arrive la même chose... Pour l'instant, ça ne s'est jamais produit dans ces conditions-là, et je prie très fort pour que ça ne se produise pas tout cours avec l'Amour de ma Vie ! lol ! J'ai ma belle-sœur qui lit cette fic, ces propos seront dits, répétés, déformés et amplifiés... lol ! Chui surveillée ! Cécile... Si tu lis ça...

Lisalune : Alors là, gros compliment ! Si j'arrive à te faire poser des questions à TOI ! Woaw ! lol ! Il y aura peut-être un peu moins de mystères dans ce chapter-ci, mais je travaille à en remettre une ptite couche dans les prochains... Il y aura des éléments traîtres, qui paraîtront anodins mais qu'on retrouvera par la suite... D'ailleurs, ça a déjà commencé dans le chapter 6... On va voir si vous avez suivis... lol !

Tusoacerk : éè alors ça ! C'est la surprise de cette semaine ! Ca m'a fait tellement plaisir d'avoir ta review, et ton avis sur cette histoire ! Et puis c'est un roman que tu m'as écrit !!! Chui super flattée... Tu liras pas cette RAR (Réponses Aux Reviews) avant au moins lundi soir ou mardi puisque tu es en vacances, mais bon, c'est pas grave ! Merci pour tes nombreux compliments ! C'est vrai que je travaille beaucoup sur l'aspect psychologique des personnages et sur ce qu'ils peuvent penser, imaginer, ressentir... C'est ça l'introspection, ça te permet de mieux les comprendre et de t'attacher à eux... J'espère que les autres lecteurs sont de cet avis, c'est un de mes objectifs... Heureuse que ça te plaise en tout cas ! En attendant, on se voit ce week-end pour la rencontre avec ma Jolie Famille ! lol A après-demain... Bizouxxx à toi et baisers à ton frère... lol !

Ce Baratineur de Charme : éè Toi aussi ta review m'a agréablement surprise ! Ca faisait longtemps que j'avais pas eu de news, mais je sais que tu es très occupé entre tes admiratrices, la fac et la Gêneuse (projet Phénix en route, pas ce week-end mais le week-end prochain, je passerai au lieu de RDV du samedi aprèm... lol !) ! Alors comme ça t'es accroc ?! Ah ben ça me fait très plaisir ! Je croyais pas qu'on pouvait être accroc à ma fic... Je l'ai été à d'autres, mais ça ne m'était pas venu à l'esprit pour la mienne ! Quoi que vu comme j'y pense constamment, je dois bien y être un peu accroc aussi ! Pour la situation remusienne chaque mois, toutes les fan ne sont pas d'accord : certaines pensent qu'il n'est malade que le soir de la Pleine Lune et donc pas fameux le lendemain, moi je pense que quand on regarde la Lune, comme elle l'est ce soir... Elle n'est pas Pleine mais elle le parait si fort qu'on ne fait pas la différence... Donc je préfère penser que les effets de la lycanthropie se font sentir pendant trois jours, sans compter la fatigue et l'irritabilité avant et après... C'est comme pour les filles, c'est la mauvaise « période » du mois ! lol ! Mais ce raisonnement est le mien, pour toutes réclamations, s'adresser à moi, je ne me vexerai pas... chui invexable de toute façon ! lol !

Cla.Remus02 : Et t'as raison de t'inquiéter !!! Je vais pas la lâcher tout de suite ! gniark gniark gniark ! Elle a pas été très gentille avec Jamesie, lui non plus, chacun payera sa part ! Na ! C'est moi la Fée-Tout-Puissante-De-Cette-Fic-C'est-Moi-Qui-Décide-Qui-Et-Comment-Je-Punis ! Et c'est loin d'être fini ! Mon courroux est grand, ils payeront TOUS !!! lol ! Un peu plus sérieusement, j'ai bien parlé des Maraudeurs dans ce chapter, mais quand ils étaient minots de deuxième année, seulement. Pour le plan vainqueur, la réponse n'est pas claire, nette et précise, c'est tout au long des chapter suivants... Donc à vous de suivre les prochains chapter pour un semblant de réponse... Suspense, suspense !

Cricritine : Voilà une nouvelle revieweuse que j'accueille avec plaisir ! Tu me pose une question à laquelle je répondrai par : JOCKER !!! En fait, c'est ma bête noire, et en même temps un gros point d'interrogation (???) pour moi : je n'écris pas selon un plan prédéfini... Je marche à l'intuition et j'attends que mes personnages « me parlent et me racontent leur histoire »... Ce qui fait que mes chapter sont très longs et que l'histoire avance lentement... Parce que je délaye les moments qui me surgissent à l'esprit, et que je n'ai pas forcément les idées pour la suite... Enfin, rassure toi, j'ai quand même quelques idées pour continuer, mais il s'en rajoute régulièrement, de manière à alimenter la (trop) légère carcasse de mon intrigue... Beaucoup d'épisodes me viennent alors même que j'en écris un... L'imagination vient en imaginant chez moi... Donc je ne sais pas du tout combien j'aurai de chapter, je ne sais même pas quand j'arrêterai mon histoire... !!!

Olivier : Coucou le zizi de mon bysounours !!! lol ! Comme ça m'a fait plaisir de voir que tu avais profité de tes vacances pour venir jeter un coup d'œil à cette histoire ! Et encore plus contente que ça t'ait plu ! Tu ne liras certainement cette réponse que quand tu seras parvenu à ce chapter 7, mais peu importe, mieux vaut tard que jamais ! Je te fais de gros bizouxxx et j'espère que cette histoire te passionnera assez pour que tu ailles jusqu'au bout...


DISCLAIMER : Aucun des personnages de cette fic ne m'appartient, ils sont soit la propriété de JK Rowling, soit celle de ma chère consœur, Titou Tur Lupin Moony (au passage, allez lire ses fics, elles sont terribles¼). Malheureusement, je ne fais qu'utiliser ce qui existe déjà, ceci dit, c'est déjà un exercice de style pour essayer de coller à ce qui a déjà été écrit¼Dans les pages suivantes, il y aura également des références, ou plutôt des clins d'œil à d'autres fics, comme à l'extraordinaire « Parfois, les Serdaigle aussi sont courageux » de Fred et Georges¼ Autant vous dire que ce sont des fanfic qui m'ont particulièrement plu et que je vous les conseille vivement !

SPOILER : Les cinq tomes de JK Rowling

RESUME : Les vacances sont finies, Lily a retrouvé ses camarades de classes, mais une dispute avec James et une réaction en chaîne la transforment en caméléon humain…Son amie, Tsiu, et Lupin cherchent à l'aider, mais les Maraudeurs préparent quelque chose…Lily, épuisée, est en proie aux souvenirs de ces dernières années alors qu'elle franchit le seuil du château…


CHAPITRE 7 : Le Mauvais Coup

- La maison…

J'aimerais bien savoir ce que c'est que la maison… Avec mes parents ? Ca pourrait… si j'y habitais toute l'année et que Pétunia ne me répétait pas à tout bout de champs que je suis un monstre et que je ne mérite pas de vivre parmi les gens normaux… ou même pas du tout ! J'aimerais bien voir sa tête si elle me voyait comme ça… Comme un épouvantard, elle serait bien embêtée d'avoir à choisir… Le dégoût, la peur ou le sarcasme !... Pff ! Affligeant le genre de pensées moroses que je peux avoir ! Allons, Lily, ma fille ! Reprends-toi ! Allons-y, ne perds pas de temps ! Il faut que tu attrapes Pomfresh avant qu'elle aille à la Grande Salle…

- Bon ! Il faut que je me dépêche si je ne veux pas rater Pomfresh ! Merci de m'avoir soutenue jusque là.

- Ben, comme a dit Tsiu : « De rien, ma belle ! » … Allez, va et ne traîne pas en route, Petit Chaperon Rouge…, me lance-t-il avec un clin d'œil…

- Oh non ! Ne me dis pas que…

- Si, si ! Tu es rouge vif, et ça se voit même de sous ta cape ! Allez, file avant que le Grand Méchant James ne t'attrape et ne te dévore toute crue !

- Bof, je ne pense pas qu'il ait la tête à jouer au loup avec moi, maintenant. Il doit plutôt avoir envie de m'étriper, et honnêtement, si je pouvais, je le ferais moi-même. Chui une vraie loque !

- Tout de suite, les grands mots !

- Qu'est-ce que tu veux… Chui tellement épuisée que j'ai l'impression que mourir est la seule chose qu'il me reste à faire de mon vivant.

- Cesse de dire des bêtises, et va donc ! Tu vas finir par la rater, sinon !...

Je ne dis rien, mais je n'en pense pas moins… Spontanément, je le saisis par un pan de sa cape et me hisse sur la pointe des pieds pour lui déposer un petit baiser sur la joue :

- Merci

Et je me dirige vers l'infirmerie sans me retourner…


Bon sang ! C'est pas vrai ! Je vais tout faire rater ! Il ne faut pas que je sois en retard ! Sirius va me tuer !... Quoique, vu comme je le connais, il va se faire un plaisir de faire durer le plaisir et bien me torturer avant !... Erf ! J'ai perdu l'habitude de courir comme ça à travers les couloirs. Il faut que je respire !... Pfiou ! Deux mois sans faire de sport et je suis une vraie loque ! Et encore, Sirius m'a rejoint il y a deux semaines !... Heureusement que les entraînements vont bientôt reprendre… Et nos petites expéditions nocturnes et ballades au clair de lune aussi !

- Potter ! Qu'est-ce que vous faites là ?!

Ooops ! Ca, c'est le professeur McGonagall ! Je pourrais inventer quelque chose mais… Non, c'est mieux :

- Eh bien, professeur… Je me rends à l'infirmerie…

- Êtes-vous malade, Potter ?, me dit-elle avec ce que je jurerais être une pointe d'inquiétude dans la voix… Elle doit attendre que les première année arrivent… J'ai un peu de temps pour ma petite mise en scène…

- Malheureusement non, professeur ! Mais je préfèrerais l'être plutôt que d'avoir fait ce que j'ai fait…

J'observe l'effet de mon petit numéro… Elle a l'air interloquée, mais je sais que ça ne durera pas ; tiens, j'en étais sûr, la voilà qui me foudroie du regard ! Ben, dîtes donc ! Y'en a des gens qui veulent ma mort par un grand orage, ce soir !

- Qu'est-ce que vous avez encore fait, Potter ?! Et où sont Black, Lupin et Pettigrow ?

Ah ! A mon tour d'être surpris ! Je ne m'attendais pas à cette question…

- Dans la Grande Salle, pourquoi ?

- Pourquoi ? Mais parce que quand vous faites une ânerie, ils ne sont jamais loin derrière vous ! Voilà pourquoi !

Ah ! Ah ! Sacrée McGo ! Elle est géniale cette prof ! Je l'adore ! Surtout quand elle fait semblant de se mettre en colère après Sirius et moi… Elle a toujours du mal à garder son air sévère. Elle nous adore et on le lui rend bien… à notre façon ! Je me retiens de rire et j'affiche un air mi-indigné, mi-contrit : le regard humide made-in Padfoot !

- Non, professeur ! Ils n'y sont pour rien ! C'est moi seul qui suis responsable, et je m'en allais me dénoncer lorsque vous m'avez surpris.

- Vous dénoncez ! Seul ! Responsable !... Potter ! Pourquoi ai-je la désagréable impression que cette farce-là va vous coûter des heures de détention ?... Racontez-moi tout, et rapidement je vous prie ! Les nouveaux vont arriver…

- Eh bien…

Je pousse un soupir théâtral à faire s'envoler la perruque du prof de DCFM de l'année dernière, un petit homme rond comme un cognard et rouge comme un souaffle du nom de Piggymouse qui essayait désespérément de cacher sa calvitie sous une postiche ridicule qu'il fixait sans grand succès avec un sort de Glu Perpétuelle qu'il n'arrivait pas à pratiquer…

- Oui ?, s'impatiente mon professeur de Métamorphose.

- C'est difficile à avouer, professeur.

- Eh bien, accouchez, Potter, on ne va pas y passer la nuit !

- Très bien ! J'ai-voulu-tester-un-sort-de-désillusion-amélioré-sur-Lily-Evans-et-ça-a-mal-tourné. Elle-ne-veut-pas-me-dénoncer-mais-elle-risque-de-se-faire-punir-si-elle-s'accuse-à-ma-place-et-j'allais-me-constituer-prisonnier-et-me-présenter-comme-seul-et-unique-coupable-à-Mrs-Pomfresh.

J'ai dit tout cela d'une traite, très vite et sans respirer. Pourvu qu'elle me croie ! Elle doit me croire ! De toute façon, j'ai tout prépar : ni elle, ni Pomfresh n'y verront que du feu !...

En attendant, mon professeur de Métamorphose se transforme en Harpie aussi sûrement que si elle l'avait voulu ! Peut-être même mieux !... Ses yeux s'agrandissent tandis que ses sourcils se froncent jusqu'à se toucher presque. Ses lèvres fines se pincent jusqu'à disparaître et ses narines frémissent : de la fumée lui sortirait par les oreilles que je n'en serais pas étonné !...

- Vous…vous…vous…, bégaye-t-elle. Comment… Co… Comment avez-vous OSE ?!! Un sortilège aussi dangereux et aussi complexe !... AMELIORE !... Sur Miss Evans ! Mille gargouilles fumantes ! Mais Potter ! Mais… mais… MAIS QU'EST-CE QUI VOUS A PRIS ?!!...

Elle s'interrompt un instant pour reprendre son souffle. Je baisse les yeux d'un air coupable. Elle reprend, tremblante :

- « Mal tourné »… Qu'est-ce que vous entendez par « mal tourné » ?

Aïe ! Là, c'est délicat… C'est le chaînon manquant, la zone d'ombre de l'histoire… Je ne sais pas ce qui a dégénéré dans la formule d'Evans, je ne peux donc pas avouer quoi que ce soit là-dessus. Hum ! Gagner du temps… Répondre à côté !…

- Eh bien, disons qu'elle a acquis malencontreusement les propriétés chromatiques du caméléon…

- Rarghh !

Là, elle manque s'étouffer ! Il faut dire que même si j'ai pris une voix coupable, mon ton était plutôt celui du constat chirurgical d'un médicomage fou… Ca ne fait pas trop élève repentant… Tant mieux ! Au moins, ma punition est assurée, et elle sera certainement exemplaire.

- Deux semaines, Potter ! Deux semaines de retenue quotidienne ! Et je préviendrai vos parents de votre comportement lamentable et dangereux envers vos camarades ! Je ne peux pas vous enlever de points puisque l'année scolaire n'avait pas commencé, mais sachez qu'à la moindre plaisanterie, au moindre écart de conduite, je vous enlèverai cinquante points ! Oui, cinquante points ! Maintenant, filez à l'infirmerie et affrontez la colère de Mrs Pomfresh ! Et je tiens à ce que vous présentiez des excuses à Miss Evans ! C'est compris ? DISPARAISSEZ !

Je ne demande pas mon reste Je tourne les talons et pars en courant vers le troisième étage de Pomfresh. Un hibou à mes parents ! C'est pas vrai ! Je vais m'en faire jouer une ! Avec un peu de chance, demain j'ai droit à une Beuglante !... Ah ça ! Effectivement, la punition a été exemplaire. Les deux semaines de détention, je m'en fous ; Sirius va juste me trucider parce que j'aurais fait plus fort que lui !... Mais la lettre aux parents… Ils vont m'assassiner !... Ah là l ! Et ils ne savent pas pour la baguette !... Peut-être que si je leur écris pour leur expliquer, ils comprendront… Moui, pas sûr ; mais ça vaut le coup d'essayer !

Voilà le troisième étage, j'espère que Lily n'est pas encore arrivée. Avec tout ça, McGonagall m'a fait perdre du temps… Bah, de toute façon, mon histoire est rodée. Même si Lily a parlé, c'est moi qui prendrai… C'est justice ! Remus avait raison de dire que c'était de ma faute. Je n'aurais pas du la provoquer… Mais j'y peux rien aussi, à chaque fois que je la vois, je ne peux pas m'empêcher d'aller la voir, de lui demander, d'espérer… C'est bête mais c'est plus fort que moi ! Je sais bien que je ne devrais pas la coller comme ça… Mais c'est trop dur aussi de la voir tous les jours et de ne pas pouvoir la prendre dans mes bras, l'embrasser, sentir son odeur… Jamesie, mon gars, tu te fais du mal tout seul ! Arrête ton balai et planque toi, y'a des bruits de pas dans l'escalier. Vite, derrière cette armure !

C'est elle ! Elle est toute encapuchonnée, on dirait une ombre. Elle est si petite, si frêle… elle se pose à peine sur les dalles, comme il y a quatre ans, ce soir où nous sommes allés dans la salle d'enchantements. Elle a changé pourtant, elle est plus femme, encore plus jolie : belle même ! Mais là, je ne peux pas voir son visage, elle a rabattu sa capuche. C'est bizarre, tout à l'heure quand elle est montée dans la calèche, il y avait un petit halo de lumière qui s'échappait de sa cape… Et là, plus rien… Si elle n'était pas si petite, on pourrait la prendre pour un détraqueur : elle glisse sur le sol comme si elle flottait ; mais si lentement !... On dirait qu'elle n'a plus la force de mettre un pied devant l'autre…

- Lily !

Je jaillis de derrière mon armure et cours vers son corps étendu. J'ai juste eu le temps de la voir s'arrêter ; sa silhouette noire a vacillé et elle s'est écroulée comme une poupée de chiffons. Je m'agenouille à ses côtés et soulève l'épais tissu qui lui couvre le visage… Je sursaute : elle est d'une couleur argentée translucide, je peux voir à travers elle ; on dirait du mercure qui aurait la texture de l'eau ! Je passe une main sous sa nuque et relève un peu sa tête. Elle est comme une marionnette ; une mèche de ses longs cheveux d'ordinaires flamboyants, et maintenant chromés, glisse de sa tempe et barre ce visage que j'aime tant. Je l'écarte délicatement et la ramasse derrière son oreille. Ma main effleure sa joue et je frissonne : elle est glacée ! Je cherche instinctivement son pouls, comme me l'a appris Remus, mais je ne sens pas les battements de son cœur tandis que le mien s'emballe et tape douloureusement à la porte de ma poitrine pour en sortir…

L'infirmerie est tout près. Je n'ai pas de baguette, la mienne étant en deux morceaux, je l'ai confiée à Peter. Je ne réfléchis pas que je pourrais utiliser la sienne, je la soulève dans mes bras et la porte le plus vite possible jusqu'à l'infirmerie. Je ne sens plus ma propre fatigue, je cours, je vole à travers les salles, ouvrant les portes d'un coup de pied ou d'épaule. Je n'ai plus conscience de rien, que de ce corps inerte contre moi, de sa tête renversée qui gît hors de l'immense cape noire qui traîne jusqu'à terre, de mon cœur qui tambourine comme un malade dans ma poitrine pour aller rejoindre celui de ma bien-aimée qui semble avoir décidé de s'arrêter. Je crie de toutes mes forces :

- Au secours ! Venez vite, elle va… elle va… ! A l'aide !

Je ne peux pas dire ce dont j'ai si peur : je ne veux pas qu'elle meure !

- Au secours !

Mais ma voix s'étrangle dans un sanglot. La porte en face de moi s'ouvre à la volée, laissant apparaître une Pomfresh alarmée… Elle bloque un instant en découvrant dans quel état nous sommes : Lily, cadavérique, que je tiens difficilement dans mes bras, et moi, ruisselant de larmes et suffoquant presque. Elle se ressaisit et se précipite vers nous, sortant sa baguette. D'une formule, elle a placée ma Lily sur un lit et elle est maintenant en train de l'examiner.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?!, me presse-t-elle sans me regarder.

- Je… heu… Un sortilège de désillusion qui a mal tourné. Elle était comme un caméléon, elle changeait de couleur tout le temps selon son humeur et ses pensées. Et puis, dans le couloir… Elle… Elle s'est écroulée !… Qu'est-ce qu'elle a ? Dites, elle ne va pas… Elle n'est pas…

Encore une fois, les mots ne sortent pas. Je ne vois plus rien depuis longtemps, les larmes m'obscurcissent la vue, et mes lunettes ne me servent pas à grand-chose. J'ai peur. Terriblement peur !...

- Non, elle ne va pas mourir. Mais elle est dans un état grave ! Elle s'est vidée de toute son énergie magique. Les changements de couleur continuels l'ont en quelque sorte vampirisée. Tant qu'elle n'aura pas retrouvé son état normal, elle ne pourra pas récupérer ; et le rétablissement sera long !... C'est vous qui avez jeté ce sort ?! Vous pouvez être fier de vous ; vous auriez pu la tuer ! Je ferai le nécessaire pour que vous soyez puni ! Vos bêtises continuelles sont de plus en plus dangereuses Mr Potter ! Vous et vos amis allez finir par causer un malheur ! Ca ne peut pas durer ! Le directeur de votre maison sera mis au courant, de même que vos parents et le professeur Dumbledore ! Vous n'y couperez pas !...

Mais je ne l'écoute plus… Je suis soulagé, elle ne va pas mourir ! C'est l'essentiel ! Que m'importe d'être puni ou même renvoy ! Ce qui compte, c'est qu'elle soit en vie ! Mon cœur cesse brutalement sa course folle, et je le sens retomber lourdement quelque part vers mon estomac. Mon cerveau se liquéfie. Je vois des papillons, des étoiles… à moins que ce ne soit des lys…


- Tu crois que son cerveau est atteint ?

- …

- Tu sais, un maléfice vraiment méchant peut suffire pour t'envoyer à Sainte Mangouste à vie !

- Sirius !

- Hey, mais c'est vrai ! Après, les sorciers, on dirait des Fondants du Chaudron…

- Sirius !!

- Ouais, n'empêche que si elle a de la bieraubeurre à la place du cerveau, Lily, c'est les cours de Potions qui vont être sympas !

- SIRIUS !!! La ferme ! Tu vas la réveiller avec tes conneries. Ca ne fait que trois jours qu'elle dort. Pomfresh a dit…

- QUE trois jours !

- … qu'il lui fallait au moins cinq jours ; alors…

- CINQ jours !!

- ... LA FERME !!!

- Ca va, ça va, j'ai compris… N'empêche qu'elle y aura quand même droit à sa petite bla…

- BLACK !

- …

- Si Miss Evans revient dans cette infirmerie avant la fin de l'année, je veillerai personnellement à ce que vous ayez droit à un sortilège Pied-aux-fesses pendant assez longtemps pour que vous ne puissiez plus vous asseoir jusqu'à Noël prochain !

- Outch ! Ca doit faire mal, ça ! Mais je n'avais pas l'intention de rendre Lily malade, Mrs Pomfresh… Juste de la rendre folle amoureuse de moi…

- SIRIUS !!!

- BLACK !!!

- Ca va, ça va, j'plaisante ! James va me tuer, sinon…AÏEUH !

- Tu disais ?...

- Que Mrs Pomfresh allait me mettre…

- DEHORS ! Black, je ne veux plus vous voir ici ! Sortez ! Immédiatement ! Potter, avec lui ! Ca fait trois jours que vous passez ici dès que vous avez une minute ; je ne veux plus vous voir, non plus ! Vous êtes épuisé, allez vous coucher ! Je ne veux pas que vous retombiez dans les pommes, comme lorsque vous avez amené Miss Evans ici…

- Elle ouvre les yeux !... Elle se réveille ! Lily ! Lily, t'as pas de la bieraubeurre dans la tête ?!... AÏE ! C'est pas moi, c'est Sirius qui a dit que… NON ! Je veux rester ! S'il vous plait, Mrs Pomfresh, promis je n'ouvre plus la bouche ! Faites-moi redescendre sur le sol, je serai sage !... S'il vous plaiiiiit… !

- Un seul mot, Potter, un seul, et je vous mets dehors en m'assurant que l'envie de revenir ne vous prenne plus jamais !

- Merci, merci, merci ! Promis vous le regretterez pas !


J'ai la tête comme une citrouille d'Halloween d'Hagrid, j'ai l'impression qu'elle va exploser comme un Pétard du Dr Flibuste, « Explosion garantie sans chaleur », sauf que là ça va être « Décoration gratuite intérieure »... Pourquoi est-ce qu'ils hurlent tous comme ça ? J'ai pas envie d'ouvrir les yeux, ça voudrait dire quitter ce lit tout chaud et moelleux, affronter le monde à nouveau. J'ai pas envie de me battre. J'ai pas envie d'expliquer pourquoi je suis là. J'ai pas envie de regarder James dans les yeux. J'ai pas envie… J'ai pas envie… Je veux qu'on m'oublie…

- … Potter, avec lui ! Ca fait trois jours que vous passez ici dès que vous avez une minute…

Il était là ? Je n'ai pas fait que rêver qu'il était à mes côtés alors ! Il veut sûrement que je lui rembourse sa baguette… Mais… TROIS JOURS ! Ca fait si longtemps que je suis là ?! Je ne me rappelle pas être jamais arrivée, pourtant… Est-ce que je lui ai dit ?...

- Je ne veux pas que vous retombiez dans les pommes, comme lorsque vous avez amené Miss Evans ici…

QUOI ?! J'ouvre les yeux d'un coup, la surprise est trop grande ! C'est James qui m'a amenée ici ?! Comment est-ce possible ? Le voilà qui bondit à mon chevet, il me prend la main. Il crie… De quoi parle-t-il ? De la bieraubeurre ! Au réveil !! Quelle horreur ! Oulà, le voilà qui flotte au plafond en gesticulant et en criant. Dieu qu'il est bruyant ! Je suis fatiguée encore… Je veux me rendormir, ne pas voir toute cette agitation, et ne pas avoir à réfléchir avec le sang qui fait tic-tac dans ma tête comme le réveil dans le ventre du crocodile de Peter Pan. Je referme les yeux, mais sur mes paupières, je vois se dessiner des ombres, des arabesques, des flashs de couleurs violents…

- Lily ?, murmure une voix hésitante que je reconnais à peine.

Il m'effleure le bras. Un flash vert m'agresse ; j'ouvre les yeux et agrippe la main qui me frôle. Je le vois, James, son visage inquiet penché au-dessus du mien. Mon regard plonge dans le sien et je m'apaise. Ce n'était rien qu'une fulgurance, mais sans savoir pourquoi, elle m'a fait mal, comme si j'étais morte un instant. Je le fixe toujours, mais lui a baissé les yeux et regarde le bas de mon visage.

- Tu as froid ?

Je secoue légèrement la tête, mais je me rends compte que mes lèvres tremblent et que mes dents claquent.

- Ma…Madame Pomfresh ?! Venez, s'il vous plait ; Lily, ses lèvres…

Le visage de Mrs Pomfresh apparaît dans mon champ de vision. Ses sourcils se froncent et elle repousse James. Je ne veux pas qu'il s'en aille : sa présence me rassure. Je resserre l'étreinte de mes doigts sur son poignet. Pomfresh et lui le remarquent, et sans un mot, avec les yeux, décident de le laisser rester. On me fait boire une grande cuillérée d'un liquide ambré et je reste seule avec lui. Il s'assoit près de moi et pose une main fraîche sur la mienne, brûlante. Il plante à nouveau ses yeux chocolat dans les miens, et je me sens bien.

- Merci…

Ce n'était qu'un murmure, mais il comble le vide entre nous. Dans un souffle, il me répond :

- Merci à toi…

Je ne comprends pas, mais je sens un poids s'envoler de mon cœur, et ce sont mes paupières qui s'alourdissent et se ferment sur un faible sourire qui éclaire son visage…


Elle s'est rendormie. La potion de sommeil de Pomfresh a fait effet très vite… trop vite… Ce moment privilégié de trêve me laisse pourtant un goût un peu amer. Peut-être est-ce cette peur que j'ai lu dans son regard quand elle a saisi ma main, cette détresse ? J'ai presque pu la ressentir en même temps qu'elle. Et puis ses lèvres… Elles tremblaient convulsivement et avaient repris cette teinte bleue argentée d'il y a trois jours… Merlin que j'ai pu m'inquiéter pendant ces dernières heures ! Je ne savais pas que je pouvais autant m'inquiéter ! Même les lendemains de Pleine Lune sont beaucoup plus calmes… Ca a du se voir : elle a du me trouver complètement ridicule. Chui définitivement grillé.

Je la regarde à nouveau, comme je l'ai si souvent fait ces derniers jours. Ses jolies couleurs lui sont revenues : ses joues pâles avec ses tâches de rousseur, ses lèvres roses, ses yeux si fragiles et si forts lorsqu'ils vous dévisagent ; ses longs cheveux… ! Je les ai tant fixés, tant observés, tant surveillés, tous ces points de son visage… Je pourrais les redessiner tellement je les connais par cœur ! Quoi que non : Jamais je ne pourrais dessiner quelque chose d'aussi beau, d'aussi parfait qu'elle ; même si on me donnait un pochoir, je ne pourrais pas ! Dommage, c'est probablement la seule chose que j'aurais pu avoir d'elle, autre que son mépris…

Je soupire encore. Je dois me résigner… Bon ! Sirius doit m'attendre dans le couloir, l'œil collé à la serrure, ou l'oreille à la porte… Je ferais bien de le rejoindre et de retourner à la Salle Commune : déjà que je ne peux rien faire sans baguette en cours pratiques, si en plus je ne fais pas mes devoirs écrits, je vais me faire lyncher !

- Mrs Pomfresh, je m'en vais, je chuchote à mi-voix. Elle s'est rendormie, pour un bon moment je pense. Je reviendrai plus tard, ou demain matin avant les cours. Au revoir.

Elle me grommelle quelque chose que je n'entends pas mais que je devine être quelque chose comme « Pas la peine ». Je n'en tiens pas compte et fais comme si je n'avais rien entendu. De toute façon, I'll be back.


Je sors de l'infirmerie et me retrouve dans le couloir du troisième étage… seul ! Apparemment, Sirius ne m'a pas attendu… Faux frère ! Ca a du le vexer doublement que Pomfresh l'ait menacé puis viré alors qu'elle m'a laissé rester un moment… Tant pis, ça lui passera avant que ça me reprenne ! Je me dirige vers la Tour de Gryffondor, et, c'est devenu une habitude on dirait, je repense aux trois derniers jours, si riches en émotion qui viennent de passer…

FLASH-BACK :

Lorsque je me réveillai, j'étais allongé à l'infirmerie. En regardant autour de moi, je la vis, minuscule dans son grand lit. Elle avait perdu de son aspect liquide, mais son teint était toujours métallisé. Je l'observai un moment, puis je tournai la tête à la recherche de Pomfresh. Mon regard tomba immédiatement sur le sien, froid et sévère. Je supposai que le savon allait être douloureux…

- Ca y est, vous voilà enfin réveillé ?!, sa voix était sèche.

- Comment va-t-elle ?

- Elle s'en remettra, mais il lui faut du repos. Ce n'est pas rien de se vider de son énergie magique ! Qu'est-ce qui vous a pris de lui lancer ce sort ?! Il va lui falloir près d'une semaine !

Je n'avais pas les idées très claires au réveil, si elle me posait des questions à ce moment, je risquais de me planter. Je me tus.

- Allons ! Si vous prenez les choses comme ça ! De toute façon, vous devrez vous expliquer devant le professeur McGonagall. Elle était passablement énervée quand elle est venue hier soir après la Répartition. Je ne sais pas comment elle était au courant pour Miss Evans, mais de toute évidence, elle ne s'attendait pas à ce que ce soit si grave. Elle a pris des nouvelles et elle est partie dans un état de fureur que je ne lui avais encore jamais vu. Elle est revenue tout à l'heure, juste avant le début des cours. Elle m'a demandé de vous envoyer à son bureau dès que vous sortirez de l'infirmerie. Vous me paraissez en bonne santé, bien qu'un peu fatigué, mais vous vous reposerez ce soir. Je vous laisse vous habiller. Prévenez-moi quand vous partirez.

Je baissai humblement les yeux. J'eus l'impression, ô combien juste !, que les ennuis ne faisaient que commencer… Je trouvai mes vêtements pliés au pied de mon lit et je m'habillai lentement. J'arrivai sans problème jusqu'au bureau de McGonagall. Je le connais bien pour y avoir reçu des détentions mémorables avec Sirius… Mais c'était avec Sirius… Là, j'étais seul face à une harpie… Ma harpie préférée, certes… mais harpie quand même ! Et en plus, je ne savais pas comment j'allais m'en sortir avec certaines de ses questions… !

Lorsque je frappai à la porte, je crus que mon cœur allait se décrocher…

- Entrez !

La voix était sèche, comme d'habitude, mais là, elle avait claqué comme un coup de fouet…

Elle était assise, droite comme un i, derrière son bureau. Lorsque je passai la porte, timidement, je sentis son regard sur moi, tout comme l'épée de Damoclès qui pesait sur ma tête. Je gardai les yeux baissés. J'avoue que j'étais tellement dans mon rôle de coupable que je ne me sentais pas très fier.

- Bien ! Allez-y, Potter !

- …

- Explications ! Qu'est-ce qui vous a pris ?! Qu'est-ce qui s'est passé ?

Quand j'y repense, je devais me dandiner d'un pied sur l'autre ; je me demande comment elle a fait pour ne pas éclater de rire… Peut-être parce que la situation n'était pas spécialement amusante vue de son côté...

- Pourquoi diable vous êtes-vous attaqué à Miss Evans ?

- Je… J'étais venu lui dire bonjour et…

Ma voix me surpris, je ne la reconnaissais pas. On aurait dit la voix d'un petit garçon apeuré. C'est vrai que je n'étais pas très fier, mais quand même ! A presque dix-sept ans, se laisser impressionner par une simple entrevue avec McGonagall, si orageuse soit-elle ! Je me raclai la gorge et je repris, la voix un peu plus sûre, un peu plus posée.

- …Et elle a été plus que désagréable avec moi. Elle a sorti sa baguette et m'a menacé, alors j'ai fait de même. Remus Lupin et Tsiu Chang se sont interposés et nous ont désarmé avant que nous ayons pu lancer le moindre sort.

- Hum ! Lupin et Chang… Continuez, Potter !

- Heu… En détails ?

- Oui, Potter, tous les détails !

- Eh bien, nous avons été distraits par une entrée plutôt fracassante de Sirius et…

- Black ! J'aurai du m'en douter. Il ne pouvait pas être étranger à tout cela !

- …et Lily l'a sermonné parce qu'il s'était fait remarqué par la Préfète en chef, et…

- …Miss Black ?! Elle était au courant ?

- Non ! Non, non, elle ne savait rien. Elle s'est juste énervée après Sirius parce qu'il avait été un peu bruyant, mais elle est retournée dans son wagon tout de suite après…

- …Et ?...

- …Et Lily a cassé ma baguette…

Je levai les yeux pour croiser son regard… J'y lus la plus grande incompréhension, puis la plus grande sévérité. Je réprimai un petit sourire satisfait, je pouvais presque suivre le fil de ses pensées… Tout marchait comme sur des roulettes.

- Potter, vous êtes en train de me dire que Miss Evans a volontairement brisé votre baguette parce que Mr Black a fait du bruit et s'est fait réprimandé par sa cousine ?

- Non, ce n'était pas volontaire. Les baguettes avaient volé à travers le compartiment, la mienne sur la banquette, celle de Lily par terre près de la porte. Elle s'est assise un peu trop brutalement sur le siège, et elle a cassé ma baguette en deux morceaux. Inutilisable ! Ma belle baguette !

- N'exagérons rien, Potter. Ce n'était qu'une baguette. Et après ? Que s'est-il passé, exactement ?

- Eh bien, je lui ai jeté le sort…

- Voyez-vous cela ?! Et avec quelle baguette, s'il vous plait ?... Il me semble que la votre était « inutilisable », « en deux morceaux », c'est cela ?

- C'est cela même, professeur. Quand j'ai vu l'état de ma baguette, je suis devenu comme fou. J'ai traversé le compartiment, et avant que quiconque ait pu faire quoi que ce soit, j'ai ramassé la baguette de Lily qui était par terre, près de la porte, et je lui ai jeté le sort. Mais j'ai voulu le modifier pour la rendre invisible et j'ai du me tromper dans la formule. Ca a marché un instant, elle a disparu, elle m'a arraché sa baguette des mains, et elle est partie en claquant la porte.

- Et cela sans que personne n'ait rien cherché à faire ?! Ca me parait bien peu probable !...

- Oh ! Vous savez, tout s'est passé si vite ! Ils n'ont pas eu le temps ne serait-ce que de dire Quidditch !

- Ca va, Potter ! Pas de trait d'humour avec moi ! Je ne suis pas d'humeur…

- Excusez-moi, professeur… Mais c'est vrai ! Je sais bien qu'il n'y a pas de preuves, mais vous devez me croire : tout s'est passé exactement comme cela, et croyez bien que je le regrette sincèrement. Je ne me suis pas imaginé un seul instant que ça pouvait être dangereux. Vous pensez bien que je n'aurais rien fait sciemment qui eut pu mettre sa vie en danger !

Un petit reniflement me répondit.

- Mmh… Je crois qu'il doit y avoir un moyen de vérifier… Mais il n'est pas sûr que cela marche…

Je restai sagement silencieux, mais je savais bien de quel moyen elle parlait… Elle devait s'imaginer que je ne le connaîtrais pas… C'était exactement ce que j'avais prévu ! Ma culpabilité serait prouvée en moins de deux, et j'aurais rattrapé ma bêtise auprès de Lily.

- J'imagine que vous vous demandez de quoi je parle, Potter ?... Figurez-vous qu'il existe un sort qui permet de faire représenter à une baguette le dernier enchantement qu'elle a produit. Si l'on considère que Miss Evans, étant donné son état physique et magique, n'a pas pu se servir de sa baguette, il serait logique que le Priori Incantatem confirme vos dires…

- Le quoi ? C'est vrai ?!

- Le Priori Incantatem, Potter. Et ne prenez pas cet air choqué, je vous prie, c'est extrêmement désagréable.

Sacrée elle ! Elle devait croire que j'avais lancé le sort avec ma baguette et que Lily, pour se venger, l'avait brisée. Elle allait être déçue : ma version tenait plus la route que la sienne.

Elle sortit la baguette de Lily d'un tiroir de son bureau et la posa devant elle. Je regardai le morceau de bois magique que je connaissais si bien pour l'avoir observé tant de fois dans les mains de sa belle propriétaire. C'était une baguette légèrement rosée, sûrement en bois de rose ; elle était finement sculptée en torsade, et était d'une propreté irréprochable. Je savais que Lily adorait sa baguette, au moins autant que moi, même si ce n'était pas pour les mêmes raisons. Pour moi, c'est mon instrument de tous les jours, et elle me fait cruellement défaut, comme si l'on m'avait amputé d'une main. Mais pour elle, c'est également le signe de son appartenance au monde de la sorcellerie. C'est pourquoi elle en prend très soin, même pendant l'été ; je l'ai entendue en parler avec Tsiu…

McGonagall effleura la baguette de Lily avec la sienne et murmura la formule du Priori Incantatem. Une légère fumée argentée s'échappa du bout de la baguette. Petit à petit, les fines volutes prirent forme… La forme d'une jeune fille, toute menue, en tenue moldue, ses longs cheveux auréolant un beau visage légèrement crispé. La forme fit quelques pas, puis elle clignota et disparut.

- Finite Incantatem. Bien, Potter. Il semble que ceci corrobore vos dires. Les deux semaines de retenue que je vous ai donné hier soir sont maintenues. Je veux bien croire à votre sincérité lorsque vous dites ne pas avoir eu conscience de la portée de votre acte ; c'est pourquoi je n'en rajouterai pas. En revanche, un hibou s'est déjà envolé ce matin même pour avertir vos parents. Vous viendrez me trouver dans mon bureau ce soir, je vous donnerai votre retenue. Des questions, Potter ?

- Je pourrai aller la voir ?

Elle me lança un regard inquisiteur. Je la comprends un peu. Elle devait avoir peur que j'aille l'achever !

- Oui, Potter. Vous pourrez, mais en dehors des heures de cours…

- Bien sûr, professeur !

- Et avant le couvre-feu…

- …

- N'est-ce pas ?

- Bien sûr, professeur. Evidemment.

- Evidemment… Ce sera tout ? Voici votre emploi du temps. Vous rejoindrez vos cours à la prochaine interclasse. Vous pouvez disposer.

- Merci professeur. Bonne journée. Au revoir.

Je me retrouvai dans les couloirs de l'école, sans la moindre idée de l'heure qu'il était, et sans baguette. Un peu vide, ni content, ni malheureux. J'avais pris la faute de Lily sur moi, elle ne serait pas punie. Mais elle était à l'infirmerie, et au fond, c'était de ma faute. Je jetai un coup d'œil sur mon nouvel emploi du temps : double ration de Potions avec les Serpentard suivie d'une heure d'enchantements et d'une heure de DCFM. Machinalement, je retroussai la manche de ma robe pour regarder l'heure à ma montre magique. Pas de montre. Allons bon ! Je me retrouvai, comme un imbécile, à tâter toutes mes poches en espérant qu'elle se serait perdue dans l'une d'elles… sans grand espoir. J'avais du la perdre à l'infirmerie la veille ; lorsque j'avais emmené Lily, elle avait du tomber. Ou alors c'était Pomfresh qui l'avait ramassée puisque c'était elle qui m'avait mis au lit… D'ailleurs, elle avait du voir mon caleçon…celui aux couleurs de Gryffondor avec des lions qui rugissent quand on les regarde de trop près… La honte ! Il ne me restait plus qu'à retourner à l'infirmerie pour récupérer cette satanée montre, prendre des nouvelles de Lily, et retrouver les autres pour le prochain cours.

C'est ce que je fis. Sauf que Pomfresh n'avait pas vu ma montre, que l'état de Lily ne s'était guère amélioré et qu'il s'est avéré qu'il n'était que 8h50. J'ai donc du rejoindre le cours de Potions de Daniels à l'intercours. Les Serpentard s'en donnèrent à cœur joie, évidemment. Comme je n'étais pas là, Sirius avait du prendre un autre binôme, celui de Lily : une fille de Serpentard qui s'appelle Adhara Adhanegra, je crois. Visiblement, sa présence semblait loin de le déranger. De toute façon, le jour où la présence d'une fille pas trop repoussante dérangera Sirius, les pitiponks auront des ailes !... Comme d'habitude, Remus était avec Peter, et comme d'habitude, il essayait désespérément d'empêcher leur chaudron d'exploser. Je me retrouvai donc tout seul au fond du cachot ; je n'avais plus le temps de réaliser ma potion puisqu'il fallait une heure et demie pour la préparer. Alors je pris la liste des ingrédients copiée au tableau, et je déprimai sous les quolibets des Serpentard.

Les heures suivantes se déroulèrent sur le même modèle, mis à part le fait que je retrouvai mes Maraudeurs d'amis… Mais en fin de compte, c'est comme si j'avais été seul : Sirius faisait la gueule parce que j'avais foutu son plan en l'air et que je lui avais volé la vedette ; Remus était atterré par ce qui était arrivé à Lily, et m'adressa seulement la parole pour prendre de ses nouvelles ; mais il s'assombrit vite devant le manque de substance de ma réponse. Quant à Peter, comme d'habitude, il restait penché sur son parchemin à essayer désespérément de comprendre ce qu'on attendait de lui.

Personne ne chercha à savoir comment j'allais, et c'était très bien comme ça : je crois que j'aurais explosé en sanglots. J'avais une boule dans la gorge qui ne voulait pas bouger de là. Je me sentais affreusement mal. Je faillis craquer à midi, quand on se dirigeait vers la Grande Salle pour le déjeuner. Nous croisâmes un groupe de Serdaigle de sixième année. Ils entouraient quelqu'un, mais je ne compris pas tout de suite… C'est seulement lorsque je vis Remus se diriger vers eux et que les élèves s'écartèrent que je compris…

C'était Tsiu qu'ils entouraient…

Elle avait le visage dans ses mains et sanglotaient en silence. Quand Remus s'approcha et lui toucha timidement l'épaule pour la consoler, elle se jeta dans ses bras, et, enfouissant son nez dans son cou, pleura à chaudes larmes ; de temps en temps, elle relevait la tête pour essuyer ses beaux yeux et elle se maudissait de ne pas avoir empêché tout cela. Remus, de son côté, tentait de lui expliquer que ce n'était pas sa faute, et que si quelqu'un était à blâmer, c'était bien lui qui n'avait pas suffisamment insisté pour accompagner Lily à l'infirmerie.

Il demanda aux Serdaigle de s'éloigner et de ne pas s'inquiéter : il s'occupait de Tsiu. Pour ma part, je n'osais pas bouger : je restais aussi immobile que si l'on m'avait pétrifié, à contempler la tristesse de ces deux personnes qui étaient mes amis.

Lorsque Tsiu se fut un peu calmée, ils se dirigèrent tous les deux vers la Grande Salle, suivis de Sirius et de Peter. Elle ne fit pas le moindre geste dans ma direction, et Remus, qui entourait ses épaules d'un bras protecteur, se contenta de me faire un petit signe de tête pour que je leur emboîte le pas…

Mais je n'avais pas faim, et tout ce que je voulais, c'était voir Lily. Alors je les laissai rentrer dans la Grande Salle, et je tournai les talons, me dirigeant rapidement vers le troisième étage… Lorsque Pomfresh me vit arriver, elle voulus me mettre dehors, mais je lui dis que j'avais l'autorisation du professeur McGonagall, alors elle se contenta de grogner…