Menés à la baguette :
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DISCLAIMER : Aucun des personnages de cette fic ne m'appartient, ils sont soit la propriété de JK Rowling (quasiment tous), soit celle de Dr Titou Moony (Tsiu), soit celle de Fred et Georges (Daniels). Sauf Adhara Adhanegra qui m'appartient, ainsi que la plupart des aventures que je fais subir à ces pauvres perso, Merlin ait leur âme…Je ne reçois rien qui ressemble à de beaux billets verts, bleus, rouges ou violets (pas de bol, j'en aurais bien besoin !), sauf de très gentils encouragements, mais ça aussi j'en ai besoin, et ça fait tout aussi plaisir ! Merci !
SPOILER : Les cinq tomes de JK Rowling
RESUME : James a fait réparé sa baguette pour son plus grand bonheur, mais ce qu'Olivanders lui a appris à propos des origines de celle-ci le laisse perplexe... Malheureusement, alors qu'il raconte son entrevue à ses amis, une autre dispute éclate entre Sirius et Remus, et le groupe se scinde... Cherchant un peu de réconfort, ou du moins à se changer les idées, James rend visite à Lily et en profite pour lui expliquer quelle version elle devra présenter si elle est interrogée à sa sortie de l'infirmerie... Tout semble aller pour le mieux puisqu'ils paraissaient s'être réconciliés, mais c'est sans compter sur la personne qui les écoutait...
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CHAPITRE 10 : Peurs...
« Comme quoi, si t'avais pas été la voir, tu te serais pas fait choper !
- Padfoot... », soupira James, exaspéré. « De toute façon, j'allais en retenue à sa place... C'est juste qu'elle aussi, elle sera punie. J'ai fait tout ça pour rien !
- Bah, c'est justice alors ! Elle a ce qu'elle mérite pour avoir fait ce sortilège, et toi t'as ce que tu mérites pour avoir menti...
- ... et pour avoir provoqué sa réaction !
- Mouais, ça j'en suis moins sûr... M'enfin bon, si tu le dis... », se dépêcha de rajouter le grand brun devant le regard peu amène que lui jeta son ami.
« Au moins t'auras plus rien à cacher à personne et tu seras tranquille avec ta conscience ! », intervint philosophiquement Peter.
« J'étais déjà tranquille avec ma conscience, Pete. Mais t'as raison sur un point, c'est que c'était un peu risqué de jouer à ce petit jeu avec tous les profs qui étaient impliqués dans l'affaire... Et le risque, c'était que ça retombe sur Lily... Enfin... Ce sera plus simple maintenant. Mais quand je pense que ça aurait pu marcher, ça m'fait enrager ! Si j'avais retrouvé Moony comme j'avais prévu au départ, McGo nous aurait jamais surpris !
- Voyons James, tu sais bien qu'avec des « si » on mettrait Poudlard en chaudron ! », susurra Sirius d'une voix fondante, en adoptant une posture professorale. « Le professeur Lupin ne t'a-t-il donc jamais rien appris ?!
- Dans ce cas-là, Prongs n'est pas le seul à avoir été un mauvais élève, Sirius », déclara froidement quelqu'un que ce dernier n'avait pas vu approcher.
- Tiens, en parlant du loup... »
James se redressa, hésitant à empoigner son ami par le col pour lui faire ravaler ses paroles, mais un geste impérieux de Remus le fit se rasseoir. Celui-ci se tenait toujours devant la paillasse à laquelle étaient installés ses amis, raide et légèrement pâle, les poings serrés et la mâchoire crispée.
« On en voit le bout de la queue, c'est ça ? », finit-il par lâcher en prenant un air faussement indifférent.
- Exactement.
- Hé bien voilà, c'est tellement plus simple quand on se dit les choses directement. Tu crois pas, Sirius ?
- Entièrement d'accord, Remus.
- Alors, allons discuter tout les deux. Je pense que toi et moi avons quelques petites choses à éclaircir.
- Ce serait avec plaisir mais il me semble que Daniels ne va pas tarder à arriver. Je ne pense pas que tu veuilles rater un cours, Remus…
- Comme si toi, ça te dérangeait…
- Hé bien oui, ça me dérange.
- Ah tiens donc ! Tu as des scrupules pour tes études maintenant ?
- Je ne réponds pas aux persiflages, je ne les entends pas, je ne suis pas fourchelangue…
Un long silence s'ensuivit durant lequel Peter se fit tout petit, n'osant prendre parti pour l'un ou l'autre de ses amis : Sirius le protégeait toujours, certes, mais Remus était le seul qui prenait le temps de l'aider à travailler... Face à un tel dilemme, il jugea qu'il valait mieux adopter la politique du niffleur, s'enfouir la tête dans le sol : ne rien dire, ne rien faire qui puisse le faire remarquer et s'attirer par là les foudres du préfet ou du batteur de Gryffondor...
James trouvait que Sirius allait un peu loin dans la mauvaise foi, mais le geste de Remus l'avait arrêté dans son élan et après tout, il s'était déjà brouillé avec son meilleur ami sans que cela change quoi que ce soit à la situation. Il était sûrement peu probable qu'il ait une quelconque influence sur l'un ou l'autre.
Quant à Remus, comme à son habitude, il ne laissa rien paraître : d'ailleurs, qu'aurait-il montré ? Lui-même ne savait trop ce qui le dominait en cet instant précis : la colère ou la déception face à l'attitude de Sirius. Celui-ci ne l'avait jamais rejeté pour sa lycanthropie, et bien qu'il ne puisse croire que son ami le pensât sérieusement, les réflexions qu'il avait fait étaient douloureuses à entendre. Et c'était bien pour cela – et pour sa désinvolture et ses sarcasmes – que Remus était en colère.
« Bonjour Mesdemoiselles… Messieurs… Finissez de vous installer s'il vous plaît. »
L'entrée de Daniels évita aux quatre Maraudeurs d'avoir à faire un choix. Sirius saisit ses affaires et alla s'asseoir à côté d'Adhara. Celle-ci l'accueillit avec un regard sceptique, mais lui fit une place sur la paillasse qu'elle occupait d'habitude avec Lily. Deux cours sur trois, dans la semaine avec Black à ses côtés : de deux choses l'une, soit il tentait de la séduire, soit il préparait un sale coup… Connaissant sa réputation tant de séducteur que de bourreau de Serpentard, elle décida que l'un n'excluait pas l'autre. Raison de plus pour être doublement méfiante. Elle ne tomberait pas dans le panneau comme ces stupides Poufsouffle, toutes plus gnian-gnian les unes que les autres, qui venaient pleurnicher régulièrement parce que l'Homme de leur Vie les avait plaquées au bout de deux jours. Pa-thé-ti-que.
« Bien, j'espère que vous avez tous regardé le chapitre sur les différents philtres, comme je vous l'ai demandé lundi. Nous allons aujourd'hui en réaliser plusieurs. Comme vous n'aurez pas le temps de tous les tester pendant ce cours, je demanderai à chacun des binômes d'en réaliser un différent et nous observerons les effets et les caractéristiques de chacun durant la deuxième heure. Vous vous entraînerez sur les autres philtres en dehors des cours. Ce sera votre sujet pour le premier devoir sur table de l'année, mercredi prochain. »
Les noms des différents philtres apparurent au tableau quand le professeur leva sa baguette. Au fur et à mesure que celui-ci passait dans les rangs pour répartir le travail de chaque binôme, leurs noms s'inscrivaient en face de la potion à réaliser. Remus n'ayant aucun partenaire, il pu rejoindre James qui faisait déjà équipe avec Peter. Etant plus nombreux, ils écopèrent de la recette la plus complexe : le philtre d'Amour. Autour d'eux, les filles poussaient des gloussements exaspérants en découvrant qu'elles devaient réaliser un philtre de Courage ou de Joie. Du côté des Serpentard, on ricanait sadiquement pour le philtre de Haine et pour celui de Rancœur, on soupirait d'avance devant une potion de Mélancolie qui paraissait peu intéressante, et finalement, le cas le plus particulier échoua à Sirius et Adhara. Son appellation trompeuse de « Révélateur de Peur » intriguait les élèves et on entendit clairement Rogue pousser un juron lorsque Daniels donna le philtre de Rancœur à son voisin de paillasse, Rosier. Pas que cette potion n'ait pas été digne d'intérêt – elle servirait toujours – mais la peur était une arme qui plaisait volontiers à quelqu'un comme Rogue, et le fait que Black ait un binôme qui ratait rarement ses potions pour réaliser celle-ci lui était fort déplaisant.
« Tout va bien, M. Rogue ?
- Oui, professeur.
- Ah, j'ai cru pendant un moment que vous aviez un ennui avec votre potion… »
Le jeune homme pâlit et serra les poings sous sa table. Lui, avoir des ennuis avec une potion ! Et en plus avec un vulgaire philtre de Rancœur ! C'était se foutre de la gueule du monde, et surtout de la sienne ! Ce crétin de Daniels avait encore sûrement forcé sur le whisky. Devant le sous-entendu, une partie de la classe ne prit même pas la peine de réprimer un sourire moqueur : Severus Rogue n'était vraiment pas aimé, et le fait qu'il ait été un Serpentard zélé n'arrangeait pas les choses. En revanche, s'il était bien une matière dans laquelle tout le monde savait qu'il excellait, c'était les potions. Pour lui, rien n'était impossible : préparées avec minutie et dextérité, ses potions étaient toujours parfaitement réussies. Jamais son chaudron n'avait explosé, ni fondu – sauf bien sûr quand Black et Potter avait glisser en douce un Pétard Surprise doublé d'un sort d'invisibilité en dessous, mais ça ne comptait pas !
Du côté d'Adhara, la méfiance avait tendance à s'endormir un peu. Black ne cherchait pas à saboter la potion et semblait au contraire très concentré, ce qui n'était pas vraiment dans ses habitudes, mais comme il ne cherchait pas non plus à la draguer – en dehors du fait qu'il lui adressait un sourire ultra bright à chaque fois qu'il croisait son regard – elle se dit que pour une fois, il avait peut-être décidé d'être sérieux. Elle se concentra donc à son tour sur le Révélateur de Peur qu'ils avaient à réaliser : les lianes de mangroves devaient être émincées très minutieusement. Hum, en général elle n'était pas très douée pour ce qui était du découpage d'ingrédients... Elle saisit son scalpel et, coinçant un peu maladroitement une liane entre la table et la paume de sa main, elle commença à trancher lentement la tige dans sa longueur.
A côté d'elle, Sirius pesait ses tas de sels de coraux et de poudre d'argent avec soin... Les quantités étaient infimes et il ne fallait surtout pas se tromper dans les mesures au risque de faire exploser le chaudron... Ca en ferait bien rire quelques uns, mais pas que des Serpentard... Il jeta un coup d'œil à Adhara. Elle semblait peiner à émincer ses lianes... Son scalpel dérapait continuellement et manquait à chaque fois de lui entailler la main... qu'elle avait fort jolie d'ailleurs. Fine et féminine. Pas spécialement manucurée ou peinturlurée. Jolie. Comme sa propriétaire... Pèse tes trompettes de la mort, Sirius ! Ah, ta gueule toi, c'est pas le moment ! Ah ouais, et à ton avis ce sera quand le moment ?
« Putain !
- Plait-il ?
- Heu... J'ai pensé à haute voix, c'est ça... ?
- On peut dire ça comme ça.
- Excuse-moi, débat intérieur... », expliqua-t-il en haussant les épaules. Puis, changeant de sujet : « T'as pas l'air d'aimer ces pauvres mangroves, on dirait... En fait, on dirait vraiment que tu les détestes.
- Bof, chui pas douée quand il s'agit de me servir de choses coupantes. Remarque, tu peux parler, toi, tu crois que tes plateaux sont équilibrés ? »
Les deux jeunes gens se regardèrent droit dans les yeux et sans avoir à demander confirmation à quelqu'un d'autre qu'aux prunelles noires qui le transperçaient, Sirius prit le scalpel de la main d'Adhara et lui mit la petite bourse de cuir qui contenait les champignons à peser dans l'autre main.
« Je suppose que ça ira mieux comme ça. », murmura-t-il.
« Possible...
- A voir...
- T'as toujours le dernier mot, toi !
- J'aime bien, oui.
- Vantard...
- Jalouse...
- Qui moi ?!
- Non, le Scrout à pétard derrière toi... »
Surprise par la réponse, Adhara se retourna machinalement, se trouvant nez à nez avec Rogue.
« Quoi ? Tu veux ma photo ? », grinça aussitôt celui-ci.
- Oh, heu... Non, merci, ça ira. Qu'est-ce tu fous derrière moi ?
- Ca te regarde pas... », siffla-t-il, une lueur haineuse au fond des yeux.
- Prends le sur ce ton-là si ça te chante, Rogue, mais c'est pas en imitant le regard d'un Scrout à pétard que tu me feras peur !
- Fais attention à toi Adhanegra, ce n'est pas parce que tes petites pestes te protègent continuellement que tu ne connaîtras jamais la peur.
- Attention à toi, Snivello », coupa Sirius, jugeant que la plaisanterie allait trop loin. « S'il s'agit de menaces, il se pourrait bien qu'elles se retournent contre toi... »
Ne prenant pas la peine de répondre, Rogue fixa Adhara de ses petits yeux noirs :
« Tiens, t'as enfin réussi à te trouver un chevalier servant ? Tu pourrais éviter de faire honte à Serpentard en choisissant ce déchet...
- Si tu pouvais tourner la tête ailleurs quand tu me parles, j'aurais moins l'impression que moi, je m'adresse à un déchet, Severus. Quant à mes... « petites pestes » comme tu les appelles, prends bien garde qu'elles ne décident un jour de t'expliquer ce qu'est réellement la peur. Je pense que j'en connais plus long que toi sur le sujet. Maintenant, si tu veux bien nous laisser, nous avons un « Révélateur de Peur » à mettre au point, c'est un peu plus compliqué et intéressant qu'un vulgaire philtre de Rancœur. »
Sur ces paroles, elle se retourna vivement, jeta les champignons sur la paillasse et, reprenant le scalpel des mains de Sirius, elle recommença à trancher ses lianes d'un mouvement nerveux. Sirius, surpris par la rapidité de l'action, resta les bras ballants un instant. Il savait que Rogue n'était pas spécialement sociable, mais il pensait qu'il aurait au moins l'honneur de ne pas s'en prendre à quelqu'un de sa propre maison, qui plus est devant lui qui n'avait jamais fait montre d'une quelconque pitié dans les représailles qu'il lui avait fait subir... Le souvenir d'un caleçon gris s'imposa à son esprit... Apparemment, ça n'avait pas marqué la victime plus que ça... Et de quelles « petites pestes » parlaient-ils ? Et puis ces histoires de peur, pas peur, moins peur... Si c'était la peur qu'il cherchait, Snivello venait de s'assurer un avenir tranquille de ce côté-là... Cette année serait pour lui la pire de son existence !... N'empêche que...
« Adhara...
- ...
- Adhara ?
- ...
- Hey ?! »
Sirius lui effleura l'épaule, mais la jeune fille, perdue dans ses pensées, sursauta. Le scalpel ripa et lui entailla la main.
- Aïe ! Merde !! Fais chier !!!
- Hum, hum ! Ce ne sont pas de très jolis mots que j'entends dans votre bouche, Miss Adhanegra.
- Ouais, ben désolée mais c'est tout ce qui m'est venu à l'esprit quand j'me suis coupée...
- Je comprends. », coupa Daniels avec un bon sourire avant que la jeune fille n'aille plus loin dans l'explication de son exclamation. « Faites voir votre main. »
La blessure saignait abondamment : la lame était bien aiguisée et la coupure profonde. Le professeur tira sa baguette de la poche de sa cape et murmura un sort pour désinfecter, puis cautériser la plaie. Un recurvite acheva le travail en faisant disparaître le sang qui s'était répandu autour de la paillasse. Par chance, aucune goutte ne semblait être tombée dans le chaudron déjà bouillonnant. Ce n'était pas le moment de faire rater une potion de cette importance pour une simple maladresse. Ca aurait trop fait plaisir à Rogue... Tout ça à cause de Black... Qu'est-ce qui lui avait pris de la faire sursauter alors qu'il savait parfaitement qu'elle avait du mal avec les tâches délicates.
« Adhara ?
- Quoi encore ?!
- Je suis désolé, je ne voulais pas te faire peur.
- Tu ne m'as pas fait peur...
- C'est pas ce que je voulais dire, excuse-moi.
- Sirius Black qui s'excuse, Merlin, qu'est-ce qui va nous tomber dessus ?! T'es malade ? Va à l'infirmerie, je peux rien pour toi.
- Bon, OK. Puisque tout le monde semble penser que je ne suis pas dans mon état normal aujourd'hui, je me barre ! Rien à foutre de ce cours, et de tous ces cons ! »
Saisissant son sac avec violence, Sirius commença à enfourner ses affaires dedans. Adhara, surprise par sa réaction, se calma instantanément. Elle posa sa main sur le bras du jeune homme qui bloqua.
« Reste...
- ...
- S'il te plaît...
- ...
- Sirius... S'il te plaît...
- ...
- Ca va, ça va, j'ai compris... Excuse-moi, Sirius, de t'avoir parlé sur ce ton alors que tu n'y étais pour rien. J'étais agacée à cause de Rogue et tu es tombé au mauvais moment. J'en suis vraiment désolée. Est-ce que tu veux bien rester avec moi et m'aider à finir cette foutue potion qui commence à me sortir par les yeux, parce que là je sens que je vais pas y arriver !...
- ...
- Sirius ?...
- ...
- ...
- Hé, hé ! Ca fait bizarre quand c'est toi qui a le dernier mot !
- Nom d'un ... ! Black !!
- Sirius, ma chère.
- P'tit con, va !
- On me le dit un peu trop souvent à mon goût en ce moment, mais venant de ta part je prends ça comme un compliment. Bon alors, on la termine cette potion ?... Je savais que t'avais besoin de moi pour la faire !...
- Vantard...
- Jalouse... »
Le reste de l'heure se termina calmement, mise à part l'explosion du chaudron de James, Peter et Remus. Pourtant, la potion semblait réussie à en juger par les élans passionnés qui animèrent les élèves alentours qui avaient reçu des gouttes de leur philtre d'Amour, sabotant au passage une partie des potions qui mijotaient à proximité. Lorsque le professeur Daniels testa les réalisations en deuxième heure, cela donna lieu à de curieuses réactions : les fautifs ayant servi de cobayes, on admira la déclaration d'amour de Peter à James, aidée par la potion initiale qui était un philtre de Courage. James soupira à n'en plus finir sur son Amour impossible (on ne savait pas lequel, mais sa Mélancolie était indiscutable !) et Remus dansa une folle sarabande à travers la classe, entraînant Rogue avec lui, en chantant sa joie de vivre, et exaltant l'Amour en alexandrins. Pour tout dire, on ne sut jamais qui fut le plus gêné de Rogue ou de Remus lorsque les effets se dissipèrent.
Lorsque vint le tour d'Adhara et de Sirius, Daniels demanda un volontaire pour tester leur philtre. Aucun élève ne se désignant, le professeur expliqua, « pour ceux qui n'auraient pas lu attentivement le chapitre sur les Révélateurs de Peur », que l'effet était semblable à celui d'un épouvantard, sans qu'il y ait d'image visuelle. La potion mettait en avant les peurs instinctives, celles liées à l'intellect et non à un phénomène précis. Alors qu'un lourd silence s'abattait sur la classe, une voix doucereuse s'éleva :
« Professeur, il me semble que les personnes qui ont réalisé ce philtre sont assez réputées pour leur « courage » pour accepter de tester cette potion. N'est-ce pas, Black, n'es-tu pas un Gryffondor pur et dur ?
- En effet, Rogue, je suis bien un Gryffondor, et non, je n'ai pas peur. Si le professeur Daniels veut que je teste cette potion je le ferai. Mais je ne suis pas plus volontaire que toi pour le faire. Il me semble que tu ne t'es pas proposé, si ? », répondit Sirius de la même voix doucereuse.
« En réalité, je pensais qu'Adhanegra se porterait volontaire, elle qui ne cesse de crier à qui veut l'entendre qu'elle n'a peur de rien, ni de personne. Mais apparemment, la vantardise fait également partie de ses nombreuses... qualités.
- M. Rogue, s'il vous plaît, pas de provocation dans ma classe. Cinq points en moins pour Serpentard. M. Black, si vous désirez vous porter volontaire...
- Très bien, pro...
- Professeur, s'il vous plaît, je voudrais tester ce philtre...
- Miss Adhanegra ?
- Oui, Monsieur... S'il vous plaît...
- J'espère que ce bénévolat n'est pas une réponse à la provocation de M. Rogue...
- Non, professeur, je voudrais vraiment savoir ce qui me fait peur...
- En effet, c'est une force de savoir quels sont ses propres points faibles. Très bien, Miss Adhanegra... Ne vous en faites pas, M. Black, je note que vous vous portez volontaire pour la prochaine fois...
- Hein ?!... Et galèèère ! »
Sirius s'effondra momentanément sur sa paillasse en s'imaginant couvert de pustules purulentes après avoir testé une potion de Peter... Mais comme Adhara se levait, il se redressa et reporta toute son attention sur la jeune fille. Celle-ci saisit une éprouvette et une petite louche et commença à doser la quantité de potion à tester. Elle paraissait parfaitement sûre d'elle, et sa main ne trembla pas lorsqu'elle transvasa le contenu de la louche. Aucune goutte ne tomba à côté... Sirius regarda son binôme et lui chuchota :
« T'es pas obligée... Si tu veux pas, je le fais, ça me dérange pas. »
- T'es pas le seul à vouloir avoir le dernier mot, Black... », répondit-elle avec un sourire en coin.
« Vantarde...
- Jaloux... T'inquiète. Ca va aller comme sur des roulettes. »
Adhara se dirigea vers l'estrade, où elle donna son échantillon au professeur qui en examina la couleur et la texture. La quantité de la dose était respectée, il lui rendit l'éprouvette. Elle se tourna vers la classe et toisa fièrement Rogue, puis elle fixa Black... Il paraissait inquiet. Plutôt inhabituel chez lui. Elle ne le quitta des yeux que lorsqu'elle eut vidé d'un trait le contenu du tube de verre et que sa tête bascula en avant. On vit alors nettement son visage se crisper et ses yeux s'agrandir. Son souffle s'accéléra et ses pupilles se dilatèrent. Elle recula brusquement, se heurtant au tableau. Ne pouvant se mettre à l'abri de ce qui l'assaillait, elle s'accroupit et recouvrit sa tête de ses bras, protection dérisoire contre ses propres démons. On l'entendit distinctement sangloter, mais aucun cri, aucune supplication ne franchirent ses lèvres. Malgré la quantité infime de potion qu'elle avait ingérée, la puissance de celle-ci fit durer l'expérience de longues minutes. Lorsque les effets se dissipèrent peu à peu, Adhara se releva, haletante, aidée par le professeur, et, toujours essoufflée, retourna à sa place. Sirius lui présenta son tabouret et l'observa avec inquiétude...
Le cours se termina par quelques commentaires du professeur qui accorda cinq points à Serpentard et à Gryffondor pour la réussite de chaque potion. Lorsque la sonnerie retentit, les élèves sortirent bruyamment. Le Révélateur de Peur était sur toutes les lèvres, et l'expérience d'Adhara dans toutes les conversations. Sirius aida la jeune fille à ranger ses affaires et à se relever.
« Ca va aller ?
- Oui. », répondit-elle dans un souffle. « T'inquiète pas.
- Nooon ! Pourquoi veux-tu que je m'inquiète ?! Tu trembles comme une feuille et si tu pâlis un peu plus, je pourrai voir à travers toi, mais tout va bien. Je m'inquiète pas... ... ... Evidemment que je m'inquiète ! C'est moi qui aurait du y aller à ta place ! Tout ça à cause de ce crétin de Rogue !
- M. Black...
- Excusez-moi, professeur, mais c'est vrai que c'est un crétin !
- M. Black...
- D'accord, d'accord...
- Merci... Miss Adhanegra, je voulais vous féliciter. Ce n'était pas évident de se présenter face à ses propres peurs, et vous avez fait preuve d'une maîtrise de vous-même assez impressionnante. Je vous accorde cinq points supplémentaires pour votre courage.
- Merci, professeur.
- Passez à l'infirmerie si les effets persistent. Et si vous avez des problèmes avec ce que vous avez ressenti, n'hésitez pas à en parler à un professeur. Allez, filez maintenant.
- Merci, professeur. Au revoir. »
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« T'es sûr que tu veux pas qu'on reste avec toi ?
- Non, merci Prongs, je préfère rester seul avec lui. Je veux pas qu'il se sente obligé de faire l'intéressant parce que vous êtes là.
- D'accord, Moony. Tu... tu nous retrouves à la Salle Commune ? », demanda Peter, sans vraiment attendre de réponse.
« OK.
- Heu, moi je vais d'abord passer à l'infirmerie. Il faut que je voie Lily... Je vous retrouve à la Salle Commune après.
- T'abuses James ! Tu me laisses tout seul avec mon devoir de Divination, c'est vache !
- Pete... », soupira Remus, « Depuis trois ans que tu fais de la Divination, t'as toujours pas compris le principe ?! Tu inventes, c'est ça, le secret du Troisième Œil ! Tu crois sérieusement que la Vieille Irma voit quelque chose dans sa boule de cristal avec les culs-de-bouteille qui lui servent de lunettes ?!
- Franchement, tu crois sérieusement qu'elle y voit quelque chose tout court avec ce qu'elle a sur l'pif ?! », renchérit James. « Et puis, t'as pas besoin de nous pour faire tes devoirs. T'as eu tes BUSEs, non ? Ben, c'est que tu peux faire tes devoirs tout seul, alors ! »
Un regard lourd de reproches lui répondit :
« De toute façon, Sirius a raison », grommela-t-il entre ses dents. « Du moment que c'est pour Lily, t'es prêt à dire tout et son contraire...
- Attention à ce que tu dis, Peter...
- Je dis ce que tout le monde pense ! Toi, il n'y en a que pour Lily ; Remus, c'est Tsiu ; et maintenant Sirius avec Adhara ! Vous faites tous chier avec vos copines toutes super intelligentes et super courageuses et super parfaites ! Alors forcément, moi je compte pour du beurre !... Allez, vous inquiétez pas pour ce pauvre Peter, il se débrouillera toujours pour se trouver une petite place chez les loser.
- Pete...
- Non, ça va...
- C'est pas ce qu'il voulait...
- Ouais, ouais, c'est pas ce que James voulait dire, je sais. Pas la peine de prendre sa défense, Moony, il s'en sortira toujours contre moi. Je suis pas de taille à chercher la bagarre, alors il aura toujours le dernier mot...
- Pete...
- Laisse tomber ! J'm'en fous de vos excuses à trois mornilles...
- PETE ! Putain mais c'est pas vrai ! Vous êtes tous bouchés en ce moment ! Je veux bien qu'on soit tous un peu débordés par les événements en ce moment et que chacun ait ses problèmes, mais faut y arrêter là ! Peter, il faut que tu comprennes que même si je t'aime beaucoup et que je te trouve très séduisant, je ne me marierai pas avec toi ! Et les autres non plus ! Chacun doit pouvoir avoir sa vie privée sans que cela provoque la quatrième guerre des Gobelins !... Et James, c'est vrai que Lily par-ci, Lily par-là, y'a des fois c'est lourd... T'as passé trois ans sans te rendre compte qu'elle existait, et maintenant on se demande comment t'as fait pour vivre sans elle... Tolère que tes amis puissent avoir un ras-le-bol de temps en temps sans risquer de se faire mordre à la première remarque... Quant à moi, je ne pense pas vous avoir trop pourri avec Tsiu, mais puisque, apparemment, vous avez à vous en plaindre, je verrai à passer plus de temps avec vous, à conditions bien sûr que cette ambiance de merde bouge ! Parce que pour l'instant, ça donne pas vraiment envie de faire des efforts ! OK ?
- Parfaitement clair, professeur Moony ! On voit que t'as les hormones dans le chignon... Tu donnes dans la morale, maintenant ? Remarque, ça rend pas mal. Il n'y avait pas que du faux là-dedans... Et moi ? Tu ne me conseilles rien pour améliorer la situation ?
- Padfoot...
- En personne. », déclara ce dernier en faisant une révérence jusqu'à terre. « Monseigneur voulait me parler... Je suis à son entière disposition... »
La désinvolture de Sirius eut le mérite de faire baisser le ton de Remus qui avait sérieusement monté en quelques secondes. En revanche, la tension, elle, monta d'un cran. Peter, qui avait semblé au bord de la crise de nerfs alors qu'il étalait ses doléances, s'était calmé net et se faisait maintenant tout petit... Depuis quand Sirius suivait-il la discussion ? L'avait-il entendu se plaindre de sa nouvelle relation avec Adhara ? Wormtail se doutait que le plus sanguin des Maraudeurs le prendrait beaucoup moins bien que James ou Remus... En général, il se montrait beaucoup moins patient avec lui. Mais peut-être n'avait-il rien entendu... Mieux valait ne pas se faire remarquer et attendre que l'orage passe, puisque de toute façon il n'allait pas tarder à éclater...
- Alors ? Tu n'as plus rien à me dire ?
- Oh si, j'aurais des tas de choses à te dire... Mais pas là, pas dans ce couloir... Ce que j'ai à te dire ne regarde personne d'autres que nous deux. Même James et Peter...
- Ah ben, heureusement que nous quatre, c'est à la vie, à la mort ! Qu'est-ce que ce serait s'il y avait des cachotteries entre nous ?!
- Il ne s'agit pas de cachotteries, Sirius, seulement de règlements de comptes personnels qui ne touchent pas les autres. Ils n'ont pas besoin d'être mêlés à ça, au risque de devoir prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Mais si tu as peur de devoir affronter seul les conséquences de tes actes, je ne t'obligerais à rien.
- Ah, Moony ! La provocation ne te va pas du tout... La colère non plus, d'ailleurs. Le problème avec toi, c'est que t'es pas crédible ! Toujours ce calme merlinesque, cette morale, « à trois mornilles » comme dit notre ami Peter, et toujours la réponse à tout sans jamais se tromper sur rien, ni avoir à se battre. T'en serais presque fatigant, tu sais ? Mais vois-tu, malgré ce que tu es, tu restes humain, et tu peux te tromper, comme tout le monde. Et c'est pas ta triste condition qui va te sauver des reproches que tu mérites !...
- Sirius...
- Quoi ? Aurais-tu « peur d'affronter les conséquences de tes actes » ? C'est pas très gryffondorien, ça !
- Sourdinam. C'est bon ? On va peut-être pouvoir aller dans un endroit moins fréquenté pour régler nos comptes, maintenant ? Faut employer les grands moyens avec toi pour arriver à se faire entendre !... »
Laissant Peter et James, ils se mirent en route, non sans une ou deux tentatives de la part de Sirius pour mettre Remus KO. Mais celui-ci restait sur ses gardes, et après avoir marché un moment à travers les couloirs froids de Poudlard, il lui rendit la parole. Etonnement, il n'en profita pas pour l'agoniser d'insultes, il se contenta de l'accabler d'un regard digne de ceux de Narcissa. Lorsqu'ils arrivèrent enfin devant leur salle secrète, celle que Remus avait découverte lors de sa première année et dans laquelle il s'était réfugié lorsque les autres avaient découvert sa lycanthropie, ils s'arrêtèrent un instant. Remus n'était plus vraiment en colère. Seul un grand poids sur le cœur lui faisait sentir que la conversation qu'ils allaient avoir devait avoir lieu maintenant et pas plus tard. D'ailleurs, un seul coup d'œil à Sirius le conforta dans cette idée : il refusait d'avoir à vivre encore deux années de sa vie avec l'un de ses meilleurs amis qui ne cessait de le mettre en danger par ses sarcasmes acides et qui ne se rendait même pas compte de la gravité de la situation. Il prononça le mot de passe qui fit basculer le tableau et s'effaça pour laisser Sirius entrer le premier. A peine Remus eut-il rabattu le cadre que la dispute éclata :
- Non mais pour qui tu te prends ?! Tu crois que tout t'es permis parce que t'es pas dans ta bonne semaine ?! Chui pas ton jouet !!! Tu ne me feras pas taire comme tu voudras ! Personne ne me fait taire malgré moi, tu entends ?! PERSONNE !!!
- Je suis désolé, Sirius, mais tu sais très bien que c'était la seule façon. J'ai essayé de te le faire comprendre calmement, mais tu semblais avoir perdu le sens commun.
- Joue pas au plus fin avec moi, Lupin ! Tu veux quoi exactement ? La guerre ?
- Tu sais très bien que non...
- Alors tu veux quoi ?!
- Je veux comprendre ce que tu me reproches si violemment depuis une semaine...
- Ah, ça te va bien ça ! Jouer les sages et laisser les gens parler ! C'est tellement plus facile de répondre après, hein ?!
- Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse, bordel ?! Que je te laisse gueuler sur tous les toits que je suis un Loup-garou alors que j'essaye soigneusement de le cacher depuis toutes ces années !? Qu'est-ce qui te prend de me faire ça alors que t'étais le premier, il y a six ans, à expliquer à Peter qu'il fallait garder le secret, que rien ne pouvait justifier que l'on me dénonce quand Dumbledore avait donné son accord pour que je puisse mener une scolarité normale, quand vous avez tous décidé de... de... de devenir ce que vous êtes devenus pour m'accompagner ces soirs-là !? Je comprends pas, Sirius ! Je comprends pas ce que j'ai fait pour que tu me détestes à ce point ! Pourquoi veux-tu détruire ma vie comme ça ?!
- C'est un peu facile de rejeter la faute sur moi ! Et ça te vient pas à l'esprit que le premier à t'avoir mis en danger, c'était toi !?
- Moi ?!
- Oui, toi ! Dans le train... Préférer aider ces... ces... ces pimbêches qui n'hésiteraient pas à te dénoncer alors que nous, on t'a toujours soutenu. Tu nous as trahi ! Tu nous as menti ! Tu t'es fichu de nous ! Pour elles... ! Pour elle...!
- Mais... Mais c'était injuste ! C'était pas à cause d'elles ! C'était la faute à pas de chance ! Je vois pas pourquoi tu t'acharnes sur elles...
- Tu vois pas ? Tu vois pas qu'elles apportent que le mal autour d'elles ! Elles jouent avec vous, et vous, vous vous laissez mener par le bout du nez, James et toi. Et vous nous laissez tomber, vous laissez tomber le Serment pour des personnes qui se foutent de votre gueule ! Elle en a rien à foutre de James, Lily ! Et Tsiu, elle en a rien à foutre de toi, comme elle en avait rien à foutre de moi !
- Alors c'est ça !... Tsiu te plaque, il y a quatre ans, et maintenant qu'elle s'intéresse à moi, tu t'en souviens et tu me le fais payer à moi ! Et tu considères Lily comme ça parce que c'est sa meilleure amie et qu'elle rejette James ?!... T'as foutu tout ce bordel pour ça ! T'as mis en danger notre amitié et ma vie, pour une simple histoire de fierté mal placée et de jalousie ?!!
- ... ... Comment ça, moi j'ai mis en danger notre amitié ? Moi, je l'ai mis en danger en même temps que ta vie ? Mais t'as pris l'Express en marche, toi ? Comment est-ce que moi j'aurais pu alors que vous... vous…! Oh, et puis laisse tomber, de toute façon tu peux pas comprendre…
- Je peux pas comprendre ?! Ah oui, c'est vrai, il est trop bête le Loup-garou ! Trop bête pour se rendre compte que c'est la première fois qu'il se sent aussi heureux en présence de quelqu'un depuis sa première année ici, à Poudlard... ! Il est trop bête pour comprendre que tu as peur de rester tout seul parce que t'es incapable de vrais sentiments ; que tout ce qui compte pour toi, c'est cavaler et t'amuser, mais que dès qu'il s'agit de sérieux, y'a plus personne ! Il est surtout trop bête pour pouvoir imaginer, ne serait-ce qu'une seule seconde, qu'une fille qui a pu résister à ton charme, pourrait trouver quelque chose d'intéressant chez lui ! Sans parler de son manque total de « crédibilité » ! Comment croire un Loup-garou ?! Comment lui faire confiance, hein ?! C'est vrai, on sait jamais ! Après tout, c'est jamais qu'une bête, hein !? HEIN ?!... Rien qu'un monstre, après tout...»
Sa voix se brisa sur un sanglot...
- C'est pas vrai, Moony !... J'ai jamais dit ça !
- Non mais tu l'as pensé...
- J'te jure que non. Moony... Combien de fois faudra-t-il que je te le répète : t'es pas un monstre, t'es mon ami. Je veux pas qu'elle te fasse du mal, c'est tout... Qu'elle nous fasse du mal... ... ... Allez, te mets pas dans cet état-là... ... ... Arrêteuh, tu vas me faire verser ma larme... ... ... Putain, Moony, arrête, je vais plus rien y voir !... »
Remus écorcha un sourire devant les efforts de Sirius pour se faire pardonner et pour faire retomber toute la tension qui s'était accumulée depuis une semaine. Il rit même franchement quand ce crétin de grand séducteur fit apparaître un miroir et lui déclara en lui tendant, qu'avec la tête qu'il faisait, même la chouette de McGo ne voudrait pas de lui. Lui retournant le compliment, le jeune loup plaça à son tour le miroir à deux centimètres du nez de son ami qui manqua s'étouffer... Une accolade fraternelle finit de sceller cette nouvelle paix entre les deux garçons.
« J'te préviens, c'est pas une raison pour nous saouler avec Tsiu comme James le fait avec Lily...
- ...
- Et me demande pas d'être aimable avec elle !
- Oh... Peut-être pas d'être aimable, mais... moins désagréable...
- Hey !... En demande pas trop non plus, hein... »
Après avoir vérifié que personne ne traînait dans le couloir, ils sortirent de la salle et se dirigèrent vers la Tour de Gryffondor, comme de vieux amis qu'ils étaient... Ils ne remarquèrent pas la silhouette sombre qui les suivaient attentivement du regard...
- Il va falloir parler à Peter, maintenant...
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ?
- T'as pas entendu la crise qu'il a fait ?
- Heu... La fin seulement... Je venais de laisser Adhara à l'infirmerie après manger... Elle se sentait pas bien avec cette connerie de potion.
- Belle réussite, d'ailleurs !
- Mieux que vous, ça c'est clair ! Comment vous avez fait pour faire exploser un chaudron avec une potion réussie ?!
- Hum... Et bien... Disons que... On s'est dit que ça pourrait être marrant de voir les effets qu'elle aurait sur les gens, voire mélangée avec d'autres philtres... Ce qu'on avait pas prévu, c'est que ce serait nous qui servirions de cobayes...
- Très belle déclaration de Peter, ma foi !
- Tu trouves aussi !...
- Pas aussi intéressante que ta démonstration de farandole avec Rogue, mais...
- Certes... », admit Remus en rougissant au souvenir de la scène. « D'ailleurs en parlant de Rogue, c'est ce saligaud qui a poussé Adhara à bout...
- M'en parle pas ! Ce con était déjà venu la chercher au début du cours ! J'ai pas tout compris à ce qu'ils se sont racontés, mais c'était à baguettes tirées ! Ca a mis Adhara dans un état ! J'ai cru qu'elle allait le bouffer...
- Si tu pouvais éviter les détails croustillants dans ce genre...
- Oh, mille excuses, très cher !
- Vous êtes tout pardonné.
- Enfin bon, c'était bizarre. Ils parlaient pas ouvertement... Rogue l'a menacée de quelque chose, elle a dit qu'il lui faisait pas peur et qu'elle en connaissait un rayon sur le sujet, et elle l'a dégagé. Mais elle était toute bizarre après...
- Si tu veux mon avis, elle cache quelque chose...
- Ouais, comme beaucoup de gens à Poudlard, d'ailleurs...
- Si tu parles de moi !...
- Non, non ! Pas seulement... Mais si on réfléchit bien, y'a pas une famille de sorciers qui n'ait pas son secret, petit ou grand...
- Je vois pas à quoi tu fais référence...
- Bah, je sais pas trop... Avec toutes ces histoires de Magie Noire... Y'a toujours des trucs pas clairs chez les gens... Regarde ce taré de Voldemort...
- Je suis pas sûr de bien comprendre où tu veux en venir...
- Ouais, ben, pour une fois...
- ... Tu n'as rien à me dire de plus, Padfoot ?
- Non, pourquoi tu demandes ça ?
- Pour rien... T'es bizarre des fois... On dirait que tu caches des choses...
- Non, non.
- Ah...
- Bon, qu'est-ce qu'on fait, on va rejoindre Pete ou on va embêter James à l'infirmerie ?...
- Tu poses la question et tu oses te prétendre Maraudeur ?!... »
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Bon, ben finalement on y arrive! Désolée si je me suis fait désirer, quand on se laisse déborder par les cours, les partiels, la vie de famille et la vie privée, il reste peu de place pour un passage aussi complexe... Le prochain chapter est en cours, mais il risque de se faire attendre un peu aussi, donc pas de soucis, je vous oublie pas, et j'oublie pas non plus de réfléchir à tout ça !
J'espère qu'au moins ce chapter vous aura plu... C'est le plus long que j'ai écrit pour l'instant...! J'en suis plutôt fière ! Un grand remerciement à mon béta-reader, l'Archange Saint Chris Redfield dont la réputation n'est plus à faire et dont les grandes ailes et les yeux verts sont mondialement connus ! Sans lui, ça aurait été une méga cata !
De gros bizouxxx à tous ceux qui m'ont soutenu...
Fée
PS : Une tite review ???
