Menés à la baguette :
DISCLAIMER : Les personnages de cette fic ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de JK Rowling et de Titou Moony. Certains passages sont également extraits de la fic de Fred et George, Parfois les Serdaigle aussi sont courageux.
SPOILER : Les cinq tomes de JK Rowling PLUS le sixième tome, mais discrètement. Rien qui ne gâchera la surprise en tout cas…
RESUME : La première soirée de retenue s'est passée sans trop d'éclat pour Lily et James, sous l'œil attentif du professeur McGonagall. James y voit un encouragement, Lily une torture… Le week-end commence…
RAR :
Bon, ça y est, je suis de retour… Je sais, j'ai mis trois mois et demis pour vous pondre une suite, mais ça n'a vraiment pas été facile de prendre une décision… J'avoue que c'est la review d'Ana qui m'a aidé à choisir et à me remettre au boulot… Ca fait bien deux mois et demis que la première moitié de ce chapter est écrit, mais je ne savais pas si je devais continuer à vous abreuver de détails, ou si je devais raccourcir et pratiquer un peu plus l'ellipse de temps… Mais comme il est apparu que vous aimez la consistance que je donne à tous mes personnages, et les détails qui vont avec (Ladybird et Ana), j'en ai profiter pour aborder plusieurs sujets épineux, dont la fameuse situation politique qui manquait tant, n'est-ce pas Ana ?
Guézanne, toi qui aime bien les discussions entre filles, ou entre garçons, en voilà quelques unes qui devraient te plaire… Je sais que les petites conversations pleines de piques vous plaisent (Cla.Remus02, Ladybird, Lisalune, et Fenice), à moi aussi, et j'avoue que je m'amuse follement à les écrire… même parfois un peu trop, j'en oublie que j'ai des lecteurs, et je laisse traîner des énormités… Ne vous en formalisez pas, mais signalez les moi, que je puisse les corriger…
Pour Titliloo, Lily a passé cinq jours à l'infirmerie pour guérir. Elle a cessé de ressembler à un caméléon dès qu'elle a prit sa potion en arrivant à l'infirmerie, et elle à reprit ses vraies couleurs au fur et à mesure qu'elle a recouvré son énergie magique. Il faut imaginer que si un sorcier a d'autres capacités que les moldus, ils ont un inconvénient en plus, ils sont dépendants d'un autre fluide vital, en plus du sang, l'énergie magique. S'ils s'en vident, ils s'épuisent, jusqu'à un point de non retour. D'où le danger et la frayeur de McGo et Pomfresh, et la sévérité de la punition…
Merci à Kritari et à l'Archange Chris de continuer à lire cette histoire…
J'avertis d'ores et déjà les lecteurs que la deuxième partie de ce chapter est complètement déjantée ! Je me suis fait un petit plaisir personnel en inventant un personnage pathétique à souhait et en le caricaturant au maximum… Pour cela, le ton du texte a du être changé, et s'il parait bizarre de trouver du tragi-comique dans cette fic, n'en soyez pas inquiétés, ça ne devrait être que passager…
Chapter 15 : On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans…
La journée du samedi fut consacrée aux devoirs pour les garçons de sixième année de Gryffondor, car la Pleine Lune annonçait une nuit blanche qui laisserait peu de place à la réflexion le lendemain.
Bien que les BUSEs soient passés et que les ASPICs ne viennent qu'un an plus tard, l'année avait commencé sur les chapeaux de roue. Avec la spécialisation de chacun dans les matières où les notes requises avaient été obtenues, les emplois du temps paraissaient peu chargés, mais c'était sans compter sur les travaux approfondis réclamés par les professeurs.
Presque chaque cours se soldait par un devoir écrit de plusieurs rouleaux de parchemin et par un entraînement intensif pour les sorts, potions et incantations du jour. Aussi, les moments libres étaient-ils plus rares que ce que l'on pouvait imaginer… C'était ce que semblait penser Sirius en ce début d'après-midi.
« Padfoot, arrête de soupirer dès que tu as écrit une ligne ou je te jette un sort d'allégresse ! » grogna James, qui peinait lui-même à écrire sa conclusion sur les antidotes aux poisons curariens.
« Facile à dire ! Toi, tu n'as pas pris l'option Etude des Moldus, et tu n'as pas à te farcir des sujets aussi débiles que Les Tics et Manies : étude comparée des mœurs moldues et sorcières. »
« Te plains pas : De 1258 à nos jours : sept siècles de cohabitation avec les Gobelins, ça te parle mieux ? » surenchérit Remus sans lever le nez de son quatrième rouleau de parchemin.
« Quelle idée, aussi, d'avoir gardé Histoire de la Magie ! »
« Figure-toi, mon cher Padfoot, que les concours d'entrée aux CEPES nécessitent une culture générale irréprochable. »
« Les cèpes ? » demanda une touffe de cheveux blonds qui émergea de derrière une pile de livres assez conséquente pour réaliser une maquette de Poudlard à l'échelle ¼. « Il faut un diplôme pour aller aux champignons ! »
« Centre d'Etudes pour Professions de l'Enseignement Sorcier, Peter… CEPES… »
« Drôle de nom… et puis, de toute façon, ça fait des années que je ramasse des champignons sans autorisation, alors leurs CEPES, ils peuvent se les… »
« Pete ! »
« Bah, quoi ? »
« Rien, laisse tomber », soupira Remus en replongeant dans son devoir. « J'ai pas le temps pour des explications à la con ! »
Ses trois amis se lancèrent des regards suggestifs : à l'approche de l'heure de sa transformation, le jeune loup-garou devenait assez susceptible et peu enclin à la conversation. Chacun se re-concentra donc sur sa copie en espérant sans grande conviction que l'année soit moins chargée…
oOoOo
De l'autre côté de la Salle Commune, un groupe de filles de quatrième année jetait des regards éperdus vers la table des garçons en chuchotant frénétiquement. Elles s'adressaient visiblement à l'une d'entre elles qui se rongeait les ongles depuis une demi-heure :
« Allez vas-y… »
« Mais qu'est-ce que t'attends, Laetis ! »
« Non, il a du m'oublier… »
« Mais bien sûr que non, tu vois bien qu'il n'ose pas faire le premier pas ! Allez, vas-y, fonce ! »
« Dépêche-toi ! Il est déjà deux heures et demi… »
La jeune fille prit son courage à deux mains et se leva d'un coup, raide comme la justice. Elle prit une grande inspiration… et se rassit aussitôt, rouge comme une souaffle.
« Il fait ses devoirs, je ne peux pas le déranger ! »
« Mais bien sûr que si… » s'impatienta une fille du nom d'Eugénie qui avait un air particulièrement méprisant. « Allez, file avant que j'y aille à ta place ! »
Cette perspective remit Laetis debout…
Nouvelle inspiration…
Concentration…
PAF !
« Et cesse de te ronger les ongles, c'est pas sexy ! »
« Mais Eugénie… »
« Pas de mais qui tiennent ! » Et elle la poussa dans le dos sans ménagement, pour la faire avancer.
Un pas…
Deux pas…
Demi tour en catastrophe…
« Et s'il ne veut plus ! » objecta Laetis d'une voix haut perchée par l'angoisse.
« Impossible ! Ce ne serait pas correct, et tout le monde sait qu'il est parfait ! Il ne peut pas refuser… » rejeta catégoriquement Eugénie. « En plus, la préfète n'est pas là, alors il ne risque pas d'être distrait par cette garce… Tu ne veux pas attendre qu'elle arrive, n'est-ce pas ? »
« Non, non ! Mais… heu… Tu sais… Je ne suis pas sûre que la préf… »
« Bon, ben j'y vais à ta place… »
Incrédule, Laetis vit cette brune de quatorze ans, très sûre d'elle malgré son visage constellé de boutons savamment camouflés sous une épaisse couche de maquillage, se lever et déhancher ses bourrelets à travers la Salle Commune. Elle venait de perdre sa chance auprès de James Potter.
Mais soudain, comme au ralenti, le portrait de la Grosse Dame bascula pour laisser entrer LA préfète de Gryffondor, la préfète DES sixième année… Le visage bovin d'Eugénie se tourna vers la porte et ses yeux s'agrandirent de stupeur. Elle jeta un regard désespéré à ses amies, perdant d'un seul coup de sa superbe. La situation était tragique : seule, debout au milieu de la Salle Commune, trop loin de son siège pour se rasseoir sans être vue, et trop près des Maraudeurs pour pouvoir prétendre aller autre part, elle était coincée.
La suite repassa en mode accéléré : optant pour une solution de repli, elle effectua un demi-tour plus rapidement que si elle avait eu un dragon à ses trousses, et elle battit en retraite, courant lourdement s'affaler sur le canapé. Son brusque mouvement avait attiré l'attention de toute la Salle, y compris les regards de la préfète et de James. Elle poussa un ululement de désespoir avant de s'enfuir vers son dortoir.
Laetis réprima un geste de victoire qui aurait attiré sur elle les foudres d'Eugénie et des tourments sans nom, mais elle remercia tout bas Merlin pour cette nouvelle chance qui lui était accordée.
James était retourné à ses occupations, mais la préfète les regardait toujours, désappointée. Puis elle fronça les sourcils et fondit sur la table des Maraudeurs où elle apostropha Potter. La suite de la discussion fut perdue, mais aux nombreux regards furieux que la flamboyante rousse jetait vers elles et au doigt accusateur qu'elle pointait vers les dortoirs des filles, Laetis crut comprendre qu'Eugénie avait définitivement perdu sa chance.
La menaçante préfète finit par lever les yeux au ciel, et elle se dirigea vers son dortoir en ignorant royalement le reste des élèves. Jugeant le moment propice — si son idole avait été rejetée par Evans, elle pourrait toujours la consoler — Laetis se leva, et, sans rien demander à personne, se dirigea le plus naturellement qu'elle put vers la table des Maraudeurs… non, en réalité, vers James Potter.
« Heu… James ? » murmura-t-elle, beaucoup moins sûre d'elle une fois arrivée à destination.
Pas de réponse.
« James ? »
« James, je crois que quelqu'un d'autre veut te parler ! » avertit sombrement le préfet Lupin sans lever les yeux de son parchemin.
Visiblement, James ne l'avait pas entendue arriver…
« Oui ? » demanda-t-il sans se retourner.
« Heu… En fait… C'est parce que tu te souviens… L'autre soir… Tu veux bien qu'on fasse ce qu'on avait dit ? »
Alerté par le bredouillement sans queue ni tête, James se retourna :
« Ah, heu, Bérénice, c'est ça ? »
« Non, Laetis… »
« Ah oui, c'est vrai. Joli nom… »
« Merci, c'est ma Maman qui… »
Le fou rire que Sirius ne prit même pas la peine d'étouffer épargna à James la suite des explications.
En revanche, l'ombre qui passa sur le joli visage de la jeune fille lui fit presque regretter de vouloir annuler le cours supplémentaire qu'il lui avait promis.
C'est à ce moment-là qu'il vit Lily Evans redescendre du dortoir des filles, un énorme grimoire sous le bras. Elle venait de lui passer un savon parce qu'il avait — soi disant — intimidé une jeune fille qu'il n'avait même jamais remarquée. Comme il lui avait répondu qu'elle n'avait qu'à sortir avec lui si elle voulait qu'il arrête d'importuner les jeunes filles, elle l'avait — une fois de plus — envoyé paître au nom de son orgueil démesuré auquel s'ajoutait cette fois-ci la détestable qualité de maître chanteur.
La jolie rousse s'apprêtait à ressortir de la Salle Commune et allait passer devant lui. Il saisit Laetis par la taille, attrapa sa baguette posée sur la table, et il coupa la trajectoire de Lily en disant d'une voix claire que tout le monde put entendre :
« Mais bien sûr que je veux bien faire ce que nous avions convenu l'autre soir. Comment aurais-je pu oublier ! Je suis entièrement à ton service, ma chère Candice ! Je nous ai trouvé une salle très confortable, tu vas voir… »
« Heu… Laetis… »
« Ah oui, c'est vrai… Joli nom… »
Et le portrait de la Grosse Dame se referma sur eux, laissant une Lily Evans estomaquée en plein milieu de la Salle Commune.
Derrière elle, Sirius laissa éclater un rire tonitruant tandis que Remus secouait la tête en soupirant : « Désespérant… »
oOoOo
« Non, mais quel abruti ! »
« Qu'est-ce qui te gène le plus, Lil' ? » demanda Adhara sans lever les yeux de son grimoire. « Qu'il s'intéresse à ces filles, ou qu'il ne s'intéresse pas à toi ? »
« Bien sûr que si, il s'intéresse à moi, puisqu'il a encore essayé de me mettre le grappin dessus ! » riposta la jeune fille en éludant la question. « Tu crois qu'il pensait sérieusement m'avoir avec cette stupide histoire de chantage ? »
« Si t'en as rien à faire, laisse courir… Il finira bien par se fatiguer. Ma grand-mère disait toujours : « L'indifférence est le plus grand des mépris ». Si tu arrêtes de lui crier dessus à tort et à travers, il cessera ses pitreries pour attirer ton attention, et toi, tu ne te mouilles pas… »
« Mouais… »
« Je t'assure, Lil', il faut que t'arrêtes de te faire du mourron pour ce crétin ! Tu fais exactement ce qu'il attend de toi… »
« Moi ! Ca risque pas ! »
« Bien sûr que si… Il passe son temps à inventer connerie sur connerie pour que tu le remarques… »
« Ca, pour le remarquer, on le remarque… » grommela la préfète de Gryffondor.
« Et toi, non seulement tu marches, mais tu démarres au quart de tour ! Et en plus tu y penses même quand il n'est pas là… Faut que t'arrêtes, ma Vieille ! »
« Eh, oh ! Vieille toi-même… »
« Et en plus son humour déteint sur toi… Parfois j'ai l'impression d'avoir Black en face de moi quand je te parle… »
« Ah… c'est pour ça que tu es venue me chercher à midi ? Black te manquait, mais tu n'osais pas aller le voir… C'est gentil, ma Chérie, je suis flattée. »
« Hum… je crois qu'on s'éloigne de l'Arithmancie, là. »
« C'est ça, change de sujet… » sourit Lily, goguenarde.
« Un peu moins de bruit par là-bas… Mesdemoiselles, une bibliothèque n'est pas un salon de thé ! »
« Désolées, Ms Pince ! » s'excusèrent les deux jeunes filles en réprimant un éclat de rire.
Puis elles se remirent au travail.
Elles furent bientôt rejointes par Tsiu :
« Salut les filles… » soupira-t-elle en se laissant tomber sur une chaise à leur table. « La forme ? »
« Chut, parle moins fort… On s'est déjà faites repérer par le Dragon… » chuchota Lily, un doigt sur la bouche et un regard en coin vers la bibliothécaire.
« Ah, la poisse… Moi qui avait un truc à te dire… » chuchota-t-elle à son tour.
« Ah oui ? Quoi ? »
« Tu sais que j'ai commencé à donner des cours d'Enchantements à deux, trois Serdaigle de deuxième année ? »
« Oui, et au fait, ça s'est bien passé ? »
« Pas trop mal, mais il y a vraiment du boulot ! » répondit-elle en commençant à sortir ses affaires. « Bref, on était dans une petite salle sympa près de la Tour d'Astronomie quand quelqu'un a déboulé dans la pièce en rigolant… Devine qui c'était… »
« Hum… Laisse-moi deviner », interrompit Adhara d'un air inspiré… « Il est brun, binoclard, coiffé comme le balai sur lequel il monte pour voler après une baballe dorée, et il a une gamine de quatorze ans pendue à son bras ? »
« Heu…à peu de choses près… T'étais là ? »
Adhara transforma le fou rire qui la saisissait en quinte de toux sous l'œil perplexe de Tsiu et le visage boudeur de Lily.
« Ben, quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? »
« Rien, laisse tomber », grogna Lily. « Potter-l'Enquiquineur a encore fait son cirque tout à l'heure dans la Salle Commune quand je suis allée chercher mon grimoire d'Arithmancie. Et comme j'ai encore refusé de céder à ses caprices d'enfant pourri gâté, il a décrété qu'il allait sortir avec une gamine à peine pubère… »
« Hum… Du Potter tout craché… »
Un claquement de talons sur le parquet de l'antique bibliothèque les avertit du danger imminent : les trois jeunes filles plongèrent la tête dans leurs livres et parchemins respectifs avant de voir arriver une bibliothécaire furieuse à la recherche de fauteurs de troubles…
oOoOo
Un peu plus tard, l'heure du dîner approchant, elles rassemblèrent leurs affaires et sortirent discrètement de la Bibliothèque.
« Bon, ce sera toujours ça en moins à faire ! » soupira Lily. « Y'a vraiment trop de boulot cette année ! Qu'est-ce que ça va être l'année des ASPICs ! »
« Et encore… Vous avez pas encore été voir le tableau d'affichage ? » demanda la préfète de Serdaigle, plus pour confirmation qu'autre chose.
Cette entrée en matière inquiéta la Serpentard comme la Gryffondor.
« Quel tableau d'affichage ? » s'enquit Adhara.
« Celui qu'ils ont fait apparaître dans le Grand Hall… » annonça Tsiu, faisant durer le suspense. « J'ai le plaisir de vous apprendre… que les sixième année commenceront dès le week-end prochain… les leçons de transplanage ! »
« Woaw ! Génial ! » s'écria Adhara. « Enfin quelque chose qui va nous servir ! »
« C'est vrai que ce sera plus pratique que la poudre de cheminette ou le Magicobus, mais j'imagine que ça doit être super dur… » s'inquiéta Lily.
« Pas tant que ça… Il paraît que c'est juste une question de concentration… Enfin, c'est ce que m'a dit Remus… » ajouta Tsiu en rougissant.
« Remus ? Remus sait transplaner ! Mais comment est-ce possible ? » s'exclama la préfète de Gryffondor, visiblement vexée de ne pas savoir ce qui se passait dans sa propre maison. « Et puis, il n'a pas l'âge réglementaire ! »
« Nous non plus… C'est juste que vu les temps qui courent, ses parents ont préféré qu'il sache, au cas où… Même si techniquement on n'a pas le droit, il y a toujours des exceptions pour les cas de légitime défense… Apparemment, les professeurs pensent la même chose puisqu'ils ont décidé de nous l'apprendre… »
« Ca va si mal que ça, dehors ? » demanda Lily que ses origines moldues tenaient éloignée de la vie politique sorcière durant les vacances.
« Plutôt, oui », répondit Adhara, relativement calée en la matière. « Même si les journaux essayent de minimiser un peu les choses, les sorciers commencent à s'inquiéter. Il y a de plus en plus de meurtres, particulièrement dans les familles d'ascendance moldue. Mais comme le gouvernement actuel n'est pas franchement pour l'ouverture de la Communauté sorcière aux Moldus, il fait la sourde oreille. »
« Mais… Mais pourquoi les familles d'origines moldues plutôt que les autres ? »
« Pourquoi ? Mais parce que les Neuf Familles n'intéresse pas ces détraqués… »
« Les Neuf Familles ? »
« Tu sais bien, Lil'… » coupa Tsiu. « Je t'en avais parlé… Les Neuf Familles de Sangs Purs — et accessoirement les plus riches aussi — qui garnissent régulièrement les rangs de l'élite politique sorcière. »
« Mouais, c'est bien compliqué, votre truc… Moi, la politique… »
« Il faudra bien que tu t'y intéresses un peu, parce que, que tu le veuilles ou non, tu es directement concernée par l'autre timbré de Voldemort… » la sermonna Adhara, décidément très au fait.
« Vol de mort ? C'est débile comme nom ! Et il se prend pas pour de la merde… Encore un Potter bis ! »
« Pfff, t'es indécrottable, Evans ! Quel que soit le sujet de la conversation, tu en reviens toujours à Potter… Et après tu oses nous dire que t'en as rien à faire de lui… ! »
« Adhara marque un point, Lil'… T'es pas sérieuse… » constata Tsiu, avec une impartialité déconcertante.
« Ben allez-y, dites tout de suite que je suis raide dingue de lui, tant que vous y êtes ! »
« Qui ? Nous ? On oserait pas… » firent les deux jeunes filles en chœur, un grand sourire aux lèvres avant de s'enfuir en courant, poursuivies par les foudres de la flamboyante rousse.
Ainsi abandonnée par ses amies dans le couloir, c'est d'une humeur massacrante que la préfète de Gryffondor se décida à retourner à sa Salle Commune pour poser ses affaires avant d'aller dîner… La politique lui était complètement sortie de la tête, et seul Potter-le-Bourreau hantait son esprit… Elle allait encore devoir le supporter toute la soirée pendant leur retenue.
Ce qu'il avait été agaçant, la veille ! A toujours vouloir se mettre en avant, et faire le beau. Si son ego le poussait à être utile, encore, pourquoi pas… Mais sa tête était tellement enflée, que Lily était sûre qu'il ne parvenait même pas à voir ses pieds… alors des gens qui auraient besoin d'aide… Mais forcément, quand on naissait dans une de ces fichues Neuf Familles, ça devait être facile de vivre sans se préoccuper de la détresse des autres. Que savait-il de la menace qui planait au-dessus des Moldus et des Sangs Mêlés, lui qui avait le sang si pur qu'il se promenait dans Poudlard avec sa Cour comme un Roi dans son domaine ?...
C'est dans cet état d'esprit que Lily Evans donna le mot de passe au portrait de la Grosse Dame et qu'elle s'engouffra dans le passage, telle une furie. Aussi, quand elle fut bousculée par un Remus Lupin qui sortait en courant de la Salle Commune suivi de près par Sirius Black, sa colère éclata :
« POTTER ! »
« Oui, ma douce ? »
« TU ES TELLEMENT INSUPPORTABLE QUE MÊME TES INSUPPORTABLES AMIS NE PEUVENT PLUS TE VOIR ! QU'EST-CE QUE TU AS ENCORE FAIT ! »
« Moi ? Mais rien du tout… Remus ne se sentait pas bien, il est parti à l'infirmerie… »
« Et toi, bien sûr, tu ne l'accompagnes pas… Bien trop égoïste pour t'inquiéter d'autre chose que de ta propre petite santé ! » cracha-t-elle haineusement en baissant malgré tout la voix.
Seul le silence répondit à son mépris : Potter, pâle comme le fantôme de Sir Nicholas, serrait les dents au point de faire saillir les os de sa mâchoire. Il plia ses affaires d'un coup de baguette rageur et, jetant son sac sur l'épaule, il s'engagea dans le passage vers le portrait de la Grosse Dame. Arrivé à hauteur de la préfète, il s'arrêta, tremblant de colère, et la toisa. Il semblait sur le point de parler, mais il se contenta de lui asséner un regard si méprisant qu'elle en baissa la tête. Le portrait claqua derrière lui, laissant une Lily déconcertée dans le hall, sous les regards réprobateurs des autres élèves :
« Ben quoi ? Y'a que la vérité qui blesse… »
Décidément, non, on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans…
Voilà pour ce quinzième chapter… Qu'en pensez-vous ? Faut-il me lapider tout de suite, ou d'abord me clouer nue au pilori de couleurs, exposée pendant trois jours et trois nuits aux insultes et tomates pourries du peuple ?J'attends votre sentence avec humilité…lol !
