Menés à la baguette :


DISCLAIMER : Les personnages de cette fic ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de JK Rowling et de Titou Moony. Certains passages sont également extraits de la fic de Fred et George, Parfois les Serdaigle aussi sont courageux.

SPOILER : Les cinq tomes de JK Rowling PLUS le sixième tome, mais discrètement. Rien qui ne gâchera la surprise en tout cas…

RESUME : Le samedi après-midi est riche en éclats. Les hormones provoquent de curieuses réactions entre les Maraudeurs, mais aussi chez les jeunes filles de tout âge… Très vite, la dispute éclate entre James et Lily, et cela dégénère rapidement…


RAR :

Bon, j'ai un peu forcé la dose avec ce dernier chapter… J'avoue, je me suis laissée aller à la paresseuse caricature… Mais là où le bât blesse, c'est qu'en vous prévenant de cette caricature, je ne pensais pas au même personnage que vous… Fée pratique le suicide littéraire Je pensais surtout au personnage d'Eugénie qui m'a servi de défouloir : je n'ai rien contre les jeunes filles bien dans leur peau malgré les ingratitudes de la puberté… juste contre les Eugénie qui m'ont pourri la vie et qui correspondent plus ou moins à cette description ! Voilà, c'est dit… Seulement en lisant vos reviews, j'ai découvert — ô horreur ! — que ma Lily est tellement caricaturale dans ses réactions que mon Eugénie est passé pour un ange de sincérité… Alors mea culpa, chers lecteurs, je défends ma Lily dans ce chapter-ci… Fenice, par pitié, ne me dit pas que cette Lily-ci te déplaît encore trop pour que tu puisses apprécier cette fic, ou je la suicide pour le bien de mon orgueil d'auteur… lol !

Sinon, ce chapter a fait référence à de la grande littérature : Guézanne et mon Baratineur y ont bien sûr reconnu le Rimbaud de ma jeunesse, mais Guézanne a réussi l'exploit de faire le syncrétisme entre les CAPES moldu, les CEPES sorciers, les Cèpes moldus et Astérix et les Jeux Olympiques dans lequel Obélix fait une fixation sur les omelettes aux champignons, un peu comme Peter… Félicitations, il a fallu que je relise tous mes Astérix avant de retrouver la citation…

Guézanne et le Baratineur voient Lily dans sa ligne de conduite habituelle, en total désaveu des qualités de James… ça pourrait changer incessamment sous peu… Tandis que kritari voit deux crétins qui se cherchent et s'évitent au mauvais moment… Dans tous les cas, ça vous a agacé…

Le Baratineur voit pourtant pas mal de traces de maturité dans les comportements… C'est peut-être ça qui va faire bouger les choses…

Baratineur, Ladybird, Guézanne (et même Lisalune qui a eu la flemme de citer ce qu'elle a préféré…) ont bien aimé les dialogues entre jeunes, entre filles, entre garçons… Moi aussi… Attendez un peu de voir le peu qu'on trouve dans ce chapter-ci… Ca vaut son pesant de cacahuètes…

Pek a adoré… Je l'en remercie… Ca fait chaud au cœur.


Chapter 16 : Hormones…

« Vous êtes en avance Potter. Que vous arrive-t-il ? Ce n'est pas dans votre genre de faire des excès de zèle… »

« Professeur, je voudrais savoir s'il est nécessaire que je fasse ma retenue en même temps que Lily Evans… »

La directrice de Gryffondor fronça les sourcils. La question était directe et surprenante de la part de son meilleur élève…

« Hé bien, dans l'absolu, non. Mais puisque vous aviez décidé de la couvrir, je pensais qu'il était juste qu'elle vous accompagne pendant vos heures de retenues… Cependant, si ce revirement n'annonce pas de plaisanteries d'un goût douteux, j'imagine que je ne verrais aucun inconvénient à ce que vous fassiez cette retenue séparément. »

« Je vous promets qu'il n'y aura aucune plaisanterie envers la préfète ce soir », répondit solennellement James, en regardant son professeur dans les yeux, plus sérieux que jamais.

« Ce soir… et les autres soirs aussi, bien entendu… »

« Bien entendu, professeur. »

« Hé bien, il est six heures et demie. Sachant que le dîner est à sept heures, je ne sais trop quoi vous donner pour si peu de temps… »

« Ca ne me dérange pas de continuer pendant le dîner, du moment que je n'ai pas à rencontrer la préfète… »

« Potter… Vous m'inquiétez… Puis-je savoir ce qui se passe avec Miss Evans ? »

« Un simple différend, professeur, mais rien qui doive vous inquiéter, rassurez-vous. Je préfère juste ne pas avoir à travailler en trop étroite collaboration avec elle. »

Après un court silence durant lequel la directrice de Gryffondor jaugea son élève et sa capacité à créer des ennuis avec la préfète de sa maison, il fut décidé qu'il corrigerait quelques copies de première année avec son professeur de Métamorphose, et que quand viendrait l'heure du repas, il commencerait à effacer les graffitis sur les tables de la salle, et ce jusqu'à ce que le professeur revienne de la Grande Salle.

La correction des copies avait au moins l'avantage de lui occuper l'esprit. Les âneries que pouvaient débiter les première année auraient fait exploser de rire n'importe quel épouvantard. En réalité, ce fut même l'exercice le plus difficile de la punition : il n'était pas évident de se contrôler quand on lisait que pour transformer un verre d'eau en verre de rhum, il fallait avoir vidé le verre d'eau et acheté une bouteille de rhum auparavant, et McGonagall ne tolérait pas que l'on se moque des réponses farfelues que pouvaient faire certains élèves qui découvraient tout juste le monde magique.

Lorsque sept heures sonnèrent, le professeur rangea les copies et rappela à James ce qu'il avait à faire…

Il se mit rapidement au travail : plus vite il aurait terminé, plus vite il pourrait aller retrouver Sirius et Peter au Saule Cogneur... Peu importait ce que l'autre pimbêche de préfète avait dit : il serait toujours là pour ses amis, et le serment qu'ils avaient tous les quatre prêté quand ils avaient découvert la condition de Remus était là pour le lui rappeler.

Il commença donc à nettoyer les tables, utilisant un Recurvite pour effacer les inscriptions, auquel il ajoutait un sort de son invention qui permettait d'interdire à quiconque d'écrire quoi que ce soit sur le support qu'il enchantait, sous peine de déclencher immédiatement une sirène. C'était un sort qu'il utilisait souvent sur les rouleaux de parchemins qu'il rendait en devoirs afin de ne pas avoir de mauvaise surprise, comme cette fois où, pendant sa seconde année, Rogue lui avait piqué son devoir de potions pour y ajouter quelques remarques qui lui avait valu une détention et dix points en moins. Il y apposait une restriction afin que seul le professeur puisse y annoter ce qu'il voulait. C'est ainsi qu'il avait fait sursauté toute la Salle Commune une fois où il avait prêté ses notes à Remus après une Pleine Lune pour qu'il puisse rattraper son retard, et que celui-ci avait voulu corriger une faute d'orthographe, déclenchant ainsi une sirène stridente.

Ce souvenir lui arracha un sourire. Non vraiment, peu importait ce qu'avait dit Sainte Lily Evans, ses amis étaient tout ce qu'il avait à Poudlard, et il aurait donné sa vie pour eux. Il n'était pas prêt d'oublier le regard méprisant qu'elle lui avait adressé, ni cette accusation fumeuse devant toute la Salle Commune. Désormais, la préfète n'existerait plus pour lui qu'en tant que telle, un point c'est tout. Il était temps qu'il cesse de courir après cette mijaurée et qu'il écoute un peu plus Sirius. Après tout, lui ne l'avait jamais trahi !...

Il continua son travail de nettoyage jusqu'à ce qu'il arrive à la table qu'il occupait depuis sa première année. Le nom de Lily y était écrit et gravé plusieurs fois. James eut un léger pincement au cœur en pensant à toutes ces années perdues… Il revit la petite fille de dix ans, désorientée au Chemin de Traverse… Son regard perdu quand elle avait pénétré dans la Grande Salle pour la cérémonie de la Répartition, la première fois… Son sourire quand elle avait rapporté les cinq premiers points à la maison de Gryffondor… Sa tristesse quand Remus avait rompu avec elle… Et puis cette distance qu'elle lui avait imposée depuis : les cris, les regards méprisants, la méfiance à son égard…

Et maintenant…

« Recurvite », murmura-t-il.

Les inscriptions s'effacèrent lentement. Un autre sort fit disparaître les gravures. Et il plaça le charme qui l'empêcherait de récidiver…

oOoOo

« Evans ! Où est James ? »

« Tiens, Black… Bon appétit à toi aussi… »

« Fais pas ta maligne ! Dis-moi où il est… »

« Qu'est-ce qui te fait croire que je sais où il est ? »

« Je t'ai vu arriver dans la Salle Commune comme une furie, et quand je suis revenu, James n'y était plus. Peter m'a dit que tu l'avais engueulé… Il est où ? »

Lily fixa Sirius pendant un bref instant, se demandant si Pettigrow arriverait à le retenir quand elle lui dirait qu'elle n'en savait rien et qu'elle s'en fichait éperdument.

« Ecoute, Black, Potter est assez grand pour s'occuper de lui tout s… »

« Pete, retiens-moi de lui faire bouffer son assiette par le nez… »

« Lily, tu devrais pas… enfin… ce serait mieux si tu coopérais… » balbutia Peter avec un air d'excuses en tenant la manche de son ami le plus fermement qu'il pouvait.

« Merci, Peter, mais les menaces de Black ne me font pas peur », contre-attaqua Lily. Puis, se tournant vers Sirius : « Si Potter avait voulu que tu saches où il était, il te l'aurait fait savoir, Black… Quant à moi, je n'ai pas de comptes à te rendre sur ce que j'ai pu lui dire ou faire. »

La fureur qui déformait les traits du grand brun n'était pas faite pour rassurer la préfète, mais elle refusa de se laisser intimider. Après tout, elle n'avait pas à se sentir coupable de l'orgueil froissé d'un binoclard prétentieux… Même si elle lui avait sauté dessus sans raison valable, mais bon… pour toutes les fois où elle n'avait rien dit…

« Je t'assure que s'il lui est arrivé quelque chose, je t'étripe, espèce de san… »

« Sirius, non ! » glapit Peter d'une voix angoissée.

« …espèce de sans cœur ! Ca t'amuse, hein, de le faire souffrir ! Ca ne te suffisait plus de le jeter, il fallait en plus que tu t'attaques à ses amis. Je te préviens une dernière fois, fous-lui la paix ou je t'assure que tu le regretteras toute ta vie ! »

Lily avait considérablement blêmi au fur et à mesure que Sirius laissait éclater son courroux. Une chose était sûre, elle s'était bien trompée en jetant à la figure de Potter que ses amis l'abandonnaient.

« Ecoute, Black… Je n'ai peut-être pas été très tendre avec Potter, c'est un fait. Mais de là à aller se jeter du haut de la tour d'Astronomie, il y a du chemin, alors je pense que tu peux te calmer et cesser de t'inquiéter pour ton cher ami, il va revenir… Et de toute façon, il a intérêt à réapparaître rapidement sachant qu'on a une retenue à faire ensemble ce soir… »

« Qu'est-ce qui se passe ici ? »

Les trois élèves tournèrent la tête en même temps. Le professeur McGonagall se tenait derrière eux, le regard plus sévère que jamais.

« Rien, professeur, un simple différend », répondit Lily en jetant un coup d'œil en douce vers les deux garçons.

« Il me semble que vous êtes au cœur de beaucoup de différends, ce soir, Miss Evans », remarqua sèchement la directrice de Gryffondor.

La préfète rougit et baissa les yeux, se demandant comment elle était au courant. Est-ce que Potter avait cafté ?

« Bon, si tout va bien, je suppose que Messieurs Black et Pettigrow peuvent retourner manger à leurs places ? »

« Oui, professeur », marmonnèrent les deux Maraudeurs en chœur en retournant s'asseoir, non sans que Sirius ait jeté un dernier regard noir à Lily.

« Miss Evans, Monsieur Potter est dans ma salle de classe afin de faire sa retenue plus tôt ce soir. Vous ferez donc la vôtre seule après dîner », prévint encore le professeur McGonagall avant de se diriger vers la table des professeurs. « Ne soyez pas en retard. »

oOoOo

« Potter ? »

James se redressa et tourna la tête. Il venait juste de finir de nettoyer la dernière rangée de tables. Lorsque son regard croisa celui de la préfète de Gryffondor, il se rembrunit.

« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda-t-il, bourru.

« Pourquoi as-tu demandé à faire ta retenue plus tôt ? »

« Ca te gêne ? T'as peur de ne trouver personne sur qui crier ? C'est sûr que McGo ne te laissera sûrement pas l'engueuler à tort et à travers, mais ne t'inquiète pas, je suis sûr qu'elle ne te laissera pas le temps de t'ennuyer. »

Lily resta plantée sur le pas de la porte, abasourdie par cette sortie, inattendue de la part du Potter qu'elle connaissait. Que pouvait-elle répondre ? Elle ne pouvait pas dire qu'il allait lui manquer, mais en même temps, cette absence la dérangeait.

Potter avait changé de rangée et s'était remis à nettoyer les tables… Visiblement, il semblait peu enclin à la conversation.

Un peu gênée par ce silence prolongé et par la réaction du garçon, Lily décida de commencer à nettoyer les tables en attendant que McGo arrive, et espérant ainsi adoucir un peu le courroux du jeune homme.

Peine perdue, elle n'obtint aucune attention de sa part, pas même un regard meurtrier. Ce silence commençait vraiment à lui peser. Avait-elle dépassé les bornes ?...

« Non, mais qu'est-ce que je raconte, moi ! » se réprimanda-t-elle. « Pourquoi devrais-je m'inquiéter parce que Potter-la-Sangsue m'ignore royalement ! Au contraire, ça me fera des vacances… »

Mais au fond d'elle, une petite voix lui rappela à qui elle devait la vie récemment, et qui s'était mis en avant pour essayer de la sortir du pétrin…

Troublée par toutes ces réflexions, elle s'approcha lentement du jeune homme, hésitante :

« Potter ? »

« … »

« Heu… James ? »

« Qu'est-ce que tu veux, Evans ? »

La question, posée brutalement et sans que le garçon se soit même retourné, laissa Lily interdite.

« Heu… Je… »

Voyant qu'elle n'obtiendrait aucune aide de sa part, elle finit par se lancer :

« Je voulais te présenter des excuses pour tout à l'heure… »

« … »

« Je… je n'aurais pas du te crier dessus, ni te dire toutes ces choses à propos de tes amis… »

« Effectivement… »

« … et… je ne voudrais pas que… »

Déconcentrée par l'effort que lui demandaient ces aveux adressés à quelqu'un qui lui tournait toujours le dos, Lily se crispa

« …que ? » demanda-t-il en se retournant lentement.

« … que… que tu en profites pour essayer de me soutirer des faveurs ! » termina-t-elle d'un trait sans oser s'imaginer pourquoi elle n'avait pas pu lui dire « je ne voudrais pas que cela change quoi que ce soit entre nous. »

James leva un sourcil sceptique qui l'atteignit en plein cœur, sans doute parce qu'il accompagnait ce regard méprisant qu'il lui réservait désormais :

« N'aies aucune crainte de ce côté », déclara-t-il d'une voix froide qu'elle ne lui connaissait pas. « Tu n'entendras plus parler de moi. »

« Co… comment ça ? » demanda Lily soudainement paniquée à l'idée de ce que signifiait ce « Tu n'entendras plus parler de moi. »

Elle n'eut pas le temps d'avoir une réponse : l'arrivée de McGonagall sonna la fin de cet entretien peu concluant, et James Potter, saisissant ses affaires, sortit de la salle sans demander son reste après avoir salué le professeur de Métamorphose.

oOoOo

« James, vieux scrout à pétard ! Où étais-tu ? On t'a cherché partout ! »

« Il faut croire que tu n'as pas cherché bien loin, j'étais en retenue chez McGo… »

Sirius fronça les sourcils en entendant le ton neutre de son ami.

« Tu as vu Evans ? »

« A l'instant… »

« Elle t'a dit quelque chose ? »

« Elle m'a présenté des excuses histoire de ne pas voir sa côte de popularité baisser… J'imagine qu'elle a eu peur d'éventuelles représailles… Lui aurais-tu parlé, Padfoot ? »

« Woaw ! Des excuses ! Je ne pensais pas avoir autant d'influence sur elle, surtout après ce qu'elle m'a dit… »

« Tu lui as donc parlé… Je m'en doutais : ça ne pouvait pas venir d'elle-même », soupira James. « Tant pis, mon dernier espoir s'envole. »

Devant les sourcils interrogateurs de Sirius et Peter, il ajouta :

« Je laisse tomber, les gars. Cette fille n'est pas faite pour moi. Tu avais raison, Padfoot, elle a joué avec mes sentiments. »

« JACKPOT ! Et c'est le retour à la réalité du grand, du magnifique, du superbe JAMES « PRONGS » POTTER ! On l'applaudit bien fort, allez, Pete ! »

« Jack qui ? » interrogea Peter, peu au fait des loisirs vénaux moldus.

« Mais non, ça veut dire que j'ai gagné le gros lot ! On a gagné le gros lot ! »

Mais si l'explosion de joie de Sirius, et les battements de mains frénétiques de Peter arrachèrent un pâle sourire à James, cela ne combla pas le vide qui s'était installé dans sa poitrine.

Il était près de huit heures. Ils attendirent que la plupart des élèves de Gryffondor partent se coucher, puis, sur les coups de onze heures, Peter se transforma en Queudver, grimpa sur l'épaule de Sirius, et, tous les trois sous la cape d'invisibilité, ils sortirent discrètement de la Salle Commune, direction le passage secret qui les conduirait directement dans le parc de Poudlard, non loin du Saule Cogneur.

oOoOo

Après deux heures et demies de nettoyage acharné sans baguette magique, Lily revenait enfin vers la Salle Commune. Le récurage manuel ne nécessitant pas une extrême concentration, elle avait eu mille fois le temps de réfléchir à ce qu'elle avait dit à Potter.

Toutes ces pensées étaient très dérangeantes. Pourquoi la réaction de l'arrogant Potter la mettait-elle si mal à l'aise ? Après tout, en y réfléchissant bien, ce n'était pas la première fois qu'elle était injuste avec lui et il n'avait jamais réagi comme ça… et elle non plus, d'ailleurs.

Pourquoi s'était-elle emportée si facilement à la seule pensée que Potter était né dans une des familles les plus respectées de la communauté sorcière ? La jalousie n'avait rien à voir là-dedans : elle ne menait pas une vie malheureuse chez ses parents… Bon, certes, sa détestable sœur avait du mal à digérer le fait qu'elle soit une sorcière. Mais il y avait des tas d'élèves qui ne s'entendaient pas avec leurs frères et sœurs et qui ne s'en prenaient pas pour autant à l'admirable et vénéré Potter…

Elle n'avait rien à envier à son intelligence : elle-même excellait en Enchantements là où il caracolait en Métamorphose. Elle avait des facilités exaspérantes en Potions quand il volait comme un dieu sur son balai… Elle travaillait dur là où il se la coulait douce, et elle était préfète de la maison deux fois lauréate du concours des Quatre Maisons là où il faisait perdre points et sérieux à Gryffondor… Et par-dessus le marché, ce type si populaire lui courait après depuis deux ans : non vraiment, où était le problème ?

Ou peut-être était-ce ça le problème : pourquoi était-il si populaire en ne foutant rien, quand son travail acharné à elle ne lui attirait la plupart du temps que moqueries et quolibets ? Elle se réfugiait souvent dans son travail et dans ses obligations de préfète pour essayer de garder la tête froide, mais cette fois-ci, ça ne voulait pas passer…

En s'acharnant à la coller et à rechercher sa compagnie, Potter mettait en danger l'équilibre qu'elle s'était construit : il paradait à ses côtés quand elle se faisait discrète dans les couloirs ; il riait aux éclats avec ses propres amies alors qu'elle les attendait sagement en cours ; il était gentil et attentionné avec elle quand tout ce qu'elle voulait, c'était qu'on la laisse seule dans son coin avec ses livres et ses devoirs… Et cette suffisance qui le caractérisait achevait ce portrait, pourtant charmant, qui l'obsédait et la révulsait tout en même temps.

Lily en était là de ses réflexions, somme toute assez déprimantes, quand elle parvint à hauteur de la Tour de Gryffondor. Le couvre-feu était passé depuis longtemps maintenant : sa montre indiquait onze heures. Elle allait s'approcher du portrait de la Grosse Dame quand celui-ci bascula lentement. Elle recula vivement, et s'accroupit dans un renfoncement sombre, guettant le passage resté ouvert. Mais celui-ci finit par se refermer lentement, sans que Lily ait vu personne en sortir.

Elle retint sa respiration et tendit l'oreille : un léger frottement lui parvint… Non, pas un frottement : un piétinement… Elle reconnut ce bruit pour l'avoir traqué des nuits entières l'année précédente : les Maraudeurs étaient de nouveau en vadrouille…

Il lui fallait réfléchir rapidement : devait-elle les suivre ou devait-elle écouter sa fatigue et les laisser vagabonder à leur guise pour cette nuit ? Si elle décidait de les suivre, il fallait faire vite ou elle perdrait leur trace… En même temps, elle n'était pas sûre qu'elle arriverait à les suivre sans se faire repérer si elle ne se jetait pas de sort de désillusion, et cette perspective ne l'enchantait guère, pas plus que celle que Potter la découvre en train de fureter derrière eux après le savon qu'elle lui avait passé et les excuses vaseuses qu'elle lui avait débitées.

La curiosité était forte. Peut-être trouverait-elle la preuve que Saint Potter n'était pas si parfait qu'il voulait bien le crier sur tous les toits… Peut-être arriverait-elle à découvrir quelque chose qui le rendrait moins dangereux pour son équilibre à elle… Après tout, ce serait pour son propre bien…

Après s'être rapidement persuadée du bien fondé d'une telle filature, Lily tendit à nouveau l'oreille : les bruits s'étaient estompés, mais elle pouvait encore les entendre. Sans plus attendre, elle se jeta un sort d'ouïe amplifiée afin de mieux distinguer la provenance de ces bruits. A entendre le piétinement, ils étaient plusieurs, mais pas aussi nombreux que d'habitude. D'ailleurs, ils se promenaient rarement à quatre sous cette fichue cape d'invisibilité…

Remus était malade, non ? Il était parti à l'infirmerie avec Sirius plus tôt dans la soirée, et Lily ne l'avait pas revu au dîner. Il ne devait y avoir sous la cape que deux personnes, probablement Black et Potter. Tant mieux, ça éviterait qu'elle découvre des choses sur Remus alors que c'était de Potter dont il s'agissait…

Ils marchaient rapidement, bien plus que lorsqu'ils erraient dans les couloirs à n'en plus finir. Ils devaient savoir où ils allaient, et ils avaient l'air pressés. Et par conséquent, beaucoup moins prudents…

Les bruits de pas s'arrêtèrent soudainement : Lily se tapit dans un recoin, aveugle dans le silence froid et humide des couloirs de Poudlard. Elle n'avait pas eu le temps de localiser le dernier bruit de pas… Il lui semblait bien percevoir une respiration, mais elle était trop diffuse pour qu'elle puisse déterminer d'où il provenait. Et puis soudain, un bruit long et fin, un frottement cette fois-ci… Le bruit d'une baguette qu'on tire d'une poche…

La préfète annula rapidement le sort d'amplification de l'ouïe : grand bien lui en valut car elle put tout juste entendre un murmure avant de voir un pan de mur coulisser bruyamment pour dégager un passage secret. Si elle avait gardé le sortilège d'Ouïe Fine, elle aurait pu se percer les tympans… Elle laissa le passage se refermer et prit le temps de réfléchir.

Elle était au premier étage, et en regardant par la fenêtre la plus proche, elle pouvait se situer dans le couloir nord. A cet endroit, les murs étaient épais puisqu'ils donnaient directement sur l'extérieur. Ce passage ne pouvait mener à aucun endroit intéressant pour les Maraudeurs : ni Cuisines, ni Cachots des Serpentard… Lily décida que le seul endroit susceptible de les intéresser à cette heure et dans cette zone du château était le parc… Grimpant sur le bassoir intérieur de la fenêtre, la jeune fille entreprit de repérer n'importe quel mouvement humain sur la pelouse en contrebas.

Il se passa un long moment pendant lequel rien ne bougeait à part les branches des arbres qui se balançaient doucement au gré du vent. Le ciel était clair et seuls quelques nuages sombres se découpaient dans la lumière blanche et fraîche que diffusait la Pleine Lune. Que pouvaient-ils bien aller chercher un soir de Pleine Lune, ces deux-là ? Des herbes spéciales, peut-être… de celles qui ne fleurissent que les nuits de Pleine Lune… La Pleine Lune… Un frisson lui parcourut le dos.

En bas, dans le parc, deux silhouettes se découpèrent sur la pelouse : ils avaient enlevé la cape d'invisibilité et ils se dirigeaient vers… vers le Saule Cogneur ! Visiblement, il s'agissait bien de Black et de Potter. Pettigrow n'y était pas… Ca faisait bizarre de voir les Maraudeurs partir en commando sans que tous leurs membres soient réunis… Déjà, sans Remus… Encore qu'il arrivait régulièrement que Remus soit absent du quatuor : sa nature plutôt fragile et son sens de la solitude sûrement… Mais ce soir, il était malade… et les autres étaient dehors, dans la nuit éclairée par la lune… par la Pleine Lune…

oOoOo

La Grande Salle, le samedi matin, était toujours le théâtre d'un défilé plus ou moins ininterrompu de jeunes sorciers en état de délabrement plus ou moins avancé. Cette thèse se vérifiait généralement sans problème à la table des Gryffondor, et ce matin-là ne faisait pas exception, bien au contraire…

« Tu m'passes l'beurre, Pete, steupl' ? »

« Mmh… »

« Merci », bailla James en saisissant le beurre d'une main pendant que l'autre tentait désespérément de soutenir une tête bien trop lourde à son goût.

« Jaaames ? » bailla à son tour Sirius.

« Mmh… ? »

« Rrrrh… pshhh… »

« Est-ce que Peter vient réellement de s'endormir le nez sur son toast à la gelée de coing ? »

« Mouais… »

« Ah… »

« Rrrrh… pshhh… »

« James ? »

« Mmh… »

« Courrier… »

« Ah… Ouais… »

« James… »

« … »

« Y'a un hibou qui mange ton pancake au sirop d'érable. »

Une main lourde s'éleva dans les airs à la recherche du volatile gourmand, mais au lieu de rencontrer la masse de plumes, elle s'écrasa brutalement sur la table, rencontrant au passage une tartine de miel qui s'envola, fit un triple saut périlleux à l'insu de son plein gré, et s'aplatit sur la dalle de pierre de la Grande Salle :

« Alors ? » demanda Sirius, intéressé.

« Alors… jackpot… »

« BINGO ! » explosa le grand brun sans pitié pour les éléphants qui dansaient la polka dans la tête de son ami, ce qui réveilla Peter en sursaut.

« Hein ? Quoi, kes'sy s'passe ! Non, c'est pas moi, j'vous jure ! »

« Ca va, Pete, c'est juste la théorie de Sirius sur la probabilité qu'une tartine retombe un jour du côté non tartiné qui se vérifie. »

« Ah… » répliqua simplement le jeune garçon en découvrant que si son nez avait un délicieux goût de coing, ce n'était sûrement pas sans rapport avec le fait qu'il soit également tout collant.

Pendant ce temps, James s'était redressé au prix d'un effort surhumain, et avait réussi à détacher la lettre de la patte du hibou, et non le contraire. Cette manipulation avait fortement intéressé Sirius qui avait de nouveau la joue écrasée sur son poing droit, la lèvre pendante et l'œil hagard. Cependant, au fur et à mesure que son ami lisait la missive, son visage semblait se décomposer… Inquiet, Black se redressa :

« James… c'est qui ? » demanda-t-il avec le tact et la délicatesse qui le caractérisaient, plus du tout endormi, pour le coup.

Mais seul le visage de plus en plus livide du jeune homme lui répondait. Peter, alerté par la question de Sirius, avait cessé de se lécher les doigts et observait attentivement ses deux amis.

« James ? »

« C'est… c'est… une lettre de mon père », dit-il d'une voix blanche.

« Tout va bien ? » s'inquiéta réellement Sirius.

« Je… c'est… c'est mon grand-père… »


Oui, il paraît que je me suis mise au sadisme ces derniers temps… Je vous donne un peu, beaucoup d'informations en même temps, de quoi cogiter, et… plus rien ! Mwahaha ! On m'appelle la Fée Lonie !…

Ca vous agace ? Vous aimez ça ? Ben, dites-le moi…