Hi folks! How d'U do today ? Merci infiniment pour vos reviews qui m'ont réchauffé le coeur...

J'ai décidé, en guise de remerciement, de vous livrer le 3eme chapitre, intitulé « Dignité ».

Il met en scène Mione et Malfoy… Un soupçon de Ron… Et un passage éclair de notre cher Harry… Pour les shippers d'Harry/Mione, je risque de vous décevoir… Mais pr les Ron/Mione… Heureux ? (enfin, pas encore tout à fait… ;)

Allez, assez de blabla, je vous laisse lire le chap… Je répondrais aux reviews ds le chap 4 : « Les deux Visages ».

Enjoy ! ;)

Bring me back to life

CHAPITRE 3 : Dignité

Des centaines de livres s'étalaient devant mes yeux, des centaines de richesses enfouies, d'intelligence humaine, d'ouvrages prêts à s'ouvrir à ma soif de connaissance… J'inspirai longuement. La Bibliothèque de Poudlard… S'il existait un seul livre que je n'avais pas feuilleté, durant nos enquêtes, je demandais à ce qu'on me le montre ! Ce que je n'avais dit à personne, c'est qu'à chaque fois que je me précipitais à la bibliothèque, c'était parce que je me sentais en grand trouble.

A chaque attaque, chaque défi… J'étais la Connaissance, Ron la Fidélité et Harry… Et Harry l'Héroïsme.

Ce soir, la pièce semblait m'appartenir toute entière. Je ressentais un état de panique, mais paradoxalement, une complète sérénité. Je savais que la solution se trouvait ici. Une solution qui allait s'avérer délicate et douloureuse, sans doute. Mais irrémédiable. Il n'aurait pas le choix. Je voulais qu'il revienne…

Jamais travailler ne m'avait autant fatiguée. Les livres s'entassaient, les pages défilaient, ma main écrivait, sous la faible lumière qu'émettait la lampe. Les idées bouillonnaient dans ma tête, et un plan commençait à naître.

Il me sembla que des heures avaient passées lorsque je refermai le dernier ouvrage.

Réprimant un baillement, j'aperçus dans mon sac… un cadre.

Mon cœur se serra, et je sortis la photo du Trio. Ron, Harry et moi étions assis sur l'herbe, à l'ombre d'un arbre. Un livre sur les genoux, Harry nous faisait réviser. Ron essayait désespérément de faire le bon mouvement avec sa baguette, et je le réprimandais. Il répliquait alors vertement, et Harry levait les yeux au ciel, un petit sourire amusé aux lèvres…

Un magnifique portrait de Colin Crivey ! Le quotidien des trois inséparables… Et pourtant…

Une larme s'écrasa brutalement sur le papier.

Sans m'en rendre compte, je m'étais mise à pleurer. Pleurer pour des souvenirs, des regrets… « Pleurer ne sert à rien, Granger. Crois-moi… » La voix de Harry résonnait à mes oreilles. Cette voix que j'avais tant voulu entendre pendant 4 ans, et qui m'étais apparue déformée, terrifiante.

J'avais toujours été là pour lui, et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer. Mais ce qui m'inquiétais, c'était Ron. Il semblait tellement décidé à le tuer, et en même temps se battait pour que Harry retrouve ses esprits. Cette dualité avait toujours fait partie de son caractère. Il avait toujours voulu rendre service aux autres, tout en s'affirmant.

Ce soir, je pleurais parce que j'avais perdu mes meilleurs amis : Mon frère, et mon amour.

Soudain, un bruit de pas me fit sursauter. Je scrutai la pièce, et vit une mince silhouette avancer directement vers moi. J'eus un mouvement de recul en reconnaissant Malfoy. Sans un mot, il plongea ses yeux d'acier dans mes yeux chocolat, et ouvrit la bouche :

« - Je peux m'asseoir à côté de toi ?

Je restai bouche bée devant un tel exemple de… camaraderie.

Je pense que je peux prendre ça pour un oui… dit-il en souriant.

Il s'assit en face de moi. Je n'arrivai plus à émettre le moindre son.

Je viens de sortir de l'infirmerie. Je me suis dit que tu reprendrais tes bonnes vieilles habitudes. Chercher dans les bouquins la solution pour sauver le monde…

Epargne-moi tes sarcasmes, Malfoy, lui dis-je d'une voix dure.

Ce n'était pas des sarcasmes. Et je voudrais que tu m'appelles Draco.

Par… Pardon ? balbutiai-je.

Draco, répéta-t-il. Ce sera un premier pas… pour nos retrouvailles.

Nos retrouvailles ? Ne me fait pas rire, Malfoy !

Ecoute… Maintenant que tu es revenue, il faut que tu saches que rien n'est plus comme avant. Nous avons tous surmonté beaucoup d'épreuves, et…

Je sais ça, le coupai-je. Vous êtes en situation de crise. Mais moi, avant, j'avais une vie contrôlée, j'étais bien, heureuse, dans mon élément, et entourée d'amis protecteurs et uniques. Aujourd'hui, je reviens, et mes amis, dont un était déjà en état de détresse évidente, disparaissent peu à peu. Je ne reconnais plus rien, tout s'est envolé ! Et personne ne semble disposé à m'expliquer pourquoi !

C'est une longue histoire… Il vaut mieux que ce soit Ron qui te raconte.

Ron ? Tu l'appelles Ron, maintenant ?

Oui… Si seulement j'avais été capable de le faire à cette époque là… soupira-t-il en regardant la photo.

De quoi est-ce que tu parles ?

Du Draco de 17 ans. De ma jalousie.

De ta jalousie ? répétai-je, sidérée. Tu veux dire que tu étais jaloux…

De vous, oui. Et plus particulièrement de Potter. Je vous enviais cette solidarité, cette union que rien ne pouvait briser. Vous étiez capable de vous comprendre sans parler. Potter, lui, était courageux, et surtout humble. Il était constamment admiré. Et moi… Moi, j'étais craint. Sous mes airs de garçon suffisant et orgueilleux se cachait… Je me sentais très mal en réalité, il fallait absolument que je domine les autres pour me sentir bien. J'ai toujours accordé beaucoup d'importance au nom, et un Malfoy ne doit être ni peureux ni malheureux. Je vénérais mon père, sans penser un instant que ce puisse être une ordure. Je trouvais tous les points faibles, je savais appuyer là où ça fait mal. Avec mes mots acerbes, j'humiliais, je rabaissais. Car c'est ce que mon père m'avait fait toute ma vie.

Quoi ?

C'est si compliqué que ça à comprendre ? répliqua-t-il d'un ton agacé.

Je sentais qu'il était mal à l'aise de parler de sa vie, mais qu'en même temps, ça le soulageait.

Mon père était tout pour moi, une sorte de modèle à dépasser. Puis j'ai grandi, et cette figure parentale a commencé à être désacralisée. J'ai commencé à avoir peur de lui, car il était violent envers ma mère et moi. Un jour, il m'a dit que j'étais prêt à recevoir la Marque des Ténèbres. Il voulait que je suive ses traces, que j'honore son nom… Je lui ai dit que c'était lui qui l'avait souillé. En se soumettant à un autre, cette sale face de serpent psychopathe, en le considérant comme son maître, et non comme son adversaire. Il est entré dans une rage folle et m'a menacé des pires représailles si je ne lui obéissais pas.

Et tu as…

Non. J'ai claqué la porte. Au nom de ma dignité. Un Malfoy n'a d'ordres à recevoir de personne, il est le maître de lui-même.

Mes yeux s'agrandirent à mesure que je réalisais qui j'avais en face de moi : un homme élevé dans le vice, constamment sous influence, sous la menace. Un Draco Malfoy ayant affronté sa peur… et l'ayant vaincue. Sans réfléchir, je lui saisis la main. Il se raidit, puis croisa mon regarde et répondit à la pression.

C'est la poignée de la compassion ? dit-il d'un ton amusé.

Non… C'est celle de la paix, Draco.

Tu es la première personne à être prête à me faire confiance dès le début, Hermione.

J'ai toujours été comme ça. Réfléchie, mais aussi impulsive. Et tu sais, en chaque homme, il y a une part d'attente désespérée de la rédemption.

Ca risque de me prendre longtemps pour la trouver… sourit-il

Je suis sure qu'elle n'est pas aussi loin que tu ne le penses.

J'ai toujours détesté quand tu parlais en énigmes…

Oh, tu as toujours eu de la répartie ! La seule fois où tu as été incapable de me dire quoi que ce soit, c'était lors de notre 4ème année, au Bal des Champions.

Tu étais particulièrement belle, ce soir-là. C'est là que j'ai remarqué que tu avais rétréci tes affreuses dents de lapin… finit-il d'un air malicieux.

J'eus une furieuse envie de lui adresser une bonne claque sur la tête, mais me contentai de retirer ma main. Il ne changerait donc jamais !

Tu as toujours été mieux que cette idiote de Pansy Parkinson. Celle-là, si j'avais pu trouver le contre-sort de Glu Perpétuelle, ça m'aurait arrangé !

Je rougis soudainement et Malfoy éclata d'un grand rire. Oh mon Dieu, je rougissais à une remarque de Malfoy ? Je ris avec lui, et je sentis la tension libérer un peu mes épaules. Finalement, il se leva et je fus surprise d'être un peu déçue qu'il s'en aille déjà.

Je suis épuisé. Je vais aller me coucher, et te laisser à ton encyclopédie. C'est ton livre de chevet ? ajouta-t-il malicieusement.

Ca pourrait ! Bonne nuit, Draco.

Bonne nuit, Miss-Je-Veux-Tout-Savoir !

Il continua jusque dans la pénombre, puis s'arrêta.

Hermione ?

Oui ?

Je sais que revoir Potter t'a choquée. Mais laisse-moi te dire une chose. Tu ne lui dois absolument rien. Ce n'est plus le garçon que tu connaissais.

Ses yeux étincelèrent d'une lueur indéfinissable, et il fit demi-tour, pour s'éloigner.

J'ai bien peur que si… murmurai-je tristement. »

Cette seule phrase me fit revenir à la réalité, comme si mes pieds heurtaient brutalement le sol. L'heure était grave. Je relus une dernière fois mes notes. Je tenais entre les mains le moyen de retrouver le Harry qui s'était perdu il y a 4 ans. Je posai mes yeux sur la photo, et plus particulièrement sur Ron.

Sans savoir pourquoi, je me levai brusquement et courut à travers les couloirs de Poudlard, pour m'arrêter devant ma chambre. Je savais qu'il se trouvait là. En poussant la porte, je reconnus ses ronflements caractéristiques, et souris. A pas feutrés, je m'approchai de lui, et le regardais dormir sur une chaise. Ses mèches rousses lui tombaient devant les yeux, et je lui écartais affectueusement. Sa peau claire était toujours parsemée de ces petites taches de rousseur que j'aimais tant. Je lui caressai lentement la joue, puis déposai un doux baiser sur ses lèvres. Je regrettai de m'être emportée contre lui… Les dernières années avaient du lui être particulièrement difficiles et douloureuses. Je m'aperçus alors que je ne savais rien de ce qu'il était advenu de sa famille… Je le regardai dormir, et espérai qu'il était bien, dans le monde des rêves. Cela devait être un des seuls moments où sa conscience ne le travaillait pas… Dans cette position, il ressemblait presque au Ron que je connaissais… celui que je désespérai de voir devenir mâture un jour… Aujourd'hui, il l'était. Mais trop à mon goût.

Je restais ainsi quelques minutes, à le contempler, ce qui m'apaisa considérablement.

Mais dans mon empressement de retrouver Ron, je m'aperçus que j'avais abandonné mes recherches à la bibliothèque. A contre-cœur, je rebroussai chemin et me retrouvai dans l'atmosphère calme de la bibliothèque.

Puis soudain, un bruit me fit violemment sursauter. Comme quelque chose que l'on casse. Je m'avançais lentement vers la table, et la première chose que je vis fut la photo, par terre, brisée.

Au dessus, les mains plus tremblantes que jamais, les yeux étincelant de douleur, se tenait – mon estomac eut un sursaut de frayeur – Harry.

J'eus une exclamation de surprise, et il leva les yeux vers moi, saisissant sa baguette. Ses yeux redevinrent froids. Il tremblait de tout son corps, mais la main qui tenait la baguette ne tremblait pas. Nous restâmes un long moment à nous jauger du regard. Je n'osai faire un geste. Qui savait de quoi il était capable…

« - Je voudrais que tu saches que je suis très heureux de te revoir, me dit-il. Tu m'as manquée…

Il faut que tu arrêtes tout de suite cette comédie. Je suis…

Toujours ton amie ? finit-il ironiquement. Voilà qui devrait me faire réfléchir…

Ma première réaction fut de vouloir le raisonner, puis je me souvins des paroles de Malfoy.

Non, au contraire, répliquai-je durement. Je commence à m'habituer au fait de te haïr… Potter. Je t'ai toujours soutenu, mais tu as dépassé les limites. Aujourd'hui, tu n'as plus d'amis. Et sans nous, tu n'es rien.

Une lumière bleue sortit de sa baguette et je me retrouvai projetée contre une étagère, les livres tombant en cascade autour de moi.

Tu essayes de me blesser par les mots… Mais ma méthode est plus efficace, tu ne trouves pas ?

Je me relevai avec peine, essayant de ne pas écouter le cri de peur qui s'insinuait en moi.

Vas-y, défoule-toi sur moi ! lançai-je avec courage. Tu me connais, je ne cèderai pas !

Il me fixa, la tête penchée, comme pour m'évaluer.

J'ai une meilleure idée.

Il s'approcha de moi et me prit par le bras. Je me sentis à la fois glacée et réchauffée, terrifiée et heureuse. Je baissai les yeux vers sa main, blanche comme celle de Voldemort. Je ne pus même pas distinguer la fine cicatrice formant les mots « I must not tell lies », résultat de se retenues avec Ombrage.

Puis une immense lumière blanche m'aveugla presque. Désespérée, je pensai au Transplanage, mais c'était impossible, à Poudlard…

Je sentis Harry me tirer, puis une immense douleur… Et plus rien.

Bye, then !

Sassy…

http/sweetysarah.