Bring me back to life

CHAPITRE 9 : Lily

J'étais allongée sur une surface dure, trop dure pour mon corps meurtri. Des hommes habillés de blanc tournaient autour de moi, certains ajustaient les sangles qui retenaient mes bras prisonniers.

J'étais épuisée. Deux heures, que ça durait ! Je sentis une pression sur ma main. Ron m'adressa un sourire, et caressa mes cheveux humides de sueur.

« Ca va aller, ma chérie, tu y es presque ! Continue, ne t'arrête pas ! Encore une fois ! »

De toutes mes forces, je poussais et ressentis une violente douleur dans mon bassin. Merlin, était-il si gros ? Haletant, transpirant, je regardais mon ventre bien rond, qui avait accueilli pdt 8 mois cet abominable être qui refusait de sortir de moi.

« Ca n'a pas suffit, Hermione, il faut que tu pousses plus fort ! m'intima Ron. »

Plus fort ? Réalisait-il ce qu'il me demandait ? Tout ce qu'il avait à faire, c'était me tenir la main ! Je l'y aurais bien mis, moi, à ma place !

« Oh… gémit-il. Jamais je n'aurais pu penser que ce puisse être aussi difficile… Il… Il faut que je m'assoie… »

« Non, tu restes avec moi ! hurlais-je. Tu veux que je t'en donnes, de la douleur ? »

« Voyons, Hermignonne… Calme-toi, tu ne vas quand mm pas me frapper… C'est le plus beau jour de ma vie… »

« C'est le pire jour de ma vie ! m'exclamais-je. »

« Hermione, tu… Tu sais que le livre a dit que tu raconterais n'importe quoi… »

« Peut-être, mais est-ce que le livre parlait de cette affreuse douleur que je ressens ? A-t-il dit que tu serais malade à ma place ? Tout n'est pas dit dans les livres ! »

Ron écarquilla les yeux, comme s'il pensait avoir mal entendu.

« Tu… Tu peux répéter ? dit-il. »

« Sois un peu coopératif ! »

« Poussez une dernière fois, Madame ! s'exclama le médecin »

Je mis toute ma volonté et mon courage, et poussais. Tout mon corps tremblant d'épuisement se relâcha au moment où j'entendis son cri. Un faible cri, signe de naissance, un cri libérateur. Le souffle de la vie.

« La tête est sortie ! continua le médecin. »

Ron jeta un coup d'œil, et je le vis blêmir considérablement derrière ses taches de rousseur… et tourner de l'œil.

« Non, non, non… Ronald, ne me fais pas ça ! m'exclamais-je. »

Droit comme une statue, il tomba à la renverse. Il s'était évanoui. Je posais ma tête sur l'oreiller et fermais les yeux.

« C'est fini, Madame, vous avez été parfaite. Ne vous inquiétez pas pour votre mari, les hommes sont souvent moins résistants que les femmes… »

« Ce n'est pas mon mari ! m'exclamais-je. »

Le médecin se releva, tenant dans ses bras un cadeau. Mon cadeau. Il s'approcha tout doucement de moi, et se baissa à ma hauteur. Je sentis la colère en moi faire place à une émotion beaucoup plus forte… Il déposa le petit être fragile sur ma poitrine, et je le pris avec des gestes tremblants. Son petit corps rouge lové contre moi, sa petite bouche rose ouverte et ses yeux fermés à la vie m'attendrirent et je sentis les larmes perler aux coins de mes yeux. Il était si petit… Et prenait une place déjà si grande dans mon cœur… Après tant d'attentes, il était là, le résultat de toutes mes espérances… Je caressais lentement le doux duvet qui recouvrait son crâne, et il gémit. Je sentis mon cœur faire un bond.

« Et comment s'appelle cette adorable petite fille ? »

Une fille… Une adorable petite merveille, une Princesse qui n'appartenait qu'à moi…

« Lily, dit une voix proche de moi. Lily Hermione Molly Weasley. »

Un rayonnant sourire aux lèvres, Ron posa délicatement un linge sur le corps de notre fille.

« Elle est magnifique… dit-il d'une voix enrouée. Tout comme sa maman… »

Il déposa un baiser sur mon front, et Lily bougea sur ma poitrine. Un imperceptible mouvement qui me remplit de bonheur… Elle ouvrit puis referma la bouche, à la recherche de mon sein.

« Regarde… Elle a déjà faim, c'est bien une Weasley ! plaisantais-je. »

« Comment vous sentez-vous ? me demanda le médecin. »

« Pas très bien… répondit Ron. Je crois que je me suis cogné en tombant… »

Je lui lançais mon fameux regard Je-N'ai-Jamais-Vu-Un-Tel-Niveau-De-Stupidité, puis répondis au médecin :

« Je ne me suis jamais sentie aussi bien. »

« Nous allons vous laisser seuls un instant… Pour faire connaissance… Vous ne devriez pas tarder à avoir des visiteurs. »

Je le remerciais, puis plaçais un bras autour de mon petit bébé. Elle ouvrit très légèrement les yeux, et je pus voir deux perles chocolat qui regardaient le monde pour la première fois et qui me voyaient moi… Jamais personne ne m'avait regardé comme ça. Comme une raison de vivre, comme une mère. Ma fille était si belle, si… Un peu de Ron, et un peu de moi. Rien qu'en la regardant, blottie tout contre moi, j'eus l'impression que je pourrais tout affronter pour elle. Je pleurerais si je pensais qu'elle se fait du mal à elle-même ; je serais en colère si les autres la traitaient injustement ; je sourirais de sa joie et de son innocence ; je serais fière de ses combats, ses exploits ; je serais douce et compréhensive pour consoler ses chagrins et ses peines ; et tout cela… je le regrouperais dans un amour inconditionnel. Il est facile d'être une mère, mais le rôle le plus beau, c'est d'être une maman. Oui, je lui donnerais l'amour d'une maman. En cet instant même, ces pensées, qui ne m'avaient jamais effleuré l'esprit auparavant, m'apparaissaient comme une évidence.

Ron posa une main sur la mienne, et regarda tendrement notre enfant. Le fruit de notre amour.

« C'est la première fois que je ressens autant d'émotions… Je… je n'arrive pas à la décrire, je suis juste… accomplie. Oui, c'est exactement ça… accomplie, murmurais-je. »

Je regardais Ron dans les yeux et j'eus l'impression que nous étions seuls… Tous les trois, seuls au monde. Et j'étais bien. Plus rien n'avait d'importance à présent.

Mes yeux se posèrent sur le minuscule poing de Lily, qui avait agrippé un doigt de son père. Le contraste me frappa : sa petite menotte toute avide de sécurité et la main rugueuse qui paraissait si douce à présent…

J'eus un sanglot. Ron me prit par les épaules.

« Allons, ma chérie, qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Rien… Je pensais juste que si Harry n'était pas devenu… ce qu'il est devenu, je ne serais pas la plus heureuse des femmes aujourd'hui… »

« Nous l'avons remercié en appelant notre petite fille comme sa mère. Il en sera très ému, tu le sais… et puis… Tu n'es pas encore la plus heureuse des femmes… fit-il avec un petit sourire. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Toi qui me reprochais autrefois de ne pas faire de choses concrètes… »

Il posa un genou à terre, et je sentis mon estomac faire un bond. Mon cœur se mit à battre à toute allure, alors qu'il sortait un écrin de sa poche et l'ouvrait devant moi.

Et là… Devant mes yeux écarquillés se trouvait la plus belle bague que je n'ai jamais vue : l'anneau d'or était serti de petits diamants qui brillaient de mille feux et formaient les mots : « For you for ever ».

« Hermione Jane Granger… Voudras-tu me faire l'honneur de devenir ma femme ? »

Alors que les sons refusaient de sortir de ma gorge trop nouée, j'éclatais en sanglots et giflais Ron de toutes mes forces. Il ouvrit la bouche et la referma, comme un poisson hors de l'eau. Puis se força à sourire :

« Est-ce que ça veut dire « peut-être » ? »

« Tu me demandes en mariage ! lui dis-je sur un ton de reproche. »

« Oui… »

« Pourquoi maintenant ? dis-je sans vraiment le vouloir. »

« Parce que… Ca ne ferait qu'officialiser les choses, car je sais au fond de moi que nous le sommes déjà, mais comme ça, nous formerions une famille… »

Jamais il me fit aussi difficile de dire « oui ». jamais je ne l'avais voulu aussi ardemment aussi…

« Oh, Ron… »

« Tu… tu ne veux pas ? »

« Si, bien sur que si ! »

Il me regarda un instant avant de réaliser.

« Tu as dit oui…. Dit-il sans oser y croire. »

« Oui, répétais-je en sentant mes lèvres s'étirer en immense sourire. »

« Mais alors… dit-il, un peu perdu. Pourquoi est-ce que tu pleures encore ? »

J'éclatais de rire, et à travers mes larmes, je l'embrassais passionément alors qu'il m'enfilait l'anneau.

Une voix nous parut de la porte :

« Voyons, pas devant les bébés ! »

Nous sursautâmes et Ron devint rouge pivoine. Ginny, un large sourire aux lèvres, s'avança vers nous, quelque chose caché dans son dos.

« Eh bien, bienvenue dans la famille, Mione… Je suis heureuse que Ron t'ait enfin demandé…. Je commençais à ma lasser de ces simulations… Ce qui est bien, c'est qu'il ne t'a pas déclamé son discours de trois heures ! »

« Tu… Vous avez fait des simulations ? m'exclamais-je, abasourdie. »

« Le pauvre était mort de trouille, dit Ginny, amusée. Il voulait que tout soit parfait. Et moi aussi. »

Elle sortit de derrière son dos un magnifique bouquet de fleurs blanches, si gros qu'elle devait le tenir à deux mains.

« Oh, Ginny… Il ne fallait pas… »

Elle fronça les sourcils et prit un air outré :

« Eh, mais c'est pas pour toi ! »

Elle décrocha une unique fleur et la déposa sur le petit corps lové contre moi.

« Un lys pour la petite Lily… Je vous remercie vraiment de l'avoir appelée ainsi. Harry s'est mis à pleurer en l'apprenant. »

« Comment va-t-il ? ne pus-je m'empêcher de demander. »

« Il se remet doucement de son séjour à Azkaban. Il cauchemarde toutes les nuits, mais je veille sur lui. S'il se sent bien, il a promis de venir vous voir. »

« Ca me fera du bien. »

Je me tournais vers Ron, étonnée. Avait-il déjà oublié ses rancunes ?

« Eh, je ne suis aussi idiot que j'en ai l'air ! se défendit-il. Je sais ce que c'est que d'avoir des questions intérieures, ou de taire sa douleur pour se protéger. Harry n'a pas été là pour moi lorsque ça m'est arrivé, mais je ne veux pas suivre son schéma. C'est… C'est mon meilleur ami, et je ne l'aime pas seulement pour ses qualités, mais pour sa personnalité toute entière. Même s'il s'est comporté comme un monstre avec moi, je me dois de l'aider. »

Je sentis les larmes me monter à nouveau aux yeux, et je duis résister à mon envie de lui sauter au cou. Je regardais donc ma petite Lily, qui dormait les poings serrés, son petit nez frémissant au rythme de ses inspirations. Quelques cheveux roux recouvraient son crâne. Une dixième apprentie Gryffondor…

« Je crois que c'est une malédiction chez les Weasley d'être roux… soupirais-je. »

« Qu'est-ce que tu as contre les roux ? s'exclamèrent d'une voix Ron et Ginny, indignés. »

Ils se regardèrent et éclatèrent de rire. En les regardant, la main posée sur le linge de Lily, je me dis qu'ils étaient peut-être les derniers de la famille Weasley, mais aussi, paradoxalement, les premiers.

Premiers d'une nouvelle génération, nouvelle période, nouvelle union, nouveau jour.

J'eus l'impression qu'un monde venait de se refermer derrière moi, et que ma vraie famille se trouvait devant moi. Une famille rendue orpheline par la guerre, brisée, qui savait se reconstruire, réparrendre à marcher en privilégiant l'affection et l'humour.

La vie de Lily s'annonçait magnifique…

Les évènements qui se sont passés ensuite sont tellement beaux que je préfère les garder dans mon cœur. Le même jour, Harry a tenu sa promesse et est venu nous rendre visite, j'ai vu qu'il allait beaucoup mieux. Ron lui a confié qu'il comprenait ses erreurs et que s'il le voulait, il serait l'épaule sur laquelle se reposer. Ginny nous a dit qu'elle et Harry étaient officiellement fiancés, et Ron n'a fait aucun commentaire. Il m'a remplie de fierté par son évolution. La pauvre Ginny a du subir de nombreuses remarques désobligeantes à cause de la haine des autres envers Harry, mais ils se sont calmés. J'ai même eu droit à une visite de Draco, qui m'a surprise par sa délicatesse. Il n'a pas pu s'empêcher de me souhaiter « bonne chance pour le régime », avec son air suffisant, mais j'ai éclaté de rire, ce qui l'a quelque peu désarçonné… Sacré Malfoy !

Je n'ai jamais été autant fatiguée qu'avec notre petite fille, qui déborde d'énergie et à déjà le caractère bien trempé de Molly, mais Ron a été formidable. Il a joué son rôle de père, étant joueur s'il le fallait, autoritaire quand il se devait. J'ai été engagée comme professeur d'Histoire de la Magie, et ais eu l'immense honneur d'écrire notre histoire dans « L'Histoire de Poudlard ». Ron est sur que Lily sera une petite Miss-Je-Sais-Tout comme moi, vu qu'elle a déjà dévoré mes écrits ! Les débuts d'Harry et Ginny ont été difficiles, elle a doucement réussi à le reconstruire, il a réapprit à s'aimer, et les mauvaises langues ont compris qu'il n'était pas celui qu'ils croyaient. J'ai retrouvé mon frère, même si notre complicité d'auparavant est quelque peu entâchée. Mais il faut laisser le temps faire son œuvre… Ginny est tombée enceinte de lui, et ils ont eu un magnifique garçon qui ressemble comme deux gouttes à son père : ils l'ont appelé James… Ginny est devenue une réputée Médicomage, et Ron et Harry sont les deux Aurors les plus puissants qu'il existe. Le Monde des Sorciers est désormais en paix avec lui-même, et le Monistère de la Magie travaille à un futur rapprochement sorciers/moldus. Mes parents en sont ravis !

Le professeur McGonagall est décédée, et Draco la remplace. Je veille à ce qu'il ne favorise pas trop les Serpentards !

Quand je regarde derrière moi, je suis effrayée par la vitesse à laquelle ces dernières années ont passées. Ma vie est toujours remplie de nouveautés, car ce monde regorge de merveilles que toute une vie ne suffirait pas pour explorer.

Ma petite Lily n'est plus un bébé, elle a 11 ans, maintenant, et aujourd'hui elle est rentrée à Poudlard. Elle et James sont les meilleurs amis du monde, et ont bien sur été envoyés à Gryffondor. Tout le monde fait des remarques sur leurs prénoms. Il faut dire que James et Lily… Peut-être est-ce la destinée ? J'ai l'impression de nous revoir il y a 26 ans… Ce sont les enfants des Survivants, l'espoir du monde futur.

Les distances qui s'étaient creusées ont disparu, et le « Circle of Three » s'est élargi. Personne n'oublie ce qu'il s'est passé, mais nous vivons avec et tout va pour le mieux.

En ce moment même, je suis en train de dîner avec Ron, Ginny et Harry. Je crois que jamais nos liens n'ont été aussi forts. Si j'avais pu imaginer que grâce à eux, je me découvrirais moi-même et aurais un rôle au-delà de mes espérances, qui m'aiderait à me surpasser : non pas celui de sorcière, mais celui de femme, d'amie, de mère.

Aujourd'hui, je vis un rêve, et ils m'ont aidée à le construire, ils en font tous partie. En regardant en arrière, je ne suis pas sure que si les circonstances avaient été différentes, j'aurais fait les mêmes choix. Mais la vie ne se construit pas avec des « si », car sinon l'on arrête de vivre.

Lorsque j'ai retrouvé le Monde la Magie, ce fut comme une seconde naissance.

C'était il y a si longtemps… 15 ans. 5475 jours. Une éternité.

THE END…

Alors me voilà finalement avec le dernier chapitre de Bring me Back To LIfe...

Snif, je suis toute triste, c'est la fin d'une belle aventure pour moi... J'ai mis bcp de coeur à écrire cette histoire, mais chaque chose a une fin...

J'espère que celle-ci sera belle :D

Je vous remercie tous, et vous fais un énooorme bisou…