Un pari dangereux
Désolée pour le retard, mais j'ai (enfin) pris 10 jours de pause… Une fois tous les 4 mois, cela reste encore de l'ordre du raisonnable. J'ai été très impressionnée par le nombre de reviews que j'ai reçu ! Merci, merci, merci !
Réponses aux reviews :
Merci beaucoup à Mélodie Evans, Marine, Jorajho, Lilou, Diabolykvampir, Magic-luciol, glamour-girl, dragonia, Le Saut de l'Ange, JaneScrout, Skleeter et Janira pour leurs reviews : voilà la suite…
Elaviel : Je n'ai pas prévu de calendrier précis pour la publication de cette fic, mais ce sera sans doute de l'ordre d'un chapitre tout les quatre jours environ… Mais comme je suis pas mal occupée en ce moment, certains pourraient être assez en retard. En tout cas, j'espère que cette fic te plaira, même si je doute qu'elle te fasse aimer Pansy : je n'ai pas vraiment l'intension d'en faire un personnage adorable, loin de là ! Bisous !
LaskaMalfoy : Désolée d'avoir mis tant de temps à répondre… Pour le bêta-reading, si tu es encore d'accord, envoie moi tes chapitres sur mon mail (l'adresse est dans mon profil). Bisous et bonne continuation pour ta fic !
Chapitre 2, enfin…
Elle reposa pour la 3ème fois le tube de rouge à lèvre écarlate sur sa table de toilette, scrutant d'un œil inquisiteur son miroir. Celui-ci observait un silence prudent, se contentant de renvoyer le reflet de la jeune fille sans mot dire. Il faut bien avouer que ce miroir, cadeau de sa mère, avait jadis été extrêmement bavard, sans pour autant connaître le sens du mot « tact »… Et Pansy l'avait fait taire à grands coups de brosse un jour qu'il s'était montré trop vindicatif sur sa tenue, environ deux ans auparavant. Depuis, il n'avait pas dit un mot, si ce n'est pour la complimenter froidement.
Mais aujourd'hui plus que jamais, elle avait besoin de conseils, et ce stupide objet refusait de lui en octroyait quelques uns. A chacune de ses questions enfiévrées, il se contentait de répondre par un « Vous êtes charmante, Miss » des plus frustrants. D'une main fébrile, elle passa une nouvelle fois le tube d'un rouge vif sur ses lèvres, indifférente aux cris impatients de sa mère qui l'appelait à l'autre bout du manoir.
Enfin, elle saisit son sac à main et dégringola tant bien que mal le long du grand escalier de marbre qui faisait la fierté de ses parents. Ses talons trop hauts et trop fins lui tordaient les chevilles, faisant de chaque pas une véritable torture, et la jupe étroite achetée spécialement pour l'occasion entravait ses jambes. Pourtant elle se sentait plus fière que jamais : elle se sentait très élégante, comme une de ces vraies dames que fréquentait sa mère.
Elle ne se faisait aucune illusion : elle n'était pas très jolie. Ses chevaux d'un blond délavé n'avaient aucun éclat, et ses yeux trop petits dans son visage rond étaient d'un marron atrocement banal. Mais depuis quelques années, elle avait de la poitrine, ce qui constituait sa plus grande fierté. Chacune de ses tenues avait été conçue dans le but de la mettre en valeur. La nature n'avait guère été clémente avec elle, mais elle savait tirer parti de chacun des maigres avantages qui lui avaient été octroyés…
Sa mère effleura son front de ses lèvres d'un geste rapide avant de la pousser vers la calèche volante qui constituait le moyen de transport privilégié des Parkinson.
« Tu viens avec moi, Maman ? », interrogea Pansy en tentant de cacher l'espoir dans sa voix.
« Non, chérie, tu es grande maintenant. De plus, Mrs. Zabini organise une réception de charité dont les fonds seront reversés à l'aile des enfants de Ste Mangouste. On vient de me prévenir, et il faut absolument que je trouve quelque chose à me mettre », répondit sa mère d'un ton indifférent.
Pansy hocha la tête, profondément déçue. D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours adoré sa mère, la grâce qui se dégageait de chacun de ses gestes, sa façon bien à elle de rassembler sa longue robe de sorcière, le sillage de parfum qu'elle laissait sur son passage. Elle était belle, elle. Pas autant que Narcissa Malefoy, bien sûr, mais elle était belle… Malheureusement pour elle, Pansy avait hérité des traits ingrats de son père ; mais il lui restait toujours l'espoir d'un jour ressembler à sa mère, comme une petite flamme au fond de son cœur que rien ne pourrait éteindre.
La jeune fille referma la porte de la calèche une seconde plus tard que nécessaire, attendant sans se le dire que sa mère revienne sur sa décision, mais les seuls mots qui lui parvinrent, portés par le vent léger de ce premier jour de septembre furent : « Choisis un rouge à lèvre moins vif la prochaine fois, chérie… On dirait un vampire qui vient de prendre un repas ! »
Elle avait toujours eut tort d'espérer.
Au fur et à mesure que la calèche approchait de la gare de King's Cross, les battements de son cœur s'étaient fait plus précipités, et elle sentit une sorte de vague brûlante la submerger. Mais cette vague reflua tout aussi vite lorsque la première personne qu'elle croisa sur le quai n°8 fut la dernière qu'elle avait envie de voir.
Hermione Granger la toisa de son habituel air supérieur lorsqu'elles se retrouvèrent l'une en face de l'autre en train de pousser leur chariot à bagages au moment de passer le pilier menant au quai 9 ¾. Comment cette horrible petite Sang-de-Bourbe pouvait elle arborer un air aussi arrogant en dépit de sa condition ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Pourquoi était-elle aussi jolie, auréolée par le soleil brillant qui dansait dans ses boucles brunes ? Oh, comme Pansy mourrait d'envie de lui arracher ses grands yeux de biche bordés par des cils démesurément longs, la frapper, encore et encore, pour effacer ce sourire léger qui jouait au coin de sa bouche aux lèvres rosées… C'était injuste ! Elle n'était rien, rien qu'une stupide méprisable inférieure petite chose ayant avalé la totalité des livres de la bibliothèque ! Quel gâchis, tout de même ! Alors qu'elle-même, héritière de la noble famille Parkinson, future Lady Malefoy, devait se contenter d'un visage au mieux banal.
Dédaigneuse, la préfète de Griffondor la précéda sur le quai de la gare. Pansy savait qu'elle aurait dû dire quelque chose, une chose méchante, perfide, mais en l'absence de Draco, elle en était incapable.
Draco ! Deux mois sans voir sa silhouette élégante se profiler dans son champ de vision, sans se plonger dans ses yeux gris bleus qui prenaient des reflets métalliques quand il apercevait un Griffondor ou une autre engeance de ce genre dans les parages, sans entendre sa voix donner ses ordres avec tant d'aplomb, résonnant dans la salle commune des Serpentards où il tenait sa cour… Son prince tout doré, son maître…
Elle le repéra, enfin, appuyé d'un air négligeant contre l'un des piliers de la gare, entouré de sa clique habituelle. Il y avait les intéressés, les serviles, les filles gloussantes qui rivalisaient toutes pour attirer son attention, les simples moutons, les futurs mangemorts… Le sang reflua vers ses joues alors qu'elle se hâtait vers lui.
Il lui jeta à peine un regard tandis qu'elle manquait de faire tomber la pile précaire de ses bagages tant l'émotion la submergeait. Mais le léger signe de la tête qu'il lui adressa lui sembla bien plus précieux qu'une embrassade. Depuis le temps, elle s'était fait une raison : son bel ange blond n'était pas très démonstratif. Pour utiliser un euphémisme…
Le trajet se passa comme un rêve. Pansy n'avait pas vraiment d'amis, bien trop occupée qu'elle était à prévenir le moindre désir du prince des Serpentards. De toute façon, les liens d'amitié ne faisaient pas véritablement parti des traditions Serpentard. Il s'agissait plutôt de tisser des réseaux, d'organiser à l'avance les futurs rapports de pouvoir qui subsisteraient à la sortie de Poudlard. C'était un jeu très amusant pour ceux qui avaient la possibilité de manipuler le reste du troupeau en jouant sur le nom de leurs parents ou l'étendue de leur fortune.
Ainsi que la jeune fille l'avait découvert lorsqu'elle avait franchi pour la première fois les portes de la salle commune de Serpentard, elle était entrée dans un club très select avec son étiquette propre. Tout, y compris les places à table ou les fauteuils de la salle commune, était attribué en réponse à une pyramide hiérarchique extrêmement stricte. Grâce à la pureté du sang Parkinson, Pansy appartenait au premier cercle autours de la cheminée, au même titre que Draco et quelques autres. Les malheureux qui comptaient un ancêtre issu de Moldu dans les 3 dernières générations étaient relégués au loin dans le froid et les ténèbres.
Mais le plus important pour Pansy, c'est qu'elle avait le droit de le côtoyer à chaque instant. C'est ce dont elle remercia le ciel en s'asseyant près de lui après le dîner. Les plus jeunes, épuisés par cette longue journée, étaient allé se coucher. La jeune fille elle-même sentait ses yeux la brûler et elle devait réprimer à chaque instant un bâillement intempestif. Mais elle n'irait pas se coucher, pas tant que l'objet de ses pensées n'aurait pas lui aussi rejoint son lit. Chaque seconde gagnée était précieuse.
Ils n'étaient plus qu'une dizaine, rassemblés autours d'un sofa recouvert de cuir sur lequel siégeait Draco, les jambes croisées. Pansy était assise à ses pieds, profitant discrètement de la chaleur du corps du jeune homme qui la consumait bien plus qu'aucun feu. Quelques garçons de septième année s'étaient assis sur les accoudoirs ou avaient rapproché des fauteuils autours d'eux.
Blaise Zabini étrennait une plume toute neuve pour écrire les noms des filles « intéressantes ». Il s'agissait pour chacun des jeunes gens de tirer un de ces noms et de séduire l'intéressée le plus rapidement possible. C'était un jeu stupide, bien sûr, mais puisque tous se savaient condamnés à un mariage arrangé sitôt leurs ASPIC obtenus, ils profitaient de ces derniers instants de liberté pour brûler leur jeunesse à tout vent sans se soucier des conséquences.
« On rajoute Granger ? », interrogea Blaise en levant les yeux de son ouvrage.
Ces messieurs se consultèrent du regard, avant d'opiner de manière unanime.
« Oui, bien sûr… », commença Simon Donovan avant d'être interrompu de manière très sèche par le prince de Serpentard.
« Hors de question ! », asséna t'il, « c'est une Sang-de-Bourbe ! Pourquoi pas ne pas mettre Miss Teigne, pendant qu'on y est ? »
«Elle n'est pas la seule Impure, loin de là ! Tu n'as rien dit quand on a mis Laura Angleton, et pourtant ses deux parents sont moldus. », objecta Zabini d'une voix calme.
« Et tu as vu son cul ? En plus, elle est préfète-en-chef … Ce serait un avantage considérable si on la faisait passer de notre côté. Sans compter que Potty serait fou de rage après ça ! », renchérit Cédric Mortemain.
« Et tu n'as jamais qu'une chance sur 10 de tomber sur elle, après tout… », finit Blaise.
Draco les foudroya tous du regard avant de se pencher de nouveau sur la question. Lentement, un sourire sardonique fit son apparition sur ses lèvres parfaitement dessinées, un sourire propre à donner le frisson à n'importe qui, tandis qu'une lueur malfaisante s'était allumée dans ses yeux argentés …
« Très bien, si vous y tenez. Ce pourrait être assez amusant de remettre cette chienne à sa juste place… Je compte sur vous pour nous offrir une sortie spectaculaire. En plein milieu de la Grande Salle, par exemple. »
« Devant tous les professeurs réunis… », ajouta Donovan d'une voix rêveuse, « en racontant tout ce qu'elle a fait… Je suis sûr que cette Ste Nitouche est un bon coup ! »
L'héritier Malefoy haussa les épaules. « Tu feras bien d'elle ce que tu veux, ce que je veux, moi, c'est la voir rabaissée plus bas que terre. Qu'elle n'ose plus jamais sortir de son dortoir. Ce sera une occasion comme il ne s'en représentera jamais, mes amis, ne la laissez pas passer ! »
Les protagonistes se serrèrent la main sous le regard de Pansy, qui, muette comme à son habitude, observait la scène le cœur battant. Le spectacle d'une Granger humiliée était loin de lui déplaire. Elle pourrait alors se venger de tous ces regards méprisants, son dédain, son insupportable perfection… Elle le lui ferait payer, et plus jamais cette Sang-de-Bourbe n'oserait la regarder dans les yeux !
Le chapeau noir dans lequel étaient rassemblés les petits bouts de papier portant le nom des futures victimes fut ensorcelé pour éviter toute triche, puis Blaise le fit passer à la ronde. Pansy ne quittait pas des yeux son beau seigneur qui venait de prendre à son tour un morceau de parchemin sans quitter sa pose d'une nonchalance étudiée. Il ressemblait à un félin, dangereux, gracieux, puissant, inquiétant et infiniment séduisant… Mais elle fut tirée de sa contemplation en voyant le visage aux traits fins se décomposer rapidement à la lecture de sa némésis.
« Hermione Granger », énonça t'il difficilement d'une voix blanche.
La suite mettra moins de temps à arriver, promis ! Review, please !
