Repas en tête à tête
Coucou ! Me voilà déjà de retour avec un nouveau chapitre ! J'AI DEPASSE LES 100 REVIEWS ! Youpi ! J'suis trop contente… Au fait (aucun rapport), j'ai remarqué que beaucoup de reviewers n'avaient pas de compte. Si vous êtes intéressé par un système de mailing-list pour mes updates, allez voir sur mon blog (l'adresse est en « homepage » sur mon profil). Et continuez à voter pour ma prochaine fic…
Réponse aux reviews :
Malheureusement pour moi (et pour vous), ffnet semble avoir décidé de m'empêcher de faire ce que je veux, et entre autres, les RaRs,et ne daigne pas me montrer les nouveaux messages… GRR ! Je les ferai donc pour le prochain chapitre, mais je vous remercie toutes dès maintenant, et en particulier Mary qui m'a envoyé une review pour chaque chapitre… Gros bisous à toi, miss, et un gros merci !
L'avantage dans cette affaire, c'est que vous avez droit au chapitre 8 dès maintenant…
De sa vie, Pansy n'avait jamais vu une journée passer avec autant de lenteur. Chaque seconde semblait s'étirer comme un bout de chewing-gum pour devenir une heure, les heures quand à elles se plaisaient à sembler des siècles. Les aiguilles de la grande horloge de la tour de Trelawney restaient immobiles, bien que la Serpentard ne cessa d'y jeter des coups d'œil désespérés par la fenêtre de la salle de Métamorphose.
Sa seule consolation dans toute cette affaire, c'était de voir que Draco semblait être soumis au même syndrome de l'aiguille qui n'avance pas qu'elle. Assis à côté d'elle, il ne pouvait s'empêcher de pousser de longs soupirs douloureux qui rythmaient autrement mieux le passage du temps que le mouvement du balancier de l'horloge. Plutôt que de compter en minutes, Pansy se prenait à compter en soupirs…
Pourquoi attendait-elle l'entrevue de Draco et d'Hermione avec tant d'impatience ? Tout simplement car sa décision avait été prise dès que la jeune Griffondor avait accepté l'invitation du prince des Serpentards : elle serait là, elle aussi, histoire de veiller que tout se passe bien. Bien que la préfète-en-chef ne sembla se douter de rien, on ne savait jamais avec ces Griffondors ! Et Draco avait eut l'air tellement fier de lui quand elle lui avait raconté la réaction de la jeune fille à son invitation qu'elle craignait qu'il ne soit pas autant sur ses gardes qu'il aurait du l'être.
Aussi avait-elle prit ses précautions. Dans une petite boite rectangulaire d'un gris des plus banal reposait le fruit de son premier larcin… Ou plus exactement de son premier emprunt sans avertissement de la propriétaire légitime, Laura Jones, qui partageait son dortoir. Laura, vive brunette aux yeux aussi noirs et insondables qu'un puit sans fond, et accessoirement sa cousine au troisième degré du côté de sa mère, avait d'une part quelques gouttes de sang Moldu dans les veines (son grand père paternel était un Sang-de-Bourbe), et d'autre part une ambition démesurée. Pour frayer son chemin entre les hordes de Serpentards qui se délectaient de sa tare, elle s'était spécialisée dans le commerce des potins. Aussi était-elle en permanence entourée d'amies, plus ou moins intéressées, mais qui en tout cas se gardaient bien de lui casser du sucre sur le dos…
Son affaire se basait sur l'utilisation illégale de deux instruments des plus utiles, issus directement de l'imagination fertile des frères Weasley : les yeux et les oreilles à rallonge. Depuis qu'ils avaient fait leur apparition sur le marché, plus rien ne pouvait échapper à Laura… Et Pansy allait suivre son exemple ce soir. Pour le bien de Draco, bien sûr…
Enfin, le dernier cours prit fin alors que le jour baissait doucement derrière les vitraux des fenêtres, illuminant d'une douce lumière dorée l'ensemble du château. Pansy marchait à quelques pas derrière le trio doré pour retrouver les cachots où se trouvait sa maison. Ceux-ci fonçaient à vive allure, arpentant les couloirs à grandes enjambées pressées, comme à leur habitude : ils donnaient l'impression d'être perpétuellement en mission secrète tout autant qu'urgente.
Encore une fois, ils parlaient d'elle. Les deux garçons appréciaient de moins en moins le temps qu'Hermione passait avec la Serpentard, cette dernière pouvait le voir aux regards meurtriers qu'ils ne manquaient pas de lui lancer chaque fois qu'elle avait le malheur de croiser leur chemin.
« Mais je vous assure que je ne risque rien ! », protestait Hermione.
« Non, mais dis moi que je rêve ! Tu as un rendez-vous avec ce cancrelat de Malefoy, et tu as l'audace de nous dire que tu ne risques rien ? », s'exclama Ron en réponse en prenant un ton tragique.
« Je dois dire qu'il a raison », l'appuya Harry en fronçant les sourcils, « tu es soit totalement inconsciente, soit… Je ne sais pas, mais en tout cas je ne te reconnais plus ! »
« Il faut que je parle à Malefoy, de toute façon, certaines choses doivent être mises au clair. Nous sommes assez grands je pense pour ne pas nous taper dessus. Je n'ai pas confiance en lui, bien sûr, mais j'ai confiance en Pansy. Le fait qu'elle soit totalement à sa botte peut être inquiétant, mais je ne pense pas qu'elle me mentirait. Mais je ferai quand même attention, ne vous inquiétez pas… »
Les deux jeunes gens ne semblaient pas de cet avis. Le Survivant attrapa Hermione par les épaules et l'arrêta en plein milieu du couloir, bloquant du même coup le passage à l'ensemble du troupeau des élèves qui cheminait à leur suite. Il y eut bien quelques protestations, mais lorsque les rebelles virent que le gêneur n'était autre que leur idole et sauveur, ils ravalèrent bien vite leur morgue.
« Ecoute-moi », dit le garçon posément en détachant chaque syllabe, « Je t'attendrai avec Ron dans la Salle Commune. Si tu n'es pas là à minuit pile, nous viendrons te chercher. Et tu peux dire à Malefoy que s'il ose toucher à un seul de tes cheveux, je le massacre. »
« Mon Dieu, Harry, mais tu n'es pas mon père ! », répliqua Hermione qui ne semblait pas en croire ses oreilles.
« Non, mais nous sommes tes amis », répondit Ron aussi grave que son meilleur ami, « et ça, ça nous donne le droit, et même le devoir de veiller à ta sécurité. Nous ne nous le pardonnerions jamais, s'il t'arrivait quelque chose. »
La jeune fille considéra les deux rouges et or d'un œil noir, et poussa un long soupir d'exaspération. Mais devant leur air décidé, elle comprit qu'il n'y avait rien à faire et finit par leur adresser et sourire amical.
« Très bien, mais je vous interdis de me suivre. De quelque manière que ce soit ! »
La façon dont elle insista sur ces derniers mots laissa penser à Pansy qu'il y avait un moyen pas très légal que les garçons auraient pu utiliser pour l'espionner, mais elle eut beau se creuser la cervelle, elle ne voyait vraiment pas de quoi il s'agissait. Cependant, les trois Griffondors ayant libéré le passage, le flot dense des élèves reprit son cours, et Pansy du avancer à son tour sous peine de se retrouver noyer dans la masse.
Contrairement au reste de la journée, les heures qui précédèrent le rendez-vous de Draco passèrent si rapidement que la jeune fille crut qu'elle ne pourrait jamais être prête à temps. Tout d'abord, ce fut Laura qui l'intercepta. La Serpentard crut qu'elle avait découvert que c'était elle qui lui avait volé ses instruments de travail favoris et crut sa dernière heure arrivée, mais sa cousine voulait simplement avoir plus de détails sur l'organisation de la cérémonie de son mariage avec Draco, et Pansy du lui montrer les fleurs qu'elle avait choisies, et les échantillons de tissus finalement retenus, et la liste des invités que lui avait communiqué Narcissa Malefoy le jour même, et le plan de table qu'elle peinait encore à mettre en place…
Et il fallait à la Rita Skleeter en herbe toujours plus de détails… Au moment où elle commençait à désespérer, sa jeune tortionnaire vit apparaître Miliscent Bullstrode et se jeta tel un vautour sur sa nouvelle victime pour lui demander ce qu'elle pensait de Blaise. Comme si cette pauvre Miliscent, guère aimée de la nature elle non plus, pouvait s'intéresser à ce demi-dieu de Blaise, à peine moins beau que Draco lui-même. Mais Pansy avait autre chose à faire que de s'intéresser aux histoires de cœur de Miliscent, et s'enfuit sans demander son reste avant que Laura ne revienne à la charge.
Elle arriva dans la Tour d'Astronomie quelques secondes seulement après Draco. Jamais il n'avait été aussi beau… Ses cheveux dorés encore humides de la douche qu'il avait prise bouclaient très légèrement sur les pointes, et la lumière du soleil couchant ajoutait encore à son charme, formant un halo qui le faisait ressembler à un ange tout droit descendu du ciel. La simplicité de ses vêtements ajoutait encore à cet impression : il portait une chemise de lin blanc très légèrement transparente qui laissait deviner sous un certain éclairage la perfection de son torse, son pantalon d'uniforme gris anthracite et une cape de cachemire noire doublée de soie verte, rattaché sur son épaule par une attache d'argent ouvragée. Si Pansy n'avait pas était amoureuse de lui jusqu'au plus profond de son âme depuis des années, elle serait sans nul doute tombée pour lui de nouveau à l'instant précis où il apparu.
Elle se glissa dans ses traces, et, blottie dans la pénombre omniprésente, elle attendit qu'Hermione arrive à son tour. Elle ne tarda pas, aussi exacte qu'à son habitude. Elle était encore en uniforme. Etait-ce qu'elle n'avait pas eu le temps de se changer, ou pour montrer ouvertement à Draco qu'il ne s'agissait pas d'un rendez-vous ? Pansy l'ignorait, mais elle se sentit légèrement offensée : lorsque l'héritier Malefoy vous accordait une entrevue, il semblait aller de soit qu'on devait apparaître sous son meilleur jour !
Aussitôt que la Griffondor eut disparut derrière la lourde porte de chêne bardé de serrures ouvragées fermant la pièce au sommet de la Tour d'Astronomie, Pansy, le cœur battant, établit prestement son dispositif de surveillance.
« …Croire que tu ne viendrais pas… », disait Draco en se levant pour accueillir Hermione.
« Je t'avais dit que je viendrais, je suis venue », répondit la jeune fille avec un sourire à l'adresse de son hôte, « Mais Harry et Ron ne m'ont accordé que la permission de minuit ! »
Draco rie doucement : « Comme s'ils pouvaient faire le poids face à moi… »
Hermione lui jeta un regard légèrement offensé avant de répondre vivement : « Je serai moins sûre de moi, à ta place ! »
Il s'inclina légèrement devant elle : « Excuse-moi, j'oubliais que c'était tes amis. » Puis, montrant la pièce d'un geste ample et élégant : « Alors, qu'en penses-tu ? J'ai tout fait moi-même ! »
Hermione regarda autours d'elle avec un soupçon d'admiration : « C'est magnifique, Draco ! »
Effectivement, la Tour d'Astronomie était devenue une sorte de salle de bal féerique ; les murs de pierre grise et nue tendus de tapisseries de velours ivoire. Les larges baies qui permettaient habituellement aux élèves d'observer les étoiles laissaient entrer pleinement la lumière, ce qui rendait l'endroit d'autant plus ravissant. Des bouquets de roses à peine saumonées étaient disposés un peu partout dans des vases de cristal de roche encore brut, apportant un peu de fraîcheur à l'ensemble. Enfin, Draco avait installé au centre de la pièce une petite table de bois sombre, recouvert d'une nappe de dentelle sur laquelle étaient posés des plats en argent, recouverts de leur cloche.
Les deux jeunes gens s'assirent face-à-face et commencèrent à souper en silence. Un gargouillement de son estomac rappela à Pansy qu'elle n'avait pas mangé, mais pour rien au monde elle n'aurait abandonné sa place. Au fur et à mesure, Draco et Hermione commencèrent à se détendre et à discuter amicalement. Si Pansy n'avait pas connu le fin mot de toute l'affaire, elle aurait juré ne voir là que deux amoureux ordinaires en rendez-vous. Et cela l'irritait profondément : comme Draco pouvait être aussi gentil avec elle ? Il riait à ses remarques sur les Moldus, posait des questions sur… Merlin, il posait même des questions sur ses parents !
Pansy du lutter contre elle-même de toutes ses forces pour ne pas intervenir. Il ne fallait pas qu'il se compromette avec ce bétail, par le nom des fondateurs ! Une fureur froide s'empara d'elle, mais un bruit de pas la fit se retourner vivement. Quelqu'un allait-il interrompre enfin cette mascarade ? Mais non, il n'y avait personne, juste l'ombre qui envahissait lentement les couloirs. Cependant, c'était assez pour que Pansy reprenne ses esprits. Calmement, elle se répéta que le but de l'opération était de ridiculiser la préfète-en-chef. Rien d'autre…
De nouveau, elle entendit un bruit derrière elle, plus proche encore que la première fois. Elle pensa replia son matériel tant qu'il était encore temps, mais ce qui se passait était décidément trop intéressant ! C'était au tour de Draco de parler, de sa famille et de son enfance surtout. Son admiration pour son père. D'une sœur plus âgée qu'il n'avait jamais connue, disparue dans des circonstances mystérieuses encore enfant, et la façon dont sa mère ne s'en était jamais remise. Du lot des Sang Purs, le maintien de l'honneur de la famille et des traditions, à tout prix.
Il parlait, parlait, et parlait encore, comme si la jeune fille assise face à lui était la première personne qu'il voyait après des siècles et des siècles d'isolement. Et elle l'écoutait, silencieuse et attentive, avec son joli sourire compatissant posé sur ses lèvres, se contentant de le relancer par une question bien placée quand il menaçait de se taire. Au bout d'un moment, ils se turent, se contentant d'admirer le paysage qui s'étendait à leurs pieds. Puis, Draco se leva, et une musique s'éleva de nulle part.
La nuit étant à présent complètement tombée, la pièce de la tour était éclairée par un lustre de cristal de Venise qui renvoyait la lumière tremblante de la dizaine de bougies qu'il supportait comme des milliers d'éclat de lumière. D'un coup de baguette magique, il déplaça la table qui se couvrit de roses blanches, comme un véritable bosquet. Et, en silence, seulement en tendant la main vers elle, avec ce regard intense au point d'en être hypnotisant qui n'appartenait qu'à lui, il invita Hermione à danser. La jeune Griffondor parut en être gênée, tirant maladroitement sur sa jupe d'uniforme qu'elle semblait regretter de ne pas avoir changé. Ca lui apprendrait ! Mais finalement, elle prit la main de Draco, et se laissa entraîner par la musique et par son partenaire qui la dirigeait habilement.
Dans le couloir étroit qui menait à la Tour, Pansy avait fini par s'agenouiller à même le sol glacé. Elle avait froid, et la migraine persistante qui lui battait les tempes lui signalait qu'elle serait quitte de cette petite expédition pour une bonne grippe. En frissonnant, elle tira les manches de son pull sur ses mains pour les réchauffer et étendit ses jambes engourdies où couraient des milliers de fourmis pour essayer de trouver une position plus confortable. Puis elle reprit l'œil à rallonge qu'elle avait déposé quelques instants pour se mettre plus à l'aise.
Elle su plus tard qu'elle aurait mieux fait de ne jamais faire ce geste, mais malheureusement, ce « plus tard » signifiait également un « trop tard ». Elle les vit, les yeux dans les yeux, sans qu'aucun des deux ne batte d'un cil. Elle les vit, leurs deux corps serrés l'un contre l'autre, accompagnant la musique lancinante d'un même mouvement. Elle les vit, et le sourire qui courrait sur leurs lèvres sans pourtant y apparaître, et leur entente silencieuse. Elle les vit, leurs lèvres qui se rejoignaient dans un soupir presque malgré eux, et leurs paupières qui se fermaient tandis qu'ils formaient par leurs bouches soudées leur propre monde qu'ils étaient seuls à partager. Et elle les vit, comme une icône vivante en hommage à l'amour.
L'œil à rallonge tomba de ses mains fébriles. Elle ne le ramassa pas. Pourquoi donc était-elle surprise, choquée même ? C'était pour ça que Draco était ici, après tout, n'est-ce pas ? A quoi s'était-elle attendue ? Elle avait été folle de venir, de croire qu'elle était assez forte pour faire face à ses sentiments… Elle referma ses bras autours d'elle, se balançant lentement d'avant en arrière comme pour se bercer, et sanglotant silencieusement tandis que son cœur lui hurlait une plainte sourde.
Elle ne réagit même pas quand Ronald Weasley apparut devant ses yeux aussi soudainement que s'il avait transplané pour se saisir de l'œil et de l'oreille à rallonge qui traînaient inutilement sur le sol. Ni quand Harry Potter en personne surgit à son tour, laissant tomber par terre une cape de tissu argenté, sa baguette à la main. Ni quand, après que Ronald eut poussé une sorte de rugissement inarticulé, il fit tomber la porte à bas devant le couple enlacé qui se sépara vivement sur cette irruption malvenue. Ni quand, Draco sortant à son tour sa baguette, les trois garçons se retrouvèrent face à face en position de duel, l'éclat de la rage contenue faisant briller leurs regards…
Alors ? Que va-t-il se passer ? Reviews, please, et n'oubliez pas d'aller voter sur mon blog pour ma prochaine histoire ! Gros bisous, et à bientôt !
