S'il ne devait en rester qu'une…
Grrrrrrande nouvelle : j'ai récupéré Merlin, j'ai récupéré Merlin, j'ai récupéré Merlin, tralalalalère !
Dans ce chapitre, je préfère autant vous prévenir que je vire au sadisme pur et simple. Par pitié, ne m'en veuillez pas trop et surtout, ne me psychanalysez pas, ou ce serait la fin de tout… En espérant que vous me pardonnerez un jour ce que je m'apprête à faire, je vous fait de gros bisous et je vous laisse à votre lecture.
Réponses aux reviews :
Un grand merci à Choups, LunDer, Hazel Malfoy, Sarah Black, Red-hair1990, Rose Potter, Lune Lupin et Poupoux pour leurs reviews, et tout plein de gros bisous !
Dragonia : Ba, je vais pas tout te raconter, non plus, ce serait pas du jeu… Je t'en ai déjà dis beaucoup quand même ! De rien pour la pub, ma lyly, tu le mérites bien ! Gros bisous !
Arwenajane : Et voilà la 200ème revieweuse ! Contente de te revoir, la miss, ça faisait un moment que tu n'étais pas passée me dire un petit bonjour… Gros bisous !
Lovy : L'important, ce n'est pas d'être original, c'est de dire ce que tu penses. Et si ce que tu écris est ce que tu penses, alors j'ai toutes les raisons du monde d'être comblée ! Gros bisous !
Feeclochette : Ben moi non plus, je ne sais pas trop pourquoi tu ne t'es pas manifestée jusqu'à maintenant. Je ne mors pas, pourtant ! Mais je suis contente de voir que ta timidité ne t'aura pas empêchée de me faire un petit signe avant la fin de cette histoire… L'important reste quand même qu'elle te plaise. Gros bisous !
Ellyana : 60/40 ? Ah non, non, non, pas question, c'est du vol pur et simple que tu me proposes là, ma chère ! Laisse-moi me charger des transactions, et tu verras que je saurai le convaincre. Bien sûr, comme il s'agit du copain du cousin de la cousine de l'oncle de ta meilleure amie, je ne vais pas essayer de t'arnaquer, et je peux même descendre à un 45/55. J'offre même le couvert et le lit, si tu veux :p, mais laisse faire les experts ! Je n'ai toujours pas reçu ma carte d'adhérente, au fait. Je ne sais pas si c'est dû à une grève des hiboux ou quoi, mais j'espère la recevoir bientôt. Gros bisous ! P.S. : Si tu n'es pas d'accord avec ces conditions, je tiens le prochain chapitre en otage jusqu'à ce que tu les acceptes !
Elaviel : Ca fait un bout de temps que je n'ai pas lu de nouvelles fics, donc je ne saurai te dire ce qu'il en est, mais apparemment je ne manque rien… J'espère avoir répondu à ta question dans ma review de Némésis et avoir par la même occasion sauvé tes avant bras du massacre. Gros bisous !
Miss Felton : Draco est méchant parce qu'il est méchant dans le canon aussi… Et ne pleure pas, parce que dans ce chapitre-ci, ça va être bien pire… Gros bisous, en espérant que tu me pardonneras !
Darkim the queen of konery: J'aime trop ton pseudo! Par contre, moi, je suis une enfoirée donc je vais faire souffrir tout le monde, et comme ça, y'aura pas de jaloux… Pansy en viendrait presque à me faire pitié. J'espère échapper à ton courroux, et en attendant, je te fais de gros bisous !
Clochette: Tu n'auras pas le temps de t'impatienter, puisque voilà déjà la suite ! Le nombre de gens qui s'intéressent à Pansy me fascine, d'autant plus que c'est rarement un personnage que les gens aiment voir mettre en scène. C'est vrai qu'elle n'a pas grand-chose de sympathique, à mon goût, du moins, alors j'ai tendance à me venger sur elle de toutes les vicissitudes de l'existence. Enfin, l'important, c'est que ça te plaise ! Gros bisous !
Et maintenant, bon chapitre 13. Si on peut dire ça, parce que je n'en suis pas très sûre…
Il n'y avait plus de couleurs, plus de lumière, plus de goût et plus d'odeur dans le monde. Pansy ne sentait plus rien, sauf une douleur insupportable à la place du cœur. Elle avait l'impression de n'être plus qu'un bloc de glace dans une grande pièce vide. Elle voyait une jeune fille aux longues boucles brunes qui lui secouait le bras d'un air inquiet, l'appelant par un nom qui ne lui disait rien : « Pansy, Pansy, Pansy… » Quelque chose n'allait pas, mais elle n'était pas sûre de savoir quoi exactement. Elle avait mal, juste mal.
Hermione. La fille en face d'elle s'appelait Hermione, cela lui revenait lentement maintenant. Et puis Draco. Draco n'était pas là, mais il était à elle, c'est ce qu'elle lui avait dit, et Hermione avait dit qu'elle ne le lui prendrait pas. Mais Hermione avait menti, et Draco était parti. Hermione le lui avait montré. Draco était parti. Et Pansy eut envie de crier, de crier très fort, mais il y avait quelque chose qui l'en empêchait. Qui l'empêchait d'ouvrir la bouche et de hurler sa douleur et sa déception. Tout devint noir devant ses yeux, et elle eut du mal à respirer. Et la fille brune lui disait encore : « Pansy, Pansy, Pansy… » Comme une litanie, un mantra, comme si cela pouvait conjurer les ténèbres autours d'elles, ces ténèbres dans lesquelles elles se noyaient. C'était Hermione. Les ténèbres, c'était à cause d'Hermione. Tout était à cause d'Hermione !
Pansy se dégagea et se mit à courir, droit devant elle, pour lui échapper. Il fallait qu'elle s'enfuie, vite, très vite, ou alors elle allait disparaître. Comme la porte lui semblait loin… Si elle ne voyait plus Hermione, alors tout irait mieux. Elle se réveillerait, et Draco serait de nouveau à elle, et rien de tout ce qu'elle avait vu dans la Pensine ne serait arrivé, tout ça ne serait qu'un mauvais rêve. Elle poussa la porte, et avala une grande goulée d'air, comme si celui que contenait la grande salle où elle s'était trouvée était vicié. Elle passa le pas, et recommença à courir, parce qu'elle entendait derrière elle les cris de son bourreau qui la poursuivaient. Courir, courir encore, courir toujours. Elle croisa une silhouette. C'était Draco. Elle voulu ralentir, mais sa poursuivante était déjà là. Il la laissa passer, l'air interloqué, et elle continua sa course. Un croisement. Une grande croix s'ouvrant sur trois chemins tous identiques. Pansy connaissait Poudlard, elle aimait cette grande demeure où elle avait connu ses plus doux moments et ses peines les plus douloureuses, mais à cet instant, le château ressemblait à ses yeux à un immense piège.
Un bruit de course qui se rapprochait. Sans avoir à tourner la tête, Pansy sut que Draco était là, lui aussi, et qu'il lui avait donné la chasse, lui aussi. Mais elle ne devait pas s'arrêter. Draco était un traître, il savait qu'il lui appartenait, mais il avait posé ses lèvres sur celles d'Hermione, il lui avait ouvert les bras, il lui avait dit qu'il l'aimait, qu'il l'aimait, elle ; elle la Sang-de-Bourbe, la garce, l'ignoble et la parjure… Elle n'avait eu qu'à sourire, et il lui avait dit qu'elle l'aimait, alors que Pansy serait morte pour ces mots. Je t'aime. Pouvoir s'arrêter et lui dire qu'elle l'aimait, et que tout le reste importait peu. Elle lui dirait et redirait qu'elle l'aimait, et lui le lui dirait aussi, je t'aime, mon amour, je t'aime, je t'aime plus que tout, je t'ai toujours aimé. Ecoute-moi car je t'aime. Arrête-toi, car je t'aime. Ne me fuis pas, car je t'aime. Aime-moi toi aussi, je ne peux pas sans toi, aime-moi car je t'aime et que le reste importe peu. Je t'aime, je t'aime, je t'aime. Tu es mon souffle, tu es ma vie, si tu n'es pas là, moi je ne peux pas.
Il aurait suffit de peu pourtant. Il aurait suffit qu'elle se retourne, qu'elle s'arrête. Juste ça. Non, pas seulement, car Hermione était là, et Hermione l'avait trahie. Et pourtant, Hermione avait promit, avant, elle lui avait promit qu'elle ne lui dirait pas ça. Et ses jambes continuaient de courir, toutes seules comme des grandes, une jambe et puis l'autre, et puis l'autre, et puis l'autre. Courir. La douleur dans ses muscles, dans ses chevilles qui se tordent sur les dalles inégales, dans ses orteils qui souffraient, étouffés par les escarpins vernis qu'elle avait mit pour lui plaire, et qu'il n'avait pas vus. Comme tout le reste. Tout ce que l'autre n'avait pas, n'avait pas fait. Juste un sourire, et il lui avait dit qu'il l'aimait.
C'était injuste. Pansy aurait voulu s'envoler de ce monde tellement injuste, ne plus ce soucier de tous ces gens en qui elle avait eu confiance, et qui lui avaient menti, qui avait trahi cette confiance. S'envoler, comme un oiseau, oublier ce corps trop lourd que de toute façon personne n'aimait, et même pas elle, et même pas lui. Comme un mirage devant elle, elle reconnu l'escalier qui menait à la tour d'Astronomie. C'était là qu'il avait embrassé Hermione pour la première fois, c'était là aussi qu'il avait apposé sa marque sur elle. Quoiqu'il ait dit à Hermione, pour Pansy, c'est là que tout avait commencé. Gravir les marches unes à unes, les gravir pour ne plus jamais les redescendre. Combien de fois était-elle monter là haut durant ces sept années qu'elle avait passées au château ? On commençait l'Astronomie en 2ème année, à raison de deux cours par semaine. Soit quatre montées et descentes par semaine. Oui, mais combien de semaine de cours y avait-il en un an, sinon en six ? Une partie de son cerveau se mit froidement à calculer tandis que l'autre notait tous ces petits détails qui faisaient qu'elle considérait le château comme une partie d'elle : une dalle disjointe, un creux dans les marches, une touche d'ocre sur une pierre grise.
La lumière qui régnait au sommet de la tour l'éblouit. Une poussière dorée dansait dans les rayons de soleil comme des milliers de paillettes, et Pansy en fut émue. Mais comment le monde osait-il être beau, encore, maintenant, après tout ce qui s'était passé, alors même que le cœur des hommes était si sombre et le sien près à se fendre ? Dans l'escalier, elle entendit les halètements de Draco, et d'Hermione derrière lui, et leurs cris, et leurs appels. Les baies de verre avaient été enlevées en prévision du cours qui devait avoir lieu le soir même, car Mars et Vénus s'alignaient parfaitement, ce qui n'arrivait, d'après le professeur, qu'une fois tous les quinze ans, et rarement sur un aussi bel axe. Elle repoussa les lunettes optiques qui l'empêchaient d'accéder aux créneaux de la tour, entendant à peine le bruit de verre brisé qui retentissait sinistrement à ses oreilles lorsque l'une d'entre elle se renversait, entraînant parfois une de ses voisines dans sa chute. Elle grimpa sur les pierres dressées, s'écorchant les mains, se cassant les ongles dans les interstices, se tordant les pieds dans ses chaussures mal adaptées. A plat ventre sur la pierre gelée, le souffle coupé, et ces longues manches qui embarrassaient ses mouvements. Quand ils entrèrent tous les deux, elle état debout, debout sur la pierre, dressée vers le ciel qui s'étendait à perte de vue.
« Arrête ton cirque, Pansy », dit-il d'une voix qui lui fit mal, « Descend de là tout de suite. De toutes façons, tu n'en es même pas capable. »
Elle le fixait, plongeant dans ses yeux gris et durs comme deux éclats de métal brillant au milieu desquels étaient incrustés deux petites îles d'obsidienne. Deux mondes jumeaux, froids et effrayants, à la beauté douloureuse. Cette beauté qui ne semblait pas appartenir au monde dans lequel ils vivaient, c'était ça qui lui avait ravi son cœur alors qu'elle n'était qu'une gamine choyée, bien trop jeune pour savoir ce qui se cachait réellement derrière le mot : « souffrir ». Ces lames qui s'enfonçaient dans son corps et son âme, cette douleur physique, intense, qui ne lui laissait aucun répit, et ce vent de folie qui se rendait maître de son esprit en la laissant exsangue comme une coquille vide, comme une marionnette dont on aurait coupé les ficelles.
« S'il te plaît, Pansy, descends », murmura l'autre qui ouvrait de grands yeux terrifiés.
Etait-elle consciente ou pas qu'elle s'accrochait de toutes ses forces à la manche du garçon ? Pansy n'en savait rien, mais elle aimait la voir ainsi, tremblante, implorante, levant les yeux vers elle comme vers une statue de déesse ou de sainte. Elle aimait le tremblement mal maîtrisé de ses mains, la sueur qui perlait sur le front que rien ne semblait pouvoir troubler jadis, la peur qui la saisissait, cette autre qu'elle haïssait à présent plus que tout. Tout semblait prêt pour la Grande Scène, et cette fois, Pansy en était l'héroïne. C'était ce que chantait le vent à son oreille en s'enroulant autours de son corps, faisant voltiger ses robes noires et vertes de sorcière autours d'elle.
« Je suis capable de le faire », siffla t'elle, perfide, heureuse de les sentir venir se pendre à ses paroles comme des poissons à un hameçon, « Il suffit qu'on m'en donne les raisons. Qu'ai-je à perdre, Hermione, dis le moi honnêtement, qu'ai-je à perdre ? Tu m'as tout prit, tu as sali tout ce qui importait à mes yeux ! »
« Ne dis pas ça, je t'en prie », supplia l'intéressée en tendant les mains vers la Serpentard, « descend, ou tu vas tomber ! » Elle s'approcha de quelque pas, repoussant les télescopes dont les verres brisés crissaient sous ses pas dans un bruit sinistre.
« Non ! », l'arrêta Pansy, d'une voix qu'elle ne reconnu pas tant elle lui paru hystérique à ses propres oreilles, « N'avance pas, Hermione, ou je me jetterai en bas de la tour, et tu seras aussi responsable de ma mort que si tu m'avais poussée ! »
« N'est-ce pas ce que tu veux faire, de toute manière ? », demanda Draco d'une voix traînante. Il s'était accoudé contre l'un des télescopes encore debout, et semblait observer la scène avec un flegme qui jurait avec l'attitude de ses compagnes.
Pansy le dévisagea, et comme à chaque fois qu'elle se retrouvait face à lui, elle perdit tous ses moyens. Pourquoi Draco réagissait-il comme ça ? Pourquoi ? Elle l'aimait tellement, comment pouvait-il ne pas le voir ? Il lui semblait que tout l'amour, et toute la haine dont elle était le réceptacle débordaient en flots tangibles. Il ne pouvait pas la laisser mourir. Elle était l'héroïne, à présent, et les héros ne meurent pas ainsi. « Si », dit-elle d'une voix mal assurée. Et en tremblant, elle se retourna, lentement, leur tournant le dos.
Il n'y avait plus rien devant elle, que l'horizon vallonné, très loin, et le bleu du ciel à perte de vue. Le ciel était beau. Les nuages gonflés comme du pop-corn, à l'aspect aussi moelleux que du coton, exhibaient ça et là leur nacre lumineuse. Le soleil commençait à se coucher, baissant insensiblement, et les éclaboussant de rose et de pourpre, comme les couleurs vives d'une fête foraine. Mais ce qui intéressait Pansy, c'était ce qu'il y avait en bas. Le bout de ses escarpins vernis ne se trouvait qu'à quelques centimètres de l'angle qui marquait la limité entre la pierre, d'un gris rassurant et solide, et l'à-pic. En tendant le cou, elle pouvait voir le mur parfaitement lisse qui formait le mur de la tour d'Astronomie, et tout en bas, très loin, les dalles blanches de la petite cour. Les dernières fleurs du jardinet sauvagement veillé par M. Rusard formaient des tâches rouges comme des gouttes de sang sur le feuillage vert sombre. Autours, quelques élèves s'étaient assis, inconscients du drame qui se déroulait au dessus de leurs têtes. Il y avait là trois filles de Serdaigle de quatrième ou cinquième année, et autant de garçons qui faisaient parti de l'équipe de Quidditch de la même maison. Leurs rires montaient vers Pansy, penchée comme un vautour, le cœur battant, se mêlant au passage aux clameurs qui s'élevaient du terrain d'entraînement. Plus loin encore, on voyait ka forêt interdite, élevant les cimes noires de ses sapins comme des doigts accusateurs levés vers les cieux. Pansy sentit un frisson la parcourir tout entière, depuis la nuque jusqu'au creux des reins.
« Et bien, qu'attends-tu ? », reprit Draco, intraitable, « Dépêche-toi, Pansy, nous n'avons pas que ça à faire ! »
Elle regardait le vide à ses pieds, ce vide si vaste qu'il semblait l'attendre. Tant de vide. Elle sentit sa tête commencer à lui tourner. Mais Draco poursuivait, la hachant de sa voix adorée, la lui enfonçant dans le corps avec autant de maîtrise que s'il utilisait des poignard aiguisés au lieu de mots vides de sens : « Allez, pauvre folle ! Saute ! Saute, je te dis, c'est pour ça que tu es ici, non ? »
Elle hocha la tête, refusant de s'avouer vaincu. Il était son seigneur, son maître et son âme. Qu'il parle, et elle obéirait. Qu'il ordonne, et elle se plierait à sa volonté souveraine. Il lui disait de sauter, alors elle sauterait. Qu'importaient le reste ? Il ne voulait plus d'elle. Hermione l'avait trahie. Elle n'épouserait pas Draco, et ses parents la mépriseraient plus encore. Plus rien ne la retenait, que cette boule qui se faisait de plus en plus lourde au creux de son ventre. Elle s'avança de quelques centimètres, sans lever le talon, et le bout de ses souliers vint toucher le bord du vide.
« Non ! »
Le cri d'Hermione était perçant comme le cri d'un faucon blessé à mort, et les élèves assis au pied de la tour levèrent la tête comme des pantins désarticulés. Mais ils se tenaient trop prêt de la tour et ne virent pas Pansy. Ils revinrent à leurs jeux, et Pansy les regarda, fascinée par tant d'insouciance, entendant à peine les paroles d'Hermione.
« Ne fais pas ça, ne fais pas ça, ce n'était pas vrai ! » Sa voix était hachée, précipitée. « Tout ça, la Pensine, le Véritasérum, ce n'était pas vrai ! Nous avons tout mit en scène, Pansy, s'il te plaît, je t'en supplie, ne fais pas ça. »
Pansy ne se retourna pas. Elle ne dit rien. Elle entendit Draco qui tentait d'étouffer la voix d'Hermione, mais la Griffondor était déchaînée, terrifiée, et rien ne semblait pouvoir endiguer le flot de paroles. « Draco ne voulait pas d'un mariage arrangé, et je l'ai aidé. Il ne m'aime pas, Pansy ! Tout à était monté de toutes pièces, pour que tu acceptes que le mariage soit annulé… Ce que je t'ai montré dans la Pensine, ce n'était qu'une… Qu'une pièce de théâtre ! Descend, maintenant, je t'en supplie ! »
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? », demanda Pansy d'une voix atone, toujours ses yeux perdus dans le vide. Hermione prit une grande inspiration, trop heureuse de la voir parler, et se jeta à corps perdu dans son récit sans se soucier des tentatives de Draco pour la faire taire.
« En apprenant que ta mère venait te voir, Draco a eut peur. Il a comprit que ce mariage n'était pas une échéance lointaine, mais quelque chose de proche, et de très proche même. La seule chose qui l'y attachait d'une telle manière, c'était ton obstination. Il ne te mérite pas, tu vaux tellement mieux que lui, Pansy… Alors j'ai accepté de l'aider, pour que tu puisses vivre ta vie et non pas celle qu'on a dessinée pour toi. Nous avons donc enregistré cette scène de déclaration dans ma tête, que je puisse te la montrer dans la Pensine, et nous avons surgi sur ton chemin. Nous savions que Narcissa voudrait parler seule avec son fils, et que comme ça, j'aurai la possibilité de t'emmener dans la salle sur demande où tout le matériel était prêt… Mais… Je ne savais pas que tu l'aimais à ce point. Je suis désolée, tellement désolée, Pansy… Je ne voulais pas te faire de mal ! Je t'aime beaucoup, tu ne mérites pas ça… Je veux que tu sois heureuse, avec quelqu'un qui t'aime vraiment ! Descend, je t'en supplie, tu me fais peur ! »
Au fur et à mesure qu'elle parlait, la voix d'Hermione avait perdu cette pointe d'hystérie qui lui ressemblait si peu pour se briser en sanglots hachés.
« Tu ne croyais pas sérieusement que j'allais boire du Véritasérum, si ? », demanda Draco d'une voix presque douce. « Descends, maintenant… Il faut que nous parlions plus calmement, et ce n'est pas exactement le bon endroit. »
C'est cela qui acheva de convaincre Pansy. Tout se tenait. Draco était trop fier pour accepter l'ultimatum d'une Sang-de-Bourbe comme Hermione ; et Hermione était trop douce pour l'avoir trahie. Hermione l'aimait, vraiment. Hermione était son amie, elle avait même embrassé son pire ennemi pour lui donner un plus bel avenir. Pansy avait une amie qui tenait à elle ! Si Hermione aimait vraiment Draco, alors elle l'aurait laissé mourir, n'et-ce pas ? C'est ce que n'importe quelle personne amoureuse aurait fait à sa place. Pansy jeta un dernier regard à l'abîme qui s'ouvrait à ses pieds, et se prépara à se retourner une nouvelle fois. L'adrénaline tombée, le vertige l'envahit, et une vague de terreur la submergea. Elle voulait retrouver la terre ferme le plus rapidement possible. Elle tourna la tête, et elle les vit.
Draco tenait Hermione par la taille. Elle était serrée contre lui. Son visage d'ange, illuminé par ses yeux dorés comme le soleil couchant et encadré par ses boucles brunes teintées de reflet de feu était tourné vers elle, attaché au moindre de ses mouvements. En les voyant ainsi, Pansy eut peur. Et s'ils avaient menti ? Non, ce n'était pas possible. Hermione lui souriait, un sourire doux et chaud comme ceux qu'elle adressait à Harry Potter et Ronald Weasley. Pansy s'accrocha à ce sourire, ne regardait que ce sourire. Elle se retourna lentement, les yeux fixés dans ceux de la jeune fille à la cravate rouge qui hochait la tête d'un air approbateur.
Le bruit parvint à ses oreilles avant qu'elle ne réalise pleinement ce qui lui arrive. C'était un craquement horrible, comme le bruit d'un os qui se brise. Elle mit quelques secondes avant de comprendre que son talon s'était brisé, et qu'elle perdait l'équilibre. Elle bascula en arrière, battant des bras pour se retenir à quelque chose, ou à quelqu'un… Hermione poussa un cri qui sembla venir de très loin. Elle tendit les bras pour accrocher les mains de Pansy, mais c'était trop tard. Elle tomba, et, les yeux fixés sur le visage déformé par les cris de ses deux compagnons, elle comprit qu'elle ne voulait pas, qu'elle n'avait jamais voulu mourir.
Oserai-je vous demander une review après ça ?
